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cumulonimbus

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  1. cumulonimbus

    Été 2018

    1er juin 2018 Commençons une fois encore par les précipitations. Alors qu’Uccle continue avec sa tendance sèche – les 8,4 mm du 1er juin n’inversant pas cette tendance, d’autant plus que les 4 jours qui suivent sont à nouveau secs –, d’autres régions du pays continuent à recevoir des précipitations intenses. L’énorme MCS qui a abordé le pays en fin de nuit continue à faire parler de lui. Celui-ci, très actif entre 7 et 8 heures, commence lentement à se « déglinguer » par la suite en perdant de son intensité mais en s’étalant jusqu’à couvrir la quasi-totalité du pays vers la mi-journée, désormais sous la forme d’une zone de précipitations. Celle-ci donne encore des précipitations par endroit très fortes, alors qu’elles sont parfois plutôt faibles ailleurs. Parmi les relevés sur 24 heures (1er juin 8h –> 2 juin 8h), nous avons les valeurs suivantes : Gorsem : 66,2 mm Angleur : 48,1 mm Elsenborn : 37,7 mm Stree (Huy) : 32,7 mm Bierset : 30,0 mm Pour certaines stations, il y a moyen de retrouver les détails de l’épisode pluvio-orageux. À Bierset, l’épisode entier lié à ce MCS totalise 37 mm (7 mm entre 6 et 8h ; 24 mm entre 8 et 14h ; 6 mm entre 14 et 19h). Plusieurs orages se sont manifestés le matin, avec une indication d’orage violent à 8h et une indication d’orage de grêle à 9h. Quelques autres données sur cet épisode orageux en région liégeoise nous donnent des quantités plus grandes encore, comme à Slins (55 mm) et à Oupeye (42 mm). À Elsenborn, l’épisode peut être décomposé comme suit : 21 mm entre 4 et 8h ; 32 mm entre 8 et 14h ; 5 mm entre 14 et 18h. Soit un total de 58 mm. Rappelons que les plus fortes cotes de cet épisode sont de 95 mm à Saint-Vith, 93 mm à Bütgenbach, 89 mm à Battice, 88 mm à Chaîneux, 71 mm à Vielsalm, 64 mm à Robertville, 62 mm à Herve, 61 mm à Jalhay, 59 mm à Waremme et 59 mm à Vaux-sous-Chèvremont pour reprendre les valeurs supérieures à celle d’Elsenborn. À Angleur, il est probable que l’épisode ait donné près de 70 mm d’eau (23,1 + 48,1 mm, une petite partie appartenant à un autre orage). Les conséquences de ces précipitations, par exemple, à la gare de Liège-Palais : Capture d’écran d’une vidéo de Nadia Saiadi L’étalement du MCS en une espèce de gros nimbostratus/altostratus, avec quelques cellules enclavées, devenant peu à peu moins actives, nous vaut une journée très grise et fraîche, avec régulièrement de la pluie tout au long de la journée. Au littoral, on observe en plus du brouillard en début de matinée. Les températures maximales, sous un vent soufflant en moyenne d’ouest, se situent entre 18 et 20°C en plaine (un peu moins au littoral avec 16-17°C) et entre 14 et 17°C sur les hauteurs (le moins dans les Hautes-Fagnes). 2 juin 2018 Une petite influence anticyclonique se dessine sur notre pays, mais les nuages ont beaucoup de mal à se dissiper. Par contre il ne pleut (généralement) plus. On note principalement des stratocumulus, qui plus tard en journée évoluent en partie en cumulus, avec quelques éclaircies, s’élargissant le soir. Parfois, on assiste aussi à deux couches distinctes : stratocumulus doublés de cumulus à un niveau plus bas. Les températures n’augmentent que peu par rapport à la veille, avec près de 20°C en plaine et 16-17°C sur les hauteurs. Ici et là, il fait un peu plus chaud, principalement en Campine, dans les vallées et en Gaume (Kleine Brogel : 22,6°C ; Aubange : 22,2°C ; Angleur : 22,0°C). À Bierset, une averse a encore réussi à se former (2 mm), mais le plus souvent, il n’y a plus de précipitations. 3 juin 2018 Il refait beau. Un faible anticyclone vient se placer au-dessus de nos régions, avant que son centre de gravité ne remonte vers la Mer du Nord, avec des vents se mettant à souffler de nord à nord-est. Cette dernière évolution est peu favorable à la chaleur en bord de mer, où le thermomètre reste coincé à 20°C, avec une brise de mer se combinant au vent général. Ailleurs, les températures remontent bien, avec le plus souvent 24-25°C en plaine et 20-22°C sur les hauteurs. En Campine, il faut un peu plus chaud avec 26,1°C à Koersel et 26,0°C à Kleine Brogel. Angleur connaît aussi du temps chaud avec 25,9°C. Le ciel est bleu avec quelques cirrus, tandis que des cumulus se forment en journée. Ils ne dépassent pas le stade de mediocris. Le matin, il y a parfois du brouillard. Au littoral, la convection est en grande partie empêchée par les eaux plus froides de la Mer du Nord, avec un fin d’après-midi / début de soirée même un peu de brouillard maritime. 4 juin 2018 Un anticyclone s’installe entre l’Islande et l’Écosse au nord d’un front froid. Ce front froid descend lentement sur la Mer du Nord en direction de nos régions, mais ne nous concerne pas encore. Le temps est beau en bien des régions après dissipation – là où il y en a – des brumes et stratus matinaux. En journée, la convection est un peu plus marquée avec des cumulus atteignant parfois le stade de congestus. On note aussi quelques cirrus et quelques altocumulus. Malgré un petit vent de nord à nord-est, les températures sont élevées et atteignent 24 à 27°C en plaine et dans les vallées et près de 23°C sur les hauteurs. Les valeurs maximales les plus élevées sont les suivantes : Kleine Brogel : 27,4°C Aubange : 27,2°C Angleur : 27,1°C Koersel : 27,1°C Au littoral, on observe du brouillard, puis un ciel couvert avec des stratocumulus et le temps est très frais. La température maximale ne dépasse pas 15,6°C à Zeebruges et 16,2°C à Middelkerke avec un vent de nord ou de nord-nord-est bien présent. Ce vent pousse l’air frais jusque loin à l’intérieur des terres. Même Ypres et l’ouest du Hainaut sont touchés par des brumes et des stratus qui évoluent plus tard en stratocumulus (et, dans la zone limite, en cumulus plus ou moins fractus produits du déchirement des stratocumulus). Dans ces régions, les températures ne sont pas très élevées non plus, avec 19,7°C à Passendaele et 19,9°C à Beitem. Autour de Gand, on note 21,4°C à Zelzate et 22,2°C à Semmerzake. 5 juin 2018 Le front froid s’avance vers notre pays, puis se disloque sur celui-ci. Il entraîne cependant une portion d’air frais sur une grande partie du territoire. Seule la Gaume en est vraiment épargnée. Au littoral, le temps est particulièrement frais avec des stratocumulus couvrant la totalité du ciel ou presque, avec parfois des fractus en dessous, principalement le matin. Il faut attendre le soir pour apercevoir les premières éclaircies. Avec un vent désagréable de nord-nord-est, la température ne dépasse pas 14,9°C à Zeebruges et 15,1°C à Middelkerke. À l’intérieur des terres, le temps est couvert aussi avec des stratus / stratocumulus ne se déchirant parfois que le soir, sinon l’après-midi. En fonction de l’insolation, les températures maximales en plaine se situent entre 17 et 23°C. C’est à l’ouest que les températures sont les plus basses (Passendaele : 17,1°C ; Beitem : 17,4°C ; Semmerzake : 18,3°C) et à l’est qu’elles sont les plus élevées (Kleine Brogel : 22,6°C ; Koersel : 21,5°C). Au centre, on tourne autour de 19°C. En Gaume, le temps est tout autre, presque serein en matinée, avant la formation de cumulus l’après-midi, humilis et parfois mediocris. La température maximale atteint 27,6°C à Aubange et 26,0°C à Buzenol. La Haute Belgique est touchée de façon variable par les nuages, avec en général du beau temps l’après-midi. Les températures : 21-22°C sur les plus hauts plateaux. À suivre…
  2. cumulonimbus

    Été 2018

    21-22 juin 2018 – une nuit remarquablement froide pour la saison, à certains endroits Cette nuit a été fort froide et, une fois n’est pas coutume, ce sont les plateaux qui ont été surtout affectés. En effet, c’est l’origine très froide de la masse d’air qui a primé sur le rayonnement. Car la température, au niveau 850 hPa, a été de 1°C seulement, une valeur pas si fréquente à la fin juin. (En 1984 cependant, il a fait plus froid encore avec –1°C au même niveau le 29 juin.) Le plateau ardennais, notamment, a eu froid avec 3,5°C à Saint-Hubert. C’est la nuit la plus froide des trente dernières années à cette station pour une 3e décade de juin, avec 4,1°C comme précédente valeur la plus basse pour cette période (23 juin 1988). Mais si on remonte plus loin, on trouve nettement plus froid avec 0,6°C le 21 juin 1964. Pour les Hautes-Fagnes, la valeur de 4,0°C est plutôt froide aussi, mais on y a assez récemment relevé 2,2°C (27 juin 2000). Il est curieux de constater qu’Elsenborn n’est pas descendu en dessous de 5,1°C. De petites rafales de vent, régulièrement, y recréaient un brassage de l’air empêchant la formation d’une couche vraiment froide dans la cuvette. En Moyenne Belgique, les différentes stations de plateau ont donné les valeurs suivantes : Uccle : 7,4°C Beauvechain : 7,1°C Bierset : 7,1°C Gosselies : 6,4°C Ce ne sont pas des records, mais des valeurs qui ne passent pas tout à fait inaperçues dans le contexte actuel de réchauffement climatique. Le vent et la turbulence résiduelle de l’air, qui ont empêché le grand refroidissement dans les vallées et les cuvettes, l’ont encore empêché davantage au littoral, où le vent n’a cessé de souffler de la mer. Ainsi la température n’est pas descendue plus bas que 13,8°C au port de Zeebruges. Cette relative douceur maritime s’est aussi propagée le long de l’Escaut, avec encore 10,0°C à Stabroek et 9,6°C à Anvers. Un peu au nord-est de l’Escaut par contre, à Essen, la température a nettement mieux pu baisser, avec 2,6°C. La Gaume, plus abritée des influences maritimes, a eu froid aussi avec 4,4°C à Aubange. Plus de détails dans les résumés quotidiens, qui seront faits dans le courant de la semaine prochaine.
  3. cumulonimbus

    Été 2018

    Bonjour à tous, Il y a un bug au niveau de l'hébergement des images. J'ai essayé 3 sites différents, et chaque fois il redonne les images en format de vignette (alors que je clique sur le lien de l'image en taille normale). Ce n'est qu'en cliquant dessus qu'on a la taille normale. Quelqu'un pourrait-il vérifier ? Cb
  4. cumulonimbus

    Été 2018

    8 juin 2018 Petite accalmie sur le front des orages. En effet, les orages « lèchent » notre pays à plusieurs reprises, mais (pratiquement) sans l’atteindre. Une première fois en début d’après-midi le long de la frontière non loin de Bastogne – Houffalize – Gouvy, une deuxième fois en fin d’après-midi un peu au sud-est de la Gaume et une troisième fois en soirée un peu au sud de la Gaume. Nous restons dans un quasi-marais barométrique, avec de légères différences de pression qui ont cependant de l’importance pour nous. Nous voyons en effet une faible dépression thermique sur l’Allemagne, tandis qu’une autre faible dépression se comble rapidement sur les eaux froides de la Mer du Nord et se mue même en faible anticyclone. Cette configuration nous vaut une circulation de nord-ouest à nord dans les basses couches (jusqu’à 2500-3000 mètres) tandis que les courants restent méridionaux au-dessus. Cette différence de vent n’est pas suffisante pour créer une inversion thermique, mais les infiltrations maritimes de la Mer du Nord dans les basses couches, avec comme corollaire un air plus humide et moins chaud, réduisent fortement l’instabilité. C’est sur l’ouest du pays, bien sûr, que l’influence de la mer est la plus grande, avec des maxima de 16°C seulement au littoral et une vingtaine de degrés sur l’ouest des plaines. Là, on note de la brume et des stratus, limite stratocumulus, pendant presque toute la journée. Le soir seulement, on note quelques éclaircies (un peu plus tôt sur la frange sud de la zone en question). Le centre et le centre-est du pays connaissent des maxima de 23-24°C. Là, le temps est brumeux aussi, avec des stratus en matinée (et vers l’est, aussi un peu de pluie), mais l’après-midi on note des éclaircies avec un ciel délavé et, à côté de cirrus et d’altocumulus, le développement de cumulus flous, qui atteignent le stade de mediocris. Plus vers le sud, en direction de l’Ardenne et de l’Entre-Sambre-et-Meuse, les cumulus se développent un peu plus, alors qu’en même temps, on observe temporairement des voiles plus épais (altostratus translucidus). Les températures, en fonction de l’altitude, y atteignent 21 à 24°C. En Gaume par contre, c’est un tout autre type de temps qui est observé. Il n’y a ni brume ni stratus, mais des bancs d’altocumulus et de stratocumulus le matin, puis des éclaircies et une convection qui se met bien en place avec des cumulus atteignant le stade de congestus. Les températures y atteignent 24 à 26°C. 9 juin 2018 La situation qui s’est mise en place la veille va persister, avec un marais barométrique quelque peu « déformé » par des basses pressions thermiques sur le continent et des hautes pressions thermiques sur la Mer du Nord. Mais les contrastes vont se renforcer entre le nord et le sud du pays avec comme conséquence le retour d’orages marqués et, surtout, particulièrement pluvieux dans la province du Luxembourg. Les pluviomètres sont là pour le confirmer : Étalle : 32 mm Chiny (Pin) : 31 mm Virton : 31 mm Aubange : 26 mm Rossignol : 22 mm Mais il est fort probable que des averses plus fortes soient passées entre les mailles du filet. Une station privée à Attert aurait mesuré 95 mm de précipitations ! À nouveau les pompiers ont enregistrés des appels au secours tandis qu’on parle de pluies torrentielles à Attert, Habay, Florenville, Léglise et Messancy (source : L’avenir.net). Source : l'avenir.net Ces orages, nés à la mi-journée au-dessus de la France, remontent vers le sud de notre pays en se renforçant d’une part grâce au réchauffement diurne assez important et d’autre part en raison d’une ligne de convergence formée entre les courants du nord plus frais, régnant dans les basses couches au-dessus d’une grande partie du pays, et l’air chaud stagnant sur le sud du pays. Le relief crée pas mal d’irrégularités au niveau de ces vents, aidant les forçages. Les températures atteignent localement 28-29°C en Gaume. Après la dissipation des brouillards matinaux, le temps devient beau tandis que les cumulus bourgeonnent de plus en plus l’après-midi dans un contexte chaud, mais restant humide. Les orages éclatent en soirée. Dans le reste du pays, le temps est presque la copie conforme de celui de la veille. Les maxima atteignent 20-22°C à l’ouest des plaines (16-17°C au littoral), 24-25°C au centre et 26-27°C à l’est, localement 28°C (Koersel : 28,2°C ; Kleine Brogel : 27,4°C). Le temps reste d’abord longtemps brumeux avec des stratus/stratocumulus, puis des éclaircies se dessinent dans un ciel délavé avec des cumulus flous qui se développent modestement. Sur l’ouest du pays, le ciel reste très nuageux à couvert toute la journée. On notera par ailleurs qu’en raison de l’arrivée tardive des éclaircies (là où il y en a), les maxima sont souvent observés tardivement aussi, en fin d’après-midi voire en soirée. Par ailleurs, la faiblesse des vents du nord permet un très bon réchauffement sur l’est et le nord-ouest du pays, pendant que l’ouest reste au frais. 10 juin 2018 Les températures s’égalisent sur la Belgique, avec en moyenne une légère hausse sur le nord-ouest et une légère baisse sur le sud-est. Mais de grandes discontinuités dans le patron des vents persistent sur le sud du pays, avec à nouveau des orages accompagnés d’inondations. « Les intempéries qui se sont abattues dans la nuit de dimanche à lundi sur le sud de la province du Luxembourg ont provoqué des inondations sur la commune de Meix-devant-Virton. L’eau a envahi rues et caves, entraînant la fermeture de la Nationale 88, rapportent les autorités locales. » Sudinfo.be Si l’on considère les sondages atmosphériques, on constate de beaux cisaillements directionnels « tournants » au-dessus d’Idar-Oberstein (sondage le plus représentatif pour le sud du pays), avec des vents de nord-est dans les basses couches, de sud-est vers 1500-2000 mètres, de sud vers 3000 mètres et de sud-ouest vers 5000 mètres. Il n’est donc pas étonnant que des cellules orageuses puissent acquérir un mouvement rotatif. Crédit photo et commentaire : Jeremy Lokuli Même si on ne peut pas encore parler de supercellule (phénomène trop court dans la durée), cela témoigne bien de l’intensité qu’ont pu avoir certains orages. Voici un extrait de son témoignage : « Voici un cliché parmi tant d'autres, photographié à Léglise en province de Luxembourg vers 19h10 le 10 Juin 2018. Alors que je devançais un multicellulaire en ligne diluvien sévissant sur le sud de Libramont, je décide de me poser à Léglise, histoire de shooter la foudre, cependant la ligne perd en intensité et prend une tout autre tournure, à mon nord-est un énorme congestus gonfle, celui-ci se situe sur Bastogne, à mon sud un courant ascendant prend vigueur pendant peut-être 20 minutes et entre en "PROBABLE" rotation. » Au niveau pluviométrie, nous n’avons aucune cote remarquable, avec 16 mm à Rossignol, 14 mm à Buzenol et 10 mm à Virton. Mais une fois de plus, des cellules bien plus pluvieuses ont pu passer entre les mailles du filet. Le temps en Gaume : après la dissipation des brumes et brouillards matinaux, on note des bancs d’altocumulus, puis des éclaircies tandis que la convection se met rapidement en place. Les premières manifestations orageuses sont présentes dès la mi-journée, mais c’est surtout en début de soirée qu’on assiste au passage d’une ligne orageuse virulente (et pas « dans la nuit de dimanche à lundi » comme on peut le lire dans la presse). Ailleurs dans le pays, on assiste à nouveau à des stratus/stratocumulus en matinée, ayant (un peu moins) de mal à se dissiper, puis au développement de modestes cumulus dans un ciel délavé. On note aussi des cirrus, des altocumulus et, parfois, des cirrostratus/altostratus translucidus. Les températures atteignent le plus souvent 24-25°C en plaine, parfois un peu plus en Campine (Koersel : 26,6°C ; Kleine Brogel : 26,5°C). Au littoral, le temps est un peu meilleur que la veille grâce à davantage de turbulence, ayant pour effet de déchirer la nappe de stratocumulus. Mais le vent de nord à nord-est est froid et pénétrant, avec des maxima que ne dépassent pas 16-17°C. 11 juin 2018 Situation inchangée sur le front des orages. Un véritable rail d’orage s’est mis en place sur le sud du pays, avec chaque jour le retour d’une forte convection. Cette fois-ci, c’est un véritable système frontal qui affecte cette région, avec d’abord encore un secteur chaud ouvert, puis une occlusion qui reste longtemps traîner, coincée entre des courants de nord-est au nord et de sud-ouest au sud (et de sud dans le secteur chaud). Source : KNMI Cette fois-ci, des pluviomètres ont été sur le chemin des orages et ont recueilli pas mal d’eau : Bièvre : 36 mm Chanly (Wellin) : 36 mm Bastogne : 34 mm Chuny (Pin) : 28 mm Hastière : 26 mm Herhet : 25 mm Le temps dans le sud de la Belgique : fort nuageux et brumeux avec stratus, stratocumulus et relativement peu d’éclaircies (avec altocumulus). Ici on voit que les orages ont un caractère beaucoup plus dynamique que thermique et sont presque « embedded » dans la masse nuageuse. D’ailleurs la hausse des températures dans le secteur chaud est entièrement masquée par les nuages, avec des maxima ne dépassant guère 21-22°C (et autour de 20°C sur les hauteurs de l’Ardenne). Le reste du pays se maintient dans le flux septentrional, qui a juste basculé vers le nord-est. Le ciel est nuageux avec surtout des nappes de haute et moyenne altitude, des cirrus épais et des altocumulus. Dans l’Entre-Sambre-et-Meuse cependant, on note encore pas mal de stratus/stratocumulus. Les températures gagnent grâce à la continentalisation, mais reperdent en raison du manque de soleil, pour se situer le plus souvent entre 23 et 25°C en plaine. Au littoral, les maxima se situent vers 18-19°C, mais l’après-midi le vent devient fort et donne une sensation de froid. Le temps par contre est relativement beau (bien au nord de la perturbation frontale), avec juste des cirrus parfois épais. 12 juin 2018 La perturbation frontale poursuit sa route vers l’est, puis vers le sud-est sans toucher le nord de notre pays, mais un front froid secondaire, certes en voie de désagrégation, nous apporte de l’air bien plus frais. On note de nombreux stratocumulus, parfois aussi des cumulus et, au-dessus, un voile d’altitude (cirrostratus/altostratus/altocumulus). Au sud du pays, les stratocumulus sont moins nombreux. L’est du pays connaît un peu de pluie, le sud du pays des pluies plus abondantes (localement jusqu’à 10 mm, comme à Frassem (Arlon)). Les températures maximales sont beaucoup plus basses, avec 19-20°C en plaine, 16-17°C au littoral, 13-15°C sur les hauteurs et autour de 17°C en Gaume. Le vent souffle d’abord de nord-est, puis s’oriente au nord. 13 juin 2018 Une crête de l’anticyclone des Açores tente de déterminer le temps sur nos régions, mais elle se place mal en nous envoyant de l’air froid, quelque peu humide et accompagné de pas mal de nuages. On observe donc des stratocumulus tantôt plus, tantôt moins compacts et doublés de cumulus. L’après-midi, les cumulus se développent un peu mieux (mais tendent à rester assez plats malgré tout) dans les éclaircies, sinon s’encastrent dans les stratocumulus et s’étalent à leur tour. Dans les éclaircies plus larges, on voit des cirrus et des altocumulus. Au littoral, le temps est nettement meilleur, avec les cumulus et stratocumulus se dispersant en matinée et un ciel serein ou presque (parfois quelques cirrus) dès midi. En fin de journée, les cirrus sont plus nombreux et tendent vers le cirrostratus. Avec un vent de nord-ouest à nord (devenant variable en soirée avant de s’orienter au sud), les températures stagnent par rapport à la veille, avec des maxima de 17°C au littoral, 19-20°C en plaine, 13-14°C sur les hauteurs et 16-17°C en Gaume. À suivre…
  5. cumulonimbus

    Été 2018

    7 juin 2018 Une chaleur d’étuve et quelques orages particulièrement pluvieux. Nous sommes bien dans un marais barométrique cette fois-ci, tandis que les deux cellules anticycloniques, l’une au nord et l’autre à l’est, sont trop éloignées pour influencer directement le temps sur nos régions. Elles le font toutefois indirectement, en contribuant au maintien d’air continental assez chaud sur nos régions. Après un temps très nuageux le matin, parfois pluvieux et localement orageux (notamment Bruxelles), le temps se dégage partiellement, avec encore de nombreux bancs d’altocumulus et la formation rapide de cumulus, dont certains se développent en cumulonimbus orageux dès le tout début de l’après-midi. Ce ciel, associant nuages d’instabilité et bancs d’altocumulus voire de stratocumulus se maintiendra jusqu’au soir. Quelques régions, avec peu d’éclaircies, connaissent aussi peu de nuages convectifs. Quant au littoral, sous l’influence des eaux froides, il connaît un temps gris et graduellement de plus en plus brumeux. Les températures, à la mer, ne dépassent pas 18°C au bord de l’eau mais temporairement encore 21°C un peu à l’intérieur. En milieu d’après-midi par contre, il ne fait plus que 16-17°C sur une large bande côtière. À l’intérieur des terres, les températures varient entre 24 et 28°C en plaine en fonction de l’insolation, et entre 19 et 22°C sur les hauteurs. Partout les points de rosée sont assez élevés, ce qui confère beaucoup de lourdeur à la chaleur. Les vents sont variables en surface, mais tendent à rester orienté au sud-est dans les couches moyennes. Là, les décroissances thermiques moyennes sont de 0,65°C environ par 100 mètres, ce qui nous vaut une instabilité conditionnelle. Un premier rail d’orages se développe sur tout le sud-ouest du pays, très près de la frontière française. Leur déplacement sud-est – nord-ouest est cependant très lent, ce qui permet à certaines cellules de déverser beaucoup d’eau. Source : IRM Cette ligne fait fort penser à une convergence, mais aucune convergence nette des vents n’est identifiables sur les cartes de surface, ni même sur les cartes de modélisation des basses couches (WRF). Notamment la région de Quiévrain, Audregnies et Baisieux, à l’ouest de Mons, est durement touchée, victime d’inondations et de coulées de boue. Plus au sud-est, Couvin se retrouve sous eau aussi, en raison d’une autre cellule orageuse. « Peu après 16 heures, d'importants orages ont provoqué des inondations et des coulées de boue. Le centre de Couvin a été recouvert de 50 cm d'eau et de boue. Les pompiers ont été mobilisés pour une centaine d'interventions dont trois urgentes. « Une personne à mobilité réduite, surprise dans sa cave par la coulée de boue, a heureusement pu être sauvée, elle n'est pas blessée. Une personne a également été surprise dans sa maison par la coulée de boue et est légèrement blessée. La troisième intervention urgente concerne des bouteilles de gaz arrachées par la coulée. Les pompiers ont pu maîtriser la situation. « Le centre de Couvin a été rouvert à la circulation après une fermeture de près d'une heure, le temps pour les pompiers de nettoyer les rues recouvertes de boue. » RTBF Source : Sudinfo.be Il s’agit de phénomènes très locaux. Aublain a reçu 24,2 mm entre 15 et 16 heures. Cerfontaine, à une dizaine de kilomètres au nord d’Aublain, n’en a reçu que 0,2. Non loin de là, Hestrud (FR) totalise 4,6 mm tandis que Sivry-Rance, juste à côté, enregistre… 52,7 mm ! Une analyse des radars de précipitations indique que cette eau provient bel et bien de cet épisode-là. Une autre région touchée, également non loin de la frontière française, est celle de Herseaux (Mouscron) et Basècles (Péruwelz). Là, il s’agit aussi de phénomènes très locaux, souvent repris par aucun pluviomètre. Plus tard, en début de soirée, c’est le nord-ouest de Bruxelles qui est touché par un orage très localisé. Koekelberg mesure 24,4 mm (cellule à développement explosif) entre 18 et 19h tandis que Neder-Over-Heembeek et Woluwe-Saint-Pierre, également des communes bruxelloises, ne reçoivent rien au cours de cette épisode. Par contre, il y pleuvra un peu plus tard dans la nuit. Donc une nouvelle fois encore, une situation très chaotique et, surtout, imprévisible !
  6. cumulonimbus

    Été 2018

    J'ai trouvé une station de particulier quelques mètres à l'ouest du croisement entre la chaussée Romaine et la chaussée de Douai, où il est tombé 33 mm entre 1h30 et 2h30 du matin. En fait, l'épisode a duré très exactement entre 1h39 et 2h34, avec un pic de précipitations de 22,1 mm entre 2h06 et 2h19. Certes je dois reprendre les données telles quelles, je n'ai aucun moyen de vérifier la fiabilité de cette station.
  7. cumulonimbus

    Été 2018

    6 juin 2018 Encore une journée complexe. Pour bien comprendre les choses, nous allons prendre la carte de la veille, 5 juin 2018 à 18h GMT et celle du 6 juin 2018 à 12h GMT. Source : KNMI Nous y voyons la partie occidentale d’un front, devenu pseudo-front dans cette partie (car ne concernant plus que les basses couches) qui descend sous forme de pseudo-front froid, puis qui remonte sous forme de pseudo-front chaud. Sur les cartes entre les deux (6 juin à 00h et à 06h GMT), cette trace au sol n’existe plus sur notre pays. En effet, la situation n’est pas claire, et notamment par rapport aux cartes ci-dessus, la réalité n’est pas aussi nette, ni au niveau des températures, ni au niveau des vents. Pourtant ces cartes sont bien utiles malgré tout, car il y a effectivement ce mouvement de balancier, avec de l’air plus frais de la Mer du Nord qui descend, puis qui se retire à nouveau en remontant. Seulement, les limites bien plus floues que celles indiquées sur les cartes. L’un des responsables de ce « flou artistique » est le front de brise de mer, qui tantôt dédouble le pseudo-front, tantôt se confond avec lui. Essayons de voir cela sur la carte ci-dessous : Carte de base : Infoclimat Nous pouvons y voir que la ligne du pseudo-front ne correspond pas exactement à celui de la carte d’analyse du KNMI. En outre, la situation des vents au nord-ouest du pseudo-front est assez nette, avec un bon flux de nord-est, alors qu’au sud-est du pseudo-front, les vents sont plutôt variables, avec une petite prédominance sud-est à sud. Au niveau des températures par contre, la situation est plus floue. L’air frais du nord-est, à 14 h (12h GMT), est déjà bien réchauffé par le bas et la différence par rapport à l’air chaud est bien faible. Cependant, comme nous allons le voir plus loin, cette petite différence a son importance. Pour le front de brise de mer, c’est l’inverse : il est plus net au niveau des températures que des vents, toutefois il reste identifiable grâce au vent aussi, avec une nette tendance nord-nord-est, voire nord du côté de la mer (et quelques kilomètres vers l’intérieur), et une tendance nord-est au-dessus de l’intérieur des terres. En tout cas, en milieu de journée, le front de brise de mer et le pseudo-front sont bien dédoublés. Ajoutons à cela que du côté chaud (comme le montre déjà la carte des vents), il existe un tas de discontinuités, principalement liées à de petites dépressions thermiques générant encore d’autres lignes de convergence. Il va de soi que dans une telle situation, la prévision orageuse devient un véritable art. Regardons d’abord ce qui s’est passé durant la journée du 6 juin (nous analyserons par la suite la nuit du 6 au 7). Comme tant de fois ces derniers jours, nous pouvons subdiviser le pays en plusieurs parties. 1) La région littorale Cette région est directement concernée par la brise de mer, qui souffle assez fort, et les températures y sont plutôt basses avec des maxima de l’ordre de 16°C en bordure immédiate de l’eau (16,3°C à Zeebruges) et autour de 17-18°C dans la partie des dunes le plus à l’intérieur des terres (18,3°C à la Base de Coxyde). Cette brise est fort pénétrante : on ressent encore de légers effets sur la température à plus de 30 kilomètres du littoral (Passendaele et Beitem n’atteignent pas les 25°C). Cette région ne connaît pas de convection. Le ciel est souvent bleu (pas de brume grâce à la turbulence de la forte brise de mer), avec de temps en temps quelques stratus fractus en provenance de la mer. On note aussi quelques altocumulus. Un peu plus vers l’intérieur, ces stratus fractus deviennent plutôt des cumulus fractus, on note donc là une toute petite convection de basses couches. 2) La zone au nord-ouest du pseudo-front Il s’agit grosso modo de la zone au nord du sillon Sambre-et-Meuse. En matinée, on sent encore bien la fraîcheur de l’air, accentuée par le petit vent de nord-est, mais l’après-midi, les températures montent fort pour atteindre un maximum de 27 ou 28°C en toute fin d’après-midi ou début de soirée. Avec un peu d’humidité résiduelle dans l’air, la chaleur devient même un peu lourde. Les plus forte valeurs sont observées à l’est de la zone avec 29,8°C à Kleine Brogel et 29,2°C à Koersel. En raison de l’inversion formée par l’air frais, qui ne se résorbe que très partiellement avec le réchauffement en après-midi, la convection est fortement réduite. Après la dissipation des brumes et stratus matinaux, le ciel devient bleu et ce n’est qu’en milieu ou fin d’après-midi qu’on observe quelques cumulus humilis. En soirée, on note des bancs d’altocumulus. 3) La zone au sud-est du pseudo-front Cette zone, qui comporte en gros la Haute Belgique et l’Entre-Sambre-et-Meuse, connaît un temps chaud, lourd et orageux. C’est surtout en matinée qu’on ressent la différence, avec des températures plus élevées sur les hauts plateaux qu’en plaine. Dans les vallées, les 25°C sont souvent dépassés avant midi. Ensuite, la formation précoce des orages limite cependant la hausse des températures, avec quelques 27°C dans les vallées (Hastière : 27,0°C) et 24-25°C sur les hauteurs (Saint-Hubert : 24,6°C). Les premiers coup de tonnerre sont observés en tout début d’après-midi du côté de Philippeville – Givet – Beauraing – Rochefort, puis de nombreuses cellules naissent en cours d’après-midi, principalement le long d’une ligne Maubeuge – Rochefort – Manhay. Cette ligne se scinde ensuite en milieu/fin d’après-midi avec de l’activité orageuse d’une part sur le sud du Hainaut (frontière française) et d’autre part sur le nord du massif ardennais. Le temps dans cette région : des bancs d’altocumulus, dont des castellanus le matin, puis une convection, souvent explosive, dès le tout début de l’après-midi. À Florennes par exemple, on observe de l’orage dès 14 heures, avec 6 mm de précipitations. À Humain, c’est aussi en début d’après-midi que les orages éclatent, mais là de façon plus violente avec des rafales de vent, une baisse substantielle de la température et 27 mm de précipitations, dont 19 mm en 1 heure (entre 14 et 15h). La nuit du 6 au 7, la situation ne se simplifie pas. On perd la trace du pseudo-front (on l’identifie encore un peu sur l’Allemagne le matin), mais d’importantes discontinuités sont présentes dans la masse d’air, dont plusieurs lignes de convergences orientées ESE/WNW, qui deviennent de véritables rails à orages. Nous avons notamment la rencontre de vents de nord à nord-est présents sur les Pays-Bas et le nord de notre pays et des vents de sud-ouest en provenance de la France qui abordent notre pays aussi. Si en surface, le schéma des vents est quelque peu perturbé par les effets locaux, il devient très visible même à faible altitude, comme on peut le voir sur le modèle WRF ci-dessous. Source : Meteociel Sur cette carte des vents au niveau 975 hPa (près de 300 mètres d’altitude), on voit bien cette ligne de convergence, avec une poussée de vent de sud-ouest en provenance de la France et des vents d’est-sud-est ou de sud-est sur les Pays-Bas et l’Allemagne. Ce dernier élément est confirmé par le sondage d’Essen : les vents de nord-est de surface sont très pelliculaires, ils tournent au sud-est à faible altitude et au sud-ouest voire à l’ouest dans les couches moyennes. Nous avons donc bien affaire à des phénomènes de basses couches. Chez nous par contre, au niveau 700 hPa, les vents soufflent de sud-est : c’est le flux directeur pour les orages nocturnes et matinaux. En deuxième partie de nuit, nous avons en effet une vague orageuse assez violente qui longe toute la frontière belgo-française depuis la Gaume jusqu’à la Flandre Occidentale. Ces orages laissent par exemple 15 mm d’eau à Dourbes. À la station privée de Hestrud (très près de la frontière belgo-française), cet orage à lui seul donne 21 mm d’eau. Un peu au sud-ouest de Tournai, il serait tombé 33 mm d'eau en une petite heure, avec un pic de 22 mm en un quart d'heure peu après 2 heures, mais ces données n'ont pas été vérifiées. Le matin, c’est Bruxelles qui est touché par un orage. Les pluies sont assez courtes mais intenses avec 6 mm en 1 heure à Uccle. Cet orage est précédé par un arcus bien visible. Bruxelles – 7 juin 2018 à 8h – Crédit photo : Michael Baillie (Belgorage) Enfin les données totales de précipitations (sur 24 heures) : Hestrud (FR) : 28 mm Sivry : 27 mm Agimont : 27 mm Aublain : 22 mm Florennes : 19 mm Chiny (Pin) : 18 mm
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    +++ Les résumés du 28 au 31 mai ont été complétés, en date du 31 mai, par le magnifique arcus qui a été présent du côté de La Panne. +++
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    PREMIERS JOURS DE MARS 1er mars 2018 De l’air un peu moins froid est déjà acheminé vers nos régions, avec ici et là quelques précipitations neigeuses liées à un front chaud. C’est en altitude, surtout, que la différence est perceptible, avec une température passant de –13°C à +3°C à 1000 mètres d’altitude. En surface, les gelées permanentes disparaissent aussi de la Basse et Moyenne Belgique, mais les températures maximales ne dépassent que de peu le 0°C, avec au mieux +2°C. Les Hauts Plateaux, encore situés en dessous de l’inversion, connaissent des maxima de –3°C. La nuit d’avant, les minima fort bas pour un mois de mars se sont situés entre –6 et –8°C en plaine et entre –10 et –12°C sur les hauteurs. Le temps est bien moins beau que les jours précédents, avec des altostratus et altocumulus parfois épais, souvent doublés de stratocumulus et laissant peu de place aux éclaircies. Plus à l’est, le temps est plus lumineux, avec des bancs de stratocumulus/altocumulus moins étendus et des éclaircies accompagnées d’un voile de cirrus. Dans les zones de faibles précipitations, on note aussi des stratus. Des traces de neige au sol sont observées dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, tandis que dans les Hautes-Fagnes, on mesure encore 11 cm à Mont-Rigi. 2 mars 2018 Situation météorologique complexe. Un front chaud, associé à une perturbation frontale à secteur chaud encore ouvert, aborde notre pays et achemine de l’air doux en altitude, avec des températures dépassant largement 0°C vers 1000 mètres d’altitude. Mais en surface, le vent d’est continue à nous apporter de l’air froid, qui tend même à devenir à nouveau plus froid. Une zone de précipitations, qui aborde notre pays en matinée, donne des pluies verglaçantes. En bien des endroits, il pleut par des températures de –2 à –3°C, voire –4°C. Puis dans le courant de la journée, le front s’occlut, l’air chaud est rejeté plus haut en altitude où il finit par descendre en dessous de 0°C. Plus aucune couche de l’atmosphère ne dépasse les 0°C et… la pluie se transforme en neige. Un peu partout, il se met à neiger sur le verglas. En soirée, on mesure par exemple 2 cm à Anvers, 3 cm à Zaventem et 5 cm à Bierset. Ce n’est pas vraiment beaucoup, mais avec le verglas en plus, c’est suffisant pour générer une belle pagaille dans le pays. Presque partout, on enregistre des maxima inférieurs à 0°C. Au relevés de 19 heures, le maximum ne dépasse pas –2,3°C à Uccle, –2,1°C à Beauvechain, –2,1°C à Middelkerke et –1,9°C à Zaventem, tout comme à Semmerzake. Ces températures, par la suite, augmentent un peu la nuit, mais restent le plus souvent négatives. Le vrai maximum d’Uccle, observé dans la nuit du 2 au 3, s’élève à –1,6°C. C’est vraiment très bas pour la saison. Mais des maxima encore plus bas, en mars, ont été observés à Uccle en 2013 (–1,8°C le 11 mars), en 1987 (–2,2°C le 3 mars) et surtout en 1971 (–2,3°C le 4 mars, –3,1°C le 5 mars et –2,8°C le 6 mars, dans le cadre d’une série de 5 jours d’hiver consécutifs). Bruxelles, le soir du 2 mars – Crédit photo : Delphine Laroche via la page « Les fanas de neige en Belgique 3 mars 2018 En deuxième partie de nuit, les températures baissent à nouveau quelque peu, pour arriver à quelques –3°C en plaine et quelques –6°C sur les hauteurs. Le moins froid en Basse et Moyenne Belgique : Gosselies avec –1,4°C ; le plus froid : Coxyde avec –5,4°C. Une bonne partie du pays est sous la neige. Voici quelques épaisseurs à 8 heures : Angleur : 5 cm Bierset : 4 cm Uccle : 3 cm Zaventem : 3 cm Essen : 3 cm Koersel : 3 cm À Mont-Rigi, où de la neige préexistait, la couche est remontée jusqu’à 12 cm. Notre pays se trouve à présent dans une zone d’éclaircies entre deux perturbations. Dans les basses couches, le vent continue à souffler d’est, et l’air maritime à l’arrière de la première perturbation s’en trouve assez continentalisé. Les premières heures, le temps reste froid malgré le soleil, avec une neige qui résiste bien, mais dans l’après-midi, le soleil de mars est suffisamment chaud pour réchauffer l’air, qui est désormais coupé de ses origines très froides. Il en résulte des maxima nettement plus doux, quoique variables d’un endroit à l’autre, avec en plaine des valeurs de 3 à 9°C et des valeurs plus homogènes sur les hauteurs avec 4 à 5°C. En effet, une forte inversion s’est formée au-dessus de la neige dans les éclaircies du matin, et celle-ci n’a pas été résorbée partout. Les valeurs les plus basses se retrouvent dans le nord et l’est avec 3,4°C à Kleine Brogel, 4,1°C à Retie et 4,3°C à Stabroek. Les valeurs les plus élevées sont enregistrées au sud-ouest des plaines, avec par exemple 8,7°C à Chièvres. Sur les plateaux de la Moyenne Belgique et, plus encore, sur ceux de l’Entre-Sambre-et-Meuse, il fait plus doux encore, avec 9,0°C à Gosselies et 10,5°C à Dourbes. Notons qu’à Dourbes, il n’y a pas eu de neige. Le ciel, dans toutes ces régions, est bleu après l’évacuation des derniers nuages frontaux le matin, parfois avec une tendance à être un peu délavé. Les cirrus sont cependant parfois épais aussi. En fin de journée, un voile d’altitude apparaît, avec cirrostratus et bancs d’altocumulus. Au littoral, il fait en outre brumeux. En Haute Belgique, c’est à nouveau une magnifique journée d’hiver, avec soleil et neige et des nuages pas très différents qu’en Basse et Moyenne Belgique. Parfois des bancs de brume et de brouillard se forment sur le sol (partiellement) enneigé. En Gaume par contre, l’inversion ne se résorbe pas du tout. Le brouillard est coriace et se transforme plus tard en stratus. La température ne dépasse pas 1,4°C à Buzenol et 1,8°C à Aubange. En soirée, les températures rebaissent partout et ce, malgré les nombreux nuages qui reviennent, parfois accompagnés d’un peu de pluie. 4 mars 2018 Cette seconde perturbation, qui est passée la veille au soir, n’a donné que peu de précipitations, mais elle a sonné le glas de l’hiver en toutes régions. L’air qui se situe à l’arrière est doux à tous les niveaux. À nouveau, une large zone d’éclaircies nous vaut du très beau temps en matinée, avant que le ciel ne se voile de cirrostratus et d’altostratus, parfois accompagnés d’altocumulus et bientôt suivis par une zone de pluie. Mais d’abord, le soleil et les températures, qui montent en flèche pour atteindre et dépasser les 10°C à 11 heures du matin en de nombreux endroits, donnent une véritable sensation de printemps, sensation qui se maintient longtemps encore après l’arrivée des nuages. Les maxima, par endroit, sont vraiment élevés : 13,8°C à Beauvechain ; 13,2°C à Koersel ; 13,0°C à Genk ; 12,6°C à Retie ; 12,5°C à Angleur. Même les 11,4°C d’Uccle donnent une bien agréable sensation, surtout par contraste avec le froid des jours précédents. En Haute Belgique, la situation est fort variable d’un endroit à l’autre. Saint-Hubert note 4,8°C, Mont-Rigi, 5,7°C mais Elsenborn, 7,6°C. En Gaume, il reste encore pas mal de brouillards et nuages bas, avec des températures restant à la traîne : 7,4°C à Buzenol et 8,0°C à Aubange. La neige disparaît rapidement. À Wideûmont, il n’en reste plus que des traces l’après-midi, malgré un très bref renouvellement de la couche la nuit du 3 au 4. Il en est de même pour Bastogne. À la Baraque de Fraiture, la couche est encore complète, mais en mauvais état. Seuls Mont-Rigi et Wirtzfeld tirent encore leur épingle du jeu. Plus pour longtemps. L’hiver est terminé et ne semble plus revenir. Bien sûr, des plaques de neige pourraient rester coriaces dans les Hautes-Fagnes, mais pour les paysages d’hiver, c’est bien fini !
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    28 mai 2018 Une accalmie très temporaire, en journée, sur le front des orages. Nous nous trouvons aux confins entre d’une part une masse d’air continental fortement réchauffée entre-temps et relativement sèche, et d’autre part une masse d’air tropical maritime un brin moins chaude et surtout plus humide. En ce 28 mai, c’est l’air continental qui prime, poussé par un bon vent d’est qui, plus tard en journée, s’oriente au nord-est. Cet air est commandé par une zone de hautes pressions qui reste bien installée au nord-est de l’Europe. Mais les pressions sont basses sur la France et l’Espagne avec plein de lignes de discontinuité d’origine thermique. La discontinuité située le plus au nord affectera le sud de notre pays dès l’après-midi sous la forme d’une ligne de convergence marquée. Dans un premier temps, les conditions météo sont bonnes partout, avec un ciel tantôt clair, tantôt légèrement voilé de cirrus et cirrostratus, des bancs d’altocumulus et la formation, parfois, de cumulus vers le milieu de l’après-midi, plus particulièrement sur le centre du pays. Plus vers le sud, la convection s’enclenche plus tôt et devient parfois explosive dès l’après-midi. Des orages se développent dès 17 heures sur l’Ardenne avant de se déplacer ensuite vers l’Entre-Sambre-et-Meuse où ils sévissent en soirée. Mais d’abord, il fait fort chaud pour la saison, avec des maxima de 28 à 31°C en plaine et de 25 à 26°C sur les hauteurs. Les plus fortes valeurs sont observées à Kruishoutem et à Begijnendijk (Aarschot) avec 30,8°C, suivis de Kleine Brogel avec 30,3°C, Koersel avec 30,2°C et Angleur avec 29,7°C (pour 27,5°C à Bierset). Au littoral, le temps est fort différent. Le temps est certes beau avec quelques cirrus et altocumulus, mais fort brumeux. L’air reste frais sous une brise de mer du nord qui se renforce graduellement, notamment en soirée. Le maximum de Zeebruges, atteint en matinée, ne dépasse pas 19,6°C. L’après-midi, il y fait entre 18 et 19°C. Dans les dunes, il fait un peu moins frais avec 20 à 22°C l’après-midi, mais là aussi avec un temps très brumeux. La nuit du 28 au 29, la ligne de convergence vient se placer le long de la frontière belgo-française en devenant particulièrement marquée. De forts orages multicellulaires s’organisent en MCS avec des sommets nuageux montant jusqu’à 13-14 kilomètres d’altitude, digne des pays du sud. Depuis l’aéroport de Charleroi, on peut observer des éclairs au sud pendant six heures d’affilée. C’est principalement la province du Hainaut et, dans une moindre mesure, celles de Namur, de Luxembourg et de Flandre Occidentales, qui reçoivent beaucoup d’eau. Voici quelques totaux pluviométriques : Neufvilles : 56 mm Rumillies : 36 mm Rumes : 32 mm Passendaele : 31 mm Kain : 25 mm Sivry : 25 mm Heuvelland : 25 mm Aublain : 24 mm Beitem : 20 mm Au littoral, les orages n’arrivent qu’en fin de nuit et y laissent encore 18 mm d’eau à Middelkerke. Le nord et le nord-est et, dans une large mesure, le centre du pays restent épargnés par ces orages. 29 mai 2018 La zone de convergence bascule dans son déplacement vers le nord-ouest et ne reste vraiment active que dans sa partie nord, avec une certaine persistance de l’activité orageuse le matin dans la région côtière. Des vents de nord-ouest envahissent une grande partie du pays dans les basses couches en début de matinée. Ensuite, à l’exception de la côte, les vents s’orientent au sud-ouest. Une frange au nord et au nord-est du pays reste encore temporairement influencée par les courants continentaux, partout ailleurs nous avons affaire à de l’air tropical maritime humide et un peu moins chaud, mais donnant une sensation de moiteur et de lourdeur. Pour la description du temps, nous allons subdiviser le pays en plusieurs parties. Le littoral, après les orages du matin, connaît à nouveau un temps brumeux, avec un ciel plus délavé encore par la brume que la veille. Le vent souffle de nord à nord-ouest, et plus tard d’ouest, avec des maxima de 19 à 20°C, tant en bordure de mer que dans les dunes. Une large partie centrale du pays connaît d’abord un temps stable et légèrement brumeux sous un ciel peu nuageux à nuageux avec une quantité variable de cirrus. Ensuite, l’inversion (liée au vents de nord-ouest de basses couches) se résorbe et des cumulus se développent. Dans l’air humide, leurs contours restent cependant quelque peu flous. Dans le centre-sud, la convection est suffisante pour régénérer assez rapidement de petits orages dès la matinée. Puis l’après-midi, les restants d’une zone d’averses sont responsables de nuages stratifiés entre-temps, altostratus pluvieux en dessous duquel les cumulus avortent. En fin de journée, l’altostratus se disloque en altocumulus et de belles éclaircies reviennent, avec quelques fractus. Les maxima de cette région : 22 à 26°C en fonction de l’insolation. Pendant les précipitations, là où il y en a, les températures retombent facilement à 18-19°C. Le nord et le nord-est du pays connaissent d’abord un temps beau (quelques cirrus) et rapidement très chaud. À 8 heures, la température atteint déjà 21°C à Anvers, Retie et Kleine Brogel. À Anvers d’ailleurs, le minimum de 19,6°C est le plus chaud de la série débutant en 1982 pour un mois de mai. Les maxima, atteints en tout début d’après-midi, atteignent 29,9°C à Koersel, 29,5°C à Kleine Brogel , 28,3°C à Essen et encore 28,0°C à Anvers-Deurne. Ensuite l’air tropical maritime arrive là aussi avec des cumulus flous, des stratocumulus mais parfois aussi des cumulonimbus orageux. L’est du pays connaît par contre des trombes d’eau dans le cadre d’un vaste orage éclatant dès le début de l’après-midi. Même si c’est surtout Aix-la-Chapelle qui est touché par des inondations catastrophiques, des cotes de précipitations remarquables sont également notées en Belgique. À Mont-Rigi, on mesure 69 mm, tandis que Botrange relève 40 mm et Elsenborn, encore 30 mm. À l’extrême ouest de la zone impactée, Jodoigne enregistre 29 mm. Les températures, dans cette région, ont été élevées avant les orages, mais moins que dans le nord et le nord-est du pays. À titre d’exemple, le maximum a été de 27,7°C à Angleur et de 24,6°C à Bierset. 30 mai 2018 Nous restons du côté de l’air tropical maritime. La ligne de séparation entre les deux masses d’air se matérialise à présent par une occlusion en travers de l’Allemagne, avec l’air continental au nord-est et l’air tropical maritime au sud-ouest, donc aussi chez nous. Cet air tropical maritime, cependant, à force de stagner sur le continent, se réchauffe davantage mais ne se dessèche que légèrement. Il en résulte la persistance d’un temps plutôt lourd. Les orages sont aussi à nouveau au rendez-vous. Les premiers se développent sur l’extrême nord-est du pays dès midi, ensuite durant la nuit du 30 au 31, le sud du pays est touché par une zone orageuse organisée qui se propage ensuite sur toute la partie est du pays et affecte même dans une moindre mesure la partie ouest. Cette dernière sera par ailleurs affectée en fin de nuit par une autre zone orageuse. Il est à noter que Bruxelles est jusqu’à présent épargnée par presque tous les phénomènes pluvieux et pourrait dès lors connaître, dans sa station de référence d’Uccle, un mois… exceptionnellement sec ! Le temps, quant à lui, est nuageux à beau, avec un ciel d’abord serein ou presque, puis la formation rapide de nombreux cumulus mediocris, restant assez typiques de ceux de l’air maritime. Mais quelques-uns, seulement, se développent jusqu’au congestus (et en cumulonimbus dans l’extrême nord-est). Ici et là, on note aussi quelques bancs d’altocumulus, ou un léger voile de cirrus le soir. La nuit, comme mentionné ci-dessus, le temps devient orageux en de nombreux endroits. Les températures : 25 à 27°C en plaine, un peu plus en Campine (Koersel : 28,7°C ; Kleine Brogel : 28,5°C), et 22 à 23°C sur les hauteurs. Du côté de Liège, il fait fort chaud aussi avec 28,0°C à Angleur. Le littoral, une fois de plus, connaît un temps fort différent. Toute la matinée se passe sous le brouillard, avec des températures proches de 16°C à Zeebruges. L’après-midi, le soleil perce mais le ciel reste délavé, avec des restants de nuages de convection qui arrivent jusque là. En soirée, le brouillard se reforme déjà. La température maximale, sous une constante brise de mer, ne dépasse pas 18,9°C. À Middelkerke, dans la région des dunes, la température monte un peu plus haut, jusqu’à 22°C, mais il y fait brumeux aussi, et une très petite averse convective parvient même à s’y former l’après-midi. 31 mai 2018 Les pluviomètres font reparler d’eux. Les inondations aussi… D’abord les chiffres. Quelques cotes remarquables ont été mesurées sur 24 heures : Saint-Vith : 86 mm (dont 64 sur une heure) Chaineux : 72 mm Herve : 50 mm Vaux-sous-Chèvremont : 48 mm Slins : 39 mm Rumillies : 35 mm Anthisnes : 33 mm Lierneux : 31 mm Gouvy : 27 mm Erezée : 26 mm Waremme : 26 mm Uccle, pendant ce temps-là, reçoit 0 mm (!) dans son pluviomètre et ne totalise que 13,9 mm pour tout le mois. Ce mois est donc qualifié… d’exceptionnellement sec. Il faut en effet remonter à 1959 pour trouver plus sec. Salm-Château (Vielsalm) – Après les pluies de la nuit du 31/05 au 01/06 – Source : L’Avenir À voir cette photo, il est difficile de croire qu’ailleurs dans le pays, il ait pu faire « exceptionnellement sec » ! Voyons cela dans le détail. Nous nous trouvons toujours dans de l’air tropical maritime stagnant sur le continent, avec un petit surcroît de chaleur lié à la continentalisation mais une humidité qui peine à baisser parce que sans cesse alimentée par différents orages. Cette humidité, à quelques petites différences locales près, se répartit sur tout le pays, même dans les zones jusqu’ici épargnées par ces orages. À l’exception de la région côtière (19-24°C – le plus frais en bordure immédiate de la mer), les températures sont à nouveau élevées pour un mois de mai, avec le plus souvent 25-28°C en plaine et 23-24°C sur les hauteurs. Les plus fortes valeurs : 28,6°C à Kleine Brogel et 27,8°C à Koersel. En altitude, en raison de l’absence de subsidence (marais barométrique avec anticyclone loin au nord), les températures ne sont pas spécialement élevées, de l’ordre de 13°C vers 1500 mètres (niveau 850 hPa), 1°C vers 3100 mètres (niveau 700 hPa) et –13°C vers 5750 (niveau 500 hPa). Une bonne instabilité dans les basses couches, permettant le lancement de la convection à partir du réchauffement diurne du sol, et une instabilité conditionnelle au-dessus, largement suffisante pour les orages, surtout au vu de l’humidité. En l’absence (ou quasi-absence) de couche d’inversion, rien n’empêche le développement des orages qui peuvent se former un peu partout, comme le montre la carte des impacts de foudre reprise ci-dessous. Source : meteo 60 C’est la situation en journée tout au moins. Après l’évacuation des nuages post-orageux matinaux (nous y reviendrons), des éclaircies se développent, les températures montent en flèche et une convection on ne peut plus classique se met en place, avec des cumulus humilis devenant congestus, puis cumulonimbus avec orages souvent monocellulaires. Ces orages se résorbent ensuite en soirée, avec le retour de belles éclaircies. Webcam IRM – Uccle – 31 mai 2018 à 17h10 Le littoral, avec ses températures plus basses, est évidemment épargné par ce type de convection, avec là un temps plus brumeux et juste des altocumulus entre autres cumulogenitus. Si la masse d’air avait été homogène, ce type de convection aurait caractérisé toute la journée, et même toute la période qui vient de s’écouler. Or ce n’est pas le cas. Plein de discontinuités sont présentes dans la masse d’air, liées à d’anciennes perturbations, à des zones de convergences liées à des dépressions thermiques ou à d’autres phénomènes encore de méso-échelle. Le matin, nous avons sur le nord du pays un ancien front de brise de mer, qui a survécu toute la nuit et qui produit une convergence entre vents de nord et vents de sud-est avec un forçage suffisant pour permettre la formation d’orages organisés. Ces orages donnent parfois des précipitations conséquentes comme à Stabroek avec 23 mm et à Woensdrecht (NL), à quelques 5 km au nord de Stabroek, avec 20 mm. L’ouest des plaines flamandes est aussi touché par ces précipitations, avec par exemple 21 mm à Passendaele et 18 mm à Izegem. Les nuages de cette zone orageuse sont présents dans une bonne partie du pays en matinée avec, en dehors des cumulonimbus, principalement des altocumulus et des stratocumulus. Un peu plus tôt, en fin de nuit, une autre zone orageuse, liée à une discontinuité dans l’air chaud, a donné 21 mm d’eau à Aubange (encore comptabilisés sur la période 30/05 8h – 31/05 8h). Les nuages de cette perturbation-là se dissipent plus vite, les altocumulus et stratocumulus résiduels ayant disparu du ciel de Virton avant 8 heures. Vers le milieu de l’après-midi, une cellule orageuse naît sur la Côte d’Opale en France des suites de convergences liées à une situation de brise de mer complexe et de gros contrastes thermiques (13,5°C au Cap Griz-Nez ; 20,7°C au Touquet ; 24,6°C à Abbeville, un peu à l’intérieur). Cet orage se retrouvera quelques heures plus tard le long de la côte belge et produira un magnifique arcus à La Panne. Crédit photo : Evelien Bolle Mais le plus gros reste à venir… au cours de la nuit suivante. Un énorme MCS, en provenance de l’Allemagne, se déplace dans le sens ESE –> WNW et touche très durement l’est du pays. Un MCS est un amas d’orages multicellulaires qui, d’une part, s’auto-entretiennent les uns les autres et, d’autre part, sont alimentés sur leur bordure extérieure par le maximum de vent nocturne qui se forme par contraste thermique au sommet de l’inversion liée au refroidissement du sol. Ceci permet à ces orages de survivre toute la nuit. À cela s’ajoute encore le contexte particulièrement humide qui se crée dans et autour de ces structures, avec une grande quantité de chaleur latente qui « booste » ces orages encore un peu plus. Cependant, la disparition du maximum de vent nocturne en matinée fait souvent s’effondrer le MCS, qui a ce stade ne donnera plus que beaucoup de nuages et des pluies de moins en moins abondantes. Enfin, il faut ajouter que dans le contexte de marais barométrique des derniers jours, toute perturbation ou discontinuité générant ces orages se déplace très lentement, ce qui laisse le temps aux orages de donner des précipitations énormes. Revenons encore une fois aux chiffres, en prenant ceux de l’épisode proprement dit et non ceux arrêtés par la période de 24 heures. Ces quantités sont plus impressionnantes encore que celles précédemment citées : Saint-Vith : 95 mm Butchenbach : 93 mm Battice : 89 mm Chaineux : 88 mm Vielsalm : 71 mm Avec de telles quantités, il n’est pas étonnant d’assister à des inondations rapides (flash flood) avec des conséquences parfois catastrophiques. La photo ci-dessous se passe de commentaires. Source : l’avenir.net Et c’est avec ce dernier épisode, appartenant à vrai dire déjà au tout début de l’été, que nous refermons ce chapitre consacré au printemps 2018.
  11. cumulonimbus

    Printemps 2018

    Et last but not least : Les gros mammatus captés par la webcam IRM de Zeebruges le 27 mai à 15h45.
  12. cumulonimbus

    Printemps 2018

    27 mai 2018 (suite) Encore quelques mots sur la situation très particulière de ce 27 mai 2018. En dehors des régions citées, il y a encore celle de Liège qui a été durement impactée par les orages. Là aussi, les phénomènes ont été extrêmement locaux. Aucun des pluviomètres du coin ne fait état de fortes précipitations. Angleur ne donne que 0,8 mm et Bierset, 0,0 mm. Il en est de même pour Waremme et pour Liège-centre. Seul Slins a reçu un petit peu, avec 5 mm. Et pourtant, à un bon 5 km à l’ouest, à Oreye, on nous parle de rues se retrouvant sous 30 cm d’eau tandis qu’à Crisnée, il s’agit de véritables coulées de boues. Une station privée un peu au sud d’Oreye a recueilli 36,3 mm entre 16h00 et 16h30. Crisnée, au sud-est d'Oreye, a même totalisé 58 mm (également station de particulier). Revenons aussi sur l’instabilité des couches moyennes. Celle-ci a été d’environ 0,7°C par 100 mètres entre les niveau 850 et 500 hPa (modèle WRF) ce qui, comme dit plus haut, est pas mal mais pas énorme. Les nombreux castellanus (avec développement en altocumulonimbus) sont cependant très probablement liés à certaines couches plus instables, sans doute compensées par d’autres plus stables, voire par la présence d’une petite inversion. Aucun sondage n’est disponible pour le confirmer, mais l’évolution des nuages tout au long de la journée semble bien indiquer la présence d’une inversion couvercle, surmontée en compensation par une couche d’une certaine épaisseur qui aurait été fort instable. Par endroit, l’inversion a lâché avec toute l’énergie convective concentrée en ce point et donc un développement très explosif de cellules très localisées (en dehors de celle d’Ostende où le front de brise de mer aurait en plus joué un grand rôle). Ajoutons enfin que la situation chaotique des vents, avec les divergences, convergences et parfois de forts cisaillements, n’est sûrement pas étrangères aux développements orageux de ce 27 mai. Ci-dessous la situation des vents à 15h, calculée 1 heure plutôt par le modèle WRF pour le niveau 925 hPa (environ 800 mètres d’altitude). Source : Météociel
  13. cumulonimbus

    Printemps 2018

    25 mai 2018 Entre une occlusion au nord-est (Pays-Bas, Allemagne) et une ligne de convergence au sud-ouest (France), notre pays se retrouve dans une zone plus calme. Le vent est variable et l’air qui stagne est assez humide et chaud pour la saison, surtout à l’est et au nord-est du pays. En plaine, les températures passent de 21-22°C sur l’ouest à 27-28°C sur l’est (27,7°C à Koersel). Au littoral, sous une brise de mer de nord à nord-ouest, les maxima ne dépassent pas 16-17°C. Sur les hauteurs, on note 21-23°C et dans les vallées, 25-26°C (26,1°C à Hastière). Le temps est beau avec quelques cirrus. Le midi et l’après-midi, développement de cumulus jusqu’au stade mediocris, parfois congestus. Très isolément au nord du pays, on note une averse et avec un coup de tonnerre. Quelques brouillards matinaux aussi, les plus coriaces dans le sud du pays (dissipation en milieu de matinée). Au littoral par contre, il s’agit d’un véritable brouillard maritime, qui ne se dissipe que très partiellement en fin d’après-midi avant de se reformer le soir. 26 mai 2018 Une nouvelle petite journée relativement calme. L’occlusion des Pays-Bas descend sur notre pays en se désagrégeant. Il en résulte un ciel plus nuageux, avec des altocumulus parfois flous et des cirrus plus épais. Ensuite le temps est beau avec quelques cirrus, quelques petits cumulus et, ici et là, encore quelques altocumulus. Quelques modestes bourgeonnements de cumulus au sud du pays. Au littoral, le temps s’améliore : il n’y a plus de brouillard, seulement de la brume, avec des nuages en matinées mais des éclaircies l’après-midi avec, certes, un ciel assez délavé. Avec un vent s’orientant à l’est, c’est de l’air encore plus chaud qui est acheminé. La barre des 30°C est même atteinte par endroit, avec 30,1°C à Koersel et à Angleur (Bierset : 28,9°C). Le plus souvent, les maxima se situent autour de 28-29°C en plaine et de 25-26°C sur les hauteurs. Dans les vallées, il fait fort chaud aussi avec par exemple 29,4°C à Hastière. Au littoral, une brise de mer de nord à nord-est empêche la température d’atteindre 20°C en bordure immédiate de la mer (Zeebruges : 19,5°C). Dans les dunes, une tendance plus marquée du vent vers le nord-est génère un mélange d’air maritime et continental avec des températures de 24°C et une forte humidité. En début mais aussi en fin d’après-midi, la température pointe jusqu’à 25, voire 26°C (Middelkerke : max = 25,5°C). 27 mai 2018 Des discontinuités d’origine thermique au sein de l’air chaud forment à nouveau une situation complexe avec orages à la clé. Les décroissances thermiques dans les couches moyennes restent modestes, ce qui limite l’instabilité, mais des forçages parviennent parfois à générer des orages particulièrement violents (alors qu’un peu plus loin, la convection échoue). Mais commençons par le début : une nuit du 26 au 27 particulièrement chaude pour un mois de mai. La température ne descend pas en dessous de 19,1°C à Gosselies, 18,3°C à Uccle et 18,1°C à Bierset. Il ne s’agit cependant pas de records puisqu’en 2005 et 2017, les nuits ont été encore plus chaudes (par exemple 21,2°C à Bierset et 20,4°C à Gosselies la nuit du 27 au 28 mai 2005, 19 à 20°C aux trois stations la nuit du 28 au 29 mai 2017). Plus remarquable par contre la valeur de Middelkerke qui, avec ses 18,5°C, signe la nuit la plus chaude de la série pour un mois de mai (depuis 1982). En journée, le temps est souvent assez nuageux avec des altocumulus, se développant rapidement en castellanus, avec des formations d’altocumulonimbus donnant surtout des virga et quelques précipitations au sol. On note aussi de belles éclaircies. Alors, ici et là, des cumulus se forment aussi, avec des dômes qui soit s’effondrent, soit « prennent » en formant à leur tour des cumulonimbus. Ci-dessous, une image représentative du ciel de la journée : Webcam IRM – Humain – 27 mai à 9h10 Quelques précipitations représentatives de ce type de nuages : Koersel = 1,1 mm ; Uccle = 0,9 mm ; Zaventem = 0,9 mm ; Angleur = 0,8 mm. La majeure partie de ces précipitations s’évapore avant de toucher le sol. Mais par endroit, il en va tout autrement. Au littoral notamment, on note de forts conflits entre le vent général (d’est à sud-est) et la brise de mer, avec de grosses convergences autour du front de brise de mer, se balançant le plus souvent très près de la ligne côtière. Ceci a ponctuellement généré une cellule orageuse particulièrement puissante à Ostende, qui y a laissé de la grêle et de très fortes précipitations, avec 75 mm (station de particulier). À Middelkerke (aéroport), il ne tombe déjà plus « que » 26 mm, et 3 mm à Blankenberge. Enfin nous avons encore Jabbeke avec 57 mm (station de particulier) et Ettelgem avec 51 mm (station de particulier). Ces deux localités se trouvent à une dizaine de kilomètres à l'intérieur des terres, au sud-est d'Ostende. Au niveau des inondations, Bredene a été particulièrement touché. Source : Het Laatste Nieuws La photo ci-dessous, prise en région gantoise, montre à merveille comment certaines cellules réussissent à se développer et d’autres, pas. Source : Weerwoord Puis une cellule qui réussit du côté de Mons (vue depuis Leuze-en-Hainaut) : Crédit photo : Jean-Yves Frique, Belgorage Comme précipitations, en retiendra encore, en dehors du littoral, entre autres les 24 mm de Gouvy. Essen et Maasmechelen ont apparemment aussi reçu beaucoup d’eau. Les températures : 27-29°C en plaine, 23-25°C sur les hauteurs. Les 30°C ont à nouveau été atteints tout justes à Koersel, tandis qu’Angleur est monté jusqu’à 29,0°C. À Middelkerke, on observait encore 27,0°C à 14h (max = 27,5°C) et plus que 17,1°C à 17h sous les orages.
  14. cumulonimbus

    Printemps 2018

    17 mai 2018 Bien que le patron atmosphérique général change peu, l’air maritime frais gagne à nouveau du terrain sur notre pays et finit même par l’envahir tout entier. Après le passage de bancs de stratocumulus le matin en raison du front froid, le temps s’éclaircit rapidement, les stratocumulus se transforment en cumulus qui se résorbent par la suite. Il ne reste plus que des cirrus dans le ciel, des cirrus isolés ou en voile très discontinu, laissant voir de larges portions de ciel bleu. L’air est froid vers 1000 mètres d’altitude (en dessous d’une inversion), temporairement 3-4°C ce qui, au-dessus des terres fortement chauffées par le soleil, donne une bonne instabilité de basses couches, sauf au littoral où les eaux froides réduisent fortement cette instabilité. De ce fait, les stratocumulus tendent à persister dans cette région, avec un ciel nuageux, par moment très nuageux tout au long de la journée. Les températures maximales : 11 à 12°C au littoral (avec là des rafales jusqu’à 50 km/h), 14 à 16°C sur les plaines de l’ouest, 18 à 19°C sur les plaines de l’est, et autour de 14°C sur les hauteurs. Partout, désormais, le vent souffle de nord. La Gaume est plus abritée avec, là, du beau temps toute la journée mais des températures en baisse aussi, situées entre 17 et 19°C. 18 mai 2018 Le temps assez beau mais frais persiste, avec toujours un bon petit vent de nord qui nous apporte l’air de la Mer du Nord. Cet air polaire maritime des basses couches, très limpide, est responsable d’un fort refroidissement nocturne. Même en Basse et Moyenne Belgique, de nombreuses valeurs inférieures à 5°C sont observées. Chièvres descend jusqu’à 3,3°C, suivi de Gembloux avec 3,6°C et de Beitem avec 3,8°C. Pour la Haute Belgique, nous ne disposons malheureusement pas de la valeur d’Elsenborn. Sur les plateaux, on note 2,8°C à Mont-Rigi et 3,8°C à Saint-Hubert. (Notez qu’à la station MB de Bertrix, le minimum est de 0,0°C.) En Gaume, le mercure descend jusqu’à 2,8°C à Aubange. En journée, le temps est nuageux à beau, avec des bancs de stratocumulus en matinée et de larges éclaircies l’après-midi, avec quelques cirrus et parfois des cumulus humilis. En Gaume, le temps est beau toute la journée, avec seulement des cirrus. Au littoral au contraire, les stratocumulus sont persistants. Le temps est donc fort désagréable à la côte, avec des maxima ne dépassant pas 12°C. Ailleurs, les valeurs sont également assez proches de celles de la veille, avec 14 à 17°C sur l’ouest des plaines, 17 à 19°C sur l’est des plaines et 13 à 14°C sur les hauteurs. En Gaume, on observe jusqu’à 20°C. 19 mai 2018 Une petite dépression, ou plutôt une zone de pressions un peu moins hautes dans un anticyclone, est responsable d’importants passages nuageux sur la Belgique. Ces nuages sont liés aux restants d’une vieille occlusion. Source : KNMI La nuit est d’abord froide avec, en Basse et Moyenne Belgique, des minimas de 3,2°C à Koersel, 3,5°C à Chièvres et 3,9°C à Retie et, en Haute Belgique, à nouveau des températures proches de 3°C sur les plateaux (3,1°C à Mont-Rigi et 3,3°C à Saint-Hubert). En journée, comme si souvent lorsque de l’air faiblement perturbé nous arrive de la Mer du Nord, le ciel est très nuageux à couvert avec des stratocumulus. Durant l’après-midi, ces stratocumulus se dispersent avec des éclaircies de plus en plus larges. Ces stratocumulus sont les plus persistants au littoral, et les moins persistants dans les parties plus méridionales du pays. La Gaume en est même totalement épargnée, avec là quelques cumulus vers midi et en début d’après-midi. Avec un vent toujours orienté au nord et une nébulosité en moyenne plus abondante que les deux jours précédents, les maxima baissent encore un peu, avec 11°C au littoral, 12 à 13°C sur l’ouest des plaines, 16 à 17°C sur l’est des plaines, 13 à 15°C sur les hauteurs (le Plateau ardennais étant moins frais que le Plateau fagnard) et 18 à 19°C en Gaume grâce à sa situation plus abritée par rapport aux vents du nord. 20 mai 2018 Le centre de gravité des hautes pressions se déplace vers l’est, avec un noyau s’installant sur le sud de la Baltique. Les vents tournent au nord-est et l’air chaud nous revient via les Pays-Bas, avec des températures en moyenne plus élevées sur le nord du pays (littoral et extrême ouest exceptés) que sur le sud du pays. Cette hausse des températures marque aussi le retour des orages. Mais d’abord, le temps est beau après la dissipation des brouillards et stratus matinaux. L’instabilité vient souvent brutalement en fin de journée, alors que le ciel est resté longtemps exempt ou presque de cumulus. Seul le sud du pays a connu un développement plus progressif de la convection, avec cumulus humilis se développent en congestus, puis en cumulonimbus. Quelques structures prennent des allures vraiment menaçantes, avec arcus à la clé, comme par exemple à Jemeppe-sur-Meuse vers 18h00. Crédit photo : Bernard Radelet On notera aussi le déplacement est –> ouest de ces orages. Les précipitations : Hastière : 13 mm Étalle : 10 mm Rossignol : 10 mm Les températures maximales : 13 à 15°C au littoral, 22 à 25°C en plaine, 19 à 20°C sur les hauteurs, 20 à 22°C en Gaume. 21 mai 2018 Les pressions restent élevées au nord-est de l’Europe tandis qu’un marais barométrique se forme sur la France, avec cependant des discontinuités d’origine thermique. En altitude, l’air reste relativement froid avec une instabilité conditionnelle sur toute la couche de la troposphère (pas d’inversion et décroissance de quelques 0,65 à 0,7°C par 100 dans les couches moyennes). Au sud du pays par contre, on observe une petite inversion couvercle vers 1500 mètres d’altitude et des décroissances un peu plus fortes (0,7°C par 100 mètres) dans les couches moyennes. Le matin, les castellanus sont prometteurs dans le ciel gaumais, mais par la suite, l’inversion couvercle inhibera la convection avec des cumulus peinant à dépasser le stade humilis/mediocris. Quelques-un seulement arriveront à attendre le stade de congestus. Dans le centre-sud et le centre-est par contre, les averses parviennent à se développer dès 16 heures environ avant de remonter vers le nord. Ces averses prennent assez rapidement un caractère orageux. Le ciel est d’abord très nuageux avec stratocumulus / altocumulus (parfois aussi castellanus), puis la convection s’enclenche de façon classique l’après-midi, avec des cumulus se développant jusqu’en congestus, puis en cumulonimbus orageux, ces derniers se développant plus tard au nord qu’au centre-sud. Le littoral, quant à lui, n’est (légèrement) affecté par les averses orageuses que dans sa partie extrême est. Sinon, le temps côtier est d’abord très nuageux avec stratocumulus, puis beau avec quelques altocumulus et de rares nuages convectifs. Les températures maximales : 16°C en bordure immédiate de l’eau sous une constante brise de mer mais jusqu’à 20°C, en fin de matinée, dans la région des dunes avant que n’arrive, là aussi, la brise de mer. À l’intérieur des terres, il fait plutôt chaud pour la saison, avec 24 à 26°C en plaine, 20°C sur les Hauts Plateaux et quelques 23°C en Gaume. Les précipitations ont encore été modestes en ce 21 mai. Seuls Gorsem et Bierset ont eu des cotes plus importantes, avec respectivement 13,5 et 11,0 mm. On retiendra enfin une très belle structure nuageuse observée à 20h45 à Ramillies : Crédit photo : Fabienne Nicolas 22 mai 2018 Dans le marais barométrique, on passe à la vitesse supérieure en ce qui concerne les orages. Commençons par les précipitations : Angleur : 43 mm Dolembreux : 39 mm Vaux-Chèvrement : 37 mm Koersel : 27 mm Braine-le-Château : 25 mm Winenne : 24 mm Chaineux : 22 mm Anthisnes : 19 mm Slins : 18 mm Lierneux : 18 mm Bierset : 17 mm Il y a de bonnes précipitations en de nombreux endroits, mais avec quand même une concentration des grosses cotes dans et autour de Liège. Il n’est donc pas étonnant que ce soit cette région-là à être victime des inondations. Voici ce qu’en dit SudInfo : « L’IRM avait prévenu dès lundi soir : la Belgique allait être frappée par des épisodes orageux intenses ce mardi. « Peu après 14h, confirmation en région liégeoise, principalement la région Tilff, Mery et Esneux, en bord d’Ourthe. Il était près de 14h30 quand une pluie diluvienne s’est abattue mardi en région liégeoise. Très vite, elle a été accompagnée par de violents orages qui ont causé de nombreux dégâts sur la commune d’Esneux. Plusieurs avaloirs ont été bouchés tandis que des coulées de boue se sont formées, provoquant directement les inondations de certaines rues de Tilff. « Des ouvriers communaux ont été mobilisés et envoyés sur les lieux pour s’occuper de la situation qui, à 17h00, commençait à se rétablir. » Source : SudInfo En dehors de la région liégeoise, le Hainaut a également été durement touché par inondations et des coulées de boue. De la grêle a aussi été signalée à Frasne-lez-Anvaing et à Leuze-en-Hainaut. Au niveau de l’instabilité, nous n’avons pas de changement significatif, sauf que l’inversion couvercle a disparu au-dessus du sud du pays, mais l’humidité a augmenté dans les basses couches, et c’est ça qui fait la différence. Avec le peu de dynamique, nous avons affaire à des orages à déplacement lent (S –> N) et très pluvieux quand ils sont bien développés. Les images radar le montrent bien : il y a plein de cellules qui se développent, sans la moindre inhibition convective. Pour l’observateur au sol, nous avons d’abord un temps assez beau, avec cirrus et altocumulus, puis des cumulus qui naissent vers midi et qui, durant l’après-midi, se développent graduellement jusqu’au cumulonimbus orageux. Sur le massif fagnard, l’activité orageuse se développe dès la fin de matinée, ensuite elle se propage au reste du pays en cours d’après-midi. Sur le massif ardennais, on observe même déjà des cheminées convectives en milieu de matinée. Après les orages, certaines parties du pays ont droit à un coucher de soleil flamboyant. Au littoral, la fraîcheur liée à la brise de mer empêche une nouvelle fois les orages de se former. Il fait presque beau, avec juste des cirrus et, en fin de journée, un voile d’altitude un peu plus épais. Les températures : 18°C au littoral, 23 à 25°C en plaine, 19 à 20°C sur les Hauts Plateaux. Les vents de surface sont variables, avec cependant une brise de mer de nord pénétrant assez loin dans l’intérieur des terres. Last but not least en ces temps orageux : encore la photo d’une belle structure à Braine-l’Alleud vers 18h15. Crédit photo : Aliaume Chapelle 23 mai 2018 Commençons à nouveau par le sujet principal du jour : les précipitations. Chiny (Pin) : 28 mm Bièvre : 26 mm Herhet : 25 mm Chanly (Wellin) : 25 mm Aubange : 25 mm Les orages pluvieux à déplacement lent sont à nouveau là, cette fois-ci avec un mouvement ESE –> WNW. La journée n’est pas très différente de celle de la veille : nous nous trouvons toujours dans un marais barométrique. Le temps est cependant plus nuageux et l’air, encore un peu plus humide. Le matin on observe des pluies, ensuite le ciel reste d’abord nuageux avec des stratocumulus / cumulus / fractus avant que des éclaircies n’apparaissent, tandis que la convection se met aussitôt en place avec des averses orageuses se formant vers midi en Haute Belgique avant de se déplacer sur le restant du pays et d’arriver sur l’ouest en début de soirée. À ce moment, une nouvelle vague orageuse affecte déjà le sud-est. Au littoral, les stratocumulus qui se dispersent font place à des altocumulus, puis des éclaircies avec cirrus. On n’y observera que des résidus orageux en soirée (mais encore 9 mm de précipitations à Middelkerke). Avec le vent de nord, les températures maximales ne dépassent pas 16 à 17°C. À l’intérieur des terres, on observe 21 à 25°C en plaine et quelques 19°C sur les hauteurs. 24 mai 2018 On prend les mêmes et on recommence… Les précipitations : Aalter: 82 mm (!) Zaventem : 51 mm (mais Uccle : 1 mm !) Fraiture : 41 mm Angleur : 29 mm Rumes : 28 mm Lierneux : 26 mm Bruxelles (NOH) : 23 mm Kappelle-op-den-Bos : 21 mm Vaux-Chèvremont : 21 mm Mont-Rigi : 21 mm Rumillies : 20 mm Et à nouveau des inondations et autres problèmes liés aux intempéries. « Vers treize heure cet après-midi, les premiers orages se sont développés au sud du sillon Sambre-et-Meuse. Ensuite, comme prévu, ces averses orageuses localement intenses se sont multipliées en s'étendant progressivement vers le centre du pays et la Flandre. « Plusieurs conséquences : des embarras de circulation dans la capitale, des coulées de boue et des inondations un peu partout en Wallonie. Une partie du ring de Nivelles [mot manquant dans le texte de la RTBF] suite aux orages. Le camion du SPW est sur place cela devrait être vite réglé selon lui. Aucune voiture n'est bloquée, mais des déviations sont en place. « Les orages ont été particulièrement violents dans le Hainaut, dans la région de La Louvièremais aussi au Nord de Charleroi entre les localités de Fleurus, Thiméon et Gosselies. « Les pompiers ont reçu des dizaines d'appels en Brabant flamand « Les orages et les fortes pluies qui se sont abattues jeudi sur la Belgique ont également provoqué des inondations en Brabant flamand, principalement à Kortenberg et Steenokkerzeel. Les pompiers y ont reçu quelque 70 appels pour des rues, des caves ou des séjours inondés. Dans la région de Tirlemont, Lubbeek et Tielt-Winge, les pompiers ont également reçu des dizaines d'appels. » RTBF La situation atmosphérique n’évolue guère. Un grand marais barométrique au sud et des hautes pressions loin au nord, assurent pour nos régions une faible circulation d’est à nord-est dans les basses couches, et d’est à sud-est dans les couches moyennes de l’atmosphère. En Ardenne, les brumes matinales des vallées se dissipent, les stratocumulus se dispersent et on note quelques éclaircies en matinée, avec des altocumulus. Mais dès avant midi, les cumulus se forment et des averses se développent sur les contreforts nord en tout début d’après-midi. Ensuite le tout se déplace vers le centre du pays et les averses deviennent rapidement orageuses. Dans cette dernière région, on note des altocumulus et des stratocumulus le matin, puis quelques éclaircies, parfois belles et le développent d’une convection classique durant l’après-midi, jusqu’à former des orages. Au littoral, la convection ne s’enclenche pas. Le ciel présente une alternance d’éclaircies et de passages nuageux (stratocumulus, altocumulus, gros cirrus). Ce n’est que le soir que les orages arrivent, tout à fait déglingués, avec principalement de la pluie et encore un peu d’activité orageuse. Là, les maxima sont généralement atteints vers midi et se situent entre 20 et 23°C. L’après-midi, avec la brise de mer, les valeurs repassent en dessous des 20°C. Ailleurs dans le pays, les maxima semblables à la veille atteignent 23 à 25°C en plaine et 19 à 20°C sur les Hauts Plateaux. À suivre…
  15. cumulonimbus

    Printemps 2018

    11 mai 2018 À l’arrière du front froid, des hautes pressions se développent rapidement depuis le Golfe de Gascogne vers nos régions, puis la Mer du Nord tandis que l’anticyclone continental se maintient au nord-est de l’Europe. Il en résulte chez nous le retour de courants à composante orientale, avec une prédominance d’est à sud-est. Le temps redevient donc beau, avec en journée le développement de cumulus à partir de l’humidité résiduelle de cette masse d’air qui, à l’origine, était polaire maritime. Au-dessus, on note quelques cirrus. La nuit est fort fraîche, surtout sur le nord et le nord-est du pays. Quelques minima : Koersel : 2,6°C Stabroek : 3,2°C Retie : 3,2°C Deurne : 3,3°C Kleine Brogel : 3,3°C Genk : 3,5°C Gorsem : 3,6°C. Localement, il faut froid ailleurs aussi, comme par exemple à Chièvres (3,2°C), Buzenol (3,2°C) et Aubange (3,8°C) En journée par contre, il fait très bon, après près de 20°C à peu près partout en plaine (littoral : 19°C) et 16 à 17°C sur les hauteurs. 12 mai 2018 Les hautes pressions du nord-est de l’Europe sont très coriaces tandis que celles de la Mer du Nord, arrivées entre-temps sur le Danemark et le sud de la Scandinavie, le sont beaucoup moins. Temporairement, elles nous envoient encore de l’air maritime continentalisé, devenu assez chaud, mais un front situé à l’ouest de nos régions et précédé d’une convergence préfrontale est en train de prendre le dessus. Cette perturbation se concrétisera par une ligne orageuse qui se désintégrera cependant avant d’arriver en Belgique. Quelques coups de vent ont cependant été rapportés, et quelques belles structures nuageuses. Fagnolles – 12 mai 2018 à 21h30 – Crédit photo : Jeremy Lokuli Mais avant cela, nous avons droit à un temps nuageux à beau et assez chaud, avec des altocumulus / stratocumulus le matin, suivis de belles éclaircies avec quelques cumulus. L’après-midi, nous observons un voile de cirrus / cirrostratus / altostratus translucidus en dessous duquel persistent ces quelques cumulus. Sur l’est et le sud-est du pays, le voile d’altitude est plus présent toute la journée mais les stratocumulus et cumulus sont absents. Plus tard en soirée, des structures pré-orageuses, comme déjà précisé plus haut, apparaissent le long de la frontière belgo-française. Mais l’offensive se déglingue et même les précipitations restent très modestes (le plus à Beitem et à Rumillies avec 6 mm en fin de nuit). Le passage du front implique cependant, outre quelques rafales, un changement radical de la direction du vent (passant du secteur SE/E au secteur NW/W) et une chute sensible de la température. En journée, les maxima avaient été de 23-25°C en plaine (18°C au littoral) et autour de 20°C sur les hauteurs. 13 mai 2018 Les vents quasiment contraires à l’avant et à l’arrière du front ralentissent fortement la progression de ce dernier, qui reste traîner toute la journée sur notre pays. Il s’ensuit que le temps sur notre pays devient brusquement fort désagréable, froid, gris et humide, et parfois faiblement pluvieux, avec des stratus (fractus) et des stratocumulus persistant toute la journée. Sur l’est du pays, l’altostratus est parfois visible, dans un premier temps, avant l’arrivée des nuages bas. Au littoral en fin de journée, on note quelques très timides éclaircies par effilochement des nuages de la perturbation en gros cirrus, doublés d’altocumulus. Les maxima : 13 à 15°C en plaine, 12°C au centre et 10°C sur les hauteurs. Il est à noter que la limite entre l’air chaud et l’air frais se trouve à présent sur les Pays-Bas. Amsterdam est encore du côté froid avec des maxima ne dépassant guère 14°C alors que Groningue dépasse les 23°C. 14 mai 2018 Poussé par un vent de nord-est, l’air chaud tente de revenir sur la Belgique depuis les Pays-Bas. Mais l’air humide et froid de la veille a du mal à s’évacuer des basses couches de l’atmosphère, avec comme corollaire des stratus persistants sur une partie du pays, donnant une ambiance bien plus automnale que printanière. Les différences de températures sont aussi saisissantes : à Kleine Brogel, le maximum atteint 26,0°C et à Passendaele, 12,9°C ! Voyons cela dans le détail. Au littoral, malgré un vent de nord fort (rafales dépassant 50 km/h), les stratus persistent toute la journée avec une fort mauvaise visibilité horizontale et des températures maximales de 12°C. Sur l’ouest et le sud-ouest des plaines, la situation n’est guère meilleure : le ciel reste gris et bas, et malgré un vent de N/NW moins fort, les températures ne dépassent pas 13 ou (au mieux) 14°C. Au centre du pays, le vent est orienté au nord-ouest et le stratus se déchire un peu l’après-midi, dans une ambiance restant cependant brumeuse. Au nord-est du pays, les stratus / stratocumulus se dissipent en début d’après-midi, le vent de N/NW bascule temporairement au N/NE et le temps devient brusquement chaud avec quelques cumulus qui se forment, évoluant même jusqu’au congestus en soirée. Les maxima : 26,0°C à Kleine Brogel ; 25,1°C à Koersel ; 24,9°C à Retie ; 24,1°C à Genk. La remontée des températures est spectaculaire aussi. À Kleine Brogel à 12h, on n’observait encore que 14,3°C. À 14h, sous un stratus se déchirant, la température atteint 19,7°C, puis 26,0°C quelques heures après sous le soleil. Dans les zones de transition, il arrive que la température ne monte qu’un bref instant dans le cadre d’éclaircies temporaires, comme par exemple à Schaffen ou un maximum de 24,1°C est atteint vers 18 heures. Cette petite incursion d’air chaud est visible aussi au niveau du vent, qui souffle un court moment de nord-nord-est. L’image satellite (16h) montre bien jusqu’où arrivent les éclaircies en Belgique. Source : IRM Le sud du pays connaît une situation plus complexe. Le front chaud (ex-front froid qui fait marche arrière) se trouve sur l’ouest du pays, avec l’air chaud qui devrait englober la totalité du pays, mais ne le fait pas. Une bonne partie du pays, dont le sud, se trouvent dans une (relative) fraîcheur sous une inversion. Mais les restants d’une convergence pré-frontale font marche arrière aussi, avec une instabilité orageuse qui affecte le sud du pays et qui vient se superposer à la situation d’inversion des basses couches. Il en résulte, pour des parties de la Gaume et du sud du massif ardennais, que des orages viennent littéralement s’encastrer dans les brumes et nuages bas (et brouillard déjà à faible altitude), un peu comme le 29 avril dernier mais en moins fort. En d’autres termes, un ciel désespérément couvert de stratus et de stratocumulus fait soudain place à de l’orage en soirée. Deux régions, principalement, sont impactées par orages. Une ligne septentrionale qui va grosse modo de Malmédy à Bouillon (sens du déplacement des orages : NE –> SW) et une ligne méridionale qui frôle le pays d’Arlon à Virton. Les plus grosses cotes de précipitations sont relevées à Lierneux (14 mm) et à Beausaint (12 mm). En outre, un peu de grêle est observée dans la région de Malmédy. Ces orages ne sont certainement pas de ceux dont rêvent les traqueurs d’orages. Une vidéo, réalisée par Kevin Edouard, montre un ciel couvert de stratus fractus. Puis soudain, il se met à pleuvoir et après, l’orage qui s’éloigne n’est reconnaissable que par une portion de ciel un peu plus sombre, dans une ambiance toujours aussi brumeuse. 15 mai 2018 Le front campe à l’ouest de notre pays tandis qu’une branche de l’ancienne convergence préfrontale traverse notre pays dans un sens NE –> SW. Dans un premier temps, elle ne donne plus aucun orage, mais elle a pour effet que les vents continuent à souffler de nord-ouest à l’ouest de la ligne, et que la circulation de nord-est à l’est de cette ligne met un certain temps pour s’établir dans le pays et n’y arrive pas tout à fait. Source : KNMI Ci-dessous, nous retrouvons la zone de convergence sur la carte des vents d’Infoclimat, avec une position qui ne diffère que peu de celle de la carte d’analyse. Sur la carte des températures (également d’Infoclimat), nous reconnaissons à peu de choses près la ligne de convergence grâce aux différences de températures. Du front par contre, aucune trace. La zone plus fraîche est simplement liée à la couverture nuageuse. À nouveau, nous allons subdiviser notre pays en plusieurs zones pour définir les conditions météorologiques du jour. L’ouest du pays : c’est la région où les brumes et stratus se dissipent le plus tard. En Flandre occidentale et dans l’ouest du Hainaut, il faut parfois attendre le milieu de l’après-midi. À Coxyde, le vent souffle de nord-ouest à nord toute la journée et la température ne dépasse pas 14°C. Plus à l’intérieur des terres, le vent souffle de nord-ouest à nord aussi, mais les températures montent un plus haut en fin de journée grâce aux éclaircies, jusqu’à 18,0°C à Passendaele et 19,1°C à Beitem (maxima généralement atteints en début de soirée). Le centre du pays : brumes et stratus le matin avec dissipation en milieu/fin de matinée, mais temps restant d’abord brumeux malgré le ciel bleu, avec une remontée encore lente des températures. L’après-midi, il fait assez chaud et une discrète convection parvient à se mettre en place, avec des cumulus humilis. Maxima : 24,4°C à Zaventem ; 24,1°C à Beauvechain ; 24,0°C à Uccle. Les vents, au moment de l’arrivée des éclaircies, tournent du nord-ouest au nord-est. Dans le nord et l’est du pays, il fait beau le plus vite, parfois dès le matin. Le vent tourne rapidement au nord-est et il fait chaud (25,4°C à Kleine Brogel, 25,0°C à Koersel et à Deurne). Plus vers le sud du pays (Ardenne, Entre-Sambre-et-Meuse), les brumes et stratus se dissipent en matinée, puis la convection est un peu plus marquée avec cumulus mediocris, voire petits congestus. Quelques cirrus en fin de journée. Les températures atteignent 23°C dans les vallées et 20°C sur les hauteurs. La Gaume, à l’abri, connaît aussi le beau temps toute la journée, avec des cumulus l’après-midi (humilis/mediocris) et des cirrus le soir. Mais la température, avec quelques 22°C, reste un peu faible. Temporairement, le pays entier reste à l’abri des averses et des orages. À noter cependant que des orages éclatent en soirée non loin de nos frontières, sur la France. 16 mai 2018 La situation discontinue avec un conflit entre courants de (nord-)nord-ouest et de (nord)-nord-est, accompagné de contrastes thermiques et de lignes de convergence, devient peu à peu structurelle. Même si un certain blocage du flux en altitude y est certainement pour quelque chose, l’aspect thermique en surface est loin d’être négligeable. En mai, le continent est déjà chaud tandis que la mer est encore froide. Des anticyclones (en partie) thermiques viennent se loger sur l’Océan avec des extensions jusqu’à la Mer du Nord tandis que les pressions sont plutôt basses sur l’Europe centrale et orientale. Tant qu’un flux zonal d’ouest ne viendra pas bousculer cette structure, elle restera en place et risque de le rester longtemps. Notre pays continue à se trouver à la limite des sphères d’influence maritime et continentale. En ce 16 mai, les vents qui soufflent sur nos régions nous amènent un curieux mélange d’air maritime et d’air continental. À l’est (surtout hors de nos frontières), nous avons un ancien air maritime quelque peu continentalisé, mais restant humide, avec beaucoup de nuages et des températures modestes. Principalement sur le centre, le centre-est et le nord-est de la Belgique, nous avons un ancien air continental encore assez chaud en provenance des Pays-Bas, avec des maxima souvent proches de 22°C. Sur l’ouest, nous avons de l’air maritime fraîchement arrivé de la Mer du Nord, avec des maxima ne dépassant pas 16-17°C, voire beaucoup moins au littoral. Cette tripartition des conditions météorologiques se concrétise, sur notre pays, par une lente mise en place d’un pseudo-front froid sur l’ouest du pays, et par une ligne de convergence assez diffuse sur l’est. Source : KNMI Le pseudo-front froid va générer une petite ligne de précipitations, tandis que la zone de convergence sera responsable d’une véritable ligne orageuse. Nous y reviendrons. Décrivons d’abord les différents types de temps sur notre pays. La zone centrale et centre-orientale du pays est relativement privilégiée. Après une dissipation assez rapide des brumes matinales, quand brumes il y avait, la nébulosité est variable avec parfois de belles éclaircies et parfois des bancs nuageux sous forme d’altocumulus et de stratocumulus. En dessous, une convection modeste se met en place en milieu de journée avec des cumulus le plus souvent humilis. Les températures, plutôt douces, se situent autour de 21-22°C, voire 23°C en plaine et autour de 20-21°C sur les petites hauteurs de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Toute la région est grandement épargnée par les précipitations. L’ouest du pays se retrouve sous les nuages, principalement des stratocumulus, aussi des altocumulus dans la zone limite, et les températures sont fort fraîches. Au littoral, où le vent est en plus fort, le temps est particulièrement désagréable avec 13°C seulement comme température maximale et des rafales jusqu’à 60 km/h. Dans la région d’Ypres, Roulers, Courtrai et Gand, les maxima se situent autour de 16-17°C. Dans le sud du pays, on note une alternance d’éclaircies et de bancs de stratocumulus et d’altocumulus, mais surtout une convection bien développer avec cumulus évoluant en cumulonimbus avec averses, parfois orageuses. Les températures : autour de 20°C en Gaume, localement 22°C dans les vallées (Hastière : 22,0°C) et 17-18°C sur le Plateau ardennais. Mais on retiendra surtout de cette journée les orages qui se forment le long de la ligne de convergence. Dès 15h15, la convection démarre au nord-est de Maastricht. À 16h15, les orages touchent Visé, puis Liège vers 16h45. À Angleur, le pluviomètre recueille 46,3 mm tandis qu’à Visé, on enregistre 43,5 mm. Plus tard (sens de déplacement des orages : à nouveau NE –> SW), de fortes précipitations sont observées entre autres à Yvoir, Onhaye, Hastière et Dourbes (entre 18h15 et 19h15), avec inondations à la clé et parfois aussi des chutes de grêle. À Dourbes, le pluviomètre recueille 33,7 mm. Mais le plus intéressant de la situation est la partie allemande de la ligne de convergence, où elle est mieux organisée qu’en Belgique et où elle produit une tornade spectaculaire à Viersen, à l’ouest de Düsseldorf. Crédit photo : Ralf Nowak Malgré son côté spectaculaire, l’intensité de cette tornade n’est en moyenne que F1, et ponctuellement F2. À suivre...
  16. cumulonimbus

    Printemps 2018

    Une première décade de mai particulièrement ensoleillée Webcam MB – Beausaint – 5 mai 2018 à 8h 1er mai 2018 Ce jour marque le début d’une première décade de mai particulièrement ensoleillée, même si ce premier jour, avec 5h02 de soleil à Uccle, n’est certainement pas le plus ensoleillé de la série. En effet, une occlusion associée à une dépression qui s’éloigne en passant par le Danemark, est encore temporairement responsable de stratocumulus sur le pays, stratocumulus qui se transforment rapidement en cumulus tandis que le voile de cirrus fait également place à un ciel bleu. Quelques bancs de stratocumulus/altocumulus sont à nouveau observés en soirée. L’air est encore fort frais. Après le froid de la veille durant l’après-midi et la soirée, les températures restent basses la nuit aussi, malgré le temps couvert et partiellement pluvieux. Le matin, les températures se situent entre 5 et 8°C en plaine et entre 1 et 2°C sur les hauteurs (où de la neige fondante a encore été observée la nuit). En journée, sous l’air polaire maritime, les températures ne décollent pas vraiment. Les maxima se situent entre 13 et 15°C en plaine (12°C au littoral) et entre 8 et 10°C sur les hauteurs. 2 mai 2018 Un noyau anticyclonique vient se développer à l’est de nos régions et nous vaut une première belle journée. Le ciel est d’abord serein, puis des cumulus humilis se développent en milieu de journée avant de se résorber à nouveau en début d’après-midi. Des cirrus apparaissent l’après-midi, suivis d’un voile de cirrostratus / altostratus / altocumulus en après-midi et/ou en soirée. Ici et là, les cumulus persistent tout l’après-midi, mais sous une forme très aplatie. Au littoral, le temps est nettement plus nuageux l’après-midi, avec cumulus / stratocumulus en dessous du voile d’altitude. Sous un ciel clair, la nuit a été particulièrement froide par endroit. À Elsenborn, la température est descendue jusqu’à –3,2°C, suivi de Bièvre (–1,9°C), Buzenol (–1,7°C) et Aubange (–1,4°C). Sur les Hauts Plateaux, les minima se sont situé entre 0 et 2°C, et autour de 5°C sur les plateaux de Moyenne Belgique. En journée, le vent reste bien présent et l’air ne se continentalise que peu. Les maxima : 14-15°C au littoral, 16-17°C en plaine, 18°C en Campine et 13-14°C sur les hauteurs. La nuit suivante, une faible perturbation traverse le pays à l’avant d’une nouvelle cellule anticyclonique. 3 mai 2018 Le nouvel anticyclone se développe rapidement sur nos régions, mais l’air est à nouveau bien maritime. Les nuages résiduels de la perturbation (surtout des altocumulus, parfois encore quelques stratus fractus) se dissipent rapidement. En journée, des cumulus se développent dans un ciel bien bleu, avec un petit peu de stratocumulus d’étalement. Sur le sud et l’est du pays, quelques bancs d’altocumulus persistent ou réapparaissent en journée. Au littoral par contre, c’est déjà le grand beau temps, avec juste quelques cirrus en fin de journée. Mais il y fait très frais avec des maxima de seulement 12-13°C. Ailleurs, on note 15 à 18°C en plaine et 12-13°C, également, sur les hauteurs. 4 mai 2018 L’anticyclone développe un noyau sur le Danemark, ce qui permet à une circulation de nord-est de s’instaurer sur nos régions. Mais d’abord, la nuit est à nouveau assez froide avec des températures de 2 à 5°C en plaine et de 0 à 4°C, selon l’exposition, en Haute Belgique. En journée, à l’exception de quelques altocumulus matinaux au littoral, le ciel est tout à fait serein partout et, avec un air se desséchant rapidement, les températures remontent pour atteindre des valeurs de 18 à 20°C en plaine et de 16 à 17°C sur les hauteurs. Seul le littoral demeure dans la fraîcheur. En effet, le flux général est favorable au développement d’une bonne brise de mer et les maxima ne dépassent pas 13°C en bordure immédiate de la mer, tandis que la région des dunes, avec quelques 15°C, ne fait guère mieux. 5 mai 2018 L’anticyclone reste ancré près du Danemark et la masse d’air continue à se continentaliser et à se dessécher. À nouveau, le ciel est serein en toutes régions et les températures maximales sont en hausse : 22-23°C en plaine et 19-21°C sur les hauteurs. Le littoral, à nouveau, reste bien plus frais. La résultante du vent général de nord-est et de la brise de mer donne un vent de nord-nord-est assez pénétrant en après-midi et début de soirée, et la température maximale, en bordure immédiate de la mer, ne dépasse pas 14°C. Dans les dunes, la température parvient à monter jusqu’à 17°C en début d’après-midi, mais après, la température baisse à nouveau sous l’effet du même vent pénétrant de nord-nord-est. 6 mai 2018 Le noyau de l’anticyclone ne se décale que peu vers l’est, mais la forme générale de l’anticyclone change, avec un vent qui bascule de plus en plus vers l’est sur nos régions. Une nouvelle fois, le ciel est parfaitement serein partout et l’air, particulièrement sec. Les taux d’humidité sont parfois inférieurs à 30%, voire s’approchent de 20% en Campine. Les températures maximales sont élevées, 26-27°C en plaine et 23-24°C sur les hauteurs. Les plus fortes valeurs se retrouvent dans le nord du pays, avec 27,6°C à Stabroek et 27,5°C à Deurne. On notera quelques gros écarts aussi entre la nuit et le jour. Kleine Brogel : 5,9°C/27,0°C Elsenborn : 3,7°C/24,0°C Au littoral, la brise de mer est un peu moins forte en raison d’une combinaison moins favorable avec le vent général. Du coup, il fait un peu moins frais en bordure de mer (18°C vers midi, 16°C l’après-midi) et beaucoup moins frais dans la région des dunes (21°C vers midi, 19-20°C l’après-midi). 7 mai 2018 L’anticyclone, désormais centré au sud de la Mer Baltique, continue à nous envoyer de l’air continental chaud et sec. Une autre journée encore où le ciel est parfaitement serein sur tout le pays et où les températures sont élevées avec des valeurs proches de celles de la veille, de l’ordre de 26 à 27°C en plaine et de 22 à 23°C sur les hauteurs. Le centre de gravité de la chaleur s’est par contre quelque peu déplacé. C’est à l’ouest des plaines, cette fois-ci, qu’on retrouve les plus hautes valeurs, avec 27,4°C à Kruishoutem et 27,0°C à Beitem. La vallée de la Meuse a chaud aussi, avec 27,2°C à Angleur et 27,0°C à Hastière. Au littoral, les maxima de 22 à 23°C se produisent en début d’après-midi, puis la température rebaisse, un peu dans la région des dunes mais fortement en bordure immédiate de la mer, où la température n’atteint plus que 16-17°C en milieu d’après-midi par vent de nord-nord-est. 8 mai 2018 L’anticyclone remonte vers le nord tandis qu’une petite dépression se manifeste sur la France. Cette dernière fait basculer le vent vers le sud-est, avec l’arrivée d’un air encore un peu plus chaud sur nos régions. Désormais, les maxima atteignent 27 à 29°C en plaine et 23 à 24°C sur les hauteurs. Les plus fortes valeurs : Koersel : 29,4°C Angleur : 29,1°C Kruishoutem : 28,5°C Hastière : 28,3°C Il s’agit là de températures fort élevées pour le début du mois de mai. Le ciel est presque aussi serein que les jours précédents, avec juste quelques cumulus qui parviennent à se former ici et là en après-midi et début de soirée à l’avant d’une ligne de convergence qui, en cours de soirée, fera tourner les vents au nord-ouest sur une bonne partie du pays. On remarquera aussi le côté exceptionnellement ensoleillé des 5 dernières journées. À Uccle, on a enregistré : 13h29 d’insolation le 4 mai 13h39 d’insolation le 5 mai 13h40 d’insolation le 6 mai 13h40 d’insolation le 7 mai 13h42 d’insolation le 8 mai 9 mai 2018 La ligne de convergence s’avance vers l’est du pays, puis se trouve bloquée par l’amplitude du flux continental commandé par l’anticyclone. Le front froid qui suit se retrouve arrêté, lui, sur l’extrême ouest de notre pays. Sur l’est et le sud du pays, il continue à faire chaud avec 27,9°C à Kleine Brogel, 27,1°C à Koersel et 27,0°C à Aubange. Ailleurs, il fait plus tempéré, voire frais sur l’ouest du pays. Sur l’ouest et le centre, en dépit des vents de nord-ouest, des températures moins élevées et d’un taux d’humidité supérieur, c’est à nouveau une belle journée qui s’annonce, avec 12h48 de soleil à Uccle, à peine moins que la veille. Le matin, on observe quelques altocumulus castellanus, puis le ciel redevient bleu, avec quelques cirrus et quelques altocumulus, surtout en fin de journée. L’extrême ouest du pays connaît quelques cumulus / stratocumulus / altocumulus en raison de la proximité du front froid. Les températures maximales : 16°C au littoral, 20 à 25°C en plaine (d’ouest en est), 23-24°C au centre du pays. Dans le partie chaude du pays, le temps est plus instable, avec formation de cumulus dès la fin de la matinée, avec parfois développement jusqu’au cumulonimbus en soirée. Des cellules orageuses se développent notamment sur le sud du pays à partir du début de la soirée, tandis que plus tard dans la nuit, c’est l’est du pays qui est touché par des orages. Les températures maximales dans cette région : 27-28°C en Campine, 25-27°C en Gaume et dans la vallée de la Meuse, 23-24°C sur les hauteurs. Quelques totaux de précipitations : Neufchâteau : 22 mm Anthisnes : 15 mm Rossignol : 14 mm Bierset : 12 mm Hasselt : 10 mm Quelques précipitations ont été notées aussi dans l’est du Brabant Flamand. 10 mai 2018 Le front froid finit par passer en deuxième moitié de nuit et apporte un changement radical du temps. Sur le sud et l’est du pays, les maxima sont inférieurs de quelques 10°C à ceux de la veille. Ailleurs, le refroidissement s’était fait en deux temps : d’abord la ligne de convergence de la veille, puis le front froid. Le temps est très nuageux, avec de vastes bancs d’altocumulus en dessous desquels se forment des cumulus qui, partiellement, s’étalent en stratocumulus. Quelques-uns par contre, grâce à de l’instabilité résiduelle post-frontale, parviennent à se développer en cumulonimbus. Il y a des éclaircies aussi, mais pas très larges. Les températures maximales : 14-15°C au littoral, 15-18°C en plaine (le plus en Campine) et 12-14°C sur les hauteurs. Malgré les seulement 1h30 de soleil à Uccle en ce 10 mai, cette décade reste très anormalement ensoleillée avec 107h39 de soleil, la 3e valeur la plus élevée depuis 1951. Le record remonte à 2008 avec 122h12 de soleil.
  17. cumulonimbus

    Printemps 2018

    +++ La météo se montre à nouveau très intéressante ces derniers jours. +++ +++ Les résumés quotidiens, pour le mois de mai, seront faits dans le courant de la semaine prochaine. +++
  18. Le "global dimming" était le sujet à la mode, dans le monde de la météo, dans les années 70 et 80. Puis c'est devenu le "global warming". L'être humain, en créant deux effets inverses, a eu l'occasion, pendant 30 ans, d'ignorer son action sur le climat puisque celle-ci cessait d'être (immédiatement) visible. Car la majeure partie du global dimming est invisible à l'œil nu. La pollution visible n'en est qu'un très petit aspect. Malgré le développement industriel exponentiel des Trente Glorieuses, on n'a constaté aucun réchauffement climatique pendant cette période, mais un climat stable avec même une très légère tendance au refroidissement. On peut dire que les gaz à effet de serre et le global dimming (les aérosols notamment) annulaient à peu de choses près leur effet sur la température. Mais on avait d'autres problèmes, comme les pluies acides qui risquaient de détruire nos forêts. D'un autre côté, on peut dire que le global dimming nous a fait gagner 30 ans au niveau du réchauffement climatique, et que le dimming chinois et indien, encore maintenant, le ralentit un peu. On a donc retardé une catastrophe... à l'aide d'une autre catastrophe.
  19. cumulonimbus

    Printemps 2018

    30 avril 2018 Avant de nous attaquer à la journée du 30 avril, revenons un court instant aux gros contrastes thermiques qui ont régné sur la France le 29 avril, qui n’ont pas été étrangers à la tornade qui s’est produite du côté d’Hastière et de Dinant, ni à celle qui s’est produite en France dans la Marne. En Alsace, la température est montée jusqu’à 24,5°C (et même jusqu’à 26,6°C à Stuttgart en Allemagne), tandis que dans le Calvados, le maximum n’a pas dépassé 8,5°C à Roullours. La chaleur, d’une part, s’étend vers l’ouest jusqu’à Saint-Dizier où le maximum atteint encore 23,7°C, tandis que le froid s’étend vers l’est jusqu’en région parisienne avec seulement 12,5°C au Bourget et 12,4°C à Melun au sud-est de Paris. La distance entre Melun et Saint-Dizier n’est que de 170 km environ. Ce froid va encore s’amplifier le 30 avril jusqu’à atteindre des proportions extrêmes pour la saison. À Chartres, la température maximale ne dépasse pas 6,1°C ! Plus près de nous, à Saint-Quentin, le maximum atteint le matin s’élève encore 11,1°C mais entre 13 et 18 heures, la température oscille constamment entre 3 et 5°C (et ce, à une altitude inférieure à 100 m). En Normandie, la bulle d’air froid arrive un peu plus tôt, en fin de matinée, et est telle que les précipitations se transforment en neige, avec de la neige qui tient au sol !!! À Rouen (151 m), la neige tombe en abondance entre 11 et 13 heures par des températures qui, temporairement, flirtent avec le 0°C et des rafales de vent de 60 à 70 km/h. Le résultat : impressionnant ! Source : Courrier de l’Eure La cause : une situation synoptique favorisant, temporairement certes, un couloir particulièrement bien situé pour acheminer de l’air polaire assez direct vers l’ouest de la France, air qui nous revient ensuite par le sud-ouest pour aborder la Belgique en après-midi. En outre, une branche de l’occlusion donnant beaucoup de précipitations sur la Normandie y provoque un refroidissement supplémentaire (évaporation partielle des précipitations), suffisant pour transformer, là, la pluie en neige comme mentionné ci-dessus. Source : KNMI En Belgique, l’air froid arrive plus tard encore qu’à Saint-Quentin. À Charleroi-Gosselies, le thermomètre plonge sous la barre des 5°C, par vent fort, peu après 17 heures pour se situer à 3,9°C à 19 heures. À Uccle, il ne fait que 4,4°C à 18 heures tandis qu’à Bierset, l’air (vraiment) froid ne fait son apparition qu’après 20 heures. En Haute Belgique, tant sur le Plateau Ardennais que sur les Hautes-Fagnes, on observe des chutes de neige en fin de soirée ou en milieu de nuit. Mais contrairement à la Normandie, aucun enneigement du sol ne nous est signalé en Belgique, les températures n’étant juste pas assez froides pour cela (minima de 1,3°C à Elsenborn, 1,2°C à Saint-Hubert et 0,6°C à Mont-Rigi). Des bulles froides comme en Normandie, est-ce exceptionnel ? Exceptionnel : oui. Inédit : non. De telles surprises arrivent de temps en temps et ce, en toute saison. Le 12 janvier 2017, dans une masse d’air polaire maritime très modérément froid, une bulle d’air nettement plus froid (refroidissement à la fois adiabatique et par évaporation des précipitations) provoque une belle surprise neigeuse le long de notre littoral, avec une température passant subitement de 4 à 0°C avant de remonter aussi vite, laissant derrière elle une couche de neige certes temporaire mais significative sur le sol côtier. Dans un passé plus lointain, c’est en plein été que nous avons droit à une telle bulle d’air froid. Le 11 juillet 1888, dans un contexte déjà froid pour la saison, une bulle d’air froid accompagnant de fortes précipitations fait soudain chuter la température à Uccle de 11 à 5°C en milieu d’après-midi. L’air est soudain tellement froid que même à faible altitude, des flocons de neige se mêlent à la pluie, comme par exemple dans la région de Chimay. Dans les Hautes-Fagnes, la température chute temporairement jusqu’à 1°C à la Baraque Michel. Mais c’est sur le Plateau des Tailles, à la Baraque de Fraiture que la neige finit par accrocher le sol grâce à une certaine persistance du froid, avec une couche qui atteindra 2 cm… le lendemain ! Jusqu’à nos jours, c’est le seul cas attesté de neige au sol en été (juin – juillet – août) sur le territoire belge. À noter cependant que le signal de Botrange, avant 1919, ne faisait pas partie de la Belgique, et nous n’avons pas d’informations sur un éventuel enneigement de cette région en 1888. Revenons au 30 avril 2018. Le noyau dépressionnaire sur la France, responsable des chutes de neige en Normandie, se trouve pile-poil sur notre pays le soir avant de remonter vers les Pays-Bas et la Mer du Nord. Le temps est tout sauf agréable sur nos régions, avec de la pluie le matin, voire en matinée, puis une accalmie de quelques heures, puis déjà le retour de la pluie vers midi ou l’après-midi. Pendant l’accalmie, le ciel reste très nuageux ou couvert avec des stratocumulus auxquels se mêlent parfois des cumulus. Le vent rend le temps plus désagréable encore. Les rafales atteigent 60 km/h en de nombreux endroits, et parfois plus encore. Humain monte même jusqu’à 83 km/h ! Les températures maximales atteignent encore localement 14-15°C dans le nord-est du pays, sinon se situent souvent entre 12 et 14°C en plaine et 7 à 9°C sur les hauteurs. Mais comme mentionné plus haut, une baisse sensible intervient en après-midi. Vers 16 heures, les températures n’atteignent plus que 5 à 8°C dans toute la moitié sud du pays (y compris à basse altitude). Deux heures plus tard, c’est tout le pays qui est concerné par le froid, le vent et la pluie. Sur le nord et l’est, le froid s’amplifiera encore en soirée tandis que sur le sud, les températures tendent déjà à remonter. Principalement au littoral, où il a plu presque sans interruption, les pluviomètres sont à nouveau bien remplis avec 21 mm à Blankenberge et 20 mm à Middelkerke.
  20. cumulonimbus

    Printemps 2018

    28 avril 2018 La « complexification » de la situation atmosphérique du 29 avril commence à se mettre en place en ce 28 avril. Mais pour bien cerner tous les éléments, revenons brièvement sur certains éléments du 27 avril. Le 27 avril au matin, une petite dépression sur l’Océan s’apprête à entrer dans la Manche. Elle se trouvera à l’entrée en milieu de journée et à la sortie (entre Calais et Douvres) durant la nuit du 27 au 28. Le 28 avril au matin, la dépression s’est arrêtée là et s’affaiblit, pendant que la Back-Bent Occlusion continue à s’enrouler autour du noyau. De « l’autre côté » de la perturbation, sur la France et l’Espagne, le front froid commence à présenter une forte tendance à onduler. Source : KNMI Durant la nuit du 28 au 29, le noyau en question n’a toujours (pratiquement) pas bougé mais s’est dédoublé dans le cadre d’ondulations se formant sur la Back-Bent Occlusion. En même temps, l’autre branche de la perturbation continue à onduler aussi, de telle manière que l’ancien front froid tend de plus en plus à nous revenir en tant que front chaud. Source : KNMI Avec cela, une partie du décor est déjà planté pour l’analyse du 29 avril, mais intéressons-nous d’abord à la journée du 28 avril. Pour l’observateur au sol, cette journée ne présente pas encore de grandes particularités. En matinée, le ciel est très nuageux à couvert avec des stratocumulus qui, petit à petit, se doublent de cumulus (le tout accompagné de l’une ou l’autre goutte de pluie). Le ciel se déchire en milieu de journée avec quelques éclaircies, mais bien rapidement, le ciel se voile de cirrus/cirrostratus/altostratus translucidus et les cumulus se retransforment en stratocumulus, mais en restant épars, par petits bancs au maximum. Ici et là, les cumulus restent cumulus en étant épars aussi. Au littoral, le temps est un peu différent avec une couverture nuageuse plus épaisse, accompagnée de précipitations en matinée, une absence de cumulus l’après-midi et le voile d’altitude se dissipant en soirée. Les températures, proches des normes saisonnières, se situent autour de 13°C à la côte, entre 15 et 17°C en plaine et entre 13 et 14°C sur les hauteurs. 29 avril 2018 La situation atmosphérique devient extrêmement complexe. La Back-Bent Occlusion se décale lentement vers le nord tandis qu’un front chaud d’altitude (masqué dans les basses couches) traîne sur le centre, puis le nord-ouest du pays et génère des précipitations sous forme de faibles pluies continues. Un second front chaud, issu du front qui ondulait au sud de nos régions, remonte vers le sud du pays avec cette fois-ci une trace au sol. Source : KNMI Comme on peut le voir sur la carte aussi, un noyau dépressionnaire s’est formé au sommet du système frontal dont fait partie le front chaud. En même temps, des hautes pressions se dessinent sur l’Océan, le nord de la Mer du Nord et les côtes de Norvège, ce qui entraîne pour nos régions un flux de nord-est à nord, dans les basses couches tout au moins. En cours de soirée, le front chaud continue à s’avancer sur le pays mais – ce qui ne se voit pas sur la carte – le front perd sa trace au niveau du sol. En fait, la ligne de convergence située à l’est du front prend le relai et attire les vents de nord-nord-est à nord des basses couches jusqu’à lui. Ce n’est qu’à l’est de cette ligne de convergence que les vents de sud-est parviennent à s’imposer. Source : KNMI Transposons tout cela sur une carte des vents : Source de la carte d’origine : Infoclimat Enfin au niveau des températures, nous retrouvons clairement la trace de la ligne de convergence, mais pas celle du front chaud : Source : Infoclimat En plus de cela, cette ligne délimite aussi les types de temps. Au nord-ouest de la ligne, nous avons un temps couvert (stratus et stratocumulus, parfois doublés de fractus) tout au long de la journée, avec de la pluie en matinée. Il n’y a aucune transition entre le temps gris et monotone de la journée et le temps orageux du soir. C’est même un peu le contraire, avec des brumes se renforçant jusqu’à former du brouillard juste avant l’arrivée des orages. Avec des températures maximales de 11 à 12°C, rien n’aurait pu laisser deviner la venue des orages pour l’observateur au sol. Au sud-est de la ligne de convergence, nous avons un temps plus estival, avec l’évacuation assez rapide des nuages (stratocumulus + fractus) formés en bordure d’une perturbation pluvio-orageuse matinale frôlant le sud du pays. L’après-midi, le temps devient beau avec cumulus humilis et quelques altocumulus et cirrus. Dès la fin de l’après-midi, on note des bourgeonnements importants dans les couches moyennes (altocumulus floccus et castellanus) avec à nouveau une nébulosité beaucoup plus abondante. Ici et là, on observe aussi des bourgeonnements importants à partir de cumulus (congestus). Une véritable ambiance pré-orageuse donc, avec des températures de 19 à 20°C dans les vallées et les creux, et encore de 18°C sur les plus hauts plateaux. Dans la zone limite, on observe un temps brumeux et couvert en matinée, puis une dissipation partielle ou totale des nuages bas pendant quelques heures en après-midi ou début de soirée, avant l’arrivée des orages. La hausse des températures dépend de la durée des éclaircies. À Beauvechain, on n’enregistre qu’une petite pointe jusqu’à 13,6°C en fin d’après-midi, tandis que Gorsem, un peu plus à l’est, monte déjà jusqu’à 17,4°C. Mais dans l’ensemble, ces remontées de températures près de la ligne de convergence (qui bouge parfois un peu vers l’ouest) sont anecdotiques, le vrai temps doux ne se manifestant que bien à l’est de ladite ligne de convergence. Venons-en aux orages à présent. Le mode de formation de ces orages, à l’origine, est assez classique avec une origine à la fois thermique et dynamique. Jetons à nouveau un coup d’œil sur la carte d’analyse de 12h GMT. Source : KNMI Nous y voyons une « pointe d’air chaud » sur le centre de la France, c’est-à-dire le sommet d’une perturbation frontale à secteur chaud très ouvert. C’est généralement une zone à fort dynamisme, avec la rencontre de vents venant directions différentes, des ascensions forcées et bien souvent la proximité d’un jet-stream. C’est le cas aussi en ce 29 avril, où un jet certes modéré mais bien identifiable souffle de sud-sud-est, à l’est d’un creux d’altitude, très près de la pointe de la perturbation. Ce n’est donc pas un hasard que les orages prennent naissance là, ou plus exactement, un peu à l’est de la pointe en question. Et c’est là qu’intervient aussi une nette origine thermique des orages. Comme nous allons le voir ci-dessous, la zone de convergence qui avait été décrite pour la Belgique existait déjà en France quelques heures plus tôt, et elle est parfaitement identifiable grâce aux gros contrastes thermiques présents de part et d’autre de la ligne. Source de la carte d’origine : Infoclimat C’est le long de cette ligne, en réalité, que les premiers orages français vont naître, puis se regrouper en un vaste amas de multicellulaires particulièrement pluvieux. Une fois la perturbation orageuse formée, elle s’auto-entretiendra et parviendra à survivre même dans des conditions nettement moins bonnes, comme en Belgique où toute la partie ouest va passer au-dessus de la couche d’air froid et stable en ne perdant que peu de son intensité. D’où ce phénomène très curieux, pour l’observateur au sol, d’un temps brumeux et froid – on ne peut plus anti-orageux – qui est pourtant suivi d’orages conséquents ! En matière de pluies abondantes, il y en a pour presque tout le monde. Ci-dessous, quelques données pluviométriques prises entre 20h et 2h et qui reprennent donc essentiellement les pluies liées aux orages proprement dits : Schaffen : 37 mm Spa : 28 mm Elsenborn : 25 mm Zaventem : 22 mm Beauvechain : 20 mm Bierset : 20 mm Deurne : 20 mm Kleine Brogel : 16 mm Gosselies : 15 mm Florennes : 14 mm Cependant, localement, les orages prennent un tour bien plus violent. De nombreux dégâts sont signalés, entre autres, à Philippeville, Hastière, Dinant et Orp-Jauche. Plus particulièrement les régions de Dinant et d’Hastière sont affectées. Une tornade s’est formée à l’ouest de Beauraing pour se diriger grosso modo vers le nord jusqu’à Waulsort (près d’Hastière), puis Leffe (Dinant) et Crupet. Que s’est-il passé ? Reprenons une carte d’analyse des vents, mais une heure plus tôt, à 19 heures : Source de la carte d’origine : Infoclimat Cette carte indique en plus l’outflow des orages et nous pouvons constater que ce pseudo-front orageux est quasi perpendiculaire à la ligne de convergence et forme une sorte de « triple point » à l’américaine, mais en miniature. Ceci va particulièrement activer la cellule passant par là, occasionnant des phénomènes particulièrement violents dans la région. Mais la tornade, elle, n’est-elle pas passée un peu à l’ouest de la ligne dessinée sur la carte ? Effectivement. La cellule va se transformer en écho en arc, puis prendre la forme d’une virgule (« comma echo »). Documentation fournie par Hubert Maldague Et voici la même image réorientée dans le sens de marche de notre orage, du sud vers le nord : Nous voyons bien que la cellule qui se met à tourner sur elle-même se situe à l’extrême gauche du système, donc du côté ouest. Et c’est bien là que se produit la tornade, ce qui la rend d’ailleurs particulièrement traîtresse étant donné qu’elle se produit déjà dans la zone à temps couvert et relativement frais. La webcam de Givet, qui est la plus proche, nous laisse voir un temps couvert et pluvieux en matinée, avec un ciel qui reste chargé l’après-midi et juste quelques maigres éclaircies en fin d’après-midi. La station météorologique d’Hastière donne un maximum de 17,2°C, maximum sans doute atteint en fin d’après-midi aussi, lors d’une éclaircie passagère. Les stations de Namur (Floriffoux) et de Florennes n’atteignent pas les 15°C. Et voici, pour finir, quelques totaux de précipitations pris sur 24 heures (donc les pluies orageuses additionnées aux autres pluies de la journée et de la nuit) : Hauthem : 53 mm Ransberg (Kortenaken) : 49 mm Gouvy : 47 mm Ransberg : 46 mm Hastière : 41 mm Retie : 40 mm Botrange : 38 mm Gembloux : 37 mm Bovigny : 37 mm Il resterait encore à évoquer les énormes contrastes de températures dans nos pays environnants, mais cela fera plutôt l’objet de l’analyse du 30 avril, où un autre phénomène rare sera étudié à la loupe. À suivre…
  21. cumulonimbus

    Printemps 2018

    En attendant les choses compliquées, voici d'abord l'analyse des journées assez simples, en l'occurrence la période du 23 au 27 avril, celle qui a immédiatement suivi la chaleur qui nous a intéressés du 18 au 22 avril. 23 avril 2018 Nous nous retrouvons à l’arrière du front froid, dans de l’air maritime nettement plus frais. Le temps est cependant loin d’être mauvais, avec le développement de cumulus humilis dans un ciel tantôt bleu, tantôt légèrement voilé de cirrus, après le passage de quelques bancs de stratocumulus en matinée (et plus occasionnellement l’après-midi). Au littoral, ces cumulus ne se développent pas, il y a juste par moment le voile de cirrus, avec là tendance à cirrostratus. Les températures maximales sont souvent de presque 10°C inférieures à celles de la veille et se situent autour de 14-15°C au littoral, entre 16 et 20°C en plaine (plus frais à l’ouest, plus chaud à l’est) et autour de 15-16°C sur les hauteurs. 24 avril 2018 Après le passage d’un front chaud, notre pays repasse déjà du côté chaud des perturbations, mais en raison d’une forte nébulosité et donc d’une absence presque totale du soleil, nous ne bénéficions pas vraiment de cet air plus chaud. On peut même dire que les températures maximales ne bougent pratiquement pas par rapport à la veille, avec 15°C au littoral, 16°C en plaine et presque autant sur les hauteurs. Seules les régions les plus douces se sont déplacées et concernent maintenant les vallées, dont notamment celle de la Meuse où les températures atteignent 19 à 20°C. Le ciel est souvent très nuageux avec des stratocumulus, tandis que les quelques éclaircies laissent entrevoir des altocumulus et des cirrus, parfois aussi des cirrostratus et des cirrocumulus… … qui peuvent être un véritable tableau ! Webcam MB – Beausaint – 24 avril 2018 à 7h10 L’extrême sud du pays connaît d’ailleurs presque du beau temps, avec très peu de stratocumulus, juste un ciel voilé de cirrus et de cirrostratus. Là aussi, la température monte jusqu’à 19°C. 25 avril 2018 Passage d’un front froid et retour du côté froid. Mais dans cet air très maritime, les différences entre le côté chaud et le côté froid ne sont pas grandes. Les températures maximales : autour de 14°C au littoral, 15 à 17°C en plaine, 12 à 14°C sur les hauteurs. Donc juste un peu moins que la veille. Le ciel : mix de cumulus et de stratocumulus avec belles éclaircies, s’élargissant le soir. Sur l’est et le sud, d’abord encore nuages frontaux avec un peu de pluie. 26 avril 2018 Circulation d’ouest graduellement plus anticyclonique mais avec un air un peu plus frais. Les températures maximales tournent autour de 13°C au littoral, de 15°C en plaine et de 10°C sur les hauteurs. Le temps est presque similaire à celui de la veille, avec un mix de stratocumulus et de cumulus et de belles éclaircies s’élargissant le soir. La différence : le temps est un peu plus instable et des averses parviennent à se former ici et là. Les quelques précipitations sont alors responsables de fortes chutes temporaires de la température, repassant sous la barre des 10°C. Ceci est lié à une relative sécheresse de l’air et donc à une forte évaporation au sein des averses. 27 avril 2018 L’influence anticyclonique s’affaiblit rapidement, mais le temps reste d’abord relativement beau et surtout plus doux en raison du passage d’un restant de front chaud. Les températures maximales : 16°C au littoral, 17 à 20°C en plaine et 15 à 16°C sur les hauteurs. Le temps est d’abord voilé avec cirrus et cirrostratus avec bancs d’altocumulus, puis assez beau avec altocumulus et cumulus, tendance à stratocumulus, voire stratocumulus vrais. Dans le sud du pays, présence aussi d’altocumulus castellanus. Avec un vent soufflant désormais en moyenne de sud-est à sud, l’impression de douceur est très perceptible. À suivre…
  22. cumulonimbus

    Printemps 2018

    Décidément, la météo ne fait pas dans le facile ! Chutes de neige en Normandie aujourd'hui (du côté de Rouen) en fin de matinée. "Aïdo Tweet" Source : Infoclimat Tout cela sera analysé très prochainement.
  23. cumulonimbus

    Printemps 2018

    +++ Des orages qui en ont surpris plus d'un, hier 29 avril 2018. Quelques beaux totaux de précipitations aussi, comme par exemple les 47 mm de Gouvy, les 46 mm de Ransberg, les 41 mm d'Hastière et les 40 mm de Retie. La situation atmosphérique ayant été de nature très complexe, des recherches sont encore nécessaires pour en faire un bilan. Celui-ci paraîtra dans le forum probablement demain, 1er mai en fin de journée. +++
  24. cumulonimbus

    Printemps 2018

    Et voici encore un mot sur l'évolution des températures des eaux de la Mer du Nord. À une dizaine de kilomètres au large d'Ostende, le réchauffement des eaux, en un mois de temps, est impressionnant. Le 24 mars dernier, juste après les vagues de froid de mars, la température de l'eau oscillait entre 4,5 et 5,0°C. Le 24 avril, elle oscille entre 11,5 et 12,0°C. Plus au large par contre, la hausse est bien moins forte. À la bouée de Westhinder, située à une quarantaine de kilomètres au large de la côte belge, la température de l'eau était de 6°C le 24 mars pour arriver à un petit 10°C le 24 avril. Enfin la bouée de Heist, située à quelques kilomètres au large des installations portuaires de Zeebruges, suit assez bien l'évolution de la bouée d'Ostende, mais avec un bon demi-degré en moins. En fait le 24 mars, l'eau était à 4°C pour arriver à un petit 11°C le 24 avril. Cela signifie que les eaux du large sont bien moins sensibles aux brèves vagues de froid et de chaleur que les eaux côtières. Ces différences peuvent avoir une énorme influence sur la formation ou non d'orages au littoral quand le cadre des situations orageuses, et aussi sur un possible retour ou non de giboulées dans cette région si de l'air polaire maritime devait encore nous atteindre. Dans le cas de vagues de chaleur ou de froid de longue durée, la température des eaux du large finit par suivre le mouvement. Un exemple resté célèbre : l'été 2006 où une vague de chaleur prolongée avait fortement réchauffé les eaux jusque loin au large. Avec l'arrivée d'un air beaucoup plus frais en août, notre littoral avait connu une période particulièrement instable avec de nombreuses intempéries très inhabituelles pour la côte belge.
  25. cumulonimbus

    Printemps 2018

    Et voici les résumés quotidiens du 1er au 22 avril. Les journées des 7, 8 et 19 avril, déjà analysées, ont été recopiées et placées au bon endroit de la séquence chronologique, avec juste quelques adaptations textuelles mineures pour les raccorder au jour précédent et au jour suivant. 1er avril 2018 Peut-être le dernier jour un peu hivernal de la saison 2017-2018. En effet, on relève le matin 1 cm de neige à Mont-Rigi. Cet enneigement, qui constitue une couverture complète, persiste jusqu’en fin de matinée. Ensuite, la fonte intervient rapidement et, avant le milieu de l’après-midi, il ne restera plus aucune trace de cette neige. Une dépression, centrée très près de nos régions dans la nuit du 31 mars au 1er avril, s’éloigne rapidement vers l’est mais plonge encore temporairement notre pays dans des courants maritimes d’origine polaire. Les températures maximales ne sont guère élevées, 3°C dans les Hautes-Fagnes, 5 à 6°C sur les Plateaux Ardennais et le plus souvent entre 8 et 9°C dans les autres régions, sous un ciel très nuageux à couvert et régulièrement des averses (mix de stratocumulus et nuages convectifs, cumulus et cumulonimbus et quelques maigres éclaircies). Seul le littoral, en raison des eaux encore froides de la Mer du Nord, est grandement épargné par les averses. On remarquera qu’une dernière grande offensive hivernale arrive jusqu’aux portes de Hambourg et de Berlin. Un peu au nord de cet axe, à Schwerin, la couche de neige atteint 11 cm et persiste toute la journée par des températures ne dépassant guère 0°C. Mais l’anticyclone scandinave, qui a toujours laissé planer un possible retour de’ l’hiver, finit par s’affaiblir. L’air froid finira par être évacué également de l’Allemagne et ne reviendra plus. 2 avril 2018 Une perturbation frontale, à secteur chaud ouvert, nous vaut une hausse significative des températures, avec des maxima de 14 à 15°C en plaine et de 10 à 11°C sur les hauteurs. Mais le ciel reste très nuageux à couvert avec des nappes de stratocumulus en dessous d’un voile d’altostratus, parfois mêlé d’altocumulus. Ici et là, le voile s’effiloche et donne quelques éclaircies. On note aussi quelques précipitations intermittentes, plus présentes en soirée où elles tendent à devenir continues. 3 avril 2018 Le front froid, qui tentait d’aborder notre pays durant la nuit du 2 au 3, s’est mis à fortement onduler. Nous restons donc un bon moment encore dans l’air doux, jusqu’au passage assez chaotique dudit front en soirée. Grâce à quelques éclaircies, les températures montent même un peu plus haut que la veille, avec 16 à 17°C en plaine et 12 à 14°C sur les hauteurs. En gros, on peut encore parler d’une forte présence de stratocumulus en dessous d’un voile d’altitude, mais ce dernier est plus discontinu que la veille, les éclaircies se dessinent mieux et quelques cumulus parviennent même à se former. On note cependant encore quelques précipitations. Ensuite, des averses abordent le littoral en milieu d’après-midi, qui gagnent ensuite le reste du pays sous une forme très irrégulière. 4 avril 2018 De l’air maritime un peu plus frais circule à l’arrière de la perturbation, mais les maxima restent encore raisonnablement élevés avec près de 15°C en plaine et 9 ou 10°C sur les hauteurs. Le temps devient légèrement instable, avec des altostratus/altocumulus/stratocumulus cédant la place à des nuages convectifs, cumulus et cumulonimbus avec quelques averses. Le littoral connaît un temps plus chahuté, avec vent fort et averses parfois accompagnées de grêle, tandis que le sud du pays connaît des précipitations abondantes, comme par exemple à Aubange avec 18 mm. 5 avril 2018 Une influence anticyclonique tente de se mettre en place, avec un noyau de hautes pressions remontant de l’Espagne et du sud-ouest de la France pour se diriger vers l’Allemagne en passant tout juste au sud de notre pays. Mais la masse d’air est nettement plus froide, et encore bien instable en matinée. Il n’est donc pas étonnant de voir d’abord un défilé d’averses, avant une stabilisation rapide en après-midi avec cumulus s’aplatissant et larges éclaircies, accompagnées de quelques cirrus. Les maxima : le plus souvent autour de 9°C en plaine et de 5°C sur les hauteurs. 6 avril 2018 Brusque amélioration du temps. L’anticyclone, encore hésitant la veille, exerce à présent pleinement son influence sur notre pays en se plaçant particulièrement bien, centré d’abord sur l’Allemagne, puis sur la Pologne. Mais d’abord, la nuit est froide, avec ici et là des gelées même en plaine. À Deurne par exemple, on observe –0,9°C au petit matin. À Uccle par contre, le minimum ne descend pas en dessous de 2,5°C. Dans l’est et le sud du pays, on épinglera entre autres les températures de –3,2°C à Elsenborn, –1,0°C à Hastière et à Aubange et –0,8°C à Bièvre. En journée, le soleil est généreux avec juste un voile de cirrus/cirrostratus en fin de journée (excepté la Gaume, où le ciel reste quasi-serein toute la journée). Les températures maximales, en forte hausse, atteignent 16 à 18°C en plaine et 12 à 13°C sur les hauteurs. samedi 7 avril 2018 Un week-end printanier extraordinaire qui s’annonce… mais pas pour tout le monde ! Des hautes pressions à l’est de l’Europe et une perturbation ondulant à l’ouest de nos régions sont garants pour un flux méridional acheminant de l’air doux et assez sec vers nos régions. En ce samedi, les conditions sont encore relativement équitables sur notre pays. Le temps est beau, souvent légèrement voilé par des cirrus. En soirée, on note quelques bancs d’altocumulus. Notamment sur le sud-est du pays, le ciel est parfois aussi tout à fait serein. Sur le nord-ouest par contre, les altocumulus sont plus nombreux, mais là aussi, on peut encore parler de beau temps. Les températures maximales sont faibles, avec seulement 9°C en plaine et 4 ou 5°C sur les hauteurs. Avec un vent de sud-est à sud, ayant une petite tendance sud-ouest le soir, les températures peuvent déjà monter fort haut pour la saison, avec des valeurs de 21 à 22°C en plaine et de 18 à 19°C sur les hauteurs. Aux endroits exposés, il fait plus chaud encore. En Campine, on enregistre 24,1°C à Koersel et 23,4°C à Kleine Brogel. La vallée de la Meuse se défend bien aussi avec 23,9°C à Angleur. Le littoral bénéficie de températures élevées aussi, avec 18,4°C à Zeebruges (en bordure immédiate de la mer), 20,6°C à l’aéroport de Middelkerke (légèrement à l’intérieur des terres) et 21,6°C à la base aérienne de Coxyde (à quelques 3-4 km de la mer). Revenons brièvement sur la petite tendance sud-ouest du vent en soirée, qui a des conséquences pour la région côtière. En effet, la brise de mer est contrecarrée par le vent en journée, mais plus le soir. Et comme l’eau de la mer est encore fort froide (7 à 8°C), la brise de mer peut facilement s’enclencher même le soir. À Middelkerke par exemple, le vent tourne à l’ouest, la température chute rapidement entre 20 et 21 heures (de 18 à 13°C) tandis que l’air devient du coup plus humide. Pas d’agréable soirée aux terrasses, donc. À l’intérieur des terres, la température baisse aussi en soirée, mais bien moins. dimanche 8 avril 2018 La nuit du 7 au 8, les vents maritimes parviennent temporairement à s’infiltrer jusqu’au centre du pays avant d’être repoussés. En matinée, une véritable ligne de convergence se forme sur l’ouest du pays avec des vents de sud-est à l’est de la ligne et de nord ou de nord-ouest à l’ouest de celle-ci. Dans cette situation, il devient difficile de distinguer ce qui revient à la ligne de convergence préfrontale et ce qui revient au front de brise de mer qui commence à se mettre en place. Sur les deux cartes ci-dessous, nous allons voir qu’il y a une correspondance partielle entre la trace au sol du (pseudo-)front et la ligne de précipitations. Fait est que l’ouest du pays est nettement moins gâté que les autres régions. Sur le Hainaut occidental et une région un peu à la limite de la Flandre Occidentale et Orientale, le temps est parfois (un peu) menaçant en matinée avec des précipitations. Par la suite, le ciel se dégage avec cirrus et quelques altocumulus, et les températures remontent assez haut (20-22°C) avec un peu de retard sur les autres régions. Le littoral, quoique généralement épargné par les pluies (sauf l’est), reste soumis à des vents de nord persistants qui empêchent toute remontée des températures. Zeebruges doit se contenter de 10,7°C comme température maximale tandis que Middelkerke, avec 12,0°C, ne fait guère mieux. En outre, régulièrement des bancs de brouillard maritime, parfois très dense, affectent la côte belge et, quand la visibilité s’améliore à nouveau, les cirrus et altocumulus deviennent certes visibles, mais dans un ciel restant brumeux. Ci-dessous, banc de brouillard arrivant sur Le Coq. Sur le centre et l’est du pays par contre, on peut parler d’une journée de printemps extraordinaire. En début de matinée, le ciel est peut-être un peu nuageux aussi, avec des bancs d’altocumulus parfois épais, mais ensuite le ciel se dégage et il ne reste plus que des cirrus (à l’exception de quelques castellanus isolé). Ce n’est qu’en soirée que les altocumulus réapparaissent en nombre. Webcam IRM – Uccle – 8 avril 2018 à 16h45 Les températures montent très haut pour la saison, avec des valeurs de 23-24°C au centre du pays et localement jusqu’à 26°C en Campine et dans la vallée de la Meuse. Sur les Hauts Plateaux, on tourne autour de 22°C. Les plus fortes valeurs : Koersel : 26,0°C Angleur : 25,9°C Genk : 25,3°C Hastière : 25,3°C Schaffen : 25,0°C Si l’on excepte l’ouest du pays, on peut affirmer que cette journée du 8 avril 2018 est très comparable au 9 avril 1969, 4 avril 1985, 10 avril 2009, 2 avril 2011, 6 avril 2011 et 9 avril 2017. Eh oui ! L’année passée, il a fait chaud aussi à la même époque de l’année. Toutes ces dates se partagent les records pour une première décade d’avril, et quelques-uns reviennent aussi à 2018. Voyons cela en détail. D’abord les longues séries : un bon nombre de stations commencent leur série en décembre 1953 (surtout les aéroports, aérodromes et bases aériennes), ce qui fait que nous bénéficions de quelques 65 années d’observations. Localité .......... 08/04/2018 .. Record .. Date ........ Période Dunkerque (FR)..... 11,8°C ...... 22,4°C .. 06/04/1961 .. 1953-2018 ........................................... 02/04/2011 ............ Deurne ............ 23,7°C ...... 24,1°C .. 02/04/2011 .. 1953-2018 Kleine Brogel ..... 24,6°C ...... 26,6°C .. 10/04/2009 .. 1953-2018 Maastricht (NL) ... 23,4°C ...... 24,6°C .. 10/04/2009 .. 1953-2018 Uccle ............. 24,0°C ...... 24,3°C .. 04/04/1985 .. 1953-2018 Beauvechain ....... 23,4°C ...... 23,9°C .. 02/04/2011 .. 1953-2018 Chièvres .......... 23,5°C ...... 23,2°C .. 09/04/2017 .. 1953-2018 Lille (FR)......... 21,3°C ...... 23,9°C .. 06/04/2011 .. 1953-2018 Bierset ........... 23,5°C ...... 24,0°C .. 09/04/1969 .. 1953-2018 Mont-Rigi ......... 21,7°C ...... 21,2°C .. 10/04/2009 .. 1953-2018 Pour mieux comparer, les séries d’Uccle, de Lille, de Dunkerque et de Maastricht sont ramenées à la période 1953-2018, alors qu’en réalité, elles sont plus longues. Uccle par exemple connaît un record plus ancien, de 24,5°C, qui date du 4 avril 1946. Ci-dessous, les séries plus courtes, donc les données sont généralement publiées depuis 1984 (parfois un peu plus tôt, parfois un peu plus tard). Ici bien entendu, le 9 avril 1969 n’apparaît plus dans les valeurs, mais bien les autres dates. Localité .......... 08/04/2018 .. Record .. Date ........ Période Middelkerke ....... 12,0°C ...... 22,0°C .. 02/04/2011 .. 1984-2018 Stabroek .......... 22,5°C ...... 24,2°C .. 02/04/2011 .. 1976-2018 Koersel ........... 26,0°C ...... 25,6°C .. 02/04/2011 .. 1984-2018 St-Katelijne-Waver. 23,8°C ...... 24,2°C .. 02/04/2011 .. 1984-2018 Kruishoutem ....... 22,4°C ...... 24,6°C .. 06/04/2011 .. 1985-2018 Zaventem .......... 23,3°C ...... 23,8°C .. 10/04/2009 .. 1984-2018 Gorsem ............ 23,8°C ...... 24,8°C .. 10/04/2009 .. 1982-2018 Gosselies ......... 24,0°C ...... 23,2°C .. 02/04/2011 .. 1984-2018 Spa ............... 23,1°C ...... 21,6°C .. 10/04/2009 .. 1982-2018 Elsenborn ......... 22,6°C ...... 22,5°C .. 10/04/2009 .. 1987-2018 Florennes ......... 23,8°C ...... 23,0°C .. 02/04/2011 .. 1976-2018 Hastière .......... 25,3°C ...... 24,3°C .. 09/04/2017 .. 1977-2018 Dourbes ........... 24,7°C ...... 24,0°C .. 09/04/2017 .. 1965-2018 Comme le montrent ces chiffres, la plupart des records sont battus dans le sud et l’est du pays, où l’on peut vraiment parler d’une journée exceptionnelle. L’ouest du pays par contre reste très éloigné des records. À noter que certaines stations connaissent leur premier jour d’été… une vingtaine de jours seulement après leur dernier jour d’hiver, ce qui doit être unique dans l’histoire météorologique belge. 9 avril 2018 Une petite perturbation au sein du secteur chaud est responsable d’un temps fort voilé avec altostratus (parfois translucidus). Quelques altocumulus se mêlent à ce voile, et on note l’un ou l’autre stratocumulus. En matinée, il fait parfois aussi brumeux tandis que dans le sud du pays, quelques cumulus aplatis se développent l’après-midi. En effet, un petit vent de nord amène un air un peu plus frais et quelque peu humide en dessous d’une inversion vers 1600 mètres. Cependant, avec des températures de 16 à 19°C sur une grande partie du pays (y compris les hauteurs), le temps est loin d’être désagréable. Seul le littoral et, dans une moindre mesure, l’ouest du pays connaissent des conditions nettement moins bonnes, avec des bancs de brouillard et de stratus maritimes qui se forment en dessous du voile d’altostratus, avec un temps particulièrement humide et froid. Et quand le brouillard se dissipe enfin, il se met à pleuvoir. Les températures maximales à la côte ne dépassent pas 8 à 9°C, tandis que la région de Roulers et Ypres doivent se contenter de 13-14°C. 10 avril 2018 Une occlusion peu active reste traîner au nord-est du pays, et s’activera progressivement en fin de journée tandis qu’une autre occlusion aborde le pays par le sud et le traverse en soirée et durant la nuit. Il s’ensuit que des précipitations localement abondantes sont observées en fin de journée, plus spécialement sur le nord et l’est du pays. Dans cette dernière région, la perturbation devient aussi instable avec de l’activité orageuse vers les 21-22 heures. Mais d’abord, le temps est plutôt beau, avec l’évacuation progressive d’un voile de cirrus/cirrostratus, puis la formation de cumulus humilis avant l’arrivée en cours d’après-midi de bancs étendus d’altocumulus/stratocumulus passant au-dessus des cumulus, le tout évoluant ensuite en nimbostratus et/ou cumulonimbus avec précipitations. Sur l’est et le nord-est, ciel parfois menaçant dès la fin de l’après-midi avec même un début d’arcus (mais encore sans orage). Les orages du soir (au nord-est) se présent sous la forme d’ « embedded Cb » au sein d’une zone pluvieuse. Avec des vents revenant au secteur sud-est en journée, les températures remontent, avec 19 à 20°C en plaine (jusqu’à 20,8°C à Koersel) et 14 à 17°C sur les hauteurs (le moins du côté de Saint-Hubert). Dans les zones du nord-est, touchées par les orages, le total des précipitations s’élève à 10-13 mm. 11 avril 2018 Une occlusion se maintient juste au nord de nos régions tandis que le vent, sous un patron atmosphérique général de basses pressions sur la France et l’Espagne et de hautes pressions sur la Scandinavie, s’oriente graduellement au nord-est. Le temps est très différent d’une région à l’autre. Au nord et nord-est du pays, le temps tend à rester couvert et frais toute la journée avec de petites précipitations, plus fréquentes l’après-midi. Sur le centre-nord et le centre-est, on observe de nombreux bancs de stratocumulus, parfois très bien dessinés (avec petite tendance à asperatus undulatus). En fin de journée, on y note des éclaircies. Dans les régions précitées, les maxima ne dépassent pas 12 à 14°C. Dans le sud et le centre-sud, les conditions sont nettement plus clémentes. Dans le Brabant Wallon, les stratocumulus sont encore nombreux, mais le ciel se dégage complètement en fin de journée. Les températures montent jusqu’à localement 17°C. En Ardenne, on observe en matinée des stratocumulus relativement minces, mais souvent bien dessinés aussi, avec tendance à mammatus. L’après-midi, le temps est beau avec cumulus et quelques altocumulus résiduels. Les températures atteignent 15°C sur les hauteurs et jusqu’à 19°C dans certaines vallées. Dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, ce sont des altocumulus qui emplissent le ciel en matinée, ensuite les conditions sont similaires à celles de l’Ardenne. Les températures atteignent 16 à 19°C selon l’altitude et l’orientation. En Gaume, c’est une véritable journée de beau temps après dissipation des brouillards matinaux, avec cumulus très aplatis et quelques cirrus. Les températures atteignent généralement 17 à 18°C. Les précipitations se limitent généralement au nord-est du pays, le plus à Koersel avec 3,7 mm. 12 avril 2018 Une situation classique pour octobre ou novembre, mais inhabituelle pour avril : une inversion qui ne se résorbe pas, avec des brouillards et des stratus qui ne dissipent même pas en journée. D’ailleurs, il fait bien plus chaud dans les Hautes-Fagnes qu’en région bruxelloise, anversoise ou carolorégienne. Quelques températures maximales : Gembloux = 11,9°C ; Chièvres = 11,9°C ; Uccle = 12,3°C ; Beauvechain = 12,8°C. En Haute Belgique d’ailleurs, le temps est très différent de celui des autres régions, avec là une tendance instable, éclaircies et cumulus, dont certains (à l’ouest de la région) se développent jusqu’au cumulonimbus orageux. Quelques températures maximales : Bièvre = 15,8°C ; Mont-Rigi = 16,1°C ; Elsenborn = 17,1°C. Il est en outre curieux de constater comment des cellules orageuses formées sur la France viennent littéralement s’encastrer dans la zone des brouillards et nuages bas. Sur l’ouest du Hainaut et en Flandre, on passe parfois sans transition du stratus aux orages, sans la moindre augmentation de température pour l’observateur au sol. La raison : une occlusion qui dans sa partie nord attire des vents de nord-est humides et frais qui sont influencés par les eaux froides des mers en bordure du continent. Au sud de l’occlusion, les vents généraux soufflent de sud-est à sud, ce qui est le cas dans la région ardennaise là où le relief n’impose pas au vent une autre direction. L’occlusion se décale vers le nord avec, vers 1000 mètres d’altitude, un vent qui bascule graduellement au sud en toutes régions. Mais dans les très basses couches, le vent de nord-est tend à persister plus longtemps, d’où la coexistence des brumes et des orages pendant un certain temps. Ceci n’est pas sans rappeler 2016 où, en fin mai et début juin, des orages à répétition, très pluvieux affectaient notre pays en venant littéralement s’encastrer dans les zones à stratus de ce début d’été particulièrement frais dans les basses couches. Sauf qu’en ce 12 avril, aucune cote pluviométrique excessive n’est signalée, les orages donnant au plus 4 à 5 mm d’eau. 13 avril 2018 Le décalage vers l’est de tous les systèmes perturbés replace notre pays dans de l’air maritime. Le temps est sans grand relief. D’importantes nappes de stratocumulus (parfois à la limite du stratus) occupent le ciel en matinée. L’après-midi, ces stratocumulus se dispersent et se transforment en partie en cumulus sous un voile de cirrostratus. Plus vers le sud, on observe quelques éclaircies et plutôt la formation de cumulus mais, là aussi, souvent sous un voile de cirrostratus. Plus vers l’est, c’est le voile de cirrostratus/altostratus translucidus qui occupe presque seul le ciel, avec juste quelques cumulus (fractus) isolés. Au littoral, sur les eaux froides, on observe aussi du brouillard. Les températures maximales : autour de 12°C au littoral, autour de 15°C en plaine et de 13-14°C sur les hauteurs. Quelques vallées connaissent du temps très doux, comme par exemple Hastière avec 19,1°C. 14 avril 2018 Le point d’orgue de cette journée se retrouve certainement dans les averses de grêle qui sont observées en soirée dans la région de Waterloo – Braine-l’Alleud. Pour cette raison, nous allons particulièrement nous intéresser à l’évolution du temps à Braine-l’Alleud. Le matin, on y observe pas mal de brouillard, mais sans que le soleil ne disparaisse tout à fait. Ce brouillard se dissipe entre 9 et 10 heures pour faire place à un ciel bleu mais délavé. Vers midi, le ciel se voile temporairement de cirrus/cirrostratus puis, avec le retour des éclaircies, la convection s’enclenche vers le milieu de l’après-midi. Évolution classique : cumulus humilis, puis mediocris puis congestus, puis cumulonimbus en soirée. Les cellules n’ont pas un aspect spectaculaire, mais selon les témoins, le ciel leur tombe brusquement sur la tête. « Grosses chutes de grêle à Braine l'Alleud, impressionnant ! », nous a écrit Alexandra. « On a des grêlons à Waterloo ! », nous a envoyé Amandine, joignant des photos à son message. Source : RTL Info Les précipitations à la station de Braine-l’Alleud donnent un total de 13 mm. À Uccle, on observera même 17 mm alors que dans les régions aux alentours, il pleut bien moins, voire pas du tout. En effet, nous avons principalement affaire à deux cellules orageuses, l’une intéressant le Brabant Wallon et le sud de Bruxelles avant de se diriger vers l’est-nord-est, l’autre affectant l’ouest du Hainaut et la Flandre. Dans cette seconde région, on observe des totaux de précipitations de 21 mm à Passendaele, 16 mm à Kruishoutem et encore 13 mm à Izegem. En dehors de cela, on retiendra encore les 16 mm de Middelkerke et les 17 mm de Retie. Les températures maximales avant les orages, dans toutes ces régions, se situent entre 17 et 19°C avec un vent assez variable. Dans les autres régions, le temps n’est souvent pas très différent, sauf que la convection réussit moins bien, avec plus d’étalement que de développement vertical. Plus vers le sud, il y a moins de brouillards matinaux, tandis qu’au littoral, c’est la convection qui fait défaut. Les précipitations, là, sont liées à des pluies nocturnes. Les températures : autour de 14°C au littoral, 17 à 19°C en plaine (avec ou sans orages) et 16 à 17°C sur les hauteurs. Le plus chaud en Campine avec 20,0°C à Koersel et 19,6°C à Kleine Brogel. 15 avril 2018 Une journée de transition, dans une situation atmosphérique quelque peu confuse, mais qui nous vaut un temps assez beau sous un flux d’air maritime relativement doux. Le temps est nuageux à beau avec de belles éclaircies et quelques bancs d’altocumulus, puis des cumulus se développent parfois jusqu’au stade congestus, parfois en générant des stratocumulus d’étalement. Au-dessus, un voile d’altitude apparaît, cirrostratus avec, en dessous, des bancs d’altocumulus voire de stratocumulus. En soirée, pluie au littoral, se propageant la nuit vers l’intérieur des terres. Dans le sud du pays, brouillard matinal à sommet turbulent (évoluant rapidement en fractus) dans les vallées. Webcam MB (wetter.rlx.lu) – Rodange – 15 avril 2018 à 7h40 Avec un vent de sud à sud-ouest, les températures maximales atteignent 14 à 16°C au littoral (avec brise de mer temporaire), 17 à 18°C en plaine (19 à 20°C en Campine) et 14 à 15°C sur les hauteurs. 16 avril 2018 Une crête anticyclonique, issue de l’anticyclone des Açores, se développe rapidement sur la France. Mais nous nous trouvons à l’arrière d’une occlusion, qui nous avait valu de la pluie la veille au soir et durant la nuit, avec un vent de sud-ouest à ouest nous amenant de l’air maritime même un brin plus frais que la veille, et instable dans les basses couches. Le temps redevient assez beau, avec des cumulus se développant jusqu’au stade de mediocris. Au-dessus, quelques cirrus et quelques altocumulus, et parfois aussi présence d’un peu de stratocumulus d’étalement. Au littoral, moins de convection et du grand beau temps, avec un ciel par moment tout à fait serein. Les températures : 13°C au littoral, 16 à 17°C en plaine et 14 à 15°C sur les hauteurs. 17 avril 2018 L’anticyclone gonfle en se développant surtout à l’est par rapport à nos régions. Il s’ensuit une rotation des vents, qui se mettent à souffler principalement de sud (avec une tendance sud-est le matin et sud-ouest le soir). Avec la subsidence et l’air qui se dessèche en passant sur la France, la convection disparaît complètement. Le ciel est bleu, juste garni de quelques cirrus. Seules les ascendances forcées sur les reliefs ardennais parviennent encore, très temporairement, à former quelques cumulus. La nuit est plutôt froide aux endroits sensibles au rayonnement, et assez douce ailleurs. À Elsenborn, le thermomètre descend jusqu’à –0,8°C tandis que Bièvre affiche 0,7°C, Buzenol 1,6°C, Aubange 1,8°C et Koersel 3,0°C. En journée, grâce au soleil et à l’air méridional, les températures montent très fort, jusqu’à 19°C au littoral, 20-22°C en plaine et 18-19°C sur les hauteurs. Les plus hautes températures sont observées en Campine et dans la vallée de la Meuse, avec 22,4°C à Angleur, 22,2°C à Koersel, 22,1°C à Hastière et 21,9°C à Kleine Brogel. Quelques écarts entre le jour et la nuit sont relativement importants : Elsenborn : –0,8°C/18,8°C Koersel : 3,0°C/22,2°C Bièvre : 0,7°C/19,7°C Aubange : 1,8°C/20,8°C Hastière : 4,0°C/22,1°C Ces écarts ne sont cependant pas exceptionnels en avril par beau temps. 18 avril 2018 L’anticyclone forme un noyau juste au nord de la Tchéquie, avec comme conséquence que le vent tourne à l’est sur nos régions. L’air acheminé devient de plus en plus sec et de plus en plus chaud. Le temps est très beau, avec un mince voile de cirrus en matinée et un ciel serein ou presque l’après-midi, avec encore quelques cirrus résiduels. Plus on va vers le sud du pays, plus le ciel est serein. Dans l’air sec et sous le ciel clair, la température nocturne redescend assez bas dans les lieux exposés au rayonnement du sol, avec parfois des différences assez grandes d’un endroit à l’autre. Elsenborn descend jusqu’à 0,7°C et Saint-Hubert, jusqu’à 9,3°C. Dans l’est du Brabant Wallon, la base de Beauvechain, située sur un plateau, ne descend pas en dessous de 11,6°C tandis que la station MB de Mélin, dans une vallée à seulement 5 kilomètres de là, descend jusqu’à 4,4°C ! En journée, les températures montent très haut pour la saison partout, avec 21 à 23°C au littoral, 24 à 27°C en plaine et 22 à 24°C sur les hauteurs. De nombreux endroits ont connu leur premier jour d’été, quand ce n’était pas déjà chose faite le 8 avril. Les plus hautes valeurs : Hastière : 27,4°C Angleur : 27,3°C Koersel : 27,1°C On épinglera quelques gros écarts aussi, comme par exemple : Hastière : 3,1°C/27,4°C Elsenborn : 0,7°C/24,2°C Gouvy : 4,0°C/24,6°C Ces écarts sont déjà plus conséquents que ceux de la veille. Les plus gros écarts jamais enregistrés entre le minimum et le maximum en Belgique se situent autour de 27/28°C (comme par exemple à Kleine Brogel le 3 août 1986 avec un minimum de 9,6°C et un maximum de 37,2°C). Enfin un mot sur la brise de mer au littoral. À la station de Zeebruges, située au port en bordure immédiate de la mer, la résultante entre le vent d’est et la brise de mer donne un vent de nord-est qui souffle parallèlement à la côte et empêche la température de dépasser 17-18°C, sauf en fin d’après-midi et en début de soirée où le lent basculement du vent vers l’est-nord-est permet à des bouffées d’air chaud de se mêler à l’air de la mer, avec pour finir un maximum de 20,6°C. Cette brise de mer, comme elle est parallèle à la côte, ne parvient pas à pénétrer à l’intérieur des terres, comme le montre la station de Middelkerke, située à quelques bonnes centaines de mètres seulement à l’intérieur des terres mais où la brise de mer n’apparaît plus du tout. Une influence plus indirect de la mer et un air quelque peu turbulent empêchent cependant le maximum de dépasser 23,2°C. 19 avril 2018 Comme déjà le 8 avril, nous avons à nouveau droit à une journée de printemps extraordinaire, avec des températures souvent extrêmes pour la saison. La crête issue de l’anticyclone des Açores, qui s’était rapidement développée sur la France le 16 avril et qui s’était ensuite décalée vers l’est, envoie maintenant vers notre pays des courants tropicaux assez directs, à composante continentale. La présence d’air fort chaud en altitude durant la nuit du 18 au 19 avril a fait en sorte, en outre, que certaines régions situées sur des plateaux ont connu la nuit la plus chaude de leur histoire pour une 2e décade d’avril. Vers minuit, à une bonne centaine de mètres au-dessus du sol de Beauvechain, la température atteignant encore 22°C. Il n’est donc pas étonnant que sur les plateaux, où le refroidissement nocturne se met mal en place, les températures sont restées très élevées. À Bierset (186 m – en bordure du plateau hesbignon), la température minimale n’est pas descendue en dessous de 16,0°C, ce qui est 1,4°C de plus que le précédent record décadaire du 15 avril 2013. Il est d’ailleurs intéressant de constater comment des bouffées d’air chaud, accompagnées de petites rafales, chassent à chaque fois l’air un peu plus frais qui s’est formé près du sol. Après le minimum atteint vers 3 heures du matin, la température remonte même un peu, avant de rechuter puis de remonter encore, sans jamais réussir à passer en dessous des 16°C. Il est intéressant de constater que, non loin de Bierset mais un peu plus bas, les stations MB de Slins (140 m) et de Waremme (114 m) descendent à, respectivement, 10,5°C et 10,2°C. D’autres plateaux connaissent aussi des records de douceur la nuit : Uccle : min = 15,0°C (record = 15,1°C le 11/04/2009 et 15,6°C le 23/04/1996) Gosselies : min = 14,8°C (préc. record = 13,5°C le 15/04/2007 mais 15,3°C le 29/04/2010) Spa : min = 14,7°C (record = 15,1°C le 15/04/2007 et 15,3°C le 28/04/2007) Florennes : min = 13,7°C (préc. record = 12,2°C le 15/04/2007 et 13,5°C le 29/04/1987) --> record du mois ! À Beauvechain, pourtant située sur un plateau, une petite bulle d’air plus frais vers 6h du matin fait descendre le minimum jusqu’à 12,7°C. Non loin de là, à Mélin qui est située dans une vallée, l’air froid a le temps de s’accumuler avec un minimum de 5,6°C ! En journée, du soleil et de la chaleur, il y en a pour tout le monde ! Sous un ciel serein ou presque (quelques cirrus principalement en matinée) et un petit vent de sud-est, tournant très temporairement au sud-ouest en soirée, les températures diurnes montent fort haut, jusqu’à battre parfois les records établis pendant le fameux avril 2007, qui semblaient pourtant imbattables. Voici le détail : Elsenborn : 25,8°C – ancien record = 25,3°C (15/04/2007) – série : 1987-2018 Mont-Rigi : 24,8°C – record = 25,1°C (15+16/04/2007) – série : 1953-2018 Spa : 26,3°C – ancien record = 25,9°C (15/04/2007) – série : 1982-2018 Bierset : 28,0°C – record égalé = 28,0°C (20/04/1968) – série : 1953-2018 Angleur : 30,1°C – [record de Liège-Monsin = 28,0°C (15/04/2007) – série 1984-2016] Luxembourg (LU) : 25,6°C – record = 26,7°C (20/04/1968 + 14/04/2007) – série : 1953-2018 Saint-Hubert : 23,4°C – record = 25,0°C (14/04/2007) – série : 1953-2018 Hastière : 28,0°C – record = 29,2°C (15/04/2007) – série : 1977-2018 Florennes : 26,9°C – ancien record = 26,4°C (15/04/2007) – série : 1976-2018 Beauvechain : 28,1°C – record = 28,5°C (15/04/2007) – série : 1953-2018 Uccle : 28,1°C – record = 28,5°C (15/04/2007) – série : 1886-2018 Zaventem : 27,9°C – ancien record = 27,7°C (15/04/2007) – série : 1984-2018 Gosselies : 27,5°C – record = 28,7°C (15/04/2007) – série : 1984-2018 Chièvres : 26,4°C – record =28,8°C (15/04/2007) – série : 1953-2018 Lille (FR) : 26,8°C – record = 27,9°C (15/04/2007) – série : 1953-2018 Beitem : 26,3°C – record = 27,6°C (20/04/1968) – série : 1953-2018 Kruishoutem : 27,8°C – record = 28,7°C (15/04/2007) – série : 1985-2018 Dunkerque (FR) : 24,1°C – record = 25,6°C (19/04/2011) – série : 1953-2018 Middelkerke : 25,3°C – ancien record = 24,6°C (19/04/2011) – série : 1984-2018 Zelzate : 28,3°C – record = 29,1°C (15/04/2007) – série : 1982-2018 Stabroek : 27,9°C – record = 30,4°C (15/04/2007) – série : 1976-2018 Deurne : 28,7°C – ancien record = 28,6°C (15/04/2007) – série : 1953-2018 Sint-Katelijne-Waver : 29,0°C – ancien record = 28,9°C (15/04/2007) – série : 1983-2018 Gorsem : 29,0°C – ancien record = 28,8°C (15/04/2007) – série : 1982-2018 Schaffen : 29,2°C – record = 29,8°C (15/04/2007) – série : 1982-2018 Koersel : 30,8°C – ancien record = 30,1°C (15/04/2007) – série : 1983-2018 Kleine Brogel : 28,8°C – record = 30,7°C (16/04/2007) – série : 1953-2018 Maastricht (NL) : 28,0°C – record = 27,9°C (15/04/2007) – série : 1953-2018 Comme nous pouvons le constater sur la base de ces chiffres, les records ont été battus principalement dans le nord et l’est du pays. Mais ailleurs aussi, on peut parler d’une situation exceptionnelle où les records ont été approchés et localement battus aussi. Les jours de chaleur de Koersel (30,8°C) et d’Angleur (30,1°C) peuvent aussi être considérés comme particulièrement précoces. On peut encore y ajouter aussi la température de Bilzen qui, avec 31,2°C, constitue la plus haute température mesurée dans le pays au cours de ce mois d'avril. Au littoral, les vents de sud-est parviennent à repousser la brise de mer, ce qui fait que les températures y sont assez élevées aussi, avec 23,2°C à Zeebruges, 25,3°C à Middelkerke et 26,2°C à Coxyde. Le basculement vers le sud-ouest des vents généraux en début de soirée permet cependant à la brise de mer de s’engouffrer aussitôt. Ce phénomène apparaît d’ailleurs plus tôt sur l’ouest de la côte belge que sur l’est, mais s’accompagne partout d’une chute significative de la température (mais souvent limitée aux abords immédiats de la mer). À Zeebruges par exemple, on observe encore 22,1°C à 17h par vent de sud-est, puis 16,4°C à 18h par vent de nord. À Dunkerque (station également située très près de la mer), la température chute une première fois vers 13h, puis définitivement à partir de 15h. Valeurs : 22,7°C à 12h ; 18,7°C à 13h ; 22,4°C à 14h ; 19,6°C à 15h ; 19,6°C à 16h ; 16,8°C à 17h. Des records… Quand il y en a plus, il y en a encore ! Si le soir, l’air se refroidit, plus ou moins légèrement ou fort, ce n’est pas le cas en altitude où l’air reste longtemps très chaud. À quelques dizaines de mètres au-dessus du sol de Beauvechain, la température dépasse encore 23°C à minuit. Plus haut, en raison d’un afflux encore plus massif d’air chaud combiné à la subsidence, la température atteint 13°C au niveau 850 hPa (1594 m) ; 5°C au niveau 700 hPa (3196 m) et –15°C au niveau 500 hPa (5850 m). Pour le niveau 700 hPa, c’est la plus haute température jamais observée au-dessus de la Belgique depuis 1951 (précédent record du niveau 700 hPa : 4°C à 3110 m le 21/04/1968). Pour le niveau 500 hPa, le record (de 2007) est égalé, mais le niveau se trouvait plus bas (–15°C à 5680 m le 14/04/2007). Pour le niveau 850 hPa, le record n’a pas été battu (15°C à 1510 m le 21/04/1968). Une nouvelle fois, des températures minimales exceptionnellement élevées ont été relevées sur certains plateaux, mais ça, c’est pour le bulletin consacré au 20 avril. 20 avril 2018 Comme la nuit précédente, les températures nocturnes sont particulièrement élevées, mais avec une répartition un peu différente de celle de la veille. Beauvechain : min = 17,3°C (préc. record = 13,8°C le 11/04/2009 et 16,1°C le 23/04/1996) --> record du mois ! Bierset : 14,7°C (record = 16,0°C le 19/04/2018 et 16,7°C le 25/04/2007) Uccle : min = 15,0°C (record = 15,1°C le 11/04/2009 et 15,6°C le 23/04/1996) Gosselies : min = 14,1°C (record = 14,8°C le 19/04/2018 et 15,3°C le 29/04/2010) Spa : min = 13,0°C (record = 15,1°C le 15/04/2007 et 15,3°C le 28/04/2007) Florennes : min = 11,6°C (record = 13,7°C le 19/04/2018 et 13,5°C le 29/04/1987) Même en dehors du record de Beauvechain, cela reste des températures nocturnes très élevées en avril, même pour des stations de plateau. On notera une fois encore la grande différence entre les stations de plateau et celles de vallée puisque, pendant que le température ne descendait pas en dessous de 17,3°C à Beauvechain, Mélin atteignait un minimum de 8,9°C ! La distance à vol d’oiseau entre ces deux stations n’est que de quelques 5 km ! Ici et là, les valeurs nocturnes ont même été assez basses, comme à Elsenborn avec 5,0°C mais aussi Aubange avec 5,2°C. En journée, une lente rotation du vent du sud-ouest vers le nord en passant par l’ouest et le nord-ouest nous vaut des températures un brin plus basses que la veille, mais encore presque exceptionnelles pour la saison. En fait, les cartes d’analyse ne voient pas toujours tout. La carte ci-dessous nous montre un vieux front froid, devenu pseudo-front (de basses couches) qui s’étend du sud de l’Angleterre au nord du Danemark. En réalité, des infiltrations d’air maritime descendent beaucoup plus bas et concernent une grande partie de notre pays. On peut d’ailleurs deviner qu’une hausse de pression se fait sentir sur l’ouest de notre pays, avec en quelque sorte un noyau en formation (pas encore indiqué) d’un nouvel anticyclone sur le nord de la France. D’où le basculement du vent. Source : KNMI Cela a par contre été bien modélisé par WRF, qui montre un petit centre anticyclonique dont le centre se déplace de Cherbourg au Havre. La baisse des températures se fait surtout sentir au littoral, où la brise de mer parvient à très bien se combiner avec le vent général, avec des températures maximales restant coincées autour des 20°C. Ailleurs, il fait fort chaud encore, avec des températures de 26 à 27°C, voire 28°C en plaine et de 24 à 25°C sur les hauteurs. En Campine, il fait plus chaud encore avec 29,3°C à Koersel et 29,1°C à Kleine Brogel. Le sud du pays ainsi que les endroits encaissés restent complètement à l’abri de ces infiltrations maritimes. C’est ainsi qu’Angleur monte à nouveau à 30,1°C. Hastière est même un peu plus chaud que la veille avec 28,4°C, mais cela ne suffit toujours pas à battre le record de 2007 qui était de 29,2°C. En Gaume, les températures atteignent désormais 26-27°C, ce qui est aussi légèrement supérieur à la veille. Le temps continue à être très beau avec quelques rares cirrus mais, en raison de l’air un brin plus humide qui est venu se glisser en dessous de l’air plus chaud en gardant une certaine épaisseur, quelques cumulus humilis parviennent à se former juste en dessous d’une faible inversion. Ces cumulus ne parviennent pas à dépasser le massif ardennais, et se montrent totalement absents dans le ciel gaumais. Au littoral aussi, les cumulus sont complètement absents, mais là, c’est en raison des eaux froides de la Mer du Nord. 21 avril 2018 L’anticyclone, désormais centré sur la Mer du Nord, continue à déterminer le temps sur nos régions. Il est toujours coupé en deux par le pseudo-front, avec un air plus frais au nord (environ 20°C sur le continent, du côté de l’Allemagne du nord) de l’air très chaud au sud avec 25°C ou plus. Source : KNMI Cependant, comme la veille, les infiltrations (un peu plus) fraîches descendent bien au-delà du front indiqué. Avec un vent désormais orienté au nord-est, la température perd encore quelques degrés par rapport à la veille pour se situer autour de 23-24°C en plaine, localement 25°C en Campine, et 21-23°C sur les hauteurs. Les plus hautes valeurs sont observées aux endroits qui restent (plus ou moins) protégés des infiltrations maritimes, avec par exemple 26,2°C à Aubange et 25,5°C à Hastière. Au littoral, sous l’effet de la brise de mer, le vent tourne au nord-nord-est et les températures maximales ne dépassent pas 17°C en bordure de mer (et même 13-14°C en milieu d’après-midi) et 19°C dans les dunes. Le ciel est serein ou presque (rares cirrus) en de nombreuses régions. À l’est du pays, on observe quelques castellanus le matin et le soir tandis que sur le sud, plus chaud, on note aussi quelques cumulus qui bourgeonnent un peu. 22 avril 2018 L’air chaud nous revient en plein, mais des lignes de convergences génèrent un peu d’activité orageuse. Une première ligne de convergence remonte du sud-ouest en matinée et fait basculer les vents de sud-est au sud-ouest. Elle génère quelques averses et l’un ou l’autre coup de tonnerre en divers endroits du pays. Le bruit généré par ces faibles orages surprend cependant plus d’un Bruxellois. « Purée! L'orage qu'il y a eu sur Anderlecht! C'était comme une explosion. J'ai été saisie et ma fille a été réveillée par ce gros tonnerre. Elle m'a dit 'Tu as fait tomber quoi?!’ » confie Agnès à RTL Info, à propos de l’orage qui sévit entre 9h30 et 9h45. Une seconde ligne de convergence est plutôt un front de brise de mer, avec les vents de sud-ouest d’une part et des vents d’ouest à nord-ouest en provenance de la mer. Elle fait naître des averses du côté de Gand, qui se dirigent ensuite vers les Pays-Bas, là aussi avec quelques coups de tonnerre. Enfin la nuit, une troisième ligne de convergence, juste à l’avant du front froid, génère encore quelques orages à Bruxelles et le long de la Meuse. Les températures : 23 à 24°C au littoral, 26 à 27°C en plaine (28°C en Campine) et 23 à 25°C sur les hauteurs. Les plus hautes valeurs : 28,1°C à Koersel, 28,0°C à Kleine Brogel et 27,7°C à Sint-Katelijne-Waver. Il serait intéressant de confronter ces valeurs aux records décadaires. Mais une remarque s’impose d’abord : assez paradoxalement en avril, les records de la 3e décade sont souvent inférieurs à ceux de la 2e décade. Ceci est purement lié au hasard : En 2007, la principale poussée de chaleur s’est produite les 15 et 16 avril, tandis qu’une seconde poussée de chaleur, d’une amplitude un peu moindre, s’est produite le 25 avril (et jours suivants), sans atteindre tout à fait les valeurs des 15 et 16. En 2005, une poussée de chaleur qui aurait pu produire de beaux records, avec plusieurs valeurs supérieures à 30°C, s’est produite juste un jour trop tard, le 1er mai. En 1968, la poussée de chaleur des 20 et 21 avril a connu son jour le plus chaud le 20 sur une large portion du territoire belge. Juste l’est du pays a parfois connu son jour le plus chaud le 21, avec là des records qui tiennent encore jusqu’à aujourd’hui. Enfin en 1949, la poussée de chaleur s’est produite les 16 et 17 avril et ne concerne donc absolument pas la 3e décade d’avril. De ce fait, les (faibles) records dont on dispose datent le plus souvent de 2007, lors de la seconde (et moindre) poussée de chaleur, ou alors de 1955 ou 1993, également plutôt modestes (sauf du côté de Luxembourg). Comme nous allons le voir, quelques-uns de ces records ont été battus ou approchés. Elsenborn : 25,1°C – ancien record = 24,9°C (25/04/2007) – série : 1987-2018 Mont-Rigi : 24,2°C – record = 25,8°C (21/04/1968) – série : 1953-2018 Spa : 25,3°C – ancien record = 25,0°C (25/04/2007) – série : 1982-2018 Bierset : 26,3°C – record = 28,8°C (21/04/1968) – série : 1953-2018 Angleur : 27,2°C – [record de Liège-Monsin = 27,8°C (25/04/2007) – série 1984-2016] Luxembourg (LU) : ca 25°C – record = 26,8°C (21/04/1968 + 27/04/1993) – série : 1953-2018 Saint-Hubert : 22,8°C – record = 24,7°C (21/04/1968) – série : 1953-2018 Hastière : 26,2°C – record = 28,0°C (25/04/2007) – série : 1977-2018 Florennes : 25,2°C –record = 26,1°C (25/04/2007) – série : 1976-2018 Beauvechain : 26,5°C – record = 28,8°C (21/04/1968) – série : 1953-2018 Uccle : 26,3°C – record = 27,9°C (25/04/2007) – série : 1886-2018 Zaventem : 26,4°C – record = 27,6°C (25/04/2007) – série : 1984-2018 Gosselies : 26,0°C – record = 27,8°C (25/04/2007) – série : 1984-2018 Chièvres : 25,5°C – record =27,6°C (26/04/2007) – série : 1953-2018 Lille (FR) : 26,5°C – record = 27,6°C (29/04/1955) – série : 1953-2018 Beitem : 25,8°C – record = 27,4°C (28/04/2007) – série : 1953-2018 Kruishoutem : 26,3°C – record = 27,9°C (25/04/2007) – série : 1985-2018 Dunkerque (FR) : 23,1°C – record = 28,4°C (29/04/1955) – série : 1953-2018 Middelkerke : 23,2°C –record = 25,6°C (22/04/2011) – série : 1984-2018 Zelzate : 26,7°C – record = 27,8°C (28/04/1993 [sur les données disponibles]) – série : 1982-2018 Stabroek : 26,5°C – record = 29,2°C (28/04/2007) – série : 1976-2018 Deurne : 27,1°C – record = 28,5°C (25/04/2007) – série : 1953-2018 Sint-Katelijne-Waver : 27,7°C – record = 27,8°C (25+26 /04/2007) – série : 1983-2018 Gorsem : 26,8°C – record = 28,8°C (25/04/2007) – série : 1982-2018 Schaffen : 26,7°C – record = 29,2°C (25/04/2007) – série : 1982-2018 Koersel : 28,1°C –record = 29,9°C (25/04/2007) – série : 1983-2018 Kleine Brogel : 28,0°C – record = 30,2°C (21/04/1968) – série : 1953-2018 Maastricht (NL) : 26,7°C – record = 29,7°C (21/04/1968) – série : 1953-2018 Le ciel de ce 22 avril 2018 : d’abord des éclaircies, puis des altocumulus castellanus se développant parfois en cumulonimbus à base élevée. Puis retour des éclaircies et formation de cumulus, se développant à leur tour en cumulonimbus locaux. En dehors de cela, quelques cirrus. Au littoral, en raison de la brise de mer l’après-midi, les cumulus ne se développent pas. Après les maxima de 23-24°C, les températures chutent à 16-18°C avec le vent de mer, qui est bien présent dès le début de l’après-midi. Cette fois-ci, la région des dunes n’est pas plus chaude que le bord immédiat de la mer vu le caractère pénétrant de la brise de mer (en raison d’une plus grande instabilité). À suivre…
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