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cumulonimbus

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  1. ÉPISODE HIVERNAL DE DÉBUT 2026 LA FAUTE À ANNA ! « Anna », c’est le nom donné à une dépression qui, du 1er janvier au soir au 5 janvier au matin, a fait du surplace sur la Mer Baltique. Il faut dire qu’Anna était bien protégée par un vaste creux en altitude, couvrant tout le nord et le nord-est de l’Europe. Source : KNMI Il en a résulté, sur nos régions, un flux presque constant d’air polaire maritime plus ou moins direct, auquel contribuaient également des hautes pressions sur l’Atlantique et dans lequel s’immisçaient bon nombre de perturbations occluses. Avec, dès le 2 janvier, des températures inhabituellement froides au niveau 850 hPa, dont nous n’avions plus l’habitude ces dernières années, la plupart des précipitations étant tombées sous forme de neige, même en plaine. À présent, voyons cela au jour le jour. 1er janvier 2026 Le premier jour de cette année 2026 est caractérisé par de l’air maritime certes déjà frais, mais pas encore froid. Un front froid associé à la dépression Anna, situé sur le nord de l’Angleterre le matin, aborde le littoral belge en début d’après-midi et traverse ensuite notre pays pour arriver en Gaume le soir. Source : KNMI En surface, la rotation du vent vers l’ouest-nord-ouest, après le passage du front, n’est perceptible qu’au littoral. Ailleurs, les vents soufflent de sud-ouest ou d’ouest-sud-ouest et sont responsables d’un temps particulièrement désagréable, avec altostratus doublé de stratocumulus et de fractus, le tout évoluant souvent en nimbostratus, avec en Basse et Moyenne Belgique des pluies et des bruines, principalement l’après-midi. On note quelques maigres éclaircies, avec altostratus s’effilochant et stratocumulus se dispersant un peu. En Haute Belgique, il neige avec, à la Baraque de Fraiture, une mince couche de bonne qualité qui persiste toute la journée. À Mont-Rigi, on observe 2 cm. Puis, en soirée, on nous signale quelques 5 cm du côté du Signal de Botrange. Webcam BMCB – Baraque de Fraiture – 1 janvier 2026 à 15h52 Les températures maximales se situent autour de 6°C au littoral, de 4 à 5°C en plaine et entre –1 et 0°C sur les plus hauts plateaux. La Gaume, elle aussi, connaît un jour d’hiver avec, à Chiny, même quelques discrètes traces de neige. 2 janvier 2026 La dépression Anna prend position sur la Mer Baltique, engendrant un flux presque de nord sur la Mer du Nord, avant de rebasculer vers le nord-ouest en soirée. Sur notre pays, le flux reste généralement au nord-ouest. En surface, c’est surtout visible au littoral, où les vents soufflent de nord-ouest aussi. À l’intérieur des terres, par effet de frottement, les vents continuent à souffler de sud-ouest à ouest. En deuxième moitié de journée cependant, le flux de nord-ouest parvient à quelque peu s’imposer à l’intérieur des terres aussi, avec des vents qui tournent à l’ouest ou à l’ouest-nord-ouest. Source : KNMI Le temps est meilleur. Les stratocumulus du matin se dispersent, laissant place à des éclaircies avec fractus évoluant en cumulus avant de quelque peu s’étaler à nouveau en stratocumulus. Quelques averses parviennent cependant à se former. Celles-ci sont parfois de neige même en plaine. Dès 300 mètres d’altitude environ, et parfois même en dessous, elles donnent déjà lieu à un enneigement du sol. Même à Uccle, quelques traces de neige sont observées en matinée. À Mont-Rigi, la couche de neige est de 4 cm en matinée, de 5 cm en après-midi et passe rapidement de 5 à 12 cm entre 17 et 20 heures. Au littoral par contre, c’est de beau temps qu’on peut parler, avec des cumulus humilis, certes parfois nombreux, mais évoluant dans un ciel très limpide et bleu. Les températures maximales se sont surtout refroidies dans les Hautes-Fagnes, où elles ne dépassent plus –2 à –3°C. En plaine, on se situe encore entre 4 et 5°C. mais en Moyenne Belgique déjà, on n’est plus qu’à 2 ou 3°C, et même entre 0 à 2°C, selon l’altitude, dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. 3 janvier 2026 La neige, à présent, s’invite en de plus en plus d’endroits. De la neige au sol est notamment observée au Hainaut, dans le Brabant Wallon, à Bruxelles (Uccle a son petit centimètre) et, de façon générale, en Haute Belgique. À Mont-Rigi, on passe de 12 cm de neige le matin à 18 cm en soirée. La situation atmosphérique n’a pour ainsi dire pas changé, mais l’air polaire qui nous arrive devient de plus en plus froid. Au niveau 850 hPa, vers 1350 mètres d’altitude, la température se situe désormais vers les –7°C. Mais, en air instable, cela ne suffit tout juste pas pour assurer de la bonne neige en plaine, et de la pluie se mêle encore aux précipitations neigeuses à basse altitude. Les températures maximales, en plaine, sont aussi un brin trop élevées, avec 2 ou 3°C. Mais dès 200-300 mètres d’altitude, le gel est permanent. C’est ainsi que la couche de neige tombée le matin sur le Brabant Wallon fond en partie en journée. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 3 janvier 2026 à 16h Mais de nouvelles averses de neige se produisent en fin de journée, avec de la neige qui tient à nouveau. À l’aéroport de Charleroi, par exemple, on mesure 4 cm à 22h. Du côté du ciel, le temps a les caractéristiques de l’air polaire maritime, avec une alternance d’éclaircies et de nuages d’instabilité (cumulus et cumulonimbus), mais aussi pas mal de stratocumulus. Assez curieusement à la côte et sur mer, les averses ne se forment qu’isolément (mais alors avec orage), sinon des stratocumulus aux formes très nettes alternent avec de belles éclaircies. 4 janvier 206 La neige est pas mal présente sur le sol belge, avec entre 1 et 3 cm sur le centre du pays (3 cm à Uccle), 4 cm du côté de Charleroi et de Sivry-Rance et jusqu’à 7 cm près de la frontière française, au sud-ouest de Mons. En Campine, on mesure plus encore, localement jusqu’à 10 voire 11 cm. Parmi les stations officielles, c’est Mont-Rigi qui enregistre la plus grande épaisseur de neige, avec 18 cm. Le long de la frontière allemande, il a neigé davantage encore et on relève 21 cm au Weisser Stein. De telles hauteurs sont également observées sur le versant nord-est des Hautes-Fagnes, mais aussi à Ovifat, où l’on ouvre les pistes de ski. Plus surprenant, les petites collines des Pays-Bas (eh oui, il y en a) mesurent parfois de très grosses épaisseurs de neige, car bien situées sur la trajectoire des averses. C’est ainsi que les collines près d’Utrecht (70 mètres d’altitude) et celles de la Veluwe entre Apeldoorn et Arnhem (environ 100 mètres d’altitude) ont parfois reçu plus de 20 cm de neige ! Source : Weerwoord La dépression Anna, elle, n’a pas bougé, mais une crête anticyclonique sur la France nous vaut du beau temps en journée. Source : KNMI La convection ne s’opère pour ainsi dire plus. Le temps est ensoleillé avec un ciel serein en matinée et juste quelques cumulus humilis ou fractus, et quelques stratocumulus cumulogenitus l’après-midi. Le sud et l’est du pays sont moins privilégiés, avec stratus ou stratocumulus matinaux tendant à persister et, l’après-midi, des cumulus plus nombreux et un peu plus développés (mediocris), tendant parfois à de nouveau s’étaler en fin de journée. Au littoral, en raison des eaux chaudes, les cumulus sont présents dès le matin, mais restent inoffensifs et n’empêchent pas le soleil de briller. Les vents de surface soufflent d’ouest à nord-ouest sur l’ouest du pays, et d’ouest à sud-ouest sur le restant du pays. Il s’ensuit une césure dans les températures. Les zones soumises aux vents d’ouest à nord-ouest connaissent une certaine influence maritime avec des températures maximales de 2 à 3°C, et jusqu’à 4°C en bordure de mer. Les zones soumises aux vents d’ouest à sud-ouest connaissent un air un peu plus continentalisé, refroidi au-dessus des terres enneigées, et les températures peinent à dépasser 0°C même en plaine. Dès 150-200 mètres d’altitude, les températures n’y arrivent plus : les gelées sont permanentes. À Mont-Rigi, le thermomètre ne dépasse pas –4,3°C au meilleur moment de la journée. Dès le soir, on observe une chute vertigineuse des températures aux endroits exposés, les fameux « trous à froid ». En fin de nuit (5 janvier), on descendra par exemple jusqu’à –14,7°C à Grandru (Vaux-sur-Sûre), –14,6°C à Cobru-Noville (Bastogne), –13,3°C à Radelange (Martelange) et –12,9°C à Bütgenbach. Sur le réseau officiel de l’IRM, on observera –12,7°C à Elsenborn. 5 janvier 2026 « Anna » finit par disparaître des cartes météorologiques, mais bien d’autres dépressions se creusent et le temps devient très perturbé sur nos régions, sans devenir moins froid pour autant. Source : KNMI Un front occlus, notamment, traverse le pays durant la journée, avec des chutes de neige qui commencent en matinée au littoral, puis qui se déplacent vers l’intérieur des terres, en affectant principalement la partie centrale du pays en milieu de journée et la partie sud-est en après-midi et en soirée. Localement, la couche de neige augmente fort : à Beauvechain on monte jusqu’à 8 cm et à Gosselies, jusqu’à 7 cm. À Uccle, on n’atteint que 2 petits centimètres, mais une couche complète et bien blanche remplace désormais la couche discontinue qui préexistait. Au centre du pays, après quelques éclaircies matinales, avec altocumulus, le ciel redevient rapidement gris avec stratus / stratocumulus très bas. Ensuite le ciel devient blanchâtre lors des chutes de neige, puis à nouveau gris avec stratus fractus, stratocumulus et quelques trouées plus lumineuses. Au littoral, la perturbation a un comportement différent. Arrivée le matin, elle forme au-dessus de la mer des cumulus bourgeonnant, accompagnés de stratocumulus et d’autre cumulus, plus modestes. Dès la fin de la matinée, le temps se remet au beau, avec des cumulus humilis très plats, à la limite de stratocumulus, qui persistent ensuite quelques temps, avant de des stratocumulus reprennent le dessus, avec une tendance instable (castellanus) et une base devenant très sombre. Webcam MB – Nieuport – 5 janvier 2026 à 16h07 En Ardenne, le temps est brumeux avec stratus / brouillard et neige en fin de journée. Les températures maximales sont basses, avec gelées permanentes (en de nombreux endroits, y compris au centre du pays). Les valeurs sont de 2 à 4°C à l’ouest de la ligne Courtrai – Gand, –1 à 1°C partout ailleurs en plaine et –4 à –5°C sur les Hauts Plateaux. 6 janvier 2026 Le pays presque tout entier est sous la neige à présent. Webcam MB – Audenarde – 6 janvier 2026 vers 9h En Moyenne Belgique, on observe 9 cm à Beauvechain et 6 cm à Uccle, tout comme à l’aéroport de Charleroi. Dans les Hautes-Fagnes, Mont-Rigi note 18 cm. Le temps, grâce à une nouvelle petite crête anticyclonique, redevient partiellement beau. Après la dispersion des stratocumulus du matin, le soleil brille dans un ciel bleu, mais des bancs de brouillard / stratus / stratus fractus rendent le temps temporairement gris. Cette grisaille est particulièrement tenance en Ardenne et en Gaume. Au littoral par contre, le ciel reste clair toute la journée avec, là, des cumulus humilis tout au long de la journée. Les températures maximales sont positives à l’ouest et au nord du pays avec 4°C au littoral, 2 à 3°C du côté de Courtrai, Gand et Anvers, 1°C en Campine et autour de 0°C à Bruxelles et à Liège. Au sud, il gèle en permanence, avec un maximum ne dépassant pas –3,3°C à Mont-Rigi. 7 janvier 2026 Cette fois-ci, il neige même au littoral. Un nouveau (petit) paquet de neige attend tout le pays. Les épaisseurs ne sont pas très impressionnantes, mais le pays entier arbore désormais un vrai visage hivernal, avec une neige de bonne qualité partout. Webcam MB – Audenarde – 7 janvier 2026 à 9h11 Les chutes de neige, accompagnées de vent cette fois, abordent l’ouest du pays dès le matin et se propagent rapidement vers le centre puis l’est du pays. Très temporairement, ces précipitations neigeuses sont parfois précédées d’un peu de pluie ou de bruine. Presque partout, la couche augmente de plusieurs centimètres. Florennes passe de 3 à 6 cm, Bierset passe d’une mince couche discontinue à 5 cm. Uccle par contre se maintient à 6 cm. Ici et là, on note quelques congères, qui donnent une impression de couche plus épaisse. À Noorbeek, commune hollandaise frontalière, adjacente à Fourons, on mesure même 12 cm. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 7janvier 2026 à 10h Le ciel, d’abord blanchâtre sous le nimbostratus neigeux, devient plus gris ensuite avec stratocumulus persistant le restant de la journée. Sur l’est et le sud-est du pays, la zone neigeuse est moins structurée et les stratocumulus restent parfois visibles toute la journée. Le littoral, une fois encore, échappe à la grisaille totale. Après la zone neigeuse, les stratocumulus y sont fort présents aussi, mais se présentent sous une forme plus discontinue, avec des trouées lumineuses voire des petits coins de ciel bleu. Un peu de ces éclaircies est visible jusqu’au Hainaut occidental. Les températures maximales, relevées à 19h, sont positives au nord-ouest de Bruxelles et négatives au sud-est. On relève 6°C au littoral, 3°C à Courtrai, 2°C à Gand et 1°C à Anvers. À Uccle, on mesure 0°C, à Liège et Charleroi, –1°C, et –5°C sur les Hauts Plateaux. En soirée cependant, l’air plus doux s’avance encore un peu, si bien que vers minuit, pratiquement toute la Basse et Moyenne Belgique se retrouvent dans le dégel. 8 janvier 2026 Un bon croquis vaut mieux qu’un long discours. Source : IRM Eh oui, de l’air nettement plus doux est en route pour la Belgique, commandé par une nouvelle dépression du nom de Goretti. En attendant, le matin, tout est encore bien hivernal, même si une petite douceur semble déjà régner dans l’air matinal. À Uccle, la couche de neige à 8h, grâce aux précipitations de la veille, s’est encore un peu épaissie, avec 7 cm. À Mont-Rigi, à 8h également on mesure 17 cm. Le ciel est gris, avec les typiques stratus de dégel, tandis qu’on note de faibles pluies et (surtout) bruines. La neige au sol, en Basse et Moyenne Belgique, ne se met vraiment à fondre qu’en après-midi. Ici et là, les stratocumulus, altostratus ou fractus qui se trouvent au-dessus du stratus deviennent visibles. En de rares endroits, au littoral mais aussi du côté de Liège, on observe quelques très maigres éclaircies. Les températures à 7h se situent entre 0 et 2°C en Basse et Moyenne Belgique, et entre –1 et –2°C sur les Hauts Plateaux. À 13h, elles se situent à peine plus haut, entre 2 et 3°C en Basse et Moyenne Belgique (4°C au littoral) et entre 0 et –1°C sur les Hauts Plateaux. C’est encore le cas à 19h. À minuit par contre, le dégel est (quasiment) généralisé. Sur l’ouest et le sud-ouest du pays, on note 8°C ; au centre, 6°C ; sur le nord-est, 2 à 4°C ; sur les hauteurs ardennaises, 1 à 3°C. Il n’y a plus qu’à Mont-Rigi que le gel s’accroche encore, avec –0,1°C. 9 janvier 2026 La tempête Goretti… Source : KNMI La tempête Goretti, contrairement à la France, reste raisonnable en Belgique au niveau du vent. La rafale maximale observée est de 90 km/h à Chièvres, de 82 km/h à Beauvechain et de 81 km/h à buzenol. Il n’en est pas moins que la météo est fort « chahutée ». Commençons par le déplacement de Goretti. Le 8 janvier à 19h, le centre de la dépression se trouve sur l’ouest des Cornouailles ; le 9 janvier à 1h, il se trouve sur la Manche ; à 13h, il se trouve sur l’ouest de la Belgique et à 13h, il se trouve sur le sud des Pays-Bas. Une perturbation à large secteur chaud ouvert lui est associée, mais ce secteur chaud se rétrécit de plus en plus en raison de la plus grande vitesse du front froid. Au cours de la matinée du 9 janvier, le front s’occlut complètement. La nuit du 9 au 10 cependant, le secteur chaud est encore bien présent et on assiste à une belle montée des températures entre minuit et 5 heures du matin. Des températures de 7 à 8°C, localement 9°C sont observées sur l’ouest et le sud-ouest du pays vers minuit, puis se répandent sur une vaste partie de la Basse et Moyenne Belgique vers 2-3 heures du matin, puis se retrouvent sur le centre-est et le nord-est du pays à 4 heures. En raison de l’occlusion du front, cet air doux n’ira pas beaucoup plus loin. Pendant ce temps, il pleut pas mal sur le pays, avec des totaux sur 12h (19h la veille – 7h) le plus souvent compris entre 7 et 16 mm. Les plus fortes précipitations sont mesurées d’une part du l’ouest et le nord du pays, et d’autre part sur les reliefs de Haute Belgique, ainsi qu’en Gaume. Et c’est bien de pluie dont il s’agit, sur tout le pays. À 4 heures du matin, les températures atteignent 3°C à Mont-Rigi, 4°C à Elsenborn, tout comme à Saint-Hubert, et 5°C à l’aérodrome de Spa. Il s’ensuit que la couche de neige à Mont-Rigi, sous le dégel et la pluie, entame une sérieuse fonte. À 1 heure du matin, on mesure encore 18 cm, puis 16 cm vers 4 heures et enfin un minimum de 13 cm en matinée vers 9h30. Ensuite le gel et les précipitations neigeuses reviennent et la couche remonte à nouveau avec quelques 16 cm à 11h30. En Basse et Moyenne Belgique par contre, c’est une journée très pluvieuse et particulièrement désagréable, sous un vent redevenu froid, mais pas assez pour en revenir à la neige. Un nimbostratus couvre le ciel toute la journée, sur toute la Belgique. Les trouées, avec de petits coins de ciel bleu entre les fractus, sont rares. Webcam MB – Beausaint – 9 janvier 2026 à 9h40 En Gaume, l’altostratus opacus est parfois bien visible grâce à la dispersion des fractus. Au littoral, ce sont plutôt les stratocumulus qui sont visibles. Les températures, à 15 heures, se situent autour de 5 à 6°C au nord-ouest du pays, de 2 à 3° C sur le centre et en dessous de 0°C sur les hauteurs. À partir de 350 mètres d’altitude environ, la pluie se transforme en neige, et très localement même en dessous, comme en Entre-Sambre-et-Meuse, où l’on observe des flocons dès 200 mètres d’altitude. Le plus souvent toutefois, à (relativement) basse altitude, il faut attendre la nuit pour que la pluie se retransforme en neige. Sur une bande qui va de Lille à Bruxelles, les précipitations sont très abondantes avec, entre 7 et 19 heures, 23,0 mm à Beitem ; 21,3 mm à Roubaix ; 19,0 mm à Melle ; 23,8 mm à Uccle et 22,0 mm à l’aéroport de Bruxelles-National. En Gaume, il pleut aussi beaucoup avec 22,0 mm à Buzenol. À Mont-Rigi, on note 14,0 mm, mais là, c’est essentiellement de neige qu’il s’agit… 10 janvier 2026 28 centimètres de neige fraîche tombée à Mont-Rigi ! Ce qui porte la couche totale (observation à 8h) à 42 cm ! Cela fait 5 ans qu’on n’a plus vu pareille couche dans nos Hautes-Fagnes. En janvier 2021, on était monté à 45 cm. Saint-Hubert a aussi reçu pas mal de neige, avec 20 cm. Grâce aux nombreuses mesures faites par des particuliers, on peut établir que la couche de neige se situe souvent autour de 20 cm vers les 400-500 mètres d’altitude (une mesure nous est parvenue de Bastogne avec également 20 cm), mais monte rapidement au-dessus de 30 cm dès que l’on dépasse les 500 mètres d’altitude. À Longfaye (560 m), nous avons une mesure de 36 cm. Aux « Petites Tailles », à la Baraque de Fraiture (650m), la couche est de 40 cm. Au Signal de Botrange, on parle même de 48 cm ! Huppertsberg – Crédit photo : Luc Sylvain Trullemans En dessous de 400 mètres d’altitude, l’épaisseur de la couche diminue rapidement parce que les précipitations sont trop longtemps tombées sous forme de pluie. À Stembert (270 m), on n’atteint plus que 15 cm, et en plaine, la plus haute couche est de 7 cm à Ransberg, à l’est du Brabant flamand. En outre, en plaine, une ligne nette sépare les régions dont le sol est enneigé de celles qui n’ont pas de neige du tout, ou presque pas. Cette ligne est orientée nord-sud et va grosso modo d’Eeklo à Tournai en passant par Waregem. À l’ouest, ni neige ni de gel ; à l’est, neige et gel. La dépression Goretti, après avoir fait quelques aller-retours entre la Belgique et les Pays-Bas, s’éloigne désormais vers l’Allemagne en s’affaiblissant rapidement. Les chutes de neige (ou de pluie sur l’ouest) sont désormais faibles, avec le plus souvent moins de 1 mm de précipitations (7-19h), sauf en Ardenne où l’on atteint encore les 2 mm. Malgré cela, le ciel reste gris, avec souvent des stratus persistant toute la journée. Là où le stratus se dissipe, ce sont les… stratocumulus qui apparaissent. Ici et là, on note aussi des fractus, plus particulièrement au sud du pays. C’est au littoral que le ciel est le moins sombre, mais là aussi, les stratocumulus couvrent la totalité du ciel. Il fait froid. L’après-midi, les températures sont de l’ordre de –1 à –3°C en plaine et de –5 à –6°C sur les hauteurs. À l’ouest de la ligne dont il a déjà été question plus haut, il ne gèle pas. À 15h, la température est de 1,0°C à Zeebruges ; 1,2°C à Middelkerke ; 1,8°C à Coxyde ; 0,6°C à Beitem et 1,1°C à Lille (FR). 11 janvier 2026 La neige s’est un petit peu tassée, mais offre encore de très belles épaisseurs en Haute Belgique. À Mont-Rigi, on note encore 38 cm de neige à 8h. Non loin de là, au lieu-dit « Le Bovel » (630 m), on mesure 33 cm de neige, dont 10 cm de vieille neige durcie en dessous de la neige fraîche. Le temps reste gris et froid, avec à nouveau des stratus et stratocumulus qui couvrent le ciel. Parfois le stratus se déchire un peu et laisse apparaître les vastes nappes d’altocumulus qui se trouvent au-dessus. Sur l’ouest du pays, il y a des éclaircies grâce à l’absence de stratus et grâce à des trouées dans les nappes d’altocumulus. Le soir cependant, le ciel se couvre, avec également de l’altostratus, à l’approche d’une nouvelle perturbation qui, cette fois, mettra fin à l’offensive hivernale. En attendant, il fait encore froid, avec –1 à 2°C en plaine (le moins à l’est, le plus à l’ouest) et –4 à –5°C sur les hauteurs. La neige, là où y en a (la plus grande partie du pays) persiste encore au sol. 12 janvier 2026 La nuit déjà, les températures augmentent et il se met à pleuvoir. À minuit, le dégel concerne déjà toute la Basse et Moyenne Belgique. 12 heures plus tard, il fait déjà 9°C au littoral, 7°C au centre du pays et 1 à 2°C sur les hauteurs. Seuls les environs de Mont-Rigi connaissent encore un léger gel, avec –0,1°C. L’après-midi, le gel est vaincu partout. C’est la fin de l’offensive hivernale. En matinée, la neige a déjà disparu à Bruxelles, et il n’en reste plus grand-chose à Liège. L’après-midi, la neige n’est présente plus que sur les hauteurs. Et voici peut-être l’une des dernières images de l’offensive hivernale. Webcam MB – Beausaint – 12 janvier 2026 à 16h40 Conclusion L’offensive hivernale que nous venons de connaître a au moins le mérite d’avoir existé. Elle n’a été en rien exceptionnelle. Seules les chutes de neige de la nuit du 9 au 10 janvier, sur les plus hauts plateaux, peuvent être considérées comme remarquables. Par chance, c’est le 3e mois de janvier consécutif où nous avons raisonnablement de la neige en Belgique. Mais si nous regardons l’ensemble des hivers des 10 dernières années, voire un peu plus, ils ont le plus souvent été pauvres en neige, même si l’un ou l’autre événement neigeux pointait le bout de son nez de temps en temps. Dans l’ensemble cependant, nous sommes tellement déshabitués aux frimas de l’hiver que chaque événement froid et/ou neigeux constitue désormais un événement en soi.
  2. 18 AU 24 NOVEMBRE 2025 PETIT ÉPISODE HIVERNAL AVEC QUELQUES SURPRISES Le 18 novembre 2025, la première neige apparaît sur les reliefs. Le 20 novembre 2025 au matin, Bruxelles se retrouve tout blanc, mais aussi Ostende et Knokke, ainsi que quelques autres stations balnéaires. Un peu plus tard, le Mont-Saint-Aubert (147 m), près de Tournai, reçoit… 18 centimètres de neige ! Le week-end du 22 au 23 novembre 2025 est un véritable enchantement hivernal dans les Hautes-Fagnes. Plus surprenant, Bruges se retrouve sous la neige aussi, aux petites heures du 23 novembre 2025. Bruges le 23 novembre vers 1h30 (source : Brugge vroeger en nu) Historique Les 13 et 14 novembre 2025 sont encore des journées particulièrement douces et manquent de peu la date de l’Été de la Saint-Martin, le 11 novembre. La dépression, liée à la tempête « Claudia » fait quasiment du surplace sur l’Atlantique, au nord-ouest de l’Espagne, et nous envoie un flux de sud à sud-sud-ouest – mis en place à l’est des ondulations d’un front – avec des températures qui, en Belgique, sont plutôt élevées pour la saison. Source : KNMI Au début, cet air subit un effet de foehn, avec le 13 à Pau, un hausse de température jusqu’à 27,1°C en fin de matinée, accompagnée d’une chute de l’humidité. Cet air chaud se retrouve en altitude jusqu’à Paris, avec 19°C entre 500 et 600 mètres d’altitude. Chez nous, tout est plus modeste sous un ciel souvent voilé de cirrostratus ou d’altostratus, qui sont doublés d’altocumulus dont les ondulations laissent parfois encore deviner l’influence du foehn. Webcam BMCB – Floriffoux – 14 novembre 2025 à 11h54 Les températures maximales, au cours de ces deux jours, se situent autour de 17°C en plaine et autour de 15°C sur les hauteurs. Les jours suivants, du 15 au 18, la dépression « ex-Claudia » reste faire du surplace au nord-ouest de l’Espagne, mais le front froid qui lui est associé réussit à atteindre la Belgique, où il reste traîner. En même temps, plusieurs occlusions très longues, orientées ouest – est, demeurent bloquées au niveau de notre pays en raison d’un anticyclone sur le nord de l’Atlantique. Ces occlusions, plus que le front froid, provoquent une baisse lente mais certaine des températures. Source : KNMI Le 18 novembre, les températures maximales ne dépassent plus 4 à 5°C en plaine et 0 à –1°C sur les hauteurs. Les occlusions se sont entre-temps évacuées en direction du sud-est, et notre pays se retrouve dans de l’air polaire maritime, et aux prises avec une perturbation septentrionale qui descend de l’Écosse. Après quelques belles éclaircies, la pluie nous revient, mais il s’agit cette fois-ci d’une pluie bien froide. En Haute-Belgique, les premiers flocons apparaissent dans le courant de l’après-midi. Source : KNMI Le 19 novembre, c’est déjà le plein hiver dans les Hautes-Fagnes, avec à 16 heures près de 5 centimètres de neige au Signal de Botrange. À Losheimergraben (un peu à l'est-sud-est de Bullange), on monte déjà à 10 cm. Au Weisser Stein, à cheval sur la frontière germano-belge, on passe en moins d'une heure de 5 à 9 cm (entre 20 et 21h), puis à 15 cm à 21h30. Source : BMCB En Basse et Moyenne Belgique, avec des températures de 5 à 7°C, voire 8 ou même 9°C sur l’ouest du pays, il fait encore beaucoup trop doux pour de la neige. Le soleil est aux abonnés absents et il pleut. Après le passage de la perturbation « écossaise », notre pays se retrouve dans de l’air polaire direct et les températures en altitude baissent encore. Au-dessus de Beauvechain, la nuit du 19 au 20 novembre, la température descend jusqu’à –6°C au niveau 850 hPa, situé un peu au-dessus de 1400 mètres. Avec une température de l’eau, à Ostende, de 12°C, l’air devient particulièrement instable au-dessus de la Mer du Nord. Le 20 novembre, le vent souffle de nord-ouest au-dessus de la mer et l’air des basses couches, fortement réchauffé par l’eau, atteint quelques 5°C. Mais en fin de nuit, le long du littoral, la brise de terre parvient à supplanter ce vent de nord-ouest et à ramener l’air froid de l’intérieur des terres vers la côte. Et les averses, soudain, se mettent à tomber sous forme de neige, avec des températures qui, très temporairement, se rapprochent de 0°C. Les vents à 8 heures (source de la carte : Kachelmannwetter) À Knokke-Heist, il se met à neiger vers 7 heures et la plage est toute blanche de 7h30 à 8h30 environ, tandis qu’une nouvelle averse de neige reblanchit la plage de 9h30 à 11h15 environ. Webcam Anemos Meteo – Knokke-Heist – 20 novembre 2025 à 8h16 Il est intéressant de noter que tout près de là, à Knokke-Le Zoute, l’enneigement lié à la première averse n’est que très temporaire tandis que la seconde tombe sous forme de pluie. À Zeebruges, on note un blanchiment temporaire de la plage vers 11 heures, à Ostende plutôt entre 9 et 10 heures, tout comme à Blankenberge (là, l’enneigement est très temporaire). À Middelkerke, l’averse entre 9 et 10 heures ne « prend » pas bien, par contre la plage est bien blanche aux premières lueurs du jour, à 8 heures. Sur l’ouest de la côte belge, il n’y a pas de neige, mais un vent fort de nord-ouest dès le matin. Oosduinkerke le 20 novembre 2025 à 9h31 (source : « Fascinerend Koksijde Oostduinkerke ») À l’intérieur des terres, on observe le matin le premier enneigement de la saison à Uccle (couche complète de 1 centimètre). En Haute Belgique, la neige la plus épaisse observée est celle de Mürringen (à l’est de Malmédy) avec 16 centimètres. Le temps, en journée, reste instable. Au littoral, les cumulonimbus porteurs d’averses alternent avec des éclaircies. Plus particulièrement sur l’est de la côte, les ciels sont très changeants et parfois menaçants. Vers l’ouest, les nuages sont plus étalés (cumulus à la limite de stratocumulus) avec moins d’averses, mais aussi moins d’éclaircies. À l’intérieur des terres, il y a plus d’étalement aussi, mais il y a une ligne d’averses particulièrement virulente qui, à 13 heures, s’étend sur une ligne un peu courbe de Middelburg (Zélande) à Saint-Quentin (France) en englobant notamment Courtrai et Tournai, avec entre autres Lille sur sa bordure ouest, et Boussu sur sa bordure est. Cette perturbation donne parfois de très importantes précipitations (38, 4 mm à Rumillies ; 33,6 mm à Mouscron ; 31,2 mm à Avelgem ; 28,2 mm à Bruges), sous forme d’averses de pluie et de neige et, sur le moindre relief, de neige. C’est ainsi qu’au Mont-Saint-Aubert (au nord de Tournai), à une altitude de 147 mètres, les averses tombent exclusivement sous forme de neige, avec une accumulation au sol de… 18 centimètres ! Quelques heures plus tôt, ce sont les Ardennes flamandes qui ont reçu un paquet de neige, aussi parce que souvent situées entre 100 et 150 mètres d’altitude. Source : Weerstation Vlaamse Ardennen Plusieurs raisons à cela. La première est le hasard * : les couloirs d’averses passaient juste par là. La deuxième est le renforcement des averses lié au relief. La troisième est l’isothermie. Avec ces températures de –6°C au niveau 850 hPa, vers 1400 mètres d’altitude, l’air n’est tout juste pas assez froid – dans un contexte instable – pour des enneigements valables en Basse et Moyenne Belgique, c’est-à-dire des régions se trouvant à une altitude inférieure à 200 mètres. Mais au Mont-Saint-Aubert (pourtant à seulement 147 m), les précipitations sont fortes et durent longtemps puisque les averses s’y succèdent. Ces averses intenses ramènent l’air froid d’altitude de plus en plus bas, la fonte des flocons de neige refroidit l’air environnant et fait descendre l’isotherme 0°C de plus en plus bas aussi… jusqu’à ce que l’isotherme 0°C touche le sol et que la neige ne fonde plus. C’est ce qui s’est passé sur les reliefs de l’ouest de la Belgique, mais cela n’a pas tout à fait réussi en plaine. À Harelbeke, le sol n’a été blanchi que très temporairement. À Tournai, cela a été mieux, mais on est resté loin des épaisseurs du Mont-Saint-Aubert. La photo ci-dessous montre qu’il neige certes à gros flocons sur Tournai, mais l’accumulation au sol reste limitée en raison des températures (un brin) trop élevées. * : il n'est pas exclu que le hasard ait été un peu forcé par la ligne de convergence qui s'est formée le matin près des côtes entre le vent général de nord-ouest et la brise de terre de sud-est (cf. carte de Kachelmannwetter). Le vent soufflant de nord vers 3000 mètres d'altitude, les averses ainsi boostées en mer auraient ensuite été entraînées droit vers le Hainaut occidental, et boostées une seconde fois par les reliefs jusqu'à 150 mètres qui s'y trouvent). Source : Météo Mons Au final, les températures maximales de ce 20 novembre sont de l’ordre de 6 à 7°C au littoral, de 2 à 4°C en Basse et Moyenne Belgique et de 0 à –1°C sur les Hauts Plateaux. La neige ne tient donc toute la journée qu’en Haute Belgique et… sur les petites hauteurs de l’ouest de la Moyenne Belgique. Ainsi, le Mont-Saint-Aubert, près de Tournai, reste blanc jusqu’au soir, et même encore les jours suivants jusqu’au 23. Le 21 novembre, après le passage d’une petite occlusion, le ciel se dégage grâce à une influence anticyclonique. Les stratus matinaux (quand il y en a) se déchirent, en laissant quelques fractus en matinée (parfois aussi des stratocumulus) qui, plus tard, évoluent en cumulus, tandis que quelques cirrus et quelques altocumulus garnissent aussi le ciel. Ici et là, quelques cumulus sont encore assez développés. Après des minima de 0 à 2°C en Basse et Moyenne Belgique (localement –1°C) à l’ouest et –2 à -3°C sur les Hauts Plateaux, les maxima, grâce à l’ensoleillement, atteignent 5 à 6°C en plaine, 4°C au centre du pays et –1 à +1°C sur les Hauts Plateaux. Là, au-dessus de 500-550 mètres, il est question d’une merveilleuse journée d’hiver, avec soleil et neige ! Crédit photo : Fabienne Nicolas Le soir, le ciel se dégage complètement ou presque, et les températures descendent très fort. 22 novembre : il fait glacial le matin. Bien qu’on soit loin de tout record, on n’a plus l’habitude, de nos jours, d’avoir aussi froid si tôt dans la saison. En Basse et Moyenne Belgique, les températures minimales atteignent souvent –3 à –4°C, localement –5 voire –6°C. Dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, on note –7°C à Florennes, et sur les Hauts Plateaux, il fait –8 à –9°C. Comme d’habitude, à la base d’Elsenborn, il fait encore plus froid, avec un minimum de –11,5°C relevé à 8h10. On remarquera aussi les –8,1°C à Buzenol, en Gaume. Quelques stations récemment installées dans les fameux « trous à froid » indiquent des valeurs plus basses encore, comme par exemple les –15,5°C observés à Bullange. Malheureusement, nous ne disposons pas, là, de longues séries pour pouvoir comparer avec le passé. Notons que le 28 novembre 1915, la température était descendue jusqu’à –21,0°C à Stavelot. Plus récemment, le 24 novembre 1998, la température descendait jusqu'à –15,6°C à Elsenborn. En journée, le temps est à nouveau beau, malgré la présence de nombreux cirrus dans le ciel. Sur l’ouest, on note aussi des bancs d’altocumulus. En journée, les températures remontent à 2 à 5°C en Basse et Moyenne Belgique (le moins en Flandre Orientale et sur l’ouest du Hainaut). Sur les Hauts Plateaux, il fait encore plus froid avec –1 à –2°C et la neige, bien sûr, reste intacte. Saint-Hubert – Crédit photo : Céline Nicolas La nuit du 22 au 23 novembre, le ciel se couvre progressivement et, dès 22 heures, on observe des précipitations sur l’ouest du pays à l’approche de plusieurs occlusions qui s’apprêtent à traverser le pays. Il s’agit de neige et de pluie, parfois verglaçante. Vers l’intérieur des terres, c’est uniquement de la neige qui tombe, mais la perturbation d’affaiblit de plus en plus, si bien qu’on note pas d’enneigement important du sol. C’est Bruges, cette fois-ci, qui est l’une des villes privilégiées. En milieu de nuit, on y observe une couche de neige certes mince, mais complète. Bruges le 23 novembre vers 1h30 (source : Brugge vroeger en nu) À Uccle, on observe un enneigement partiel du sol. Dès le matin, les températures remontent sur l’ouest du pays, puis aussi sur le centre, puis enfin sur le centre-est. En après-midi, il se met à pleuvoir et les températures se situent alors autour des 2 à 3°C (4°C au littoral). Au Mont-Saint-Aubert, il fait juste encore assez froid pour que la neige tienne quelque peu. Le ciel, quant à lui, est très nuageux à couvert, avec altocumulus et stratocumulus (aussi altostratus sur l’ouest), tendant vers nimbostratus l’après-midi. En fin de journée, des éclaircies réapparaissent au littoral. Sur les Hauts Plateaux, les températures restent négatives jusqu’en soirée et la neige garde toute sa qualité. Le ciel est plus nuageux que la veille, mais entre les stratocumulus, il y a encore de belles éclaicies. L’après-midi, le ciel se couvre de stratus, avec de la neige en grain rapidement suivie de pluie ou de bruine verglaçante. Malgré le ciel plus gris, l’après-midi, les plaisirs d’hiver continuent. Webcam BMCB de la Baraque Michel La lente remontée des températures au passage des occlusions, et à l’arrivée de l’air maritime plus doux à l’arrière, finit par faire arriver le dégel même sur les reliefs. À minuit, les températures atteignent souvent 5°C en Basse et Moyenne Belgique et 2°C sur les Plateaux Ardennais. Il n’y a plus que les Hautes-Fagnes où la température est encore à 0°C. Le 24 novembre, le dégel est généralisé, avec des maxima de 7 à 9°C en plaine et de 2 à 5°C sur les Hauts-Plateaux. Là, la neige est encore présente, mais perd rapidement en qualité. Webcam BCMC de la Baraque Michel Le petit épisode hivernal se termine donc.
  3. UNE BRUSQUE MAIS BRÈVE HAUSSE DES TEMPÉRATURES Vendredi 19 septembre 2025, des températures élevées pour la saison sont enregistrées sur l’ensemble du territoire belge, avec des valeurs le plus souvent comprises entre 28 et 29°C en Basse et Moyenne Belgique, et entre 23 et 24°C sur les hauts plateaux, fagnard et ardennais. Localement, on s’est même approché des 30°C, mais sur le réseau thermométrique principal, cette valeur n’a pas été atteinte. Il s’agit là de températures remarquables pour un 19 septembre, même si ce ne sont pas des records. Les 30°C les plus tardifs, qui n’ont pas été atteints cette fois, sont souvent enregistrés autour de cette date. En 1947, les 30°C sont atteints une dernière fois le 19 septembre à Gerdingen-Bree (32,6°C), à Denée-Maredsous (31,5°C) et à Rochefort (33,3°C). En 1961, les 30°C sont encore atteints, le 19 septembre, à Coxyde (30,0°C), à Zaventem (30,4°C), à Bierset (30,3°C), à Kleine Brogel (31,3°C) et à Gerdingen-Bree (30,7°C, record des 30°C les plus tardifs de 1947 égalé). En 2003, pas mal de 1947 ou 1961 sont battus, puisque Zaventem dépasse les 30°C le 20 septembre (31,1°C). C’est le cas aussi pour Chièvres (30,8°C), Gosselies (30,7°C), Beauvechain (30,2°C), Bierset (30,4°C), Geel (30,2°C), Gorsem (31,6°C), Kleine Brogel (31,5°C), Koersel (31,5°C), Thirimont (30,0°C) et Ciney (30,0°C). Quelques stations font encore plus fort, en dépassant les 30°C même le 21 septembre (3e décade), comme Liège-Angleur (30,2°C), Liège-Monsin (30,0°C) et Lanaken (30,0°C). Le 26 septembre 1967, on est juste passé à côté des derniers 30°C, avec 29,7°C à Kleine Brogel (mais 30,4°C à Buchten aux Pays-Bas). En 1895, quelques derniers 30°C ont sans doute eu lieu le 26 septembre, mais en l’absence de métadonnées certaines, il n’est plus possible de reconstituer ces données au dixième de degré près. En tout cas dans la ville de Spa, les températures ont été fort proches de 30°C les 24, 25 et 26 septembre. En ce qui concerne les records décadaires (11-20 septembre), là c’est septembre 2020 qui rafle tout, avec le 15 septembre 35,6°C à Dilbeek, 34,8°C à Koersel, 34,7°C à Zaventem, Sint-Katelijne-Waver et Dourbes, 34,6°C à Genk et Kruishoutem, et encore 34,3°C à Uccle. À noter que pour cette station, la température n’avait pas atteint les 30°C au cours des précédents coups de chaleur décrit ci-dessus, ce qui signifie que pour Uccle, la date des 30°C les plus tardifs est le 15 septembre 2020. Historique de ce petit coup de chaleur du 19 septembre 2025 Après un premier petit coup de chaleur en date du 7 septembre, où la température a légèrement dépassé les 30°C à Uccle (30,3°C), le temps est devenu plus perturbé avec des pluies régulières et des températures proches des normes saisonnières. Par la suite, une perturbation à large secteur chaud tente de nous ramener la chaleur, mais cela ne se passe pas sans à coup. 17 septembre 2025 Un anticyclone dont le noyau évolue près de la Suisse nous place déjà dans de l’air maritime méridional assez doux. Le front chaud d’une perturbation traverse notre pays durant l’après-midi, surtout dans sa partie nord, et nous envoie une portion d’air encore plus doux. Mais les nombreux nuages empêchent un saut spectaculaire des températures. En plus, de l’air un peu plus frais, resté coincé dans les basses couches, a du mal à s’évacuer, ce qui se voit bien dans la structure des nuages. En effet, en dessous d’une nappe d’altostratus et d’altocumulus, parfois aussi stratocumulus, de petits cumulus, d’abord fractus, puis humilis, se forment dans la petite couche instable près du sol. Webcam MB – Sprimont-Dolembreux – 17 septembre 2025 à 14h00 Ce n’est qu’en fin d’après-midi que les cumulus se résorbent, que l’altostratus se dissout et que les altocumulus et stratocumulus se déchirent. Il est trop tard pour le soleil de faire monter les températures, et elles ne dépassent guère les 20°C qu’en quelques endroits. Kachelmann Wetter 18 septembre 2025 Nous sommes certes dans le secteur chaud, mais le front froid à l’arrière de la perturbation reste fort près de nos régions, avant de finalement reculer à son tour et de nous placer définitivement dans l’air chaud. Source : KNMI Le ciel reste donc longtemps très nuageux avec stratocumulus bas et quelque peu discontinus, avant que le tout se déchire l’après-midi (plus tôt sur l’est, plus tard sur l’ouest), laissant la place à des cumulus très plats, à la limite de stratocumulus, puis un ciel serein le soir. Webcam MB – Sprimont-Dolembreux – 18 septembre 2025 à 09h56 Les températures montent un peu, mais restent à la traîne, avec des maxima de 19 à 22°C en Basse et Moyenne Belgique et des températures autour de 21°C sur les Hauts Plateaux. Localement, on observe des valeurs plus élevées, de l’ordre de 23 à 24°C. Kachelmann Wetter Une langue d’air chaud essaie déjà d’atteindre notre pays, mais reste au sud de Charleville-Mézières, avec 26,6°C à Reims et, plus à l’est, 25,8°C à Metz-Frescaty. 19 septembre 2025 Nous voilà temporairement du côté chaud, vraiment, sous l’influence d’un anticyclone centré sur les Balkans. Avec le vent de sud-est à sud et le soleil (et quelques cirrus, temporairement épais en fin de matinée), les températures peuvent enfin monter, avec des valeurs de 28 à 29°C en plaine, voire parfois presque 30°C en Basse et Moyenne Belgique, et 23 à 24°C sur les Haut Plateaux. Un peu au sud de notre pays, les 30°C sont même légèrement dépassés dans le nord de la France. Kachelmann Wetter Ci-dessous, cirrus un peu plus présents dans le ciel de Floriffoux. Webcam BMCB – Floriffoux – 19 septembre 2025 à 11h54 20 septembre 2025 Les températures minimales, par endroits, sont aussi très élevées pour la saison, et ne descendent pas en dessous de 20°C à Uccle (20,1°C), Zaventem (20,0°C), Beauvechain (20,0°C) et Gosselies (20,2°C). Une bouffée d’air très doux traverse le pays aux petites heures, avec 22,1°C à Semmerzake (3h), 21,7°C à Melle (4h) et 21,7°C à Uccle (5h). L’année 2023 a cependant fait mieux et ce, même au mois d’octobre. Le 3 octobre 2023 à 3 heures du matin, on enregistrait 22,6°C à Uccle et à 4 heures, 22,7°C à Sint-Katelijne-Waver. Après cette nuit chaude du 20 septembre 2025, les températures commencent à monter en matinée, puis sont arrêtées par l’arrivée du mauvais temps. Sur l’ouest du pays, les maxima sont atteints en matinée (23°C), au centre du pays vers midi (23-24°C) et sur l’extrême est, en début d’après-midi (26°C à Liège, 24°C sur les hauteurs). Alors que des virga sont déjà observés le matin, la pluie aborde l’ouest du pays en matinée pour arriver sur l’est et le nord-est en après-midi, dans le cadre d’une convergence préfrontale qui traverse le pays. En surface, cette convergence se fait peu ressentir au niveau des vents et l’air reste doux malgré la pluie. Vers 17 heures, la température se situe encore aux alentours de 22°C à peu près partout. À l’avant de la convergence, on observe des éclaircies avec des cirrus et des altocumulus, parfois castellanus. Puis le ciel devient très nuageux avec altostratus, stratocumulus et altocumulus. En fin de journée, retour d’éclaircies. Webcam MB – Sprimont-Dolembreux – 20 septembre 2025 à 17h30 En été, avec une ligne de convergence qui passerait plus tard dans la journée, on aurait pu avoir de beaux orages, mais là, avec la saison avancée et un mauvais timing journalier, on n’a observé aucune manifestation orageuse. Par contre, quelques orages se développent sur le front froid et se manifestent en soirée sur l’ouest du pays, plus tard aussi ailleurs, notamment à l’est de la Meuse et, ponctuellement, aussi en Gaume, mais cette activité orageuse reste fort limitée. Quelques cotes de précipitations (20h-08h), ici et là, dépassent quand même les 10 mm. Conclusion L’évolution du temps est restée très en ligne avec les prévisions, et notamment avec celles déjà émises le 14 septembre, qui prévoyaient pour mercredi et jeudi un temps certes assez doux, mais avec un front ondulant à proximité de nos régions tout en perdant son activité. La belle journée chaude, promise pour vendredi, s’est réalisée, avec par après un retour rapide du temps perturbé samedi. Pour la petite histoire, comme la 3e décade de septembre s’annonce fraîche, le record d’Uccle pour cette décade, de 28,1°C, ne sera pas battu cette année-ci non plus. Ce record date de… 1895 ! Le vieux record de chaleur à ne pas encore être battu, suivi des 18,4°C de la 1re décade de février, datant de 1899.
  4. UNE VAGUE DE CHALEUR SANS RECORDS, DU MOINS PAS CHEZ NOUS La Belgique vit sa deuxième vague de chaleur de l’année 2025. Dans la station de référence d’Uccle, la température a dépassé les 25°C le 10 août et les 30°C le 12 août. Cette vague de chaleur se termine le 15 août. En effet, le lendemain, les 25°C ne sont plus atteints. Le mode de formation de cette vague de chaleur est des plus classiques : une crête d’altitude se développe lentement au-dessus de nos régions, rejetant vers le nord la circulation zonale. Une petite goutte froide au sud-ouest de l’Irlande fait onduler ce courant, avec chez nous une composante qui devient sud-ouest, ce qui permet d’acheminer l’air chaud en altitude aussi. Source : Météociel En surface, une cellule anticyclonique se détache de l’anticyclone des Açores et se développe sur nos régions avant de se déplacer vers l’est. Cependant, les hautes pressions ne vont pas assez loin vers le nord pour nous placer au cœur de l’air chaud. Il en va tout autrement en Espagne et sur une bonne partie de la France, où la canicule est une nouvelle fois terrible. Historique Le mois d’août 2025, dans un premier temps, reste dans la même tendance que la majeure partie de juillet : un temps perturbé, normalement pluvieux, mais ne parvenant pas à devenir véritablement frais (ce qui est souvent le cas depuis quelques années : même les courants atlantiques ne font plus vraiment descendre les températures estivales en dessous des normes saisonnières). Du 1 au 5 août, les températures maximales varient, au centre du pays, entre 19 et 24°C, avec un anticyclone des Açores qui reste bien centré sur ses Açores et une activité dépressionnaire au nord de nos régions. On en retiendra surtout la tempête « Floris » qui frappe l’Écosse avec des rafales jusqu’à 120-130 km/h. Il s’agit d’une dépression de type explosif, qui se déplace de l’Océan à la pointe nord de l’Écosse en se creusant rapidement, puis qui termine sa course le long des côtes norvégiennes. Source : KNMI Chez nous, cette configuration fait en sorte que nous continuons à subir une circulation d’ouest. Les pluies sont en effet régulières. Il en résulte une alternance de ciels très nuageux avec pluies ou bruines continues et d’éclaircies, avec cependant des cumulus se formant rapidement en journée, en évoluant parfois jusqu’au cumulonimbus, ou alors s’étalant en stratocumulus. Et comme souvent en pareil cas, les voiles nuageux de la perturbation suivante viennent se superposer aux restants des nuages d’instabilité. À partir du 6 août, l’anticyclone des Açores remonte et se développe davantage vers nos régions. Le temps s’améliore nettement, mais la composante maritime reste bien présente et des cumulus se développent encore facilement l’après-midi. On note aussi pas mal de bancs d’altocumulus, parfois très étendus. À cela s’ajoute encore l’un ou l’autre voile nuageux lié à une perturbation lointaine. Il n’est donc pas étonnant que les températures restent modestes, mais déjà avec quelques degrés de plus (maxima de 21 à 25°C au centre du pays). À partir du 10 août, on peut parler d’un véritable retour de l’été. 10 août 2025 À présent, nous sommes sous une cellule anticyclonique dont le noyau se déplace rapidement de la Manche vers le sud de la Mer du Nord, puis vers les Pays-Bas et le nord de l’Allemagne. Source : KNMI Après une nuit encore assez fraîche, avec des minima de 9 à 13°C en plaine et localement de 6°C, voire moins en Haute Belgique, le temps est particulièrement beau, avec juste la formation de quelques cumulus humilis, plus présents sur l’ouest que sur l’est du pays. Au littoral cependant, les cumulus ne se forment pas non plus. Les vents sont variables, mais l’air est encore quelque peu maritime, avec des maxima de 26 à 28°C en plaine, de 21°C en bord de mer et de 22 à 23°C sur les hauteurs. Le nord de la France partage encore avec nous ces températures assez modestes, mais il en va tout autrement dans le midi, où sans influence maritime, les températures explosent littéralement. En bien des endroits, les 40°C sont dépassés, comme à Carpentras (40,1°C), Narbonne (41,6°C), Nîmes (41,8°C) et Argeliers (43,4°C). Dans le sud-ouest de la France, les températures commencent à bien monter aussi, comme à Bordeaux et Agen (37,7°C), ainsi que Cazaux (38,4°C). Le long de la côte atlantique, la brise de mer rafraîchit parfois encore, avec seulement 27,4°C à Biarritz, mais déjà 31,7°C à Bayonne, à quelques kilomètres à peine à l’intérieur des terres. 11 août 2025 Nous restons sous l’influence de hautes pressions. Le noyau de l’anticyclone, quant à lui, se déplace de l’Allemagne vers la Pologne. Le vent souffle à présent d’est et le ciel est parfaitement serein sur presque tout le pays. Webcam MB – Amblève – 11 août 2025 à 17h40 Il n’y a qu’au littoral qu’on aperçoit quelques cirrus, d’abord au large, puis se rapprochant de la ligne côtière. Là, une brise de mer de nord-nord-est se lève en fin de matinée sur l’est de la Côte Belge, puis se propage sur tout le restant du littoral. En bordure immédiate de l’eau, la température ne dépasse pas 22°C du côté de Knokke, et 24°C du côté de La Panne. Mais à quelques kilomètres de la mer, les maxima s’élèvent déjà à 27°C. Bien à l’intérieur des terres, on atteint 29 à 30°C en plaine et 25 à 26°C sur les hauteurs. L’air maritime s’est bien continentalisé, et les taux d’humidité descendent localement en dessous des 25% au nord-est du pays. En France, il continue à faire extrêmement chaud, mais le cœur de la vague de chaleur s’est quelque peu déplacé vers le sud-ouest. On observe 43,4°C à Barbezieux ; 41,9°C à Agen ; 41,6°C à Bordeaux ; 41,5°C à Mont-de-Marsan et 41,2°C à Angoulême. Même le long des côtes, la brise de mer tarde parfois à venir. À Vendays-Montalivet, un vent brûlant d’est à sud-est fait d’abord monter la température jusqu’à 38,9°C, puis en début d’après-midi, une brise de mer de sud-ouest à ouest fait rapidement rechuter la température (38,6°C à 14h ; 30,7°C à 15h ; 27,3°C à 16h). 12 août 2025 Des hautes pressions recouvrent principalement l’Europe du centre-est. Des basses pressions sur l’Océan se rapprochent lentement du Continent. Une petite perturbation en altitude sévit sur notre pays en matinée, tandis qu’une ligne de convergence, remontant de France, se trouve sur notre pays le soir. Source : KNMI La journée commence avec de nombreux altocumulus castellanus, souvent accompagnés de virga. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 12 août 2025 à 8h00 Ici et là, ces précipitations touchent le sol, tandis qu’un peu d’orage est observé sur le nord-ouest, puis le nord du pays. Ces altocumulus se dispersent par la suite et deviennent plutôt floccus, avant que ciel ne se dégage complètement l’après-midi. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 12 août 2025 à 11h10 Sur l’est du pays, les altocumulus castellanus sont moins nombreux voir absents. À noter cependant que des altocumulonimbus formés sur l’Allemagne sont parfois visibles de loin, à la mi-journée, depuis la Haute Belgique. Enfin au littoral, on observe des cirrus spissatus le soir. Le vent, soufflant à présent principalement de sud-est, achemine de l’air chaud sur la Belgique. Les maxima atteignent 33 à 34°C en plaine, et même 35°C du côté de la frontière française. Sur les hauteurs, on arrive encore à 28-29°C tandis qu’en bordure de mer, sous l’effet d’une brise de mer de nord-est à nord, les maxima ne dépassent pas 26 à 27°C. À noter cependant que cette brise de mer ne pénètre que très peu à l’intérieur des terres, à peine quelques kilomètres. En France, c’est à nouveau l’enfer. On atteint 42,4°C à Carcassonne ; 40,7°C à Auch ; 40,6°C à Toulouse ; 40,2°C à Montélimar et encore 39,5°C à Lyon. Du côté de Bordeaux, on observe 38,7°C, mais des heat bursts sont signalée en fin de soirée à 60 km environ au sud-ouest de Bordeaux. À une station privée de Saint-Sauveur-de-Meilhan, la température, qui était redescendue à 30,4°C à 22h10, remonte à 37,5°C à 23h10, avec un taux d’humidité qui chute à de 53 à 17% ! À une autre station de Saint-Sauveur-de-Meilhan, on passe de 31,7°C à 22h15 à 37,7°C à 23h10, avec une humidité baissant de 52 à 19% ! Une autre station encore, non loin de là à Sainte-Bazeille, note un phénomène de moindre amplitude. La température, de 31,2°C à 21h35, remonte à 36,0°C à 22h15 avec un taux d’humidité qui passe de 55% à 30%. La présence de phénomènes orageux dans la région plaide pour un ou plusieurs heat bursts. Toujours dans la même zone, un témoignage nous vient de Lagupie : « On vient d’avoir comme un orage lointain… quelques gouttes à peine, du vent mais surtout une hausse de température. […] 35,3°C à 21h50… l’air dehors ressemble à celui d’un sèche-cheveux et un taux d’humidité à 30%. Un heat burst ? » (Nicolas Sabine Valadie, « Météo Nouvelle Aquitaine ».) Pour plus d’explications sur les heat bursts, voir lien ci-dessous (chapitres : « Les nuits chaudes », puis « Les phénomènes chauds durant la nuit », puis « Les heat bursts »). https://www.meteobelgique.be/communaute/a-lire/faq/2559-faq-explication-des-phenomenes-chauds-durant-la-nuit?highlight=WyJoZWF0IiwiYnVyc3QiXQ== 13 août 2025 La ligne de convergence, qui a traversé le pays la veille au soir, se trouve désormais sur les Pays-Bas. Source : KNMI Le vent souffle à présent de sud-ouest sur notre pays, ce qui nous vaut quelques infiltrations maritimes, qui se manifestent surtout du côté du littoral. En effet, le matin y est fort gris, avec un ciel couvert de stratus / stratocumulus qui ne se déchirent qu’en milieu de matinée. Webcam De Haan – Le Coq – 13 août 2025 à 9h49 Par après, le temps reste brumeux avec un ciel blanchâtre, encore occupé par de nombreux altocumulus. À l’intérieur des terres, le ciel est quelque peu délavé aussi et on observe également quelques altocumulus, parfois nombreux sur l’ouest et le sud-ouest du pays. Sur l’est et le sud-est, le ciel est serein ou presque (quelques cirrus). Le soir, un voile de cirrostratus apparaît, avec encore des altocumulus. Sur l’extrême est, il ne s’agit que de cirrus. Webcam MB – Cerfontaine – 13 août 2025 ) 19h20 L’humidité de l’air est importante sur la partie ouest du pays, surtout en matinée. L’après-midi, l’air plus sec de l’est regagne du terrain. La montée des températures prend un peu de retard, si bien qu’à l’ouest des plaines, les maxima n’atteignent « que » 31 à 32°C. Sur le centre et l’est, ainsi que sur l’extrême sud-ouest, on se situe entre 32 et 35°C (35°C en Campine, 34°C sur le Hainaut occidental). Une brise de mer principalement de nord-ouest, qui se lève en début d’après-midi, limite la température à 24°C en bordure immédiate de la mer. Sur l’ouest de la Côte Belge cependant, la température remonte à 28°C à la suite d’une rotation du vent vers le sud-est. En Haute Belgique, les maxima atteignent 30 à 32°C, et jusqu’à 35°C sur l’extrême sud de la Gaume. En France, les 40°C sont à nouveau dépassés en de nombreux endroits, comme par exemple à Vichy (40,5°C), à Montluçon (40,2°C) et dans la ville de Lyon (40,2°C). À l’aéroport de Lyon-Bron, on enregistre 39,6°C, à celui de Saint-Exupéry, 38,8°C. D’autres villes françaises frôlent les 40°C, comme Montélimar (39,7°C), Grenoble (39,4°C), Clermont-Ferrand (39,4°C), Toulouse (39,2°C) ou encore Valence (39,2°C). De l’air encore très chaud est même présent non loin de nos frontières, comme à Saint-Dizier (37,0°C) ou à Metz (36,6°C). Du côté de la Bretagne par contre, on observe un important rafraîchissement grâce au passage d’un front froid. À Rennes, le maximum ne dépasse plus 24,6°C, et le long des côtes, comme à Quimper, Brest, Saint-Brieux ou Saint-Malo, on se situe entre 21 et 23°C. Source : KNMI 14 août 2025 La nuit a été plutôt chaude, avec souvent des minima de 21 à 22°C en Basse et Moyenne Belgique (22,1°C à Gosselies ; 21,8°C à Bierset ; 21,5°C à Uccle). De petites précipitations (< 1 mm) ont été notées ici et là. De l’activité orageuse a été observée en milieu de nuit du côté de Beauraing, Bièvre et Bouillon, et plus vers la fin de nuit du côté de l’ouest de la Côte Belge (Middelkerke signale du tonnerre perceptible, mais pas de précipitations). À Bruxelles (Woluwé-Saint-Pierre), on constate une légère, mais rapide hausse de la température autour de 2 heures du matin, avec 22,8°C à 01h30 et 25,2°C à 02h30. Cette hausse va de pair avec une chute de l’humidité relative, de 78 à 60%. Dès 03h00, la température et l’humidité, à peu de choses près, reprennent leurs valeurs de 01h30. Vu le contexte quelque peu orageux en Belgique, cela fait penser à un petit heat burst chez nous aussi. Toutefois, la faible amplitude du phénomène, et la présence d’une couche d’air chaud à 29°C à 200 mètres de hauteur seulement au-dessus du sol ne plaident pas vraiment en faveur d’un heat burst, mais plutôt en faveur d’un brassage lié à une petite irrégularité dans l’écoulement de l’air. À noter que le phénomène est très local : bien perceptible au quartier du Joli-Bois (à deux stations privées) et à Kraainem (à deux stations privées également), mais presque plus à Stockel, et plus du tout à Sterrebeek, ni dans l’autre sens au quartier du Chant d’Oiseau. En journée, au centre du pays, le ciel est d’abord temporairement nuageux avec des altocumulus castellanus, puis devient rapidement peu nuageux avec des cirrus. Au sud-ouest du pays, les altocumulus matinaux sont nettement moindres, avec un ciel serein ou presque (quelques cumulus isolés) en journée. Au littoral par contre, les altocumulus sont d’abord nombreux, avec en plus des stratus fractus qui rendent le ciel très nuageux. Puis le ciel se dégage et devient même parfaitement serein, à l’exception de quelques fractus résiduels. Sur l’est du pays, la journée commence aussi par des altocumulus castellanus. Mais par la suite, les altocumulus, de type translucidus cette fois, restent nombreux et forment des bancs étendus. Ces altocumulus tendent à persister une bonne partie de l’après-midi. En fin de journée, le ciel tend à devenir serein sur tout le pays. En soirée, il ne reste que quelques cirrus dans le ciel. À Uccle, station de référence belge, la seconde vague de chaleur de l’été peut être déclarée à 14h40 : 30,3°C. Les critères sont désormais remplis : 5 jours d’été (≥ 25°C) dont 3 jours de chaleur (≥ 30°C). Dans le pays, les maxima atteignent 28 à 29°C à l’ouest du pays, 30 à 32°C au centre et 33 à 35°C au nord-est, en Campine. Sur les hauteurs, le thermomètre affiche 28 à 30°C. En bordure immédiate de la mer, il ne fait pas plus de 22°C. À noter qu’un faible front froid a traversé le pays. C’est ce front qui a empêché les températures d’atteindre 30°C sur l’ouest du pays. Sur le centre et le nord du pays, le front se manifeste en soirée par une baisse assez rapide des températures. Sur l’est, la soirée reste longtemps chaude. Ci-dessous, la position du front le 14 août en soirée. Source : KNMI En France, ce front marque la fin des températures caniculaires sur pratiquement toute la Bretagne et la Normandie, et sur le nord des Hauts-de-France. Ailleurs, les températures restent fort élevées. Les 40°C sont à nouveau dépassés, entre autres ; à Nîmes (40,2°C) et à Argeliers (41,5°C). 15 août 2025 Nous nous retrouvons à l’arrière du front froid, dans un air tropical maritime un peu plus frais, mais toujours chaud pour la saison. Ce front se frontolyse en partie sur le sud de notre pays. Les températures atteignent encore 28 à 31°C en plaine et 24 à 25°C sur les hauteurs. Le temps est très beau, avec quelques cirrus, de rares altocumulus et la formation, par endroit, de quelques cumulus aplatis l’après-midi. Au littoral, on observe l’arrivée de stratocumulus maritime en soirée. Webcam De Haan – Le Coq – 15 août 2025 à 19h51 Le front froid, où ce qu’il en reste, à quelque peu chassé l’air extrêmement chaud de la moitié nord de la France, tandis que dans le sud, il refait même à nouveau plus chaud. Les températures redeviennent notamment folles dans le sud-ouest, avec notamment 40,5°C au Cap Ferret et à Bergerac. Non loin de la Méditerranée, on atteint 41,5°C à Durban-Corbières et 40,9°C à Carcassonne. 16 août 2025 À Uccle, un temps frais accompagné d’un ciel très nuageux à couvert, avec stratocumulus parfois doublés de cumulus, marque la fin de la vague de chaleur. La température en journée, en fait, n’y dépasse qu’à peine les 20°C (20,3°C pour être précis). Webcam MB – Schaerbeek – 16 août 2025 à 14h00 Seul l’extrême sud du pays, protégé par le massif ardennais, connaît encore de belles éclaircies, avec ciel bleu et cumulus humilis et, très temporairement, cumulus nombreux et étalés, à la limite de stratocumulus. Dans l’extrême sud de la Gaume, la température atteint encore 26 à 27°C (mais seulement 23°C à Buzenol). Source : IRM Conclusion La Belgique a eu chaud, mais a échappé au pire. La vague de chaleur, cette fois, ne s’est approchée d’aucun record. La France a par contre son énième alerte rouge. Une alerte rouge est une alerte de canicule extrême par sa durée, son intensité, son étendue géographique, à forts impacts non seulement sanitaires mais aussi sociétaux. Une telle alerte est devenu récurrente, notamment en 2022, 2023 et 2025. Pour avoir une idée que ce qu’était la dernière canicule dans le Midi de la France, nous avons choisi de faire un petit suivi météorologique de Carcassonne. Là, depuis le 9 août 2025, la température dépasse tous les jours les 35°C, et parfois même les 40°C, le tout sous un soleil de plomb dans un ciel presque sans nuages. Le 9, on observe pour la dernière fois un ciel un peu gris le matin, avec des stratus qui se dissipent peu après 10 heures. Après, le ciel devient parfaitement serein et, sous un peu d’humidité résiduelle, la température monte déjà jusqu’à 39,4°C. Le 10, quelques rares altocumulus apparaissent dans le ciel le matin, puis le ciel est parfaitement serein aussi. Encore une fois, nous avons une petite humidité résiduelle et la température atteint 38,8°C. Le 11, plus aucun nuage ne traîne dans le ciel. Carcassonne, c’est le Sahara. Le matin, il fait brièvement frais avec 19,6°C, puis c’est l’enfer. L’après-midi, on atteint 42,4°C avec un petit vent qui souffle par rafales brûlantes. L’humidité tombe à 15% Le 12, on voit quelques cumulus au loin, sinon le ciel est serein et le soleil, de plomb. La température atteint une nouvelle fois 42,4°C avec une humidité à peine supérieure, de 16%. En début de soirée, le vent se met à souffler fort, un vrai sèche-cheveux ! Il ne faut jamais oublier qu’une fois que la température dépasse celle du corps humain, le vent ne rafraîchit plus, mais brûle ! Souvenir perso à Bruxelles : le 25 juillet 2019, la température atteignait 40-41°C en milieu urbain à Bruxelles. Le vent soufflait fort (effet courant d’air) entre les buildings de la place Rogier et le vent était véritablement brûlant. Alors il ne faut pas demander avec 42°C… Le 13, le ciel est peu nuageux avec des cirrus, et la température monte d’abord à 38,9°C. Puis le ciel devient orageux, parfois menaçant (cumulonimbus visibles), mais il ne pleut pas (les grosses pluies, c’est plus à l’ouest). Avec l’humidité qui augmente, la chaleur est plus insupportable encore, avec un thermomètre qui, malgré le ciel couvert, oscille entre 36 et 38°C. Le 14, la chaleur est à nouveau là après des orages qui n’ont pas éclaté. Plus un seul nuage, l’air se dessèche rapidement et on atteint 38,3°C. Le 15, toujours pas de nuages, la température redépasse les 40°C (40,9°C) et le vent se refait brûlant, insupportable. Le 16, rebelotte, à nouveau les 40°C dépassés (40,2°C). L’humidité descend à 17%. Et toujours ce soleil de plomb, et ce ciel sans nuages, et ce vent qui souffle par petites rafales brûlantes. Et ça continue, encore et encore ! Une première moitié d’août avec une moyenne des maxima de 36,0°C. Et c’est pas mieux à Toulouse, et c’est pas mieux à Nîmes, et c’est à peine mieux à Bordeaux ! Enfin, ci-dessous, un croquis de Mika (Info Météo), du 12 août 2025, qui illustre à merveille pourquoi la vague de chaleur a été si intense dans le sud de la France (rôle des Pyrénées et autres massifs montagneux continentalisant l’air), et pourquoi elle était un peu moindre chez nous et dans le nord de la France (persistance d’une certaine influence maritime).
  5. ENCORE UNE IMPORTANTE VAGUE DE CHALEUR SUR LA BELGIQUE Une vague de chaleur majeure est à nouveau en train de sévir en Belgique. De nos jours, on les appelle souvent « plumes de chaleur » ou « dôme de chaleur ». Il existe cependant une différence entre les deux termes. Une plume de chaleur est une sorte de langue de chaleur, souvent en provenance d’Espagne, qui provoque une importante mais brève hausse des températures. Un dôme de chaleur touche une région plus vaste et se caractérise surtout par sa durée et son immobilisme. Il s’agit d’une forte crête d’altitude qui reste bloquée au-dessus de nos têtes, avec un air qui se réchauffe par compression. En été, la combinaison du soleil, de la sécheresse et de la compression adiabatique fait en sorte que l’air finit par se réchauffer à tous les niveaux de l’atmosphère, sans qu’il n’y ait nécessairement un apport de chaleur depuis le sud. C’est la durée du phénomène qui donne le temps au sol de se dessécher et de se réchauffer à l’extrême, avec à la clé des records pour la température de l’air aussi. Les étés 1976 et 2003 étaient clairement des dômes de chaleur. Les températures extrêmes de ces dernières années étaient par contre plutôt des plumes de chaleur, assez éphémères. La plus intenses d’entre elles était celle du 25 juillet 2019, avec des températures de 39 à 41°C en Basse et Moyenne Belgique, ainsi que dans les vallées de Haute Belgique. Localement, on est même monté à 42°C ! Seuls les plus hauts plateaux ont connu des températures moins élevées, mais atteignant quand même encore 35°C. Un an plus tard, le 31 juillet 2020, une nouvelle plume de chaleur a fait monter le thermomètre jusqu’à 37°C en maints endroits de Basse et Moyenne Belgique. Puis le 19 juillet 2022, il a refait presque aussi chaud que le 25 juillet 2019, avec 38 à 39°C presque partout en Basse et Moyenne Belgique et, localement, les 40°C ont à nouveau été atteints. Faisons à présent l’historique – depuis le début – de la plume de chaleur actuelle, celle des 1 et 2 juillet 2025. 25 juin 2025 Depuis quelques jours déjà, on parle d’une possible canicule pour le début juillet, mais en ce 25 juin, les prévisions deviennent plus précises : « après le passage pluvio-orageux de jeudi [26 juin 2025], le ciel va se dégager les jours suivants et les températures vont rapidement s'envoler pour ponctuellement toucher les 30-31°C ce week-end, 32-33°C lundi et potentiellement 34 à 37°C mardi en basse et moyenne Belgique. S'en suivra une dégradation orageuse dont l'ampleur est encore à déterminer. » Nous voilà donc prévenus. En attendant, en ce mercredi 25 juin, ce n’est qu’un très petit coup de chaleur qui nous tombe dessus, avec des maxima de 28 à 30°C en plaine, et un peu plus le long de la frontière française. Le temps n’est qu’à moitié beau, avec des éclaircies en matinée mais d’importants bancs d’altocumulus l’après-midi, et une quantité variable de cumulus, parfois aussi stratocumulus. Quelques faibles précipitations ont même été observées du côté de Namur. Webcam MB – Sprimont-Dolembreux – 25 juin à 14h On annonce de l’orage pour la nuit. Et des orages éclatent en effet, avec notamment de fortes précipitations sur le Hainaut. Mouscron relève 38,8 mm, Rumillies 31,4 mm, Kain 26,2 mm et Ath 20,6 mm. À quelques de Mouscron, en Flandre Occidentale, on atteint même 46,9 mm à Menin. 26 juin 2025 À présent, plus rien ne fait penser à la chaleur. Plusieurs fronts froids traversent la Belgique, et les températures n’atteignent plus que 22-23°C en plaine et 18°C dans les Hautes-Fagnes. Le temps est variable avec un mix de stratocumulus et de nuages convectifs, donnant encore quelques averses. Webcam MB – Liers – 26 juin 2025 à 09h59 Sur le sud-est, les pluies sont plus conséquentes, avec près de 20 mm à la frontière belgo-luxembourgeoise rien qu’en journée. 27 juin 2025 Le front froid reste traîner au sud, puis au sud-est de nos régions. Ensuite nous bénéficions de l’influence d’un anticyclone sur la France. Source : KNMI Les températures remontent un peu, pour atteindre 18 à 21°C sur les hauteurs et 24 à 25°C en plaine. Une zone sur le centre-ouest du pays connaît aussi 26°C. Le temps est d’abord très nuageux avec altostratus/altocumulus (encore quelques précipitations sur le sud et l’est), doublés de stratocumulus et de cumulus (fractus), puis des éclaircies apparaissent avec cumulus tendant un peu à s’étaler, ainsi que des cirrus. 28 juin 2025 Les températures montent encore un peu, pour atteindre 25 à 29°C en plaine (le moins à l’ouest, le plus à l’est) et 24 à 25°C sur les hauteurs. Mais à l’ouest et au centre du pays, le beau temps n’est pas encore tout à fait au rendez-vous. En fait un flux faiblement perturbé se manifeste encore au nord d’un anticyclone s’étendant des Açores au nord de la France. Après des éclaircies matinales, les cumulus se forment rapidement, puis s’étalent en stratocumulus jusqu’à former un couverture nuageuse complète. Ce n’est que le soir qu’on voit quelques déchirures dans cette nappe nuageuse. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 28 juin 2025 à 18h Plus on va à l’est, moins la couverture nuageuse est importante. En Gaume, après dissipation du brouillard, les éclaircies sont larges et il n’y a que des cumulus de beau temps. Paradoxalement sur le littoral, les éclaircies sont plus larges aussi. Un peu au sud de nos régions, les températures sont déjà élevées, avec 31°Cà Metz, 32°C à Nancy et 33°C à Colmar et à Mulhouse. 29 juin 2025 L’anticyclone, encore un peu mal placé, est centré sur la Manche tandis qu’un front reste traîner sur le sud de la Mer du Nord. Il en résulte une assez forte humidité de l’air, surtout sur l’ouest du pays, et un ciel par moment nuageux. Au littoral, cela se traduit par du brouillard matinal puis, en l’absence de convection, par du beau temps. Mais à l’intérieur du pays, sur l’ouest et le centre, les cumulus, d’abord fractus, deviennent nombreux et tendent parfois à s’étaler. Plus à l’est, les cumulus sont moins nombreux et on peut parler de beau temps. Webcam BMCB – Chiny (Moyen) – 29 juin 2025 à 11h48 Les températures atteignent 22 à 23°C au littoral, 27 à 29°C sur l’ouest du pays et jusqu’à 31°C sur l’est et le nord-est. Sur l’est de la France, il fait déjà particulièrement chaud avec 33°C à Nancy, 34°C à Mulhouse et 35°C à Colmar. 30 juin 2025 C’est le début de la canicule, aussi sur notre pays. L’anticyclone à présent centré près du Danemark, ouvre la voie à des courants continentaux chauds et les températures poursuivent leur hausse, avec 32 à 34°C en plaine et 28 à 30°C sur les hauteurs. Mais l’air n’est pas tout à fait sec, avec des points de rosée qui restent relativement élevé. Le temps est beau avec des cirrus, mais des cumulus se forment en journée. Leur développement est toutefois fort limité : ces cumulus ne dépassent pas le stade humilis. À noter qu’au sud-est du pays, on observe aussi le matin des altocumulus floccus/castellanus. Webcam MB – Beausaint – 30 juin 2025 à 08h En France, il fait déjà très chaud, avec 39°C à Bordeaux, 37°C à Dijon et 36°C à Colmar. 1er juillet 2025 Un anticyclone bien ancré sur l’Europe centrale nous place dans des courants tropicaux directs. Les températures sont donc extrêmement élevées chez nous aussi, avec 36 à 38°C en plaine et 30 à 32°C sur les hauteurs. Ces valeurs battent tous les records pour une première décade de juillet, mais il faut relativiser ces records. La station d’Uccle est éclairante à ce sujet. Avec 35,9°C, le record de la 1re décade de juillet est battu (précédent record : 35,1°C le 06/07/1952). Mais pour la 3e décade de juin, le record est de 36,8°C (le 27/06/1947), pour la 2e décade de juillet, le record est de 38,1°C (le 19/07/2022) et pour la 3e de juillet, le record est de 39,7°C (le 25/07/2019). On est donc loin des plus hautes valeurs jamais relevées à Uccle. C’est un peu par hasard que jusqu’ici, les grosses pointes de chaleur n’ont encore jamais concerné la 1re décade de juillet. Et ce qui est vrai pour Uccle l’est aussi pour la plupart des autres stations du réseau belge. L’air est assez sec, mais on ne peut pas parler de grande sécheresse de l’air, si bien que des petits cumulus ont pu se former dès le milieu de la journée dans un ciel autrement serein. Sur les hauteurs, on note quelques altocumulus en matinée, et des cumulus un peu plus développés, jusqu’au stade mediocris. Webcam MB – Beausaint – 1 juillet 2025 à 18h Au littoral, il y a eu un certain conflit entre le vent général chaud de sud-est ou de sud, et la brise de mer de nord à nord-est. À Zeebruges, la température monte jusqu’à 30°C à 11 heures, puis redescend à 28°C à 12 heures, puis remonte jusqu’à 33°C à 15 heures. À Middelkerke, la température atteint 35°C à 14 heures, puis chute jusqu’à 27°C sous l’impulsion d’une brise de mer, qui là, souffle de nord-ouest. Un scénario similaire s’est produit à Dunkerque, avec là une chute plus forte encore de la température, passant de 34°C (12h) à 24°C (13h). De ce fait, la région côtière connaît quelques cumulus, qui se dissipent avec l’arrivée de la brise de mer. Au large, on voit quelques cirrus uncinus. Webcam De Haan – Le Coq – 1 juillet 2025 à 12h09 2 juillet 2025 Une journée extrême… et complexe ! Commençons par le début. Les hautes pressions sur l’Europe centrale continuent à commander de l’air extrêmement chaud sur l’est de la Belgique, tandis qu’une ligne de convergence préfrontale aborde le pays le matin et le traverse lentement en journée. Le front, lui, se trouve en début d’après-midi sur le sud-est des îles Britannique et traverse à son tour la Belgique en soirée. À l’arrière, une nouvelle cellule anticyclonique, océanique, s’apprête à prendre la relève. Source : KNMI À midi, la ligne de convergence préfrontale se trouve un peu à l’ouest de Bruxelles et de Mons. À l’est, les vents soufflent de sud à sud-est et acheminent de l’air continental sec et très chaud ; à l’ouest, les vents soufflent d’ouest à sud-ouest et acheminent de l’air maritime un peu plus humide et un peu moins chaud. Au niveau des températures, la séparation est moins claire. Il se forme une sorte de zone tampon, un peu irrégilière, où l’air continental et l’air maritime tendent à se mélanger. En plus, on remarquera sur la carte la présence d’un air encore plus frais, en provenance d’outflows d’orages ayant sévi sur la côte d’Opale et sur la Mer du Nord. source des cartes : Jörg Kachelmann Nous voyons sur la carte de 15 heures que la ligne de convergence préfrontale s’est quelque peu décalée vers l’est et se trouve cette fois-ci nettement à l’est de Bruxelles. À l’est de la ligne de convergence, les températures sont extrêmes, jusqu’à 36-37°C, voire localement 38-39°C en plaine et encore 31 à 33°C sur les hauteurs. À l’ouest de la ligne de convergence préfrontale, l’air maritime, qui n’a qu’une épaisseur de quelques 200 mètres (au-dessus soufflent des vents du sud acheminant l’air très chaud), s’est fortement réchauffé sur les sols brûlants l’après-midi et n’a que quelques degrés en moins que l’air continental. L’air frais côtier, où d’autres pluies et orages ont encore eu lieu, s’est étendu vers l’intérieur des terres et a dépassé la ligne Gand-Courtrai. En détail, cela donne ce qui suit : L’est de la Belgique connaît une journée exceptionnellement chaude, plus encore que la veille. En plaine (Campine), les températures maximales atteignent 38,3°C à Diepenbeek, 37,7°C à Kleine Brogel et encore 36,9°C à Schaffen. À l’aéroport de Bierset, on monte à 37,5°C tandis qu’en Entre-Sambre-et-Meuse, le thermomètre affiche 36,4°C à Dourbes et 35,0°C à Florennes. À noter aussi les très remarquables 33,8°C de l’aérodrome de Spa. Dans toute cette région, le ciel est lumineux, avec des cumulus qui se forment en début d’après-midi. Ces cumulus deviennent par la suite instables, avec tendance à l’orage le soir. Webcam MB – Beausaint – 2 juillet 2025 à 17h À l’ouest de la zone de convergence, l’air est un brin moins chaud et le ciel est un peu plus délavé, mais serein quand même en matinée. L’après-midi, on observe pas mal d’altocumulus castellanus. Il n’y a pas de convection au départ du sol. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 2 juillet 2025 à 17h En soirée, à l’arrivée de l’air encore plus frais en provenance directe de la mer, quelques averses se forment quand même et prennent parfois un caractère orageux. Avant cela, les températures maximales, dans cette zone, atteignent souvent 32 à 35°C, ce qui est encore très élevé. Les humidités relatives tournent autour de 40% l’après-midi, alors qu’ils se situent souvent entre 20 et 30% dans la zone d’air continental. La zone de convergence, entre les deux zones décrites ci-dessus, est très marquée au niveau des vents, avec l’après-midi d’un côté des vents de nord-ouest et de l’autre côté des vents désormais de sud à sud-ouest. Cette ligne de convergence ne bouge plus tellement et s’étend, l’après-midi, de Florennes à Hasselt en passant par Namur. Comme l’air est déjà instable, cette ligne sera le théâtre de très violents orages. Notamment dans la zone de Namur, les orages sont particulièrement violents. On y observe deux orages qui se suivent, avec à Jambes un total de 39,6 mm. À Lesves, on enregistre 40,4 mm et à Bois-de-Villers, même 47,2 mm. Ces orages s’accompagnent parfois de grêle et de rafales de vent. Webcam MB – Namur-Jambes – 2 juillet 2025 à 15h50 Les orages impactent aussi les régions d'Huy et de Liège. Au Sart-Tilman, on relève 26,0 mm de précipitations. Les chutes de températures peuvent être impressionnantes aussi. À Lesve, on passe de 35,8°C à 14h30 à 18,2°C à 17h30. On est dans le même ordre de grandeur à Bois-de-Villers, avec 34,7°C à 14h40 et 17,1°C à 17h20. À la Citadelle de Namur, où il est tombé 36,4 mm, la température passe de 36,4°C à 14h50 à 18,6°C à 17h50. Sur la zone côtière, le temps est fort différent. Les orages s’y diluent parmi les nuages bas et les températures maximales ne dépassent pas 22°C. Après des éclaircies en début de matinée, des stratus fractus, suivis de stratocumulus, arrivent de la mer. Des cumulonimbus se mêlent à ces nuages bas et donnent quelques averses orageuses. Ci-dessous, on voit bien l’arrivée de stratus/stratocumulus très bas depuis la mer, alors qu’au-dessus se développent des nuages convectifs. Webcam IRM – Zeebruges – 2 juillet 2025 à 12h50 En ce 3 juillet 2025, les températures minimales se situent le plus souvent entre 13 et 15°C, localement aussi un peu moins. La fraîcheur nous est revenue. Selon les prévisions, les températures maximales ne devraient plus dépasser les 25°C en la plupart des endroits de Belgique. La énième vague de chaleur est donc terminée.
  6. 2025 : UN DÉBUT DE PRINTEMPS REMARQUABLE Le début du printemps de cette année 2025 est remarquablement ensoleillé. Du 2 au 9 mars, c’est-à-dire pendant 8 jours consécutifs, le soleil est particulièrement généreux dans un ciel bien bleu, avec juste parfois quelques cirrus. À Uccle, on observe près de 10 heures de soleil chacun de ces jours. Les 5, 7 et 8 mars sont les plus ensoleillés, avec une durée d’insolation de, respectivement, 10h42, 10h39 et 10h38. Le 4 mars, avec 9h11, est un peu moins ensoleillé. Les températures, au cours de cette période, montent progressivement jusqu’à atteindre, elles aussi, des valeurs remarquables pour la saison. Voyons cela de plus près. 1er mars 2025 Ce 1er mars est cependant encore une journée désagréable et froide, avec un ciel souvent très nuageux à couvert. L’anticyclone est déjà là, mais encore mal placé, avec un noyau sur l’Angleterre et les vents de nord-est acheminent un air non seulement froid, mais aussi humide. Le brouillard du matin se transforme rapidement en stratus, puis en stratocumulus qui occupent le ciel la majeure partie de la journée. Seul le littoral connaît quelques belles éclaircies. Au-dessus de la mer, les stratocumulus bourgeonnent parfois et tendent à se transformer en cumulus. En après-midi, les stratocumulus se déchirent parfois quelque peu aussi à l’intérieur des terres. Webcam BMCB – Mettet – 1 mars 2025 à 17h53 Sur l’est du pays, on note aussi quelques éclaircies en début de journée, avec formation de cumulus qui se transforment assez vite en stratocumulus, là aussi. Les températures maximales, en plaine, se situent entre 4 et 8°C (le moins à l’est, le plus au nord et à l’ouest). Sur les Hautes-Fagnes, ces maxima ne dépassent guère 0°C. 2 mars 2025 De larges éclaircies se formant durant la nuit du 1 au 2 mars font encore davantage chuter les températures. Il gèle à peu près partout en Belgique, avec des minima de 0 à –3°C (le plus froid sur les hauteurs, mais aussi sur le nord et le nord-est du pays). Les derniers stratus (fractus) s’évacuent en matinée. Pour la plupart des régions, le soleil est déjà là dès le matin, avec parfois encore des cirrus en matinée, puis un ciel parfaitement serein. Le noyau anticyclonique se trouve à présent juste au nord de nos régions et les vents deviennent quelque peu variables en matinée avant de reprendre une direction nord-est. L’air est encore frais et, malgré le soleil, les températures maximales peinent à atteindre les 10°C, valeur en général tout juste pas atteinte en plaine (sauf Koersel avec 10,3°C). Sur les hauteurs, on ne dépasse pas 6 à 8°C. 3 mars 2025 La zone de plus fortes pressions reste juste au nord de nos régions. Sous le ciel clair, la nuit est à nouveau froide avec des gelées presque généralisées. Les minima sont le plus souvent compris entre –2 et –5°C, tant en plaine que sur les reliefs. Sur certains plateaux, il fait moins froid (0,2°C à Beauvechain) tandis que certains creux et vallées de Haute Belgique sont plus froids (–6,6°C à Elsenborn). Webcam live Visitor Center De Wissen – Dilsen-Stokkem – 3 mars 2025 à 6h52 Après un peu de brume matinale en plaine et dans les vallées, le ciel est parfaitement serein. Quelques cirrus sur l’Allemagne sont visibles, à l’est, depuis les Hauts Plateaux. Les températures maximales, un peu plus élevées que la veille, varient entre 10 et 13°C sur tout le pays, excepté le littoral (8°C). Le vent, quant à lui, est faible et variable. 4 mars 2025 Une ceinture de hautes pressions, s’étendant des Cornouailles à l’Europe centrale, détermine le temps sur nos régions. Le centre de gravité de ses hautes pressions se déplace lentement vers l’est. Sous un ciel clair, la nuit est à nouveau froide, mais les disparités s’accentuent. Sur les plateaux, il ne gèle pas ou à peine. Les minima sont de 0,5°C à Beauvechain ; –0,3°C à Florennes ; –0,5°C à Uccle ; –0,7°C à Mont-Rigi et –0,8°C à Gosselies. Sinon, en plaine, la température est descendue à –3°C en de nombreux endroits, pendant qu’Elsenborn est descendu à –5,3°C. Le matin, le ciel est quelque peu voilé par des cirrus, localement épais. Ces cirrus se dispersent ensuite avec un ciel qui redevient graduellement serein. Sur la partie nord-ouest du pays, on observe aussi du brouillard matinal. Les températures maximales, encore en hausse, atteignent le plus souvent 13 à 15°C, à l’exception du littoral (8°C en bordure immédiate de l’eau, 10 à 12°C dans les villes côtières). Le long de la frontière française, on monte parfois déjà à 16°C. Le vent reste faible et variable. 5 mars 2025 Il y a de nouveau pas mal de disparités au niveau des températures minimales. Au nord des plaines, la température redescend à –2 ou –3°C. Les plateaux du centre, du sud et de l’est sont exempts de gel. À Bierset, le minimum est de 3,3°C ; à Florennes 1,6°C ; à Uccle 1,4°C et à Gosselies 1,0°C. Sur les Hauts Plateaux, il ne gèle pas non plus avec 0,4°C à Saint-Hubert et 0,3°C à Mont-Rigi. À Elsenborn par contre, il refait –5,6°C. Le temps est très beau avec un ciel parfaitement serein. Seul le littoral connaît quelques cirrus. Avec un anticyclone désormais centré sur la Hongrie et la Roumanie, les vents variables tendent de plus en plus à souffler de sud à sud-ouest. C’est de l’air très doux qui est acheminé, avec 15 à 17°C en plaine et 14 à 15°C sur les hauteurs. En Campine, on mesure localement 18°C (18,1°C à Koersel). 6 mars 2025 Le noyau des hautes pressions est essentiellement centré sur les Balkans. Le vent souffle à présent de sud et achemine de l’air encore plus doux. Déjà la nuit est douce sur certains plateaux, avec des minima ne descendant pas en dessous de 7,1°C à Bierset ; 7,0°C à Beauvechain ; 5,9°C à Florennes et même encore 4,5°C à Saint-Hubert. Mais il regèle aux endroits exposés, notamment dans une zone autour d’Anvers, localement en Campine et en Gaume et, bien sûr, à Elsenborn avec –2,4°C. Hormis quelques gros cirrus spissatus en matinée, le ciel est à nouveau serein. Webcam MB – Liers – 6 mars 2025 à 10h Les températures maximales atteignent désormais 16 à 19°C en plaine et 15 à 16°C sur les hauteurs, tout comme au littoral. Le vent, quant à lui, souffle toujours du sud. 7 mars 2025 Le noyau de l’anticyclone continental s’est entre-temps déplacé vers la Mer Noire tandis que l’activité dépressionnaire sur l’Océan prend plus d’ampleur. Le vent continue à souffler de sud, tant en surface qu’en altitude, si bien que du sable du Sahara arrive jusque chez nous. Il n’y en a pas assez pour que cela se voie vraiment à la couleur du ciel, sauf le matin et le soir où les rougeoiements sont plus intenses que d’habitude. Webcam live Visitor Center De Wissen – Dilsen-Stokkem – 7 mars 2025 à 6h38 Sinon, le ciel est bien bleu, avec en matinée des cirrus uncinus et floccus clairement visibles, avant que le ciel ne devienne (presque) serein. Au littoral, on observe aussi quelques altocumulus castellanus. Le matin, on constate une nouvelle fois de grandes disparités au niveau des températures minimales. Les stations de plateau notent une nuit fort douce pour la saison, avec un minimum de 8,8°C à Beauvechain ; 8,5°C à Bierset ; 8,2°C à Uccle et 8,1°C à Gosselies. En plaine par contre, on descend encore à 1,8°C à Anvers et à 1,9°C à Diepenbeek. En Gaume, il gèle même avec –0,3°C à Buzenol tandis qu’en Haute Belgique, Elsenborn atteint –1,9°C. L’après-midi, les températures s’égalisent mieux, avec 18°C presque partout en plaine, et 15°C sur les Hauts Plateaux. La plus haute température revient à Koersel, avec 19,1°C. À Mont-Rigi, le maximum atteint 14,7°C et… on observe encore ici et là des traces de neige !!! Les Hautes-Fagnes le 7 mars à 17h23 – Crédit photo : Alexis Papapanayotou Même le 10 mars, quelques minimes traces de neige seront encore présentes. Ceci, grâce à la sécheresse de l’air et des points de rosée négatifs dans les Hautes-Fagnes. 8 mars 2025 Et on remet une couche. Cette fois-ci, les températures s’envolent. 19 à 20°C en plaine et 15 à 16°C. Il s’agit de températures vraiment très élevées pour la saison. Uccle, avec 19,7°C, enregistre sa deuxième valeur la plus élevée pour une 1re décade de mars et sa troisième valeur la plus élevée si tôt dans la saison, après les 21,0°C du 9 mars 2014 et les 20,2°C du 26 février 2019. Non loin de Bruxelles, on monte même jusqu’à 21,4°C en ce 8 mars 2025. Koersel suit de près, avec 21,3°C. Ici et là, les 20°C sont également dépassés dans les deux Flandre et dans la Province d’Anvers. Avec cette accumulation de jours ensoleillés et très doux, on aurait pu parler d’une période extraordinaire si elle n’était pas restée à l’ombre de février 2019, qui avait fait encore mieux alors que ce n’était que février. Mais si le mot « extraordinaire » n’est pas vraiment adéquat, il n’est néanmoins pas faux de parler d’une période météorologiquement remarquable. L’anticyclone, pourtant, s’éloigne et montre de plus en plus de signes de faiblesse. C’est une dépression du nom de « Jana » qui prend le relai. Sa position, à une latitude assez basse, fait basculer les vents au sud-est dans nos régions, ce qui n’est sûrement pas étranger à ce petit coup de pouce supplémentaire apporté aux températures, dans un contexte plus continental. Source : KNMI Le ciel, pendant ce temps, est à nouveau bien bleu avec juste quelques cirrus. 9 mars 2025 Deuxième jour de l’apogée de la vague de douceur. En plaine, les températures maximales atteignent de nouveau 19 à 20°C avec des pointes à 21°C. Uccle, avec 19,7°C, égalise la valeur de la veille. Koersel atteint 21,0°C, Strée (Huy), 20,1°C et Sint-Katelijne-Waver, 20,0°C. En Haute Belgique par contre, il fait bien plus doux que la veille, avec 17,5°C à Mont-Rigi et à Saint-Hubert, et 18,1°C à Elsenborn. Les 19,2°C de Bièvre sont également remarquables. Aucune de ces valeurs, cependant, ne bat les records du 9 mars 2014 (respectivement 18,7°C ; 18,2°C ; 19,5°C et 20,4°C). Et c’est une autre magnifique journée qui nous attend, avec un ciel serein ou peu nuageux avec cirrus. Ces cirrus deviennent un peu plus nombreux en fin de journée. Les régions près de la frontière française connaissent régulièrement des bancs d’altocumulus, parfois denses, qui annoncent déjà un changement de temps. Webcam BMCB – Moyen (Chiny) – 9 mars 2025 à 11h49 Sur les cartes météorologiques, on ne voit plus rien de l’anticyclone qui nous influençait depuis plus d’une semaine. La dépression « Jana », par contre, reste bien en place, avec une occlusion qui remonte lentement sur la France. Source : KNMI 10 mars 2025 La dépression « Jana » fait quasiment du surplace sur l’Océan, au nord-ouest du Portugal, si bien que l’occlusion qui lui est associée ne progresse que très lentement sur la France. Souce : KNMI Les bancs d’altocumulus ont certes gagné une grande partie du pays entre-temps, mais présentent des trous, ce qui permet au soleil d’encore se montrer assez souvent. Au nord-est du pays, le temps reste même beau toute la journée, avec un ciel serein ou presque (parfois quelques cirrus au loin). Le long de la frontière française par contre, les altocumulus se font vite nombreux et s’accompagnent parfois de stratocumulus, le tout surmonté par un voile d’altostratus translucidus qui, l’après-midi, n’est parfois plus accompagné que de quelques nuages. Webcam BMCB – Moyen (Chiny) – 10 mars 2025 à 17h21 À noter que vers la fin de la journée, pas mal d’altocumulus floccus et castellanus sont observés en bien des endroits. En raison des éclaircies plus larges, voire du beau temps, les températures maximales sont plus élevées dans le nord et le nord-est du pays, avec des valeurs de 18 à 19°C (et même 20,1°C à Koersel). Le Hainaut et le sud de la province de Namur doivent se contenter de 15°C, tandis que la Gaume est plus fraîche encore avec à peine 12°C à Buzenol et à Torgny, et 13°C à Lamorteau. En soirée, un peu de pluie et de bruine arrive non loin de nos frontières, notamment à Charleville-Mézières, Saint-Quentin, Reims et Luxembourg-Ville. 11 mars 2025 La pluie associée à l’occlusion nous venant de France a fini par atteindre le sud de notre pays en deuxième partie de nuit. En même temps, une faible perturbation venant du nord prend la Belgique en sandwich dès le matin. À 8 heures, le ciel est très nuageux à couvert partout, avec un peu de pluie ou de bruine sur le sud et sur l’est (il y a même eu des pluies abondantes vers 4-5 heures du matin du côté de Saint-Hubert, avec un total de 10 mm), et de la brume sur le reste du pays. Ceci marque vraiment la fin de la période de beau temps que nous venons de connaître, avec l’arrivée d’un air polaire maritime plus frais et plus humide. Source : KNMI Conclusion Remarquable, mais pas exceptionnel. Comme déjà dit, 2014 a fait beaucoup mieux au niveau des températures. Le 9 mars, on dépassait les 20°C sur une très grande partie de notre territoire. À Hastière, on atteignait même 22,2°C et à Dourbes, 22,0°C. Même Elsenborn, avec 19,5°C, n’était pas loin de la barre des 20°C. Et Uccle, à ce moment, atteignait 21,0°C. Même février a déjà fait mieux. Le 27 février, on enregistre 22,8°C à Houyet, 22,4°C à Angleur ; 22,1°C à Hastière et 22,0°C à Dourbes. La veille, quelques pointes à 20°C ont déjà été observées, dont à Uccle avec 20,2°C. Le nombre de jours très ensoleillé est remarquable aussi pour un mois de mars : 8 jours consécutifs, comme en 2012 (du 21 au 28 mars). Mais c’est moins qu’en 1972 (12 jours, du 14 au 25 mars). En d’autres termes, remarquable, oui, mais exceptionnel, non. C’est toujours un peu subjectif d’évaluer une période de beau temps dans sa globalité, avec ses différents paramètres, mais le terme météorologique « très anormal » nous paraît le plus adéquat pour définir la période que nous venons de vivre. Cela n’enlève rien au fait, cependant, que l’alternance de périodes très sèches et très humides est de plus en plus marquée ces dernières années.
  7. 21 FÉVRIER 2025 : UNE JOURNÉE DE FÉVRIER TRÈS DOUCE Après quelques journées influencées par des courants continentaux modérément froids, commandés par une ceinture anticyclonique s’étendant de la Mer du Nord à la Mer Noire, le temps commence à changer dès le 19 février sous l’égide d’un vaste complexe dépressionnaire sur l’Océan. Après deux jours globalement ensoleillés les 17 et 18, le ciel se voile davantage le 19 et les températures commencent à monter. Le 20 février, le passage d’un front chaud donne beaucoup de nuages (altocumulus, altostratus et stratocumulus, parfois accompagnés de fractus) et quelques précipitations éparses, ne dépassant généralement pas quelques dixièmes de millimètre, sauf sur l’est et le sud-est où l’on mesure parfois entre 1 et 2 mm. Les températures sont déjà douces pour un mois de février, avec l’après-midi 12 à 13°C en plaine et 7 à 8°C sur les hauteurs. La nuit du 20 au 21, les températures baissent à peine, remontent même en milieu de nuit pour à nouveau atteindre 13°C par endroit. Au final, les minima ne sont nulle part inférieurs à 10°C en Basse et Moyenne Belgique. En Haute Belgique, Mont-Rigi descend à 5,9°C. Le 21 février, nous restons dans le secteur chaud, sous l’emprise d’une circulation de sud-sud-ouest et d’un vent de sud en surface, soufflant par petites rafales jusqu’à 50 km/h et nous amenant de l’air tropical assez direct. Le ciel, d’abord très nuageux avec des altocumulus parfois épais, s’éclaircit avec des bancs d’altocumulus plus isolés et un petit voile de cirrus. En fin de journée, le ciel redevient plus nuageux avec des altocumulus plus nombreux et un voile plus épais fait de gros cirrus spissatus précédant un altostratus. Sur l’est du pays, les éclaircies persistent plus longtemps. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 21 février 2025 à 14h Grâce aux éclaircies arrivant au bon moment, les températures montent à des valeurs très élevées pour un mois de février, avec des valeurs de 15 à 16°C sur l’extrême ouest du pays ainsi qu’en Gaume, sinon de 18 à 19°C en plaine et 13 à 14°C sur les hauteurs. Non loin de Bruxelles, Kapelle-op-den-Bos n’arrive tout juste pas à 20°C, avec 19,8°C. Anvers-Deurne monte à 19,5°C et Uccle, à 18,2°C. Il y a quelques temps, on aurait encore considéré ces valeurs comme exceptionnelles. Depuis, février 2019 a fait beaucoup mieux, avec non seulement des valeurs plus élevées, mais aussi plusieurs jours exceptionnellement chauds. En 2025, il ne s’agit que d’un jour. Malgré tout, on peut considérer cette remontée d’air chaud comme un phénomène majeur, un de plus dans le sens de la chaleur.
  8. DÉBUT JANVIER 2025 : NEIGE ET IMPORTANTS CONTRASTES THERMIQUES Depuis le tout début de janvier 2025, nous avons un important conflit entre d’une part un air (certes) modérément froid au nord et un air particulièrement doux au sud. Nous avons encore un troisième larron, un air très froid sur la Scandinavie, mais il ne nous concerne pas pour le moment. Au centre du pays, nous avons un véritable jo-jo au niveau des températures, qui se remarque surtout au niveau des températures maximales. Le 1er janvier, on approche des 10°C, les 3 et 4 janvier, on se situe autour des 2 à 3°C, puis à nouveau 11 à 12°C les 5 et 6, puis largement en dessous de 5°C les 7 et 8 pour retomber à 2°C le 9. La troisième vague de douceur n’atteint pas le centre du pays, mais bien le sud avec plus de 10°C en Gaume. Nous y reviendrons. Nous allons commencer notre analyse avec la tempête « Floriane ». 5 janvier 2025 Le vent ne souffle pas encore trop fort, mais la dépression qui générera la tempête « Floriane » nous envoie déjà une perturbation à large secteur chaud, créant une remontée abrupte des températures. Source : KNMI Aux petites heures, on observe encore des conditions bien hivernales avec neige et pluies verglaçantes, enneigements temporaires même à basse altitude et températures proches de 0°C sur tout le pays. À 13 heures, sous la pluie, les températures atteignent 11 à 12°C en plaine et 5 à 8°C sur les hauteurs, le tout sous un nimbostratus persistant toute la journée. Très occasionnellement, il y a un ciel un brin plus clair, avec altostratus et stratocumulus. Ces contrastes génèrent aussi de fortes précipitations, avec par exemple 31,1 mm à Bièvre, 27,4 mm à Koersel et 25,1 mm à Mont-Rigi, où une couche de neige de 23 cm se met à fondre massivement. 6 janvier 2025 La tempête « Floriane » provoque des rafales qui dépassent les 100 km/h à Beauvechain et à Ernage, et qui s’en approchent à plusieurs autres stations. Le passage du front froid a peu d’impact sur les températures, mais bien le passage de la back-bent-occlusion. Source : KNMI Les températures de 11 à 13°C en plaine descendent durant l’après-midi vers des valeurs de 5 à 6°C pendant que les 7°C de Mont-Rigi descendent à 2°C. À ce moment, le temps devient plus instable, avec un mix de stratocumulus et de nuages convectifs, et parfois aussi quelques éclaircies. Au sud du pays, où le front froid reste onduler, les précipitations sont à nouveau importantes, avec 19,7 mm à Bièvre. 7 janvier 2025 La dépression « Floriane » se trouve désormais sur le sud de la Scandinavie, avec de l’air instable et très frais qui détermine le temps sur nos régions. Les maxima ne dépassent plus 4 à 5°C en plaine et 0 à 1°C sur les hauteurs. À nouveau, les nuages convectifs se mêlent au stratocumulus, laissant peu de place aux éclaircies (sauf au littoral). Certaines averses sont de neige même à basse altitude. En Haute Belgique, la neige se régénère bien. À la Baraque de Fraiture, il n’y avait plus de neige le 6 janvier, mais tout est à nouveau blanc tout au long de la journée le 7 janvier. À Mont-Rigi, la couche de neige est de 3 cm le matin. 8 janvier 2025 La dépression « Floriane » fait du surplace sur le Sud de la Scandinavie et finit par s’affaiblir. Sur l’Océan, une dépression assez « plate », avec une perturbation principale très longue et axée ouest-est, se rapproche à grands pas de notre pays. Source : KNMI Dans un premier temps, cette perturbation reste au sud de nos régions et nous restons dans un air maritime assez frais et quelque peu dénaturé sur le continent. Les vents de sud-ouest s’orientent graduellement vers le sud-est et le ciel se voile d’un altostratus translucidus parfois accompagné d’altocumulus, de stratocumulus et de restants de cumulus. Durant l’après-midi, à partir du sud, l’altostratus se mue en nimbostratus. Les températures restent fraîches, avec l’après-midi 3 à 4°C en plaine et –1 à 0°C sur les hauteurs. Les pluies, vers le milieu de l’après-midi, se propagent rapidement du sud sur tout le pays et, en se renforçant, se transforment par isothermie en neige. Les températures perdent partout quelques 3°C et se rapprochent très fort de 0°C même en plaine. Et la neige se met à tenir au sol. À 19 heures, on mesure 3 cm à Charleroi et à 22 heures, on mesure aussi 2 cm à Bruxelles et 1 cm à Anvers. Là où de la neige préexistait (Haute Belgique), la couche s’épaissit. La perturbation, toujours aussi linéaire, se trouve à présent très près de la Gaume. Source : KNMI Durant la nuit, la perturbation remonte encore quelque peu et… plonge le sud du pays dans de l’air particulièrement doux ! Source : KNMI Les vents soufflent à présent de nord-est sur la plus grande partie du pays, mais de sud-ouest sur le sud du pays et, là, la neige se retransforme en pluie. Le Hainaut, Namur, Liège et surtout la province de Luxembourg se retrouvent sous la pluie, alors qu’en Flandre, à Bruxelles et sur le Brabant Wallon, il continue à neiger. Sur une mince bande, il pleut ou bruine par températures proches de 0°C, sinon le temps se radoucit très nettement au sud du pays. En Gaume, les températures dépassent même 10°C par endroit (Torgny, Lamorteau, Virton). Comme on peut voir sur le graphique ci-dessous, l’évolution des températures est très curieuse à Buzenol. D’abord, la température chute de 3 à 0°C à l’arrivée de la pluie, qui par isothermie se transforme en neige. Puis les températures montent de façon très abrupte en soirée, passant de 1,3°C (20 heures) à 9,0°C (22 heures). Il est évident qu’avec une telle douceur, les précipitations repassent à la pluie et sont très abondantes (27,9 mm à Buzenol et jusqu’à 48,8 mm à Bièvre). On voit aussi que Buzenol reste longtemps dans l’air doux, près de 13 heures, puis les températures chutent encore plus brutalement qu’elles ne sont montées. Source : KNMI À Torgny, la température monte même jusqu’à 10,3°C à 22h20. Tout le sud du pays est concerné par ce temps doux. Aubange monte jusqu’à 10,1°C, Buzenol jusqu’à 9,7°C et Bièvre jusqu’à 8,9°C. La limite extrême de la remontée de cet air doux est matérialisée par une ligne passant grosso modo par Chimay, Beauraing, Han, Durbuy et Verviers. En d’autres termes, les Hautes-Fagnes sont encore aux prises de l’air doux et même si, en raison de l’altitude, le thermomètre n’y dépasse pas 2,7°C, le dégel nocturne, sous la pluie, y est bien marqué et la couche de neige fond en passant de 18 cm à 10 cm. Au nord de la ligne précitée, le temps reste froid la nuit et il neige régulièrement. Ici et là, surtout vers la limite sud de l’air froid, on note aussi des pluies verglaçantes. 9 janvier 2025 Le sud du pays se réveille sous la pluie, le reste du pays (ou presque) sous la neige. Les épaisseurs ne sont pas négligeables. À 8 heures, on mesure 10 cm à Rhode-Saint-Pierre (entre Louvain et Diest), 9 cm à Koersel, 8 cm à Uccle et 6 cm à Braine-l’Alleud et à Passendaele. Neige à Forest (Bruxelles) – Crédit photo : Robert Vilmos Toujours à 8 heures, on relève par contre encore 8,6°C à Buzenol, 8,4°C à Bièvre et 6,8°C à Saint-Hubert. Avec des totaux pluviométriques de, respectivement, 27,9 mm, 48,8 mm et 28,0 mm pour les trois localités, il n’est pas étonnant que les cours d’eau débordent en de nombreux endroits. Entre 9 et 10 heures en Ardenne et entre 11 et 12 heures en Gaume, la température chute brutalement et il se remet à neiger. Seul l’extrême sud de la Gaume reste trop doux pour la neige. À Saint-Hubert par contre, une bonne couche neigeuse réapparaît en cours de journée. Le ciel est d’abord blanchâtre avec un nimbostratus neigeux, suivi de stratus (fractus) et stratocumulus, puis des éclaircies apparaissent l’après-midi, avec des cumulus souvent fractus. Ces éclaircies arrivent le plus tôt et sont les plus larges sur l’ouest du pays. Un peu d’instabilité persiste le soir avec l’une ou l’autre averse. Un long anticyclone, orienté sud-nord et s’étendant de l’ouest de la France à l’Islande en passant par l’Irlande, nous place désormais dans de l’air polaire maritime. Source : KNMI De ce fait, le gel a du mal à s’installer sur l’ouest du pays, aux prises directes de l’influence de la mer. À 22 heures, on note 3 à 4°C le long du littoral et 1 à 2°C sur les Flandre et la province d’Anvers. Au centre, il fait 0°C tout comme en Gaume, tandis qu’il gèle à présent sur les hauteurs. 10 janvier 2025 Le côté très maritime de la masse d’air polaire empêche un refroidissement excessif. Sur l’ouest, le nord et le même le nord-est du pays, il y a bien des endroits où il n’y a même pas eu de gel nocturne. De façon générale, les minima ont oscillé entre –2 et +2°C en plaine. Aux abords immédiats de la mer, le thermomètre n’est pas descendu en dessous de 4°C. A contrario, quelques localités en plaine sont descendues jusqu’à –4°C. En Haute Belgique aussi, le gel nocturne est généralement resté modeste, avec des valeurs autour de –3°C sur les plus hauts plateaux. Une bonne partie du pays est encore enneigée. À Beauvechain, on mesure 8 cm tout comme à Koersel ; Bierset note 7 cm ; Florennes, 5 cm ; Bruxelles-National, 4 cm et Passendaele, 3 cm. Dans les Hautes-Fagnes, on observe 16 cm à Mont-Rigi. En Ardenne, Bièvre ne relève que 5 cm. Pour beaucoup d’entre nous, il s’agit d’une très belle journée d’hiver, avec neige et soleil. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 10 janvier 2025 à 12h Le ciel est en effet serein à peu nuageux en bien des endroits, notamment sur le centre et l’ouest du pays. Tout au plus observe-t-on dans ces régions, l’après-midi, quelques cirrus, de rares altocumulus et l’un ou l’autre cumulus ou stratocumulus d’étalement. Au littoral, le temps est très beau aussi, mais on y note un peu plus de cumulus, formés au-dessus de la mer. Sur l’Entre-Sambre-et-Meuse, la journée démarre sous le soleil, mais de la brume et des stratus se forment rapidement et ne se dissipent que très partiellement en journée. En Gaume, les stratus sont plus tenaces encore. Le plateau ardennais se trouve au-dessus des brumes et stratus. On y observe quelques stratocumulus, qui deviennent plus nombreux l’après-midi. Du côté de Liège, le temps est assez beau, mais on y voit d’importants bancs de stratocumulus en matinée, et quelques cumulus fractus l’après-midi. Enfin sur les hauteurs de l’est, les nappes de stratus se transforment en cumulus souvent fractus, avec de belles éclaircies mais aussi des périodes plus nuageuses. Les températures maximales, dans les zones ensoleillées, varient entre 3 et 5°C en plaine et atteignent 6°C au littoral. Dans les zones où le ciel est très nuageux, les températures peinent à dépasser 0°C, voire restent carrément négatives. Le froid s’installe ensuite rapidement le soir, avec déjà –2°C au sud des plaines à 19 heures, voire localement –5°C comme à Chièvres. Au nord-ouest des plaines, des infiltrations maritimes plus marquées maintiennent encore les températures au-dessus de 0°C. 11 janvier 2025 Une dépression virulente, du nom de « Charly », fait quasiment du surplace du côté des États Baltes pendant que notre pays reste sous influence anticyclonique, avec des hautes pressions sur les Îles Britanniques qui continuent à nous envoyer de l’air polaire maritime modérément froid, qui est instable en mer et au-dessus des plaines maritimes, mais qui se stabilise plus loin vers l’intérieur du pays sur les terres enneigées et froides, avec formation d’une inversion de basses couches qui persiste même en journée. La plus grande partie du pays est donc aux prises avec un brouillard tenace qui tend même à s’intensifier en journée. Il s’agit parfois, au départ, d’un stratus très bas qui finit par s’abaisser encore davantage jusqu’à toucher le sol même dans les vallées. Dans toutes ces régions, les températures maximales ne dépassent pas 0°C (–0,6°C à Uccle ; –0,2°C à Deurne ; –0,3°C à Bierset ; –0,5°C à Gosselies). Parc Duden (Forest, Bruxelles) – Crédit photo : Robert Vilmos À l’ouest du ligne quelque peu irrégulière, allant de Courtrai à Stabroek en passant par Wetteren et Beveren, le temps est beau, clair et relativement doux avec quelques altocumulus et des nuages d’instabilité surtout du côté de la mer et de l’estuaire de l’Escaut. Source : IRM Webcam MB – Le Coq – 11 janvier 2025 à 15h53 Comme on peut le voir sur la photo, le temps est beau à la côte, mais des averses se forment en mer, comme en témoigne le petit bout d’arc-en-ciel. Certaines de ses averses, cependant, parviennent à atteindre le littoral. Les températures sont bien plus élevées, avec des maxima de 7,3°C à Zeebruges ; 6,4°C à Middelkerke ; 6,8°C à Coxyde et 6,0°C à Beitem. À la limite des éclaircies, on note encore 3,9°C à Roubaix (mais –0,2°C à Lille-Lesquin) et 2,5°C à Melle. Toute cette zone, par ailleurs, est généralement dépourvue de neige. Les hauteurs fagnardes se trouvent au-dessus des brouillards, mais le ciel y est souvent très nuageux ou couvert de stratus / stratocumulus évoluant temporairement en cumulus / stratocumulus l’après-midi avec quelques éclaircies, parfois même belles. Les hauteurs ardennaises sont au-dessus du brouillard aussi, mais les stratocumulus y ont plus de mal à se déchirer. Les températures maximales restent négatives en Haute Belgique aussi, avec –1 à –2°C. Webcam MB – Amblève – 11 janvier 2025 à 15h40 En Gaume, le début de la journée est prometteur, mais par la suite, le ciel y devient nuageux à très nuageux aussi avec des stratus fractus. La température y est légèrement positive (1 à 2°C). En soirée, l’instabilité en altitude permet la pénétration dans tout le pays de petites averses, avec de la neige ou parfois de la pluie verglaçante. Les jours suivants Une influence anticyclonique se fait de plus en plus sentir sur nos contrées. Le 12 janvier, le centre anticyclonique se place un peu mal pour nous, à l’ouest de nos régions, et nous sommes sous l’influence de courants maritimes avec un dégel assez marqué sur tout le pays, à l’exception des Hauts Plateaux. De vastes nappes de stratocumulus à base élevée occupent le ciel, avec quelques éclaircies, surtout à l’ouest du pays, où l’on note un peu d’instabilité. La neige est mise à mal en de nombreux endroits, mais résiste bien, entre autres, du Brabant Wallon jusqu’aux communes du sud de Bruxelles (6 cm à Uccle). Le 13 janvier, le noyau anticyclonique, de plus de 1040 hPa, passe à l’est de nos régions et le temps devient soudain très beau, avec juste quelques cirrus l’après-midi à partir de l’ouest, qui n’atteignent pas l’est du pays. Après un gel nocturne omniprésent, la neige s’est restabilisée là où il y en avait encore suffisamment, et le dégel en journée, plus sec (points de rosée restant négatifs), n’y a rien changé. Webcam MB – Amblève – 13 janvier 2025 à 16h Le 14 janvier, après une nouvelle nuit très froide, avec gel sévère par endroit (–15,3°C à Elsenborn), les influences maritimes nous reviennent avec un vent qui s’oriente au sud-ouest et un ciel qui redevient nuageux avec essentiellement des altocumulus. À partir de l’ouest, l’air redevient graduellement plus humide aussi. La situation neigeuse, jusqu’à présent, reste à peu près inchangée. Le 15 janvier marque la fin de l’épisode neigeux en de très nombreux endroits. Une nouvelle cellule anticyclonique, formée la veille, envoie désormais de l’air maritime doux. Au-dessus du sol, cet air se refroidit certes, mais pas assez pour empêcher le dégel. Le brouillard est quasi-généralisé et il fait particulièrement désagréable. Seule la Haute Belgique, au-dessus de l’inversion, connaît encore très temporairement des éclaircies à la mi-journée. La neige se met à fondre partout. Sur les Hautes-Fagnes, elle perd rapidement en épaisseur pendant qu’elle tend à disparaître en Ardenne. Le Brabant Wallon, qui avait été privilégié, ne connaît plus qu’un enneigement très partiel en fin d’après-midi, tout comme c’est le cas à Uccle. L’épisode neigeux peut donc être considéré comme terminé en Basse et Moyenne Belgique (sauf très localement). Par la suite, le régime anticyclonique se renforce encore, avec ce nouveau noyau qui migre à son tour vers le Continent. En Haute Belgique, après un petit intermède plus brumeux et plus nuageux, le temps redevient rapidement très beau et très doux, avec du 17 au 19 un ciel parfaitement serein au-dessus des plus hauts plateaux, puis un temps beau avec quelques altocumulus le 20 et quelques cirrus le 21. Les températures maximales, à Mont-Rigi, varient de 5 à 8°C pendant toute cette période. La couverture neigeuse à Mont-Rigi et à Sourbrodt reste cependant intacte grâce à des points de rosée très bas. À la Baraque de Fraiture par contre, le manteau neigeux est incomplet. Ciel serein dès le lever du jour à Mont-Rigi Dans les basses couches cependant, l’humidité laissée par l’épisode maritime ne parvient pas à se dissiper et reste coincée en dessous d’une puissante inversion thermique. Bruxelles, dans le brouillard et/ou sous les stratus, ne voit pas le soleil une seule minute entre le 15 et le 20 janvier, avec en plus 3 jours de gelées permanentes, les 18 (–0,5°C), 19 (–0,4°C) et 20 (–0,3°C) janvier. Brume et grisaille persistantes à Bruxelles, ici le 19 janvier à 14h Image satellite de l’IRM, assez représentative pour la période À partir du 22 janvier, sous l’influence d’une perturbation frontale, un dégel humide s’installe progressivement dans tout le pays, avec à 18h 4 à 6°C en plaine et 1 à 2°C sur les hauteurs, avec brouillard de dégel sur les Hautes-Fagne et pluies et bruines se propageant sur toute la Belgique. Cette fois-ci, l’hiver – avec certes quelques soubresauts en Haute Belgique encore – est sur le point de se terminer pour tout le monde ! Enfin, il convient de noter que, malgré la longue période anticyclonique décrite ci-dessus, les périodes très pluvieuses du début et de la fin janvier 2025 hissent ce mois de janvier, avec un total de 153,8 mm, à la première place des mois les plus pluvieux jamais observés à Uccle, ex-aequo avec janvier 2004. Conclusion Les conflits de masses d’air et leurs possibles aléas font partie de notre climat. D’ordinaire, la neige est plus abondante en Haute Belgique qu’ailleurs, mais des exceptions (parfois temporaires) ne sont pas si « exceptionnelles » que ça. Cette fois-ci, c’est surtout durant la nuit du 8 au 9 qu’il a plu au sud et à l’est du pays, y compris sur les Hauts-Plateaux, pendant qu’il neigeait en Basse et Moyenne Belgique. Par la suite, la situation s’est rétablie avec un maximum de neige à Mont-Rigi. Récemment, nous avons connu des curiosités plus marquées au niveau de la neige, plus particulièrement le 11 décembre 2017 et le 2 février 2019. Les deux cartes ci-dessous montrent la répartition étrange de la neige ces deux-jours-là. Plus loin dans le passé, nous avons le cas du 11 janvier 1982, où c’est Bruxelles qui reçoit le maximum de neige. Et pendant qu’il tombe 18 cm sur la capitale, il pleut toute la journée en Gaume. Mais comme, contrairement à 2025, les basses couches gaumaises restent froides, il s’agit de pluies verglaçantes. Encore plus loin dans le passé, le grand hiver 1978-1979 met un certain temps à venir, si bien que le matin du 31 décembre 1978, Bruxelles observe déjà –10°C avec neige et congères pendant qu’il pleut encore en Gaume par +9°C. Par après, la température baissera de quelques 24 à 27°C tant en Gaume qu’en Ardenne, ce qui correspond à l’un des plus gros écarts jamais mesurés en Belgique en 24 heures. Comme quoi, les cabrioles de la météo n’ont rien de nouveau et, dans le cas de 2025, ces cabrioles ne peuvent pas non plus être attribuées au réchauffement climatique, sauf peut-être en ce qui concerne l'abondance des précipitations du début et de la fin du mois (on estime à 7% l'évaporation en plus par degré supplémentaire).
  9. NOUVEAU RECORD DE TEMPÉRATURE BATTU DANS LES HAUTES-FAGNES Le 27 décembre 2024, un nouveau record décadaire a été battu et même pulvérisé dans les Hautes-Fagnes. La température maximale de Mont-Rigi, atteinte à 12h40, est montée jusqu’à 14,3°C, pulvérisant ainsi le tout récent record de 12,0°C, observé le 31 décembre 2022. Pour l’ensemble du mois de décembre, il s’agit de la deuxième valeur la plus élevée du Plateau fagnard, après les 14,4°C observés à la Baraque Michel le 6 décembre 1953. Source : Kachelmann Wetter Bien des régions de Belgique n’auraient pourtant jamais pensé à un record de chaleur en ce jour gris et froid du 27 décembre 2024. Presque toute la Basse et Moyenne Belgique a subi un brouillard coriace, ne se dissipant que localement et très temporairement, et les maxima n’y ont guère dépassé 1 à 4°C. Kleine Brogel est resté bloqué à 1,3°C et Uccle, avec 2,6°C, n’a guère fait mieux. Webcam MB – Hoeleden – 27 décembre 2024 à 15h00 Comme la couche de brouillard était très mince, on a observé malgré tout quelques coins de ciel bleu, voire un petit soleil perçant la brume, mais sans grande influence sur les températures. Webcam MB – Liers – 27 décembre 2024 à 15h58 En Haute Belgique par contre, c’était le grand beau temps, sous un ciel juste quelque peu voilé par des cirrus. En plus, l’air a été particulièrement sec. À Mont-Rigi, l’humidité relative a chuté jusqu’à 10% à 14 h (18% à 11h, 14% à 12h et 11% à 13h). Des taux aussi bas sont très rarement observés en Belgique. Le point de rosée, à 14h, se situait à –17,4°C ! Webcam BMCB – Mont-Rigi – 27 décembre 2024 à 15h52 Il s’agit là d’une des plus curieuses journées d’hiver jamais vue : beau temps, soleil printanier et douceur… et neige ! À 16 heures, on mesurait encore 9 cm de neige à Mont-Rigi. L’Ardenne, la Gaume, l’Entre-Sambre-et-Meuse et la frange sud de la Moyenne Belgique (Hainaut, Namur, sud du Brabant wallon) ont également profité du beau temps, mais les températures suivaient moins bien, avec le plus souvent 6 à 9°C, voire moins dans certaines bulles d’air froid coriaces. Source : IRM Situation atmosphérique : un régime faiblement perturbé s’est rapidement retrouvé sous influence anticyclonique, avec un dessèchement et un réchauffement adiabatique de l’air par subsidence, à l’exception des très basses couches. Ce n’est certes pas une situation inhabituelle en hiver, mais l’intensité du phénomène dans nos Hautes-Fagnes interpelle. Si pour la fin décembre, le record est battu, nous avons cependant connu encore plus fort en janvier. Le 29 janvier 1949, la température était montée jusqu’à 15,9°C à la Baraque Michel (pour quelques 10°C, mais aussi du soleil à Uccle). En janvier 1930, la température était montée plus haut encore au Barrage de la Gileppe avec 17°C ! Là, il s'agissait sans doute de phénomènes de pseudo-foehn renforçant encore une grande douceur déjà existante sur les plateaux en amont.
  10. FORTES PLUIES, HIVER PRÉCOCE PUIS… DOUCEUR EXCEPTIONNELLE Plusieurs événements remarquables se sont produits en peu de temps et, tout d’abord, chapeau bas pour les prévisions ! Tous ces événements ont été correctement prévus et ce, même à moyen terme. Il y a juste que la réalité était parfois même un brin plus extrême que les prévisions. Analysons tout cela à présent, en commençant deux jours avant le premier événement remarquable, pour bien cerner l’évolution de la situation atmosphérique. 17 novembre 2024 Après une première décade très anticyclonique et souvent grise (sauf en Haute Belgique), une forte tendance anticyclonique se rétablit après un petit épisode perturbé, avec à nouveau une évolution vers un temps monotone et gris, accompagné parfois de bruine. Mais le 17 novembre, une dépression qui se creuse sur la Finlande ramène sur nos régions un temps plus perturbé (passage d’un front froid), puis légèrement instable. Avec un bon petit vent qui tourne à l’ouest, et temporairement au nord-ouest au littoral, on observe dans cette dernière région un ciel de traîne dès le matin, avec dispersion rapide des stratocumulus et cumulus bourgeonnant dans un ciel bien bleu, souvent jusqu’au stade mediocris. L’un ou l’autre de ces cumulus se développe cependant davantage, jusqu’à produire une averse. Webcam MB – Le Coq – 17 novembre 2024 ) 13h54 Ailleurs dans le pays, il faut d’abord composer avec un nimbostratus pluvieux avant que le ciel de traîne n’apparaisse là aussi. Au sud-est du pays, le ciel reste même très nuageux à couvert toute la journée. Les températures maximales sont de saison, avec 10 à 11°C en plaine et 4 à 5°C sur les hauteurs. 18 novembre 2024 Nous restons au nord du front, mais celui-ci reste traîner très près de notre pays. Source : KMNI Il s’ensuit un temps très nuageux à couvert sur la moitié sud du pays, avec petites pluies et parfois aussi bruines. Le ciel est couvert de nimbostratus, puis de stratocumulus avec quelques éclaircies l’après-midi, alors avec altocumulus et cirrus, le tout parfois accompagné de fractus. Au nord du pays, nous avons un temps plus lumineux avec des cumulus dispersés, très plats, à la limite parfois de stratocumulus, et au-dessus des cirrus évoluant plus tard en cirrostratus. Au centre du pays, le temps est quelque peu variable, avec altostratus le matin, puis mix de cumulus et stratocumulus avec une petite tendance à l’instabilité. Le vent, hésitant, souffle de directions variables avec une prédominance ouest à sud-ouest et les températures maximales sont toujours de saison, avec 9 à 10°C en plaine et 4 à 5°C sur les hauteurs. 19 novembre 2024 Une ondulation dans le front a fini par former une petite dépression, qui passe au-dessus du nord de notre pays. Le front a formé une perturbation frontale à secteur chaud très ouvert, dont la partie la plus active passe, elle, sur le centre et le sud de notre pays. Les températures sont plus douces, avec 11 à 12°C voire 13°C en plaine et 7 à 8°C sur les hauteurs, mais les précipitations sont importantes. Webcam MB – Bruxelles (Schaerbeek) – 19 novembre 2024 à 14h Un nimbostratus pluvieux recouvre presque la totalité du pays, avec des pluies par moment intenses. Seuls le littoral connaît parfois un ciel (un peu) moins chargé avec un mix de stratocumulus et de cumulus en dessous d’un altostratus. Les précipitations sont abondantes et dépassent souvent les 30 mm en 24 heures. Ci-dessous, quelques données de différentes stations pour le jour « calendrier » du 19 novembre (00h -> 24h GMT), qui reprend la plus grande partie de l’épisode pluvieux en question. Bruxelles et alentours Uccle : 33,7 mm Woluwe-Saint Pierre : 33,0 mm Anderlecht : 30,8 mm Hoeilaert : 37,6 mm Province du Hainaut Maulde : 32,0 mm Rumillies : 35,3 mm Ath : 32,4 mm Ollignies : 32,0 mm Horrues : 34,4 mm Province du Luxembourg Courtil : 46,7 mm Neufchâteau : 43,8 mm Buzenol : 32,9 mm Beausaint : 32,2 mm Province de Liège Mont-Rigi : 34,6 mm Les vents de sud-ouest tournent au nord-ouest, puis au nord et les températures se mettent à baisser – après les maxima atteints le matin – pour passer en dessous de la barre des 5°C en plaine dès le début de l’après-midi au nord du pays, vers le milieu de l’après-midi au centre et en début de soirée dans les vallées de l’Entre-Sambre-et-Meuse. En Haute Belgique, on se rapproche alors de 0°C et la pluie se transforme en neige, avec un blanchissement des Hautes-Fagnes en soirée. Botrange le soir – Source : Weerwoord 20 novembre 2024 Le front froid, suivi d’une ligne post-frontale, est bien descendu vers le sud à présent, et notre pays se retrouve dans des courants polaires maritimes en provenance du nord-ouest dans un premier temps. Les températures ont bien baissé durant la nuit, pour atteindre des valeurs de 1 à 3°C en plaine et autour de –1°C sur les hauteurs en début de matinée. Seul le littoral bénéficie encore d’un peu de douceur, avec 5 à 6°C. En raison de l’effet d’écran des Îles Britanniques, les averses sont peu nombreuses et le temps est même assez beau, avec de larges éclaircies, quelques cirrus et le développement, en journée, de cumulus souvent mediocris. Quelques cumulonimbus parviennent à se former quand même et ils sont alors visibles de loin. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 20 novembre 2024 à 16h Plus vers l’est et le nord, le temps est plus variable et on observe quelques averses de neige. Mais celle-ci n’accroche pas au sol en plaine. Au Limbourg, ces précipitations dépassent parfois les 10 mm. Des averses soutenues atteignent aussi le versant nord-est des Hautes-Fagnes et là, la neige tient au sol. On atteint jusqu’à 10 cm du côté de Brackvenn, alors qu’à Botrange, moins dans l’axe des averses, on ne mesure que 2 à 3 cm de neige. Neige à Brackvenn – Crédit photo : Alexis Papapanayotou Les températures maximales atteignent 5 à 7°C en plaine et –1°C (Hautes-Fagnes) à 2°C (Ardenne) sur les hauteurs. En soirée, les courants généraux basculent un peu plus vers le nord, l’effet d’écran des Îles Britanniques joue un rôle moindre et un important cluster d’averses, parfois orageuses, parvient à affecter une grande partie de notre pays. Ces averses, aussi accompagnées d’épisodes à précipitations continues, sont de pluie et de neige en plaine, avec des enneigements temporaires à Anvers et à l’aéroport de Bruxelles. Dès 100 mètres d’altitude, le paysage devient tout blanc. 21 novembre 2024 La neige recouvre une bonne partie du pays, avec 2 cm à Uccle, 5 cm à Beauvechain et 10 cm à Sart-Bernard, près de Namur. Dans les Hautes-Fagnes, on observe 12 cm à Mont-Rigi. Neige à Leignon (Ciney) – Crédit photo : Bernadette Bihin Le cluster d’averses, lié à une petite occlusion au sein des courants de nord-ouest, a quitté notre pays. Un petit anticyclone sur la Suisse nous vaut une accalmie, mais sous un ciel restant gris. Une dépression virulente, du nom de Caetano, aborde la Bretagne en matinée et se trouve sur le Centre de la France en soirée. Elle fait beaucoup parler d’elle en France, mais se contente, chez nous, d’envoyer des altostratus. Une autre dépression, qui descend sur la Mer du Nord, ainsi qu’une dépression sur le nord de l’Allemagne contrecarrent les vents commandés par la dépression française, si bien que les vents deviennent hésitants chez nous, avec un air assez froid qui stagne sur nos régions. Source : KNMI Ainsi, les températures maximales ne dépassent pas 1 à 3°C en plaine, 0°C du côté du Brabant Wallon et –2 à –4°C sur les hauteurs. Juste le littoral connaît à nouveau des températures plus douces, avec des maxima de 5 à 6°C. La neige tient au sol, là où il en est tombé. Le ciel, quant à lui, se caractérise par un altostratus, parfois translucidus, qui est isolément accompagné d’altocumulus. Crédit photo : Bernadette Bihin Au littoral, où de l’air à 5-6°C passe sur une eau à 12°C, on note des nuages d’instabilité, des rues de cumulus qui se développent en dessous de l’altostratus, jusqu’à provoquer des averses sur la mer. En après-midi, ces cumulus se résorbent et des éclaircies apparaissent avec des cirrus. En Gaume, on note quelques fractus sous l’altostratus. Un peu au sud de chez nous, en France, la dépression Caetano provoque de fortes chutes de neige notamment en région parisienne. À l’aéroport Charles De Gaulle, il se met à neiger à 11 heures et on atteint 16 cm au sol à 17 heures sous un vent qui souffle fort de nord-est. À Paris-Montsouris par contre, où la température est un brin plus élevée, la couche de neige ne dépasse pas 4 cm. Juste au nord de Paris, on relève 20 cm à Le Plessis-Gassot. À l’ouest, on relève même 28 cm à L’Hautil, sur les hauteurs de Triel-sur-Seine. Cette neige tombe un peu au nord d’une ligne à gros contrastes thermiques (0-1°C au nord, 12-14°C au sud), avec des vents de plus de 100 km/h pénétrant jusqu’à loin à l’intérieur des terres, passé le centre de la France. Webcam Bergfex – Paris – 21 novembre 2024 à 16h31 22 novembre 2024 Un anticyclone, qui se trouve sur le nord de l’Espagne et se déplace vers la France, détermine des courants d’ouest à nord-ouest sur nos régions. Une occlusion frôle le soir le nord et l’est du pays et est responsable de fortes chutes de neige sur les Hautes-Fagnes. Mais d’abord la nuit du 21 au 22 est plutôt froide, avec des minima souvent atteints en milieu de nuit, voire un peu avant. À Uccle, la température descend jusqu’à –2,6°C pendant qu’à Elsenborn, on tombe jusqu’à –8,8°C. En journée, le temps est variable avec un mix de stratocumulus et de nuages convectifs. En raison de températures qui remontent, les averses sont souvent de pluie, ou de pluie et neige voire de grésil en Basse et Moyenne Belgique. Les températures maximales, en plaine, sont de l’ordre de 5 à 7°C, et proches de 4°C en Moyenne Belgique. En Haute Belgique, il fait plus gris et plus froid, avec aussi des précipitations neigeuses et des maxima de 0 à –1°C. Mürringen – Crédit photo : Fabienne Nicolas En soirée, les précipitations s’intensifient dans cette région, avec des chutes de neige modérées à fortes. À Mont-Rigi, la couche de neige passe de 12 cm à 17 heures à 24 cm à 23 heures. Il faut remonter à 2008 pour retrouver une telle couche de neige en novembre dans les Hautes-Fagnes. 23 novembre 2024 Le 23 novembre marque un jour de transition. La dépression Caetano s’éloigne via l’Ukraine vers la Russie tandis qu’une très profonde dépression, du nom de Bert, commence à prendre de l’influence sur le temps de nos régions. Source : KNMI Les températures maximales de la journée (7h – 19h) atteignent 7 à 8°C en plaine et 0 à 3°C sur les hauteurs, mais elles continuent à monter en soirée. À Uccle, la couche de neige (2 cm) qui avait commencé à fondre la veille disparaît complètement durant la journée du 23. Dans les Hautes-Fagnes, la neige reste encore intacte, mais perd peu à peu en épaisseur. Le temps est assez gris, avec un altostratus parfois doublé d’altocumulus. En fin de journée, on observe quelques éclaircies vers l’horizon. En Haute Belgique, on observe aussi quelques cumulus / stratocumulus. Webcam MB – Bullange – 23 novembre 2024 à 16h30 Ces éclaircies sont cependant trompeuses. Le front chaud qui aborde notre pays est assez actif, avec quelques bonnes pluies, jusqu’à 7-8 mm par endroit. Les températures, quant à elles, sont supérieures à celles de la journée, avec à 23 heures 9 à 11°C en plaine et 3 à 5°C en Haute Belgique, mais encore 2°C au-dessus de la neige des Hautes-Fagnes. 24 novembre 2024 La Belgique se trouve à présent dans un large secteur chaud, avec une bouffée de chaleur inhabituelle pour la saison. Source : KNMI À 8 heures, alors que le soleil n’est pas encore levé, les températures atteignent déjà 12 à 13°C en plaine et 9 à 10°C sur les hauteurs (mais 6°C sur les Hautes-Fagnes, où la couche de neige est encore intacte). Le temps est beau partout, avec un voile de cirrus, tendance cirrostratus, et l’un ou l’autre banc d’altocumulus, parfois castellanus. Webcam MB – Jambes (Namur) – 24 novembre 2024 à 14h40 Quelques-uns de ces altocumulus castellanus sont fort développés et produisent des virga, voire quelques gouttes de pluie. Webcam MB – Schaerbeek (Bruxelles) – 24 novembre 2024 à 14h00 Les températures montent incroyablement haut, avec des maxima de 17 à 18°C en plaine (même 19°C en Campine et à Liège) et de 12 à 14°C sur les hauteurs. Sur les Hautes-Fagnes, la neige fond certes, mais résiste très bien par endroit, si bien qu’on connaît un paysage enneigé avec 12°C et du soleil ! Mürringen – Crédit photo : Alexis Papapanayotou Et voici le graphique de la température à Mont-Rigi, du 23/11/2024 à 20h au 24/11/2024 à 20h. Source : IRM Si en raison de la neige, le record de douceur pour une 3e décade de novembre n’a pas pu être battu dans les Hautes-Fagnes, c’est cependant le cas dans d’autres régions. Voyons ci-dessous quels sont les records qui ont été battus. Lieu Max 24/11/24 Record 3e décade novembre Middelkerke 17,1°C 16,2°C (25/11/2006) Coxyde 17,2°C 15,9°C (25/11/2006) Dunkerque (FR) 19,0°C 16,7°C (23/11/1980) Beitem 17,2°C 17,5°C (25/11/2006) Semmerzake 17,3°C 17,9°C (25/11/2006) Lille (FR) 17,2°C 17,4°C (25/11/2006) Chièvres 17,3°C 17,8°C (25/11/2006) Gosselies 16,3°C 17,9°C (25/11/2006) Florennes 15,1°C 17,0°C (25/11/2006) Dourbes 14,6°C 17,4°C (25/11/2006) Uccle 17,5°C 18,5°C (25/11/2006) Zaventem 17,7°C 18,1°C (25/11/2006) Beauvechain 17,3°C 17,8°C (25/11/2006) Stabroek 17,8°C 18,2°C (25/11/2006) Deurne 18,2°C 18,4°C (25/11/2006) St-Kat-Waver 18,4°C 19,6°C (25/11/2006) Schaffen 18,2°C 18,5°C (25/11/2006) Kleine Brogel 18,7°C 18,3°C (25/11/2006) Koersel 18,8°C 18,3°C (25/11/2006) Maastricht (NL) 18,1°C 17,3°C (25/11/2006) Bierset 18,2°C 18,6°C (25/11/2006) Spa 14,1°C 14,8°C (25/11/2006) Mont-Rigi 11,5°C 14,5°C (26/11/1970) Elsenborn 12,1°C 14,4°C (21/11/2003) Saint-Hubert 13,6°C 16,0°C (26/11/1970) Luxembourg (LU) 14,9°C 16,4°C (25/11/2006) Enfin un mot sur le vent, qui souffle fort de sud à sud-ouest, avec des rafales de plus de 70 km/h un peu partout sur le pays, et localement même plus de 80 km/h. 25 novembre 2024 Plus exceptionnel encore que la journée du 24, la nuit du 24 au 25 pulvérise tous les records de la nuit la plus chaude pour une troisième décade de novembre. À Uccle par exemple, entre le 24/11/2024 à 19 h et le 25/11/2024 à 7 h, la température ne descend jamais en dessous de 15,3°C. Le précédent record pour une troisième décade de novembre est de 13,3°C la nuit du 22 au 23 novembre 2003 (série pour ce type de données remontant jusqu’à 1952 à Uccle). Il en est de même pour d’autres stations en Basse et Moyenne Belgique, avec par exemple un minimum de 16,4°C à Anvers-Deurne, de 15,2°C à Kleine Brogel, de 15,1°C à Zaventem ou encore de 15,0°C à Beauvechain. L’extrême ouest du pays, en raison du passage du front froid avant 7 heures, ne connaît pas de records. Coxyde passe de 14,7°C (6 h) à 10,3°C (7h). Middelkerke passe de 14,7°C (6h) à 11,4°C (7h). Zeebruges, par contre, est encore à 15,1°C à 7 heures, ce qui fait que le minimum (15,0°C) reste exceptionnellement élevé sur l’est de la Côte Belge. Mais à 8 heures, la température est plus basse, là aussi, avec 11,0°C à Zeebruges. Les maxima du jour ne sont guère supérieurs au minima et ne grapillent que quelques dixièmes de degrés. Source : IRM Ce sont Anvers et Retie qui enregistrent les maxima les plus élevés, avec respectivement 17,2°C et 17,0°C. Suivent Koersel et Sint-Katelijne-Waver avec 16,9°C. Ces maxima sont généralement atteints le matin ou en début de matinée sur l’ouest et le centre du pays et vers midi sur l’est et le nord-est. Mais la chute principale des températures intervient lors du passage du front froid. Cette chute est assez brutale sur l’ouest et le centre du pays, et plus progressive sur l’est. Elle intervient vers 7 heures du matin au littoral, et vers 11 heures au centre du pays, avec 4°C en moins en 1 heure et 6 à 7°C en moins au total (16-17°C à 9-10°C). En Haute Belgique, la chute est plus progressive. Dans les Hautes-Fagnes, on passe graduellement de 12°C à 5°C et ce, en cours d’après-midi. Le temps est d’abord encore assez beau sur les Cantons de l’Est, avec des éclaircies en alternance avec des bancs d’altocumulus / stratocumulus. Webcam MB – Lac de Bütgenbach – 25 novembre 2024 à 12h L’après-midi, le ciel se couvre avec évolution vers un nimbostratus pluvieux. Ailleurs, le ciel est déjà très nuageux le matin avec altostratus et ] très vite suivis du nimbostratus. L’après-midi, des éclaircies se développent sur l’ouest du pays avec altocumulus et coins de ciel bleu. Ces éclaircies deviennent visibles à l’horizon au centre du pays en fin de journée. Conclusion Le réchauffement climatique, on en parle et on en reparle, encore et encore. Ben oui, il est bien là, ce réchauffement climatique. Et comme d’habitude, il est partiellement responsable des événements météorologiques que nous venons de vivre. Disons plutôt : le réchauffement climatique a quelque peu modifié ces événements. En ce qui concerne l’épisode pluvieux, il aurait sans doute était un peu moins intense, mais il aurait été remarquable malgré tout. En ce qui concerne l’offensive hivernale, elle aurait été un peu plus forte avec, surtout au centre du pays, une meilleure couverture neigeuse. Pour les Hautes-Fagnes par contre, à part 1 à 2°C de moins, cela n’aurait pas changé grand-chose. C’est sur le coup de douceur que le réchauffement climatique a le plus joué, en le rendant plus extrême qu’il n’aurait été autrement. Mais il aurait eu lieu quand même, sans doute avec des températures de 15 à 16°C en plaine et avec une dizaine de degrés sur les hauteurs. La situation atmosphérique globale, dans le cas présent, avec une circulation zonale passant temporairement à des latitudes plus basses que d’habitude, n’est cependant pas propre au réchauffement climatique. La présence de dépressions de tempête ne l’est pas non plus à cette période de l’année.
  11. UNE SITUATION D'INVERSION ANTICYCLONIQUE 4 novembre 2024 Une zone de hautes pressions située essentiellement sur l’Allemagne et la Pologne achemine de l’air continental sec et très doux sur nos régions. Une inversion empêche cependant une partie du pays de profiter de la douceur et du beau temps. En Haute Belgique, le temps est particulièrement beau avec un ciel serein (tout au plus quelques cirrus à l’horizon) et très bleu, et une visibilité particulièrement bonne. L’air très chaud en altitude (13 à 14°C au niveau 850 hPa vers 1570 m) permet aux Hautes-Fagnes et aux Cantons de l’Est de bénéficier de températures maximales élevées pour la saison, avec 16,7°C à Mont-Rigi et 16,5°C à Elsenborn. Dans cette dernière station, l’humidité relative descend temporairement jusqu’à 20% à 13 heures. À Mont-Rigi aussi, le taux d’humidité tombe nettement en dessous des 30%. Beau temps sec en Haute Belgique comme ici à Bullange Mais c’est en contrebas des Hautes-Fagnes qu’on observe les températures maximales les plus élevées. À Solvaster (alt. 362 m), situé à quelques 8 kilomètres à l’ouest-nord-ouest de Mont-Rigi, la température monte jusqu’à 18,5°C. À Baelen (alt. 452 m), on atteint même 18,8°C. Un pseudo-foehn (air qui déborde du plateau fagnard et qui dévale en collant aux pentes et en se réchauffant adiabatiquement de 1°C par 100 mètres) pourrait être à l’origine de cette « surchauffe » locale. Source : BMCB Belgische Meteo Club Belge Du côté du Plateau Ardennais, le temps est généralement encore très beau aussi, tout comme sur l’Entre-Sambre-et-Meuse, mais les températures y sont un peu moins élevées, avec 12,8°C à Saint-Hubert, 14,4°C à Bièvre, 13,2°C à Florennes et 13,8°C à Dourbes. En Flandre, et plus particulièrement sur la Province d’Anvers, c’est une tout autre histoire. Il fait humide et froid, et le brouillard est persistant. Il ne se lève que très temporairement pour se transformer en stratus, avec une grisaille tout aussi tenace. Les températures maximales sont très fraîches pour la saison, avec 7,2°C à l’aéroport d’Anvers (avec une humidité qui reste calée à 100%) ; 7,5°C à Stabroek ; 7,0°C à Sint-Katelijne-Waver et, du côté de Gand, 7,3°C à Semmerzake et 7,2°C à Melle. Du côté de Bruxelles, la situation est très différente d’un endroit à l’autre. À l’aéroport, les brouillards et stratus sont tout aussi tenaces qu’à Anvers et la température maximale ne dépasse pas 7,3°C. À Uccle, on observe de belles éclaircies l’après-midi et la température monte temporairement jusqu’à 11,6°C. Dans d’autres communes, le ciel se déchire très temporairement en stratus fractus. La température, à Woluwe-Saint-Pierre par exemple, atteint 8,9°C. Stratus tentant de se dissiper, mais sans grand succès, au-dessus de Bruxelles-Schaerbeek Sur le Brabant Wallon, la situation est tout aussi variable, avec par exemple 7,1°C à Beauvechain et 12,6°C à Ernage. Du côté de Liège et de la Campine, le temps est beau après dissipation du brouillard, mais avec parfois des stratus fractus. La température monte jusqu’à 12,8°C à Bierset ; 13,9°C à Kleine Brogel et 14,9°C à Koersel. Au Hainaut, il fait généralement plus doux qu’en Flandre Occidentale, avec 10,7°C à Chièvres et 14,0°C à Gosselies (où le temps est ensoleillé). À Sivry, on monte même jusqu’à 15,6°C. Enfin la Gaume est froide et brumeuse avec des maxima souvent compris entre 6 et 7°C (6,7°C à Buzenol). En tout cas, l’inversion thermique persiste presque partout, même là où il fait doux. Celle-ci se situe autour des 400 mètres, avec un « nez » vers les 850-900 mètres où les températures atteignent 16-17°C. C’est beaucoup, mais pas un record. La nuit du 31 octobre au 1er novembre 2014, on a observé en air libre 19°C à 820 mètres d’altitude et même 22°C à 500 mètres d’altitude au-dessus de Beauvechain. En surface, ce 1er novembre-là, on est monté jusqu’à 21,9°C à Stembert (Verviers). 5 novembre 2024 On prend les mêmes et on recommence. Enfin presque. Une plus grande partie du pays se retrouve sous les brouillards et stratus qui persistent toute la journée. À l’ouest d’une ligne qui va grosso-modo de Chimay à Turnhout en passant par Charleroi, Gembloux et Diest, le temps reste désespérément gris et les températures maximales ne dépassent guère les 8°C. Source : IRM À l’est de la ligne en question, il fait généralement beau et les températures sont nettement plus élevées. C’est en Province de Liège et au Limbourg qu’il fait le plus doux, avec des températures souvent comprises entre 13 et 14°C, tant sur les hauteurs qu’en plaine. En Ardenne et sur l’Entre-Sambre-et-Meuse, il fait un peu plus frais avec 11°C. Les zones à la limite du champ de stratus connaissent une alternance d’éclaircies et de stratus fractus. Webcam MB – Cerfontaine – 5 novembre 2024 à 14h Sinon le ciel est peu nuageux avec quelques cirrus, parfois après dissipation d’un brouillard matinal se levant assez lentement, même sur les hauteurs. Ceci est lié au fait que l’air est partout beaucoup plus humide que la veille. Il n’y a que les Hautes-Fagnes qui, temporairement en début d’après-midi, se trouvent encore dans un air assez sec avec un taux d’humidité de 40%. La cause, une inversion qui se trouve à un niveau plus élevé, vers 650 mètres d’altitude. Ce n’est qu’au-dessus de cette altitude que l’air est vraiment sec, et nos reliefs ne sont pas assez (ou tout juste assez) hauts pour en bénéficier pleinement. 6 novembre 2024 Durant la nuit, les stratus s’épaississent suffisamment pour donner de la bruine, qui se propagent lentement à tout le pays. Les quantités de précipitations sont toutefois faibles, de 0,0 à 0,6 mm. En journée, un second noyau anticyclonique donne une composante maritime à la masse d’air. Source : KNMI La couche nuageuse conserve son épaisseur et une légère turbulence, en dépit de vents horizontaux très faibles, transforme partiellement les stratus en stratocumulus. Webcam MB – Cerfontaine – 6 novembre 2024 à 16h L’inversion monte en altitude et les Hauts Plateaux (sauf les environs immédiats de Mont-Rigi) ne sont plus au-dessus de l’inversion et ne bénéficient plus de la douceur et du soleil. Quelques petites disparités locales : Mont-Rigi atteint 11,2°C avec un début d’éclaircies alors que Botrange et Sourbrodt, sous une grisaille complète, restent à 10°C. On voit qu’on est là tout juste en dessous de l’inversion. En Basse et Moyenne Belgique, la visibilité horizontale s’améliore sous les stratocumulus à base (un peu) plus élevée, la Haute Belgique par contre se retrouve dans les nuages, c’est-à-dire dans le brouillard. Sporadiquement, on observe encore de la bruine. Les températures s’égalisent assez bien cette fois-ci, avec des maxima de 9 à 11°C presque partout dans le pays, sauf sur l’extrême ouest où il fait plus doux avec 12 à 13°C. 7 novembre 2024 Durant la nuit, l’inversion est temporairement montée jusqu’à 1100 mètres d’altitude, mais elle redescend déjà, poussée vers le bas par une nouvelle forte subsidence. En effet, le nouveau noyau anticyclonique s’est déplacé vers le continent en se fondant quasiment à l’ensemble anticyclonique. En altitude, après une petite faiblesse centrale de la crête (quasi-scission en deux), nous avons à présent un noyau qui s’est bien restructuré sur la Mer du Nord, s’étendant de l’est des Îles Britanniques au Danemark. Des éclaircies sont présentes dès le matin sur les plus hauts plateaux des Fagnes. Sur les Cantons de l’Est, le brouillard et les stratus se déchirent en fin de matinée (un peu plus tôt ou plus tard en fonction de l’altitude) pour faire place à un ciel quasi-serein, juste garni de quelques cirrus. Ci-dessous, deux images de Bullange vers 10h30. À l’aérodrome, le ciel est déjà bien dégagé, mais on voit encore bien le brouillard en contrebas. C’est à ce moment-là aussi que cela se dégage sur le Plateau Ardennais et, à 13 heures, l’ensemble de la Haute Belgique est au soleil. Source : IRM Au-dessus de l’Entre-Sambre-et-Meuse et du Condroz, les stratus se transforment d’abord en stratocumulus avant de se déchirer, là en début d’après-midi. Dans ces régions, les éclaircies se développent en même temps sur les plateaux et dans les vallées. À noter que ces éclaircies n’atteignent tout juste pas Namur. Stratocumulus se déchirant dans le ciel de Dinant Éclaircies se profilant à l’horizon de Namur (Jambes). Ces éclaircies, cependant, ne se développeront pas Ailleurs, les stratus ou stratocumulus persistent. Au-dessus de Bruxelles, ce sont des stratus, avec un ciel désespérément uniforme et gris Les températures, qui restent coincées entre 8 et 9°C sous la nappe nuageuse, montent jusqu’à 12°C sur le plateau des Hautes-Fagnes, là où le soleil est le plus franc. Sur l’Ardenne et l’Entre-Sambre-et-Meuse, il fait 10 à 11°C. En fin d’après-midi, les éclaircies sont en recul à nouveau. Les jours suivants Les 8 et 9 novembre sont des journées particulièrement grises. Le 8, l’inversion située vers 900 mètres d’altitude, empêche à nouveau les Hautes-Fagnes de bénéficier d’un temps meilleur. Il fait gris et froid partout, avec des températures qui, l’après-midi, ne dépassent guère 5 à 6°C en plaine et 3°C sur les Hauts Plateaux. Le 9, il fait un peu plus doux avec des maxima de 6 à 10°C et quelques rares éclaircies sur les reliefs ainsi que le versant nord de ceux-ci. Mais l’inversion, qui est montée jusqu’à 1000 mètres, ne permet toujours pas aux Hautes-Fagnes de bénéficier de températures plus douces. Au contraire, c’est là qu’il fait le plus froid avec 6°C. En France, dans les Vosges par contre, il fait particulièrement doux avec 18°C à Épinal, à Remiremont et au Col de Bussang. Nancy par contre doit se contenter de 10°C. Le 10 novembre marque un jour de transition vers un temps plus perturbé. Là aussi, il y a des inversions, mais il s’agit cette fois-ci d’inversions frontales, qui ont un mode de comportement totalement différent. Sur l’ensemble de la 1re décade de novembre 2024, on peut cependant dire que la situation d’inversion anticyclonique a largement prédominé. Cela se marque d’ailleurs dans les totaux d’heures d’insolation, de 35h 35min à Mont-Rigi pour seulement 5h 12 min à Uccle. Les côtiers ont été encore plus mal lotis avec moins d’une heure de soleil sur 10 jours (55 min à Zeebruges). Il s’agit cependant d’une situation on ne peut plus normale pour un début novembre, mais avec l’avantage de présenter une large palette de situations possibles par régime d’inversion anticyclonique. Ci-dessous, nous allons décrire des cas d’inversion qui ont été plus extrêmes et qui ont parfois eu des conséquences dramatiques. Les situations d’inversion par le passé Les inversions qui persistent toute la journée, par temps anticyclonique, sont le propre de la fin de l’automne et de l’hiver. L’expérience nous révèle que ce genre de situation se produit surtout lorsque le soleil n’atteint plus les 27 degrés d’angle au-dessus de l’horizon à sa position la plus haute de la journée. Cette période s’étend en gros de la fin octobre à la mi-février. Lorsque les basses couches sont humides, du brouillard se forme et ne se dissipe plus. Tout au plus s’élève-t-il un peu pour donner des stratus bas. La température diurne, alors, n’est guère plus élevée que la température nocturne et se situe parfois plus de 10°C en dessous de la température des Hauts-Plateaux qui, au-dessus de l’inversion, connaissent un temps ensoleillé, sec et doux. Lorsque l’air des basses couches est sec, il n’y a pas de brouillard, le soleil brille partout et les températures des plaines, en journée, sont moins froides que par temps de brouillard, mais restent en dessous du niveau des températures en altitude. L’inversion persiste et l'on observe alors fréquemment une brume sèche, un ciel délavé et un air poussiéreux, voire odorant. Cela ne change toutefois rien pour les Hauts Plateaux, où le soleil et la bonne visibilité restent de mise. Ces situations ont existé de tout temps. L’inversion restée la plus célèbre est sans conteste celle de début décembre 1930. Un épais brouillard dans la zone à l’époque très industrielle d’Engis (entre Liège et Huy) atteignit son apogée les 3 et 4 décembre, provoquant la mort de plus de 60 personnes et en intoxiquant des milliers d’autres. C’est d’ailleurs de cette époque-là que date la première description scientifique du « smog » (même si le terme a été créé plus tôt, en 1905, par le médecin Henri-Antoine Des Vœux). Nous n’avons pas de données chiffrées sur cette inversion, mais les témoignages de l’époque sont très parlants : « Nous n’avons pas vu les fumées s’élever, mais au contraire, se rabattre vers le fond de la vallée et se mélanger au brouillard ». Un témoin, observant depuis les hauteurs, raconte ceci : « il y a bien, ici et là, un clocher en flanc de colline qui parvient à s’extirper de la masse cotonneuse, une cheminée en hauteur et dont on aperçoit le déversement des émanations de l’usine. […] Une mer nuageuse. Telle est la dominante pour celui qui des hauteurs tente d’apprécier les méandres de la vallée ». Ceci indique que l’inversion était fort basse, avec une couche froide d’une centaine de mètres seulement. Et cette centaine de mètres d’épaisseur retenait toute la pollution que pouvait produire un bassin industriel à l’époque !!! Il n’y avait pas que la région de Liège à être affectée par ce brouillard. « Ici aussi le brouillard fait parler. Pareillement, il est des plus épais et enveloppe depuis deux jours la région de Mons et toute la vallée de la Senne. » Ou encore : « Bruxelles n’échappe pas à la pesanteur de l’épaisse nappe opaque qui recouvre les boulevards et qui se glisse à travers les ruelles de la cité. De la place Poelaert qui surplombe la capitale, on aperçoit l’habit cotonneux qui semble l’engloutir et dont seules quelques extrémités paraissent pouvoir s’extirper. » Il s’agit de témoignages repris dans la thèse de doctorat d’Alexis Zimmer : « Brouillards mortels ». Source : Alexis Zimmer C’est toute la façade nord-ouest de l’Europe qui a été affectée par ce brouillard, de Paris à Hambourg en passant par Lille, Maubeuge et bien sûr, Bruxelles et Anvers. Un autre exemple extrême d’inversion : février 1959. Moins dramatique que décembre 1930, mais plus extrême. Presque le mois entier a été déterminé par des inversions thermiques, si bien que les températures moyennes du mois ont été déficitaires de 1 à 2°C en Basse et Moyenne Belgique, mais excédentaires de 4 à 5°C (!) en Haute Belgique. Le 8 février, le maximum était de –2,2°C à Bierset et de 9,8°C à la Baraque Michel. L’insolation a été extraordinaire aussi en Haute Belgique et a pulvérisé tous les records (jusqu'à aujourd'hui d'ailleurs) : 182 heures à l’aérodrome de Spa, 186 heures à Botrange et 191 heures à Saint-Hubert, ce qui était digne d’un mois de juin. Du 2 au 8 février et du 12 au 20 février, on n’a vu aucun nuage au-dessus de nos reliefs belges. En plaine par contre, on a observé des périodes de 10 jours consécutifs, voire plus, où le brouillard ne s’est jamais levé. À Anvers, le soleil n’a pas brillé une seule minute entre le 6 et 15 février, soit 10 jours. Ce fut le cas aussi à Chièvres et à Kleine Brogel, mais juste un jour de moins (du 6 au 14 février). Il a aussi fait particulièrement froid pendant cette période, avec 7 jours d’hiver à Anvers, Chièvres et Beauvechain (mais parfois 12 à 13°C au même moment sur les hauteurs). À noter, dans ce cas-là aussi, que les situations d’inversion (anticyclonique) commencent à cesser à partir de la mi-février, avec un soleil qui monte de plus en plus haut au-dessus de l’horizon. Les 27 et 28 février, la Basse et Moyenne Belgique, avec 17 à 19°C, a même fini par largement dépasser la Haute Belgique. Une situation d’inversion « très froide » s’est produite en janvier 1985 : à la fin de la grande vague de froid, notre pays a été soumis, tout comme nos pays limitrophes, à un fort régime d’inversion entre des basses couches glaciales et un air « moins glacial » au-dessus. Le 16 janvier 1985, bien que le pic du froid fût passé, a encore été une journée très froide, avec des minima localement inférieurs à –20°C au Hainaut (!) et des maxima ne dépassant pas –7 à –11°C en plaine. À 1200 mètres d’altitude, la température est remontée jusqu’à –3°C au-dessus d’une inversion vers 1000 mètres. Le soleil perçait encore, mais avec une brume sèche crasseuse et persistante. Sur l’ouest du pays, il faisait plus humide avec stratus et brouillard. Les jours suivants, le brouillard (ou plutôt smog) et les stratus se sont généralisés par températures proches de –5°C tandis qu’il faisait plus de 0°C vers 1000 mètres d’altitude. Le 19 janvier, les stratus ont fini par se déchirer, laissant place à nouveau à une brume sèche tout aussi polluée. On est loin de la situation catastrophique de décembre 1930, mais on a tiré la sonnette d’alarme. Dans le bassin encore très industriel de la Ruhr, on a même pris des mesures drastiques : interdiction de rouler entre 6 et 10 heures et entre 15 et 20 heures, fermeture des écoles, alerte dans les hôpitaux et interdiction pour les entreprises d’utiliser des combustibles à haute teneur en soufre. On a appris la leçon mais, malgré tout, de nombreuses populations, y compris la nôtre, sont restées confrontées des jours et des jours à un air très malsain. Beaucoup plus récemment, les 12 et 13 novembre 2022, nous avons connu une situation d'inversion « chaude » cette fois-ci, avec du soleil sur une grande partie du pays et des températures de 14 à 17°C en plaine, mais 17°C les deux jours dans les Hautes-Fagnes et jusqu’à 21°C sur le versant nord des Hautes-Fagnes en raison d’un pseudo-foehn. Mais du brouillard a quand même partiellement affecté l’ouest du pays le 12, avec là 9°C et une atmosphère désespérément grise. Comme nous pouvons le voir, les « patates anticycloniques » hivernales nous offrent toute une palette de conditions météorologiques fort différentes, mais cependant avec un point commun : la pollution restant coincée dans les basses couches de l’atmosphère.
  12. cumulonimbus

    Les pluies de « Kirk »

    9 OCTOBRE 2024 – DES PLUIES DILUVIENNES SUR LE SUD ET L'EST DU PAYS L’ex-ouragan Kirk, qui n’est plus trop méchant au niveau des vents (tout au moins pas chez nous), comporte encore de très grosses quantités de pluie. L’ouragan, en circulant sur des eaux moins chaudes de l’Atlantique, s’est extra-tropicalisé le 7 octobre en journée et s’est transformé en dépression extra-tropicale. Le 8 octobre au matin, Kirk était encore loin sur l’Atlantique pendant qu’un système frontal assez destructuré était en train de se former autour de lui. Source : KNMI Par la suite, Kirk poursuit sa route vers l’est sur l’Atlantique en restant à une latitude assez basse (environ 43°N) pour arriver tout près de la Galicie (Espagne) le matin du 9 octobre. Source : KNMI Puis Kirk traverse le Golfe de Gascogne en direction est-nord-est pour se retrouver au centre de la France le soir du 9 octobre. Source : KNMI En France, une bande à très fortes précipitations, orientée ouest-sud-ouest – est-nord-est, part de Saint-Nazaire, passe par Le Mans, Chartes et Paris avant de se diriger droit vers la Gaume et le sud du massif ardennais. Elle accompagne un front quelque peu ondulant qui précède le noyau de la dépression Kirk. Quelques relevés de précipitations sur 24 heures en en France en ce 9 octobre : 73,5 mm à Noirmoutier-en-Île 69,5 mm à Nantes-Bouguenais 61,1 mm au Mans 80,3 mm à Trappes 70,8 mm à Paris-Montsouris 69,6 mm à Paris-Le Bourget 69,8 mm à Paris-Roissy 51,2 mm à Charleville-Mézières L’évolution en Belgique 8 octobre 2024 Kirk est encore bien loin, mais une petite dépression au sud-ouest de l’Irlande se dirige vers l’Angleterre et est accompagnée d’autres dépressions de moindre importance. Un système frontal, indirectement lié à la dépression principale, s’occlut rapidement dans sa partie nord, mais reste plus actif dans sa partie sud. Et la tendance est déjà dessinée, il pleut sur le sud de la Belgique, mais pas sur le nord. Toutefois les quantités sont encore très modestes, souvent inférieures à 5 mm, sauf à Buzenol où l’on relève 9 mm. C’est donc sur le nord du pays qu’il fait aussi le plus beau. Au littoral, on peut presque parler d’une journée parfaitement ensoleillée, avec des cirrus, quelques altocumulus matinaux et de modestes cumulus, pourtant visibles de loin dans un air très limpide. Webcam MB – Le Coq – 8 octobre 2024 à 18h39 Au centre du pays, on note quelques belles éclaircies, mais le ciel est partiellement voilé avec cirrus et cirrostratus, voire altostratus translucidus, pendant qu’on observe une quantité variable de cumulus et de stratocumulus. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 8 octobre 2024 à 16h00 Au sud-est du pays, on note un altostratus qui persiste une grande partie de la journée, avec en dessous des cumulus très étalés, à la limite de stratocumulus. Webcam MB – Beausaint – 8 octobre 2024 à 17h40 Il commence à pleuvoir la nuit, tandis que les précipitations s’intensifient en Gaume vers le petit matin, d’où les 9 mm au relevé de 8h (08/10/2024 à 8h à09/10/2024 à 8h). Les températures se situent entre 18 et 20°C en plaine et entre 13 et 15°C sur les hauteurs, ce qui est légèrement supérieur aux normes saisonnières. 9 octobre 2024 Alors que les précipitations gaumaises du matin sont associées à d’autres perturbations, le front associé à Kirk aborde cette partie de la Belgique en cours de journée. Le sud du pays connaît un ciel très nuageux à couvert tout long de la journée, avec des stratocumulus en dessous d’un altostratus encore translucidus au début, le tout se transformant en nimbostratus dès le milieu de la journée. L’Entre-Sambre-et-Meuse connaît un ciel à peu près similaire. C’est d’ailleurs là que les précipitations seront les plus importantes en soirée. Webcam MB – Beausaint – 9 octobre 2024 à 10h00 Dans l’extrême sud du pays, les précipitations sont présentes tout au long de la journée. Au centre du pays, on observe quelques maigres éclaircies matinales, mais le ciel se couvre aussi rapidement (altostratus doublé de cumulus/stratocumulus) et évolue en nimbostratus pluvieux dès l’après-midi. Le littoral bénéficie des meilleures éclaircies en matinée, puis le ciel devient très nuageux mais sans précipitations en journée. Sur l’est et le sud du pays (y compris la Botte du Hainaut) par contre, les quantités de précipitations sont très importantes. Voici les données pluviométriques sur 24 heures, de 8h (09/10/2024) à 8h (10/10/2024). Mont-Rigi (Liège) : 77,9 mm Oignies-en-Thiérache (Namur) : 76,6 mm Dailly-Couvin (Namur) : 74,6 mm Bièvre (Luxembourg) : 72,6 mm Sivry (Hainaut) : 66,2 mm Buzenol (Luxembourg) : 59,5 mm Dourbes (Namur) : 58,7 mm À noter que c‘est la ville de Couvin la plus touchée par les intempéries, avec là une partie du centre-ville inondée. Par ailleurs, des cotes de près de 50 mm en 24 heures sont observées jusqu’aux confins du Brabant Wallon (Ramillies : 49,0 mm). Le centre du pays est copieusement arrosé aussi avec, du côté de Bruxelles, 28,6 mm à Uccle et 30,0 mm à l’aéroport de Bruxelles-National. Le Limbourg est même plus arrosé avec 39,1 mm à Genk et 32,2 mm à Koersel. Vers l’ouest, cela diminue rapidement. Middelkerke ne recueille que 2,0 mm, tombés en deuxième partie de nuit. Le port de Zeebruges ne reçoit que 0,6 mm. De façon générale, toute la partie ouest du pays reste en dessous des 10 mm. Les températures se situent entre 15 et 16°C en plaine et ne sont que légèrement plus fraîches sur les hauteurs, avec des valeurs de 13 à 14°C. Le champ venteux, quant à lui, passe nettement au sud de nos régions. À l’intérieur des terres, des rafales de 115 km/h sont observées à Lyon. À Dijon, on observe encore 83 km/h et, à Nancy, 79 km/h. De façon générale, en France, c’est le sud-ouest et les régions méditerranéennes qui sont le plus exposés au vent, avec 122 km/h à Socoa et 119 km/h au Cap Béar. C’est pas mal, mais on a déjà vu bien pire. Notons enfin une surprenante diminution des précipitations sous le vent du massif fagnard. Prenons les données nocturnes, entre 20 h (09/10/2024) et 8h (10/10/2024). À Mont-Rigi, sur ce laps de temps, on observe 53,6 mm de précipitations. En continuant sur le parcours de la dépression vers l’Allemagne, on tombe à 24,7 mm à Niddegen-Schmidt, 13,0 mm à Nörvenich et… 1,5 mm à Cologne !! Encore plus loin, sur les collines à l’est du Rhin, les précipitations reprennent à nouveau. On retrouve même ce petit effet de foehn au niveau des températures. En milieu de nuit, celles-ci grimpent jusqu’à 17°C juste à l’est des Hautes-Fagnes et de l’Eiffel, ce qui est 2 à 3°C de plus que dans les régions environnantes, notamment plus à l’est où l’effet de foehn cesse. Conclusion Si la possibilité d’avoir des restants de cyclones tropicaux plus actifs que par le passé a déjà été envisagée depuis longtemps pour nos automnes, on pensait cependant plus au vent qu’à la pluie. On se souvient de l’ouragan « Ophélia » qui, en octobre 2017, avait gardé en partie son « cœur chaud » jusqu’aux latitudes du sud de l’Irlande, qui sont en d’autres termes nos latitudes à nous. Le sondage de Valentia (sud-ouest de l’Irlande) avait révélé des températures particulièrement élevées, pour une dépression tout au moins, au niveau 700 hPa avec 5°C à 2663 mètres d’altitude. Les vents de surface, à ce moment, étaient particulièrement forts, avec sur la petite île de Fastnet Rock, non loin des côtes irlandaises, des rafales jusqu’à 191 km/h. Et si « Ophélia » avait pris un parcours légèrement différent et nous avait frappé, nous, avait-on craint à l’époque. Alors quoi ? 150 km/h à l’aéroport d’Ostende ? 160 km/h voire plus au port de Zeebruges ? Mais on n’avait pas pensé à la pluie, à l’époque. Or les cyclones tropicaux, avec le réchauffement climatique, semblent de plus en plus augmenter au niveau des précipitations aussi. Ce qui fait que même après l’extra-tropicalisation, ces monstres peuvent contenir de plus en plus d’eau. C’est peut-être un élément de plus qu’il faudra prendre en compte dans l’étude de notre climat futur.
  13. DEUX TORNADES PARFAITEMENT INATTENDUES Le jeudi 26 septembre 2024, malgré un contexte météorologique fort perturbé, les deux tornades qui se sont produites en début de soirée, entre 17h45 et 18h15 ont malgré tout créé la surprise. Crédit photo : Geoffrey Maillard (Belgorage) La première tornade a parcouru près de 8 kilomètres dans l’extrême est du Brabant flamand. Elle est née tout près de Linter, est passée par Budingen et s’est dissipée en pleine campagne, un peu au sud de Raasbeek, déjà au Limbourg. Elle était parfois visible même de loin. La seconde a concerné Beauvechain en parcourant 8 kilomètres également et en se formant au nord-est de Grez-Doiceau pour passer au sud, puis à l’est de Beauvechain (quartier des Burettes) et terminer sa course quelque part entre Honsem et Meldert. On est là aux confins entre le Brabant wallon et le Brabant flamand. Cette tornade-là était en grande partie masquée par un rideau de pluie. Ce qui ne l’a pas empêchée de faire pas mal de dégâts avec un niveau F2 atteint au quartier des Burettes. Au total, 18 maisons ont été touchées et il a fallu reloger 6 familles. Contexte météorologique général Après un dernier réveil de l’été entre le 17 et le 21 septembre, avec du temps ensoleillé et très doux, voire assez chaud (jusqu’à 26,3°C le 21 à Koersel), le temps s’est dégradé avec nuages, pluies et températures automnales. En effet, l’anticyclone qui nous a valu le beau temps s’est éloigné vers le nord-est, laissant la place libre aux courants atlantiques. Ces courants ont rapidement pris une tendance fortement dépressionnaire, avec une augmentation rapide du vent et des précipitations. Les 25 et 26, notre pays passe sous l’influence de plus en plus directe de la dépression de tempête « Aitor » qui, le 25 à midi, se trouve sur l’Océan au sud-ouest de l’Irlande et qui reste dans les parages de l’Angleterre durant la journée du 26. Source : KNMI Déroulement de la journée du 26 septembre 2024 Après le passage d’un front froid en seconde partie de nuit, notre pays se retrouve dans l’air post-frontal dans le cadre d’une traîne particulièrement active. Cette activité est renforcée par une ondulation dans le front froid, qui se voit littéralement dédoublé par une autre perturbation frontale quasi-parallèle. Source : KNMI Dans cette configuration, un vent assez soutenu de sud-ouest achemine un air maritime à nouveau un peu plus doux pendant que l’air reste frais dans les moyennes couches de l’atmosphère, ce qui crée une forte instabilité notamment dans les étages inférieurs de l’atmosphère. Le temps est donc variable tout au long de la journée, avec des cumulonimbus porteurs d’averses, parfois fortes, et des éclaircies pouvant être belles, avec cumulus plus modestes et plus épars. En dehors de cela, on observe les habituels stratocumulus et cumulus fractus, surtout dans le parage des averses. Webcam MB – Le Coq – 26 septembre 2024 à 15h54 Webcam MB – Liers – 26 septembre 2024 à 15h58 Le sud du pays connaît un temps plus couvert, avec altostratus, stratocumulus et évolutions jusqu’au nimbostratus. Webcam BMCB – Mettet – 26 septembre 2024 à 13h46 L’activité orageuse est bien présente aussi sur le pays. Les premiers orages éclatent au large de la Côte Belge vers 13 heures (nuage particulièrement noir visible depuis Le Coq), puis d’autres orages venus de France abordent le Hainaut vers 16 heures. Ces orages se propagent ensuite à toute la partie occidentale et centrale du pays et persistent parfois jusqu’en soirée. Webcam MB – Le Coq – 26 septembre 2024 à 13h10 Les températures maximales sont assez élevées pour une fin septembre, notamment sur l’ouest du pays (20,9°C à Middelkerke ; 20,7°C à Passendaele et 20,6°C à Beitem). Ailleurs, on note généralement 19 à 20°C en plaine et 13 à 15°C sur les hauteurs. Les précipitations sont parfois conséquentes : Koersel relève 22,6 mm et Bièvre, 20,2 mm. L’est du Brabant flamand et du Brabant wallon à la loupe Le temps cette région n’est pas très différent de celui du reste de la Belgique (sud excepté). Les températures atteignent 19 à 20°C au moment le plus chaud (19,0°C à la Base de Beauvechain). La journée commence sous un ciel bleu, avec quelques fractus, mais bien vite, le ciel devient de plus en plus nuageux, d’abord avec des stratocumulus, puis avec des nuages convectifs menaçants, accompagnés de pas mal de fractus. L’après-midi, de belles éclaircies se développent avec en moyenne quelques 4/8 de cumulus souvent mediocris. Vers la deuxième moitié de l’après-midi, l’instabilité reprend avec des ciels parfois très menaçants, des averses certes faibles mais des coups de vents et… la formation de deux tornades ! Webcam Meteo Horizon – Lathuy – Déroulement de la journée du 26 septembre 2024 Penchons-nous à présent sur le vent. Tout au long de la journée, nous avons un vent soutenu de sud à sud-ouest, avec une tendance plus vers le sud-ouest que vers le sud. Peu avant 18 heures cependant, une anomalie se forme dans l’écoulement de l’air sur assez mince bande s’étendant du centre au nord du pays. Là, les vents se mettent soudain à souffler de sud, voire de sud-sud-est, comme s’il y avait l’amorce d’une méso-dépression. Ceci n’est peut-être pas étranger aux tornades. Source de la carte : Kachelmann Wetter Quant aux précipitations, la tornade flamande s’accompagne de bien peu de précipitations. Près de son parcours, les stations météo privées relèvent, sous l’averse, 0,8 mm à Oplinter (17h35-17h45) ; 0,8 mm à Linter (17h35-17h50) et 0,8 mm à Budingen (17h50-18h05). La tornade de Beauvechain connaît des précipitations plus irrégulières. Les stations privées notent 1,3 mm à Grez-Doiceau (17h55-18h00) ; 5,1 mm à Beauvechain (17h55-18h05) et 1,3 mm à Meldert (18h00-18h10). Il convient de noter que les 5,1 mm de Beauvechain, tombés en 10 minutes seulement, constituent une solide averse. Conclusion Revenons au vent et à la carte de 18h. Source de la carte : Kachelmann Wetter Et comparons à présent à ce que prévoyait le modèle WRF-MMM (run de 14h L.T.). Vents de surface prévus pour 17h – source : Météociel Vents de surface prévus pour 18h – source : Météociel Vents de surface prévus pour 19h – source : Météociel Nous voyons que, même si la forme, le timing et la localisation ne correspondent pas tout à fait, une discontinuité des vents de surface, avec formation d’une ligne de convergence, était bel et bien prévue par le modèle WRF MMM. Le modèle Arôme prévoyait une déviation des vents beaucoup plus ressemblante avec un timing plus correct mais… sur l’ouest du pays. Le modèle ICON-D2, qui dispose d’un run à 17h L.T., prévoyait bien quelque chose au bon endroit à la bonne heure, dans un ensemble assez proche de la réalité. Mais il y a des divergences dans les détails. Notamment aucune tendance sud-sud-est n’y apparaît dans les vents. Or, si l’on compare aux vents au niveau 700 hPa, les cisaillements directionnels sont plutôt modestes, sauf là où les vents tendent vers le sud-sud-est. Vents de surface prévus pour 18h – source : Météociel Nous pouvons en déduire que les cisaillements « tournants », propices à la formation de tornades, n’étaient présents que très localement. Les modèles avaient bien « envisagé » la chose, mais sans être assez précis pour prévoir un risque de tornades au bon endroit. Au niveau de l’instabilité des basses couches, la température au niveau 850 hPa tournait autour des 9°C pour des températures de l’ordre de 19°C à l’est des Brabant, vers les 100 mètres d’altitude. En tenant compte de la basse altitude du niveau 850 hPa (vers 1300 mètres), nous avons une décroissance de 10°C sur 1200 mètres, ce qui n’est pas si mal pour une fin septembre. Du côté ouest, cette décroissance atteignait même 11 voire 12°C, et c’est là aussi qu’il y a eu le plus d’orages. Au vu de ce qui précède, nous voyons que les conditions étaient localement propices à la formation de tornades. Nous avons donc une esquisse d'explication, mais pas l'Explication avec un grand E. Les tornades conserveront encore longtemps leur mystère et leur imprévisibilité. Le cas du 26 septembre 2024 nécessite encore bien des recherches et des investigations. D'autres éléments, alors, pourraient un peu mieux éclairer certaines choses, mais la question de savoir pourquoi la tornade s'est produite à l’endroit X à l’heure Y n'aura jamais de réponse irréfutable.
  14. 5 AU 7 SEPTEMBRE 2024 : DE LA BRUME, DE LA GRISAILLE, DES ÉCLAIRCIES, DES ORAGES, DU TEMPS CHAUD ET MOINS CHAUD… 5 septembre 2024 La formation d’un puissant anticyclone au nord-ouest de la Russie au cours des jours précédents a complètement bloqué la circulation d’ouest atlantique et a même fini par nous placer dans une circulation inversée, avec des perturbations frontales nous venant de l’est. En ce 5 septembre, un front chaud qui ondule très fort se déplace lentement d’ouest en est avant de basculer complètement, avec l’air chaud au nord et l’air plus frais au sud. Source : KNMI Du côté chaud du front, l’air est particulièrement chaud en altitude, avec 19°C au niveau 850 hPa (1480 m), mais l’air humide et (un peu) plus frais des jours précédents continue à stagner sur notre pays, avec une inversion très marquée vers les 600 m. Cette inversion se résorbe partiellement l’après-midi, le mieux à l’est du pays. Temps en matinée La journée 2024 commence le plus souvent dans la brume et sous les stratus, avec même parfois un peu de bruine. En matinée, sur une grande partie du pays, le ciel est très uniforme, du vrai stratus en quelque sorte. Les températures ne montent guère, restent stagner autour des 17 ou 18°C, avec une sensation de fraîcheur assez désagréable. Le vent, quant à lui, souffle de nord-est. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 5 septembre 2024 à 12h00 À partir de Gand et vers le nord-ouest, les nuages sont plus dessinés : des stratocumulus avec même quelques déchirures donnant des coins de ciel bleu. Au littoral, la journée commence même sous de belles éclaircies, avec stratocumulus bien plus épars, altocumulus et quelques fractus. Mais plus tard, le ciel se couvre de stratocumulus là aussi. Les températures sont plus élevées dans cette zone, autour de 20°C à midi. Webcam MB – Le Coq – 5 septembre 2024 à 11h40 En Haute Belgique, les stratus et/ou stratocumulus se déchirent dès la matinée ou vers midi, avec une hausse immédiate des températures et le franchissement de la barre des 20°C. Webcam MB – Beausaint – 5 septembre 2024 à 12h00 Temps en après-midi et en soirée Les stratus persistent sur une large portion du territoire, avec de maigres éclaircies n’apparaissant qu’en fin d’après-midi. Aussitôt des cumulus et des cumulonimbus se profilent, avec parfois une luminosité étrange dans une atmosphère préorageuse. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 5 septembre 2024 à 19h40 Sur le nord-ouest du pays, les stratocumulus se disloquent aussi, donnant des éclaircies dans une ambiance plus calme. Sur le centre-est du pays, les éclaircies apparaissent plus tôt mais les orages y sont plus francs, avec déjà 7 mm de précipitations du côté de Liège. Les températures maximales, sur l’ouest et le centre, s’égalisent l’après-midi à 22°C, mais elles sont plus élevées sur l’est et le nord-est des plaines. Dans cette dernière région, les éclaircies sont plus larges en après-midi. À Kleine Brogel, on atteint 26,8°C, à Retie 25,8°C, à Genk 25,5°C et à Koersel 25,3°C. À Bierset, on enregistre encore 25,0°C. En Haute Belgique, le temps devient beau et très doux, avec quelques cirrus. Mais rapidement, la convection se met en place, les cumulus se développent et finissent souvent en cumulonimbus orageux. Les températures maximales se situent souvent entre 23 et 25°C. Webcam BMCB – Val de Wanne (près de Stavelot) – 5 septembre 2024 à 18h13 Les premiers orages, formés au Grand-Duché du Luxembourg durant l'’après-midi, abordent la frontière belgo-luxembourgeoise vers 17 heures et se propagent, sur une large bande orientée sud-est – nord-ouest jusqu’à atteindre Namur en début de soirée. D’autres orages se forment ensuite, si bien qu’une bonne partie de la Haute Belgique en est concernée. Plus tard en soirée, des orages éclatent sur tout un axe allant des Cantons de l’Est à Terneuzen (NL) en passant au nord de Bruxelles. Les précipitations sont parfois fort abondantes. À Strée, il tombe 32,2 mm en 1 heure. Orage entre Hannut et Huy – Crédit photo : Hubert Maldague (Belgorage) Plus tard en soirée et la nuit, une autre ligne orageuse passe sur le nord de l’Alsace et sur le Grand-Duché de Luxembourg avant de suivre la frontière belgo-française depuis la Gaume jusqu’au Hainaut avant de se diriger vers le Nord-Pas-de-Calais en se désagrégeant. À Dourbes, il tombe 28,0 mm en deuxième partie de nuit. À Sivry-Haye, on enregistre 29,6 mm dont 20,2 mm en 1 heure seulement. D’autres foyers orageux, certes moins intenses, sont également observés durant la nuit. Voici encore quelques totaux pluviométriques sur 24h (8h -> 8h) : 40,0 mm à Senzeilles (BMCB) 37,3 mm à Sivry (IRM) 36,8 mm à Vodelée (BMCB) 35,0 mm à Félenne (BMCB) 34,2 mm à Strée (IRM) 33,4 mm à Strée (BMCB) 28,4 mm à Amay (MB) 28,0 mm à Dourbes (IRM) 27,8 mm à Radelange (MB) 24,2 mm à Agimont (BMCB) 24,0 mm à Saint-Hubert (IRM) 23,4 mm à Sint-Katelijne-Waver (IRM) Quelques inondations et coulées de boue en sont la conséquence, notamment dans le nord de la Province de Luxembourg et l’ouest de la Province de Liège. Le curieux déplacement des orages, du sud-est vers le nord-ouest, voire de l’est-sud-est vers l’ouest-nord-ouest, est à noter aussi. Ils suivent le positionnement, à ce moment-là, de la ligne de convergence préfrontale, juste au nord du front quasi-stationnaire orienté dans le même sens. Enfin le vent, qui a tourné à l’est et même au sud-est, finit par souffler de direction variable sous l’influence des différents outflows orageux. 6 septembre 2024 Le front, sous forme de front froid, remonte vers les Pays-Bas, toujours avec de l’air chaud au nord (!) et de l’air plus frais au sud. Source : KNMI L’air frais concerne essentiellement les basses couches, avec des températures qui ne dépassent plus guère 17 à 19°C en plaine et 16 à 17°C sur les hauteurs. La frange nord, nord-est et est du pays est plus douce, avec 20 à 21°C en plaine et encore 19°C sur les hauteurs. En raison de l’inversion, le temps reste brumeux et gris sur tout le pays, avec des stratus évoluant en stratocumulus et de petites pluies et bruines, distillant souvent 1 à 2 mm de précipitations. Localement, des précipitations plus importantes sont observées sur l’ouest du pays, avec de l’activité orageuse notamment en fin de matinée (cumulonimbus enclavés). Semmerzake reçoit 6,0 mm d’eau, Beitem 7,9 mm et Roubaix (FR) 14,7 mm. La direction du vent est à prédominance sud-ouest, plus tard sud. Ci-dessous, stratocumulus devenant quelque peu turbulents en fin d’après-midi dans le ciel de Mettet. Source : BMCB 7 septembre 2024 À l’arrière du front froid, un nouveau front chaud aborde le pays. L’Europe occidentale se trouve ainsi prise entre deux masses d’air chaud, l’une venant (classiquement) du sud, l’autre se trouvant au nord. Entre les deux, une bande d’air frais qui s’apprête à quitter le pays par le nord. Sur la carte ci-dessous, cet air frais forme une assez mince bande orientée ouest – est, entre le front froid au nord et le front chaud au-dessus. Source : KNMI Le vent souffle désormais d’est à sud-est, ce qui est plus classique pour une journée (assez) chaude. Après quelques brumes matinales, le ciel est partagé entre éclaircies (avec cirrus et quelques altocumulus, ici et là quelques cumulus) et passages nuageux (bancs d’altocumulus épais et étendus, parfois doublés de stratocumulus). Webcam Visitor Center De Wissen – Maasmechelen – 7 septembre 2024 à 16h33 Webcam Visitor Center De Wissen – Maasmechelen – 7 septembre 2024 à 17h53 Les températures sont assez élevées pour la saison, de 24 à 29°C en plaine (le moins à l’ouest, le plus à l’est) et de 23 à 25°C sur les hauteurs. Quelques valeurs : Koersel : 28,9°C ; Kleine Brogel : 28,2°C ; Genk : 28,0°C. En Haute Belgique, Bièvre monte jusqu’à 25,2°C et Elsenborn, jusqu’à 24,5°C. En fin de journée, le ciel prend parfois un caractère préorageux. Webcam MB – Poperinge – 7 septembre 2024 à 20h09 Le soir et la nuit, un front froid traverse le pays, bientôt suivi d’un autre front froid. Des orages parfois très pluvieux se développent sur ces fronts. Source : KNMI Les premiers orages abordent la Botte du Hainaut vers 20 heures, puis affectent rapidement le pays sur une vaste zone allant de l’est du Hainaut jusqu’à la Province du Luxembourg. Ces orages remontent par la suite et impactent tout le centre-est du pays. Même plusieurs quartiers de Bruxelles reçoivent d’importantes précipitations. En même temps, un autre amas orageux s’est formé sur le nord-ouest du pays et affecte principalement la Flandre Orientale. Quelques chiffres de précipitations Woluwe-Saint-Pierre (Bruxelles) : 34,4 mm dont 20,4 mm en une demi-heure seulement, entre 23h30 et 00h00. Deux stations privées voisines, l’une à Woluwe-Saint-Pierre également, l’autre à Woluwe-Saint-Lambert, enregistrent des totaux encore plus élevés, avec respectivement 36,4 mm et 35,8 mm. Ces deux stations enregistrent aussi près de 20 mm peu avant minuit (en fait lors de la deuxième averse, la première se « contentant » de déverser une bonne dizaine de millimètres). Il est à noter que vers l’ouest, les précipitations diminuent rapidement. À Ixelles, on ne relève plus que 17,3 mm pendant que la station officielle d’Uccle ne récolte plus que 12,5 mm. Ailleurs dans le pays, les chiffres sont les suivants (totaux 8h -> 8h) : Oignies-en-Thiérarche (Namur) : 35,8 mm Tarcienne-Walcourt (Namur) : 34,4 mm Dourbes (Namur) : 32,1 mm Senzailles (Namur) : 30,4 mm Vodelée (Namur) : 27,8 mm Corenne (Namur) : 25,6 mm Cerfontaine (Namur) : 24,6 mm Villers-la-Ville (Brabant Wallon) : 24,6 mm Gosselies (Hainaut) : 24,0 mm Gembloux (Namur) : 23,8 mm Grez-Doiceau (Brabant Wallon) : 23,0 mm Hoeilaart (Brabant Flamand) : 21,0 mm Des stations privées en Flandre Orientale ont également observés de fortes pluies, comme par exemple à Maldegem avec 22,4 mm Conclusion Sans doute les tout derniers jours qui s’inscrivent dans la lignée de l’été 2024, avec brèves remontées d’air chaud et orages. Selon les prévisions, les conditions atmosphériques vont à présent changer, avec de l’air beaucoup plus frais et aussi plus sec. Pour le plus long terme, « wait and see ».
  15. 3e MOIS DE SEPTEMBRE CONSÉCUTIF AVEC PLUS DE 30°C Ce septembre 2024 est le 3e mois de septembre consécutif où les températures dépassent les 30°C sur une large portion du territoire belge. Plus encore, 4 mois de septembre sur les 5 écoulés ont connu des températures supérieures à 30°C. En 2020, la température a atteint 34 à 35°C le 15 septembre sur presque la totalité de la Basse et Moyenne Belgique, ainsi que dans la vallée de la Meuse. Au centre du pays, on a mesuré jusqu’à 35,6°C à Dilbeek pendant que Zaventem affichait 34,7°C et Uccle, 34,3°C. Inutile de dire que tous les records de septembre ont été pulvérisés en 2020. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 15 septembre 2020 à 16h50 En 2022, la température a dépassé les 30°C le 5 septembre sur une large bande centrale du pays, du Hainaut au Limbourg en passant par les Brabant et Bruxelles, ainsi que l’ouest et le sud de la Province de Namur et une grande partie de la Province d’Anvers. La température est montée jusqu’à 32,3°C à Kapelle-op-den-Bos et 31,6°C à Koersel. Uccle a enregistré 30,9°C. Webcam MB – Bruxelles (Schaerbeek) – 5 septembre 2022 à 16h00 En 2023, c’est une véritable vague de chaleur qui a touché une partie du pays durant la 1re décade de septembre. Cette vague de chaleur a duré, par exemple, 10 jours (!) à Sivry, Hastière et Koersel, 9 jours à Passendaele et 8 jours à Uccle, Zaventem, Retie, Sint-Katelijne-Waver, Chièvres, Ernage, Gosselies, Bierset et Kleine Brogel. Les 30°C ont été dépassés au moins 1 fois sur presque tout le pays, à l’exception des plus hauts plateaux. Mais même à Bièvre, les 30°C ont été dépassés 2 fois, dont 1 fois durant la 2e décade de septembre, en l’occurrence le 11 septembre. La température la plus chaude a été relevée à Zulzeke avec 33,8°C le 9 septembre. À Uccle, c’est le 10 septembre qu’on a relevé la plus haute valeur avec 31,9°C. Bruxelles (Forest) – le 9 septembre 2023 à 18h43 (crédit photo : Robert Vilmos) En 2024, le 1er septembre, les températures ont à nouveau dépassé les 30°C partout en Basse et Moyenne Belgique, ainsi que dans la vallée de la Meuse, avec le plus souvent des valeurs de 31 à 32°C. Genk est montée jusqu’à 32,6°C, Chièvres et Bierset jusqu’à 32,4°C. À Uccle on a enregistré 31,3°C. Webcam MB – Cerfontaine – 1 septembre 2024 à 16h00 Avant 2013, les températures supérieures ou égales à 30°C étaient assez rares en septembre en Belgique. Entre 1953 et 2013, sur les stations à longue série, on ne relève 30°C que de temps en temps, comme les 11 et 12 septembre 1959 (Eeklo, Chièvre, Deurne, Beauvechain et Kleine Brogel), le 19 septembre 1961 (Bierset et Kleine Brogel), le 3 septembre 1962 (Virton), le 14 septembre 1964 (Beitem et Kleine Brogel), du 4 et 6 septembre 1973 (Eeklo, Beitem, Chièvres, Beauvechain, Bierset, Dourbes et Virton), le 5 septembre 1982 (Virton), le 3 septembre 1991 (Deurne et Kleine Brogel), du 11 au 13 septembre 1999 (Deurne, Bierset, Kleine Brogel et Virton), les 19 et 20 septembre 2003 (Chièvres, Beauvechain, Bierset et Kleine Brogel), le 5 septembre 2005 (Kleine Brogel), le 12 septembre 2006 (Kleine Brogel) et le 9 septembre 2012 (Kleine Brogel). En d’autres termes, seuls 1959 et 1973 ont produit des températures supérieures à 30°C à grande échelle en septembre et, dans une moindre mesure, 1999 et 2003. Disons 4 fois. 4 fois en 60 ans alors que maintenant, c’est 4 fois en 5 ans !!! Voyons l’évolution du 30 août au 2 septembre 30 août 2024 Notre pays se trouve sur la bordure nord d’une crête en altitude qui est en train de se développer. En surface, nous avons le conflit entre un anticyclone maritime avec de l'air frais, se déplaçant de l’Irlande vers l’Écosse, et un anticyclone continental avec de l'air chaud, qui campe sur la Suisse. Entre les deux se trouve un front froid qui s’est immobilisé sur le sud de la Belgique, puis qui revient sous forme de front chaud. Source : KNMI C’est le littoral qui bénéficie le mieux de l’anticyclone maritime, avec de belles éclaircies accompagnées de cirrus et, le matin, de quelques altocumulus ainsi que de quelques fractus maritimes. En fin de journée, le ciel devient plus voilé. À l’intérieur des terres, le ciel est souvent très nuageux avec quelques précipitations. On observe des altocumulus et stratocumulus surmontés d’un voile d’altitude (cirrus, cirrostratus, altostratus). Vers le nord, des cumulus se forment en dessous, et on note aussi quelques éclaircies. Webcam de Turnhout – 30 août 2024 à 14h04 Sous un vent de nord à nord-est, qui s’oriente plus franchement au nord-est par la suite, nous sommes encore du côté frais, avec des températures maximales de 20 à 23°C en plaine (le plus à l’ouest et au nord) et de 18 à 19°C sur les hauteurs. En Gaume, il fait plus doux avec 23 à 24°C. En soirée, on note des précipitations localement plus soutenues. À l’aéroport de Charleroi, un amas d’averses (cumulonimbus enclavés) déverse 16 mm dans le pluviomètre. Ces averses remontent ensuite vers le nord-est (déplacement opposé par rapport au vent au sol). Gembloux reçoit encore 10,6 mm de précipitations. D’autres régions sont aussi touchées, mais toujours à un échelon local. 31 août 2024 La crête d’altitude s’est bien développée vers la Mer du Nord. Nous restons cependant toujours un peu en bordure, si bien que le temps n’est pas parfaitement stable dans nos régions. En surface, la situation n’a guère évolué : nous avons toujours un anticyclone au nord, qui s’est déplacé de l’Écosse vers la Mer du Nord, tandis que les autres hautes pressions restent au voisinage de la Suisse. Le front chaud est remonté jusqu’au nord de notre pays, mais il s’agit d’un front quelque peu masqué. Des vents d’est à nord-est maintiennent encore les températures à un niveau assez modeste dans les basses couches. Source : KNMI L’ouest et le nord du pays, surtout, connaissent des températures maximales le plus souvent proches de 24°C. Sur les hauteurs, il fait plus chaud qu’en plaine avec 25 à 26°C. En Gaume, ainsi que sur les versants sud du massif ardennais, les températures atteignent déjà 27 à 28°C. Malgré un air humide, le temps est beau, avec quelques cirrus et quelques stratocumulus matinaux, parfois aussi des fractus. En journée, des cumulus se développent parfois, mais butent aussitôt contre une inversion assez basse. En Haute Belgique en matinée, on observe du brouillard qui déborde parfois des cuvettes. En journée, le temps est beau et chaud, avec ici et là des altocumulus castellanus. En Gaume, le ciel est serein à peu nuageux tout au long de la journée. Le littoral est par contre affecté par une petite ligne orageuse qui, déjà présente sur l’ouest de la France le matin, a fini par atteindre la frontière belgo-française (La Panne – Poperinge – Comines) en début d’après-midi pour ensuite se propager jusqu’à Blankenberge environ sans jamais atteindre Knokke. Le temps, au littoral, ressemble assez bien à celui à l’intérieur des terres jusqu’à l’arrivée, assez abrupte, des cumulonimbus. Aucune précipitation importante ne semble cependant être tombée dans la région. Middelkerke relève 2,7 mm. Webcam De Haan – 31 août 2024 à 17h30 1er septembre 2024 Une goutte froide au sein de la crête d’altitude désintègre celle-ci complètement, pendant qu’un creux à l’ouest prend peu à peu de l’importance pour nous. Source : Météociel En surface, l’anticyclone du nord perd aussi son emprise sur nos régions, si bien que même dans les basses couches, l’apport d’air frais s’arrête. Les vents s’orientent graduellement au sud-est et l’air chaud gagne tout le pays. En soirée, une ligne de convergence aborde notre pays. Source : KNMI Il fait vraiment très chaud pour un 1er septembre. Les températures atteignent 31 à 32°C partout en plaine, avec des pointes locales jusqu’à 33°C. Genk monte jusqu’à 32,6°C, suivi par Chièvres et Bierset avec 32,4°C, et Koersel avec 32,1°C. Uccle atteint 31,3°C. En Haute Belgique, Bièvre frise les 30°C avec 29,6°C, suivi par Elsenborn avec 28,8°C, Mont-Rigi avec 27,8°C et Saint-Hubert avec 27,4°C. À l’échelle mensuelle ou décadaire, ce ne sont pas des records, mais la répétition de ces fortes chaleurs en septembre, d’année en année, est remarquable. 2013, 2016, 2020, 2022, 2023 et 2024 connaissent à chaque fois des températures dépassant (largement) les 30°C sur de vastes portions du territoire belge. Le temps, en plus, est beau avec essentiellement des cirrus, quelques altocumulus et parfois la formation de quelques cumulus. Ici et là, quelques castellanus sont également observés. C’est en Gaume que le ciel est le moins nuageux, presque serein en d’autres termes. Webcam MB – Cerfontaine – 1 septembre à 20h00 Malgré ce temps lumineux, l’air est fort humide. Les points de rosée, l’après-midi, sont souvent supérieurs à 20°C, plus particulièrement dans la partie nord du pays. À Uccle, le point de rosée s’élève à 22,2°C à 17 heures. Il n’est donc pas étonnant que des orages éclatent la nuit suivante. Mais ils sont très localisés. Des foyers se développent vers minuit dans le sud de la Province de Liège et se propagent lentement vers le nord. À Hodbomont (Theux), on relève 10,2 mm, dont 9,0 mm en à peine 10 minutes. On note dans cette région une convergence entre des vents de sud-est qui soufflent encore sur l’est et le nord du pays et un régime de vents de sud-ouest qui s’est installé partout ailleurs dans le pays. 2 septembre 2024 Les vents de sud-ouest soufflant au sud de la ligne de convergence se sont désormais propagés à tout le pays, mais de façon hésitante, avec des vents tendant parfois à revenir vers le sud ou à souffler de directions variables. Nous restons dans de l’air assez chaud et humide. En plaine, les températures maximales atteignent encore 26 à 28°C, et même 29°C en Campine. Sur les hauteurs, on observe de 23 à 25°C. Le temps est plus nuageux avec des altocumulus et, l’après-midi, des cumulus. Mais on observe encore de belles éclaircies avec des cirrus. Le matin, on observe parfois des castellanus assez développés, qui parviennent même à produire un petit coup de tonnerre du côté de Liège. Des asperitas ont également été vus à Bonnerue (Houffalize). Bonnerue (Houffalize) – 2 septembre 2024 le matin – Crédit photo : Sébastien Calbert En début d’après-midi, des orages formés sur le Grand-Duché du Luxembourg entrent en Province de Liège et s’y déplacent assez lentement, si bien que de très importantes quantités de pluie sont relevées par endroit. À Hodbomont (Theux), où un orage nocturne a déjà laissé 10,2 mm de précipitations, les orages de l’après-midi sont encore bien plus pluvieux, avec non moins de 33,4 mm d’eau tombée entre 15h20 et 17h30 (dont 21,8 mm en moins d’une heure, entre 15h20 et 16h10). La station privée de Jevoumont, juste à côté, enregistre 29,7 mm en une demi-heure seulement (entre 15h20 et 15h50) pour un total de 38,1 mm (de 15h20 à 16h35). En Hesbaye liégeoise, ces averses orageuses mènent à des inondations locales ainsi que quelques coulées de boue. Ci-dessous, ciel orageux à Verviers. Webcam BMCB – Verviers – 2 septembre 2024 à 15h15 Quelques autres totaux pluviométriques de l’épisode orageux : Solwaster-Jalhay : 45,8 mm Mont-Gauthier : 27,6 mm Mont-Rigi : 19,5 mm Emael-Bassenge : 19,2 mm Angleur : 14,6 mm En dehors de la trajectoire de ces orages, les précipitations retombent rapidement à 0 mm. Les cumulonimbus sont cependant parfois visibles de loin. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 2 septembre 2024 à 16h30 En début de soirée, les derniers orages quittent le pays par le nord et les températures baissent peu à peu. L’épisode chaud est désormais terminé. Conclusion Le tout début de l’automne 2024 s’inscrit parfaitement dans la lignée de l’été : une brève remontée d’air très chaud dans un contexte humide. Tout comme le 12 août, l’humidité a sans doute empêché les records de chaleur purs et durs, mais a donné un ressenti tout aussi pénible aux personnes fragiles.
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