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cumulonimbus

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  1. UN AIR PARTICULIEREMENT CHAUD EN ALTITUDE LES 12 ET 13 NOVEMBRE 2022 Les courants, encore de sud-ouest le 11 novembre, s’orientent au sud, puis au sud-est les 12 et 13 novembre, nous acheminant de l’air tropical direct entre des hautes pressions sur le Continent et des basses pressions loin sur l’Océan. Au niveau 850 hPa, vers 1600 mètres d’altitude, les températures montent même temporairement jusqu’à 14°C, ce qui n’est pas loin des records (15°C en 1994). Autour de 500 mètres d’altitude, les températures se situent constamment autour des 16-17°C pendant ces deux jours. En surface, cela se répercute de façon très variable. Ce sont surtout les plateaux ardennais et fagnards qui profitent très bien de la douceur, et mieux encore les bordures nord de ces plateaux et certaines vallées en raison d’un léger pseudo-foehn. Foehn et pseudo-foehn Le foehn présuppose des précipitations sur le versant au vent d’une chaîne de montagnes. C’est un phénomène propre aux reliefs alpins, même si d’autres massifs montagneux y sont soumis aussi, comme par exemple les Pyrénées ou, dans une moindre mesure, les Apennins en Italie. Un cas classique de foehn en automne : de l’air perturbé et humide se trouve sur la plaine du Pô en Italie. Cet air remonte ensuite vers les Alpes. Dans les vallées de l’Italie et du sud de la Suisse, vers 500 mètres, le temps est pluvieux, brumeux et désagréable avec quelques 10°C. On est déjà à la base des nuages et l’air qui continue à monter suit l’adiabatique humide, en diminuant de 0,5°C par 100 mètres. Arrivé au niveau des crêtes, vers 3500 mètres, l’air est donc à –5°C. Toutes les précipitations, renforcées par les ascendances, tombent du côté au vent des montagnes. De l’autre côté, donc sur les versants sous le vent, l’air est sec et redescend, en collant aux pentes, en suivant l’adiabatique sèche et en se réchauffant de 1°C par 100 mètres. Arrivé dans les vallées du nord de la Suisse, de l’Allemagne et de l’Autriche, également à 500 mètres d’altitude, cet air est à… 25°C ! Il fait plein soleil et le peu d’humidité résiduelle donne naissance à des altocumulus lenticularis liés aux ondes. Le pseudo-foehn a un point commun avec le foehn : l’air en descendant colle aux pentes et se réchauffe de 1°C par 100 mètres. Sinon, le phénomène est très différent. Chez nous en Belgique, le pseudo-foehn s’observe surtout en automne et en hiver, dans les situations d’inversion. L’air est particulièrement doux sur les Hautes-Fagnes et, poussé par un petit vent du sud, cet air déborde du plateau et redescend en collant un certain temps au versant nord du massif et en se réchauffant de 1°C par 100 mètres. Toute une région entre Liège et Verviers, voire Aix-la-Chapelle bénéficie alors, dans les cas idéaux, de températures exceptionnellement hautes pour la saison. Mais ce pseudo-foehn se met généralement en place par temps anticyclonique, par vents faibles, ce qui fait que très vite, le sol peu chauffé par le soleil de novembre refroidit à nouveau les basses couches de l’atmosphère, si bien qu’à quelques dizaines de kilomètres du relief, ce pseudo-foehn ne se fait déjà plus sentir. 12 novembre 2022 La plupart des régions connaissent un temps très ensoleillé, avec quelques cirrus, un peu plus épais en fin de journée, et des vents de surface de sud-est à sud. Au-dessus d’une inversion située vers 500-600 mètres, les vents soufflent de plein sud et les températures en air libre atteignent 16°C. Les Hautes-Fagnes en bénéficient pleinement, avec une température maximale qui atteint 16,7°C à Mont-Rigi. Des températures similaires sont également observées dans les parties hautes des Cantons de l’Est. Mais c’est au nord, un peu en contrebas, qu’il fait le plus chaud. Notamment les régions situées vers 300 mètres d’altitude, entre Eupen et Herve, connaissent des températures jusqu’à 19-20°C l’après-midi, voire un peu plus (20,7°C à Stembert, Verviers et 20,2°C à Gemmenich, près de Plombières). Plus loin au nord, l’effet de pseudo-foehn se perd et les températures sont moins extrêmes. Une autre zone de pseudo-foehn, de même amplitude, se situe au nord du Condroz, avec des températures frisant parfois les 20°C entre Namur et Andenne. Enfin, des phénomènes localisés de pseudo-foehn se font sentir en contrebas des hauteurs de l’Entre-Sambre-et-Meuse et ce, jusqu’au sud et sud-est du grand Charleroi, avec là aussi presque 20°C. L’aéroport de Gosselies, tout comme Courcelles n’en profitent plus vraiment, avec « seulement » 17°C. 17°C, c’est aussi la température observée au centre du pays tout comme à l’est des plaines, grâce à une résorption partielle de l’inversion en journée. La partie ouest du pays est plus humide avec une grande zone de brouillard et de stratus persistant une grande partie, voire l’ensemble de la journée. En début d’après-midi, les limites de cette zone suivent une ligne courbe passant par Zeebruges, Bruges, Aalter, l’ouest du Mont-de-l’Enclus et l’ouest de Tournai. Dans toute cette zone, les températures, sous un ciel désespérément gris, ne dépassent guère les 9°C. C’est le cas sur l’ouest de la Côte Belge, mais aussi à Roulers et à Passendaele. Le Hainaut, quant à lui, est très constrasté avec 10°C sur l’extrême ouest et presque 20°C, localement, sur l’extrême est. Source : IRM En après-midi, cette zone grise se déplace légèrement, avec en bordure des localités qui se libèrent du brouillard et d’autres qui se font envahir. Au Coq par exemple, le brouillard apparaît vers 14h30 avec aussitôt une chute de la température. À l’est de Zeebruges, le temps reste ensoleillé toute la journée avec jusqu’à 15°C à Knokke. Ci-dessous, Waregem dans le brouillard. 15 kilomètres plus à l’est, Audenaerde reste sous le soleil toute la journée, enfin presque puisque peu avant le coucher du soleil, à 16h45, le brouillard y arrive aussi. Et enfin, le brouillard arrivant au Coq à 14h30. Enfin, nous avons encore une petite zone froide du côté d'Arlon, avec là aussi des maxima inférieurs à 10°C. 13 novembre 2022 On reprend les mêmes (ou presque) et on recommence. Malgré un basculement du courant vers le sud-est, l’air acheminé en altitude reste particulièrement chaud pour la saison, avec 17°C en air libre entre 600 et 700 mètres. Les Hautes-Fagnes en bénéficient à nouveau parfaitement, avec 17,3°C à Mont-Rigi. Et à nouveau, des vallées et des zones en contrebas connaissent un pseudo-foehn, même si la répartition géographique s’est quelque peu modifiée. Chaineux, au nord de Verviers, frise les 20°C tandis que des vallées et zones déprimées plus au sud-est bénéficient aussi du phénomène, avec par exemple 19°C à Gouvy et Erezée. Les régions d’Andenne, Namur et du sud de Charleroi connaissent des températures un peu moins élevées, de 16 à 17°C et, localement encore 18°C. Cette petite baisse se fait aussi sentir en plaine et au centre du pays, avec le plus souvent 14 à 16°C. Dans la partie affectée la veille par le brouillard et les stratus, c’est au contraire une hausse, puisque les températures s’y alignent au restant des plaines. Le temps est désormais beau partout, avec un ciel presque serein sur l’est et quelques bancs d’altocumulus ailleurs, plus nombreux à l’ouest. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 13 novembre 2022 à 10h Contrairement à la veille, le brouillard parfois observé le matin se dissipe rapidement. Le vent de surface, soufflant de sud-est à est, prend une petite tendance nord-est en fin d’après-midi avant de devenir assez variable. Enfin, notons quelques chutes de température remarquables. La station BMCB de Recht (400 m), entre Stavelot et Saint-Vith, observe 18,7°C à 14h40 pour descendre en dessous de 0°C dès 19h40 avec –0,2°C. Le lendemain matin, à 7h10, on y mesure –4,5°C ! À Gouvy (475 m), on passe de 19,1°C à 15h30 à 4,1°C à 19h30, mais après, la température remonte un peu, après quoi il faut attendre 2 heures du matin pour le gel (–1,9°C à 6h30). Un scénario similaire est observé à Erezée (320m), près de Durbuy, avec 18,6°C à 15h30 et 4,3°C à 20h20, mais ensuite la température remonte fortement, jusqu’à 9,6°C à 22h50. Conclusion Même si aucun record pur et dur n’a été battu les 12 et 13 novembre, l’accumulation des phénomènes chauds est en train de faire de 2022 une année tout à fait extrême en la matière.
  2. UNE VAGUE DE DOUCEUR D’UNE AMPLEUR EXCEPTIONNELLE En ce 29 octobre 2022, certains points de Belgique, du côté de Bruxelles notamment, connaissent leur jour d’été le plus tardif jamais enregistré et ce, au sein d’une période de douceur non moins exceptionnelle, qui couvre à peu près toute la seconde moitié d’octobre. Avant d’analyser la situation actuelle, faisons un petit détour par le passé. Les douceurs automnales d’antan Un retour de l’été vers le milieu de l’automne n’avait, en soi, rien d’anormal. Ceci était lié aux différences saisonnières de la température entre le Continent et l’Océan. En été, le Continent était chaud et l’Océan, notablement plus frais, avec une certaine prédilection des anticyclones à s’installer sur les mers (Mer Baltique et Mer du Nord) et l’Océan. En automne, et plus particulièrement vers la fin septembre et le mois d’octobre, le Continent se refroidissait rapidement pendant que l’Océan restait (relativement) plus tiède. Il s’ensuivait que les anticyclones s’installaient de plus en plus sur le Continent pendant que les dépressions se sentaient bien sur la mer, et notamment sur les mers périphériques (Golfe de Gascogne, Manche et sur de la Mer du Nord) qui, pendant certaines années tout au moins, gardaient longtemps la chaleur de l’été. Cette combinaison de pressions, en raison de la force de Coriolis, donnait naissance à un corridor d’air chaud en provenance de l’Afrique et de la Méditerranée, corridor qui bien souvent était orienté vers notre pays et les pays avoisinants. Ce phénomène était tellement récurrent qu’il avait reçu des noms particuliers dans de nombreux pays autour de nous. C’est ainsi qu’une période chaude vers la fin septembre avait pris comme nom « oudewijvenzomer » aux Pays-Bas, « Altweibersommer » en Allemagne, « babie lato » en Pologne, « babi léto » en Tchéquie et « vénasszonyok nyara » en Hongrie, ce qui voulait tout simplement dire « été des vieilles femmes ». Source : Ostbelgien Direkt Dans un passé récent, dans ces pays situés au nord et à l’est de chez nous, où l’habitude de manger un gâteau dans les salons de thé était restée vive, ce terme rappellait tout simplement ce type d’été tardif, pas trop chaud où les dames d’un certain âge se délectaient de prendre un dernier gâteau sur une terrasse avant l’arrivée de la mauvaise saison. L’origine éthymologique de cette expression, d’origine allemande, était cependant tout autre et évoquait une ancienne déesse germanique aux longs cheveux blanc. En octobre, les coups de douceur avaient aussi reçu leur nom, comme le « Goldener Oktober » en Allemagne et le « St. Luke’s Little Summer » en Angleterre. Les rares fois où cela se produisait encore en novembre, on parlait de l’« Été de la Saint-Martin ». Si l’on considère la troisième décade d’octobre, la période qui nous concerne, les températures les plus élevées enregistrées jadis se situaient entre 22 et 24°C en plaine et avaient été enregistrées le 27 octobre 1937, le 24 octobre 1971 et le 21 octobre 1977. Dans les deux premiers cas, il s’agissait d’un bref pic de chaleur, dans le troisième, il s’agissait de la fin d’une période de beau temps certes assez douce, mais où la douceur extrême ne s’était manifestée qu’à la fin. Les douceurs automnales de nos jours Depuis le réchauffement climatique, les périodes de douceur automnales sont devenues à la fois plus fréquentes, plus longues et plus intenses. Si on se limite à la troisième décade d’octobre, le premier phénomène tout à fait hors normes se manifeste en 2005. Pendant quatre jours consécutifs, les températures se situent, l’après-midi, entre 20 et 23°C presque partout en Basse et en Moyenne Belgique, ainsi que dans les vallées, et ce du 27 au 30 octobre. Les 29 et 30 octobre, les températures s’emballent avec 23,7°C à Liège-Monsin le 29 et 24,0°C à Lanaken le 30. À Uccle, les deux jours, on note respectivement 22,0°C et 22,6°C. En octobre 2012, une vague de douceur encore plus marquée déferle sur la pays. Pendant six jours consécutifs, du 19 au 24 octobre, au moins une partie du pays connaît des températures exceptionnelles pour la saison, tandis que les 19, 22 et 23 octobre, la douceur est généralisée. Notamment le 22 octobre, quelques îlots de chaleur sont vraiment extraordinaires. La région dans et autour de Bruxelles mesure 25,4°C à Dilbeek et 24,5°C à Uccle. Un peu plus loin, à quelques dizaines de kilomètres, on observe 25,4°C à Bornem et 25,2°C à Tubize. Dans la Botte du Hainaut et juste à l’est de celle-ci, on relève 24,4°C à Sivry, 24,5°C à Strée et 24,8°C à Couvin. Plus étonnant encore, les températures de Haute Belgique avec 24,0°C à Elsenborn et à Hockai, et 24,1°C à Bièvre. Des pointes de température très importantes ont également lieu en 2006 (l’année suivant 2005) et en 2013 (l’année suivant 2012) ! Au total, nous avons donc des températures extrêmes, à la fin du mois d’octobre, en 2005, 2006, 2012, 2013 et 2022. Cela fait beaucoup en peu de temps ! La vague de douceur de 2022 La vague de douceur de cette année dépasse même nettement, en amplitude, celles décrites précédemment. La répartition des pressions est pourtant classique pour la saison, hautes pressions sur le Continent et basses pressions sur l’Océan. Mais le soutien massif à cette situation par un blocage en altitude est nouveau. Comme on en parle déjà souvent, l’augmentation des situations de blocage lié à un ralentissement de la vitesse moyenne des jet-streams, lui-même lié à une diminution de la différence de température entre le pôle et les latitudes moyennes, commence à vraiment poser problème. Nous nous retrouvons ici face à deux aspects du réchauffement climatique. D’une part, nous avons le réchauffement des masses d’air elles-mêmes. Si une situation analogue à celle du 29 octobre 2022 s’était produite trente ou quarante ans plus tôt, nous aurions eu 23 à 24°C à Uccle. Maintenant nous avons 25 à 26°C. D’autre part, nous avons la prolongation de la présence de masses d’air peu habituelles sur la Belgique en raison de la solidité des situations de blocage. Il y a trente ou quarante ans, nous aurions eu un ou deux jours de « Goldener Oktober », peut-être trois, maintenant nous avons des situations qui durent et qui durent. En d’autres termes, toutes les saisons peuvent à présent nous réserver des surprises tout à fait inédites. Le blocage que nous connaissons actuellement s’est mis en place vers le 17 octobre 2022, avec une situation au niveau 500 hPa qui a peu bougé depuis, avec une crête orientée sud-ouest – nord-est en direction de l’Europe Centrale et un creux, avec un ou plusieurs noyaux, sur l’Océan à l’ouest. Nous nous trouvons donc dans un flux d’altitude de sud-ouest. Les seules nuances, c’est que notre pays est parfois plus près de la crête, parfois plus près du creux. Très temporairement, les 24 et 25 octobre, le flux d’altitude tend vers l’ouest. En surface, nous trouvons en moyenne dans un flux faiblement perturbé avec le passage de systèmes frontaux qui séparent de l’air maritime... tropical direct de l’air maritime... tropical moins direct. Ou plus exactement, nous avons d’une part un vrai air tropical et d’autre part, un air polaire « tropicalisé », c’est-à-dire un air polaire très indirect qui, en tournant autour des basses pressions, fait un long parcours plongeant jusqu’aux basses latitudes de l’Océan avant de remonter chez nous. Ci-dessous à titre d’exemple : le 20 octobre 2022. Sources : Météociel et KNMI C’est surtout en altitude que nous enregistrons une différence, avec une température au niveau 850 hPa oscillant entre 4 et 15°C. En surface, l’air chaud sur nos terres tend déjà à se refroidir tandis que l’air moins chaud et plus océanique se réchauffe au contraire sur les eaux encore chaudes. Ce qui signifie qu’en surface, les températures sont tout le temps supérieures aux normes saisonnières, avec une certaine constance dans la douceur sauf en fin de période où les températures s’emballent littéralement. La différence réside bien entendu dans la stabilité ou l’instabilité de l’air. Notamment les 23 et 24 octobre, la forte instabilité, associée à une bonne dynamique en altitude, provoque de violents orages dont certains prennent des caractéristiques supercellulaires. Des dégâts importants sont notés à Willaupuis et Braffe (Leuze-en-Hainaut). Crédit photo : Samina Verhoeven (Belgorage) Pour le reste, on peut dire que les maxima journaliers se situent pour ainsi dire constamment entre 18 et 22°C entre le 17 et le 28 octobre en Basse et Moyenne Belgique, sauf ici et là un très temporaire 16-17°C plus frais. Détaillons à présent les quatre jours les plus remarquables de la série, en l’occurrence les 27, 28, 29 et 30 octobre. 27 octobre 2022 Notre pays se trouve à présent entièrement dans un large secteur chaud, sous des vents de surface de sud à sud-est, commandés par de hautes pressions couvrant toute l’Europe centrale. La relative proximité des perturbations nous vaut cependant un ciel assez voilé avec cirrus, plus tard parfois temporairement cirrostratus. En-dessous, nous observons quelques bancs d’altocumulus, parfois castellanus à la suite d’une petite instabilité résiduelle dans les moyennes couches. Ici et là, on observe aussi des altocumulus épais, voire des stratocumulus. L’après-midi, de très belles éclaircies se développent sur l’ouest du pays. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 27 octobre 2022 à 17h Les températures atteignent 21 à 22°C partout en plaine, sauf au littoral où elles se limitent à 20°C. Sur les hauteurs, on enregistre 18 à 19°C. La plus haute valeur est relevée à Genk avec 23,2°C. En soirée, les températures redescendent lentement puis... remontent en de nombreux endroits. À 23 heures, une large bande centrale du pays, allant du Hainaut au Limbourg en passant par Bruxelles, connaît des températures de 19 à 20°C (Chièvres : 19,9°C ; Dourbes : 19,5°C ; Diepenbeek : 19,6°C). Source : IRM Ceci est lié à une petite augmentation du vent qui facilite le brassage avec une couche d’air extrêmement chaud pour la saison à quelques centaines de mètres d’altitude, qu’on retrouve tant au-dessus de Beauvechain que d’Essen, avec 23°C à quelques 300 à 400 mètres au-dessus du sol, soit une altitude de 500 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Source : University of Wyoming 28 octobre 2022 Cet apport d’air chaud nocturne nous vaut les minima les plus élevés jamais enregistré lors d’une 3e décade d’octobre en pas mal d’endroits. À Uccle par exemple, la température entre 20h et 8h n’est pas descendue en dessous de 16,6°C, ce qui est la plus haute valeur de la série qui débute en 1982, le précédent record étant de 15,8°C le 29 octobre 2005. Uccle n’est d’ailleurs pas la seule station à avoir battu le record : le minimum de Zaventem est de 16,3°C (précédent record : 15,4°C (24/10/2004) ; celui de Bierset est de 16,7°C (précédent record : 15,4°C (26/10/2006) ; celui de Florennes est de 16,5°C (précédent record : 14,3°C (23/10/2006) et celui de Spa est de 14,4°C (précédent record : 13,0°C (23/10/2006). Par le jeu des inversions, toutes les stations ne bénéficient pas pleinement de cette chaleur nocturne : à Middelkerke, le thermomètre est descendu jusqu’à 13,2°C, loin du record de 15,7°C (27/10/1995). Kleine Brogel, avec un minimum de 16,2°C, n’arrive tout juste pas au record de 16,4°C (27/10/1995). En journée, un très faible front froid bloque en journée les températures dans leur ascension. À Uccle, la température monte rapidement jusqu’à 21,7°C à 13 heures. Mais après, elle n’évolue guère plus et n’atteint que 22,4°C. Au final, les maxima se situent autour de 20°C au littoral, 21°C sur l’ouest des plaines et 23°C sur l’ouest. Sur les hauteurs, les maxima se situent entre 19 et 20°C. Ce mini-front froid se voit aussi au vent, qui souffle de sud à sud-est à l’avant, et de sud-ouest à l’arrière. Vers 1000 mètres d’altitude, la température descend de 20 à 13°C en dessous d’une inversion (en surface, la chute de température est très faible, mais suffisante pour casser la courbe et empêcher les records). Source : KNMI Les nuages, bien au-dessus de l’inversion, ne sont en rien affectés par ce mini-front (sauf à l’ouest où l’on voit quelques rares cumulus). Comme la veille, on observe essentiellement un voile d’altitude, composé de cirrus, parfois de cirrostratus, accompgné d’altocumulus en dessous, parfois épais. Sur l’est du pays, les altocumulus sont peu nombreux, voire absents. 29 octobre 2022 Une journée historiquement chaude. Plus particulièrement au centre du pays, où les éclaircies s’élargissent au bon moment, les températures sont tout à fait hors normes pour la saison. À Bruxelles, les bancs d’altocumulus sont certes assez nombreux en matinée, mais le ciel se dégage presque complètement vers midi et, à quelques cirrus et rares altocumulus près, le ciel reste bleu jusque peu après 14 heures. Ensuite, le ciel est plus voilé avec des cirrus et quelques altocumulus, mais le soleil perce bien jusqu’à 16h30. Après, les cirrus spissatus se font épais et les altocumulus, plus nombreux. Au sud de Bruxelles, on observe alors aussi des cirrostratus. Cette configuration permet une ascension raide des températures à Uccle, avec 19,4°C à 12h, 22,9°C à 13h, 24,9°C à 14h et 25,4°C à 15h pour un maximum de 25,5°C !!! Ceci constitue, pour Uccle, de loin le jour d’été le plus tardif de l’histoire de la station (depuis 1886). Les précédents records étaient les 16 octobre 2017 et 16 octobre 2018. En outre, le record décadaire de 24,5°C, datant du 22 octobre 2012, est largement battu aussi. À noter qu'un peu à l'ouest de Bruxelles, à Dilbeek, la température maximale est du même ordre, avec 25,6°C (précédent record : 25,4°C le 22/10/2012). Webcam MB – Schaerbeek (Bruxelles) – 29 octobre 2022 à 13h D’autres régions sont un peu moins privilégiées. Du côté de Liège par exemple, les cirrus et altocumulus sont bien plus présents et les éclaircies, même si elles se produisent là aussi à la mi-journée, sont bien plus brèves. Le maximum s’arrête à Bierset à 22,6°C et se limite à 24,2°C à Diepenbeek, pourtant habituellement plus chaud que Bruxelles en journée. Webcam MB – Liers – 29 octobre 2022 à 13h10 À Beausaint, le ciel reste même très nuageux à couvert avec altocumulus durant toute la journée. Là, malgré l’altitude modeste (376 m), la température ne dépasse pas 18°C. Certains coins de la région sont plus frais encore, avec 17°C seulement. Webcam MB – Beausaint – 29 octobre 2022 à 12h Sur l’ouest du pays, les nuages (altocumulus et cirrus) sont nombreux aussi malgré quelques éclaircies et les températures se situent entre 22°C au littoral et 23 à 24°C à l’intérieur. En dehors de Bruxelles et de ses environs, les points les plus chauds en Belgique se situent notamment dans l’extrême nord-est du pays (25,6°C à Meeuwen ; 24,9°C à Koersel et 24,6°C à Kleine Brogel). Des valeurs autour de 25°C sont également observées du côté de Malines, du côté d’Aarschot et du côté de Mons. Dans les Hautes-Fagnes et sur le plateau ardennais par contre, les maxima se situent autour de 19°C (Mont-Rigi : 19,2°C ; Saint-Hubert : 18,5°C). Si l’on prend le critère de 23°C, on peut dire que la température maximale a été inférieure à cette valeur à l’ouest d’une ligne allant grosso modo de Tournai à Knokke et supérieure à l’ouest. De même, les valeurs redeviennent inférieures à 23°C à l’est d’une ligne allant grosso modo de Chimay à Maastricht. Quelques îlots font exception, mais dans les grandes lignes, il en est ainsi. Encore quelques records décadaires : Zaventem : 24,6°C (précédent record : 23,1°C (22/10/2012) Beauvechain : 23,8°C (précédent record : 22,9°C (24/10/1971) Gosselies : 24,0°C (précédent record : 23,4°C le 22/10/2012) Chièvres : 24,4°C (précédent record : 23,6°C le 22/10/2012) Beitem : 22,9°C (précédent record : 22,1°C le 22/10/2012) Middelkerke : 21,9°C (précédent record : 20,6°C le 22/10/1989) Stabroek: 23,3°C (précédent record : 23,2°C le 22/10/2012) Sint-Katelijne-Waver : 24,4°C (précédent record : 23,1°C les 22/10/2012 et 22/10/2013) Koersel : 24,9°C (précédent record : 23,8°C le 22/10/2013) Meeuwen : 25,6°C (précédent record : 23,8°C le 30/10/2005) Kleine Brogel : 24,5°C (précédent record : 23,6°C le 22/10/1989) Comme on voit, même les zones un peu « moins » privilégiées ont parfois quand même battu le record. Le vent, quant à lui, est revenu dans le coin continental durant la nuit du 28 au 29 pour ensuite souffler de sud-est, avec une tendance plus sud plus tard en journée. En fin de soirée, le vent prend même une très légère tendance sud-ouest pendant que les températures descendent très lentement, pour se situer à 23 heures entre 16 et 19°C le plus souvent, avec quelques baisses plus importantes localement (Middelkerke : 14,3°C ; Diepenbeek : 14,2°C ; Buzenol : 10,9°C). Cependant, on n’en a pas terminé, avec les records de chaleur. L’air reste extrêmement chaud en altitude, avec une température au niveau 850 hPa (1535 m), au-dessus de Beauvechain, qui atteint 18°C ! C’est du jamais vu en octobre, et certainement pas en fin de mois. Le précédent record, à ce niveau en octobre, est de 17°C le 11 octobre 1978 (le niveau 850 hPa était alors à 1570 m). Au-dessus d’Essen, les valeurs sont tout aussi affolantes, avec également 18°C au niveau 850 hPa (1547m). Là, à 1000 mètres d’altitude, on observe encore 20°C au-dessus d’une inversion situées peu en dessous. À Beauvechain, l’inversion est un brin plus haute, avec 19°C à 1150 mètres. Le modèle Arôme nous montre très bien cette langue d’air très chaud en altitude qui touche la Belgique mais passe surtout un peu à l’est de celle-ci. La brusque montée des températures après le passage sur les Pyrénées montre bien l’effet de foehn subi par la masse d’air. La compression adiabatique par subsidence a par la suite maintenu les températures à un niveau très élevé. Les températures en surface observées en journée au pied des Pyrénées, dépassant parfois 30°C (31,8°C à Tarbes avec humidité chutant jusqu’à 10% sous de petites rafales de sud) corroborent cette présence de foehn. Source : Météociel 30 octobre 2022 Le basculement du vent vers le sud-ouest, qui s’annonçait déjà un peu la nuit, se met en place en journée, d’abord sur la partie ouest du pays, plus tard sur l’ensemble du pays. Les températures baissent un peu à tous les niveaux, mais restent fort élevées pour la saison, avec des maxima de 18 à 22°C en plaine (le moins à l’ouest, le plus à l’est) et 17 à 18°C sur les hauteurs. Le littoral est un peu plus frais aussi, avec 17°C. C’est dans la partie ouest et nord qu’on observe aussi quelques précipitations en fin de journée en raison de la présence d’un faible front. Le voile est épais parfois dans ces régions, avec alors des altostratus opacus doublés de quelques stratocumulus. Ailleurs, le ciel ressemble fort à celui des jours précédents, avec cirrus et cirrostratus, avec bancs d’altocumulus, parfois aussi stratocumulus. Vers l’est, le voile est ténu et le soleil passe bien. En soirée, les températures baissent partout, avec à 21 heures plus que 13 à 14°C en plaine et 10 à 11°C sur les hauteurs, ce qui annonce la fin progressive de l’énorme douceur que nous avons connue en cette fin d’octobre. Conclusion Le « Goldener Oktober » n’a cependant pas encore dit son dernier mot. Un front froid nous a valu quelques gouttes de pluie et, la nuit du 30 au 31 octobre, une importante baisse des températures notamment sur l’ouest du pays où le thermomètre n’affiche plus que des valeurs entre 7 et 9°C. Mais durant la journée du 31 octobre, le front recule à nouveau, les vents de sud-ouest s’orientent au sud-est, voire à l’est, et les températures remontent. Dans le ciel, les altostratus, altocumulus ou stratocumulus, selon les endroits, cèdent la place à des éclaircies, particulièrement belles sur l’est et le centre du pays, avec quelques cirrus et altocumulus, parfois castellanus. Sur l’ouest, les nuages frontaux restent un peu plus présents. Avec des températures de 18 à 19°C (parfois un petit 20°C) sur une grande partie du pays, la journée est moins extrême que les précédentes, mais encore fort douce pour la saison. Cette dernière journée fera aussi en sorte qu’au final, ce mois d’octobre 2022, avec une moyenne de 14,4°C, égalera le mois d’octobre le plus chaud de l’histoire, en l’occurrence octobre 2001. Cette accumulation de phénomènes chauds hors normes, en Belgique et ailleurs, est un signe de l’accélération du réchauffement climatique. Si l’on ne prend que la station d’Uccle depuis 2019, nous avons 8 phénomènes de chaleur qu’on puisse qualifier de majeurs : Février 2019 avec 20,2°C le 26 Juillet 2019 avec 39,7°C le 25 Juillet 2020 avec 36,5°C le 31 Août 2020 avec 35,9°C le 8 Septembre 2020 avec 34,3°C le 15 Mars 2021 avec 23,9°C les 30 et 31 Juillet 2022 avec 38,1°C le 19 Octobre 2022 avec 25,5°C le 29 Toutes ces valeurs sont largement supérieures aux records (décadaires) enregistrés jusqu’à 2018 inclus. Il y a une dizaine d’années, on parlait au contraire d’un réchauffement climatique qui ralentit, voire qui stagne, et c’est vrai que notre pays a aussi connu d’importants épisodes froids et/ou neigeux entre 2009 et 2013. Le réchauffement climatique n’a donc rien de linéaire. Il n’est pas exclu qu’une oscillation chaude naturelle se superpose en ce moment à ce réchauffement climatique, et qu’elle soit peut-être bientôt suivie d’une oscillation froide qui le contrecarrera. Qui sait ? Peut-être connaîtrons-nous un répit pour quelques années, un climat plus normal. Mais tôt ou (un peu plus) tard, le réchauffement reprendra ses droits, avec des températures encore plus élevées que ce que nous connaissons à présent. Il faudra nous y préparer. Non seulement notre climat deviendra plus chaud, mais il changera complètement d’aspect, avec une insolation et une répartition des précipitations qui seront tout autres. Pour les phénomènes violents ponctuels, comme les tempêtes, les orages, la grêle, les tornades et les pluies diluviennes, les tendances ne sont pas encore très claires. Mais là aussi, il s’agira d’identifier ces tendances au plus vite, afin d’être prêts à affronter toutes les intempéries qui nous attendent.
  3. L’ÉTÉ TIRE SUR SA FIN, AVEC UN JOUR DE CANICULE « C´est en septembre Quand les voiliers sont dévoilés Et que la plage tremble sous l´ombre D´un automne dé-bronzé C´est en septembre Que l´on peut vivre pour de vrai » Gilbert Bécaud L’été très chaud de 2022 joue les prolongations. Déjà les 6 premiers jours de septembre sont tous des jours d’été dans bien des régions de notre pays. Le 5 septembre est un jour de canicule sur une large bande centrale du pays, orientée sud-ouest – nord-est et allant du Hainaut aux provinces d’Anvers et du Limbourg en passant par les Brabant et Bruxelles. Source : Kachelmann Wetter 1er septembre 2022 Le mois commence sous un régime anticyclonique, avec des hautes pressions centrées sur la Mer du Nord. Une dépression sur le Golfe de Gascogne n’influence que marginalement notre météo. Le temps est beau, avec quelques bancs d’altocumulus, progressivement des cirrus et formation, l’après-midi, de quelques cumulus humilis qui ont une petite tendance à s’étaler. En fin de journée, la dépression précitée nous envoie quelques voiles d’altitude, avec cirrus un peu plus denses. Sur les reliefs, les cumulus atteignent le stade mediocris, ensuite s’étalent davantage avec stratocumulus occupant une grande partie du ciel dès le milieu de l’après-midi. L’air continental, acheminé par un vent d’est, fait encore bien monter les températures, avec 25 à 27°C en plaine (24°C en bordure de mer), et 21 à 22°C sur les hauteurs. 2 septembre 2022 Les hautes pressions faiblissent, mais influencent encore le temps sur nos régions. La dépression, à présent centrée sur la France, prend un peu plus d’importance pour nous. Le temps est à nouveau beau, avec quelques cirrus et des cumulus humilis et bancs d’altocumulus, parfois de stratocumulus. Sur l’extrême sud-ouest du pays, le temps est plus instable, avec altocumulus castellanus le matin et cumulus se développant mieux l’après-midi, parfois jusqu’au congestus, voire ici et là jusqu’au cumulonimbus orageux. Les grosses averses restent cependant hors de nos frontières. À Lille, on relève 19 mm en deux averses (9 et 10 mm), dont la première est orageuse et s’accompagne de coups de vent. À Armentières (tout près de la frontière belge), il tombe 14,7 mm dont 11,7 mm entre 19 et 20h. Il en reste un peu pour la Belgique, où une station privée à Warneton relève 5,8 mm. Sinon, aux stations officielles, on ne relève guère que 1,7 mm à Coxyde ; 1,6 mm à Chièvres ; 1,2 mm à Passendaele et 0,7 mm à Beitem. Les températures, sous un vent de sud-est, atteignent 27 à 28°C en plaine et dans les vallées, et 22 à 24°C sur les hauteurs. Au littoral, on observe temporairement une brise de mer de nord-est l’après-midi, avec 25°C au bord de l’eau l’après-midi. 3 septembre 2022 Une dépression déjà centrée la veille sur l’Irlande, et encore indépendante de la dépression française, a absorbé cette dernière durant la nuit, pour former un zone dépressionnaire certes vaste, mais peu profonde, avec un noyau restant près de l’Irlande. Une faible occlusion aborde notre pays et y reste traîner, avec pas mal de nuages. Par la suite, cette occlusion se mue en simple zone de convergence, avec des vents d’est à sud-est au nord et de sud à sud-ouest au sud, la ligne de convergence elle-même remontant lentement vers le nord. L’air devenant instable dans les éclaircies, cette ligne de convergence booste encore cette tendance instable, mais aucun des orages ne devient vraiment violent. Source : KNMO Dans le détail, le ciel est très nuageux en matinée, avec des altocumulus et des stratocumulus, qui se déchirent généralement à la mi-journée (au nord du pays, la matinée est moins nuageuse). La convection se met aussitôt en place avec des cumulus bourgeonnant rapidement et évoluant ici et là en cumulonimbus orageux. Les premiers orages éclatent vers 13 heures à la frontière belgo-luxembourgeoise puis se propagent lentement dans tout le pays en cours d’après-midi. Mais il n’y en a pas pour tout le monde, loin de là. Bien des pluviomètres restent vides. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 3 septembre 2022 à 14h Noville-sur-bois (entre Éghezee et Andenne), crédit photo : Hubert Maldague (Belgorage Pas trop loin de là, le pluviomètre d’Ernage recueille 10,4 mm. Ailleurs dans le pays, on observe encore 8,1 mm à Stabroek et, ici et là, autour des 5 mm d’eau. Sinon ce sont de faibles quantités, pour autant que précipitations il y a. La faute à une masse d’air au départ humide, mais qui n’est plus que très modérément humide en passant sur nos terres sèches. Les températures restent élevées : 26 à 27°C en plaine (24°C en bordure de mer) et 21 à 22°C sur les hauteurs. 4 septembre 2022 La zone de convergence se trouve désormais sur l’Allemagne et les Pays-Bas, tandis que la Belgique se trouve dans un quasi-marais barométrique, avec cependant des vents à tendance méridionale (sud-est à sud-ouest). Les taux d’humidité sont bien redescendus entre-temps, avec des valeurs comprises entre 30 et 35% en bien des endroits l’après-midi. Le matin cependant, grâce aux orages, du brouillard a pu se former localement. Sinon le temps est beau, avec un petit voile de cirrus, s’épaississant parfois temporairement en cirrostratus l’après-midi (notamment sur le centre et le centre-est du pays). En-dessous, les cumulus sont très plats, sauf sur l’est et le sud-est où ils sont un peu plus ballonnants. À côté de cela, on note quelques altocumulus et, sur le sud-ouest, des altocumulus castellanus le matin. Webcam BMCB – Quevaucamps – 4 septembre 2022 à 8h Webcam MB – Braine-l’Alleud – 4 septembre 2022 à 14h Les températures restent dans le même ordre de grandeur que la veille, 25°C au littoral, 26 à 28°C en plaine et 23 à 25°C sur les hauteurs. 5 septembre 2022 Une zone de basses pressions originaire de l’Océan s’est fortement creusée et se retrouve en soirée centrée au large de l’Irlande. Des courants chauds et instables déterminent le temps sur nos régions. Plusieurs lignes de convergences assez diffuses traversent le pays et renforcent cette instabilité. Une certaine sécheresse de l’air forme cependant encore un bémol pour l’activité orageuse, dans un premier temps tout au moins. Le temps est d’abord plutôt beau, avec altocumulus et cirrus, parfois épais. La convection s’enclenche l’après-midi, avec formation de cumulus qui atteignent rapidement le stade de congestus, notamment sur le centre du pays. Plus particulièrement au-dessus de Bruxelles, on note une cellule orageuse vigoureuse, qui donne de fortes rafales de vent à Uccle, jusqu’à 86 km/h. Il ne tombe cependant aucune goutte d’eau à cette station. Un peu au nord-est par contre, à Woluwé-Saint-Pierre, cet orage donne pas moins de 21 mm d’eau. Les stations de particuliers montrent par ailleurs le côté très localisé de cette averse. Audergem récolte 16,5 mm d’eau ; le lieu-dit Joli-Bois, 18,5 mm, Stockel, 15,5 mm et, un peu en dehors de Bruxelles, Hoeilart reçoit 19,6 mm. Dès que l’on s’éloigne de l’est bruxellois, cela retombe rapidement à 0 mm. Plus tard en soirée, c’est une autre cellule qui se forme, cette fois-ci à l’ouest par rapport à Bruxelles. Celle-ci donne par exemple 7,4 mm à Liedekerke (principalement entre 19 et 22 heures). Webcam MB – Schaerbeek – 5 septembre 2022 à 20h10 Sur les plaines de l’ouest du pays, le temps est différent. Le ciel est quelque peu voilé avec des cirrus parfois épais. En matinée on observe des altocumulus castellanus, ici et là aussi des lenticularis, mais l’après-midi la convection reste très discrète, avec quelques petits cumulus ici et là. En outre, on note des bancs de stratocumulus. Au littoral, il n’y a pas de cumulus du tout. Le voile s’épaissit graduellement et finit par donner un peu de pluie en fin de journée. Sur l’est et le sud-est du pays, on voit apparaître, l’après-midi, d’importants bancs d’altocumulus / stratocumulus et les cumulus se font rares. Webcam BMCB – Recht – 5 septembre 2022 à 17h58 Les températures, en Basse et Moyenne Belgique, atteignent 27 à 30°C sur l’ouest du pays et 30 à 32°C sur le sud-ouest, le centre et le nord-est du pays (31,6°C à Koersel ; 31,1°C à Retie et Kleine Brogel ; 31,0°C à Sint-Katelijne-Waver, 30,9°C à Uccle…). En Haute Belgique, les valeurs se situent entre 24 et 27°C. Au littoral, un ciel plus nuageux et une légère brise de mer empêche les températures de dépasser 25°C. D’autres orages en soirée, un peu mieux organisés, traversent le pays en déversant pas mal de pluie. Disons qu’il y en a au moins un peu pour tout le monde, alors que certains endroits ont des cotes de précipitations élevées. Ces orages affectent d’abord l’ouest du pays avec un orage particulièrement pluvieux en région gantoise, à Melle, où l’on récolte 28 mm en une heure, entre 20 et 21 heures. Sur 24 heures, le total s’élève à 29,7 mm. Non loin de là, mais dans le sens opposé par rapport à Gand, on note un total de 30,6 mm sur 24 heures à Evergem. Mais la répartition des précipitations y est un peu différente, avec l’essentiel des pluies sur deux averses. On y remarquera aussi la rafale de 87 km/h mesurée à 21h50. À Bruxelles, cette vague orageuse fait beaucoup de bruit, avec de brèves et fortes précipitations, mais qui ne totalisent pas tant d’eau. À Woluwé-Saint-Pierre, on mesure 6,8 mm. Ajoutés à la forte averse de la fin d’après-midi cependant, cela fait un total sur 24 heures de 29,0 mm. La station officielle d’Uccle, elle, ne totalisera que 10,8 mm (elle n’a rien reçu de l’averse de fin d’après-midi). En résumé, cette journée du 5 septembre 2022 (et la nuit qui suit) marque peut-être le début de la fin de la sécheresse qui s’auto-entretient, à condition bien sûr que suivent d’autres perturbations, de préférences océaniques, qui survivent jusqu’à la Belgique et qui redonnent de l’eau à nos terres assoiffées. Au niveau des températures, la barre des 30°C dépassée en septembre nous paraît banale de nos jours, mais était encore un fait rare il n’y a pas si longtemps. Avant 2013, il fallait parfois attendre des décennies pour que la température atteigne ce seuil en septembre à Uccle. En Campine, cela arrivait un peu plus souvent, mais ce n’était pas habituel non plus. De nos jours, en ne prenant que la station d’Uccle, nous avons 31,6°C le 5 septembre 2013 ; 31,2 le 13 septembre 2016 ; 31,3°C le 14 septembre 2020 et 34,3°C (!) le 15 septembre 2020. Avant 2013, il n’y a eu que 7 septembres sur 121 (1892-2012) où le seuil des 30°C a été atteint ou dépassé (33°C le 4 septembre 1929). 6 septembre 2022 L’activité dépressionnaire devient de plus en plus présente sur l’Océan, mais on ne peut pas encore parler d’une circulation d’ouest. La dépression au large de l’Irlande fait quasiment du surplace, avec les perturbations qui s’enroulent autour d’elle. Il en est de même pour l’ouragan Danielle, qui ne se meut que très lentement et qui tarde à être repris dans une circulation extratropicale. Source : KNMI Chez nous, le front froid qui s’annonçait la veille après les convergences préfrontales s’est mis à onduler et n’a pas réussi à traverser notre pays. Pendant une bonne partie de la journée, il reste même coincé tout juste à l’ouest de la Belgique. De ce fait, nous restons dans de l’air fort chaud pour la saison, avec 27 à 30°C en plaine (23 à 24°C au littoral, 25 à 26°C sur l’extrême ouest) et 25 à 27°C sur les hauteurs. Les stations officielles n’arrivent tout juste pas à un nouveau jour de canicule sur l’est et le sud du pays, avec 29,6°C à Kleine Brogel et Genk ; 29,5°C à Dourbes ; 29,3°C à Hastière et 29,2°C à Koersel. Le temps est d’abord très beau avec quelques cirrus, puis progressivement durant l’après-midi, les altocumulus deviennent de plus en plus nombreux, pendant que les quelques cumulus qui se sont formés s’étalent en stratocumulus. Le soir, on observe des castellanus. Vers l’ouest (et sporadiquement aussi ailleurs), les altocumulus sont suffisamment épais pour donner quelques précipitations. Vers l’est et le sud-est, les altocumulus restent bien moins nombreux, mais le développement des cumulus est un peu meilleur avec quelques congestus et, sur les reliefs, aussi quelques cumulonimbus orageux. Le soir et la nuit, la situation atmosphérique devient plus complexe avec une forte ondulation dans le front, qui forme une véritable petite perturbation frontale qui remonte vers le nord-est. Source : KNMI Dans l’air chaud (à 21 heures, il fait encore 22 à 24°C en bien des endroits), cette perturbation devient rapidement très orageuse. Sur l’ouest, deux cellules très vigoureuses pénètrent dans le pays à partir de 20h30 un peu à l’ouest de Courtrai, se dirigent vers Maldegem en passant par Tielt, et déversent pas mal d’eau. Tielt, se trouvant dans la trajectoire des averses, reçoit 26,2 mm ; Passendale et Beitem, un peu à côté, reçoivent respectivement 13,9 et 14,6 mm. Des stations privées, dont les données sont très cohérentes entre elles, permettent de suivre ces orages. Ainsi, Wambréchies (juste au nord de Lille) reçoit 34,0 mm ; Sint-Elois-Winkel (au nord-ouest de Courtrai) reçoit 28,0 mm ; Ingelmunster reçoit 27,5 mm ; Tielt reçoit 26,2 mm ; Sint-Joris (Beernem) reçoit 14,7 mm et enfin Maldegem reçoit 11,9 mm. Nous constatons que c’est surtout la deuxième cellule qui s’affaiblit sur la Belgique. La première atteint son maximum à Tilt avec 10,4 mm en seulement 15 minutes, entre 20h50 et 21h05 (une autre station de Tielt fait même état de 11,7 mm, aux mêmes heures). La seconde cellule semble être un cluster, avec plusieurs maximums d’intensité. D’autres orages, multicellulaires sur une vaste étendue, abordent la moitié sud du pays peu après 22 heures et y font rage jusqu’à minuit environ, lorsqu’ils quittent le pays vers le nord-est. Visé récolte 32,7 mm (dont 30,0 mm en 2 heures) ; Barchon 30,4 mm (dont 27,2 mm en 2 heures) ; Herhet 25,6 mm ; Vaux-sur-Chèvremont 19,8 mm ; Winenne 19,4 mm ; Dourbes 18,5 mm ; Bierset 18,0 mm et Strée (Huy) 16,5 mm. À noter une rafale de 86 km/h à Humain. Ces pluies continuent encore à apporter une amélioration au niveau de la sécheresse, mais ça reste ponctuel. Bien des stations (et donc des zones) sont passées entre les mailles du filets et n’ont reçu de bien peu d’eau au cours de ces épisodes orageux. Entre le 5 septembre à 8 heures et le 7 septembre à 8 heures, les précipitations se sont limitées à 2,7 mm à Zaventem ; 5,1 mm à Retie ; 5,3 mm à Gosselies ; 5,4 mm à Coxyde et 5,8 mm à Buzenol. Il faudrait quelques bonnes perturbations atlantiques qui se succèdent dans un flux d’ouest pour que le problème de la sécheresse se résolve pour de bon. Pour la petite histoire, Gosselies fait partie des stations qui ont reçu peu d’eau, mais le ciel à Frasnes-lez-Gosselies ressemblait à ceci la nuit du 5 au 6 septembre. Frasnes-lez-Gosselies le 5 septembre à 23h30 – crédit photo : Anthony Gx (Belgorage) 7 septembre 2022 L’influence maritime se précise de plus en plus sur nos régions, avec un régime dépressionnaire bien en place à présent, et l’arrivée (enfin) de différentes perturbations à caractère pluvieux. Ce 7 septembre aura donc été le dernier jour de cet épisode chaud. Le seuil du jour d’été est encore atteint dans le nord-est du pays, avec 25,7°C à Koersel ; 25,4°C à Retie et 25,2°C à Kleine Brogel. Au centre du pays, on y est parfois encore presque, avec 24,8°C à Zaventem. Dans l’ensemble, les températures en plaine varient entre 23 et 26°C, et entre 20 et 22°C sur les hauteurs. Grâce à de belles éclaircies, le temps est encore agréable, avec cumulus (jusqu’au stade mediocris) et cirrus, évoluant temporairement en un voile de cirrostratus l’après-midi. Occasionnellement, quelques stratocumulus / altocumulus, parfois encore castellanus sur l’est. Ici et là le matin, on observe quelques pluies ou averses résiduelles, ainsi que des bancs de brouillard formés dans cet air à nouveau plus humide. Sur l’extrême ouest, la convection est plus présente avec l’une ou l’autre averse, voire coup de tonnerre l’après-midi. Il convient de remarquer que l’air est très instable, avec orages à la clé, au-dessus de la mer, sur la Manche et au large de la Côte Belge. Cette instabililité est d’ailleurs bien visible depuis nos stations balnéaires. Webcam MB – Le Coq – 7 septembre 2022 à 20h30 La nuit du 7 au 8, une occlusion apporte des pluies, tombant tantôt de façon continue, tantôt sous forme d’averses. Le tonnerre est encore entendu du côté de Namur (au sud) et du côté de Liège (à l’ouest) vers 3 heures. Les pluies affectent désormais tout le pays, avec 1 à 2 mm sur l’ouest et le plus souvent 4 à 8 mm sur l’est. À la frontière belgo-luxembourgeoise, les cotes sont parfois supérieures à 10 mm. La sécheresse, selon les prévisions, devrait un peu se résorber au cours des prochains jours, mais rester problématique dans certaines régions, où les pluies à venir semblent insuffisantes. En tout cas, globalement, on ne semble pas encore vraiment quitter le régime sec. Conclusion L’été 2022 a certes été un peu lent au démarrage, avec des conditions proches des normales durant la première moitié de juin, mais a fini par rejoindre la cour des grands. On en retiendra la grande sécheresse, une insolation plus que généreuses et les chaleurs à répétition, dont notamment la journée caniculaire du 19 juillet, avec les 40°C à nouveau atteints en Belgique (40°C tout juste à Kapelle-op-den-Bos). Et puis, cet été 2022 n’a peut-être pas encore dit son dernier mot.
  4. cumulonimbus

    Nouvelle bouffée d'air chaud

    NOUVELLE BOUFFÉE D’AIR CHAUD, QUI NOUS MÈNERA AU MOIS D’AOÛT LE PLUS CHAUD DE L’HISTOIRE BELGE Notre pays sort à peine d’une vague de chaleur (9 au 16 août 2022), certes assez « moyenne » mais qui s’ajoute à d’autres phénomènes caniculaires au cours de cet été, et voilà que nous sommes à nouveau confrontés à une arrivée massive d’air chaud. Le 17 août, les perturbations associées à une petite dépression, qui remonte de la Bretagne vers les Pays-Bas et le nord de l’Allemagne, génère de l’activité orageuse chez nous. On en retiendra surtout une très forte averse sur le nord et l’ouest de Gand avec des valeurs dépassant 50 mm et ce, en très peu de temps. Au nord de Gand, une station de particuliers relève 56,1 mm. La période du 18 au 21 août est caractérisée par un temps plus humide et plus instable, mais qui reste trop chaud pour la saison, malgré une vague circulation d’ouest qui essaie de se mettre en place entre le 19 et le 21. Dans la région centrale du pays, on note 26°C le 18 et 24 à 25°C les 19, 20 et 21 août. Au niveau des précipitations, on observe quelques bonnes averses (orageuses), mais assez isolées le 19 en journée et la nuit du 19 au 20. Encore rien qui permette de mettre un terme à la sécheresse. À Uccle, il est tombé 11 mm entre 18 et 20h, seules précipitations significatives de tout ce mois d’août. Le ciel a été un peu belge pendant ces jours-là, avec parfois un mix de cumulus et de stratocumulus, mais une prédominance pour les nuages convectifs, avec pas mal d’éclaircies et un ciel quelquefois un peu voilé. Webcam MB – Sprimont-Dolembreux – 20 août 2022 à 11h59 22 août 2022 Le vent reprend une prédominance orientale, l’air reperd de son humidité et gagne en chaleur. Les températures maximales, en plaine, se situent autour des 26°C sur le nord et des 28°C sur l’ouest, et tournent autour des 24-25°C sur les hauteurs. Un anticyclone, en effet, vient de s’installer sur le Danemark et nous vaut se retour de l’air continental. Le temps est d’abord très nuageux avec altocumulus / stratocumulus, mais se dégage en cours de matinée avec des cumulus et des bancs d’altocumulus, parfois castellanus (avec base sombre et tourmentée en raison du fort développement). Sur l’est du pays, il y a des altocumulus et stratocumulus plus coriaces, doublés de cumulus l’après-midi. 23 août 2022 Les pressions sont élevées au-dessus de la Scandinavie tandis qu’un faible front chaud affecte l’ouest de notre pays. Source : KNMI Le temps est beau, avec quelques altocumulus, des cumulus l’après-midi (jusqu’à mediocris) et des cirrus, d’abord peu nombreux, puis évoluant petit à petit en un voile de cirrus / cirrostratus, notamment sur l’ouest et le centre du pays. En Gaume, le temps est très beau avec juste des cirrus et des cumulus humilis. Au littoral par contre, le temps est plus nuageux avec altocumulus et stratocumulus, mais aussi de belles éclaircies l’après-midi et le soir. Les cumulus sont absents au littoral, mais un peu plus vers l’intérieur, on observe parfois des mix cumulus / stratocumulus. Les températures sont en baisse au littoral avec 23 à 24°C, sinon en hausse avec 28 à 30°C en plaine (le plus à l’est : 30,1°C à Koersel et à Genk) et 25 à 27°C sur les hauteurs. Le vent souffle d’abord de sud, puis tourne progressivement à l’ouest, puis au nord-ouest avant de devenir variable. 24 août 2022 Les différences de pression sont faibles sur l’ouest de l’Europe. Chez nous, de l’air chaud stagne dans un marais barométrique et tend à se réchauffer encore un peu plus. Le temps est beau, mais très instable dans les couches moyennes, avec de nombreux altocumulus castellanus, parfois très développés et donnant des virgas. Ici et là, on voit même de véritables altocumulonimbus (cumulonimbus à base élevée issus de castellanus), mais dont les précipitations n’atteignent pas le sol. En dehors de cela, on observe aussi des cumulus l’après-midi qui, eux, ne dépassent généralement pas le stade d’humilis. Webcam BMCB – Kluizen – 24 août 2022 à 13h55 Webcam MB – Cerfontaine – 24 août 2022 à 16h00 Webcam BMCB – Quevaucamps – 24 août 2022 à 17h59 Webcam MB – Braine-l’Alleud – 24 août 2022 à 20h20 Sur l’est et le sud du pays, les altocumulus sont beaucoup moins présents, mais on y note également des cumulus humilis. Au littoral, on voit aussi des altocumulus lenticularis. Les températures sont proches de 25°C au littoral, sinon atteignent 29°C sur les hauteurs et de 30 à 33°C en plaine. À Deurne, on observe 30,0°C ; à Genk, 32,7°C. Le vent en surface n’a pas de direction précise, mais présente quand même une prédominance orientale. 25 août 2022 Une ligne de convergence aborde le pays à la mi-journée. À l’avant, des vents soufflant principalement de sud-est à sud acheminent de l’air très chaud, avec des températures dépassant largement les 30°C. À l’arrière, des vents de nord-ouest à nord amènent de l’air plus frais. À 15 heures, les températures se situent entre 31 et 33°C en plaine à l’est d’une ligne allant de Lille à Stabroek en passant par Gand. À l’ouest de cette ligne, ces températures n’atteignent plus que 22-24°C au littoral et 27-29°C à l’intérieur. À 17 heures, la ligne s’est avancée encore un peu plus avec, notamment du côté de Gand, une baisse des températures de 30,1°C à 26,1°C à Semmerzake. Dans toute la zone à l’ouest de cette ligne, la température n’atteint plus les 25°C, avec à présent plus que 21-22°C au littoral. À Bruxelles, on descend tout doucement en dessous de 30°C aussi, tandis qu’on reste à 33°C en Campine. Source : Kachelmannwetter Du côté chaud, le temps est très beau, avec cirrus et formation de cumulus humilis assez aplatis l’après-midi. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 25 août 2022 à 16h Le côté plus frais, en raison d’une inversion thermique très basse, se caractérise surtout par une absence de cumulus. Webcam BMCB – Kluizen – 25 août 2022 à 16h Vers l’ouest, le ciel est aussi plus voilé, avec également des altocumulus. Au littoral, l’arrivée de l’air frais se matérialise, en début d’après-midi, par des stratus, qui se disloquent ensuite en fractus avant de disparaître. Webcam MB – Le Coq – 25 août 2022 à 14h45 À l’intérieur des terres, le temps reste beau, mais les cumulus disparaissent rapidement à l’arrivée de cet air plus frais. Sur l’est du pays, les conditions chaudes persistent jusqu’au soir. On peut dire aussi, en gros, que les maxima ne sont pas (ou guère) affectés par l’arrivée d’air maritime au centre et à l’est du pays car cela se produit après que ces maxima sont atteints. Comme la masse d’air est particulièrement chaude, certains records décadaires sont même approchés (et très localement battus). Sur l’ouest du pays par contre, la montée des température est « cassée » par l’arrivée trop précoce de l’air maritime, ce qui fait que les maxima y sont moins élevés. Ci-dessous, les températures maximales du 25 août 2022 avec, entre parenthèses, le record de la troisième décade d’août et la longueur de la série d’observations de la station. Coxyde : 25,4°C (record : 34,9°C le 24/08/2016, série disponible depuis 1967) Middelkerke : 24,8°C (record : 33,3°C le 24/08/2016, série disponible depuis 1973) Beitem : 29,3°C (record : 34,2°C le 25/08/2016, série disponible depuis 1953) Munte / Semmerzake : 31,4°C (record : 33,6°C le 26/08/2001) Dunkerque (FR) : 23,8°C (record : 35,1°C le 24/08/2016, série [utilisée] depuis 1953) Lille (FR) : 29,9°C (record : 35,3°C le 25/08/2016, série [utilisée] depuis 1953) Gosselies : 32,1°C (record : 33,0°C le 27/08/2019, série disponible depuis 1984) Uccle : 32,5°C (ancien record : 33,3°C le 27/08/2019, série disponible depuis 1968) Zaventem : 33,2°C (record : 33,6°C le 26/08/2001, série disponible depuis 1984) Beauvechain : 32,2°C (record : 34,3°C le 27/08/1964, série disponible depuis 1953) Sint-Katelijne-Waver : 33,3°C (record : 34,0°C le 26/08/2001, série disponible depuis 1983) Deurne : 32,5°C (record : 33,7°C le 26/08/2001 et le 27/08/2019, série disponible depuis 1953) Koersel : 33,0°C (record : 34,5°C le 27/08/2019, série disponible depuis 1983) Kleine Brogel : 32,8°C (record : 35,8°C le 25/08/1997, série disponible depuis 1953) Maastricht (NL) : 32,8°C (record : 34,2°C les 27/08/1964 et 26/08/2001, série [utilisée] depuis 1953) Bierset : 31,5°C (record : 33,5°C le 26/08/2001, série disponible depuis 1953) Mont-Rigi : 27,6°C (record : 30,0°C le 28/08/1964 [Baraque Michel], série disponible depuis 1953) Florennes : 31,2°C (record : 31,6°C le 26/08/2001, série disponible depuis 1976) Dourbes : 32,5°C (ancien record : 32,4°C le 26/08/2001, série disponible depuis 1965) Saint-Hubert : 28,9°C (ancien record : 28,8°C les 27/08/1964, 25/08/1997 et 27/08/2019, série disponible depuis 1953) Luxembourg (LU) : 31,2°C (record : 31,7°C les 25/08/2011 et 25/08/2016, série [utilisée] depuis 1953) Il faut cependant relativiser ces records. Le réseau climatologique actuel, dont les stations les plus anciennes datent de l’après-guerre, n’a connu aucune canicule vraiment significative à la fin du mois d’août. Or, il faut savoir que l’est du pays a été frappé par un coup de chaleur particulièrement intense le 23 août 1944. Ce jour-là, on notait 38,0°C à Bressoux (Liège) ; 37,5°C à Borgoûmont (entre Spa et Trois-Ponts) ; 37,1°C à Gerdingen-Brée (non loin de Kleine Brogel) ; 36,8°C à Maastricht (NL) ;36,6°C à Thimister et 34,6°C à Spa. À la Baraque Michel (672 m), le thermomètre atteignait encore 33,8°C. Il s’agit de la troisième valeur la plus élevée pour les Hautes-Fagnes, après les 34,9°C du 25 juillet 2019 et les 34,1°C le 24 juillet 2019, mesurés à Mont-Rigi. N’oublions pas qu’en 1944, on était fin août, c’est dire l’intensité de ce coup de canicule. Il s’agissait d’une langue d’air torride (37-38°C en plaine) sur l’est de la Belgique, l’est des Pays-Bas et l’extrême-ouest de l’Allemagne, remontant presque jusqu’au niveau de Brême. Denée-Maredsous, avec 34°C, se trouvait à la limite de cette langue d’air chaud. À Uccle, on ne mesurait « que » 32°C. Le 31 août 1929, les températures étaient très élevées aussi, avec 33-35°C en Basse et Moyenne Belgique. La sécheresse Un phénomène qui était encore exceptionnel en 1976, mais qui est devenu récurrent de nos jours : la sécheresse qui s’auto-entretient. Au-delà d’un certain seuil de sécheresse, nos terres ne sont plus capables de générer des pluies (orageuses) par elles-mêmes. La situation s’aggrave encore lorsque les cours d’eau s’assèchent à leur tour. Les seules pluies possibles sont alors celles qui viennent de la mer. Mais quand il s’agit de la Mer du Nord, les perturbations sont souvent trop faibles pour vraiment pénétrer à l’intérieur des terres sèches. Et les lignes de convergence préfrontales sont alors souvent composées d’air continental ou tropical très sec à l’avant, et d’air maritime juste un peu moins sec à l’arrière. Pas assez d’humidité pour générer des orages organisés. Juste l’une ou l’autre cellule pourrait se former, et générer très localement des précipitations. Il s’agit d’un cercle vicieux. Plus les sols se dessèchent, moins ils génèrent de pluies ce qui fait qu’ils se dessèchent encore davantage. En 1976, les zones orageuses se desséchaient les unes après les autres avant de nous atteindre, et même si l’une ou l’autre cellule puissante parvenait encore à nous atteindre (comme par exemple le 12 juillet), elle ne donnait que très localement de fortes précipitations, ce qui ne changeait rien à la donne au niveau du pays. Ce n’est que le retour des perturbations atlantiques qui a mis un terme à cette sécheresse. Car ces perturbations-là, formées sur l’Océan et poussées par un bon vent d’ouest, « s’en fichent pas mal » de l’état de sécheresse de nos sols. Ce n’est pas cela qui les arrête, et une fois nos sols bien arrosés, la sécheresse ne revient pas de sitôt, même si des conditions anticycloniques se remettent en place par la suite. Dès l’automne 1976, la sécheresse n’était plus qu’un « lointain » souvenir. De nos jours, cela devient plus problématique car ces conditions zonales, avec une « météo atlantique », ont de plus en plus de mal à se mettre en place, ce qui fait que le risque de sécheresse prolongée (même au-delà de ce que nous avions connu en 1976) devient de plus en plus présent. Les prévisions de l’IRM ne sont vraiment pas encourageantes pour le moment. À quand le retour vers une situation plus normale ? Wait and see… Source : IRM
  5. LES PÉRIODES DE CHALEUR SE SUCCÈDENT LES UNES AUX AUTRES Depuis quelques années, nous devons nous habituer aux étés chauds. D’aucuns diraient que 2018 ressemblait à 1976, 2020 à 2003, 2022 à 1947. Oui, peut-être. Un petit peu, mais pas vraiment. Et puis, 2019 ne ressemblait à aucun autre été tandis que 2021, le contre-exemple, aurait pu s’associer à un été pourri comme 1974, ou 1980, ou 1988. Ben non. L’été 2021, dans sa dimension catastrophique, ne ressemblait à aucun été pourri d’antan. La Belgique a perdu son climat. Plus rien, dans notre météo d’aujourd’hui, ne ressemble à celle d’avant. Avant, quand les livres de géographie parlaient de notre climat, ils le qualifiaient de tempéré océanique, à hivers doux, été frais et pluies tout au long de l’année. Certains livres précisaient : climat océanique à nuance continentale, puis qu’il existait une différence entre le climat d’Irlande et le nôtre. De nos jours, nous nous retrouvons dans une sorte de climat hybride, semi-continental où l’influence des mers qui nous entourent – Manche, Mer du Nord voire Mer Baltique, et dans une moindre mesure Mer Méditerranée – se fait certes encore sentir, mais celle de l’Atlantique, de moins en moins. La faute aux anomalies de pression en altitude, qui se font de plus en plus fréquentes et de plus en plus amples. Août 2022 ne fait pas exception à la règle. Nous oscillons entre une chaleur tempérée, liée à l’influence de la Mer du Nord, et une chaleur pure et dure, quand l’air se fait continental ou tropical. Depuis le début du mois, nous connaissons des pressions trop fortes en altitude, résultant soit dans une circulation d’ouest molle, passant essentiellement au nord de nos régions, soit par une situation carrément anticyclonique, avec là une circulation d’ouest rejetée encore plus loin au nord. En surface, cela donne une succession d’anticyclones, dont seul le positionnement des noyaux détermine s’il fait assez chaud... ou très chaud. La pluie reste aux abonnés absents, avec juste le passage de quelques perturbations les 4 et 5 août, puis le 15 août, mais ne donnant le plus souvent que quelques millimètres d’eau, et encore, pas pour tout le monde. Voyons cela de façon détaillée. 1er août 2022 L’anticyclone des Açores d’étend jusqu’à la Bretagne pendant qu’un noyau séparé se forme sur le sud de la Mer du Nord. Les restants d’un front froid traînent sur le sud-est du pays, avec stratocumulus plus tard doublés de cumulus (fractus) et pluies résiduelles sur les reliefs. Sur l’ouest du pays, le temps est déjà plutôt beau, avec cumulus aplatis sous un voile de cirrostratus, s’effilochant ensuite en cirrus et se dispersant. Webcam BMCB – Kluizen-Evergem – 1 août 2022 à 11h57 Les températures maximales : 20 à 21°C sur les hauteurs et 25 à 27°C en plaine (23°C au littoral). 2 août 2022 Situation de plus en plus anticyclonique sur nos régions. Le temps est beau avec cirrus, parfois cirrostratus, et bancs d’altocumulus, ainsi que cumulus tendant rapidement à s’aplatir. Webcam MB – Liers – 2 août 2022 à 14h01 Temps chaud avec 28 à 30°C en plaine (23 à 25°C au littoral) et 24 à 25°C sur les hauteurs. 3 août 2022 Un flux d’altitude de sud-ouest nous amène de l’air très chaud. Le temps est très beau avec cirrus et, l’après-midi, formation de cumulus humilis (sauf au littoral). Webcam BMCB – Herhet – 3 août 2022 à 15h59 Les températures atteignent 32 à 33°C en plaine (25 à 26°C au littoral) et 29 à 30°C sur les hauteurs avec un vent de surface quelque peu variable et régime de brise de mer d’ouest-nord-ouest à la côte. 4 août 2022 Un air encore un peu plus chaud aborde le pays, mais l’ouest et le centre en seront grandement épargnés grâce à une ligne de convergence sur l’Ardenne. En Gaume, sous un ciel estival garni de cirrus, d’altocumulus et de quelques cumulus, les températures montent à 34°C, voire localement 35°C tandis qu’on observe encore 29 à 30°C sur les hauteurs ardennaises et fagnardes. Ailleurs dans le pays, sous un petit vent de nord-ouest, les températures ne dépassent pas 27 à 29°C en plaine et 23 à 24°C au littoral. Le ciel est plus nuageux dans ces régions, avec cirrus et altocumulus parfois denses, avec tendance floccus et castellanus et parfois accompagnés de voiles d’altitude. Plus vers l’ouest, aussi cumulus humilis et éclaircies progressivement de plus en plus présentes. Webcam BMCB – Kluizen-Evergem – 4 août 2022 à 11h57 En fin de soirée, un amas orageux frôle le sud du pays tandis qu’on entend aussi le tonnerre, ici et là, ailleurs dans le pays. 5 août 2022 En deuxième moitié de nuit, des orages éclatent ici et là. Une offensive plus significative tente de toucher l’ouest de l’Ardenne et de la Gaume, mais n’y arrive pas. Éclair visible depuis Léglise vers 3h15 – Crédit photo : Benjamen Kampouris (Belgorage) Cependant la perturbation laisse de la pluie derrière elle, dont certaines régions peuvent bénéficier pour quelque peu soulager les effets de la sécheresse. À Gosselies et Florennes par exemple, on relève 9 mm d’eau. Il s’agit à Charleroi tantôt de pluies continues, tantôt d’averses tombées en cours de nuit, avec même un coup de tonnerre. À Florennes, il s’agit de pluies plus continues, accompagnées de fortes brumes. Quelques endroits isolés au nord de Diest connaissent des précipitations encore plus intense, avec 17,5 mm à Balen. À l’ouest du pays par contre, bien des endroits ne reçoivent pas une goutte. Dans cette dernière région, le temps redevient rapidement beau, avec cumulus mediocris et, occasionnellement, des bancs de stratocumulus. À l’opposé, sur les reliefs de l’est du pays, le temps reste longtemps gris avec stratocumulus, au début accompagnés de fractus, et des éclaircies seulement en après-midi, avec cumulus là aussi. Avec un vent qui a tourné au nord partout, les températures se situent à 21°C au littoral, 23 à 24°C en plaine et 19 à 20°C sur les hauteurs. 6 août 2022 Le régime anticyclonique a pleinement repris ses droits, mais la position du noyau, au large de l’Irlande, nous protège encore des grandes chaleurs. Les vents soufflent à présent de nord-est, mais il s’agit d’air maritime qui nous arrive via un détour autour d’une crête s’étendant jusqu’au Danemark. Source : KNMI La nuit est assez froide, avec des minima inférieurs à 10°C presque partout, et parfois inférieurs à 5°C comme à Genk (4,7°C) et Elsenborn (4,5°C). En journée, les valeurs restent modestes, avec 20 à 21°C au littoral, autour de 23°C en plaine et 18 à 19°C sur les hauteurs. Le temps est beau, avec cirrus et cumulus s’aplatissant progressivement. En matinée, quelques cumulus ont encore été assez développés pour donner quelques gouttes de pluie. 7 août 2022 L’anticyclone ne bouge presque pas, mais chez nous, les vents de surface basculent au nord. Après une nouvelle nuit fraîche (mais moins que la précédente), les maxima grappillent quelques petits degrés pour se situer entre 20 et 22°C au littoral, entre 24 et 25°C en plaine et entre 21 et 22°C sur les hauteurs. La Gaume, plus abritée, connaît des valeurs jusqu’à 27°C. Le temps est très beau avec quelques cirrus, surtout le soir, et parfois quelques rares cumulus à la mi-journée. 8 août 2022 Une vaste zone anticyclonique s’étend de l’Océan au sud de la Mer Baltique. Une langue d’air (un peu) plus frais se trouve sur l’est de la Mer du Nord et descend de la Norvège pour atteindre, via le Danemark, le nord de l’Allemagne et des Pays-Bas. Cet air frais ne nous atteindra pas. Source : KNMI Les maxima, chez nous, sont même en légère hausse pour atteindre 21 à 23°C au littoral, 25 à 26°C en plaine et 22 à 24°C sur les hauteurs sous des vents qui soufflent de nord à nord-est. Cette configuration fait en sorte que la Gaume, mais aussi le sud de l’Entre-Sambre-et-Meuse connaissent à nouveau des températures plus élevées, de 27 à 28°C, voire 29 à 30°C dans l’extrême-sud de la Gaume. Le temps est très beau avec des cirrus en matinée et des cumulus aplatis l’après-midi. Au littoral et au sud du pays, il n’y a pas de cumulus. Au littoral, il y a par contre quelques altocumulus le matin. 9 août 2022 L’extension du noyau anticyclonique vers la Mer du Nord, au sein d’une vaste ceinture de hautes pressions qui s’étend des Açores au nord-ouest de la Russie, rend l’air qui nous arrive de plus en plus continental. À quelques rares cirrus près, le ciel est partout serein. Au large de la Côte belge, on observe quelques cumulus (fractus) en matinée. Au-dessus des reliefs, c’est l’après-midi qu’on voit quelques petits cumulus. Webcam MB – Beausaint – 9 août 2022 à 16h Les températures, en hausse, atteignent 25 à 26°C sur les hauteurs et 26 à 29°C en plaine, mais seulement 21 à 23°C au littoral. En effet, le vent général de nord-est se combine à la brise de mer, ce qui résulte en un vent côtier de nord-nord-est soufflant à quelques 30 km/h avec des rafales jusqu’à 45 km, ce qui pour d’aucuns procure déjà une sensation de fraîcheur quelque peu désagréable. En outre, cette brise de mer est assez pénétrante et se fait sentir, l’après-midi, jusqu’aux environs de Bruges. En contrepartie, la Gaume reste la plus chaude, avec 30°C à Buzenol et 31°C du côté de Torgny. 10 août 2022 L’anticyclone est toujours aussi vaste et comporte plusieurs noyau désormais. Pour nos régions, ce sont surtout les noyaux sur la Mer du Nord et sur la Mer Baltique qui jouent un rôle. Le ciel est serein à peu nuageux avec cirrus et les températures dépassent à présent la barre des 30°C en de nombreux endroits, avec 30 à 32°C en plaine et 27 à 28°C sur les hauteurs. Le vent général de nord-est maintient des conditions de brise de mer au littoral, avec seulement 23°C au bord de l’eau. Mais contrairement à la veille, les conditions de fraîcheur ne pénètrent pas loin à l’intérieur des terres. La sécheresse de l’air commence à se manifester aussi, avec une humidité relative descendant par endroit jusqu’à 25%. 11 août 2022 Les noyaux principaux de l’anticyclone se déplacent vers l’est, ce qui rend l’air encore un peu plus continental. L’humidité relative, cette fois, descend jusqu’20% par endroit, voire plus bas encore (18% à Humain). Le ciel est à présent serein, à de rares cirrus près (un peu plus nombreux au sud du pays) et les températures montent encore un tout petit peu, pour arriver à 31-33°C en plaine et 27-28°C sur les hauteurs. Le vent général, qui souffle toujours de nord-est, maintient la brise de mer au littoral, mais la fraîcheur marine devient moindre. Même au large, la température de l’air atteint 23-25°C par moment, tandis que l’aéroport de Middelkerke enregistre 28°C. Pendant ce temps, une répartition des pressions sur l’Espagne (basses pressions à l’ouest, hautes pressions à l’est) fait à nouveau en sorte que de l’air brûlant atteigne le sud-ouest de la France, avec 40,5°C à Mont-de-Marsan ; 40,2°C à Dax et encore 39,4°C à Bordeaux. Il n’est donc pas étonnant que le feu refasse des ravages dans la région. 12 août 2022 Les basses pressions thermiques, à présent remontées sur la France, poussent un peu vers l’est la langue d’air très chaud, avec une zone particulièrement touchée, orientée sud-est – nord-ouest qui s’étend de Carcassonne à Cognac. Dans cet axe, on retrouve Carcassonne (40,6°C), Mautauban (39,7°C), Bergerac (39,7°C) et Cognac (39,7°C). Un peu à gauche et à droite, on trouve encore Toulouse (39,8°C), Brive (40,2°C), Albi (40,3°C) et Mont-de-Marsan (39,0°C). Les côtes du Golfe de Gascogne, grâce à un bon vent d’ouest, sont désormais épargnées par la canicule avec par exemple 27,2°C à Biscarosse. Nos régions restent épargnées aussi par le pire de la chaleur, cette fois grâce à un vaste zone anticyclonique centrée sur la Mer Baltique, qui nous envoie des vents d’est à nord-est et qui limite la montée des températures à 32-33°C en plaine et à 27-28°C sur les hauteurs. Le ciel est parfaitement serein sur la majeure partie du pays (quelques rares cirrus sur le sud) et l’air, particulièrement sec. En après-midi et en soirée, l’humidité relative tombe en dessous de 20% en bien des endroits. Zaventem, Bierset et Buzenol descendent jusqu’à 18%, Humain jusqu’à 16%. Chièvres, Florennes, Dourbes et Ernage descendent également en dessous de 20%. Source : Kachelmannwetter Au littoral, il fait plus humide et un régime de brise de mer maintient les maxima en dessous de 30°C (vers 26-27°C en bordure de mer). À peu de kilomètres à l’intérieur (Jabbeke), la brise de mer n’apparaît qu’en milieu d’après-midi, avec une petite augmentation du vent, une petite remontée de l’humidité mais une température qui baisse à peine. 13 août 2022 Les températures ne bougent pas. Il fait chaud, mais la grande canicule n’arrive pas. Il fait toujours dans les 32-33°C en plaine et dans les 27-28°C sur les hauteurs, sous un vent temporairement orienté au sud-est, mais qui revient au secteur est à nord-est, sauf sur une frange sud-est du pays. Il faut savoir que l’anticyclone n’évolue guère et que les basses pressions françaises ne jouent encore qu’un rôle secondaire pour nos régions. Le ciel est à nouveau serein partout, à quelques cirrus près et de très rares petits cumulus sur l’est du pays. Le temps est aussi très sec, avec à nouveau plusieurs stations en dessous de 20% d’humidité. Et c’est Humain qui affiche une nouvelle fois la valeur la plus basse, avec 17%. Au littoral, la brise de mer est d’abord contrecarrée, avec 31°C à Middelkerke en tout début d’après-midi. Ensuite, elle s’enclenche et la température baisse un peu, pour atteindre quelques 27°C en bordure de mer. Webcam MB – Le Coq – 13 août 2022 à 16h 14 août 2022 Les bases pressions sur l’ouest et le nord de la France commencent à influencer le temps de nos régions en nous envoyant des nuages élevées, plus tard moyens. Mais la langue d’air très chaud ne nous atteindra plus. Celle-ci intéressait encore, la veille, le centre-ouest de la France, mais elle s’est atténuée par la suite. Un anticyclone affaibli se trouve sur le nord-ouest de la Russie et continue à nous envoyer de l’air certes chaud, mais moins chaud qu’initialement prévu. Les températures ressemblent donc très fort à celles de la veille, avec 32 à 33°C en plaine l’après-midi, et 27 à 29°C sur les hauteurs. Il fait un brin plus humide en ce 14 août, mais avec des valeurs descendant encore à 20%, l’après-midi, en plusieurs endroits, on peut toujours parler d’air très sec. Le temps est d’abord beau en première moitié de journée, mais avec d’épais cirrus spissatus. L’après-midi, de l’altostratus translucidus se fait de plus en plus présent, et s’accompagne de quelques altocumulus instables en soirée. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 14 août 2022 à 21h04 Sur l’est et le sud-est du pays (et isolément aussi ailleurs), on observe également des cumulus humilis l’après-midi. Par contre l’altostratus apparaît plus tard dans cette partie du pays. Les vents soufflent d’est à sud-est, plus tard de sud, et la brise de mer se fait assez molle, si bien que les températures côtières sont à peine moins élevées qu’à l’intérieur des terres, sauf en bordure immédiate de l’eau, où l’on ne dépasse pas 28°C. 15 août 2022 Les perturbations nous remontant de France se composent d’une convergence préfrontale, d’une occlusion et d’une ligne post-frontale. Au vu de la chaleur, cela aurait pu être bon pour une sérieuse offensive orageuse. Mais l’environnement est globalement trop sec et les orages n’ont pas pu vraiment s’organiser. Et, le plus souvent, ils n’ont donné que très peu de précipitations. La ligne de convergence, qui passe durant la soirée du 14, ne donne rien à part l’une ou l’autre goutte de pluie, et un vent s’orientant temporairement entre le sud-ouest et l’ouest. L’occlusion ne génère que localement des orages à l’aube, notamment sur la Zélande et le nord-ouest de notre pays. Les éclairs sont cependant visibles de loin, et sont même signalés par l’observateur de Bruxelles-National. Quant aux précipitations, on relève 5,1 mm à Stabroek ; 2,9 mm à Sint-Katelijne-Waver et 1 petit millimètre à Anvers-Deurne. De l’autre côté du pays, on observe une fine petite pluie en deuxième moitié de nuit à Buzenol, donnant au total 1,9 mm. Durant la journée du 15, c’est principalement la ligne post-frontale qui génère de l’instabilité, avec d’abord des orages en début d’après-midi en Gaume et dans le Namurois, ensuite ce sont l’est et le nord du pays qui sont concernés, avec réactivation des foyers en début de soirée à nouveau sur la Zélande et le nord-ouest du pays. Mais seul le côté de Liège reçoit des précipitations significatives, avec 20 mm à Bierset. Là, on peut véritablement parler de mauvais temps toute la journée, avec un ciel couvert de stratocumulus en matinée, mêlés plus tard à des nuages convectifs avec de fortes averses, parfois orageuses, l’après-midi. Ce n’est qu’en fin d’après-midi et en soirée qu’on y voit des éclaircies. Le thermomètre ne dépasse pas 23,8°C (pour 29°C à l’ouest du pays). Au centre et à l’ouest, le temps est presque beau, avec une dispersion des altocumulus / stratocumulus dès la matinée, suivie de belles éclaircies avec cumulus, atteignant parfois le stade de congestus. Au littoral, on peut même parler de vrai beau temps, avec des cumulus bien moins nombreux. Du côté de Gand par contre, il y a formation de quelques cumulonimbus orageux. Les températures, au centre et à l’ouest, sont élevées avec 28,6°C à Uccle ; 29,0°C à Passendaele ; 28,1°C à Beitem et Semmerzake, et encore 27,1°C à Middelkerke. Les orages de la région gantoise ont donné très localement 5 mm d’eau. On mesure aussi jusqu’à 20 mm juste à l’ouest de Liège, dont l’essentiel est tombé vers 15 heures avec, là, des rafales de 50 km/h (une station privée à Saint-Nicolas donne 16 mm entre 14h50 et 15h15 sur un total journalier de 18 mm). Enfin, un petit 4,2 mm est tombé aussi sur Beauvechain. Sinon, la récolte pluvieuse de ce petit épisode orageux a été maigre, avec bien des stations qui n’ont rien reçu du tout. 16 août 2022 L’air reste assez chaud sur la Belgique, mais est désormais plus humide, sous un régime (un peu) plus dépressionnaire. Une ligne de convergence est responsable d’une activité orageuse sur l’ouest du pays l’après-midi. Mais d’abord, le temps est nuageux à beau sur tout le pays, avec cirrus denses et altocumulus, parfois castellanus en matinée, puis cumulus l’après-midi sous un ciel voilé, les cirrus évoluant en cirrostratus, voire en altostratus translucidus. En soirée, ce voile s’effiloche à nouveau. Le plus souvent, les cumulus ont une extension modeste. Sur les reliefs, on note la présence de quelques congestus, mais le voile d’altitude est moins présent. En Gaume, on peut même parler de beau temps, avec cirrus et cumulus. Ce n’est que le soir que les cirrostratus / altostratus arrivent jusque là. Sur l’ouest du pays, comme déjà mentionné plus haut, il y a des orages. Les vents généraux, qui soufflent de sud à sud-ouest, se heurtent l’après-midi à ce qui pourrait ressembler à une brise de mer, mais qui est en fait une ligne de convergence qui finira par traverser le pays. Les orages se manifestent surtout dans le Westhoek et débordent sur l’ouest du Hainaut. Ils sont responsables de fortes baisses de la température et de quelques rafales de vent, mais ne donnent pas énormément de précipitations. À Beitem, on mesure 3,9 mm de pluie et des rafales jusqu’à 68 km/h. À Jabbeke, on recueille 2,4 mm, à Middelkerke, 5 mm. Les températures, en ce 16 août, atteignent 28 à 30°C en plaine (26°C au littoral) et 25 à 26°C sur les hauteurs. En Campine, on observe 30,8°C à Koersel. Une autre perturbation orageuse, d’un autre calibre, affecte en début de soirée la ville de Paris, où l’on assiste à un véritable déluge. À Paris-Montsouris, on observe 39,1 mm d’eau tombé entre 18 et 19 heures, sur 47,0 mm tombés dans le cadre de l’orage. À Saint-Germain-des-Prés, ces chiffres sont respectivement de 23,6 mm et 30,8 mm. L’aéroport de Charles De Gaulle note aussi une rafale de 68 km/h, tandis qu’au sommet de la Tour Eiffel, le vent atteint 104 km/h. Des restants de cet amas orageux atteigenent la frontière belge peu après 22 heures. Une station privée près de Mouscron reçoit 15 mm d’eau dans le cadre de cet orage, entre 22h30 et 23h10. Le matin du 17 août est souvent gris, avec des brumes, bruines et petites pluies répandues, voire des averses. Est-ce la fin de la sécheresse ? Où juste une atténuation temporaire de celle-ci ? Wait and see… Conclusion Les étés des cinq dernières années sont marqués par la récurrence, l’amplitude et parfois la solidité des situations de blocage. Le plus souvent, cela a mené à de longues périodes sèches, voire très ensoleillées et très chaudes. Parfois c’était le contraire aussi, avec des pluies à répétition, peu mobiles et allant jusqu’à entraîner des inondations catastrophiques. Des orages à déplacement lent se manifestaient aussi, parfois au sein de périodes très sèches, et provoquaient des inondations aussi, cette fois-ci à échelon local. Où sont-elles, nos braves pluies d’antan ? Ont-elles disparu ? Non. C’est en hiver qu’on a encore le plus de chances d’en avoir. En été, à cause de la trop faible différence de température entre le pôle et les latitudes tempérées, cela devient compliqué. Mais pas impossible. Qui sait ? Peut-être 2023 et 2024 auront à nouveau des étés bien belges, ou alors 2025 et 2026. Il y en aura sûrement encore, des étés pluvieux et frais, mais la tendance générale n’est plus celle-là. Dans les années 2009-2013, un vent d’optimisme soufflait sur la planète : le réchauffement climatique était moins grave que prévu, on restait nettement en deçà des prévisions, on voyait même la température mondiale à peine bouger de 1998 à 2013 ! Et maintenant, c’est la panique, on est bien au-dessus des projections, tout va tellement vite qu’on commence à vraiment avoir peur. Ce qu’on oublie, c’est qu’il y a aussi des oscillations naturelles, qui se superposent au réchauffement climatique. De 2009 à 2013, on avait peut-être une oscillation naturelle froide qui ralentissait le réchauffement climatique, l’annulait même temporairement. Maintenant, il n’est pas exclu qu’on ait une oscillation naturelle chaude qui accélère encore ce réchauffement climatique, mais temporairement. Si nouvelle oscillation froide il devait y avoir par après, cela nous permettrait de souffler à nouveau un peu pendant plusieurs années. Mais à très long terme, il y a lieu d’être pessimiste. Le réchauffement climatique se poursuivra de façon irréversible, parfois un peu plus vite, parfois un peu plus lentement, mais il se poursuivra. La solution : un peu forcer sur le « lentement », en étant plus écologique et, surtout, nous adapter à notre climat futur, en mettant tout en œuvre pour nous protéger des eaux, des chaleurs et d’un tas d’autres choses encore.
  6. JUILLET 2022 CERTAINS NOUS PROMETTENT UNE CHALEUR INCROYABLE ! VIENDRA OU NE VIENDRA PAS ? Le 5 juillet, sous une bonne petite fraîcheur estivale, on nous parle déjà d’une vague de chaleur majeure à venir. Le 7 juillet, les choses se concrétisent, avec une canicule en deux temps, un premier pic vers le 12 juillet et un second, bien plus important, vers le 16. On nous fait miroiter de possibles 35°C à Bruxelles. Le modèle GFS, lui, s’emballe carrément avec 40°C à Paris et jusqu’à 39°C en Gaume ! Mais en attendant, il fait toujours frais… Analysons à présent, au jour le jour, les conditions météorologiques et laissons-nous surprendre par la venue ou non de la grande vague de chaleur. 7 juillet 2022 Un anticyclone sur l’Océan détermine en ce moment le temps sur nos régions. Une faible perturbation frontale, sur le flanc nord-est de l’anticyclone, nous influence en deuxième partie de nuit et en début de journée. Par après, les courants sont frais et quelque peu instables. Vents de nord-ouest gagnant rapidement tout le pays en matinée, tendant un peu vers le nord en soirée. Temps : stratocumulus, parfois doublés de fractus, évoluant en nuages convectifs avec de faibles averses. Ensuite, la nébulosité est variable avec un mix de cumulus et de stratocumulus, avec quelques éclaircies. Celles-ci sont parfois très belles le soir sur l’ouest. Sur les hauteurs par contre, l’instabilité est plus marquée et les averses, un peu plus conséquentes. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 7 juillet 2022 à 8h30 On mesure quelques précipitations en de nombreux endroits, alors que d’autres restent secs. Sur les Hautes-Fagnes, les précipitations un peu plus marquées, avec par exemple 6 mm entre 7 et 10 heures à Mont-Rigi. Les températures maximales se situent entre 19 et 21°C en plaine et entre 13 et 15°C sur les hauteurs. 8 juillet 2022 L’anticyclone, toujours situé sur l’Océan, envoie des courants maritimes avec la bordure des perturbations passant près de chez nous. L’essentiel des perturbations passe cependant à l’est de nos régions. Source : KNMI Vents variables, à prédominance septentrionaux. Temps : généralement beau avec cumulus humilis et, parfois, quelques altocumulus / stratocumulus. Sur l’ouest, ciel serein au littoral et presque serein à l’intérieur (notamment sur le Hainaut Occidental), avec juste quelques cumulus. Températures minimales souvent inférieures à 10°C (Buzenol : 6,3°C ; Middelkerke : 7,1°C ; Beitem : 7,4°C). Températures maximales : 22°C au littoral, 24 à 25°C en plaine, localement 26°C à l’ouest (Passendaele, Beitem), 19 à 20°C sur les hauteurs. 9 juillet 2022 L’anticyclone est désormais centré très près de l’Irlande. Un petit front froid traverse nos régions en cours de journée et nous place dans des courants assez frais, surtout perceptibles au nord-ouest du pays. Vents s’orientant à nouveau rapidement au nord-ouest en matinée, avec rotation au nord en soirée. Temps : beau au littoral et sur l’ouest avec cumulus humilis, très temporairement mediocris et juste quelques cirrus, sinon assez beau avec stratocumulus discontinus (plus compacts vers l’est) le matin, puis éclaircies avec cumulus, temporairement (un peu) plus développés, et encore quelques stratocumulus, pas mal de cirrus. En Gaume et au sud de l’Ardenne, à nouveau nuages moins nombreux. Températures maximales : 20°C au littoral, 23 à 25°C en plaine et 20 à 21°C sur les hauteurs. Alors qu’il fait justement très bon pour aller prendre un verre à une terrasse, le modèle GFS s’emballe tout à fait, nous promettant jusqu’à 44°C (!) pour le 17 juillet ! Source : Météociel C’est vrai qu’il fait déjà bien chaud sur le sud et le sud-ouest de l’Espagne, avec 41,3°C à Séville, pendant que le sud-ouest de la France commence à s’y mettre aussi, avec 34,1°C à Mont-de-Marsan. 10 juillet 2022 L’anticyclone, centré le matin sur l’Irlande, se déplace par la suite vers le Pays de Galles. Vents : à prédominance de nord-ouest. Temps : serein sur une large bande côtière jusqu’à Bruges (sauf cirrus le soir), beau aussi sur l’extrême ouest (Westhoek, Hainaut occidental) avec cumulus humilis et une très légère tendance à étalement et cirrus le soir, sinon nébulosité variable avec régulièrement bancs de stratocumulus. En journée, cumulus humilis en dessous de ces bancs de stratocumulus. En Gaume, beau temps avec cumulus, parfois alignés en « rues de cumulus ». En soirée, altocumulus et stratocumulus sous un ciel quelque peu voilé. Webcam MB – Virton – 10 juillet 2022 à 10h Températures maximales : 22 à 24°C en plaine, 16 à 18°C sur les hauteurs. Toujours très raisonnable chez nous, mais de moins en moins en Espagne, avec par exemple 43,1°C à Olivenza et 43,0°C à Badajoz. Dans le sud-ouest de la France, les 35°C sont dépassés en plusieurs endroits, avec 35,3°C à Mont-de-Marsan et 35,2°C à Biscarosse ainsi qu’à Cazaux. 11 juillet 2022 L’anticyclone, d’abord centré au nord-ouest du pays, se déplace via le nord vers le nord-est de notre pays. Vents : à prédominance de nord, s’orientant au nord-est, puis à l’est en soirée. Temps : beau au littoral et sur l’ouest avec cirrus et rares cumulus (aussi cirrostratus le soir au littoral), sinon plus nuageux, avec bancs d’altocumulus le matin, et dès la matinée des cumulus fractus, évoluant en humilis, temporairement assez nombreux avec tendance à mediocris. Cirrus l’après-midi et le soir. Vers l’est, aussi pas mal de stratocumulus. En Gaume, beau temps avec cumulus humilis et cirrus. Webcam MB – Le Coq – 11 juillet 2022 à 20h Températures maximales : 26 à 27°C, voire 28°C sur une large bande passant sur le centre-ouest du pays (27,8°C à Passendaele), 21°C en bord de mer et 23 à 25°C sur l’est des plaines ; 18°C sur les Hautes-Fagnes et 21°C sur les hauteurs du Plateau Ardennais. L’Espagne, pendant ce temps, cuit avec des températures de 42-43°C en de nombreux endroits du sud et les 40°C qui se rapprochent dangereusement de Madrid (39,0°C mesurés à l’aéroport Madrid-Barajas et ce, à 19 heures !) En France, il fait désormais 36-37°C du côté de Toulouse, Carcassonne, Montanban et Mont-de-Marsan, ainsi qu’à Cazaux. 12 juillet 2022 L’anticyclone, désormais sur l’Allemagne, se déplace de l’ouest au sud de ce pays. Vents : variables avec une prédominance sud-est. Au littoral, temporaire brise de mer de nord à nord-est l’après-midi. Temps : voilé, devenant très voilé en fin de journée. Cirrus, parfois aussi cirrocumulus ; cirrus devenant épais, suivis d’altostratus. Notamment sur l’ouest, aussi altocumulus. Températures maximales : 25°C sur l’est de la côte belge, 30°C sur l’ouest de la côte belge, sinon 29 à 31°C en plaine, localement 32°C sur le sud-ouest, et 25 à 27°C sur les hauteurs. En Espagne, les températures sont supérieures à 40°C sur de larges portions du territoire, avec jusqu’à 43,8°C à Olivenza. À Madrid, on reste tout juste en-dessous avec 39,4°C à Madrid-Barajas. En France, on monte à 38,5°C à Mont-de-Marsan et 38,3°C à Cazaux. 13 juillet 2022 L’anticyclone, qui détermine notre temps depuis plusieurs jours, reste désormais dans les environs de la Suisse tandis qu’un nouvel anticyclone océanique commence à s’approcher et prend le relai dès le milieu de la journée. Un front froid se dirige vers notre pays mais ralentit, se met à onduler et ne nous atteint pas dans un premier temps. Mais cela sera chose faite en fin de soirée et la nuit, sauf au sud. Vents : en matinée, sud à sud-ouest sur le sud-est du pays, ouest à nord-ouest sur le nord-ouest du pays. L’après-midi, partout nord-ouest à nord, sauf sur l’extrême sud du pays. Au littoral, par combinaison avec la brise de mer, le vent tend vers le nord à nord-est. Temps : d’abord très nuageux le matin avec stratocumulus, puis nébulosité variable avec fréquemment d’importants bancs d’altocumulus, avec parfois une légère tendance à lenticularis, parfois aussi une légère tendance à castellanus. Au centre, très temporairement en début d’après-midi, on observe aussi des cumulus humilis. Plus au sud, en Entre-Sambre-et-Meuse et en Ardenne, les cumulus sont plus nombreux. En Gaume, le ciel dégage l’après-midi, avec juste encore des cirrus. Températures minimales parfois élevées : 21,6°C à Beauvechain et Gosselies ; 21,5°C à Bierset, Semmerzake et Zeebruges. Températures maximales : 23 à 24°C au littoral, 27 à 30°C sur le nord et le centre du pays, 31 à 33°C sur le sud-ouest et le sud (32,6°C à Dourbes) ; 28 à 29°C sur les hauteurs. La grande chaleur est à présent arrivée à Paris, avec 36,6°C à Paris-Montsouris et 36,7°C à Paris-Orly. En Espagne, c’est l’enfer ! On enregistre 45,6°C à Almonte Donana ; 45,2°C à Moron De La Frontera et 44,8°C à Séville. À Madrid, c’est fait, les 40°C sont atteints avec 40,8°C à Madrid-Barajas. Plus étonnant, les 40°C qui sont dépassés en Galicie, dans l’extrême nord-ouest de l’Espagne, avec 41,0°C à Ourense. Au Portugal, l’habituellement fraîche ville de Porto monte à 40,3°C ! Plus près de nous, quelques points du Grand-Duché du Luxembourg montent déjà à 34°C. 14 juillet 2022 Un front froid en cours de désagrégation traverse le pays sans arriver à atteindre le sud. La majeure partie se trouve à présent sous l’influence d’un anticyclone centré au sud-ouest de l’Irlande, qui nous envoie des courants maritimes tempérés. Une petite frange sud du pays reste dans l’air chaud. Les vents, grâce à une excroissance de l’anticyclone vers la Mer du Nord, soufflent temporairement de nord-est avant de basculer vers le nord à nord-ouest. Temps : stratocumulus et altocumulus se dispersant en cours de matinée, puis beau temps avec quelques cirrus et formation de cumulus aplatis, parfois à la limite de stratocumulus mais généralement pas trop nombreux. Au-dessus de l’Entre-Sambre-et-Meuse, développement de cumulus un peu plus franc, avec tendance à mediocris. Au littoral par contre, quasi-absence de cumulus. Dans l’extrême-sud du pays, le ciel est celui d’un temps chaud, avec altocumulus parfois floccus, plus tard aussi lenticularis, et formation de cumulus discrets en dessous de rares cirrus. Les températures atteignent 28°C en Gaume et 26 à 27°C sur le sud et sud-ouest du pays, sinon 24 à 25°C en plaine (20 à 21°C au littoral) et 21 à 23°C sur les hauteurs. La chaleur n’est franchement pas loin. À Reims, on atteint 31,7°C, et 34,1°C à Nancy. À l’aéroport de Luxembourg-Findel, on enregistre 29,8°C. En Espagne, on continue à cuire avec des 44-45°C qui remontent à présent plus loin vers le nord. 44,8°C sont mesurés à Talavera de la Reina et 40,9°C à Salamanca, à 793 mètres d’altitude. À l’aéroport de Madrid, le pic de chaleur est atteint à 19 heures avec 42,2°C ! Plus étonnant encore, les températures en Galicie avec 44,1°C à Ourense et 43,4°C à Ribadavia. En France, les 40°C ne sont pas encore atteints. Il faut « se contenter » de 38,6°C à Carcassonne et de 38,5°C à Mont-de-Marsan. 15 juillet 2022 La chaleur recule dans les pays du Benelux, mais avance en Espagne et au sud de la France. Un anticyclone centré sur le sud-ouest des Îles Britanniques continue à nous envoyer de l’air maritime très tempéré. La limite des très fortes chaleurs (>33-34°C) se situe désormais sur une ligne allant grosso modo de Bordeaux à Genève en passant par Clermont-Ferrand et Lyon. Une ligne secondaire, séparant l’air tempéré d’un air assez chaud (>26-27°C), va de Brest à Nancy en passant un peu au nord de Paris. Source : Kachelmannwetter Chez nous, les vents sont quelques peu variables, à prédominance nord-ouest, et les températures maximales se situent entre 23 et 24°C en plaine (21°C au littoral) et 18 à 19°C sur les hauteurs. Le temps est beau, avec quelques cirrus et la formation de cumulus dès la matinée, ceux-ci atteignant le stade mediocris l’après-midi (plus tôt sur l’est), avec une très légère tendance à l’étalement. Au littoral, les cumulus sont rares et le ciel, presque serein. C’est vrai aussi pour la Gaume, où les quelques cumulus formés en matinée se résorbent avant l’après-midi. Sur les reliefs ardennais, on observe temporairement des stratocumulus le matin. Ceci termine une première quinzaine de juillet aux températures, en fin de compte, très proches des normes saisonnières. Les maxima sont très légèrement excédentaires et les minima, quelque peu déficitaires. La sécheresse est cependant de retour, avec seulement 1,2 mm de précipitations en 15 jours à Uccle. L’insolation est de la partie aussi, avec déjà 146h08 de soleil. En France en ce 15 juillet, les 40°C touchent à présent le sud du pays, avec 40,4°C à Béziers et 40,3°C à Nîmes. En Espagne, les 40°C arrivent même jusqu’à l’extrême nord-est du pays avec 40,5°C à Vall De Bianya. À Barcelone, il fait encore (un tout petit peu) respirable en bordure de mer avec 34°C, mais la température monte déjà à 37°C dans la « zone universitaire ». À quelques dizaines de kilomètres de là, on frise les 40°C. En Andalousie, on cuit toujours avec 43,8°C à Moron De la Frontera et 42,7°C à Cordoue. À Madrid, on note encore 40,5°C à l’aéroport, pendant qu’on enregistre un étonnant 42,7°C à Sardon De Duero (non loin de Valladolid) à 725 mètres d’altitude. 16 juillet 2022 L’anticyclone, centré la nuit et le matin sur les Îles Britanniques, nous envoie encore des bouffées d’air frais en provenance de la Mer du Nord, avec de petits fronts froids de basses couches. Par la suite, cet air frais des basses couches est littéralement écrasé par une inversion de subsidence qui descend de plus en plus bas pendant que le noyau anticyclonique se dirige lentement vers les Pays-Bas. Cela a des conséquences immédiates sur les nuages. Les cumulus, qui se forment rapidement dans l’air frais, rendu instable par le réchauffement du sol, atteignent le stade mediocris avant même le milieu de la journée, mais s’aplatissent ensuite durant l’après-midi. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 16 juillet 2022 à 12h et à 16h Il fait beau partout dans le pays, avec une évolution plus ou moins similaire : quelques bancs d’altocumulus le matin, quelques cirrus et des cumulus se développant bien en matinée mais s’aplatissant par la suite, se dispersant dès la deuxième moitié de l’après-midi. Au littoral, on observe de nombreux cumulus le matin, et un ciel quasi serein dès la fin de matinée. Ce ciel quasi serein de l’après-midi s’étend jusqu’à Bruges. En Gaume, les cumulus sont moins nombreux aussi, et ne dépassent pas le stade d’humilis. Sous un vent soufflant de nord en journée (nord-est au littoral en soirée), les températures maximales restent encore modestes, autour de 24°C en plaine (mais seulement 19°C en bordure de mer) et entre 20 et 21°C sur les hauteurs. Le long de la frontière française, les températures sont un peu plus élevées avec des valeurs de 25 à 26°C. La chaleur regagne du terrain sur la France, surtout du côté ouest. La température atteint 29,3°C à Brest et 30,1°C à Quimper. Dans le sud-ouest, on monte à 39,3°C à Biscarosse et 38,5°C à Cazaux. Plus près de la Méditerranée, on observe 39,2°C à Carcassonne et 39,5°C à Nîmes. En Espagne, l’enfer continue avec 40°C et plus sur près des deux tiers du territoire. Les températures sont notamment exceptionnelles dans le Pays Basque avec 40,6°C à Orozco-Ibarra et 39,8°C à Vitoria (513 m). À la limite sud du Pays Basque, on observe 42,5°C à Miranda de Obrero et 42,1°C à Haro (localités également situées à près de 500 mètres d’altitude). Au sud-ouest de l’Espagne, vers la frontière avec le Portugal, on observe 43,5°C à Badajoz. Au Portugal même, on relève 40,2°C à Évora et 40,4°C à Castelo Branco. Et toute cette chaleur excessive est en route vers chez nous... 17 juillet 2022 Bon. Commençons d’abord par le gel en Belgique. Non ! Ce n’est pas une blague ! Il a vraiment gelé en Belgique en ce matin du 17 juillet 2022 ! À 5 heures du matin, on observait –0,9°C à Grüner Kloster (Bütgenbach), dans les Cantons de l’Est. En même temps, on observait +1,0°C dans le village de Deidenberg, entre Waimes et Saint-Vith. Bien sûr, il s’agit là d’endroits hypersensibles au froid par rayonnement, où la température descend très vite très bas dès que le vent tombe, que le ciel est serein et qu’il a fait un peu frais la veille en journée. Mais de façon générale, il a fait fort frais la nuit du 16 au 17 juillet. À Elsenborn, le thermomètre est descendu jusqu’à 3,0°C et en bien des endroits, même en plaine, la température est descendue en dessous de 10°C. Diepenbeek a enregistré 7,0°C ; Retie, 7,8°C et Melle : 8,0°C. Les plateaux du centre du pays ont été plus épargnés, avec12,2°C à Uccle et à Bierset ; 11,4°C à Gosselies et 10,8°C à Beauvechain. Mais là aussi, on est en dessous des normes saisonnières. À Mélin, petite vallée près de Beauvechain, on est descendu à 7,6°C. Ce seront là bien les dernières nouvelles concernant des températures froides. Avec le positionnement du noyau de l’anticyclone sur les Pays-Bas et le nord-ouest de l’Allemagne, l’arrivée d’air frais vers notre pays a été complètement coupée. Les températures, sous un soleil généreux avec juste quelques cirrus, connaissent donc une montée lente, mais certaine. Si à 14 heures, on observait encore à 23 ou 24°C en bien des endroits en plaine, quelques heures plus tard, on était à 26 à 28°C sur toute la Basse et Moyenne Belgique, avec les valeurs les plus élevées sur l’ouest et le sud-ouest. Chièvres est montée à 28,1°C ; Coxyde, Passendaele et Dourbes à 28,0°C, et Beitem à 27,7°C. Sur les hauteurs, on a relevé 24 à 25°C. Avec des vents désormais orientés au nord-est, les taux d’humidité ont également baissé, avec quelques valeurs en dessous de 30%. En France, les 40°C ont désormais atteint le sud-ouest, avec 40,5°C à Biscarosse et 40,3°C à Cazaux. Par ailleurs, la chaleur a également débarqué en Bretagne, avec de très étonnants 35,2°C à Brest. Plus près de nous, on observe 32,7°C à Paris-Montsouris, et la limite des 30°C s’approche dangereusement de notre pays. En Espagne, on observe à nouveau des températures supérieures à 40°C jusque dans le nord, avec 41,6°C à Amurrio (Pays Basque) ; 41,2°C à Bilbao (Pays Basque) et 42,2°C à Barcena Mayor-Toriz (Asturies). 18 juillet 2022 Les hautes pressions étant désormais situées à l’est de nos régions, plus rien n’empêche l’air chaud de nous atteindre. Sous un soleil de plomb et un ciel garni de cirrus, devenant serein par la suite, et sous des vents méridionaux, les températures s’envolent aussi en Belgique. En plaine, les maxima se situent entre 33 et 35°C, et sur les hauteurs, entre 30 et 31°C. Ce ne sont pas encore des records, mais nous n’en sommes plus très loin. Notamment sur l’ouest et le sud-ouest du pays, les 35°C mesurés ne sont pas très loin des 35-37°C de 2006, records de la deuxième décade de juillet. Près de nos frontières, à Lille, ce record décadaire a même été battu. Lieu : T° 18/07/2022 [T° 19/07/2006] Lille (FR) : 36,3°C [36,0°C] Chièvres : 35,0°C [35,4°C] Beitem : 35,3°C [36,3°C] Semmerzake : 34,5°C [36,9°C] Coxyde : 34,7°C [36,0°C] Bien sûr, les 40°C et plus de la troisième décade, qui sont en outre des records tous mois confondus et qui ont été mesurés le 25 juillet 2019, sont plus difficiles à battre. Au littoral, une brise de mer de nord à nord-est, qui se lève l’après-midi, tempère la chaleur, en bordure immédiate de l’eau tout au moins. Au port de Zeebruges, la température maximale ne dépasse pas 27,2°C. Sur l’ouest de la côte belge, il fait d’abord chaud en matinée avant l’arrivée de la brise de mer, avec des maxima supérieurs à 30°C. À Dunkerque, le maximum est atteint à 12 heures avec 32,3°C, avant une baisse à 27-28°C l’après-midi. Une station amateur à Coxyde-les-Bains mesure 31,2°C peu après 12 heures. À la base de Coxyde, située à quelques 3 kilomètres de la côte, la brise de mer ne se fait plus sentir, sauf un peu en fin d’après-midi, après un maximum de 34,9°C ! À l’intérieur du pays, on note par ailleurs des écarts remarquables entre les minima du matin, encore fort frais par endroits, et les maxima de l’après-midi très chaud. Quelques exemples : Diepenbeek : 9,8°C/34,1°C (écart : 24,3°C) Chièvres : 11,4°C/35,0°C (écart : 23,6°C) Retie : 10,1°C/33,5°C (écart : 23,4°C) Dourbes : 11,0°C/34,3°C (écart : 23,3°C) Buzenol : 10,3°C/33,2°C (écart : 22,9°C) Kleine Brogel : 11,6°C/33,7°C (écart : 22,1°C) En Europe, l’Espagne continue à suffoquer sous la chaleur, sauf à l’extrême ouest où l’on commence à respirer. Le centre de gravité de la vague de chaleur est désormais situé sur le nord-est de l’Espagne et le sud-ouest de la France. Orozco-Ibarra, dans le Pays Basque Espagnol, atteint 43,0°C. En France, on monte à 42,6°C à Biscarosse, à 42,4°C à Cazaux et à 41,7°C à La Rochelle ! Plus au nord, la Bretagne connaît des températures inimaginables, avec 40,0°C à Dinard ; 39,7°C à Saint-Brieuc et 39,3°C à Brest ! Plus près de chez nous, Paris-Montsouris enregistre 38,5°C, Beauvais 37,2°C et Abbeville 37,1°C. Revenons à présent en Belgique, où la soirée est à peine moins chaude que le jour. À 20 heures, on relève 32,6°C à Uccle ; 33,2°C à Dourbes ; 33,8°C à Chièvres et 34,7°C à Beitem. Ces valeurs-là peuvent déjà être considérées comme exceptionnelles. 19 juillet 2022 Malgré un soir chaud la veille, la nuit n’a pas été extrêmement chaude, mais il y a de grandes disparités. Sur certains plateaux et élévations, mais localement aussi en plaine et à la mer, la température minimale n’est pas descendue en dessous de 22°C (Zeebruges : 22,2°C ; Bierset : 22,0°C ; Semmerzake : 21,9°C ; Spa-aérodrome : 21,6°C). Sinon, cela a bien rafraîchi la nuit, avec souvent 15 à 16°C en plaine (localement moins avec 13,3°C à Diepenbeek) tandis qu’Elsenborn est descendu jusqu’à 11,0°C. Il a fait bien frais en Gaume aussi, avec 12,7°C à Buzenol. Ci-dessous, les disparités de températures à l’est de notre pays à 00h15. Source : BMCB via Info Météo Sur le plateau de la Baraque de Fraiture, on note encore 24,4°C alors que le village de Deidenberg n’enregistre plus que 11,0°C. La vallée de Grüner Kloster est même à 8,8°C ! À peu près à la même heure, à 0h00, on relève également d’énormes disparités dans le Brabant Wallon. À la base de Beauvechain, le thermomètre affiche encore 27,1°C alors que dans la toute proche vallée de Mélin, on n’est plus qu’à 16,9°C ! Il faut savoir qu’à une centaine de mètres de hauteur au-dessus du sol (200 mètres au-dessus du niveau de la mer), l’air reste extrêmement chaud avec encore 30°C ! Le matin à 8 heures, la fraîcheur nocturne a disparu à peu près partout, et il fait déjà entre 22 et 24°C à de très nombreux endroits. Avec un ciel parfaitement serein (quelques très rares cirrus sur le sud du pays) et donc une insolation maximale, les températures montent en flèche en journée, d’autant plus que le vent est à présent orienté au sud-est sur tout le pays. En d’autres termes, la chaleur nous arrive en plein, chez nous aussi. Voyez les températures maximales : 38 à 39°C en plaine et 32 à 35°C sur les hauteurs. Les records de la 2e décade de juillet (remontant pour la plupart à 2006) sont pulvérisés. Quant au records de juillet, qui sont aussi les records tous mois confondus, on ne les a pas eus, 2019 a été encore plus extrême. Ci-dessous, la liste des valeurs maximales de ce 19 juillet 2022, avec entre crochets d’abord les valeurs du 19 juillet 2006, puis les valeurs du 25 juillet 2019. Localité : T° 19/07/2022 [T° 19/07/2006] [T° 25/07/2019] Province de Liège Bierset : 37,8°C [36,7°C] [39,5°C] Baraque Michel / Mont-Rigi : 32,8°C [30,8°C] [34,9°C] Spa : 34,1°C [33,1°C] [36,7°C] Elsenborn : 34,3°C [33,5°C] [36,2°C] Province de Luxembourg Saint-Hubert : 32,2°C [31,8°C] [35,2°C] Buzenol : 35,8°C [---,--°C] [38,3°C] Province de Namur Florennes : 36,1°C [34,8°C] [39,0°C] Dourbes : 36,8°C [35,6°C] [39,8°C] Gembloux : 37,5°C [---,--°C] [39,2°C] Provinces du Brabant (FL + WA) + Bruxelles Schaffen : 38,6°C [36,8°C] [40,4°C] Zaventem : 37,7°C [35,8°C] [40,2°C] Uccle : 38,1°C [36,2°C] [39,7°C] Beauvechain : 38,0°C [35,7°C] [40,1°C] Province du Hainaut Gosselies : 37,3°C [37,0°C] [40,4°C] France – Département du Nord Lille : 39,1°C [36,0°C] [41,5°C] Dunkerque : 39,4°C [38,3°C] [41,3°C] Flandre Occidentale Coxyde : 38,6°C [36,0°C] [40,2°C] Middelkerke : 37,8°C [36,0°C] [38,9°C] Beitem : 38,5°C [36,3°C] [40,7°C] Flandre Orientale Semmerzake : 38,5°C [36,9°C] [40,4°C] Melle : 38,5°C [---,--°C] [39,7°C] Province d’Anvers Stabroek : 37,8°C [36,9°C] [39,2°C] Deurne : 37,8°C [35,4°C] [40,4°C] Sint-Katelijne-Waver : 38,6°C [35,7°C] [40,3°C] Retie : 38,1°C [---,--°C] [39,5°C] Province du Limbourg Diepenbeek : 38,7°C [---,--°C] [40,4°C] Kleine Brogel : 38,7°C [37,8°C] [40,6°C] Pays-Bas Maastricht : 39,5°C [34,7°C] [39,6°C] Cela signifie que ces températures, en grande majorité, arrivent en deuxième position parmi les températures les plus élevées jamais relevées en Belgique et régions limitrophes. Si l'on considère l'ensemble des stations en Belgique, nous constatons que les 40°C ont été tout juste atteints à Kapelle-op-den-Bos (au nord de Bruxelles et à l'ouest de Malines). À Bruxelles, les zones très urbanisées y sont arrivées presque, avec 39,6°C à Molenbeek-Saint-Jean. On notera aussi 39,8°C à Begijnendijk (près d'Aarschot) et 39,5°C à Rhode-Saint-Pierre (également près d'Aarschot). 39,5°C ont également été relevés non loin de la Côte belge, à Moere, près de Gistel. Source : IRM Extrêmes aussi les températures de la soirée. À 20 heures, on observe encore 36 à 37°C à peu près partout en Basse et Moyenne Belgique, et encore 30 à 32°C sur les hauteurs. Là, on est en moyenne plus haut même que le 25 juillet 2019, où des outflows orageux avaient rafraîchi quelques régions. Très extrême aussi en ce 19 juillet 2022 : l’humidité relative de l’air. À Humain et à Gosselies, celle-ci n’est que de 12% ; à Uccle et à Beitem, 13% ; à Semmerzake, Melle, Chièvres, Beauvechain, Ernage, Bierset et Elsenborn, 14%. Même le port de Zeebruges, à proximité immédiate de la mer, n’observe que 23% pendant que l’aéroport de Middelkerke se situe à 17%. Cela signifie que le point de rosée, à certains endroits, n’atteint que 3°C, un scénario presque digne de l’Arabie Séoudite. En tant que Bruxellois, je garderai de cette canicule le souvenir suivant : en passant à 17 heures par la place Rogier, cette place où l’air, qui s’engouffre entre les bâtiments provoque presque toujours de petites (voire de grandes) rafales, le vent qui y soufflait était véritablement chaud, presque aussi chaud que le souffle d’un sèche-cheveux. Sur le piétonnier du boulevard Anspach, ce vent était toujours présent par moment, soufflant par petites rafales chaudes, entrecoupées de très brèves bouffées de fraîcheur : la clim des magasins dont la porte restait ouverte. La rue de la Bourse et la rue au Beurre, menant à la Grand-Place, étaient particulièrement chaudes aussi. En France, la chaleur s’est quelque peu évacuée de la façade ouest, mais reste très présente sur le reste du pays. À Paris-Montsouris, on monte à 40,5°C, tandis que Dieppe arrive à 40,4°C. La Côte d’Opale tout comme la Côte belge subissent la chaleur de plein fouet, avec 39,9°C au Touquet et 39,6°C à Boulogne-sur-Mer. L’Angleterre enregistre pour la première fois de son histoire des valeurs supérieures à 40°C, avec 40,2°C à Londres Heathrow ainsi qu’à Londres St-James-Park. Les 40°C sont également dépassés plus au nord, avec 40,3°C à Wadddington et à Coningsby, et 40,0°C à Cranwell. Nottingham, avec 39,8°C, n’atteint tout juste pas ces 40°C. L’Espagne est en partie débarrassée de la plus grosse chaleur, mais il reste des poches très chaudes. À Saragosse, on observe encore 39,6°C. L’Allemagne, quant à elle, se prépare au pire, avec des températures frisant déjà les 40°C du côté ouest (39,5°C à Duisburg et 39,6°C à Hagen). Chez nous les choses devraient s’arranger... la nuit ! 20 juillet 2022 Le rafraîchissement durant la nuit du 19 au 20 juillet se fera parfois en deux temps. À Uccle par exemple, après les étouffants 35,8°C mesurés à 20 heures, le rafraîchissement sera assez rapide avec 26,6°C à 23 heures. Mais après, la température remonte en même temps que le vent qui se lève, et qui se (re)met à souffler par petites rafales. À minuit, on observe 28,5°C et à 1 heure, 29,1°C. D’autres stations connaissent également cette remontée en pleine nuit, avec parfois même des phénomènes abrupts, comme par exemple à Mélin où l’on passe de 17,2°C (1h00) à 23,4°C (1h40), puis après une petite baisse temporaire, même à 24,4°C (3h00). Sur le plateau voisin à Beauvechain, bien plus chaud, on observe respectivement 27,0°C (1h), 28,7°C (2h) et 24,0°C (3h). Sur le plateau de Bierset pendant ce temps, il fait sans cesse torride avec 29,9°C (1h), 29,2°C (2) et 29,0°C (3h). Ne perdons pas de vue qu’il s’agit là de températures tout à fait exceptionnelles pour de telles heures. La chaleur ne sera véritablement évacuée que lors du passage d’une ligne de convergence, faisant passer les vents de sud-est à sud-ouest/ouest. À minuit, cette ligne se trouve sur l’ouest du pays, à 2 heures sur le centre et à 4 heures sur l’est. Après son passage, les températures s’égalisent presque partout à 22-23°C et l’humidité remonte en flèche. Ensuite, ces températures poursuivent lentement leur baisse par évolution nocturne normale. Au final, les températures minimales, le plus souvent situées entre 19 et 21°C en Basse et Moyenne Belgique et entre 16 et 18°C en Haute Belgique, peuvent encore être considérées comme élevées, mais ne présentent plus rien d’exceptionnel. En matinée, quelques orages auront vraiment le mot de la fin de cette brève mais intense canicule. Conclusion D’abord, un grand bravo pour les modèles, qui ont pu identifier très longtemps à l’avance la survenue d’une chaleur extrême. Comme toujours, il y a des bornes maximales et minimales, avec des modèles qui surestiment et d’autres qui sous-estiment, mais ils étaient quelque part tous utilisables, avec les propriétés qu’on connaît chez chacun de ses modèles, si bien que le monde de la météorologie a réussi une véritable prouesse. En outre, ce phénomène caniculaire, tout comme ses prédécesseurs, nous en dit long sur le réchauffement climatique. Au début des années 2000, on parvenait à clairement identifier, pour nos régions, un saut climatique qui s’est produit quelque part vers 1987/1988. Mais dans un premier temps, ce changement climatique ne concernait, à peu de chose près, que les températures. Malgré quelques coups de semonce précoces (dont notamment 2003 et 2006/2007), le climat de nos régions semblait à chaque fois se remettre de sa maladie et poursuivre son bonhomme de chemin. Cela signifie en d’autres termes que nous gardions notre climat tempéré et souvent pluvieux, avec juste un petit degré de plus. Donc quelques petits jours d’été en plus, et quelques petits jours d’hiver (avec phénomènes associés comme la neige) en moins. À partir de 2014, et surtout à partir de 2015, tout semble basculer. Même nos périodes pluvieuses n’appartiennent plus à notre climat. Il s’agit de moins en moins de circulations d’ouest, avec nos bonnes vieilles perturbations atlantiques, mais de pluies qui restent coincées chez nous par des situations de blocage et qui donnent beaucoup trop d’eau. Ces mêmes blocages, à d’autres moments, nous valent de longues périodes de sécheresse et/ou de températures tout à fait anormales. Le mois de décembre 2015 est l'un des premiers (mais hélas pas le dernier) mois à nous valoir une situation vraiment hors normes. Les blocages, voilà le maître mot. Le ralentissement général du jet-stream, lié à la diminution des contrastes entre latitudes polaires et tempérées, est en train de complètement chambouler notre climat, mais aussi celui des autres. Si l’Europe occidentale souffre surtout de ces situations de blocage en été, ces blocages font fortement ressentir leur effet en Méditerranée aussi en hiver. Notamment l’Espagne et le Portugal sont touchés. Une modification de la position moyenne de l’anticyclone des Açores semble y renforcer les sécheresses hivernales. Or, l’été y est déjà naturellement sec, si l’hiver le devient aussi, cela risque de poser de graves problèmes. Et ces problèmes, ils sont déjà là, pour eux mais aussi pour nous. Expliquons-nous. Il y a d’abord le réchauffement climatique proprement dit qui fait monter les températures à toutes les saisons et par toutes les situations atmosphériques ou à peu près. C’est ce qui nous vaut cette hausse des moyennes de température, de quelques 2,3°C dans nos régions par rapport à l’ère préindustrielle. Et puis, il y a ces modifications dans la circulation atmosphérique générale, qui provoquent une modification de la fréquence des types de temps que nous rencontrons. Ceci aura (et a déjà) un énorme impact sur la répartition des précipitations. De plus en plus, nous évoluons vers une alternance de périodes trop pluvieuses et de périodes trop sèches. En outre, l’effet modérateur de l’Océan sur les températures, dont nous bénéficions par circulation d’ouest, sera de moins en moins présent. Ce qui signifie que nous serons de plus en plus confrontés à des remontées d’air torride et des descentes d’air froid. Pour ce qui concerne le froid, la nouvelle configuration atmosphérique le favorise, mais le réchauffement climatique le contrecarre. Il y a donc des évolutions dans des sens opposés. Pour la chaleur par contre, les évolutions vont dans le même sens, c’est-à-dire celui de la multiplication et de l’intensification des phénomènes chauds. À cela s’ajoutent encore les changements climatiques qui se produisent ailleurs. Par exemple le dessèchement de l’Espagne est en train d’y rendre les étés encore plus chauds qu’ils n’étaient déjà. Ce qui fait que si la fréquence des coups de chaleur venant de ce côté augmente à cause des blocages à répétition, l’intensification se fait par la modification du climat espagnol, qui se combine à notre réchauffement climatique à nous. L’explication des canicules intenses (et parfois longues) que nous connaissons ces dernières années (2018, 2019, 2020 et 2022) est à rechercher là.
  7. BRUSQUE MONTÉE DE LA TEMPÉRATURE EN PLEINE NUIT Dans la nuit du 18 au 19 juin 2022, la station de Membach, située non loin d’Eupen, a connu une brusque montée de la température en pleine nuit. En effet, la température y est passée de 18,3°C à 1 heure du matin à 27,5°C à 2 heures du matin. Ensuite, la température s’est maintenue à un haut niveau (> 25°C) jusqu’à 4h30 environ avant de revenir, en peu de temps, à 18°C puis même à 15°C. Source : Belgische Meteo Club Belge Un tel phénomène rappelle immanquablement les fameuses « heat bursts ». C’est quoi, une « heat burst » ? Au départ, ce n’est autre chose qu’une rafale descendante. Les heat bursts se produisent dans les cumulonimbus à base élevée, aussi nommés altocumulonimbus (altocumulus castellanus qui s’est développé en cumulonimbus), lorsque l’averse doit traverser une couche d’air sec située plus bas et que les précipitations s’évaporent (virga). Au départ, il s’agit donc d’air froid entraîné vers le bas par l’averse, devenant plus froid que l’air environnant, ce qui accélère encore sa chute. Seulement, une fois l’averse évaporée, l’air dans sa chute passe de l’adiabatique humide à l’adiabatique sèche et se réchauffe de 1°C par 100 mètres. De ce fait, l’air finit par devenir plus chaud que l’air environnant mais, par inertie, continue sa chute un certain temps encore et atteint parfois le sol. Dans ce cas, classiquement, l’air est de 7 à 8°C plus chaud que l’air environnant mais peut, dans les cas extrêmes, être plus de 10°C plus chaud. La heat burst, en touchant le sol, se comporte comme n’importe quelle rafale descendante, avec de l’air qui s’étale dans tous les sens et un vent qui augmente. Sauf que, contrairement à la rafale descendante, nous n’avons pas un air frais et humide, mais un air chaud et sec. Les heat bursts sont plutôt rares en Europe, mais plus fréquentes dans d’autres parties du monde, comme par exemple dans les plaines centrales des États-Unis. Dans les pays désertiques, des heat bursts « brûlantes » sont possibles lorsque des restants de zone orageuse arrivent jusque là. Toutefois il faut se méfier de certains témoignages, qui semblent être exagérés. Près de nos régions, la heat burst la plus remarquable a été celle de Troyes, avec une température qui était passée de 24 à 33°C au beau milieu de la nuit du 15 au 16 juillet 2015, avant de retomber presque aussi vite. Analysons à présent ce qui s’est passé à Membach (Baelen), non loin d’Eupen, en cette nuit du 18 au 19 juin 2022. La nuit en question fait suite à une journée particulièrement chaude, avec des températures souvent comprises entre 32 et 35°C en plaine et entre 29 et 31°C sur les hauteurs. Dans certaines vallées (dont celle de Membach), les 35°C ont également été atteints. Le temps a été ensoleillé mais sous un ciel quelque peu délavé, lié d’une part à de minces cirrus, mais surtout à la présence de sable saharien dans l’air, témoin de ce transport d’air tropical direct. En soirée et la nuit, l’air se refroidit généralement par contact avec le sol qui se refroidit, mais à quelques centaines de mètres de hauteur, la chaleur du jour se maintient plus longtemps et se fait encore sentir la nuit. La nuit du 28 au 29, une grande partie du pays est concernée par le passage d’un faible front froid, mais le sud et l’est du pays restent dans l’air chaud avec, à quelques 300 mètres au-dessus du sol, une température de 27°C. En surface, les températures sont très variables en fonction de la topographie des lieux, avec, dans la région et en milieu de nuit, une fourchette allant de 13 à 24°C en fonction de l’exposition (plateau, vallée…). La station de Membach, à 252 mètres au-dessus du niveau de la mer, se trouve plutôt dans une situation de vallée, avec là une température de 18-19°C en milieu de nuit. Alors comment expliquer cette hausse de 9°C en l’espace de 40 minutes ? La « heat burst » serait une première explication, mais pas mal d’arguments plaident contre une heat burst. En premier lieu, le phénomène est trop important dans la durée. La température reste élevée pendant 3 heures, ce qui est trop pour une heat burst, qui ne dure en général pas (beaucoup) plus d’une heure. D’autre part, il n’y a pas de chute significative du point de rosée (qui reste proche de 15-16°C), alors que c’est généralement le cas lors d’une heat burst. La présence d’altocumulus castellanus dans la région est par contre un argument en faveur d’une heat burst. Quelles sont les autres causes possibles d’une telle montée des températures en pleine nuit ? 1. Le brassage de l’air Par vent faible ou nul, l’air a tendance à se refroidir près du sol mais à rester bien plus chaud à quelques centaines de mètres de hauteur. L’inversion, la nuit du 18 au 19 juin, se trouvait vers les 500 mètres d’altitude, donc quelques 200-300 mètres au-dessus du sol de Membach. Lorsque le vent se lève (même un petit peu), l’air chaud des couches de l’atmosphère situées juste au-dessus se mélange avec l’air froid des basses couches, et si l’inversion est marquée (ce qui est le cas), le réchauffement peut être très brusque. Il sera d’autant plus marqué qu’il y a un peu de turbulence, avec un air qui, dans la partie descendante des tourbillons, se réchauffe adiabatiquement de 1°C par 100 mètres et va donc se retrouver au sol avec une température (légèrement) supérieure à celle de la couche chaude. 2. Le pseudo-foehn Le phénomène n’est pas très différent, sauf que le relief intervient plus directement. L’air au-dessus des plateaux est plus doux que celui des vallées. Si le vent souffle un peu, cet air va déborder des plateau et s’enfoncer dans certaines vallées en collant un certain temps aux pentes. En descendant ainsi, cet air se réchauffe, adiabatiquement aussi, de 1°C par 100 mètres. À l’heure du phénomène, la température était de 22 à 23°C sur les Hautes-Fagnes (à presque 700 mètres d’altitude) et localement de 24°C sur les plateaux un peu plus bas (500-600 mètres). Si cet air-là a réussi à se retrouver dans le fond d’une vallée à 200-300 mètres d’altitude, une température de 27-28°C est tout à fait plausible. Une fois que le vent se calme, le fond de la vallée se refroidit à nouveau très vite et la température retrouve son niveau d’avant le phénomène chaud, et peut même poursuivre son refroidissement dans les heures qui suivent. En tout cas, cette première analyse plaide plus en faveur de l’une des deux hypothèses décrites ci-dessus que pour celle d’une véritable heat burst.
  8. UNE CANICULE QUI NAÎT DANS LA FRAÎCHEUR En altitude, dès le 12 juin, les ingrédients d’une vague de chaleur se mettent en place, avec deux crêtes chaudes, l’une au milieu de l’Océan et l’autre sur l’Espagne et la France, et entre les deux, un creux qui se rapproche rapidement des côtes du Portugal. Au sein de ce creux, une dépression forme de plus en plus une circulation fermée (goutte froide), avec les deux crêtes qui tentent de se rejoindre au nord de cette dépression d’altitude. En date du 16 juin, la dépression d’altitude est profonde et son flanc oriental touche désormais le Portugal. Source : Météociel Dans les couches moyennes, cette configuration fait remonter un air extrême chaud, issu du Sahara, vers l’Espagne, puis vers le sud-ouest de la France. L’isotherme de 20°C, au niveau 850 hPa, atteint les Pyrénées dès le 12 juin et se retrouve, le 16 juin, sur une ligne qui va de Nantes à Marseille en passant plus ou moins par Poitiers et Clermont-Ferrand. Au-dessus de l’Espagne, on observe des poches d’air jusqu’à 28°C tandis que les 24°C viennent lécher le sud-ouest de la France. Il n’est donc pas étonnant que les températures en surface dépassent parfois 40°C en Espagne et qu’on observe déjà, en date du 16 juin, des valeurs de 37-38°C sur le sud-ouest, et localement aussi sur le sud de la France. Chez nous par contre, ce sont encore les anticyclones thermiques, situés bien plus au nord, qui prédominent et nous donnent des températures bien agréables, dans un premier temps, sous des vents à composante septentrionale. À partir du 17 juin, ces hautes pressions, mieux soutenues par la crête en altitude, parviendront aussi à s’installer sur le continent, ouvrant ainsi la porte de notre pays aux courants du sud et à la chaleur. 13 juin 2022 Après une journée ensoleillée mais tempérée, la veille, à l’arrière d’un front froid, nous nous retrouvons plus profondément dans l’air frais en ce 13 juin. Le matin est même froid au sud et à l’est du pays, avec 3,5°C à Elsenborn ; 5,8°C à Mont-Rigi ; 6,2°Cà Buzenol et 6,3°C à Saint-Hubert. En Campine aussi, la température descend en dessous de 10°C par endroit. En journée, malgré le soleil, les températures ne dépassent souvent pas les 20°C en plaine. Au littoral, on observe 17°C pour 18 à 19°C, parfois 20 ou 21°C en Basse et Moyenne Belgique, et 15 à 17°C en Haute Belgique, le tout sous un vent de nord-ouest qui s’oriente plus tard au nord. Le ciel est lumineux avec quelques stratocumulus / altocumulus matinaux, suivis de cumulus dodus qui, peu à peu, s’aplatissent et finissent par disparaître pour faire place à un ciel tout à fait serein. En bordure de mer, le ciel est même serein, ou presque, tout au long de la journée. L’air très chaud, en ce moment, se cantonne encore à l’Espagne et à l’extrême sud de la France. 14 juin 2022 Le temps de nos régions est déterminé par une ceinture d’anticyclones thermiques qui passe juste au nord de nos régions. Le vent plutôt calme et le ciel serein dans un air déjà frais au départ a fait descendre les températures nocturnes plus bas encore que la veille. Les minima : 1,3°C à Elsenborn ; 4,7°C à Bièvre ; 4,8°C à Mont-Rigi et encore 5,1°C à Retie et à Koersel. En journée, grâce au vent soufflant principalement de nord-est, l’air devient plus continental et les températures maximales atteignent des valeurs déjà plus élevées. En plaine, on observe 21 à 23°C, et 20 à 21°C sur les hauteurs. Le ciel est serein en matinée, garni de cirrus l’après-midi et à nouveau serein le soir (sauf sur le sud du pays où les cirrus persistent). L’air très chaud se trouve à présent au sud d’un pseudo-front chaud et affecte tout le sud-ouest et le sud de la France, où les températures dépassent les 35°C en bien des endroits. Source : KNMI 15 juin 2022 L’élément thermique est toujours bien présent dans les anticyclones de surface, avec entre autres un noyau sur le proche Océan et un noyau sur la Mer du Nord. Les vents restent donc bien orientés au nord-est, avec même une tendance nord en soirée. Malgré cela, il fait moins frais que la veille. Seul Elsenborn descend en dessous de 5°C (4,9°C) pendant que certaines vallées sont assez froides aussi, comme par exemple à Hastière avec 7,2°C à 8h. En journée, à l’exception du littoral (19 à 21°C), les températures atteignent déjà des valeurs estivales avec le plus souvent 25 à 26°C en plaine et 24 à 25°C sur les hauteurs. En Campine, le thermomètre affiche 28,0°C à Koersel tandis qu’au sud-est du pays, plusieurs stations atteignent ou dépassent les 28°C comme Buzenol (28,2°C), Gouvy (28,0°C) et Hastière (28,0°C). Dans l’extrême sud de la Gaume (Lamorteau, Torgny), les valeurs sont même de 29 à 30°C. Le ciel est serein ou presque en matinée, mais des altocumulus castellanus (parfois aussi floccus) apparaissent l’après-midi et le soir. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 15 juin 2022 à 16h10 et 21h30 Sur la France, un véritable système frontal s’est formé à partir d’un noyau dépressionnaire sur le centre de ce pays. Ceci a permis à l’air chaud de remonter encore un peu plus. Les températures atteignent 33-34°C dans différentes villes comme Lyon (33,9°C), Dijon (33,7°C) ou Tours (33,3°C). Plus au sud, il commence à faire étouffant avec, par exemple, 37,0°C à Toulouse et 36,7°C à Carpentras. Source : KNMI 16 juin 2022 Aujourd’hui, nous restons encore à l’abri de la chaleur excessive. Un anticyclone gonfle sur nos régions, mais son noyau reste au nord et nous continuons à bénéficier d’un air maritime certes desséché et continentalisé, mais gardant sa petite fraîcheur (toute relative). Les températures, sous un bon petit vent de nord-est, sont même en légère baisse avec 25 à 26°C en plaine (23°C en bord de mer) et 21 à 23°C sur les hauteurs. Le temps est à nouveau très beau, même si quelques cirrus plus épais occupent temporairement le ciel. Webcam MB – Liers – 16 juin 2022 à 19h50 En France, l’influence de l’anticyclone semi-maritime fait quelque peu reculer la chaleur, par contre celle-ci se renforce sur le sud. Toulouse note 38,1°C, Nîme 37,7°C, Bordeaux 36,3°C. Les villes comme Lyon, Dijon et Tours marquent quant à elles un status quo ou une légère baisse, avec respectivement 33,9°C, 32,0°C et 31,5°C. Paris-Montsouris baisse un peu aussi, passant de 31,0°C à 30,4°C. 17 juin 2022 La situation atmosphérique en altitude n’a guère évolué, mais bien en surface. En altitude, la goutte froide juste au large du Portugal n’a pas bougé mais s’est atténuée. En contrepartie, la crête, qui n’a pas bougé non plus et qui se trouve toujours sur l’Espagne et la France, s’est quelque peu renforcée, si bien que des formations anticycloniques en surface deviennent plus faciles même sur le continent chaud. Et le noyau de hautes pressions en surface s’est effectivement décalé vers le centre de l’Allemagne. Cette nouvelle situation a radicalement changé la donne au niveau des vents, qui soufflent à présent en moyenne de sud, avec même une tendance sud-ouest. Plus rien n’est dans le chemin pour que l’air chaud remonte jusqu’à chez nous. Et on le remarque tout de suite aux températures, qui atteignent 30 à 31°C partout en plaine, et encore 26 à 27°C sur les hauteurs. Comme il aura fallu un peu attendre pour que cet air chaud se propage sur notre pays, les maxima seront souvent atteints en fin d’après-midi, voire en début de soirée. Au littoral, la situation est différente. Les maxima de 29 à 30°C sont atteints, là, en début d’après-midi, juste avant qu’une brise de mer d’ouest à nord-ouest fasse quelque peu rebaisser les températures. Cependant, malgré quelques rafales venues de la mer, la température s’accroche à 26-27°C en fin d’après-midi. Peu après 20 heures, cette brise de mer finit par atteindre Bruges, sous une forme affaiblie et sans baisse significative de la température. Le ciel est nuageux le matin, avec des cirrus et d’importants bancs d’altocumulus, ensuite le temps devient très beau, tantôt serein, tantôt légèrement voilé par des cirrus. Au littoral, on voit quelques altocumulus castellanus le soir. En France, une grande partie du territoire est désormais concernée par des températures extrêmes. Le sud et le sud-ouest sont les plus touchés. À Carcassonne, le maximum s’élève à 40,7°C, et à 40,6°C à Nimes. Dans cette dernière ville, la brise de mer parvient à s’imposer en fin d’après-midi au sud de la ville et en soirée au nord, avec une chute des températures de 9 à 10°C en quelques deux heures. Au sud-ouest de la France, c’est l’inverse qui se produit. À Biscarrosse (en bordure du Golfe de Gascogne), on observe une température bien agréable de 27,8°C à 17 heures, puis un vent brûlant venant de l’intérieur des terres fait monter le thermomètre jusqu’à 39,7°C entre 18 et 19 heures. À Paris, on transpire déjà bien aussi avec 34,9°C à Montsouris (maximum atteint entre 18 et 19 heures !) Enfin, au niveau 850 hPa, l’isotherme de 20°C finit par gagner toute la France et vient lécher la frontière belge en soirée. 18 juin 2022 La canicule a été un brin moindre de prévu, mais il a fait très chaud quand même et, ici et là, quelques records ont été battus pour la 2e décade de juin. En altitude, la situation n’a toujours pas changé, avec les deux vastes crêtes séparée par la goutte froide accrochée à l’ouest des côtes portugaises. Au nord cependant, une dépression qui se trouvait loin sur l’Océan est venue s’installer entre l’Islande et la Norvège, si bien que les contrastes thermiques ont augmenté, les isobares se sont resserrés et une circulation d’ouest est devenue active juste au nord de nos régions. Ces contrastes se sont répercutés jusqu’au niveau 850 hPa, avec 20°C sur le nord de la France et 0°C sur l’Écosse. En surface, l’anticyclone a été poussé plus loin vers l’est, sur le Continent, et avec des pressions en baisse sur les façades ouest et nord-ouest du Continent, l’acheminement d’air tropical continental de type saharien, nous arrivant via l’Espagne, a encore été renforcée. Toutefois, c’est justement le sable saharien présent dans l’atmosphère qui a quelque peu terni le ciel et affaibli le soleil, de telle manière que les maxima ont été de 1 à 2°C en deçà des prévisions. Malgré cela, les températures, avec des valeurs de 31 à 35°C en plaine et de 29 à 31°C sur les hauteurs, se sont sont souvent rapprochées des records et les ont même battus ici et là. Comme vous allez le voir dans les chiffres ci-dessous, les records ont été surtout battus au centre-ouest et au centre-sud-ouest du pays, alors que l’extrême nord et l’extrême ouest ont été un peu moins touchés par cette chaleur. Au littoral, on n’a même rien vu de la chaleur, avec des maxima de 21°C en bordure de mer et de 23 à 25°C dans les dunes. Cette bande de fraîcheur relative, avec des maxima ne dépassant pas 25°C, s’est étendue jusqu’à une dizaine de kilomètres de la côte. Températures maximales du 18 juin 2022 accompagnées des records sur les 40 dernières années (quand disponibles) Flandre Occidentale Zeebruges : 21,2°C Middelkerke : 22,9°C ; record : 32,2°C (19/06/2000) Coxyde : 24,8°C ; record : 33,4°C (19/06/2000) Dunkerque (FR) : 22,1°C ; record : 32,3°C (19/06/2005) Beitem : 31,9°C ; record : 33,1°C 20/06/2005) Flandre Orientale Semmerzake : 32,6°C ; précédent record : 32,2°C (19/06/2000) Melle : 32,7°C Province du Hainaut Chièvres : 34,8°C ; précédent record : 33,1°C (20/06/2005) Charleroi-Gosselies : 32,7°C ; record : 33,6°C (20/06/2005) Lille (FR) : 34,0°C ; ancien record : 32,9°C (20/06/2005) Brabant Wallon, Brabant Flamand et Bruxelles Beauvechain : 33,4°C ; record : 34,3°C (20/06/2005) Zaventem : 32,6°C ; record : 33,9°C (20/06/2005) Bruxelles-Uccle : 32,6°C ; record : 32,9°C (20/06/2005) Province d’Anvers Stabroek : 31,0°C ; record : 34,6°C (20/06/2005) Anvers-Deurne : 31,5°C ; record : 34,4°C (20/06/2005) Sint-Katelijne-Waver : 33,3°C ; record : 34,5°C (20/06/2005) Province du Limbourg Kleine Brogel : 33,0°C; record: 36,3°C (20/06/2005) Koersel : 34,3°C ; record : 35,6°C (20/06/2005) Maastricht (NL) : 33,1°C ; record (40 ans) : 33,6°C (18/06/2002) mais 33,8°C le 13/06/1964 Province de Liège Liège-Bierset : 32,8°C ; record : 34,8°C (20/06/2005) Sprimont : 34,1°C Spa-aérodrome : 31,0 ; ancien record : 30,9 (20/06/2005) Mont-Rigi : 29,6°C ; 30,2°C (18/06/2002) Elsenborn : 30,8°C ; record : 31,9 (18/06/2013) Province de Namur Rochefort : 34,6°C ; record (40 ans) : 33,0°C (20/06/2005) mais 34,6°C le 12/06/1964 Florennes : 31,9°C ; record : 32,5°C (20/06/2005) Dourbes : 32,7°C ; record : 33,3°C (20/06/2005) Province du Luxembourg Saint-Hubert : 29,1°C ; record : 29,3°C (17/06/2002) Buzenol : 32,8°C Torgny : 34,0°C Luxembourg (LX) : 33,8°C ; ancien record : 33,5°C Le temps : le ciel est serein ou presque partout, mais quelque peu délavé par la présence de poussières sahariennes. On observe parfois aussi de très fins cirrus. En soirée, on note aussi de rares altocumulus. Au littoral, dans l’air turbulent et frais de la mer, des cumulus fractus se forment temporairement le soir. Les vents soufflent de sud à sud-ouest. Dès la matinée, une brise de mer de nord à nord-est se met en place. En après-midi, un faible front viendra se mêler au front de brise de mer, et le fera avancer en soirée jusqu’au centre du pays. Durant la nuit, les vents de nord à nord-est poursuivent leur progression et mettent ainsi un terme à la chaleur. Ci-dessous, la situation à 17 heures. On remarquera les forts contrastes thermiques règnant sur l’ouest du pays à ce moment-là. Source de la carte : Infoclimat La France, à l’exception de certaines côtes, est soumise à une chaleur terrible, avec des valeurs souvent comprises entre 34 et 37°C au nord et (à basse altitude) entre 37 et 40°C au sud. Le sud-ouest est plus touché encore, avec des valeurs pouvant aller jusqu’à 42, voire 43°C. À Biarritz, le maximum atteint 42,9°C entre 15 et 16 heures sous un vent irrégulier de sud, avant de chuter brutalement sous un fort vent d’ouest (rafales jusqu’à 75 km/h). À 18 heures, il ne fait plus que 22,4°C. À Biscarrosse, on monte jusqu’à 41,7°C, et jusqu’à 41,9°C à Cazaux et à Cap Ferret. Bordeaux, avec 40,5°C, dépasse la barre des 40°C aussi, et c’est encore le cas pour Angers (40,1°C), pourtant bien plus au nord. Enfin, on remarquera encore les 39,8°C d’Auxerre. 19 juin 2022 Le front froid a continué sa progression sur notre pays, sans toutefois réussir à atteindre la Gaume. Cette partie du pays est donc restée dans des conditions très estivales, sous le soleil et des températures particulièrement chaudes. Commençons par le sud de la Gaume et le pays d’Arlon. Dans cette région, le temps est à nouveau très beau, toujours avec un ciel quelque peu délavé, temporairement aussi avec un mince voile de cirrus et parfois quelques bancs d’altocumulus castellanus. Le vent est très hésitant, mais grâce au massif ardennais, les infiltrations d’air plus frais ont du mal à passer, même lorsque le vent de surface tend, parfois, à s’orienter au nord. Les maxima, atteints en début d’après-midi, se situent autour des 32°C, tant à Virton qu’à Torgny, Étalle ou encore Arlon. Par après, les températures entament certes une baisse, mais restent à des niveaux assez élevés. On notera surtout les températures exceptionnelles de la nuit du 18 au 19. Sur certains plateaux et à des endroits privilégiés, la température nocturne ne descend pas en dessous de 22-23°C. À Torgny, on observe un minimum de 23,2°C, et de 22,1°C à Arlon. Les stations de vallée descendent quant à elles à 16-17°C, mais dès 8 heures du matin, on y observe aussi de 23 à 25°C ! En matinée, quelques infiltrations d’air plus frais réussissent très temporairement à faire baisser la température, mais n’empêchent pas la canicule plus tard en journée. Au nord de la Gaume, le ciel est déjà plus changeant, avec des voiles parfois plus épais et des altocumulus castellanus plus nombreux, et assez développés le soir. Les températures, là, atteignent quelques 28-29°C, également en début d’après-midi, avant une chute plus marquée des températures. La Basse et la Moyenne Belgique sont à l’arrière du front froid, avec cette fois-ci une chute spectaculaire des températures par rapport à la veille. Les maxima, en effet, n’y dépassent plus 16 à 21°C, 16°C à l’ouest des plaines et 20 à 21°C à l’est des plaines, ainsi que localement au centre du pays. Ci-dessous, quelques températures maximales avec, entre parenthèses, celles de la veille : Beitem : 16,4°C (31,9°C) Melle : 17,3°C (32,7°C) Semmerzake : 17,3°C (32,6°C) Chièvres : 18,2°C (34,8°C) Retie : 18,3°C (32,6°C) Schaffen : 19,6°C (33,8°C) Lille (FR) : 17,1°C (34,0°C) Si des chutes de températures de 10°C, d’un jour à l’autre, sont fréquentes en été, des chutes de 14 à 16°C, voire plus, sont excessivement rares et dignes d’être mentionnées. Le ciel : encore beau le matin, avec cirrus et altocumulus castellanus, parfois très développés, puis très nuageux avec cirrostratus / altostratus doublé de nombreux stratocumulus. Ces stratocumulus se développent parfois aussi en castellanus, avec des parties du ciel fort sombres et quelques pluies. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 19 juin 2022 à 8h20 et 8h40 À noter aussi la présence d’une très forte inversion entre l’air froid des basses couches et l’air très chaud persistant jusque dans les couches moyennes inférieures de l’atmosphère. Le vent qui y souffle, et qui passe au-dessus de l’air froid beaucoup plus dense, y forme de véritables vagues comme à la mer, si bien que les stratocumulus qui s’y forment deviennent parfois de véritables asperatus undulatus, comme par exemple à Liège. Crédit photo : Pierre Hansoul Dans les éclaircies qui se redéveloppent le soir, l’on revoit des altocumulus castellanus. Au littoral, les stratocumulus sont prédominants, et on y observe aussi quelques averses. Le temps y est froid, avec 15 à 16°C seulement au meilleur moment de la journée, et un vent assez fort et désagréable de nord-nord-est. Le contraste de température par rapport à la veille y est pourtant moindre puisqu’il y a fait nettement moins chaud. À noter que tôt le matin, de l’orage y a été observé, avec des rafales jusqu’à 65 km/h. L’Ardenne marque une zone de transition, avec là des éclaircies notamment l’après-midi. Saint-Hubert se retrouve passagèrement dans l’air chaud, avec un vent revenant brièvement au sud-est et une température montant temporairement jusqu’à 23,6°C en début d’après-midi (mais à 10 heures, il ne faisait que 13,4°C par vent de nord-nord-ouest). À la frontière belgo-allemande, entre l’Eiffel et les Hautes-Fagnes, il se produit un phénomène similaire, mais beaucoup plus intense, avec une température de 19°C qui, pendant une heure ou deux, monte jusqu’à 28°C avant de retomber à 19°C, et ce à une altitude de 649 mètres. Ci-dessous, une carte montrant la limite très marquée entre l’air frais et l’air chaud, telle qu’elle se présentait à 17 heures. À ce moment-là, l’air le plus chaud a déjà quitté la Belgique. Source : Infoclimat À présent, les températures sont très élevées sur le centre et l’est de la France, avec 37,7°C à Strasbourg et 37,2°C à Colmar. Plus vers le centre de la France, on observe encore 35,8°C à Nevers. L’Allemagne est à son tour touchée par la canicule, avec 37,1°C à Berlin ; 37,3°C à Leipzig ; 38,2°C à Dresde et 39,2°C à Cottbus. Enfin chez nos voisins luxembourgeois, la température est montée jusqu’à près de 34°C à Remich. Conclusion Le front ne bougera guère durant la nuit du 19 au 20 juin tandis qu’une ligne de convergence préfrontale se forme du côté chaud du front et vient se placer sur la Gaume. Cette ligne est remontée du sud-ouest de la France et se s’étend en milieu de nuit du centre de la France à l’extrême ouest de l’Allemagne. Elle est le théâtre de fortes pluies et d’orages parfois violents, avec notamment un arcus nocturne impressionnant. À Buzenol, on recueille 37,5 mm au pluviomètre, dont 30 mm tombés entre 1 et 3 heures du matin. À Lamorteau, on relève 27,0 mm en deux averses (19,6 mm et 6,0 mm, et encore un peu de pluie après). Par la suite, les orages et averses continueront leur route et Mont-Rigi, à 11 heures, aura reçu pas moins de 33,5 mm, dont notamment 10,4 mm entre 2 et 4 heures et 21,2 mm entre 9 et 11 heures. En ce 20 juin à 11 heures, les températures en Belgique varient généralement entre 15 et 17°C en plaine et ne dépassent guère 8°C sur les hauteurs. En Gaume, il fait 14 à 16°C et la chaleur semble bien avoir quitté le pays. Mais sans vraiment s’en éloigner. D’après les prévisions, le temps pourrait redevenir (assez) chaud dans les jours qui viennent. Wait and see…
  9. JUIN 2022 : UNE CANICULE EN PRÉPARATION ? Nous voilà à l’aube de températures caniculaires qui pourraient devenir exceptionnelles. Mais quand les températures ont-elles déjà été exceptionnelles à cette période de l’année ? Considérons la deuxième décade de juin. Nous pouvons constater que cette décade n’a généralement pas été propice aux grands coups de chaleur. En 1964 cependant, le sud et l’est du pays ont connu des températures élevées les 12 et 13 juin. À Rochefort, la température était montée jusqu’à 34,6°C le 12 pendant que Virton enregistrait 32,2°C. Le 13, Bierset est montée jusqu’à 31,6°C et la Baraque Michel, dans les Hautes-Fagnes, enregistrait encore 27,3°C. Sinon, les records sont généralement assez récents et remontent à 2000, 2002, 2005 ou, plus rarement, 2013 (Haute-Belgique). Ci-dessous, la liste des températures les plus élevées des 40 dernières années, sur la période du 11 au 20 juin. Flandre Occidentale Knokke : 32,4°C (20/06/2005) Middelkerke : 32,2°C (19/06/2000) Coxyde : 33,4°C (19/06/2000) Beitem : 33,1°C 20/06/2005) Flandre Orientale Moerbeke-Waas : 33,3°C (20/06/2005) Eeklo : 33,0°C (20/06/2005) Gand-Zelzate : (19/06/2000) Semmerzake : 32,2°C (19/06/2000) Kruishoutem : 33,4°C (20/06/2005) Province du Hainaut Néchin : 32,7°C (20/06/2005) La Hestre : 32,0°C (20/06/2005) Charleroi-Gosselies : 33,6°C (20/06/2005) Brabant Wallon, Brabant Flamand et Bruxelles Beauvechain : 34,3°C (20/06/2005) Zaventem : 33,9°C (20/06/2005) Bruxelles-Uccle : 32,9°C (20/06/2005) Province d’Anvers Stabroek : 34,6°C (20/06/2005) Anvers-Deurne : 34,4°C (20/06/2005) Sint-Katelijne-Waver : 34,5°C (20/06/2005) Geel : 34,2°C (20/06/2005) Province du Limbourg Gorsem : 34,8°C (20/06/2005) Meeuwen : 34,6°C (20/06/2005) Kleine Brogel : 36,3°C (20/06/2005) Koersel : 35,6°C (20/06/2005) Lanaken : 35,0°C (20/06/2005) Province de Liège Liège-Monsin : 34,6°C (20/06/2005) Liège-Angleur : 35,2°C (20/06/2005) Liège-Bierset : 34,8°C (20/06/2005) Spa-aérodrome : 30,9 (20/06/2005) Hockay : 30,6°C (17 et 18/06/2002) Mont-Rigi : 30,2°C (18/06/2002) Elsenborn : 31,9 (18/06/2013) Province de Namur Malonne : 33,3°C (20/06/2005) Ciney : 33,2°C (20/06/2005) Rochefort : 33,0°C (20/06/2005) Hastière : 33,8°C (20/06/2005) Florennes : 32,5°C (20/06/2005) Dourbes : 33,3°C (20/06/2005) Province du Luxembourg Nadrin : 31,4°C (20/06/2005) Saint-Hubert : 29,3°C (17/06/2002) Libramont : 29,7°C (20/06/2005) Arlon : 32,6°C (18/06/2002) Virton : 32,5°C (18/06/2002)
  10. UNE PETITE PÉRIODE DE BEAU TEMPS QUI SE TERMINE PAR DES ORAGES ET DE (TRÈS) FORTES PRÉCIPITATIONS Une circulation d’ouest très molle évolue par la suite en situation de semi-blocage avec un profond thalweg à l’ouest du continent européen. Ce thalweg évolue plus tard en goutte froide (cut-off-low). Cette goutte froide, au sud de l’Islande, associée à une légère crête en train de se former sur le continent, place graduellement notre pays dans des courants plus chauds. En surface, c’est l’élément thermique qui prime sur la répartition des pressions, avec des anticyclones sur l’Océan et la Mer du Nord, et des pressions plus basses sur la France. La France est d’ailleurs le théâtre de passages perturbés qui, bien souvent, prennent un caractère orageux. En fin de période, ces orages remontent vers nos contrées. 2 juin 2022 La journée commence dans le froid, avec des températures matinales souvent proches de 5°C en plaine et de 3°C sur les plateaux ardennais et fagnards. Mais aux endroits exposés, les températures sont bien plus basses avec –1,0°C à Elsenborn. Dans les « trous » à froid, on observe même –3,3°C à Bullange et –2,9°C à Bütgenbach. En journée, sous un vent qui, graduellement, s’oriente partout à l’est à nord-est, le temps est beau avec des cumulus qui, dans un permier temps, se développent jusqu’au mediocris et qui s’applatissent ensuite en humilis. À côté de cela, on observe quelques cirrus et quelques bancs d’altocumulus. À noter qu’au sud-ouest du pays, les cumulus sont peu nombreux, voire absents. Les températures atteignent 16 à 18°C au littoral, 20 à 21°C en plaine et 18°C sur les hauteurs. 3 juin 2022 Sous l’influence d’un anticyclone au nord de l’Écosse, les vents continuent à souffler d’est à nord-est, sauf sur l’extrême sud-est du pays où les vents tendent à venir du sud. Ces régions sont sous l’influence d’un front chaud qui frôle la Gaume. Le temps est beau, avec cirrus et quelques altocumulus, puis se voile de cirrus épais et de cirrostratus en raison de la proximité du front chaud. Des altocumulus castellanus trahissent une certaine instabilité des couches moyennes en soirée. Ici et là, quelques cumulus s’étaient également développés en journée. Les températures, en hausse sous l’influence de l’air continental, ont atteint 22 à 23°C sur les hauteurs et 24 à 26°C en plaine, sauf aux abords immédiats de la mer où la température n’a pas dépassé 19°C. 4 juin 2022 Le temps est particulièrement lours, surtout en soirée, avec à 19 heures des températures de 24 à 26°C à peu près partout, sauf dans les Hautes-Fagnes (22°C) et en bordure de mer (17°C). Ces températures, à peu de choses près, correspondent d’ailleurs au maxima de la journée. Un front chaud continue d’affecter le sud du pays avant de remonter vers le centre en fin de soirée et la nuit. Au nord de ce front, les vents soufflent toujours d’est à nord-est ; au sud du front, les vents soufflent de sud-est, ce qui crée une ligne de convergence. Le ciel est d’abord voilé de cirrostratus, puis ceux-ci s’effilochent pour faire place à un ciel serein ou presque. En soirée, les cirrostratus reviennent, avec parfois un ciel famboyant le soir. Webcam Merksplas À côté de cela, on note aussi quelques bancs d’altocumulus, souvent floccus. Au littoral et sur l’ouest du pays, on observe aussi de l’altostratus. Sur la Gaume, au sud du front chaud, des cumulus se développent. Sur les reliefs, où se situe aussi la ligne de convergence en journée, ces cumulus atteignent même le stade de congestus, avec parfois l’une ou l’autre petite averse. En soirée, des orages particulièrement virulents (à l'origine supercellulaires) remontent depuis le centre de la France et touchent la frontière belgo-française, sous la forme d'orages multicellulaires, peu après 22 heures en s’affaiblissant rapidement, mais en restant très pluvieux. À Rumillies (Tournai), il tombe 33,8 mm d’eau en fin de soirée, et 24,4 mm à Kain, toujours dans la région de Tournai. On y signale des inondations et une activité électrique encore intense. Crédit photo : Jean-Yves Frique (Belgorage) D’un autre côté, on relève en fin de soirée 18,6 mm à Herhet et 16,4 mm à Evrehailles. 5 juin 2022 En bien des endroits, c’est le déluge. Le front chaud recule d’abord, puis revient dans le cadre d’une ondulation complexe du front, qui affecte surtout la moitié est du pays. Source : KNMI Pendant que sous la perturbation, un altostratus translucidus couvre à peu près tout le pays, de nombreux développements instables voient le jour sous la masse nuageuse et forment bien souvent des cumulonimbus enclavés, se développant ici et là jusqu’à l’orage. Plus en détail, il s'agit d'une part d'une intense zone de pluie située le matin à cheval entre les provinces de Flandre Occidentale et Orientale, et d'autre part d'orages qui s'étaient déplacés, le matin aussi, de Cambrai à Gand en fusionnant et en se muant en zone de pluie tout en gardant quelques foyers très actifs. Vers 11 heures, ces perturbations s'affaiblissent, mais dès 13 heures, un nouvel axe pluvieux à caractère peu mobile se forme entre Ciney et Saint-Trond, une longue bande de pluies intenses qui se régénère sans cesse sur place en provoquant d'importantes précipitations sur une zone très limitée. En bref, on peut dire que c’est surtout l’intensité des pluies qui caractérise la journée. Ciel caractéristique de la journée. Ici Braine-l’Alleud à 18h Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Sur 24 heures, on a relevé : 84,3 mm à Andenne 78,2 mm à Landenne (près d’Andenne) 77,1 mm à Zoutleeuw (près de Saint-Trond) dont 60,7 mm en seulement 2 heures 66,5 mm à Saint-Trond Une autre station de Zoutleeuw (réseau BMCB) relève même 78,6 mm. La carte ci-dessous montre bien les endroits les plus touchés par les précipitations : Source : Belgische Meteo Club Belge Dans la Botte du Hainaut, la réunion des deux épisodes (nuit du 4 au 5 juin et journée du 5 juin) donne 84 mm d’eau à Momignies. Il va sans dire que de telles pluies mènent à de fortes inondations locales, dont une fois de plus, la région de Hannut est la plus touchée. Et comme d’habitude, il n’y en a pas pour tout le monde, certaines stations n’atteignant même pas 10 mm d’eau. Quant aux températures, elles sont modestes sous ce ciel très nuageux à couvert, avec 19 à 21°C en plaine et 17°C sur les hauteurs, tout comme au littoral.
  11. NOUVEAU RETOUR DE L’HIVER EN HAUTE BELGIQUE Après l’offensive de froid et de neige des trois premiers jours d’avril 2022, le temps est devenu plus « atlantique », avec des précipitations et des températures proches des normes saisonnières. Le 7 avril, le déplacement d’une dépression de l’Écosse au sud de la Scandinavie nous vaut même des vents forts. Des rafales de 80 à 90 km/h sont observées sur une grande partie du pays. Le 8 avril, une autre dépression prend un parcours plus méridional, avec des vents forts cette fois-ci sur la France (autour de 100 km/h sur la partie centrale, plus encore sur le sud). Source : KNMI On note aussi de fort contrastes thermiques au sud de Paris. À Orléans, la température atteint 15°C à 14h sous un fort vent de sud-ouest tandis qu’à 20h, sous un vent toujours assez fort, mais de nord, la thermomètre n’affiche plus que 5°C. Une heure plus tard, on passe à 3°C. À Troyes, on passe de 16°C à 15h à 2°C à 22h, avec de la neige qui se mêle à la pluie. Chez nous, ce sont surtout les Hautes-Fagnes et l’Ardenne qui sont frappées par le froid et la neige. À Mont-Rigi, sous des précipitations neigeuses soutenues par moment, la température ne dépasse pas 1,7°C à la mi-journée. Puis l’après-midi, on reste proche de 0°C. La neige, déjà présente au sol le matin, après une très légère tendance à la fonte vers midi, augmente rapidement l’après-midi pour atteindre une dizaine de centimètres en fin de journée. Crédit photo : Alexis Papapanayotou À Sourbrodt, où il fait un peu moins froid, la neige fond, mais est régénérée par de nouvelles chutes de neige avant de disparaître. Sur le Plateau Ardennais, on observe aussi une couche complète de plusieurs centimètres à Saint-Hubert l’après-midi, ainsi qu’à Traimont (Léglise). À Wideûmont, la neige a plus de mal à accrocher et l’enneigement reste incomplet. Des chutes de neige fondante sont observées jusque dans l’Entre-Sambre-et-Meuse avec, à Florennes, une température qui descend temporairement jusqu’à 0,7°C à 16 heures. L’extrême sud du pays connaît jusqu’à 20 mm de pluie en 12 heures. Le centre et le nord du pays sont épargnés (des pluies touchent cependant le Brabant Wallon par moments), mais le ciel y est voilé d’un altostratus souvent translucidus (cirrostratus dans l’extrême nord du pays), doublé de quelques cumulus / stratocumulus. Dans cette partie du pays, il fait certes trop frais pour la saison, mais pas vraiment froid, avec par exemple un maximum de 8,2°C à Uccle. Tout porte à croire qu’il s’agit là de la dernière offensive quelque peu hivernale.
  12. ÉPISODE HIVERNAL DU 31 MARS AU 3 AVRIL 2022 Après un mois de mars particulièrement printanier, un épisode hivernal majeur se dessine le dernier jour du mois avant de nous frapper de plein fouet les premiers jours d’avril. L’influence anticyclonique qui prédominait tout au long du mois de mars commence à s’estomper le 28, tandis qu’une perturbation quasi-stationnaire s’organise dès le 29 sur une ligne effleurant le sud de notre pays. En même temps, une autre perturbation descend du nord et finit par prendre la Belgique en sandwich. La première perturbation s’éloigne par la suite vers le sud tandis que la seconde, celle se trouvant encore au nord de notre pays, descend aussi vers le sud tout en continuant à onduler. Le 31, l’une des ondulations se trouvant à l’est de nos contrées prend de l’amplitude et forme un véritable retour d’est. Source : KNMI Analysons à présent ces journées en détail. 31 mars 2022 Le matin, le retour d’est se trouve encore à l’est de nos régions et le front froid parvient encore à progresser. Il aborde notre littoral en cours de nuit, puis pénètre dans le pays avant de s’arrêter sur le sud-est du pays et d’amorcer un mouvement de retour, sous forme de front chaud. Mais ce mouvement ne réussira pas vraiment et c’est, en fin de compte, la partie occluse qui parviendra à traverser le pays et ce, durant la nuit du 31 mars au 1er avril. Ci-dessous, la carte de 18h T.U. où l’on voit que toute la partie ouverte du système frontal se trouve à l’arrêt. Source : KNMI. Et à présent, la partie occluse du front qui se prépare à aborder le pays (carte de 00h T.U.). Source : KNMI À ce stade, seules les Hautes-Fagnes connaissent une véritable entrée de l’hiver, pendant que le littoral vit encore sous de typiques giboulées de mars. Entre les deux, le ciel est très gris. Voyons cela de plus près. La côte, en effet, se trouve entièrement dans l’air post-frontal, avec un ciel de traîne d’une grande beauté, digne des traînes irlandaises et écossaises. Les cumulus et cumulonimbus ne sont accompagnés de presque aucun autre nuage, si bien qu’il y a alternance de ciels bleus et de ciels menaçants, avec quelques bonnes averses à la clé, parfois accompagnées de grêle. La photo ci-dessous montre que les cumulonimbus sont parfois visibles de loin dans un ciel particulièrement limpide. Webcam MB – Le Coq – 31 mars 2022 à 12h45 Ce type de temps se propage l’après-midi jusqu’à la région de Gand et se retrouve, en fin de journée, également sur le centre et le centre-sud du pays. Mais avant, dans ces régions, le ciel était gris, très nuageux à couvert avec des stratocumulus se mouvant sous un altostratus. Sur les plus hauts plateaux, la journée est déjà bien hivernale, neigeuse avec fractus et parfois du brouillard lié aux nuages bas. Dans les Hautes-Fagnes, la neige tient au sol avec des accumulations atteignant temporairement presque 10 cm en milieu de matinée. Mais dès qu’on quitte le plateau, la neige perd rapidement en qualité avec des enneigements incomplets et temporaires, comme par exemple à Wirtzfeld et à Sourbrodt. Le vrai hiver reste à venir. 1eravril 2022 Dès la soirée de la veille au littoral, sous un vent fort, la pluie se transforme en neige avec des températures qui se rapprochent de 0°C. Mais là, ces températures remontent plus tard dans la nuit et la neige se retransforme en pluie. À Anvers par contre, la pluie qui se transforme en neige aux petites heures du matin forme aussitôt une couche de 1 cm au sol. À Bruxelles (Uccle), cette couche atteint 3 cm à 8 heures et montera jusqu’à 4-5 cm en milieu de matinée. L’aéroport de Bruxelles-National, à ce moment, relève 2 cm. Toutes les communes bruxelloises présentent un aspect blanc en matinée et, dans les parties plus hautes de la ville, la couverture neigeuse reste complète jusqu’en fin de journée. Il faut savoir qu’une grande partie de la Basse et Moyenne Belgique est enneigée en ce 1er avril. À 9 heures du matin, la couverture neigeuse est complète, entre autres, du côté de Mouscron, Roulers, Gand, Wetteren, Ninove, Waterloo, Braine-l’Alleud et Nivelles. Parmi les mesures officielles (8 heures), nous avons aussi 3 cm à Passendaele, 1 cm à Anvers et 1 cm à Koersel. Tout un symbole ! Nivelles le matin, crédit photo Babs Oux (Les fanas de neige en Belgique) Du côté de Namur, il faut attendre un peu, avec un enneigement qui se met en place que plus tard en matinée. À Cerfontaine, c’est jusqu’à la mi-journée qu’il faut attendre, pour un enneigement bref et peu significatif, tandis que les alentours de Liège ne reçoivent que peu ou pas de neige. C’est d’ailleurs vrai aussi pour le massif ardennais : Saint-Hubert n’a que des traces d’enneigement au sol. À Ciney, il est question de « quelques flocons qui voltigent parfois mais fondent en touchant le sol ». Dans les Hautes-Fagnes, la neige tombée la veille se maintient au sol. Notons que pour la Basse et Moyenne Belgique, les couvertures neigeuses complètes sont rares en avril, et le fait que cela se produise pendant deux années consécutives, 2021 et 2022, rend la chose encore plus remarquable. À Uccle, une couverture neigeuse complète en avril a été observée en 1903 (2 cm le 17 avril), en 1905 (3 cm le 5 avril), en 1913 (10 cm le 12 avril), en 1935 (2, 3 et 4 cm les 3, 5 et 6 avril), en 1938 (2 cm le 30 avril), en 1982 (1 cm le 13), en 2021 (7 et 4 cm les 6 et 7 avril) et en 2022 (3 cm le 1er avril (série d’observations : 1889-2022). Le ciel très nuageux à couvert, sous un nimbostratus neigeux suivi de stratocumulus, parfois doublés de cumulus et se situant sous une nappe de cirrostratus/altostratus, est responsable de températures maximales très basses pour un mois d’avril. À Uccle, ce maximum est de 2,4°C, et il faut remonter à 1966 pour trouver plus bas. Cette année-là, le thermomètre ne dépassa guère 1°C le 14 avril. À Bierset, le maximum reste coincé à 0,8°C, un dixième de degré plus bas que les 0,9°C le 11 avril 1986. À Florennes (279 mètres), on est déjà dans les gelées permanentes avec un maximum de –0,2°C. Dans les Hautes-Fagnes, le maximum s’établit à –2,0°C (record : –4,0°C le 11 avril 1986). En plaine, on remarquera encore le maximum de 2,2°C à Genk et de 2,4°C à Kleine Brogel. La région côtière connaît un temps moins gris, avec un nimbostratus pluvieux qui cède rapidement la place à un voile d’altostratus doublé de cumulus, altostratus qui s’effiloche à son tour avec de belles éclaircies qui s’en suivent, au milieu de cumulus plus ou moins développés. Là, les températures maximales s’établissent à 6°C, tandis qu’elles atteignent encore 5°C à Beitem et Passendaele (avec fonte complète de la neige). 2 avril 2022 Notre pays se trouve à présent soumis à des courants de nord-nord-est acheminant de l’air froid et faiblement instable d’origine arctique. Dans un premier temps, le ciel est encore voilé de cirrostratus / altostratus (sauf sur l’ouest), puis des éclaircies se développent avec cumulus et petits cumulonimbus donnant des flocons de neige et bien souvent des virgas. En dehors, on observe aussi une forte tendance à l’étalement, avec diminution progressive des éclaircies. Sur l’est du pays, le ciel est d’abord couvert avec chutes de neige. Bien des régions qui ont été épargnées, ou presque, par la neige la veille sont à présent blanches. C’est notamment le cas de Beausaint, de Saint-Hubert mais aussi de Liers, près de Liège. Dans les Hautes-Fagnes, la couche atteint désormais 11 cm à Mont-Rigi. À Soiron (hauteurs de Pépinster-Verviers), on signale 7 cm à 260 mètres d’altitude. À Weisser Stein (frontière belgo-allemande), on parle même de 18 cm. Hockai, crédit photo Samuël Nottebaert (Les fanas de neige en Belgique) Le côté ardennais, par contre, reste le parent pauvre. Même si la situation neigeuse est bien meilleure que la veille, ce n’est toujours pas ça. À Beausaint (376 m), par exemple, la mince couche de neige présente le matin fond dès midi et disparaît en début d’après-midi. Les températures maximales, grâce aux éclaircies en de nombreux endroits, sont moins froides que la veille, mais restent bien en dessous des normes saisonnières, avec 5 à 7°C en plaine et 0 à –2°C sur les hauteurs. Mont-Rigi ne dépasse pas –1,6°C, Saint-Hubert ne dépasse pas –0,4°C. La limite des gelées permanentes se situe vers les 500 mètres d’altitude. Le soir et la nuit, le ciel se dégage en toutes régions et les températures dégringolent. 3 avril 2022 Il fait froid ! Au petit matin, certaines températures sont inférieures à –5°C même en Basse Belgique. C’est le cas, notamment, à Retie (–5,3°C) et à Kleine Brogel (–5,2°C). Genk, avec –4,6°C, n’en est pas loin. Uccle, avec –2,9°C, connaît aussi une valeur inhabituellement froide pour un mois d’avril, mais pas un record (–4,7°C le 12 avril 1986). En Haute Belgique, ce sont les régions enneigées qui connaissent les températures les plus basses. Mont-Rigi descend à –7,2°C ; Elsenborn à –7,9°C. Neu-Hattlich (à quelques 3 kilomètres de la frontière allemande) est la station la plus froide du réseau de l’IRM avec –9,3°C. À Murringen (un peu à l’est de Bullange), la station du club météo belge enregistre –13,3°C. Ces températures sont remarquables, mais ce ne sont pas des records. Le 12 avril 1986, il a fait plus froid encore, avec –13,8°C à Neu Hattlich (donc 4,5°C plus froid qu’en 2022), mais aussi –12,4°C à Hockai et –12,1°C au Parc Naturel de Botrange. Cette année-là, c’est surtout la côte qui connaissait la neige, avec 7 cm à Middelkerke à la mi-journée (mais 1 cm seulement à 8h). Le temps : en ce 3 avril 2022, le ciel est d’abord serein ou peu nuageux, puis des cumulus se forment et tendent à s’étaler, ce qui donne un ciel nettement plus nuageux. Ici et là, des développements plus importants donnent quelques gouttes de pluie. Parfois, il s’agit aussi de virga. Les températures maximales continuent leur lente remontée, avec 7 à 8°C (localement 9 à 10°C) en Basse et Moyenne Belgique, et 2 à 3°C en Haute Belgique. Ces températures positives, associées à un assez bon ensoleillement sur l’est du pays, font fondre la neige presque partout. À Sourbrodt, l’enneigement reste intact jusqu’à la mi-journée, puis la neige fond rapidement en cours d’après-midi, pour ne laisser que des traces en soirée. Webcam MB – Sourbrodt – 3 avril 2022 à 18h Du côté de Mont-Rigi, sur les plus hauts plateaux donc, la neige résiste mieux, mais perd beaucoup de son épaisseur. Malgré une nouvelle nuit froide, cependant, l’épisode hivernal est en passe de se terminer, et le 4 avril en journée, la couche de neige devient incomplète en journée à Mont-Rigi et, après quelques flocons temporaires en après-midi, fondra avec l’arrivée de la pluie et de l’air plus doux. Conclusion Même sans battre des records, l’épisode hivernal tardif que nous venons de connaître peut être considéré comme remarquable. Il l’est d’autant plus que neige et froid se sont également invités en avril l’année dernière. Cela s’inscrit dans une tendance générale que nous connaissons depuis une vingtaine d’années déjà : les longues périodes de froid deviennent certes plus rares, mais pas les événements ponctuels. Faisons un petit récapitulatif des coups de froid et/ou chutes de neige remarquables des 20 dernières années, en saison et hors saison. Mars 2005 : d’abord très froid, le 1, avec neige sur les Cantons de l’Est. On atteint –21,0°C à Neidingen (Saint-Vith) et –18,5°C à Elsenborn, avec 53 cm de neige. Puis froid extrême au littoral avec, le 4, un minimum de –11,7°C à Middelkerke et de –12,2°C à Knokke-Zwin. Mars 2008 : chutes de neige tardives et intenses, avec 12 cm à Uccle le 25. Le lendemain, on atteint 47 cm à Mont-Rigi et 41 cm à Elsenborn. Janvier 2009 : froid exceptionnel sur le Brabant Wallon et le nord de la Province de Namur, avec –21,9°C à Ernage et –23,2°C à Mélin. Décembre 2010 : froid exceptionnel en début de mois au littoral (–13,6°C à Middelkerke le 3) et mois remarquable pour sa quantité de neige. Notamment à Noël et pendant la période qui précède immédiatement, les couches sont particulièrement épaisses avec 32 cm à Bierset et 74 cm à Mont-Rigi. On note de grosses congères, notamment en Entre-Sambre-et-Meuse. Mars 2013 : neige avec fortes congères le 12 mars sur une bonne partie du pays, températures hors normes le 13 avec –10,1°C à Uccle ; –12,6°C à Zaventem et –17,1°C à Ciney. Enneigement inhabituel aussi le 24. Mai 2013 : enneigement extroaordinairement tardif, le 24, sur les Hautes-Fagnes avec 3 cm. Octobre 2015 : grand froid en Haute Belgique avec des maxima qui peinent à dépasser 0°C sur les Hautes-Fagnes les 14 et 15. On observe déjà une fine couche de neige en matinée, le 14, à Mont-Rigi, Wirtzfeld et Elsenborn. Le 16, un enneigement temporaire est aussi signalé à Saint-Hubert, Bertrix, Fraiture et Libin. Avril 2016 : enneigement complet dès 300-350 mètres d’altitude le 25. Quelques jours plus tard, on atteint une vingtaine de centimètres dans les Hautes-Fagnes. Mars 2018 : les gelées permanentes les plus tardives en Basse et Moyenne Belgique, les 17 et 18. Avril 2018 : pas en Belgique mais pas loin, des couches de neige de 3 cm en Normandie dès 100-150 mètres le 30 (c’est-à-dire à la veille de mai). Octobre 2018 : chutes de neige très précoces en Entre-Sambre-et-Meuse le 30, avec 6 cm à Presgaux (Couvin). Mai 2019 : fortes chutes de neige dans l’Entre-Sambre-et-Meuse le 4, avec neige au sol dès 200 mètres d’altitude et 8 cm à Presgaux (Couvin). Du jamais vu à pareille saison. Avril 2021 : 7 cm de neige à Uccle le 6 ; 4 cm le 7. Jusqu’à 27 cm à Xhoffraix le 7. En d’autres termes, le réchauffement climatique ne nous protège pas encore des événements hivernaux extrêmes ponctuels, qui ne sont sûrement pas étrangers aux situations de blocage récurrentes et à leur corollaire : des anticyclones persistants ou alors des gouttes froides peu mobiles, et parfois intenses, avec des surprises neigeuses hors saison à la clé.
  13. cumulonimbus

    Mois de mars exceptionnel

    3e DÉCADE DE MARS 2022 21 mars 2022 L’influence anticyclonique se rétablit rapidement et l’advection d’air chaud se remet en place en cours de journée. Il s’ensuit de gros contrastes de températures entre le matin (où l’air frais de la veille a bien pu se refroidir durant la nuit) et l’après-midi (où la combinaison entre soleil et air chaud font monter en flèche les températures). Quelques valeurs (min/max) : Retie : –2,8°C/18,7°C (écart : 21,5°C) St-Kat.-Waver : –2,4°C/19,0°C (écart : 21,4°C) Melle : –2,6°C/18,2°C (écart : 20,8°C) Stabroek : –2,2°C/18,1°C (écart : 20,3°C) Deurne : –2,5°C/17,5°C (écart : 20,0°C) Kleine Brogel : –1,2°C/18,8°C (écart: 20,0°C) Même Uccle, avec un minimum de 1,5°C et un maximum de 18,1°C, connaît un écart inhabituel pour la station. Le temps est très beau, avec formation de quelques cumulus humilis l’après-midi, avec une très légère tendance à l’étalement. Ici et là, on observe aussi quelques bancs d’altocumulus. Dans le sud du pays, il y a aussi encore des stratocumulus résiduels le matin. Au littoral, où il fait plus frais en journée, il n’y a pas de cumulus, mais bien quelques cirrus. Les températures : 17 à 19°C en plaine (14°C au littoral, 11°C en bordure immédiate de la mer) et autour de 15°C sur les hauteurs. En Campine, on observe localement 20°C (Koersel : 20,0°C). Les vents de sud-est du matin s’orientent au sud en cours de journée, mais deviennent variables dès la fin de l’après-midi. Au littoral, une brise de nord-nord-est, plus tard de nord-est s’instaure l’après-midi. 22 mars 2022 Avec une nuit moins froide et une journée tout aussi douce sous le soleil, la sensation de printemps est parfaite. À nouveau, des cumulus humilis se forment l’après-midi dans le ciel bleu, avec une très légère tendance à l’étalement. À cela s’ajoutent quelques rares cirrus. Au littoral, le ciel est temporairement plus nuageux le soir en raison de stratocumulus cumulogenitus. Grâce à l’anticyclone continental, les vents soufflent de sud-est, plus tard d’est voire de nord-est, et les températures montent même encore un peu plus haut que la veille, avec 19 à 20°C en plaine et à nouveau 15°C sur les hauteurs. Au littoral, la brise de mer a plus de mal à s’instaurer, avec également 19 à 20°C dans les dunes, mais 16°C en bordure immédiate de l’eau avec, là, un vent froid de nord-nord-est l’après-midi et une température redescendant à 12°C. À l’aéroport de Middelkerke, cette brise de mer n’arrive qu’en fin d’après-midi, très temporairement et sous une forme affaiblie. Cette brise de mer n’atteint pas Jabbeke et à peine la base de Coxyde en début de soirée. Les températures les plus chaudes sont relevées à Koersel (21,3°C), Coxyde (20,2°C), Stabroek (20,0°C) et Sint-Katelijne-Waver (20,0°C). Uccle manque de peu les 20°C avec 19,8°C. 23 mars 2022 Encore une journée parfaitement ensoleillée sous un ciel serein, à l’exception de quelques rares cumulus sur les reliefs. À Uccle, l’insolation de ces 23 premiers jours de mars s’élève déjà à 175h51, soir 50h06 au-dessus de la norme d’un mois de mars (complet). Cela signifie que d’ores et déjà, le mois est « anormalement » ensoleillé. Mais l’« exceptionnel » reste à portée de main dans les jours à venir. Un anticyclone, dont le noyau se trouve d’abord au nord du Danemark, descend un peu pour s’installer à l’ouest du Danemark. Les courants sont faibles chez nous ce qui, sous le soleil, permet aux températures de remonter jusqu’à des valeurs proches de 19°C en plaine et de 15°C sur les hauteurs. Passendaele atteint 19,7°C, suivi par Beitem et Kleine Brogel avec 19,5°C. Au littoral, une brise de mer de nord souffle une bonne partie de la journée, pas très forte mais suffisante pour limiter la température à 13°C en bordure de mer. Dans les dunes, la température monte d’abord jusqu’à 17°C vers midi, avant de redescendre, là aussi, sous l’influence de la brise de mer. L’air est à nouveau sec aussi, avec ici et là des humidités relatives tombant en dessous de 25% l’après-midi. 24 mars 2022 Le noyau anticyclonique s’est déplacé sur le sud de la Mer du Nord en s’éloignant des côtes du Danemark pour se rapprocher de celles de l’Angleterre. Le ciel est serein sur toute la Belgique et, sous un petit vent variable avec prédominance nord, les températures maximales atteignent 18 à 19°C en plaine et près de 15°C sur les hauteurs. L’air continue à être très sec, plus particulièrement sur le nord-est du pays où l’humidité relative tombe à 20%, l’après-midi, à Kleine Brogel. Beau temps avec une petite brume sèche. Webcam MB – Beausaint – 24 mars 2022 à 16h Au littoral, on observe une brise de mer de nord à nord-est, qui empêche la température de dépasser 14°C en bord de mer. Mais dès qu’on s’éloigne un peu de la mer, dans les dunes, la température remonte à 17°C. 25 mars 2022 L’anticyclone continue sa lente progression vers l’ouest et se retrouve centré sur les Îles Britanniques. L’air qui nous arrive est un brin plus frais et un brin plus humide, avec des maxima de 16 à 17°C en plaine et de 13 à 14°C sur les hauteurs. Mais le temps reste particulièrement ensoleillé. Tout au plus observe-t-on parfois, l’après-midi, quelques rares cumulus. Petits cumulus dans le ciel. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 25 mars 2022 à 14h Le vent souffle de nord à nord-est, ce qui favorise la brise de mer au littoral, avec des températures qui peinent à dépasser les 10°C en bord de mer sous un vent désagréable. Dans les dunes, avec 13°C, il fait moins frais sur le temps de midi, mais l’après-midi, le vent froid s’y fait sentir également avec, là aussi, à peine plus de 10°C. 26 mars 2022 L’anticyclone est à présent centré sur l’Écosse. Un front froid se situe, le matin, à la hauteur du Danemark et du sud de la Mer Baltique, et atteint le nord des Pays-Bas en cours d’après-midi. À l’avant de ce front, le vent bascule vers le nord-est, voire à l’est, et les températures remontent d’abord, pour atteindre des maxima de 18 à 19°C en plaine et de 14 à 15°C sur les hauteurs. À quelques très rares cirrus près, le ciel est à nouveau serein sur tout le pays. En fin de journée, le compteur de l’insolation s’établit à 209h26 à Uccle. On est donc tout près, désormais, du vieux record de 1931, qui est de 213h49. Le littoral a de nouveau connu un régime de brise de mer avec un vent plutôt désagréable. En bord de mer, un maximum de 13°C en fin de matinée, puis la température retombe à 10-11°C l’après-midi. Dans les dunes, on monte à 15°C en fin de matinée, mais l’après-midi, avec 12°C et un vent soutenu, il y fait à peine plus doux qu’en bordure immédiate de l’eau. 27 mars 2022 Le front froid nous aborde sous une forme très affaiblie en cours de matinée avant de s’immobiliser et de se désagréger sur le nord du pays. Un important champ de stratus accompagne ce front et coupe notre pays en deux pendant une bonne partie de la journée. Source : IRM Lors de son extension maximale, en matinée, le champs de stratus descend vers le sud presque jusqu’à Liège et Namur, et atteint plus ou moins Ath à l’ouest. Ce champ fond par la suite, pour débarrasser Bruxelles de son plafond bas en début d’après-midi, Les régions gantoise et brugeoise suivent peu après, tout comme les stations balnéaires de l’est de la côte belge. L’ouest doit attendre plus longtemps : La Panne ne voit ses premières éclaircies qu’en fin d’après-midi. Sur la moitié sud du pays, le temps est par contre ensoleillé toute la journée, avec quelques cumulus humilis l’après-midi sur les reliefs, se transformant rapidement en stratocumulus cumulogenitus. Dans ces régions, le temps est vraiment très doux pour la saison, avec 16°C sur les plus hauts plateaux et 19, voire 20°C dans les vallées. Hastière enregistre 19,9°C. En Gaume, la station MB de Torgny monte même jusqu’à 21°C. Au centre du pays, Braine-l’Alleud s’embrume sous le stratus entre 8h30 et 9h et devra attendre entre 12h30 et 13h pour qu’il se dissipe. On peut même dire, de façon précise, que Braine-l’Alleud s’éclaircit à 12h40 puisque la bordure du stratus est très nette. Après cela, le ciel devient parfaitement serein. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 27 mars 2022 à 12h40 À Bruxelles, il faudra même attendre jusqu’à 14h10 à Uccle pour les premiers rayons de soleil, et jusqu’à 15h30 à Schaerbeek. Par après, le ciel devient parfaitement serein à Bruxelles aussi. Les températures maximales, dans cette région, se situent autour de 14°C. Du côté de Liège, le ciel reste serein toute la journée à Dolembreux (Sprimont), alors qu’à Liers, un peu au nord de Liège, le ciel est très nuageux à couvert, avec temporairement même du brouillard, entre 9 et 14 heures. À Bierset, on n’observe un ciel brumeux et complètement gris qu’en fin de matinée. La température maximale, là, atteint un petit 15°C. La région côtière est particulièrement désavantagée, avec le stratus (souvent même de brouillard pur et simple) qui ne se lève qu’en milieu d’après-midi et une température qui ne dépasse pas 9°C. À La Panne, comme précisé plus haut, il faut attendre plus longtemps encore et ce, avec des températures similaires. Malgré la présence de ce stratus sur une partie du pays, englobant également Uccle, le record d’insolation pour mars est acquis pour cette station. Les 7h13 de soleil du 27 mars sont amplement suffisants pour dépasser les 213h49 de l’ancien record. Le compteur s’établit à présent à 216h39. Un autre record qui est déjà mathématiquement acquis est celui de l’humidité relative. Jusqu’à présent, elle s’établit à 61% pour les 27 premiers jours de mars, et même si les derniers jours devaient s’avérer très humides, les 67% du précédent record sont hors de portée. Pour la quantité de précipitations et le nombre de jours avec précipitations, il faut encore attendre un peu, mais au vu des prévisions, ces records (notamment celui de la quantité) restent possibles. 28 mars 2022 La petite portion d’air un peu plus frais à l’arrière du front froid, qui a affecté la veille la partie nord du pays, n’a pas subsisté très longtemps. En ce 28 mars, il n’en reste plus trace. Une zone de hautes pressions à plusieurs noyaux a certes pris une grande extension en couvrant une importante partie de l’Europe, mais n’est pas très puissante et s’affaiblit rapidement. En soirée, on peut déjà presque parler d’un marais barométrique. En même temps, un faible noyau dépressionnaire s’est dessiné sur le Golfe de Gascogne pour ensuite remonter vers la Bretagne. Cela a cependant suffi pour qu’une petite perturbation s’y forme. En Belgique, le temps est encore beau et doux avec quelques cirrus et quelques altocumulus, mais dès le milieu de l’après-midi, le ciel se voile de cirrostratus, d’abord très fins, puis progressivement plus épais jusqu’à parfois évoluer en altostratus translucidus en soirée, le tout accompagné encore de quelques altocumulus. Webcam MB – Cerfontaine – 29 mars 2022 à 18h40 Dans l’air plus humide, quelques brouillards matinaux ont également pu se former. Le littoral connaît également des stratus l’après-midi. Les températures, dans cette dernière région, n’ont pas l’occasion de monter très haut, avec des maxima de 11 à 13°C. Avec l’arrivée des brouillards et stratus maritimes les températures retombent même à 7-8°C dès le milieu de l’après-midi. Ailleurs il fait très printanier avec des maxima compris le plus souvent entre 17 et 18°C en plaine et à peine moins sur les hauteurs avec 16 à 17°C. Le sud du pays est particulièrement doux avec 20°C à Dourbes et jusqu’à 21°C à Lamorteau en Gaume. Là, l’air est aussi resté plutôt sec. La nuit, la nébulosité augmente encore à l’approche de la perturbation bretonne qui finit par frôler notre pays, mais à l’exception de l’une ou l’autre goutte, il ne tombe pas de précipitations. 29 mars 2022 L’influence anticyclonique s’efface de plus en plus de nos cartes météorologiques. Le matin, nous avons encore un peu de hautes pressions sur les Îles Britanniques d’une part, et sur l’Italie d’autre part, tandis que le soir, il faut aller chercher loin, sur l’Océan ou le Grand Nord, pour encore trouver des pressions élevées. Le temps sur nos régions est désormais déterminée par la dépression bretonne qui a finit par générer une perturbation plus organisée, sous la forme d’un vaste front stationnaire qui a ensuite généré à son tour de nouveaux petits noyaux dépressionnaires sur le Continent. Un autre front, plus marqué, reste encore au nord par rapport à notre pays. Source : KNMI La position du front fait en sorte que le sud du pays connaît déjà des précipitations. Bièvre relève 4,2 mm d’eau ; Saint-Hubert, 3,0 mm ; Gosselies, 2,7 mm ; Buzenol, 2,6 mm et Dourbes, 2,5 mm. Plus vers l’est, on mesure 1,4 mm à Gouvy et à Mont-Rigi. Ailleurs, il ne pleut pas, ou presque pas. Le pluviomètre d’Uccle reste toujours coincé à 1,6 mm… pour tout le mois ! Le ciel : tout le pays se retrouve sous un altostratus, davantage à tendance translucidus vers le centre et le nord, davantage à tendance opacus vers le sud. Dans les zones à précipitations, on voit aussi des stratocumulus et des fractus. Au-dessus des reliefs, l’un ou l’autre cumulus se forme en dessous de l’altostratus, avec une tendance ensuite à s’étaler. Sur l’extrême nord du pays, on voit des coins de ciel bleu entre les altocumulus qui, plus tard, sont surmontés de cirrostratus. Les températures restent assez douces pour la saison, avec 13 à 15°C en plaine et à peu près autant sur les hauteurs. En Gaume, dans les vallées ardennaises et en Entre-Sambre-et-Meuse, on observe jusqu’à 17°C. 30 mars 2022 La situation est grosso modo inchangée par rapport à la veille. Un front quasi-stationnaire ondule toujours quelque peu sur le sud de notre pays, un autre front à mouvement très lent ondule au nord, sur les Pays-Bas, le nord de l’Allemagne et les pays situés plus à l’est. Entre les deux, un autre front, très faible, s’est développé à son tour avant de se frontolyser. Source : KNMI Des températures nettement plus basses, maxima de 6 à 7°C en plaine, commencent à se dessiner au nord du front le plus septentrional, entre autres sur le nord de l’Allemagne et l’extrême nord des Pays-Bas. Le sud et l’est du pays connaissent à nouveau le plus de précipitations, avec par exemple 5,6 mm à Dourbes ; 4,8 mm à Mont-Rigi ; 4,2 mm à Strée (Huy) ; 4,0 mm à Bierset et 3,7 mm à Buzenol. Plus près du centre, Beauvechain relève 2,8 mm. Ailleurs, les précipitations sont faibles, mais déjà un peu plus présentes que la veille, avec partout quelques dixièmes de millimètre, voire un millimètre ou un peu plus. Uccle reçoit 0,3 mm et le compteur du mois de mars s’élève désormais à… 1,9 mm. Le ciel est à nouveau voilé d’altostratus, avec cette fois-ci davantage de « trous », c’est-à-dire des éclaircies accompagnées d’altocumulus. Parfois, des cumulus / stratocumulus se forment en dessous. Sur l’extrême nord du pays, le ciel est à nouveau plus lumineux avec altocumulus et cirrus, et formation de cumulus. Plus tard en après-midi, le ciel se voile là aussi. Le soir, il pleut faiblement en de nombreux endroits, y compris le nord du pays. Les températures baissent un peu, avec 12 à 13°C en plaine et, baisse plus forte, 9°C sur les hauteurs. 31 mars 2022 La perturbation la plus méridionale s’éloigne de la Belgique pendant que la plus septentrionale s’en approche. Le front froid de celle-ci aborde notre littoral dès la nuit, puis pénètre dans le pays sans parvenir à le traverser entièrement. En effet, le front ondule et forme un véritable retour d’est, dont la partie occluse reviendra sur notre pays au cours de la nuit suivante. Source : KNMI Il s’ensuit des types de temps très différents selon l’endroit du pays où l’on se trouve. La région côtière, entièrement dans l’air post-frontal, connaît des ciels superbes avec des ambiances dignes de l’Irlande, une alternance de ciels bleus et de ciels menaçants. En d’autres termes, il s’agit de la présence presque exclusive de cumulus et de cumulonimbus avec quelques bonnes averses, parfois accompagnées de grêle. Webcam MB – Le Coq – 31 mars 2022 à 14h45 et 15h00 L’après-midi, on retrouve aussi ce type de temps à Gand et, en fin de journée, également sur le centre et le centre-sud du pays. Sinon, le ciel est généralement très nuageux à couvert avec des stratocumulus évoluant sous un altostratus, ce dernier s’effilochant avec l’apparition des éclaircies, là où il y en a. On passe alors (parfois brièvement en soirée) à un ciel d’alternance. Sur les plus hauts plateaux, la journée est neigeuse avec fractus et parfois du brouillard lié aux nuages bas. Dans les Hautes-Fagnes, on observe de la neige au sol tout au long de la journée, avec une couche s’approchant temporairement des 10 cm en milieu de matinée. Mais à peine plus bas, l’enneigement devient rapidement incomplet et temporaire. À Wirtzfeld et à Sourbrodt, on observe une fine couche en début de matinée, qui fond, puis se renouvelle quelque peu en fin de journée. Du côté de l’Ardenne, on note une bonne averse de neige à Beausaint vers 19 heures, mais qui ne laisse que très temporairement quelques traces au sol. En fin de soirée, le retour d’est influence notre temps avec le début d’un épisode hivernal remarquable pour la saison. Au littoral, sous un vent fort, la pluie se transforme en neige dès la fin de la soirée avec des températures qui se rapprochent de 0°C. Toutefois là, ces températures remontent plus tard dans la nuit et la neige se retransforme en pluie. À Anvers, la pluie ne se transforme en neige qu’aux petites heures, mais forme une couche de 1 cm au sol le matin. À Bruxelles, on note à l’aéroport 2 cm de neige à 8 heures et à 11 heures. D’accord, tout cela concerne déjà avril, mais il s’agit d’un phénomène qui s’est mis en place à la fin du mois de mars et qui, surtout, contraste énormément avec la météo qui précède. Il faut savoir en plus qu’en avril, les couvertures neigeuses complètes sont très rares en Basse et Moyenne Belgique, et le fait que cela se produise pendant deux années consécutives, 2021 et 2022, rend la chose encore plus remarquable. À Uccle, une couche de plusieurs centimètres de neige (jusqu’à 4-5 cm en matinée) recouvre le sol et est encore complète à 14 heures. Source : IRM Il n’y en a cependant pas pour tout le monde. Il n’y a pas de neige au sol, par exemple, en Campine (sauf très localement) et en Entre-Sambre-et-Meuse (sauf très localement aussi), et peu ou pas de neige en Ardenne. Par contre bien des endroits en Flandre, mais aussi en Hainaut occidental ont été, au moins temporairement, bien blanchis. Conclusion Mars a tenu ses promesses et bien des records ont été battus, voire pulvérisés. Commençons par l’insolation. On a noté un total de 227h14 de soleil, faisant ainsi voler en éclats le précédent record de 213h49, datant de 1931. En outre, ce mois de mars a été plus ensoleillé qu’un mois d’été normal (autour de 200h). Un record corollaire est celui des jours peu nuageux à sereins, au nombre de 15 (précédent record : 14). Les précipitations : on a noté 2,2 mm d’eau pour l’ensemble du mois de mars, battant ainsi le précédent record (4,2 mm) datant de 1993. Tous mois confondus, un seul mois a été entièrement sec (0,0 mm) à Uccle, en l’occurrence avril 2007. L’humidité relative a été extrêmement basse aussi, avec 63%, ce qui établit un record pour ce paramètre aussi. Au niveau des températures, la moyenne des maxima journaliers a été particulièrement élevée, mais pas celle des minima, restée très proche des normes. La moyenne des maxima, de 13,7°C, se hisse à la deuxième place depuis le début des observations, ex-aequo avec 2017. Seul 2014 a fait mieux avec 14,2°C. Il s’ensuit un écart remarquable, pour un mois de mars, entre les températures nocturnes et diurnes puisque la moyenne des minima s’établit à 3,7°C pour une moyenne des maxima de 13,7°C. Encore une fois, si un mois exceptionnel en soi n’indique rien en ce qui concerne le réchauffement climatique, la répétition de tels mois est un signe allant dans ce sens. On semble bien avoir atteint une nouvelle phase de ce réchauffement climatique, dans notre partie du monde tout au moins, car en dehors des températures proprement dites, il y a bien d’autres paramètres qui commencent à en être affectés aussi et à présenter des écarts inédits. Notamment le régime des précipitations est à tenir à l’œil, étant donné qu’il s’agit du paramètre qui a peut-être le plus d’influence sur le maintien de notre mode de vie.
  14. cumulonimbus

    Mois de mars exceptionnel

    2e DÉCADE DE MARS 2022 11 mars 2022 Une perturbation, un front froid en l’occurrence, s’approche lentement de notre pays et finit par le traverser en soirée. Résultats des courses : 0,1 mm de pluie à Uccle et 0,2 mm à Zaventem. Ici et là, des stations parviennent même à dépasser le millimètre d’eau, avec 2,1 mm à Passendaele, 1,6 mm à Stabroek et 1,4 mm à Beitem. En d’autres termes, c’est vraiment sous une forme très affaiblie que le front passe. À l’avant, le temps est encore très doux, avec des maxima de 15 à 18°C en plaine (le plus au nord-est) et autour de 12°C sur les hauteurs, sous un vent de sud-est s’orientant au sud. En matinée, il fait beau avec des cirrus et des altocumulus ; l’après-midi, le ciel se voile de cirrostratus et d’altostratus avec, surtout à l’ouest, d’importantes nappes nuageuses en dessous, souvent un mix de cumulus et de stratocumulus. À l’est, le temps reste beau une grande partie de la journée et ne se voile que le soir. Le peu de précipitations commence à tomber l’après-midi au littoral et en soirée à l’intérieur des terres. Passé le centre du pays, il ne tombe plus rien. 12 mars 2022 Le front froid, ou ce qu’il en reste, se disloque complètement un peu à l’est de nos régions sous l’influence de l’anticyclone continental. D’autres perturbations, par la suite, tentent à leur tour leur chance, mais viennent mourir sur nos terres. À nouveau, on mesure ici et là quelques précipitations, le plus le long de la frontière française où l’on relève quelques cotes jusqu’à 3 mm. À Bruxelles, il ne tombe pas une goutte. Dans un air maritime post-frontal très dénaturé, qui nous arrive avec des vents de sud, les températures parviennent encore à grimper jusqu’à 12 à 15°C en plaine et 10°C sur les hauteurs. Le temps est quelques peu voilé avec cirrus et cirrostratus, parfois altostratus tandis que des cumulus se forment en dessous, qui évoluent ensuite en stratocumulus. Les quelques gouttes de pluie de la perturbation suivante arrivent en soirée au littoral, puis s’étendent au reste du pays, surtout la partie sud-ouest près de la frontière française où, comme dit plus haut, il pleut un peu plus. 13 mars 2022 Des restants de perturbations traînent sur notre pays, toujours bloqués dans leur progression par l’anticyclone continental. Le plus souvent, ces restants ne donnent pas grand-chose en termes de précipitations, mais le sud du pays est un peu mieux arrosé. Bièvre relève 5,5 mm ; Buzenol, 5,1 mm ; Saint-Hubert, 4,1 mm et Gouvy, encore 2,9 mm. Sur le reste du pays, les précipitations – quand précipitations il y a – restent le plus souvent inférieures à 1,0 mm. Le ciel est à nouveau voilé comme la veille, avec cirrus, cirrostratus et altostratus, et en dessous, une quantité variable d’altocumulus et de stratocumulus l’après-midi, et parfois aussi quelques cumulus qui tendent à se retransformer en stratocumulus. Quelques petites pluies tombent encore le matin sur le nord-est, puis les nouvelles (petites) pluies arrivent depuis le sud-ouest et s’avancent sur le pays la nuit. Grâce à des vents de surface de sud-est à sud, les températures montent bien, avec 15 à 17°C, localement 18°C en plaine (13 à 14°C au littoral) et 11 à 13°C sur les hauteurs. 14 mars 2022 On observe une tendance maritime temporaire grâce à un petit anticyclone mobile venu de l’ouest. De ce fait, les températures baissent un brin, avec des maxima de 13 à 15°C en plaine (11 à 12°C au littoral) et autour de 10°C sur les hauteurs, le tout sous des vents de sud-ouest, tendant vers l’ouest l’après-midi. Le matin, le sud-est du pays reçoit encore un peu de pluie, le plus en Gaume avec 2,2 mm à Buzenol. Par la suite, les éclaircies reviennent avec un beau ciel d’alternance, cumulus dans un beau ciel bleu. Les autres nuages sont rares, quelques cirrus tout au plus. En fin de journée, des stratocumulus se forment parfois suite à l’étalement des cumulus. 15 mars 2022 L’air maritime de la veille, à présent dégradé, nous influence encore à l’avant d’un front chaud qui ne progresse guère. Les vents, du coup, reprennent une composante orientale, en soufflant principalement du sud-est, puis de l’est. En raison des nuages, les températures maximales baissent un peu, pour se situer entre 11 et 13°C en plaine et entre 5 et 6°C sur les hauteurs. Le ciel est souvent fort voilé avec altostratus, parfois translucidus, parfois mêlé d’altocumulus, et en dessous un mix de cumulus et de stratocumulus. Parfois l’altostratus s’effiloche, avec alors des cumulus dans le ciel bleu des éclaircies. Le sud du pays, plus proche du front chaud quasi-stationnaire, connaît des précipitations parfois assez abondantes qui tombent, là, en matinée et à midi, avec 11,6 mm à Buzenol et même 12,0 mm à Saint-Hubert. D’autres stations du sud et de l’est du pays connaissent quelques bonnes pluies, donnant par exemple 9,6 mm à Gouvy ; 8,1 mm à Bièvre ; 7,5 mm à Florennes et 6,2 mm à Strée (Huy). Liège et Charleroi connaissent encore quelques 3 à 4 mm d’eau, sinon le centre et l’ouest ne reçoivent rien, ou presque rien. 16 mars 2022 Le front chaud passe, avec une portion d’air chaud qui nous promet une belle journée printanière ensoleillée et très douce. Seulement voilà, ces courants en provenance de l’Afrique du Nord transportent une masse de sable saharien, dont on a largement sous-estimé l’opacité. Ainsi, au lieu d’une journée printanière, c’est une journée étrange qui nous attend. Une journée qui commence sous un léger voile de cirrus, voire de cirrostratus, mais bien vite, les nuages cessent d’être identifiables et le ciel prend une teinte uniforme, d’un gris plus ou moins jaunâtre selon les endroits : du sable du Sahara nous arrive en masse et empêche grandement le soleil de briller. Parfois on le voit apparaître comme au travers d’un altostratus translucidus, mais ce n’est pas tout à fait ça. Le soleil tout comme la luminosité sont bizarres. Ici et là, on parvient toutefois encore à deviner quelques altocumulus. Les températures en prennent un coup. Au lieu des 17 à 20°C prévus, le thermomètre reste coincé entre 12 et 13°C à peu près partout en Basse et Moyenne Belgique. En Haute Belgique, dès 400 mètres d’altitude, on atteint même plus les 10°C, avec quelques 8°C sur les plus hautes plateaux. En plus, l’air est paradoxalement humide dans les basses couches. En altitude en air libre, on s’attendrait à des températures hyper-élevées avec tout ce sable qui semble venir en droite ligne du désert, mais ce n’est même pas le cas. Il y fait plus chaud, certes, que les normes saisonnières, mais rien extraordinaires : 5°C au niveau 850 hPa vers 1520 mètres et –19°C au niveau 500 hPa vers 5660 mètres. Une analyse des cartes d’altitude nous montre que ce sable nous parvient en fait du sud-ouest après un long détour, notamment au niveau de l’Espagne, où des vents d’altitude de sud-est se sont par la suite infléchis vers le sud-ouest une fois arrivés sur le Golfe de Gascogne. C’est vrai qu’en Espagne, le phénomène a été bien plus spectaculaire qu’ici, avec notamment des ciels tout jaunes. Chez nous, c’est bien plus monotone, mais quelque peu inhabituel quand même, surtout quand le soleil parvient à percer. Soleil qui perce à Xhoffraix, le 16 mars 2022 à 12h. Crédit photo : Alexis Papapanayotou En cours de journée, à un moment difficile à définir (vers le milieu de l’après-midi à Bruxelles), un vrai altostratus se même au « nuage » de sable et la nuit, le passage d’un front froid met partiellement fin au phénomène. 17 mars 2022 À l’arrière du front froid, un anticyclone maritime commande un air plus humide, mais du sable persiste dans la haute atmosphère. En plus, ce front, comme ses prédécesseurs, est fortement ralenti dans sa progression et l’altostratus de la partie arrière de la perturbation est exceptionnellement bien délimité sur une ligne qui ne bouge presque pas. Source : NASA via Météociel Ci-dessous, nous pouvons suivre, à Bruxelles, ce petit jeu de yo-yo auquel se livre la limite des nuages, qui en six heures n’aura pas bougé de façon significative. En dessous, une faible instabilité génère quelques cumulus. Webcam MB – Bruxelles (Schaerbeek) – 17 mars 2022 à 12h, 14h, 16h et 18h À l’ouest des nuages, donc grosso modo à l’ouest d’une ligne Courtrai – Gand – Anvers, le temps est beau avec, en matinée, quelques stratocumulus et cumulus qui se dispersent ensuite pour faire place à un ciel serein. À l’est de la ligne précitée, après des stratocumulus en matinée, le ciel reste voilé de cirrostratus et d’altostratus, avec une bande de ciel bleu à l’horizon vers l’ouest, plus ou moins large selon la distance par rapport à la limite des nuages. Au coucher du soleil, ce voile est éclairé par le bas et prend des couleurs enflammées, avec des « undulatus » qui deviennent fort visibles. La présence d’un restant de sable du Sahara dans l’atmosphère renforce encore les couleurs. Flawinne le soir du 17 mars 2022. Crédit photo : Benjamin Kampouris (Belgorage). Les températures : maxima de 10 à 11°C en plaine (9 à 10°C au littoral) et 4 à 6°C sur les hauteurs. Le vent : d’ouest à nord-ouest, puis de nord-ouest à nord. Les précipitations : un peu de pluie et de bruine aux petites heures, se déplaçant d’ouest en est, dernières pluies quittant l’est en matinée. Le passage du front durant la nuit du 16 au 17 mars n’a donné que de faibles pluies, partout inférieures à 1,0 mm. 18 mars 2022 Une nouvelle journée très ensoleillée se présente, avec un ciel serein partout dans le pays, si ce ne sont que de rares nuages lointains, juste au-dessus de l’horizon. Un très puissant noyau anticyclone se déplace vers le nord et dessèche à nouveau l’air sur nos régions. La pression atmosphérique est d’ailleurs remarquable, avec une valeur de 1043,2 hPa atteinte à Uccle. Les températures : après un matin froid et des gelées répandues, les maxima atteignent l’après-midi 14 à 15°C en plaine (12 à 13°C au littoral) et 10 à 12°C sur les hauteurs. L’air est à nouveau très sec sur le sud-est du pays, avec une humidité relative de 20% à 15 heures à Saint-Hubert. Le vent, quant à lui, souffle d’est à nord-est. 19 mars 2022 Un anticyclone centré sur le nord du Danemark nous envoie des courants continentaux. Le ciel est serein sur tout le pays, à l’exception de l’extrême est, où l’on observe quelques stratocumulus cumulogenitus. Les températures maximales se situent entre 14 et 15°C en plaine et entre 9 et 11°C sur les hauteurs. Et à nouveau, l’air est fort sec, avec par exemple un taux d’humidité de 24% à 17 heures à Uccle. Une goutte froide très marquée en altitude, encore sur la Tchéquie le matin et sur le centre de l’Allemagne le soir, nous préparera une belle surprise pour le lendemain. 20 mars 2022 La goutte froide se trouve exactement sur Bruxelles. Source : modèle WRF NMM via Météociel Au niveau 850 hPa (vers 1520 mètres d’altitude), la température dégringole jusqu’à –6°C et… il neige à l’aéroport de Bruxelles ! Aéroport de Bruxelles-National (côté Steenokkerzeel) le 20 mars 2022 vers 8h30. Crédit photo : Michael Baillie (Belgorage) Des averses de neige, en début de matinée, sont observées en pas mal d’endroits, accompagnées d’une brève, mais parfois importante chute des températures. À l’aéroport de Bruxelles, au vu des METAR, la température était encore de 3°C à 7h50 pour dégringoler à 0°C à 8h50. Il n’est donc pas étonnant que le paysage blanchisse soudain pour un petit temps. Ici et là, on observe aussi un enneigement temporaire ailleurs en Basse et Moyenne Belgique, comme par exemple à Perwez et à Longueville (Brabant Wallon). En Haute Belgique, où la goutte froide arrive un peu plus tôt, bien des habitants se réveillent dans un environnement tout blanc. Une fine couche de neige est notamment observée sur les Hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est, comme par exemple, à Mont-Rigi, Wirtzfeld, Weisser Stein, Bullange, Burg-Reuland, Saint-Vith et Malmédy. Webcam MB – Burg-Reuland – 20 mars 2022 à 6h47 En Flandre, la goutte froide arrive plus tard mais occasionne, ici et là, aussi des chutes de neige. Gand se retrouve tout blanc à 10 heures, tandis que la station météorologique voisine de Melle observe une température qui passe de 4,0°C (9 h) à 1,7°C (10 h), et peut-être encore un peu plus bas au plus fort des averses. Toutefois, aussi spectaculaires que ces averses de neige matinales aient pu paraître, elles n’ont donné que peu de précipitations. Au plus, elles ont donné 2 mm. À Uccle, 1,5 mm se sont seulement ajoutés aux… 0,1 mm préexistants, ce qui ramène le compteur à 1,6 mm sur les 20 premiers jours de mars. En surface, la goutte froide est à peine visible sur les cartes météorologiques, juste un petit thalweg avec, à un certain moment, un petit noyau de pression moins haute au sein de la bordure occidentale d’un anticyclone continental. À Zaventem, la pression descend au plus « bas » quelques heures après les averses de neige avec 1026,8 hPa à 12h. Le temps : Sur l’est du pays, le temps redevient assez beau dès le matin, avec encore des altocumulus castellanus, témoins de la grande mais temporaire instabilité de l’air. Par la suite, on observe de belles éclaircies, mais aussi des cumulus et des stratocumulus, avec à nouveau une convection un peu plus marquée vers la fin de la journée. Au centre du pays, les cumulonimbus matinaux font place à un temps variable avec cumulus – parfois aussi accompagnés de stratocumulus d’étalement –, devenant graduellement beau l’après-midi. Du côté de Gand, le temps est d’abord beau le matin avant que n’arrivent les averses en milieu de matinée, suivies de pas mal de stratocumulus. Mais l’après-midi, le ciel se dégage là aussi, avec encore quelques cumulus. Les températures ont quelque mal à se remettre de ce petit coup de froid et restent souvent assez basses pour la saison, cependant avec des disparités. À Uccle, la température ne dépasse pas 8,3°C, mais on observe 11,3°C à Bierset et même 14,5°C à Hastière. Sur les Hautes-Fagnes, Mont-Rigi est, avec 6,8°C, à peine plus froid qu’Uccle. Conclusion La deuxième décade de mars a été plus mitigée, avec quelques phénomènes qu’on peut même qualifier de très particuliers, mais elle a donné peu d’eau. À Uccle, il s’agit de 1,6 mm de précipitations. Au vu des prévisions qui, à peu de choses près, n’annoncent pas de précipitations, l’on pourrait bien s’acheminer vers un record de sécheresse. Trois autres paramètres vont dans le même sens : le nombre de jours avec précipitations, l’humidité relative et l’insolation. Si, grâce à des précipitations relativement abondantes en janvier et février, l’indice de sécheresse ne présente encore rien d’alarmant, il convient cependant de surveiller l’évolution de ce paramètre.
  15. cumulonimbus

    Mois de mars exceptionnel

    1re DÉCADE DE MARS 2022 1er mars 2022 Une perturbation frontale tente encore d’aborder notre pays, mais est fortement ralentie par un anticyclone sur la Pologne. Un peu de pluie parvient à se propager jusqu’au centre du pays en matinée, avec stratocumulus et fractus sous un voile d’altostratus. Sur l’est du pays pendant toute la journée, sur l’ouest l’après-midi seulement, le temps est sec avec (excepté au littoral) des éclaircies avec voile de cirrus, cirrostratus et altostratus, accompagné d’altocumulus. L’air est d’ailleurs déjà fort sec sur l’est du pays. Vers la fin de la journée, on revoit des stratocumulus. Les températures se situent, l’après-midi, entre 9 et 11°C en plaine et autour de 7°C sur les hauteurs sous un vent de sud, qui tend vers le sud-est. 2 mars 2022 Une autre perturbation tente de traverser notre pays, mais échoue aussi devant les hautes pressions continentales. Le ciel est globalement plus nuageux sur l’ouest que sur l’est du pays avec, au littoral, de petites pluies une partie de la journée. Là, le ciel est couvert avec stratocumulus parfois accompagné de fractus. À l’intérieur des terres, le temps est assez beau quoique voilé avec cirrus et cirrostratus, parfois aussi altostratus, le tout s’effilochant l’après-midi pour laisser la place à de belles éclaircies avec cirrus et altocumulus. L’est du pays se trouve toujours en air très sec. À Elsenborn, l’humidité tombe à 23% à 13 et à 15 heures, tandis que Mont-Rigi tombe même à 21% à 14 heures. Les températures : maxima de 10 à 12°C en plaine, 7°C sur le Plateau ardennais mais 10°C sur les Hautes-Fagnes. Le vent souffle d’est à sud-est, et s’oriente plus tard à l’est à nord-est. 3 mars 2022 Notre temps est désormais aux prises d’un anticyclone qui a développé un noyau sur la Scandinavie. Le temps est à présent très beau, avec parfois quelques cirrus. Seuls le littoral et, parfois, la frontière belgo-française connaissent un ciel plus nuageux, avec cirrus et altocumulus. Le vent souffle d’est à sud-est et l’air reste très sec sur l’est du pays, avec à 13 heures 22% d’humidité relative à Mont-Rigi et à Elsenborn. Ce même taux est observé à Spa à 14 heures. Les températures atteignent 12 à 14°C en plaine et se situent autour de 12°C sur les hauteurs. Localement, on atteint 15°C dans le sud. 4 mars 2022 C’est toujours l’anticyclone scandinave qui détermine le temps sur nos régions. Le ciel est serein toute la journée sur presque tout le pays. Seuls le littoral et l’extrême ouest du pays connaissent à nouveau un ciel plus nuageux, avec stratocumulus évoluant en cumulus, surmontés de cirrus et d’altocumulus. Ces altocumulus arrivent jusqu’en région gantoise le soir. Toute la moitié est du pays se trouve dans un air très sec, avec l’après-midi des taux d’humidité souvent inférieurs à 30%. À Schaffen par exemple, on mesure 25% d’humidité relative à 17 heures. Sous un vent d’est à sud-est, les températures fraîchissent un tout petit peu pour atteindre des maxima de 11 à 13°C en plaine et de 8 à 9°C sur les hauteurs. Dans certaines vallées, on observe encore 14°C. 5 mars 2022 Un anticyclone se trouve sur le sud de la Scandinavie et un autre se trouve l’Irlande. Le second gagne du terrain au détriment du premier. Le ciel est à nouveau serein toute la journée sur presque tout le pays. Seuls l’ouest de la côte belge et l’extrême ouest du pays connaissent une fois encore un temps plus nuageux voire couvert, cette fois-ci avec des stratus se dissipant difficilement et se transformant par la suite en stratocumulus. Températures : fort froid le matin avec gelées répandues, jusqu’à –4°C en plaine. Les maxima atteignent 10 à 12°C en plaine (8°C au littoral) et tournent autour de 7°C sur les hauteurs. En soirée, sous un vent qui s’oriente partout au nord à nord-est, il refait fort frais. L’air est à présent fort sec au centre et au nord du pays, avec à Anvers 26% d’humidité à 16 heures 6 mars 2022 Un anticyclone sur les Îles Britanniques favorise l’arrivée d’une portion d’air continental plus froid. Sous des vents de nord-est aussi un brin plus humides, des cumulus parviennent à se former l’après-midi, qui buttent contre une inversion marquée vers 1700-1800 mètres d’altitude et s’aplatissent avant de se disloquer en stratocumulus cumulogenitus. Au-dessus, on voit aussi quelques cirrus et altocumulus. Il fait fort froid le matin avec des gelées très répandues, jusqu’à –4 voire –5°C localement en plaine. L’après-midi, le vent de nord-est reste froid et les maxima ne dépassent guère 7°C en plaine (6°C au littoral) et 3 à 4°C sur les hauteurs. Vent froid et plaques de neige, datant de février, donnent un petit air d’hiver au Centre Nature de Botrange. Crédit photo : Alexis Papapanayotou 7 mars 2022 L’anticyclone britannique se déplace vers la Mer du Nord puis le Nord de l’Allemagne. Le temps est beau partout mais froid avec, après des gelées nocturnes généralisées et, en journée, pas plus de 6 à 7°C en plaine et 2 à 3°C sur les hauteurs. En plus le vent d’est, qui souffle par rafales surtout en Haute Belgique, renforce cette impression de froid. Le temps est serein partout, hormis au littoral où l’on observe quelques fractus en matinée et quelques cirrus. 8 mars 2022 Un repositionnement de l’anticyclone sur le continent nous ramène un air continental plus doux. L’après-midi, les températures remontent à 10 à 12°C , localement 13°C en plaine (9 à 10°C au littoral) et à 6 à 7°C sur les hauteurs. Toutefois le vent de sud-est, qui souffle toujours par rafales, notamment sur les hauteurs, donne dans cette région une grande impression de fraîcheur. Le ciel, quant à lui, est parfaitement serein à l’exception de rares cirrus. 9 mars 2022 Une zone de hautes pressions, s’étendant de la Méditerranée au nord-ouest de la Russie, commande un flux d’air méridional. Les maxima, en forte hausse, s’élèvent à 14 à 16°C, localement 17°C en plaine et à 10 à 11°C sur les hauteurs. Le vent souffle de sud-est à sud et le ciel est parfaitement serein sur tout le pays, à l’exception quelques cumulus (fractus) en fin d’après-midi au littoral, plus particulièrement sur l’ouest de la côte belge. Webcam de Floriffoux : comme partout ailleurs dans le pays, le ciel est magnifiquement bleu à Floriffoux 10 mars 2022 Nous restons dans un flux méridional commandé par les hautes pressions continentales. C’est le vrai printemps avec des maxima de 16 à 18°C en plaine et de 12 à 13°C sur les hauteurs. En plus, à part de rares cirrus, le ciel est serein partout. Conclusion Cette décade bat le record d’insolation à Uccle avec 86 heures et 44 minutes de soleil. En outre, aucun nuage n’a été observé dans le ciel bruxellois, en journée, les 4, 5, 7, 8 et 9 mars (données d’Uccle et de Zaventem). En plus de cela, le compteur des précipitations est resté à 0 millimètre. Plusieurs jours, les températures étaient déjà fort agréables, d’autres jours étaient encore un peu froids, mais restaient agréables en plein soleil. Ces contrastes, se compensant l’un l’autre, ont cependant fait en sorte que d’un point de vue thermique, cette 1re décade de mars est restée fort proche des normes saisonnières.
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