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Les Forums de MeteoBelgique
cumulonimbus

Les records en Belgique

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Bonjour à tous,

Ce n'est plus un secret pour personne, depuis sept mois, les records de chaleur pleuvent en Belgique. Comme d'habitude, je prendrai la station d'Uccle comme station de référence, mais la situation est plus ou moins identique pour l'ensemble du pays en ce qui concerne les records, compte tenu des micro-climats locaux.

Les premiers records sont tombés en juillet, avec une température moyenne de 23,0°C et une pointe jusqu'à 36,2°C le 19.

Ensuite, septembre a de nouveau battu un record avec une moyenne de 18,4°C. Ce qui reste toutefois le plus remarquable, c'est la douceur de l'ensemble de l'automne, où la moyenne (13,9°C) bat de 1,6°C le précédent record.

En hiver, la douceur continue ! Notamment en ce janvier, deux records décadaires ont été battus !

Et qu'en aurait-il été sans l'effet de serre ?

Partons d'abord d'une hypothèse très simple : on retranche l'augmentation de la température mondiale aux valeurs à Uccle. Les chiffres les plus pessimistes parlent d'un réchauffement de 0,8°C par rapport au début du siècle. D'autres chiffres avancés parlent de 0,7°C avec une marge d'erreur de 0,2°C. Je vais prendre 0,8°C comme référence.

Dans ce cas, on aurait eu 22,2°C comme moyenne en juillet, ce qui reste un record (précédent record : 21,8°C en juillet 1994). La pointe de 36,2°C deviendrait 35,4°C ce qui, à quelques dixièmes de degré près, reste équivalent aux plus hautes valeurs enregistrées en juillet.

Le mois de septembre, avec 17,6°C, perdrait sa première place mais ne serait qu'à un dixième de degré des précédents records (1949 et 1999).

L'ensemble de l'automne conserverait sa place d'honneur et, avec 13,1°C, pulvériserait encore tous les records.

Les deux premières décades de janvier seraient ramenées à 8,2 et 8,6°C, ce qui reste très exceptionnel, avec record conservé dans le deuxième cas.

En d'autres termes, l'accumulation de records serait à peine moins impressionnante. Deux questions se posent alors : est-ce que la température a sensiblement plus augmenté dans nos régions qu'ailleurs ? Est-ce que le réchauffement climatique a déjà perturbé la circulation atmosphérique générale, nous mettant ainsi plus souvent dans des situations extrêmes ?

À la première question, il est très difficile de répondre. Pour connaître ce qui serait une situation moyenne en Belgique en 2006 (ou 2007), il faudrait connaître la moyenne trentenaire dont cette année est la médiane, c'est-à-dire la série allant de 1991 (ou 1992) à 2020 (ou 2021). Personne n'a encore trouvé de boule de cristal suffisamment efficace pour pouvoir déjà disposer de ces chiffres.

Le réchauffement climatique mondial s'évalue plus facilement car la variabilité interannuelle est très faible (les vagues de chaleur se compensent toujours par des vagues de froid ailleurs). Seuls les phénomènes "El Niño" de grande amplitude et les éruptions volcaniques y apportent des variations plus substantielles. Dans les dernières années, 1992 et 1993 ont été plus froids en raison de l'éruption du Pinatubo (1991) et 1998 a été plus chaud en raison du El Niño (ce qui sera peut-être le cas aussi en 2007). Si l'on fait abstraction de ces années, on voit une lente augmentation de la température en raison du réchauffement climatique. 2006 ne sort toutefois pas du lot. Voici quelques chiffres : 2006 = +0,42°C ; 2005 = + 0,47°C ; 2004 = +0,43°C ; 2002 et 2003 = + 0,46°C ... 1995 = 0,28°C (toujours par rapport aux moyennes 1961-1990, car connues avec précision). Cela signifie que des moyennes quinquennales suffisent amplement pour rendre compte du réchauffement climatique.

Pour une région déterminée du monde, surtout si elle est située aux latitudes moyennes ou élevées, la variabilité interannuelle est telle qu'il faut au moins 30 ans pour déterminer une moyenne digne de ce nom. Néanmoins, l'Union européenne a procédé à des évaluations pour l'Europe occidentale en avançant le chiffre de presque 1°C. Ce chiffre n'est donc que légèrement supérieur au réchauffement mondial et ne suffit donc pas pour expliquer la pluie de records de ces sept derniers mois, tant en Belgique que dans nos pays voisins.

La deuxième hypothèse serait un changement dans la circulation atmosphérique générale.

Regardons d'abord ce qui s'est passé au cours des sept derniers mois.

Il faut faire une distinction entre la vague de chaleur de juillet et les autres records.

La chaleur de juillet a été très intense et a duré une trentaine de jours. Les records ont toutefois été pulvérisés pour une seule raison : cette période de chaleur tombe exactement sur un mois calendrier. D'autres périodes tout aussi chaudes, mais tombant à cheval sur deux mois, ont été observées en 1911 et en 1976. Par ailleurs, en 1852, 1921, 1947, 1994 et 1995, on a observé des périodes à peine moins chaudes d'une longueur équivalente, voire supérieure.

Ce raisonnement relativisant aurait pu tenir la route aussi pour le mois de septembre si ce mois n'avait pas été suivi d'un octobre et d'un novembre également exceptionnellement doux. Là, on se retrouve devant un fait unique dans l'histoire météorologique (connue) : une situation extrême qui perdure aussi longtemps. Ce qui signifie que la circulation atmosphérique générale a été exceptionnelle aussi pendant cette longue période. Et en effet, on a été presque constamment soumis à des courants d'origine méridionale.

Et cela ne se termine pas avec l'automne. La situation perdure en décembre avec juste une brève interruption, puis se renforce encore en janvier, jusqu'à la toute récente invasion d'air froid. Cela veut dire que pendant presque cinq mois, la température est restée très largement au-dessus des normes, avec un écart jamais connu auparavant, toujours avec une circulation atmosphérique tout aussi exceptionnelle dans sa durée.

Voilà pour ce qui peut être constaté. L'explication, c'est une autre paire de manches. Il est tout aussi impossible de répondre à la deuxième question : l'anomalie atmosphérique est-elle le fruit d'un dérèglement climatique lié à l'effet de serre renforcé ?

Statistiquement parlant, même si la période de retour est très longue (500 ans environ), il reste toujours possible que le phénomène soit lié à une suite de hasards. C'est un peu comme si le Dieu Chaleur avait fait un six au lotto. C'est très rare, mais pas impossible.

Il faut voir maintenant l'évolution en 2007 et 2008. Peut-être pourrions-nous alors donner un embryon de réponse à ces questions que tout le monde se pose. À moins qu'il y ait un retour à la normale, c'est à dire à la nouvelle normale, plus chaude de 0,8°C environ. Dans ce cas, le mois d'hiver le plus froid possible reste toujours inférieur à -5°C (records réels autour de -6°C) et il ne faudrait encore nullement redouter une disparition importante de la neige à nos latitudes, même si une légère diminution existe réellement, comme l'indiquent les tableaux de Philippe.

Cumulonimbus

Sources : IRM, site de MarcV, KNMI, European Environment et IPCC.

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Merci Robert pour ce résumé. wink.gif

Mais il y a quelque chose que je ne comprends pas:

Partons d'abord d'une hypothèse très simple : on retranche l'augmentation de la température mondiale aux valeurs à Uccle. Les chiffres les plus pessimistes parlent d'un réchauffement de 0,8°C par rapport au début du siècle. D'autres chiffres avancés parlent de 0,7°C avec une marge d'erreur de 0,2°C. Je vais prendre 0,8°C comme référence.

Dans ce cas, on aurait eu 22,2°C comme moyenne en juillet, ce qui reste un record (précédent record : 21,8°C en juillet 1994). La pointe de 36,2°C deviendrait 35,4°C ce qui, à quelques dixièmes de degré près, reste équivalent aux plus hautes valeurs enregistrées en juillet.

Comment peut-on comparer une anomalie de température basée sur une année ou sur trente ans,avec une moyenne mensuelle ou une température maximale?

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Dans l'hypothèse que j'ai énoncée, j'ai retranché 0,8°C à toutes les valeurs, tant aux températures moyennes qu'aux températures extrêmes.

Pour la moyenne du mois de juillet :

valeur réelle : 23°C

valeur fictive : 22,2°C (réchauffement climatique retranché)

précédent record réel : 21,8°C (juillet 1994)

Ce qui signifie que même en retranchant les 0,8°C, ça reste un record.

J'ai procédé de même pour la valeur extrême du 19 juillet (maximum)

valeur réelle : 36,2°C

valeur fictive : 35,4°C (réchauffement climatique retranché)

Ici, on rencontre une valeur réelle équivalente de 35,4°C en 1976 et même une valeur légèrement supérieure en 1952. Ce qui signifie que si l'on retranchait les 0,8°C du réchauffement climatique, ce n'est plus un record. La valeur reste toutefois très élevée pour Uccle en juillet.

Je n'ai absolument pas comparé des moyennes avec des extrêmes, mais des moyennes avec d'autres moyennes et des extrêmes avec d'autres extrêmes.

Voilà. J'espère que j'ai répondu à ta question.

Cb

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Oui en partie.mais j'ai un peu mal formulé ma question wink.gif

Prennons un exemple extrème:23-01-1940.

La température minimale ce jour là était de -18,7 àUccle.

Si la situation synoptique de ce jour se présentait aujourd'hui à l'identique.

Nous aurions donc en augmentant de 0,8 degrés,la température de -17,9 degrés.

Mais le réchauffement climatique,n'est pas de même intensité partout.Par exemple il est bien plus important sur le pôle que sur nos régions.

Si le pôle se réchauffe plus vite,les vagues de froid nous venant en grande partie de ces régions,devraient être moins puissante et dès lors,cette méthode de calcul appliquée sur des températures hivernales pour estimer l'impact du réchauffement climatique ne me parait pas logique.

Surtout pour nos régions,dont la température en moyenne dépend de l'origine des masses d'air(climat tempéré).

Qu'en pense(z)-tu(vous)? smile.gif

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Cumulonimbus, sans oser vous offensez, vous faites une erreur monumentale. Vous confondez climatologie et météorologie. Ce n'est pas parce-que le climat se réchauffe de x°C que le mois de juillet se réchauffe de x°C.

Le mois de juillet est un épisode météorologique exeptionnel. Mais il n'est en aucun cas représentatif de l'élévation de température qui a commencé doucement il y a 100 ans et qui commence à s'accélérer.

Les reccords établis sont probablement la conséquence du réchauffement climatique. Cependant, la contribution du réchauffement dans ces reccords ne peut être quantifié.

Je pense que vous vouliez surtout monter que, sans réchauffement climatique, ces reccords auraient pu être des anomalies notables; je vous l'accordes, mais ne mélangez pas météo et climat !

Modifié par paix

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Cumulonimbus, sans oser vous offensez, vous faites une erreur monumentale. Vous confondez climatologie et météorologie. Ce n'est pas parce-que le climat se réchauffe de x°C que le mois de juillet se réchauffe de x°C.

Le mois de juillet est un épisode météorologique exeptionnel. Mais il n'est en aucun cas représentatif de l'élévation de température qui a commencé doucement il y a 100 ans et qui commence à s'accélérer.

Les reccords établis sont probablement la conséquence du réchauffement climatique. Cependant, la contribution du réchauffement dans ces reccords ne peut être quantifié.

Je pense que vous vouliez surtout monter que, sans réchauffement climatique, ces reccords auraient pu être des anomalies notables; je vous l'accordes, mais ne mélangez pas météo et climat !

Cb,ne fait pas une "erreur",il émet juste une hypothèse et je ne vois pas en fait,une autre manière de calculer l'impact du réchauffement climatique sur les températures d'un jour ou de moyenne mensuelle,annuelle.

J'ai déjà réfléchit longuement "à ce comment calculer l'impact du RC sur notre climat" et je ne vois pas d'autre alternative.

La seule facon de voir quelle serait notre climat futur,est de comparer la moyenne de Uccle,par rapport à une moyenne d'une autre station,ayant des conditions géographique et climatologique similaires couvrant par exemple une période de 50 ans.

Par exemple,2006 à Uccle,a une moyenne de 11,35 degrés.Donc il fallait chercher une station èquivalente,càd se situant +-entre 100 et 150 km dans les terres et avec la même altitude,et avec un bord de mer situé à l'ouest.

Et j'ai trouver Poitier(moyenne annuelle 11,5),qui correspond le plus au critère énoncé plus haut.

Ca c'est pour cette année,qui est la plus chaude depuis les premières mesures à Uccle.Donc nous sommes encore très loin d'un climat par exemple méditérannéen.

Actuellement et fort heureusement,nous n'avons pas cette moyenne chaque année.

Mon avis est que le réchauffement climatique pour nos régions se fera surtout sentir sur les minimas hivernaux,puisque le froid vient du pôle,qui lui se réchauffe beaucoup plus vite que l'Europe de l'Ouest.

Inversément,il n'y aurait pas de températures extrêmement chaude en été,vu que les régions subtropicales,semble se réchauffer plus lentement.

Mais vu l'absence de refroidissement prolongé durant l'hiver,les étés pouraient être plus chaud dans la moyenne,mais pas dans les extrèmes,vu la latitude à laquelle nous nous trouvons(hauteur du soleil) et à cause aussi du lent réchauffement(climatique) des régions comme l'Afrique du nord,d'ou nous viennent la plupart des vagues de chaleur.Donc si le Rc devrait continuer avec une hausse de 2 degrés d'ici 2050,Uccle pourrait se retrouver avec un climat comme en Aquitaine.(A nous le vin rouge.. tongue.gifwhistling.gif)

Mais bon ce n'est que mon avis. wink.gif

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Je comprends et j'approuve ce que vous dites, mais je maintiens quand même une objection sur la manière de calculer l'impact du réchauffement climatique. On ne peut le faire en utilisant la valeur moyenne du réchauffement, qui est une donnée climatique, avec des événements ponctuels, qui sont des données météorologiques. L'hypothèse de départ est donc fause.

Par contre, rechercher des stations qui ont des conditions géographiques proches de Uccle, mais avec une température moyenne plus élevée, est plus exact. Ce qui donne un climat aquitain, et qui est probablement le visage à moyen-terme de la Belgique.

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(...)

J'ai déjà réfléchit longuement "à ce comment calculer l'impact du RC sur notre climat" et je ne vois pas d'autre alternative.

(...)

Je pense que c'est effectivement une des seules solution qui s'offre a nous, méme si il y a quelque chose qui parait un peu 'bizarre' dans la démarche effectuée...

Merci Cumulonimbus

thumbsup.gif

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Bonjour à tous,

Je suis bien content qu'une discussion s'anime à ce sujet et que des opinions très différentes s'expriment.

Je suis en effet parti d'une hypothèse très discutable pour qu'on se pose les bonnes questions. J'en ai déjà émis deux, dont la réponse pourrait justement infirmer la simple soustraction du réchauffement climatique aux valeurs d'Uccle de 2006 et 2007.

La première : est-ce que le réchauffement climatique est plus fort chez nous qu'ailleurs ?

La deuxième : la circulation atmosphérique générale, a-t-elle changé ?

Il y en a bien sûr d'autres, dont notamment celle de Titibel qui parle des différences dans le réchauffement climatique au niveau des zones d'où proviennent les masses d'air qui nous concernent (pôle se réchauffant plus vite et donc masse d'air polaire moins froide chez nous).

Ce que j'ai essayé d'expliquer, c'est surtout la difficulté, à ce stade-ci, de répondre à ces questions. Toutefois je tenterai de répondre par ce qui est déjà acquis et ce qui ne l'est pas au niveau du réchauffement climatique.

À Uccle comme à De Bilt aux Pays-Bas et dans la plupart des stations en Europe nord-occidentale, on a observé les étapes suivantes dans le réchauffement climatique :

Dans un premier temps, le réchauffement a été le plus marqué en hiver et au début du printemps, et le moins marqué en automne.

Les étés de 2003 et de 2006 ont rattrapé le retard de l'été.

Les automnes de 2005 et de 2006 ont bien rattrapé le retard plus important de l'automne.

Les débuts de printemps froids de 2005 et 2006 ont annulé l'avance qu'avait le printemps, et les hivers 1995-1996, 1996-1997 et (dans une moindre mesure 2005-2006) ont annulé l'avance de l'hiver.

Cela fait que l'augmentation de température se répartit maintenant de façon plus ou moins égale sur tous les mois de l'année. Les fluctuations décrites ci-dessus étaient probablement dues à des aléas. On a maintenant une série de plus de vingt ans concernée par le réchauffement climatique (accéléré) des derniers temps, elle commence à devenir exploitable dans une certaine mesure.

Des recherches européennes arrivent à la conclusion provisoire que le réchauffement climatique en Europe nord-occidentale est de presque 1°C, ce qui revient à dire qu'il est un peu plus fort chez nous (Belgique + pays avoisinants) qu'ailleurs.

Toutefois le problème est le suivant : il faut une série au moins trentenaire pour apprécier un climat régional tant dans ses moyennes que dans ses extrêmes. Jusque plus ou moins 1980, le climat était stable dans nos régions, ce qui fait que la série pouvait s'appliquer pour évaluer n'importe anomalie de la série. Par exemple, on pouvait apprécier les anomalies de 1960 par rapport à la série de 1931-1960 puisque la fin de la série n'était pas nécessairement plus chaude que le début de la série.

Ce n'est plus vrai maintenant. Lorsqu'on essaiera d'évaluer l'anomalie ou la non-anomalie de l'année 2020 sur la base de la série 1991-2020, on risque de commettre des erreurs puisque la fin de la série sera (nettement) plus chaude que le début. D'où l'année représentative de la série sera l'année médiane, qui est justement... 2006. Ceci dans l'hypothèse d'une augmentation linéaire de la température. Si elle est exponentielle, le calcul est encore plus compliqué.

Je veux simplement dire qu'on ne peut évaluer la norme d'une année qu'en référence à une série de trente ans dont elle est la médiane. Ce qui fait que pour avoir le résultat précis du réchauffement climatique d'une région donnée, on retarde toujours d'une quinzaine d'années. La dernière série de 30 ans disponible est celle de 1977-2006, dont l'année médiane est 1992. Ce qui revient à dire qu'on peut déterminer l'anomalie ou la non-anomalie de 1992 (et des années proches) sur la base de cette série, mais pas 1977 qui se trouve à l'extrémité froide, et pas 2006, qui se trouve à l'extrémité chaude.

Pourquoi 30 ans ?

C'est une durée d'observation qui existe déjà depuis fort longtemps chez les climatologues et qui a été déterminée justement en fonction de la variabilité de notre climat. Si une vague de froid ou de chaleur tombe par hasard dans une série de 10 ans, elle l'influencerait fortement. Sur une série de trente ans, l'influence est déjà moins grande mathématiquement et en plus, il y a de grandes chances qu'elle ait été compensée ailleurs dans la série par un phénomène inverse. Bien sûr, trente ans n'est toujours pas suffisant pour neutraliser tous les aléas, mais on dispose déjà de données exploitables pour définir un climat de façon assez détaillée.

Dans des régions moins soumises à la variabilité, comme certaines zones intertropicales, des séries de dix ans peuvent par contre amplement suffire. Au niveau mondial, où la moyenne globale est peu affectée par les phénomènes régionaux (qui se compensent les uns les autres), cinq ans permettent déjà de tirer les conclusions. C'est pour ça qu'on peut dire, avec une grande certitude, que le réchauffement mondial est de autant à tel moment, mais qu'on ne peut pas le faire avec autant de certitude pour l'Europe du nord-ouest, ou pour l'Asie centrale, ou pour le sud de l'Australie.

Aux pôles, on se trouve confronté au même problème que chez nous : une grande variabilité interannuelle. On est certes presque sûr que le réchauffement aux pôles est plus important qu'aux basses latitudes, mais les séries sont encore trop courtes pour distinguer les phénomènes accidentels des tendances générales. En d'autres termes, une part du réchauffement aux pôles pourrait encore être liée à la présence accidentelle d'années beaucoup trop chaudes.

Pour les précipitations, qui ont un caractère plus aléatoire que les températures, les appréciations régionales deviennent encore plus difficiles. Y a-t-il eu vraiment une augmentation ou diminution qui persistera ?

Il n'y a pas encore de Vérité (avec un grand V) au niveau du réchauffement climatique. De nombreuses hypothèses se défendent parfaitement. Un petit nombre de ces hypothèses par contre s'avérera. On ne sait pas lesquelles.

Les hypothèses de travail, avec les données encore insuffisantes dont on dispose, sont discutables aussi. Il faut toutefois faire avec ce qu'on a. Comparer la station d'Uccle à des stations équivalentes est déjà une très bonne idée. Si ça n'élimine pas les aléas régionaux, ça élimine déjà les aléas purement locaux.

Cumulonimbus

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Edit : Je me souviens de ce que je voulais dire : le réchauffement suivra probablement une courbe dite logistique ou en"S" ( c'est très imagé quand même ). C'est à dire que le réchauffement sera d'abord exponentiel, puis le réchauffement dimunuera progressivement :

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Modifié par paix

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Je me souviens de ce que je voulais dire : le réchauffement suivra probablement une courbe dite logistique ou en"S" ( c'est très imagé quand même ). C'est à dire que le réchauffement sera d'abord exponentiel, puis le réchauffement dimunuera progressivement

Ça me paraît effectivement l'hypothèse la plus probable.

Cb

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Je me souviens de ce que je voulais dire : le réchauffement suivra probablement une courbe dite logistique ou en"S" ( c'est très imagé quand même ). C'est à dire que le réchauffement sera d'abord exponentiel, puis le réchauffement dimunuera progressivement

Ça me paraît effectivement l'hypothèse la plus probable.

Cb

Il faudra encore attendre quelques années pour se situer sur cette courbe...

A premiére vue, on serait dans une phase d'accélération mais ou ?

On n'a pas encore une réelle idée de l'échelle de cette courbe, ni dans l'amplitude, ni dans le temps...

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Il faudra encore attendre quelques années pour se situer sur cette courbe...

A premiére vue, on serait dans une phase d'accélération mais ou ?

On n'a pas encore une réelle idée de l'échelle de cette courbe, ni dans l'amplitude, ni dans le temps...

Pendant de longues décennies, le climat a été étudié comme une entité stable (sur une vie d'homme tout au moins) et on en a défini tous les mécanismes dans cette perspective.

Même s'il existait des précurseurs dès le 19e siècle dans l'étude de l'influence de l'homme sur le climat, le problème n'a été envisagé avec sérieux qu'à partir du milieu des années 80.

Le premier phénomène inquiétant a été la grande sécheresse du Sahel dans les années 1984-1985 où l'on a émis l'hypothèse que cette désertification a été essentiellement liée aux changements de végétation introduits par l'homme.

Dans la même foulée, on a commencé à se poser des questions sur la déforestation en Amazonie.

Dès 1989, le réchauffement climatique lié au CO2 a été médiatisé. Toutefois, on peut toujours parler d'une science récente qui présente encore beaucoup d'aléas et d'incertitudes. Ces dernières sont d'ailleurs bien documentées dans le post sur le réchauffement climatique de ce forum.

À mon sens, la plus grande incertitude réside dans l'évolution future de la couverture nuageuse, dont les mécanismes sont encore mal connus et dont l'impact peut autant ralentir qu'amplifier l'effet de serre.

Donc tu as parfaitement raison en disant qu'on se trouve face à une inconnue.

Cb

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J'attends avec impatience les résultats du rapport de l'IPCC le 2 février prochain. J'espère qu'on aura des éléments de plus tant sur le réchauffement global que sur les effets régionaux de ce réchauffement. Je sais que le KNMI publiera dès ce moment des articles à ce propos, concernant les Pays-Bas. On pourra en tirer des conclusions pour la Belgique sans trop risquer de se tromper (par rapport à l'avis de l'IPCC tout au moins).

Si l'IRM fait de même, ce sera encore plus facile pour nous.

Cb

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(...)

À mon sens, la plus grande incertitude réside dans l'évolution future de la couverture nuageuse, dont les mécanismes sont encore mal connus et dont l'impact peut autant ralentir qu'amplifier l'effet de serre.

(...)

C'est qu'on a un peu tendance a oublier que la vapeur d'eau est responsable a 55% environ de l'effet de serre...

J'imagine que les données la concernant doivent étre rares..

whistling.gif

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Un communique de presse de l'IRM (Marc Vandiepenbeek)

Encore un record blink.gifcrying.gif

http://www.meteo.be/francais/index.php?doc...621122006presse

Le record du mois qui s’achève s’ajoute aux nombreux autres records de température que notre pays vient de connaître récemment. (Voir les records de juillet 2006, de septembre 2006, de l’automne 2006 et de l’année 2006 globalement).

Pas de quoi se rejouir ! dry.gif

Modifié par virtualife

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Un communique de presse de l'IRM (Marc Vandiepenbeek)

Encore un record blink.gifcrying.gif

http://www.meteo.be/francais/index.php?doc...621122006presse

Le record du mois qui s’achève s’ajoute aux nombreux autres records de température que notre pays vient de connaître récemment. (Voir les records de juillet 2006, de septembre 2006, de l’automne 2006 et de l’année 2006 globalement).

Pas de quoi se rejouir ! dry.gif

disons que ce n'est guère une surprise (hélas sad.gif )

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Un communique de presse de l'IRM (Marc Vandiepenbeek)

Encore un record  blink.gif  crying.gif

http://www.meteo.be/francais/index.php?doc...621122006presse

Le record du mois qui s’achève s’ajoute aux nombreux autres records de température que notre pays vient de connaître récemment. (Voir les records de juillet 2006, de septembre 2006, de l’automne 2006 et de l’année 2006 globalement).

Pas de quoi se rejouir ! dry.gif

disons que ce n'est guère une surprise (hélas sad.gif )

C'est clair qu'aprés avoir battu les records de température moyenne la plus élevée pour les 1ére et 2éme décades, pour inverser la tendance, il aurait fallu une offensive hivernale beaucoup plus costaude que les 4 jours de froid qu'on a eu la semaine passée...

whistling.gif

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Bonsoir à tous, 1er message sur le forum smile.gif

Je ne suis pas vraiment un amateur (et encore moins un expert) des mesures ou analyse, mais je m'intéresse un peu à la climatologie et au prévision surtout en hiver. wink.gif

Désolé pour ce HS

Pour en revenir à ce record, pas très réjouissant en effet dry.gif

Entre 7.1 et 7.3 au lieu de 2.6 de t° moyenne mensuelle sad.gif

Si ça continue le record de l'hiver le plus doux qui est de 6.1 (hiver 1989-1990) sera battu sad.gif

Décembre 2006 : 5.9 (3.3 norm)

Janvier 2007 : 7.1 (à 7.3) (2.6 norm)

Modifié par Dom

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Bienvenue Dom.

Dites petites questions à tous les membre. Comme beaucoup je désespère de cet hiver horriblement doux: pas de gel avant la mi-décembre, un mois de janvier presque 5°C au dessus de la normale, 2 ou 3 jours de neiges misérables ces derniers temps et voilà que l'on nous annonçe déjà le printemps pour fin fèvrier mad.gif .

Pour moi, le seul bon côté de ces horreurs est qu'elles foutent la trousse aux gens qui semblent enfin vouloir bouger contre le RC. Mais entre nous (entre gens qui savent depuis longtemps qu'il est temps d'agir), si l'on regarde les chiffres du dernier rapport du 2 février le réchauffement est estimé à environ +1°,7 à 4.8°C...d'ici là quand ? la fin du siècle. Si on prend le pire, ou presque: +4° globalement. L'europe de l'ouest n'est pas dans les régions qui devraient se réchauffer le plus, on aurait donc, +2 ou +3° dans ce cas.

Pensez vous donc qu'il est objectif d'espérer ne plus connaître une situation comparable avant des annnées, ce malgrès le réchauffement gloabal? je dirais d'ici la 15 ans? pourquoi? si on regarde on dirait qu'il y a une période entre les hivers trés doux 1975--)1990---)2007

Modifié par theviking

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Pensez vous donc qu'il est objectif d'espérer ne plus connaître une situation comparable avant des annnées, ce malgrès le réchauffement gloabal? je dirais d'ici la 15 ans? pourquoi? si on regarde on dirait qu'il y a une période entre les hivers trés doux 1975--)1990---)2007

Plus de saisons aussi chaudes pendant si longtemps?

Franchement, c'est pour moi impossible: ce dernier quart de siècle renferme une bonne partie des plus grosses horreurs thermiques jamais enregistrées.

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