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cumulonimbus

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  1. SANS TRANSITION : D’UNE CIRCULATION ATLANTIQUE À UNE CIRCULATION SAHARIENNE L’arrivée de l’air chaud, en ce 6 avril 2024, a été très brusque, mais parfaitement prévue depuis plusieurs jours. Le timing y est, et aussi la précision des températures, au degré près. Chapeau pour les prévisionnistes. Pour le simple observateur du ciel par contre, rien n’annonçait ce revirement du temps. Le 4 avril, nous étions encore en plein dans l’air maritime, avec humidité, pluies et températures proches des normes saisonnières. Revenons sur la météo qui a dominé les 4, 5 et 6 avril 2024. 4 avril 2024 Depuis la veille déjà, les dépressions se succèdent sur l’Océan, et abordent l’Europe en remontant vers le nord-est, en passant par l’Angleterre et en se dirigeant vers le sud de la Norvège via la Mer du Nord. En ce 4 avril, une petite dépression est justement en train de traverser la Mer du Nord avec un système frontal qui s’éloigne vers le Danemark et la Pologne, tandis qu’un autre système frontal, à secteur chaud assez ouvert et associé à une autre dépression, traverse notre pays en fin de nuit et le matin. Ensuite nous nous retrouvons dans de l’air post-frontal, mais jamais très loin des fronts. Source : KMNI Le matin commence sous un ciel sombre et une pluie qui tombe dru. Le nimbostratus fait ensuite place à des stratocumulus en rouleaux, assez tourmentés avant de se transformer en cumulus et en cumulonimbus. Stratocumulus dans le ciel de Braine-l’Alleud à 10 heures Les averses sont parfois fortes et s’accompagnent de l’un ou l’autre coup de tonnerre. Les précipitations, par endroit, dépassent 10 mm pour même atteindre 32,8 mm à Gosselies et 23,3 mm à Stree (Huy). Le vent est de la partie aussi, avec des rafales jusqu’à 80 km/h sur l’ouest du pays l’après-midi. Les températures sont douces le matin dans le secteur chaud, avec 12°C en plaine et 8 à 9°C sur les hauteurs, mais n’appellent pas de commentaires particuliers en journée, avec des maxima se situant le plus souvent entre 15 et 16°C en plaine et entre 10 et 11°C sur les hauteurs. En soirée, d’épais cirrus annoncent déjà la perturbation suivante, associé à la dépression « Olivia », loin au large de l’Irlande et qui prendra un autre chemin que les dépressions précédentes. 5 avril 2024 La dépression « Olivia » remonte vers le nord-est en restant au large des Îles Britanniques. Elle est suivie par une autre dépression, du nom de « Kathleen », par laquelle elle se fait rattraper et absorber pour finir. Source : KMNI En matinée, notre pays se retrouve à nouveau dans un secteur chaud tandis que l’après-midi, l’air post-frontal ne concerne que les basses couches, tellement que le front reste proche. Il en résulte un ciel voilé de cirrostratus à tendance altostratus avec bancs d’altocumulus, suivi de stratocumulus évoluant en cumulus ballonnant quelque peu, mais rapidement arrêtés par l’air plus chaud persistant en altitude. Le voile de cirrostratus accompagnés d’altocumulus ne s’effiloche que très temporairement vers la mi-journée. Il en tombe encore quelques précipitations, mais généralement inférieures à 1 mm. Cumulus atteignant temporairement le stade mediocris sous un voile de cirrus / cirrostratus dans le ciel de Braine-l’Alleud à 16 heures Au littoral, les éclaircies – quoique temporaires aussi – sont plus franches avec un ciel bien bleu une partie de l’après-midi. L’air, bien qu’encore maritime, est déjà nettement plus doux avec des maxima de 18 à 19°C en plaine et de 13 à 14°C sur les hauteurs. Le vent, quant à lui, est toujours bien présent, avec des rafales souvent supérieures à 50 km/h, et parfois supérieures à 60 km/h. 6 avril 2024 La dépression « Kathleen », fort profonde, se trouve avec un noyau un peu inférieur à 960 hPa à l’ouest de l’Irlande le matin. Elle remonte vers le nord et se trouve le soir, avec une pression inférieure à 955 hPa, au nord-ouest de l’Irlande. Cette dépression, associée à des hautes pressions sur l’Italie et les Balkans, nous envoie une bouffée d’air tropical direct d’origine saharienne, avec des vents parfois soutenus et des rafales dépassant les 50 et parfois les 60 km/h, voire même les 70 km/h sur l’ouest du pays. En raison de poussières sahariennes présentes surtout entre 5500 et 6500 mètres d’altitude, le ciel n’est cependant pas vraiment clair. Source : KNMI Ce voile à la fois poussiéreux et nuageux empêche les températures de pulvériser les records pour une première décade d’avril (ce qui a d’ailleurs été bien intégré dans les prévisions aussi). Mais avec des valeurs de 23 à 25°C en plaine (21°C au littoral) et de 20 à 21°C sur les hauteurs, on est cependant très près de ces records. À Uccle, avec 24,1°C, on reste juste en deçà du record de 24,3°C du 4 avril 1985, record qui avait égalé le record précédent de 1946. Ici et là, des records sont quand même (légèrement) battus, comme par exemple à Florennes avec 23,8°C (précédent record : 23,0°C le 2 avril 2011) ou égalés comme par exemple à Beauvechain avec 24,2°C (24,2°C aussi le 8 avril 2020). Il faut savoir que l’écart entre les records de la première décade d’avril se tient dans un mouchoir de poche. Des températures très similaires ont été observées les 3 et 4 avril 1946, le 9 avril 1969, le 4 avril 1985, le 10 avril 2009, les 2 et 6 avril 2011, le 9 avril 2017, le 8 avril 2018 et le 8 avril 2020. Ci-dessous, la liste des températures du 6 avril 2024 (entre parenthèses, les records et la longueur de la série climatologique) Dunkerque (FR) : 21,2°C (record : 22,4°C les 06/04/1961 et 02/04/2011, série [utilisée] depuis 1953) Middelkerke : 21,1°C (record : 22,0°C le 09/04/2017, série disponible depuis 1973) Munte / Semmerzake : 22,8°C (record : 23,2°C le 06/04/2011 – série disponible depuis 1973) Lille (FR) : 22,7°C (record : 24,9°C le 08/04/2020, série [utilisée] depuis 1953) Gosselies : 23,3°C (record : 24,9°C le 08/04/2020, série disponible depuis 1984) Uccle : 24,1°C (record : 24,3°C le 04/04/1985, série disponible depuis 1968) Zaventem : 23,8°C (record : 23,9°C le 08/04/2020, série disponible depuis 1984) Beauvechain : 24,2°C (record : 24,2°C le 08/04/2020, série disponible depuis 1953) Sint-Katelijne-Waver : 24,9°C (précédent record : 24,3°C le 08/04/2020, série disponible depuis 1983) Deurne : 24,3°C (record : 25,0°C le 08/04/2020, série disponible depuis 1953) Stabroek : 23,7°C (record : 24,7°C le 08/04/2020, série disponible depuis 1976) Koersel : 25,4°C (record : 26,2°C le 08/04/2020, série disponible depuis 1983) Kleine Brogel : 25,4°C (record : 26,6°C le 10/04/2009, série disponible depuis 1953) Maastricht (NL) : 24,4°C (record : 24,6°C les 10/04/2009 et 08/04/2020, série [utilisée] depuis 1953) Bierset : 24,4°C (précédent record : 24,0°C le 09/04/1969, série disponible depuis 1953) Spa : 22,0°C (record : 22,0°C le 08/04/2020, série disponible depuis 1982) Mont-Rigi : 20,3°C (record : 21,2°C le 10/04/2009, série disponible depuis 1953) Elsenborn : 21,0°C (record : 22,5°C le 10/04/2009, série disponible depuis 1987) Florennes : 23,8°C (précédent record : 23,0°C le 02/04/2011, série disponible depuis 1976) Hastière : 25,8°C (25,3°C le 08/08/2018, série incomplète débutant en 1977) Saint-Hubert : 20,5°C (record : 20,7°C le 06/04/1961, série disponible depuis 1953) Luxembourg-Findel (LU) : 24,1°C (précédent record : 23,4°C les 06/04/1961, série [utilisée] depuis 1953) Dans nos pays voisins, c'est parfois une tout autre histoire, avec des records littéralement pulvérisés. La température est montée jusqu’à 29,0°C à Colmar et à Strasbourg (FR) , et 27,3°C à Stuttgart (DE). On note aussi 28,8°C à Innsbruck (AT), tout comme à Bâle (CH). Le temps est resté fort voilé sur la Belgique avec d’épais cirrus spissatus évoluant parfois en cirrostratus ou en altostratus translucidus. Ces nuages se sont mêlés à une petite grisaille générale liée à la couche de sable du Sahara, dont les grains ont joué à leur tour le rôle de noyaux de condensation, favorisant en retour la persistance de ces cirrus / cirrostratus / altostratus. Quelques éclaircies plus marquées étaient présentes le matin, et parfois toute la matinée comme au-dessus de l’Ardenne. Ciel voilé et poussiéreux au-dessus d’Uccle vers 18h30 À noter que sur l’est de la France, même si des cirrus et une petite tendance poussiéreuse étaient présentes aussi, le meilleur ensoleillement a permis aux températures d’être aussi exceptionnelles. 7 avril 2024 Lent retour vers une situation (un peu) plus normale. Mais d’abord, les records qu’on n’a souvent pas eus pour la journée du 6 avril, on les a pour la nuit du 6 au 7 avril. Par endroit, la température nocturne n’est même pas descendue en dessous de 15°C, comme par exemple à Kleine Brogel, Koersel, Sint-Katelijne-Waver et La Hestre. C’est tout à fait exceptionnel pour un début d’avril. Pour certaines stations, nous disposons d’observations synoptiques (reprenant le minimum de la nuit entre 20h la veille et 8h) depuis 1982. À Kleine Brogel, la température n’est pas descendue en dessous de 15,7°C, ce qui pulvérise le précédent record d’une 1re décade d’avril, qui était de 13,5°C le 5 avril 1985. D’autres stations ont également établi un record : Uccle : 14,3°C (précédent record : 13,3°C les 2 avril 2004 et 7 avril 2014) Zaventem : 14,0°C (précédent record : 12,6°C le 2 avril 2004) Bierset : 14,0°C (précédent record : 13,1°C le 2 avril 2004) Spa (aérodrome) : 12,8°C (précédent record : 12,5°C le 7 avril 2011) Florennes, avec 13,3°C, est reste un peu en deçà du record de 13,7°C, établi le 7 avril 2011. Le passage d’un front froid a nettoyé l’air du sable saharien sur l’ouest du pays pendant que le sable s’est plutôt maintenu sur l’est, où le front s’était arrêté avant de revenir sous forme de front chaud. C’est donc au littoral que le ciel resté le plus bleu, avec de rares cirrus et quelques cumulus humilis. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que le ciel s’est voilé de cirrostratus et altostratus, avec des bancs de stratocumulus. Au centre du pays, le ciel était bien nettoyé en matinée aussi, avec quelques cirrus et des cumulus humilis, mais le ciel s’est progressivement couvert de cirrostratus et d’altostratus l’après-midi, avec altocumulus et stratocumulus. Sur le centre-sud et le centre-est, les éclaircies de la matinée étaient déjà bien moins développées. Sur la partie sud-est et sud du pays, le ciel est resté sablonneux et voilé toute la journée, avec essentiellement des cirrostratus doublés d’altocumulus et de stratocumulus, tandis que quelques cumulus ont pu se former dans la mince couche d’air post-frontal arrivée jusque là. Webcam MB – Beausaint – 7 avril 2024 à 16h Au nord-est et à l’est du pays, il y a surtout eu des cirrus épais et cirrostratus, avec bancs d’altocumulus et stratocumulus (parfois avec castellanus et même des formations lenticulaires), mais sans cumulus. C’est dans cette dernière région qu’il a fait le plus chaud. L’air post-frontal n’a pas vraiment réussi à y pénétrer et les températures ont atteint 22,0°C à Koersel et 21,6°C à Kleine Brogel, ce qui reste beaucoup pour un début avril. Dans l’extrême est de l’Ardenne, il a fait presque aussi chaud que la veille, avec 21,8°C à Gouvy (22,1°C le 6 avril). Das le restant du pays, l’air maritime post-frontal un peu plus frais a quelque peu fait baisser les températures, avec souvent des valeurs de 19 à 20°C. La nuit suivante et le lendemain, la tendance maritime, plus humide et plus fraîche, s’affirme un peu plus, mais les températures sont encore bien au-dessus des normes saisonnières. 8 avril 2024 La très relative tendance maritime plus fraîche et plus humide est de bien courte durée. Le front froid, qui en fin de compte n’a jamais réussi à traverser le pays tout à fait et qui est donc resté traîner du côté de la Gaume, remonte en journée sous forme de front chaud et replace le pays entier dans des conditions presque estivales. Presque partout, les maxima se situent entre 20 et 22°C, maxima souvent atteints en début de soirée. À ce moment, le front chaud est bien remonté vers le nord et notre pays se trouve en plein dans un large secteur chaud d’une nouvelle perturbation frontale associée à la dépression « Pierrick ». Des convergences pré-frontales se sont formées dans ce secteur chaud, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous. Nous voilà dans une situation orageuse typiquement estivale bien avant l’heure. Source : KNMI Mais revenons d’abord sur l’historique de la journée. La matinée se passe effectivement sous une fraîcheur toute relative, avec une dizaine de degrés et un ciel assez voilé de cirrus et cirrostratus. En dessous, les stratocumulus évoluent progressivement en cumulus. En partie tout au moins car localement, les stratocumulus restent nombreux avec une atmosphère temporairement très grise. Ici et là, on note même quelques petites précipitations. L’après-midi toutefois, le temps devient beau partout, avec parfois quelques cumulus restants, et des altocumulus dont certains sont de type castellanus, ce qui témoigne de l’instabilité de l’air. À ce moment, un orage de nature supercellulaire évolue du côté de Bethune, passe à l’ouest de Lille et entre en Belgique du côté de Comines-Warneton avec de nombreux éclairs. Cet orage fusionne ensuite avec d’autres orages qui intéressent principalement la Flandre Occidentale et le Hainaut. Ils remontent ensuite vers le nord-est en s’affaiblissant. Les précipitations sont parfois intenses, mais de courte durée, si bien que les quantités totales ne sont pas très élevées, mais dépassent parfois 10 mm (13,8 mm à la Hestre). De fortes rafales sont également observées. Un peu au-delà de la frontière, l’anémomètre de Lille monte jusqu’à 87 km/h. Les températures, après ces averses et orages, baissent assez fort. Cette fois-ci, c’est la bonne, on est vraiment dans l’air frais. Pour quelques jours tout au moins. En attendant, cela clôture l’épisode chaud qui vient d’être décrit. Conclusion On prend les mêmes et on se répète : les brusques remontées d’air subtropical, voire saharien, ont toujours existé, mais ce sont leur fréquence et leur intensité qui commencent à vraiment inquiéter. En Allemagne, dans le Land de Bade Wurtemberg, on a même réussi à atteindre les 30°C un 6 avril, avec 30,1°C dans la région du Rhin, plus précisément à Ohlsbach, près d’Offenburg. Cela pulvérise même le record national allemand qui, pour une première décade d’avril, était de 27,7°C (7 avril 2011 à Rheinfelden). À la station même d’Ohlsbach, les 30,1°C ont littéralement balayé le précédent record, qui était de 27,0°C (8 avril 2018) Autres records pulvérisés en Allemagne : Freiburg : 29,8°C (précédent record : 27,8°C le 06/04/1961) Emmendingen-Mundingen : 29,5°C (précédent record : 27,1°C le 07/04/2011) Lahr : 28,8°C (précédent record : 26,7°C le 06/04/1961) Stuttgart-Schnarrenberg : 27,3°C (précédent record : 25,3°C le 06/04/1961) Munich centre : 27,1°C (précédent record : 25,2°C le 07/04/2011) Munich aéroport : 26,7°C (précédent record : 24,8°C le 04/04/1953) Münster-Osnabrück : 26,4°C (précédent record : 24,3°C le 08/04/2018) En France aussi, on trouve des records pulvérisés : Bâle-Mulhouse : 29,9°C (précédent record : 26,7°C le 07/04/2011) Colmar-Meyenheim : 29,0°C (précédent record : 26,8°C le 01/04/2021) Strasbourg-Entzheim : 29,0°C (précédent record : 27,4°C les 06/04/1961 et 07/04/2011) Cela se passe de commentaire…
  2. cumulonimbus

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    11 MARS 1981 – PHÉNOMÈNE BIZARROÏDE QUE L’HISTOIRE N’A PAS RETENU Le 11 mars 1981 au matin, notre pays est soumis au secteur chaud d’une perturbation, avec une poussée d’air exceptionnellement doux. Source : IRM Sous un vent fort (rafales jusqu’à 80 km/h) et de petites pluies ou bruines, les températures montent très haut à 7 heures du matin. Les 17°C sont atteints voire dépassés en de nombreux endroits. À Geel, on monte jusqu’à 17,2°C pendant qu’on atteint 17,0°C notamment à Angleur, Genk et Sint-Katelijne-Waver. Sur l’ouest des plaines, on observe généralement 15 à 16°C tandis qu’on atteint 16 à 17°C sur le centre et l’est des plaines. Dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, les températures oscillent entre 14°C sur le plateau et 16°C dans les vallées. Source : IRM Pour certaines localités, on n’est pas si loin des extrêmes pour la saison (à l’époque) alors qu’il n’est que 7 heures du matin. En journée cependant, les températures ne montent plus, tendent même à descendre quelque peu, si bien que les maxima sont atteints en début de matinée. La pointe maximale est de 17,7°C à Dourbes, suivie d’Uccle avec 17,2°C. Cette douceur se décale ensuite vers l’Allemagne et l’est de la France où, grâce à l’heure plus avancée, des valeurs encore plus élevées sont observées. À 15 heures, on mesure 18,4°C à Cologne ; 19,1°C à Bonn et 20,2°C à Stuttgart. Une heure plus tard, on monte même à 22°C à Colmar. Un phénomène similaire se reproduit le 4 mars 1998, avec à nouveau des températures de 15 à 17°C le matin partout en plaine. Cette fois-ci aussi, la douceur se renforce en se décalant vers l’est et le sud-est en journée, avec 22°C à Strasbourg et à Colmar. En 1977 et en 2000, c’est même en décembre qu’on observe de telles douceurs le matin, avec 16,8°C à Kleine Brogel au matin du 24 décembre 1977 et 16,7°C au matin du 8 décembre 2000 à Sint-Katelijne-Waver. En 1977, la douceur ne s’ accentue en se décalant en journée vers l’est ; en 2000 par contre, certaines localités de France, de Suisse, d’Autriche et d’Allemagne (Bavière) connaissent des températures temporairement très élevées sous effet de foehn. Feldkirch (AT) monte à 20,7°C, Oberstdorf (DE) à 19,8°C et Chambéry (FR) à 19,5°C.
  3. 15 FÉVRIER 2024, DES TEMPÉRATURES REMARQUABLES, MAIS PAS EXCEPTIONNELLES Le 15 février 2024, un double front chaud nous place dans un air particulièrement doux pour la saison, avec des valeurs de 16 à 17°C sur une bonne partie du pays. Le premier front chaud traverse notre pays durant l’après-midi du 14 février, le second, aux petites heures du 15 février. Source : KNMI Le premier front chaud s’accompagne de pluies et de bruines, localement assez abondantes (7 mm à Gosselies entre 7 et 19h), avec des températures maximales qui, le 14 février, se situent entre 12 et 13°C en plaine et entre 8 et 10°C sur les hauteurs. Ces températures ne baissent pratiquement pas durant la nuit du 14 au 15 février. Le second front chaud s’accompagne également de pluies et de bruines, mais qui se concentrent essentiellement sur le nord du pays (6 mm à Stabroek entre 19 et 7h). Le ciel est souvent nuageux à très nuageux avec des bancs, parfois importants, de stratocumulus et altocumulus sous un voile de cirrostratus assez épais, à tendance altostratus translucidus. Ce voile s’effiloche parfois et, quand cela se produit en l’absence des stratocumulus et/ou altocumulus, le soleil peut faire quelques apparitions. Ces éclaircies ne sont cependant pas assez larges pour faire véritablement exploser les températures. On notera que certains de ces altocumulus présentent un caractère floccus, voire castellanus. Le matin, l’instabilité est même suffisante pour générer quelques cumulonimbus sur l’extrême nord du pays. Webcam MB – Beausaint – 15 février 2024 à 10h En Basse et Moyenne Belgique, les températures passent la barre des 15°C souvent autour de midi, mais ne montent pas tellement plus haut en après-midi. C’est vers 15 heures qu’il fait le plus chaud, avec des relevés, à ce moment, de 17,0°C à Sint-Katelijne-Waver et de 16,8°C à Zaventem et à Stabroek. C’est beaucoup, mais pas exceptionnel pour une deuxième décade de février. En 2019, on monte bien plus haut. Le 15 février de cette année-là, avec un soleil bien plus généreux sous un ciel serein, on atteint 18,1°C à Uccle et jusqu’à 19,1°C à Angleur. Quelques régions, comme l’extrême sud et l’extrême ouest du pays, souffrent cependant d’une inversion qui se résorbe mal avec des maxima qui n’arrivent pas à 15°C. Notons encore qu’à Uccle, on observe du 14 au 18 février 2019 une extraordinaire série de cinq jours consécutifs avec un maximum ≥ 15°C. À la fin du mois, ce sont même les 20°C qui sont dépassés avec 20,2°C le 26 février. Le lendemain, on atteindra même 22,1°C à Hastière et 22,0°C à Dourbes. Des températures très élevées sont aussi notées le 14 février 1998 avec 18,6°C à Dourbes et 18,5°C à Hastière. Uccle, ce jour, n’atteint « que » 16,5°C, mais montera jusqu’à 17,2°C le lendemain, 15 février. Stavelot, ce jour-là, affichera un remarquable 18,3°C. Le record décadaire d’Uccle appartient au 20 février 1990 avec 18,3°C. Des valeurs plus élevées sont notamment mesurées à Kleine Brogel (19,3°C), Gorsem (19,0°C), Deurne (18,8°C) et Koersel (18,7°C). Plus loin dans le temps, nous avons l’extraordinaire (pour l’époque) 14 février 1961 où, sous un grand soleil et quelques cirrus et altocumulus lenticularis, les observations synoptiques donnent 18,2°C à Kleine Brogel, 17,9°C à Deurne et 17,8°C à Uccle. Cette fois-là encore, il n’y en a pas pour tout le monde. À Virton, l’inversion reste coriace et le thermomètre ne dépasse pas 14,6°C. Enfin une valeur de la première décade de février, celle du 10 février 1899, reste la plus folle de toutes, avec 18,4°C à Uccle et des valeurs de 20-21°C à Liège et à Verviers, ainsi qu’au Barrage de la Gileppe.
  4. cumulonimbus

    Il y a 125 ans...

    IL Y A 125 ANS, L’EXTRAORDINAIRE 10 FÉVRIER 1899 Source : Met Office Parmi les vieux records de chaleur, il y en a bien peu qui font le poids par rapport aux actuels records, « boostés » par le réchauffement climatique. Mais quelques-uns sont restés, dont notamment le 10 février 1899. Sous un flux de sud-sud-ouest et un beau soleil après l’effilochement des cirrostratus* présents en matinée, les températures ont atteint 18 à 20°C à peu près partout dans le pays. * : les nuages, en 1899, étaient classés selon l’ancienne nomenclature de Luke Howard, comportant les cirrus, cirro-cumulus, cirro-stratus, cumulus, stratus, cumulo-stratus et cumulo-cirro-stratus. Transposition en nomenclature actuelle : Cirrus ≈ cirrus Cirro-cumulus ≈ cirrocumulus ou altocumulus Cirro-stratus ≈ cirrostratus ou altostratus translucidus Cumulus ≈ cumulus Stratus ≈ stratus ou altostratus opacus Cumulo-stratus ≈ stratocumulus avec ou sans cumulus ou fractus, ou nimbostratus si précipitations Cumulo-cirro-stratus ≈ cumulonimbus Ci-dessous, les températures observées dans le pays. Il s’agit de températures mesurées avec les instruments de l’époque, et souvent observées sous un abri ouvert (d’après L. Poncelet). Nous ne disposons malheureusement pas de métadonnées nous permettant de préciser quel abri a été utilisé où (sauf pour Uccle où c’était l’abri ouvert). Cependant, le rayonnement n’est pas encore très intense au début du mois de février, ce qui nous permet d’affirmer que les valeurs ci-dessous sont surestimées de 1°C au grand maximum. Voici les valeurs du 10 février 1899 telles que mesurées à l’époque : Liège : 21,4°C Flémalle-Haute : 21,2°C Verviers : 21,2°C Barrage de la Gileppe : 20,6°C Bourg-Léopold : 19,8°C Turnhout : 19,8°C Hechtel : 19,8°C Hasselt : 19,7°C Uccle : 18,7°C Le temps à Uccle a été décrit comme suit : « Le 10 février à 6 heures du matin, donc une heure avant le lever du soleil [à l’époque, l’heure belge était l’heure GMT], le thermomètre marquait le minimum de la nuit, soit 11,3°C. Deux heures plus tard, sous l’action de la chaleur solaire, il montait de 2°C (13,2°C), puis, des éclaircies s’étant produites dans le voile de cirro-stratus, il gagnait encore 1°C par heure (et même un peu plus) jusqu’à midi, moment de sa plus grande élévation. Le ciel se découvrait assez rapidement ensuite, et, à partir de 4 heures (coucher de soleil à 4 h. 48 m.), le rayonnement de la chaleur terrestre vers l’espace se déclarait assez énergiquement. Le maximum remarquable du 10 février a donc été la conséquence du minimum élevé de la nuit précédente, occasionné lui-même par des conditions spéciales d’état du ciel et de direction du vent régnant depuis deux jours ». A. Lancaster (« revue climatologique mensuelle », périodique « Ciel et Terre » de l’Observatoire Royal de Bruxelles). Notons enfin que des températures extraordinaires ont été également observées dans nos pays voisins, avec par exemple 22,0°C à Châteauroux (FR) ; 21,3°C à Besançon (FR) ; 20,7°C à Paris-Saint-Maur (FR) ; 20,4°C à Aix-la-Chapelle (DE) ; 19,6°C à Maastricht (NL) ; 19,6°C à Paris-Montsouris (FR) ; 19,2°C à Charleville-Mézière (FR) ; 19,0°C à Dunkerque (FR) ; 19,0°C à Münster (DE), 18,9°C à Londres (UK) ; 18,5°C à De Bilt (NL) et 18,3°C à Cambridge (UK). Au vu de ces données et tenant compte des remarques instrumentales formulées plus haut, on peut raisonnablement estimer que les températures en Belgique ont atteint 20 voire 21°C en région liégeoise, 19°C en Campine, 18°C en région Bruxelloise et 17°C au littoral (mais 18-19°C à l’ouest de la Côte Belge).
  5. 28 JANVIER 2024 : UNE JOURNÉE LOCALEMENT EXCEPTIONNELLE Alors que la deuxième décade de janvier 2024, avec –0,5°C de moyenne à Uccle, a été la deuxième plus froide sur les 30 dernières années, la troisième décade, avec 7,7°C, a été au contraire la deuxième la plus chaude sur ces mêmes 30 dernières années, toujours à Uccle. Au départ, les courants doux ont été humides avec la mise en place d’une circulation de sud-ouest entre des pressions le plus souvent hautes sur une vaste zone s’étendant de l’Espagne au sud de la Russie, tandis qu’une bonne activité dépressionnaire s’est développée sur l’Océan. Mais dès le 27 janvier, les hautes pressions s’étendent jusqu’à nos régions tandis que le 28 janvier, le placement des noyaux anticycloniques à l’est de nos régions nous place dans des courants tropicaux directs. Cet air chaud se fait surtout sentir en altitude. Dans la nuit du 28 au 29 janvier au-dessus de Beauvechain, la température s’élève à 15°C dans une couche d’air située entre 470 et 880 mètres d’altitude. On notera aussi les très exceptionnels 12°C relevés au niveau 850 hPa à 1590 mètres. Seul le 29 janvier 1966 a fait encore mieux avec 13°C, mais le niveau 850 hPa était situé plus bas, à 1390 mètres seulement. Si l’on ramène ces deux valeurs à une altitude standard de 1500 mètres, on peut dire que ces valeurs sont à peu de choses près équivalentes. Vers les 400-500 mètres d’altitude, c’est le 2 janvier 2022, avec 16°C, qui garde son record. En surface, en raison d’une inversion, la plupart des régions ne battent pas de records, avec des valeurs souvent comprises entre 11 et 14°C en plaine (13,1°C à Uccle), voire même 8 à 9°C sur l’ouest du pays, où le ciel est plus voilé. En Haute Belgique, les 10,5°C de Mont-Rigi sont une température très élevée pour les Hautes-Fagnes en janvier, même si l’on reste en-deçà du record (12,8°C le 17 janvier 1982). Mais c’est sur le versant nord des reliefs que les températures sont extraordinaires, avec des valeurs dépassant parfois 16°C. La cause : un pseudo-foehn. Source : blog d'Infoclimat C’est quoi, un pseudo-foehn ? Contrairement à un vrai foehn, qui décharge ses pluies sur un versant d’une chaine montagneuse et qui redescend, sec, sur l’autre versant en se réchauffant plus vite (adiabatique sèche), un pseudo-foehn est simplement un air doux situé sur un plateau au-dessus de l’inversion, qui en débordant de ce plateau colle un certain temps aux pentes et se réchauffe de 1°C par 100 mètres en descendant. C’est pourquoi les vallées et les contrebas de tels plateaux peuvent connaître, sur une assez mince frange, des températures très élevées. Dans le cas présent, l’air doux des Hautes-Fagnes (10,5°C à Mont-Rigi à 673 mètres) s’est retrouvé à 16,0°C à Membach-Baelen (252 mètres), soit un réchauffement de quelques 1,1°C par 100 mètres. Pourquoi tant ? Parce qu’en raison de la turbulence, un peu de l’air à 15°C (air « libre » en altitude) s’est mélangé à l’air collant à la pente, ce qui l’a rendu encore un peu plus chaud. La station de Gemmenich (Plombières) a fait encore un peu mieux, avec 16,1°C. Des stations comme Vaux-sous-Chèvremont et Chaineux sont également montées à 15°C. En plaine, le soleil trop faible n’a pas réussi à complètement résorber l’inversion. En Campine, la température est montée jusqu’à 13,8°C à Genk et 13,2°C à Koersel, mais seulement 9,9°C à Kleine Brogel. Dans la vallée de la Meuse, la température a atteint 13,2°C à Hastière et 14,0°C à Visé. Avec cela, le temps a été très beau, presque serein à l’est avec juste quelques cirrus, et plus voilé à l’ouest avec des cirrus plus épais.
  6. DEUXIÈME DÉCADE DE JANVIER 2024 : FROIDE AVEC UN ÉPISODE NEIGEUX SIGNIFICATIF DANS CERTAINES RÉGIONS 11 janvier 2024 Le 11 janvier se situe dans la prolongation des jours précédents : un temps beau mais froid. Les minima se situent le plus souvent entre –5 et –8°C dans tout le pays. Ponctuellement en Haute Belgique, on trouve des valeurs inférieures à –10°C. À l’opposé, en bordure immédiate de la mer, il gèle à peine avec –1°C à Zeebruges et –2°C à Dunkerque (mais déjà –5°C à l’aéroport de Middelkerke). Les températures ont d’abord quelque mal à remonter en matinée, mais passent ensuite à peu près partout la barre de 0°C l’après-midi. Pour finir, les maxima atteignent 3 à 4°C au littoral, mais aussi en Gaume, 3°C sur les Hautes-Fagnes et entre 0 et 2°C ailleurs. Le gel se maintient en journée sur une partie assez limitée de la Belgique, notamment sur le centre sud et le centre est du pays (–0,3°C à Beauvechain, –0,4°C à Ernage, –0,6°C à Gosselies, –0,8°C à Florennes, –0,9°C à Bierset). Temps beau et froid, mais sans neige, à Braine-l’Alleud Le temps est très beau avec un ciel serein. Au littoral cependant, des stratocumulus apparaissent dès l’après-midi. Ceux-ci se propagent ensuite sur le reste du pays, mais n’atteignent la plupart des régions qu’après le coucher du soleil (il s’agit alors souvent de stratus). On note alors un peu de bruine, qui devient verglaçante sur le centre et l’est du pays. 12 janvier 2024 Le temps reste anticyclonique, mais la masse d’air change. Après le passage de la faible occlusion qui nous a valu ces quelques précipitations en cours de nuit, l’air continental des jours précédents est remplacé par de l’air maritime en provenance de la Mer du Nord. C’est le dégel en Basse et Moyenne Belgique, mais on ne peut pas vraiment parler de douceur. Les maxima atteignent 6°C au littoral, 5°C en plaine sur l’ouest et 2°C en plaine sur l’est. Sur les reliefs par contre, il continue à geler même en journée. Le ciel est à présent couvert de stratus et stratocumulus (prédominance de stratus au sud, prédominance de stratocumulus au nord), avec brouillard à la clé en Haute Belgique. Une grande monotonie sur le pays, il n’y a qu’au littoral où les stratocumulus présentent un peu plus de variation. 13 janvier 2024 Le noyau de l’anticyclone se déplace de l’Océan vers la France avant de s’affaiblir. Les vents de surface souffle d’ouest à nord-ouest en mer et sur le littoral, et de sud-ouest à l’intérieur des terres. L’air acheminé reste humide et le ciel est couvert de stratus et de stratocumulus, distillant quelques petites bruines. Mais la douceur océanique ne parvient toujours pas à s’imposer. Les températures maximales ne dépassent guère 2 à 3°C en plaine et 4 à 5°C au littoral. En Haute Belgique, avec –2 à –3°C, les températures restent négatives toute la journée et les quelques précipitations qui tombent sont verglaçantes. 14 janvier 2024 On parle beaucoup de neige. On pensait d’abord à lundi (15 janvier), mais c’est de plus en plus mercredi (17 janvier) qui est pris comme point de mire. Les prévisions : « une perturbation ondulante (front polaire) remontera en cours de journée sur une large moitié sud du pays en donnant des chutes de neige faible à modérées de manière continue. Les cumuls pourront être assez importants notamment sur le relief. En cours d’après-midi et en soirée, il pourrait aussi donner ponctuellement des chutes de neige sur le reste du pays mais en plus faibles quantités. Enfin, dans cette configuration, une période de pluies ou pluies verglaçantes serait possible brièvement sur l’extrême sud du pays. » La question, c’est de savoir exactement où et combien. Le sud du pays est privilégié, mais on parle aussi du centre. « Wait and see », comme on dit dans ces cas-là. Ci-dessous, un exemple de prévisions : Source : Info Météo En attendant, le temps reste quelconque. Un front froid tente de traverser la Belgique, mais reste onduler sur l’ouest de notre pays. Le temps demeure désespérément gris sous les stratus. Quelques faibles chutes de neige donnent un blanchiment temporaire du sol. Sur les hauteurs, on note aussi du brouillard. Le littoral, situé à l’arrière du front, connaît une meilleure visibilité avec de vastes bancs de stratocumulus doublés par des cumulus. Il s’agit en fait d’un front froid « masqué », ce qui signifie qu’à l’arrière, il fait plus doux qu’à l’avant, dans les basses couches tout au moins. En bordure de mer, la température monte jusqu’à 6°C. À l’intérieur des terres, il fait par contre plus froid même que la veille, avec des maxima de 0 à 1°C en plaine et entre –3 et –5°C sur les hauteurs. Même si de nombreuses régions ont quelques traces de neige au sol, voire un léger saupoudrage, les endroits avec une vraie couverture neigeuse sont rares. Mont-Rigi vient d’acquérir une fine couche tandis que Sourbrodt est championne en la matière : depuis plusieurs jours, le sol y est au moins partiellement enneigé, et en ce 14 janvier, une couche complète s’y est reconstituée. 15 janvier 2024 On reste dans l’expectative de la neige. Et il en tombe déjà un peu, en ce 15 janvier. Le front froid a fini par passer et nous place dans une nouvelle poussée d’air polaire maritime. Comme la veille, ce côté maritime plus marqué de la masse d’air est à la base d’une petite remontée des températures. Sur l’ouest, où il n’y a pas eu de gelées nocturnes, les températures se stabilisent autour des 3°C, d’abord au littoral, puis sur toute la partie nord du pays vers midi. Mais sous les averses, ces températures redescendent et c’est bien souvent de la neige qui tombe. Sur l’ouest du pays, nous avons un véritable ciel de traîne avec cumulus et cumulonimbus. Plus vers l’est, les éclaircies se font plus larges, avec quelques altocumulus et stratocumulus, puis les cumulonimbus arrivent quand même avec, là, des averses de neige. À Braine-l’Alleud par exemple, une fine couche de neige est présente le matin, qui fond ensuite en grande partie avant de se reconstituer sous les averses de l’après-midi. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 15 janvier 2024 à 16h30 Du côté de Liège, on observe une évolution similaire, avec 2 cm en fin de journée. Dans les Hautes-Fagnes par contre, c’est une véritable couche de neige qui se constitue, et qui finira par dépasser les 10 cm. 16 janvier 2024 La grande neige, où tombera-t-elle ? Essentiellement sur le sud, ou sur le centre du pays ? Les modèles ne concordent pas parfaitement. En attendant, la dépression Irène s’approche peu à peu, en restant à une latitude plutôt basse pour une dépression atlantique. Une partie au moins du pays devrait se retrouver au nord, et donc rester dans l’air froid. Source : KNMI Cela laisse d’abord notre pays dans de l’air polaire maritime, à présent favorablement influencé par de hautes pressions s’étendant de la France aux Balkans et se décalant vers l’est. La nuit a été froide avec des gelées généralisées (sauf en bordure immédiate de la mer). En Basse et Moyenne Belgique, les minima se situent le plus souvent entre –1 et –3°C, et vont jusqu’à –8°C sur les plus hauts plateaux. Les altostratus et altocumulus se dégagent en matinée et font place à un ciel très bleu avec des cumulus qui ne dépassent pas le stade d’humilis. Les températures maximales se situent autour de 5°C en bordure immédiate de la mer, entre 2 et 4°C en plaine et entre –3 et –4°C sur les hauteurs. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 16 janvier 2024 à 14h Quand une fine couche de neige est présente, elle résiste assez bien au dégel de l’après-midi. En Campine, cette couche est parfois plus conséquente avec 5 cm à Koersel. Sur les Hautes-Fagnes, c’est déjà le vrai hiver avec 13 cm. Pendant la nuit, le ciel se couvre progressivement. À quand le vrai hiver pour les autres ? 17 janvier 2024 La neige est attendue pour aujourd’hui… Deux occlusions sont associées à la dépression Irène. L’une touche l’extrême nord de la France et l’autre passe un peu plus au sud. Source : KNMI Au niveau du sol, le contraste thermique se fait surtout au niveau de l’occlusion située plus au sud, avec au nord de celle-ci des températures proches, voire inférieures à 0°C, et au sud de celle-ci des températures montant rapidement jusqu’à 13 ou 14°C, localement même 15°C. Source : Kachelmann Wetter À faible altitude par contre, c’est l’occlusion située plus au nord qui marque la différence, si bien qu’au nord de celle-ci, il neige et au sud de celle-ci, il pleut. Dans la zone située entre les deux occlusions, la pluie tombe dans l’air froid situé près du sol, et sur un sol lui-même gelé, ce qui fait que cette pluie est parfaitement verglaçante. En Belgique à la mi-journée, cette limite passe un peu au sud de Charleroi et de Namur, et se prolonge vers l’est-nord-est pour passer un peu au sud de Verviers. Cette limite se trouvait un peu plus au sud en matinée, et redescendra à nouveau vers le sud en après-midi. Plus tard dans la nuit, les précipitations neigeuses finiriont par gagner l’ensemble du pays. Ci-dessous, la situation à 13 heures, avec les symboles de neige en bleu et les symboles de pluies verglaçantes en rouge. Source : Kachelmann Wetter À noter qu’à quelques dizaines de kilomètres au nord de l‘occlusion septentrionale, il n’y a plus aucune précipitation. L’ouest et le nord du pays n’ont pas reçu de neige. Les précipitations dans la bande pluvio-neigeuse se propagent vers l’est-nord-est en suivant les occlusions, et se laissent un peu attendre en début de journée. On observe d’abord un altostratus, qui évolue ensuite en nimbostratus pluvieux (gris avec fractus) ou neigeux (blanchâtre et uniforme) selon les endroits. Au nord-ouest de la zone de précipitations, l’altostratus persiste tout au long de la journée. Dans la bande neigeuse, les flocons commencent à tomber vers la mi-matinée au Hainaut, en fin de matinée sur le Brabant Wallon et à Bruxelles, et peu après midi au Limbourg. Ces chutes de neige sont parfois intenses. À Zaventem, on mesure 1 cm (avec en partie de la neige préexistante) à 13 h, 5 cm à 16h, 8 cm à 19h et 10 cm à 22h. En fin de compte, la couche s’épaissira à 11 cm, tout comme à Uccle. Bierset suit à peu près la même évolution, mais arrivera à 14 cm en deuxième partie de nuit. Quelques autres épaisseurs de neige, mesurées le lendemain à 8h : Koersel : 12 cm ; Gosselies : 10 cm mais 1 cm à Passendaele, située au bord extrême de la bande de précipitations. Dans les Hautes-Fagnes, la couche de neige passe de 12 à 23 cm. Au sud du pays, les pluies verglaçantes sèment le chaos. À Florennes, la neige se transforme en pluie verglaçante entre 11h et 14h. La température n’y atteint pas 0°C (max : –0,1°C°). À Saint-Hubert, il pleut tout au long de la journée, avec un maximum de température de –0,7°C. Ce n’est qu’en soirée que la pluie se transformera en neige. La couche de neige préexistante se dégrade d’aulleurs en journée, avant d’être renouvelée en soirée. À Dourbes, il n’a pas du tout de neige au sol en journée, ce n’est que la nuit suivante que le sol deviendrau blanc. Enfin dans la zone à l’ouest d’une ligne Courtrai – Gand – Stabroek, il n’y a pas (ou très peu) de neige, même pas dans le courant de la nuit suivante. Ci-dessous, une carte provisoire des hauteurs de neige dans le pays à 8h le 18 janvier 2024. Source : IRM Les températures dans le pays sont restées partout légèrement négatives même en journée. Il n’y a que le littoral, et une frange ouest et sud du pays qui sont passées légèrement au-dessus de 0°C. Et pour terminer, une image de Forest (Bruxelles) sous la neige, l’après-midi du 17 janvier 2024. Crédit photo : Robert Vilmos 18 janvier 2024 Commençons par les hauteurs de neige de ce matin, 18 janvier, telles que mesurées par l’IRM à 8 heures et par Skeyes ou Meteo Wing à 7 heures : 24 cm (8h) à Mont-Rigi 20 cm (8h) à Stembert (est de Verviers) 16 cm (8h) à Mazy (au sud de Gembloux) 15 cm (8h) à Ransberg (au nord-est de Tirlemont) 14 cm (7h) à Bierset 12 cm (7h) à Beauvechain 12 cm (7h) à Florennes 12 cm (8h) à Rhode-Saint-Pierre (au nord-est de Louvain) 12 cm (8h) à Koersel 12 cm (8h) à Herent (au nord-ouest de Louvain) 11 cm (8h) à Uccle 11 cm (7h) à Zaventem 11 cm (8h) à Sart-Bernard (au sud-est de Namur) 10 cm (8h) à Vaudignies (au sud de Chièvres) 10 cm (8h) à Korbeek-lo (à l’est-sud-est de Louvain) 10 cm (7h) à Gosselies 9 cm (8h) à Sivry 7 cm (8h) à Bièvre 5 cm (8h) à Gouvy 1 cm (8h) à Passendaele Le dégagement du ciel en fin de nuit sur certaines régions, au-dessus d’un sol enneigé, a fortement fait chuter les températures. Bien souvent, le froid ne se fait le plus intense qu’à 9 heures, voire même 10 heures du matin. Parmi les températures les plus basses, on observe –10,3°C à Chièvres (10h) ; –9,0°C à Diepenbeek (10h) ; –7,9°C à Ernage (10h) et –7,4°C à Retie et Kleine Brogel (9h). À Uccle, on observe –5,5°C (9h). Après cela, la température remonte rapidement en raison du côté maritime de l’air polaire, et il dégèle légèrement dans toute la moitié nord-ouest du pays avec des températures de 2 à 4°C. Dans la partie sud-est par contre, le gel se maintien. La neige, quant à elle, reste stable même là où le thermomètre grapille quelques degrés au-dessus de zéro. À Zaventem, la couche passe en journée de 11 à 9 cm. Beauvechain et Florennes restent à 12 cm, Bierset à 14 cm. Même le centre de Bruxelles est enneigé. Crédit photo : Robert Vilmos En journée, le temps est très instable dans la région côtière, Les cumulonimbus y sont nombreux, parfois même accompagnés d’arcus, et les averses sont de pluie, de grésil ou de neige. Parfois on observe un enneigement temporaire du sol. La visibilité, quant à elle, est très bonne, si bien qu’on voit de loin les différentes structures nuageuses. Vers l’intérieur des terres, certaines averses survivent, mais les éclaircies sont généralement plus larges. On observe quelques cirrus, et des cumulus souvent peu développés, avec parfois un peu de stratocumulus d’étalement, mais ici et là une convection plus marquée allant jusqu’à l’averse. Par ailleurs, les averses côtières sont visibles de très loin. Webcam MB – Bruxelles (Schaerbeek) – 18 janvier 2024 à 16h Sur l’est et le sud-est du pays, les brouillards et stratus ont parfois du mal à se dissiper. Du côté de Liège, le temps devient beau l’après-midi avec des cirrus et quelques stratocumulus d’étalement issus des averses occidentales. Dans les Cantons de l’Est, on note des stratus puis cumulus fractus avant un ciel très dégagé l’après-midi. En Ardenne par contre, la grisaille tend à persister. Dans cette partie du pays, même à basse altitude (vallées), la température ne dépasse généralement pas le zéro degré. 19 janvier 2024 Notre pays reste soumis à une circulation de nord-ouest, basculant vers l’ouest, qui contient un air inhabituellement froid pour ce secteur. L’Angleterre, l’Écosse et même l’Irlande connaissent des températures basses, avec des maxima qui, la veille, n’ont presque nulle part dépassé 5°C et qui ont été suivies, ce matin, par un gel quasi généralisé. En Belgique aussi, le gel est quasi généralisé (il n’y a qu’au littoral qu’il ne gèle pas), mais on observe de grandes disparités. Le ciel serein sur un sol enneigé a fait chuter les températures, mais parfois très temporairement, et à des heures fort différentes. À Ernage, la température plonge le soir pour atteindre –7,4°C à 22h, pour ensuite remonter à –3,6°C à 23h. À Schaffen, la température passe de –2,3°C à 0h à –6,5°C à 1h. Elle reste ensuite à ce niveau jusqu’à 4h avant de remonter. À Chièvres, la température est de –2,7°C à 5h et de –7,7°C à 7h avant de faire un plongeon supplémentaire jusqu’à –8,4°C à 9h. À ce moment, des températures inférieures à –10°C sont observées dans le nord de la France. 20 janvier 2024 Un matin localement très froid. Dans les Cantons de l’Est, on observe –19,3°C à 8h à Bullange (565m). Presqu’au même moment (8h10), on mesure –17,2°C à Cobru (457m), au nord-nord-est de Bastogne. La Gaume, toujours à 8h, enregistre des valeurs très basses aussi, avec –12,8°C à Buzenol, –14,1°C à Étalle et –14,9°C à Chiny-Pin (là, le minimum de –15,1°C a été atteint 20 minutes plus tôt). Quelques stations, expressément installées par BMCB dans les « trous à froid », c’est-à-dire des cuvettes, souvent inhabitées, connues pour l’accumulation de froid en cas de nuit radiative, notent des températures plus basses encore. Le lieu-dit « Am Grünen Kloster » (un peu au nord du Camp d’Elsenborn) enregistre –22,8°C tandis que Murrange (sur la bordure ouest de Bullange) enregistre –20,1°C. En l’absence de longues séries, il est évidemment impossible d’évaluer le degré d’exceptionnalité ou non de ces températures. Ailleurs dans le pays, les minima sont plus raisonnables, avec des valeurs de –2 à –4°C, localement –6°C en plaine et –10 à –15°C sur les hauteurs, avec –15,5°C à Elsenborn (7h50). La journée est belle, mais commence parfois avec des stratus ayant quelque mal à se dissiper. À Bruxelles, le ciel se dégage peu après 11h, à Cerfontaine dès 10h. De façon générale sur l’est et le sud-est du pays, le ciel est limpide dès le lever du soleil. Les cirrus, devenant plus nombreux l’après-midi en formant un voile, annoncent un prochain changement de temps. Webcam MB – Cerfontaine – 20 janvier 2024 à 16h Les cartes météorologiques sont déjà celles d’un temps hivernal doux, avec des basses pressions au nord-ouest et des hautes pressions au sud-est. Sauf que l’air doux n’a pas encore atteint nos régions. Mais cela ne saurait tarder, la nouvelle trajectoire des perturbations ne laissant plus aucune chance à l’air froid. Mais en attendant, en ce 20 janvier 2024, les températures restent basses, avec des maxima autour de 0°C en Basse et Moyenne Belgique, et entre –2 et –3°C sur les Hauts Plateaux. Source : KNMI Conclusion Le 21 janvier 2024 marque un jour de transition. Le dégel commence dès la nuit du 20 au 21 en Basse et Moyenne Belgique, atteint la Gaume en fin de matinée (là un minimum de –10,6°C avait encore été observé à Buzenol) et finit par se propager jusque dans les Hautes-Fagnes en soirée. La couche de neige, encore intacte partout (où il y en a) le matin, se dégrade fort durant l’après-midi en Basse et Moyenne Belgique et ne résiste que sur les hauteurs, où la fonte interviendra la nuit suivante. Sur le graphique d’Uccle, on peut voir l’extrême rapidité de la remontée des températures entre 10h (21/01) et 10h (22/01). Source : IRM La cause en est l’arrivée rapide de dépression atlantique « Isha », accompagnée de vents forts. Pendant la nuit du 21 au 22, de nombreuses rafales de 80 voire 90 km/h ont observées. En d’autres termes, la transition aura été de courte durée. Pas de dégel classique donc, lent et accompagné de brouillard, de bruine et de neige fondante au sol, qui fait longtemps splash splash à chaque pas. Quant à la période neigeuse que nous venons de connaître, on peut en dire que dans notre ancien climat, on en voyait une d’équivalente à Uccle un peu moins d’un hiver sur deux. Maintenant, il a fallu attendre onze ans pour en revoir un de cette ampleur. Autrement dit, la neige et le froid se font de plus en plus rares, mais ne disparaissent pas. En terme de froid d'ailleurs, cette 2e décade de janvier se termine sur une moyenne de –0,5°C. Est-ce exceptionnel par rapport au climat d'aujourd'hui ? Non. Pas encore. Des années relativement récentes ont réussi à faire beaucoup mieux. Notamment la période 2009-2013 a été riche en neige et parfois même émaillée d’une véritable vague de froid, comme en février 2012.
  7. 2024 : DÉBUT CHAHUTÉ MAIS DOUX AVANT L’ARRIVÉE DU FROID Dans l’attente d’un épisode hivernal, janvier 2024 commence de façon particulièrement humide et douce. Sur 5 jours seulement, la station d’Uccle enregistre déjà 53,1 mm de précipitations pour une moyenne thermique de 8,5°C. Ailleurs dans le pays, cette quantité de pluie est parfois même dépassée en une seule journée, comme par exemple le 2 janvier à Bièvre où l’on atteint 55,8 mm. Notamment le 2 janvier est une journée fort pluvieuse avec inondations à la clé tandis que le 3 janvier, une tornade fait de gros dégâts à Wavre-Notre-Dame, au nord-est de Malines. Enfin, le 6 janvier marque la transition entre l’air doux et l’air froid. Voyons tout cela en détail, au jour le jour. 1er janvier 2024 En ce premier jour de la nouvelle année, nous continuons à être influencés par les courants océaniques perturbés de l’année d’avant, avec un courant d’ouest-sud-ouest basculant au sud-ouest sous l’influence de diverses dépressions sur l’Océan, d’une part, et d’une crête anticyclonique campant sur l’Espagne, d’autre part. L’anticyclone d’air froid se trouve encore assez loin au nord, sur le Nord de la Scandinavie. Source : KNMI Notre pays bénéficie d’une petite accalmie entre deux perturbations, avec d’abord un mix de cumulus et de stratocumulus donnant encore quelques pluies ou averses. Ensuite les précipitations cessent mais le ciel se couvre déjà des cirrostratus et altostratus de la perturbation suivante. Et dès le milieu de l’après-midi, des pluies nous reviennent à partir du sud-ouest. À noter que l’ouest du pays connaît temporairement de belles éclaircies avec quelques bourgeonnements instables. En surface, les vents soufflent de sud-ouest avant de tourner au sud en soirée. Dans l’air post-frontal un peu plus frais, les maxima sont en légère baisse par rapport au dernier jour de 2023, mais atteignent encore 10°C au littoral, 8 à 9°C en plaine et 3 à 4°C sur les hauteurs. Durant la nuit suivante, notre pays repasse du côté chaud des perturbations avec des températures qui remontent fortement en fin de nuit et des précipitations qui sont abondantes. 2 janvier 2024 Une dépression dénommée « Henk » se déplace de l’Océan à la Mer du Nord en passant par le sud des Îles Britanniques. Source : KNMI Notre pays reste longtemps dans le secteur chaud d’une perturbation très active, avec de fortes précipitations surtout sur le sud et l’est du pays. Les températures sont fort élevées pour la saison, avec 14°C au littoral et sur l’ouest du pays, sinon 12 à 13°C en plaine et 7 à 8°C sur les hauteurs avec, globalement, une douceur persistant tout au long de la journée. Le ciel est couvert d’un nimbostratus pluvieux avec ses habituels stratocumulus doublés de cumulus ou de stratus fractus à bas niveau. Le vent en surface souffle de sud à sud-ouest en s’intensifiant, avec des rafales atteignant 100 km/h en mer dès l’après-midi avant de franchir ce seuil en soirée au littoral juste après le passage du front froid. Dunkerque atteint 107 km/h à 19 heures et Middelkerke, 104 km/h à 20 heures. Des rafales supérieures à 80 km/h sont observées sur toute la partie ouest du pays et ponctuellement aussi sur le centre. Les cotes de précipitations sont élevées. Sur les relevés 8h à 8h, on comptabilise 55,8 mm à Bièvre ; 40,2 mm à Florennes ; 36,6 mm à Sivry ; 34,2 mm à Elsenborn ; 31,2 mm à Buzenol ou encore 30,9 mm à Chièvres. Notamment le sud du pays est victime d’inondations. Les localités les plus touchées : Neufchâteau, Mellier, Virton, Arlon et Messancy. En outre, l’administration communale de Martelange a dû fermer ses portes car le bâtiment était sous eau, tandis que le village de Rouvroy, dans l’extrême sud-ouest de la Gaume, s’est retrouvé sans électricité. Situation de la Semois le matin suivant ces précipitations : En Flandre, c’est le vent qui a fait une victime : une femme de 59 ans heurtée par une clôture emportée par le vent à Kaprijke, non loin d’Eeklo et de Maldegem. 3 janvier 2023 Notre pays se retrouve à nouveau dans un air post-frontal très instable, où se dessinent également quelques lignes post-frontales. Dans cet air polaire maritime très indirect, les maxima de température ne montent guère moins haut que la veille, avec des valeurs souvent proches de 10°C en plaine et de 4 à 5°C sur les hauteurs. Quelques petites variations sont observées au gré des averses, mais la température en plaine en journée ne descend presque jamais en dessous de 8°C. En altitude cependant, en raison des basses pressions et de la détente adiabatique, la douceur est moins marquée. On est même proche des normes saisonnières avec 1°C au niveau 850 hPa (vers 1300 mètres) et –9°C au niveau 700 hPa (vers 2850 mètres). Il en résulte une instabilité assez forte pour la saison, avec une décroissance de 0,8 à 0,9°C/100 m dans les basses couches et de quelques 0,7°C/100 m entre les niveaux 850 et 500 hPa. Cette instabilité se marque dans le ciel dès le matin, comme le montre la webcam de Braine-l’Alleud à 8h30. La dépression Henk, au niveau du Danemark, butte contre la montagne d’air froid sur la Scandinavie et se met presque à faire du surplace avant de repartir vers l’est mais déviée dans sa trajectoire, pour cette fois suivre le nouveau front formé par cet air très froid. Il faut savoir que des températures extrêmement froides sont relevées notamment en Suède où, à 16 heures, certaines valeurs se situent entre –38 et –39°C. Même si ce froid n’a encore aucune influence sur nos températures, le séjour plus long de la dépression Henk non loin de nos contrées a certainement une influence sur le maintien voire le renforcement de l’instabilité dans l’air post-frontal. Source : KNMI Nous observons donc, en Basse et Moyenne Belgique, des nuages d’instabilité dès le matin et qui persistent tout au long de la journée, avec régulièrement des averses, parfois même orageuses. Ces cumulus et cumulonimbus, comme souvent en hiver, se font accompagner de très nombreux stratocumulus, de telle sorte que nous n’avons pas les beaux ciels de traîne qu’on a l’habitude d’observer aux autres saisons. C’est vers l’ouest que les éclaircies sont les meilleures et là, parfois, on a la chance de pouvoir bien voir la structure d’une cellule. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 3 janvier à 12h00 Webcam BMCB – Kluizen – 3 janvier à 13h50 C’est dans ce contexte que s’est formée une tornade frappant la province d’Anvers, à Wavre-Notre-Dame et à Putte. Cette tornade, qui parcourt presque 9 kilomètres, endommage une cinquantaine de maisons, dont deux sont déclarées inhabitables. Ci-dessous, la photo 1 montrent l’entonnoir de la tornade et la photo 2, les débris qui voltigent au sein de la tornade. Les sources sont, respectivement, Nieuwsblad et Weather News. Selon le météorologue Samuel Helsen, le vent, à l’heure et à l’endroit de la tornade, souffle de sud-ouest à environ 25 km/h en surface tandis qu’il augmente à 75 km/h en s’orientant à l’ouest vers 1000 mètres d’altitude. Il y a bien quelques divergences entre les modèles, mais il semble que le cisaillement décrit soit bien celui présent lors de la formation de la tornade. À cela s’ajoute un base de nuages plutôt basse, inférieure à 500 mètres, avec le sommet du cumulonimbus atteignant quelques 6500 mètres. Grâce aux images radars, nous savons qu’il s’agit d’une supercellule LT et grâce à l’enquête de terrain, nous savons que le tornade peut être considérée comme une F1, mais très ponctuellement F2. 4 janvier 2024 Les yeux sont à nouveau rivés vers le froid. Le nord et l’est de la Scandinavie connaissent des températures inhabituellement froides, voire carrément extrêmes. Cela fait bien longtemps qu’on n’a plus vu un tel pôle du froid sur le territoire européen. Dans le nord de la Suède, la température minimale descend jusqu’à –42,6°C à Naimakka (402 m) et jusqu’à –42,4°C à Nikkaluokta (467 m), tandis qu’au nord du Golfe de Botnie, gelé, les températures minimales atteignent encore des valeurs de –30 à –37°C. En Finlande, la barre des –30°C est même atteinte dans le sud du pays. La dépression Henk, qui a repris sa route, traverse la Pologne en restant au sud de la « montagne » d’air froid. Chez nous, la circulation d’air océanique est encore en place, mais ralentit. L’air reste doux avec des valeurs autour de 10°C en plaine et de 4 à 5°C sur les hauteurs. Grâce à l’arrivée d’un secteur chaud, le temps reste doux en soirée tandis que les températures réatteignent quasiment le même niveau qu’en journée en milieu de nuit. Source : KNMI Les précipitations, encore présentes en matinée surtout sur l’est, diminuent graduellement. D’ailleurs, presque plus aucune cote supérieure à 5 mm n’est relevée. En outre, des éclaircies se développent, ce qui fait que la journée est loin d’être désagréable. En effet, le mix de stratocumulus et de nuages convectifs se disloque pour faire place essentiellement à des cumulus (fractus) et quelques rayons de soleil. En fin de journée, on observe des bancs d’altocumulus. Sur l’ouest du pays, les éclaircies sont même larges avec de véritables périodes ensoleillées. En cours de nuit cependant, quelques précipitations reviennent. Le vent, qui soufflait d’ouest à sud-ouest, prend à présent une orientation sud avec tendance sud-est sur le nord du pays. Sur le nord des Pays-Bas, les vents soufflent déjà d’est avec des températures qui, à minuit, n’atteignent plus que 2 à 4°C. Le changement de temps ne se fera désormais plus trop attendre. 5 janvier 2024 Le froid s’avance. Le sud de la Scandinavie est à présent aussi touché par le grand froid, avec des températures s’approchant des –30°C. À Lillestrøm (à peine une centaine de mètres d’altitude), le minimum atteint –29,3°C. Là, on n’est plus qu’à 20 kilomètres d’Oslo. Pour ce qui nous concerne, la dépression passe encore juste au nord de nos régions, ce qui fait que le vent revient rapidement au sud-ouest. Une occlusion, enroulée autour de cette dépression, s’avance sur la partie nord du pays en attirant des vents d’ouest à nord-ouest sur la bande côtière. Malgré cela, nous restons dans de l’air doux, même si nous perdons quelques degrés par rapport à la veille avec des valeurs de 7 à 9°C en plaine et de 4 à 5°C sur les hauteurs. Source : KNMI La proximité de l’occlusion fait en sorte que la journée est à nouveau bien grise et pluvieuse, avec des totaux pluviométriques à nouveau plus conséquents, dépassant les 10 mm en bien des endroits. Le ciel est couvert d’un nimbostratus avec ses habituels fractus, ou alors de stratocumulus lorsqu’il ne pleut pas, ou moins. Le sud-est et l’est du pays connaissent un temps moins pluvieux avec quelques éclaircies, mais aussi beaucoup de stratocumulus. Ceci nous amène à dire que les premiers jours de janvier 2024 ont été très pluvieux, mais aussi fort doux, avec une moyenne de température qui s’élève à Uccle à 8,5°C. C’est beaucoup, même si l’on reste loin derrière les 10,2°C des 5 premiers jours de 2023 avec alors, au moment de se souhaiter la bonne année, 16,2°C en pleine nuit à Uccle ! À noter que le très doux début de 2022 a aussi donné 8,5°C comme moyenne pour les 5 premiers jours. Mais en 2024, c’est clair, la douceur ne va pas durer ! 6 janvier 2023 Maintenant, on est passé en dessous des –30°C dans les environs immédiats d’Oslo. Lillestrøm (108 m) a mesuré –32,0°C et Bjornholt (360 m), –31,1°C comme températures minimales. Mais il y a de grandes disparités. Tryvasshoogda (514 m), moins touchée par l’inversion nocturne, n’est descendue qu’à –18,0°C. Un peu au sud, dans le fjord d’Oslo, on ne descend que jusqu’à –15°C. À Blindern, station officielle d’Oslo, le minimum est de –23,1°C, ce qui ne constitue pas un record mais peut être considéré comme très froid pour la région. Ailleurs en Scandinavie, on remarquera notamment le froid inhabituel du sud de la Finlande, avec par exemple –34,6°C à Kauhava. La limite du gel se trouve à présent sur le nord de l’Allemagne et commence à effleurer les Pays-Bas. Notre pays se trouve dans une sorte de no man’s land entre l’air doux et l’air froid, avec un vent qui a déjà changé de direction, soufflant de nord-ouest à nord en journée et plus franchement de nord en soirée. En effet, la circulation d’ouest atlantique s’est complètement effondrée entre-temps. Une crête anticyclonique sur l’Océan, qui a commencé à prendre de l’importance la veille, cherche à présent à fusionner avec l’anticyclone scandinave, ne laissant ainsi plus aucune chance aux nouvelles perturbations d’atteindre notre pays. Mais les anciennes perturbations sont encore présentes, avec nuages et (faibles) précipitations à la clé. Accompagnant des températures en lente baisse dans les basses, puis aussi dans les moyennes couches de l’atmosphère, ces nuages et pluies donne un temps fort désagréable. Source : KNMI Le ciel est donc couvert de stratocumulus, doublés de cumulus et parfois aussi de fractus, avec encore des pluies et bruines qui, à partir de l’après-midi, s’éloignent vers l’est. Au littoral, le temps est légèrement plus instable avec, là, quelques petites averses mais aussi de (très) timides éclaircies. Les températures maximales, atteintes en début de journée, se situent le plus souvent entre 5 et 6°C en plaine (7°C au littoral) et entre 2 et 3°C sur les hauteurs. L’après-midi, seul le littoral se maintient à 7°C, sinon on observe déjà une baisse de quelques degrés avec des températures passant sous 0°C sur les hauteurs, avec là déjà des flocons de neige. Mais il ne semble pas y avoir d’enneigement du sol. 7 janvier 2024 En Basse et Moyenne Belgique, une autre journée désagréable nous attend. L’air est encore un peu plus froid, si bien que les maxima ne dépassent plus 1 à 2°C en plaine (3 à 4°C au littoral). Mais l’humidité demeure très présente et les restants de perturbation distillent de petites précipitations, parfois sous forme de neige fondante. Source : KNMI Le ciel est particulièrement monotone avec essentiellement des stratus, parfois fractus, sinon des stratocumulus. Sur le nord-est du pays, on observe l’après-midi quelques trouées. La région d’Anvers note aussi quelques éclaircies en fin de journée. Sur les Hauts Plateaux par contre, on assiste à une lente arrivée de l’hiver avec souvent même un bon blanchiment des paysages, comme ci-dessous à Bullange. À la Baraque de Fraiture, il neige aussi mais l’enneigement est encore très maigre. Les températures maximales, sur les hauteurs, restent désormais inférieures à zéro degré. 8 janvier 2024 La cellule anticyclonique atlantique s’est à présent entièrement intégrée dans l’anticyclone scandinave et c’est lui, désormais, qui détermine le temps sur nos régions avec des vents pénétrants de nord-est. À présent, il gèle sur tout le pays avec des minima de –2 à –3°C en plaine et de –6 à –7°C sur les hauteurs. En journée, la température atteint encore 1°C sur une mince bande littorale, sinon il gèle de façon permanente avec souvent –1°C en plaine et jusqu’à –6°C dans les Hautes-Fagnes. Il ne reste plus qu’une faible perturbation, en provenance du Danemark, à traverser le pays et celle-ci donne quelques chutes de neige en de nombreux endroits du pays. À Bruxelles, le sol devient assez blanc en fin de matinée, puis cette neige se sublime l’après-midi dans un air qui devient graduellement plus sec. C’est souvent le cas aussi en Haute Belgique. Les endroits qui restent les plus blancs sont, par exemple, la Baraque de Fraiture, Sourbrodt et Weisser Stein. Le ciel est le plus souvent très nuageux avec un mix de stratocumulus et de petits nuages convectifs. Ces nuages se dispersent l’après-midi et laissent la place à un ciel voilé de cirrostratus. Celui s’effiloche à son tour avec, à l’est du pays, déjà de belles éclaircies avec cirrus. En Europe, le temps reste glacial en Scandinavie, mais le pôle du froid s’est surtout déplacé vers les États Baltes avec, en Lituanie, –23,0°C à Vilnius mais jusqu’à –27,5°C à Utena. En Lettonie, on relève jusqu’à –29,1°C à Daugavpils. L’Estonie est un peu plus épargnée avec « seulement » –15,8°C à Tallinn, mais aussi –22 à –25°C à l’intérieur des terres et jusqu’à –27°C au sud du pays. 9 janvier 2024 Jusqu’à présent, le temps est resté fort gris sur notre pays. Uccle n’a encore enregistré que 4h47 d’insolation, ce qui revient à une moyenne qu’un peu moins de 36 minutes par jour. Ça change ! C’est une journée très ensoleillée qui nous attend en ce 9 janvier, mais froide. La nuit, la température est descendue jusqu’à –5 à –6°C sur presque l’ensemble de la Basse et Moyenne Belgique. En Haute Belgique, on a enregistré –10,6°C à Mont-Rigi ; –9,7°C à Elsenborn et –9,1°C à Saint-Hubert. En raison du vent, il n’y a pas eu de « froid radiatif ». Ce sont la masse d’air et l’altitude qui ont été déterminantes pour la température et donc c’est le point le plus haut qui a eu le minimum le plus bas. Un anticyclone à deux noyaux, l’un sur le nord de l’Écosse et l’autre sur la Pologne, nous envoie un flux d’air continental froid. Cette configuration nous coupe cependant d’un possible afflux d’air arctique, air arctique qui, d’ailleurs, a été magistralement chassé de la Scandinavie. Au centre de la Suède, les températures maximales qui ne dépassaient souvent pas –17 à –23°C le 7 janvier, ont fait place à des valeurs proches de 0°C le 8 janvier et à des températures de+4 à +7C le 9 janvier. Les poches d’air froid qui persistaient encore, le 8 janvier, sur le sud de la Norvège (+ sud-ouest de la Suède) et sur les États Baltes ont été évacuées aussi. La confrontation ci-dessous entre carte météo et carte de températures (max du 09/01/2024) permet de bien voir ce qui se passe au niveau des masses d’air. Source : KMNI et Kachelmann Chez nous, le temps est très ensoleillé, avec un froid hivernal sommes toutes assez agréable et des températures, l’après-midi, qui restent légèrement inférieures à 0°C en plaine (sauf aux abords immédiats de la mer avec +2°C), et comprises entre –3 et –5°C sur les hauteurs. Le ciel est parfaitement serein. Tout au plus voit-on l’après-midi, près de l’horizon, quelques bancs d’altocumulus, nuages un peu plus visibles depuis l’Entre-Sambre-et-Meuse. La neige du 8 janvier a été trop sèche et trop peu abondante pour donner un enneigement durable. Seules quelques localités en Haute Belgique sont encore blanches, comme par exemple Sourbrodt. Sinon, bien souvent, l’enneigement est incomplet voire absent. Webcam MB – Sourbrodt – 9 janvier 2024 à 16h 10 janvier 2024 Une autre journée ensoleillée et froide. Mais le ciel n’est plus tout à fait serein. On note quelques cirrus, ici et là quelques altocumulus et parfois d’importants – mais temporaires – champs de stratocumulus. En Gaume, ceux-ci sont présents en matinée, puis à nouveau en fin d’après-midi. Dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, on observe plusieurs champs nuageux (altocumulus / stratocumulus) vers midi et en début d’après-midi. Au centre du pays, le ciel est envahi par des stratocumulus vers le milieu de l’après-midi. La plupart de régions, à un moment ou à un autre, sont confrontées à ces stratocumulus, mais cela ne diminue que peu la durée totale de l’ensoleillement. Les températures sont à nouveau froides. Les températures minimales descendent presque partout entre –6 et –7°C en plaine. Kleine Brogel affiche même –8°C. Du côté de l’Entre-Sambre-et-Meuse, il fait localement encore un peu plus froid avec –8,6°C à Dourbes et –7,9°C à Florennes, tandis que Gosselies affiche –8,7°C. La température la plus froide de la nuit revient à Elsenborn avec –10,2°C pendant que Mont-Rigi est à –8,1°C. Le vent diminuant, le froid radiatif reprend ses droits, mais on reste loin des extrêmes relevés par temps vraiment calme. Sur le réseau BCMB, la plus basse valeur est celle de Membach-Baelen avec –11,4°C. La couche de neige, comme la veille, est souvent fine et incomplète, ce qui n’empêche pas de très beaux paysages hivernaux. Baraque Michel – Crédit photo : Alexis Papapanayotou Les températures maximales sont à nouveau le plus souvent légèrement négatives, sauf en bordure immédiate de la mer (+1°C). C’est du côté de Saint-Hubert qu’il fait le plus froid avec –3°C. Conclusion Cette première décade de janvier 2024, sans avoir été exceptionnelle, a cependant rompu avec une certaine monotonie météorologique qui s’était installée les mois précédents. Au niveau des températures, la petite période de froid que nous venons de vivre est comparable à celle de décembre 2022. Alors les minima étaient également descendus à –5 / –7°C à Uccle ; pour les maxima par contre, on n’avait tout juste pas atteint le seuil de jour d’hiver avec 0,1°C le 9 décembre et 0,6°C le 10 décembre. Au niveau des contrastes, janvier 2024 a subi une rapide baisse des températures au moment où le froid nous arrivait ; décembre 2022 avait par contre subi une forte hausse des températures au moment où le froid nous avait quitté, mais dans des proportions comparables à la baisse de janvier 2024. En février 2021, le froid avait été plus intense, avec à Uccle des minima jusqu’à –8,6°C le 10 et des jours d’hiver plus marqués aussi, avec un maximum de –4,1°C le 8. Ce coup de froid s’était aussi accompagné d’une couche de neige à Uccle, qui avait persisté plusieurs jours. Comme quoi, le froid n’a pas encore disparu de notre climat mais, c’est vrai, les coups de froid perdent en intensité alors que les coups de chaleur gagnent en intensité. Au niveau des précipitations, on retiendra notamment de ce janvier le gros épisode pluvieux du début du mois, qui a localement donné plus de 100 mm de précipitations en un peu plus de deux jours sur le versant sud de l’Ardenne, comme par exemple à Bouillon (113,3 mm) et à Straimont (119,1 mm), avec inondations à la clé. Source : Info Météo Enfin, nous avons connu une tornade le 3 janvier 2024. Les tornades hivernales sont moins rares qu’on ne croit. Le 2 janvier 2022, une tornade avait frôlé la Belgique en passant par Nieuwstadt (NL) et Isenbrucht (DE). Le 25 janvier 2014, deux tornades assez dévastatrices se sont produites à Rekkem et à Wingene. Enfin en novembre, une tornade a parcouru plus de 20 kilomètres dans les régions de Le Rœulx et de Saint-Vaast en 2017 en provoquant pas mal de ravages. La tornade du 3 janvier 2024 a parcouru 8,8 kilomètres et a atteint ponctuellement un niveau F2, ce qui peut être considéré comme assez remarquable pour l’hiver. La tornade de Rekkem en 2014 avait cependant été plus puissante (F2 à plusieurs reprises) et avait persisté sur un trajet plus long (14 kilomètres). Comme quoi, rien d’exceptionnel en ce début d’année 2024, mais une météo très intéressante quand même.
  8. UNE PREMIÈRE DÉCADE D’OCTOBRE PARTICULIÈREMENT CHAUDE Une fois de plus, nous venons de vivre une décade particulièrement chaude, mais une fois n’est pas de coutume, on a fait beaucoup mieux il y a 102 ans. La période exceptionnellement chaude d’octobre 1921 est restée dans les annales climatologiques et demeure l’une des seules qui n’a pas encore été dépassée lors d’années récentes. Les événements chauds de l’époque ancienne, qui n’ont toujours pas connu d’équivalent de nos jours, se comptent sur les doigts d’une main. Il nous reste le 10 février 1899, où les 20°C ont été localement dépassés du côté de Liège. Il nous reste le 27 juin 1947, où des températures de 38-39°C ont été observées ici et là, ce qui reste unique pour un mois de juin. Il nous reste le 23 août 1944, où une petite partie du pays (à l’est) a connu des températures allant jusqu’à 38°C. Et il nous reste encore la fin septembre 1895 où la température frisait les 30°C, à nouveau du côté de Liège. À cela, on pourrait encore ajouter les 15 à 16 jours consécutifs où la température dépassait les 30°C en Basse et Moyenne Belgique durant l’été 1976. Voilà, c’est à peu près tout. Les autres phénomènes de chaleur extrême sont tous récents. Revenons à notre mois d’octobre 1921. La température a dépassé les 20°C à Uccle durant tous les 10 jours de la première décade. Les 5, 6, 7, 9 et 10 octobre, on dépassait même les 25°C avec 26,3°C le 6 octobre et 26,2°C le 9 octobre. Avec une moyenne de 18,8°C, c’est de loin la décade d’octobre la plus chaude jamais enregistrée. En deuxième position vient… 2023 avec 16,6°C. En pointe par contre, 2023 a fait mieux avec 26,5°C le 1er octobre. Encore mieux : 26,9°C le 1er octobre 2011 et 26,6°C le 1er octobre 1985. Bon ! Pas de médaille d’or pour 2023 cette fois-ci. Il n’en est pas moins que la répétition incessante de températures très anormalement chaudes est vraiment très inquiétante. Voyons en détail ce que nous a réservé le temps au cours des 10 premiers jours d’octobre 2023. 1er octobre 2023 Le temps est très beau avec quelques cirrus, un peu plus nombreux au littoral. Avec un petit vent de sud à sud-ouest, les températures montent déjà fort haut pour la saison, avec le plus souvent 24 à 25°C en plaine (23°C au littoral) et 20 à 22°C sur les hauteurs. Quelques stations enregistrent un jour d’été, comme Koersel (25,6°C) et Passendaele (25,1°C). À Uccle, le thermomètre affiche 24,2°C. Au Coq, on va encore à la plage ! 2 octobre 2023 Encore plus chaud ! Sous un ciel parfois voilé de cirrus à tendance cirrostratus et accompagné de quelques altocumulus, parfois castellanus et sous un vent du sud, les températures atteignent 25 à 27°C en plaine (24 à 25°C au littoral) et 23 à 24°C sur les hauteurs. Il s’agit là de valeurs extrêmes pour un mois d’octobre, qui s’approchent souvent des records et les battent parfois. Ci-dessous : cirrus à très nette tendance cirrostratus au-dessus de Braine-l’Alleud. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 2 octobre 2023 à 16h Rappelons que la plupart des records date de début octobre 2011. Ci-après, un tableau permettant de situer la journée du 2 octobre 2023 par rapport aux valeurs extrêmes précédentes. Lieu Max 02/10/23 2011 Record plus ancien si plus haut et si disponible Middelkerke 24,6°C 26,9°C (01/10/2011) Coxyde 26,0°C 28,0°C (01/10/2011) Dunkerque (FR) 26,8°C 26,7°C (03/10/2011) 27,4°C (01/10/1985) Beitem 25,9°C 27,8°C (01/10/2011) Semmerzake 25,0°C 27,4°C (01/10/2011) Lille (FR) 27,3°C 27,8°C (01/10/2011) Chièvres 26,0°C 28,9°C (01/10/2011) Gosselies 25,6°C 26,0°C (01/10/2011) Florennes 25,2°C 25,2°C (01/10/2011) Dourbes 25,4°C 26,0°C (01/10/2011) Uccle 26,5°C 26,9°C (01/10/2011) Zaventem 26,1°C 26,3°C (01/10/2011) Beauvechain 26,1°C 26,8°C (01/10/2011) Stabroek 25,6°C 27,0°C (02/10/2011) Deurne 25,6°C 26,2°C (02/10/2011) St-Kat-Waver 26,2°C 27,1°C (01/10/2011) Schaffen 26,3°C 27,3°C (01/10/2011) Kleine Brogel 25,6°C 27,8°C (01/10/2011) Koersel 26,6°C 26,6°C (03/10/2011) Maastricht (NL) 26,1°C 25,2°C (1+3/10/2011) 26,6°C (09/10/1995) Bierset 26,4°C 25,5°C (03/10/2011) 26,3°C (07/10/1965) Spa 23,7°C 24,1°C (01/10/2011) Mont-Rigi 22,5°C 23,9°C (01/10/2011) Elsenborn 23,5°C 25,7°C (01/10/2011) Saint-Hubert 22,6°C 24,1°C (01/10/2011) Luxembourg (LU) 23,9°C 26,0°C (01/10/2011) 3 octobre 2023 Avec des minima souvent de 17 à 18°C en plaine et de 15 à 16°C sur les hauteurs, nous venons aussi de vivre, en cette nuit du 2 au 3 octobre, l’une des nuits les plus chaudes d’octobre que notre pays n’ait connues au moins depuis 1982 (début de la publication ce type d’observations : nuit = 20h L.T. la veille -> 8h L.T. le matin). Températures minimales de la nuit du 2 au 3 octobre 2023 (entre parenthèses, la valeur la plus élevée depuis 1982). Bierset : 17,9°C (17,4°C le 15/10/1990) Uccle : 17,9°C (18,0°C le 03/10/1985) Zaventem : 17,7°C (18,0°C le 03/10/1985) Kleine Brogel : 16,8°C (17,3°C le 07/10/1997) Florennes : 17,1°C (16,3°C le 03/10/1985) Spa aérodrome : 17,4°C (15,2°C le 07/10/2009) Certaines de ces stations ont battu des records, voire pulvérisé comme à l’aérodrome de Spa. Plus remarquable encore, la bouffée d’air doux extrême qui s’est produite entre 1 et 6 heures du matin, juste à l’avant du front froid. À 1 heure, on observait déjà 22,0°C à Zeebruges et 21,8°C à Semmerzake. À 2 heures, la température commence à remonter aussi au centre du pays (Uccle passe de 20,3°C à 21,4°C entre 1 et 2 heures). À 3 heures, Bruxelles est en plein dans l’air doux avec 22,6°C (!) à Uccle et 21,5°C à Zaventem. À 4 heures, on observe même 22,7°C (!) à Sint-Katelijne-Waver. À 5 heures, c’est essentiellement le nord et le nord-est du pays qui connaissent des températures élevées, mais déjà un peu moins avec notamment 21,3°C à Schaffen. À Diepenbeek, la température ne redescendra en dessous de 20°C qu’à 7 heures. C’est unique dans l’histoire climatologique belge en octobre ! Les températures à 3 heures. Source : Kachelmann Wetter À faible altitude (entre 400 et 600 mètres), l’air est plus chaud encore avec 24°C. La température de 18°C au niveau 850 hPa (1513 mètres) est tout à fait remarquable aussi pour un mois d’octobre. Il est à noter que dans la série des sondages d’Uccle/Beauvechain, on retrouve une telle température le 29 (!) octobre 2022 (18°C au niveau 850 hPa à 1535 mètres d’altitude). Précédemment, les plus hautes températures relevées à ce niveau en octobre sont les 17°C du 24 octobre 2019 (1562 m) et les 17°C du 11 octobre 1978 (1570 mètres). Le passage du front froid et le renouvellement de la cellule anticyclonique mettront temporairement fin à cette exceptionnelle douceur. En outre, le positionnement de l’anticyclone au sud-ouest, puis au sud par rapport à nos régions nous place dans des courants maritimes faiblement perturbés. En ce 3 octobre, les maxima prennent des valeurs plus raisonnables en ne dépassant plus 18 à 19°C en plaine et 15 à 16°C sur les hauteurs. En plus, ces maxima ont généralement été atteints le matin. Vers le milieu de l’après-midi, les valeurs se situent entre 16 et 18°C en plaine et entre 12 et 14°C sur les hauteurs. Le temps est couvert en matinée avec stratocumulus doublé de cumulus (fractus) sous un altostratus (le tout distillant parfois encore des précipitations, tant sous forme de pluie ou de bruine que de petites averses) et limpide l’après-midi avec des cumulus se dispersant de plus en plus. Le nord du pays reste alors un peu plus instable, avec encore l’une ou l’autre averse. Le front froid, le matin, a laissé au passage 11,7 mm à Mont-Rigi et 11,6 mm à Bièvre. Les jours suivants La période du 4 au 6 octobre se caractérise par un temps souvent voilé de cirrus et de cirrostratus, parfois aussi d’altostratus. En dessous, on observe quelques bancs d’altocumulus et de stratocumulus, et une quantité variable de cumulus, avec ou sans stratocumulus. Les températures maximales diurnes évoluent de 17-18°C à 19-21°C en plaine et de 12-14°C à 14-16°C sur les hauteurs, ce qui reste au-dessus des normes saisonnières. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 4 octobre 2023 à 16h 7 octobre 2023 L’anticyclone reste certes positionné au sud de nos régions, mais les nuages des perturbations qui circulent au nord nous atteignent moins et l’air maritime devient de plus en plus tiède sur notre pays. Après la dispersion des altocumulus et stratocumulus matinaux, les éclaircies se font larges avec encore quelques cirrus. Le soir marque parfois le retour de quelques altocumulus. Webcam MB – Schaerbeek – 7 octobre 2023 à 14h Les températures sont à nouveau très élevées pour la saison, avec le plus souvent 22 à 23°C en plaine et 18 à 19°C sur les hauteurs. La nuit du 7 au 8 octobre, la température redevient extrême au niveau 850 hPa avec 17°C (1611 m). Il est à noter qu’entre 1951 et 2000 (2 sondages par jour), une telle température n’a été observée au-dessus de nos têtes qu’une seule fois au niveau 850 hPa, en l’occurrence le 11 octobre 1978. De nos jours, comme nous venons de voir, c’est devenu plus fréquent. Les températures en altitude, outre des valeurs moyennes plus élevées, semblent aussi subir une plus grande variabilité. Les extrêmes de chaleur, pulvérisant parfois des records, sont de plus en plus souvent observés à différents niveaux et différentes saisons, mais parfois aussi des extrêmes de froid comme en avril 2021. L’augmentation des situations de blocage n’est sans doute pas étrangère au phénomène. 8 octobre 2023 Un anticyclone situé la veille sur l’Islande s’est entre-temps déplacé vers la Mer du Nord pendant que l’autre anticyclone reste en place au sud de nos régions. Un front froid sépare ces deux anticyclones et frôle le nord de notre pays avant de remonter vers les Pays-Bas sous forme de front chaud. Source : KNMI De l’air chaud se trouve sur la France et lèche la frontière sud-ouest de la Belgique. Le ciel est presque le même que la veille. Quelques stratocumulus et altocumulus (pas présents partout) se dispersent en début de matinée, laissant la place à quelques cirrus. L’après-midi, l’on revoit quelques altocumulus, parfois floccus. Les températures sont les plus élevées sur l’ouest et le sud-ouest – sud du pays avec 24,9°C à Passendaele, 24,2°C à Dourbes et 24,1°C à Beitem. Juste au-delà de la frontière, à Lille, on monte même jusqu’à 26,3°C. Sinon, les températures sont souvent proches de 23°C en plaine et de 21°C sur les hauteurs ainsi qu’en bord de mer. À noter qu’aux Pays-Bas, au nord du front, les maxima sont le plus souvent compris entre 16 et 18°C. 9 octobre 2023 L’anticyclone rempli d’air frais, qui influençait le temps des Pays-Bas la veille, s’est vite déplacé vers le sud-est en perdant de l’importance. Le front est remonté, avec à nouveau une belle avancée de l’air chaud. Mais la présence de nuages, lié à la proximité d’un autre front, nous a empêché d’en profiter pleinement. En effet, le ciel est le plus souvent très voilé de cirrostratus et d’altostratus, auxquels s’ajoutent des bancs d’altocumulus. Les éclaircies arrivent trop tard pour bien faire remonter les températures. Malgré cela, ces dernières dépassent encore les 20°C à peu près partout, pour se situer généralement entre 20 et 22°C en plaine et autour des 20°C sur les hauteurs. Le long de la frontière française, les températures montent localement jusqu’à 25°C. 10 octobre 2023 L’anticyclone reprend le dessus et nous ramène des conditions estivales. Certaines stations observent même un véritable jour d’été. C’est le cas de Passendaele (25,6°C) et de Coxyde (25,3°C). À Lille, on note 27,2°C. De façon générale, les températures atteignent 24 à 25°C en plaine et 20 à 22°C sur les hauteurs. Les valeurs sont élevées même en bordure immédiate de la mer, comme à Zeebruges avec 24,0°C. Le temps est à nouveau beau avec des cirrus tandis que les altocumulus se dispersent pour la plupart en matinée. Le matin, on a eu aussi quelques bancs de brouillard. L’air très chaud (pour la saison) est à nouveau resté au sud, avec 28,0°C à Paris-Montsouris. Évreux est même montée jusqu’à 29,3°C. Une autre bulle d’air chaud s’est formée en Allemagne en contrebas de l’Eiffel et des Hautes-Fagnes avec 26,4°C à Cologne-Stammheim et 26,8°C à Bad Neuenahr. Quelques chiffres pour conclure[/sup] À Uccle, cette 1re décade du mois d’octobre 2023 nous a donné une température moyenne de 16,6°C. Dans le détail, nous avons les chiffres suivants (maximum et minimum de chaque jour) : Jour Max Min 01/10/2023 24,2°C 11,4°C 02/10/2023 26,5°C 14,7°C 03/10/2023 22,7°C 12,0°C 04/10/2023 17,9°C 10,4°C 05/10/2023 17,8°C 11,1°C 06/10/2023 19,8°C 10,8°C 07/10/2023 22,0°C 13,2°C 08/10/2023 22,7°C 12,5°C 09/10/2023 20,2°C 13,4°C 10/10/2023 24,7°C 12,0°C Parmi ces jours, 7 jours sont ≥20°C et 1 jour ≥25°C. À titre de comparaison, la 1re décade d’octobre 1921 nous a donné une température moyenne de 18,8°C. Dans le détail, nous avons les chiffres suivants (maximum et minimum de chaque jour) : Jour Max Min 01/10/1921 21,7°C 8,9°C 02/10/1921 24,0°C 9,6°C 03/10/1921 20,6°C 14,2°C 04/10/1921 24,3°C 14,2°C 05/10/1921 25,9°C 13,3°C 06/10/1921 26,3°C 14,8°C 07/10/1921 25,8°C 14,2°C 08/10/1921 24,4°C 13,7°C 09/10/1921 26,2°C 14,5°C 10/10/1921 25,6°C 13,1°C Parmi ces jours, 10 jours sont ≥20°C et 5 jour ≥25°C. Bon. Pour une fois, ce n’est pas l’année récente qui est l’année gagnante.
  9. ET ÇA CONTINUE, ENCORE ET ENCORE… Très agréable… Oui ! Mais très inquiétant aussi ! Une nouvelle remontée d’air chaud, liée à un anticyclone d’abord situé sur l’Europe Centrale, puis sur les Balkans, nous a valu deux journées de beau temps extrêmement doux pour la saison. 1er octobre 2023 Le temps est très beau avec quelques cirrus, un peu plus nombreux au littoral. Avec un petit vent de sud à sud-ouest, les températures montent déjà fort haut pour la saison, avec le plus souvent 24 à 25°C en plaine (23°C au littoral) et 20 à 22°C sur les hauteurs. Quelques stations enregistrent un jour d’été, comme Koersel (25,6°C) et Passendaele (25,1°C). À Uccle, le thermomètre affiche 24,2°C. Au Coq, on va encore à la plage ! 2 octobre 2023 Encore plus chaud ! Sous un ciel parfois voilé de cirrus à tendance cirrostratus et accompagné de quelques altocumulus, parfois castellanus et sous un vent du sud, les températures atteignent 25 à 27°C en plaine (24 à 25°C au littoral) et 23 à 24°C sur les hauteurs. Il s’agit là de valeurs extrêmes pour un mois d’octobre, qui s’approchent souvent des records et les battent parfois. Ci-dessous : cirrus à très nette tendance cirrostratus au-dessus de Braine-l’Alleud. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 2 octobre 2023 à 16h Rappelons que la plupart des records date de début octobre 2011. Ci-après, un tableau permettant de situer la journée du 2 octobre 2023 par rapport aux valeurs extrêmes précédentes. Lieu Max 02/10/23 2011 Record plus ancien si plus haut et si disponible Middelkerke 24,6°C 26,9°C (01/10/2011) Coxyde 26,0°C 28,0°C (01/10/2011) Dunkerque (FR) 26,8°C 26,7°C (03/10/2011) 27,4°C (01/10/1985) Beitem 25,9°C 27,8°C (01/10/2011) Semmerzake 25,0°C 27,4°C (01/10/2011) Lille (FR) 27,3°C 27,8°C (01/10/2011) Chièvres 26,0°C 28,9°C (01/10/2011) Gosselies 25,6°C 26,0°C (01/10/2011) Florennes 25,2°C 25,2°C (01/10/2011) Dourbes 25,4°C 26,0°C (01/10/2011) Uccle 26,5°C 26,9°C (01/10/2011) Zaventem 26,1°C 26,3°C (01/10/2011) Beauvechain 26,1°C 26,8°C (01/10/2011) Stabroek 25,6°C 27,0°C (02/10/2011) Deurne 25,6°C 26,2°C (02/10/2011) St-Kat-Waver 26,2°C 27,1°C (01/10/2011) Schaffen 26,3°C 27,3°C (01/10/2011) Kleine Brogel 25,6°C 27,8°C (01/10/2011) Koersel 26,6°C 26,6°C (03/10/2011) Maastricht (NL) 26,1°C 25,2°C (1+3/10/2011) 26,6°C (09/10/1995) Bierset 26,4°C 25,5°C (03/10/2011) 26,3°C (07/10/1965) Spa 23,7°C 24,1°C (01/10/2011) Mont-Rigi 22,5°C 23,9°C (01/10/2011) Elsenborn 23,5°C 25,7°C (01/10/2011) Saint-Hubert 22,6°C 24,1°C (01/10/2011) Luxembourg (LU) 23,9°C 26,0°C (01/10/2011) Nuit du 2 au 3 octobre 2023 Avec des minima souvent de 17 à 18°C en plaine et de 15 à 16°C sur les hauteurs, nous venons aussi de vivre l’une des nuits les plus chaudes d’octobre que notre pays ait connues au moins depuis 1982 (début de ce type d’observations : nuit = 20h L.T. la veille -> 8h L.T. le matin). Températures minimales de la nuit du 2 au 3 octobre 2023 (entre parenthèses, la valeur la plus élevée depuis 1982). Bierset : 17,9°C (17,4°C le 15/10/1990) Uccle : 17,9°C (18,0°C le 03/10/1985) Zaventem : 17,7°C (18,0°C le 03/10/1985) Kleine Brogel : 16,8°C (17,3°C le 07/10/1997) Florennes : 17,1°C (16,3°C le 03/10/1985) Spa aérodrome : 17,4°C (15,2°C le 07/10/2009) Certaines de ces stations ont battu des records, voire pulvérisé comme à l’aérodrome de Spa. Plus remarquable encore, la bouffée d’air doux extrême qui s’est produite entre 1 et 6 heures du matin, juste à l’avant du front froid. À 1 heure, on observait déjà 22,0°C à Zeebruges et 21,8°C à Semmerzake. À 2 heures, la température commence à remonter aussi au centre du pays (Uccle passe de 20,3°C à 21,4°C entre 1 et 2 heures). À 3 heures, Bruxelles est en plein dans l’air doux avec 22,6°C (!) à Uccle et 21,5°C à Zaventem. À 4 heures, on observe même 22,7°C (!) à Sint-Katelijne-Waver. À 5 heures, c’est essentiellement le nord et le nord-est du pays qui connaissent des températures élevées, mais déjà un peu moins avec notamment 21,3°C à Schaffen. À Diepenbeek, la température ne redescendra en dessous de 20°C qu’à 7 heures. C'est unique dans l'histoire climatologique belge en octobre ! Les températures à 3 heures. Source : Kachelmann Wetter À faible altitude (entre 400 et 600 mètres), l’air est plus chaud encore avec 24°C. La température de 18°C au niveau 850 hPa (1513 mètres) est tout à fait remarquable aussi pour un mois d’octobre. Et voilà ! Encore un phénomène chaud ! À quand le suivant ?
  10. UNE PÉRIODE TRÈS DOUCE QUI CLÔTURE UN MOIS DE SEPTEMBRE HORS NORMES Le mois de septembre 2023 a tout d’un mois de juillet normal (normes 1991-2020), tant au niveau des températures qu’au niveau des précipitations et de l’insolation. Pour les températures, il s’agit d’un record. Jamais un mois de septembre n’a été aussi chaud que celui de 2023. Le précédent record n’est d’ailleurs pas très ancien : il date de 2006. 1. Chiffres de septembre 2023 à Uccle, comparés un mois de juillet normal Température moyenne 18,8°C 18,7°C Moyenne des maxima 24,0°C 23,2°C Moyenne des minima 14,1°C 14,1°C Total des précipitations 64,3 mm 76,9 mm Jours avec précipitations 8 14,3 Heures d’insolation 194h08 203h14 2. Chiffres de septembre 2023 à Uccle, comparés à septembre 2006 Température moyenne 18,8°C 18,4°C Moyenne des maxima 24,0°C 23,4°C Moyenne des minima 14,1°C 13,8°C Total des précipitations 64,3 mm 9,6 mm Jours avec précipitations 8 7 Heures d’insolation 194h08 160h30 Comme on peut le voir, septembre 2023 n’a rien à envier à un mois d’été et fait bien mieux que septembre 2006, sauf pour les précipitations. Déroulement de la période Après la vague de chaleur exceptionnelle du début du mois, nous entrons à nouveau dans une période particulièrement douce, qui dure du 25 au 30 septembre. Cette fois-ci, nous ne battons pas de records ponctuels, mais l’addition de ces deux périodes à températures élevées est extraordinaire pour un mois de septembre. Commençons notre récit par la veille, le 24 septembre. 24 septembre 2023 Après une très brève période de temps frais les 22 et 23 septembre, le matin du 24 septembre est encore froid, surtout aux endroits fort exposés au froid radiatif. Elsenborn enregistre 0,3°C, Gouvy 2,2°C, Bièvre 2,6°C et Buzenol 3,0°C. En plaine, on descend jusqu’à 5,2°C à Koersel. À Uccle, les 7,9°C de ce matin sont la seule température un peu froide de ce mois de septembre. La décharge d’air polaire à l’arrière d’un front froid, qui nous a valu ce temps plus frais, est rapidement influencée par un anticyclone qui, au départ de la péninsule ibérique, a traversé la France et se trouve actuellement sur l’Allemagne. Source : KMNI Grâce au soleil et à un vent désormais orienté au sud, les températures remontent et atteignent à nouveau la barre des 20°C sur un bon tiers nord-est du pays, ainsi que sur le centre. Ailleurs elles s’en approchent, sauf sur les Hauts Plateaux où il ne fait encore que 16 à 17°C. Le ciel est bien bleu, avec quelques cirrus et quelques petits cumulus. Au littoral, on observe aussi quelques gros altocumulus en fin de journée. Dans les vallées froides le matin, quelques bancs de brouillard se sont également formés. 25 septembre 2023 À partir du 25 septembre, nous nous trouvons, sur la bordure occidentale de l’anticyclone, dans un flux faiblement perturbé mettant en scène des masses d’air peu différenciées, en l’occurrence de l’air tropical assez direct et de l’air maritime très méridional, fortement réchauffé par son passage à proximité voire au-dessus de la péninsule ibérique. En ce 25 septembre, nous trouvons à l’avant d’un très faible front froid qui atteint à la mi-journée le littoral et qui s’avance très lentement jusqu’au centre du pays en soirée et la nuit, avant de reculer à nouveau. Après une nuit bien moins froide que la précédente, les maxima diurnes sont en hausse aussi, et atteignent 22 à 23°C en plaine (20 à 21°C au littoral) et 19°C sur les hauteurs. La proximité du front donne un ciel par moment voilé de cirrus voire de cirrostratus, avec des bancs d’altocumulus dont certain prennent un caractère de lenticularis. Sur l’ouest, les altocumulus sont plus denses et plus nombreux, et on observe également des stratocumulus. Sur le sud-est du pays, en contrepartie, le ciel est plus bleu avec des cirrus plus épars, sans (ou avec très peu d’)altocumulus. 26 septembre 2023 Nous sommes à nouveau à l’est du front froid. Le ciel dégagé et la nuit déjà plus longue donnent encore, très localement, des températures nocturnes basses sur l’est et le sud du pays. Elsenborn enregistre 2,4°C, Bièvre 4,7°C et Buzenol 4,9°C. Au centre et à l’ouest du pays, avec des minima qui ne descendent parfois pas en dessous de 12 ou 13°C, on peut parler d’une nuit plutôt douce. En journée, on atteint à nouveau 22 à 23°C en plaine et 19 voire 20°C sur les hauteurs. Localement, il fait encore un peu plus doux avec 23,8°C à Koersel et 23,6°C à Coxyde. Comme le front reste dans les parages, le ciel reste souvent voilé avec des cirrus (parfois spissatus épais voire altostratus translucidus) et des altocumulus. Webcam MB – Cerfontaine – 26 septembre 2023 à 18h L’air tiède et le soleil voilé, pas trop chaud, confère à l’atmosphère de ce jour une douceur toute particulière. 27 septembre 2023 La dépression de tempête « Agnès », responsables de vents forts jusqu’à 110 à 120 km/h sur l’Irlande et le Pays de Galles (jusqu’à 127 km/h à Capel Curig), accentue encore un peu plus la remontée d’air chaud sur l’Europe. Le gros de la chaleur passe juste au sud et à l’est de notre pays, avec 27,2°C à Nancy (Essey), 27,1°C à Paris (Montsouris), 25,5°C à Nörvenich et 25,3°C à Cologne (Stammheim). En Belgique, seule la station de Koersel atteint le seuil d’une journée d’été, avec 25,6°C. D’autres stations s’en approchent comme Kleine Brogel et Genk avec 24,6°C. Ailleurs, on peut également parler d’une journée très douce, avec 23 à 24°C en plaine et, surtout, 21 à 22°C sur les plus hauts plateaux. Au littoral, on atteint 22°C aussi. Le ciel est à nouveau voilé, avec gros cirrus spissatus tendant vers le cirrostratus ou l’altostratus translucidus, le tout à nouveau accompagné de quelques bancs d’altocumulus. Les éclaircies sont à nouveau les meilleures sur le sud-est du pays. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 27 septembre 2023 à 12h En soirée et la nuit, juste à l’avant d’un front froid, un vent assez fort entre 500 et 1000 mètres d’altitude (75 à 80 km/h) véhicule de l’air très doux avec 22°C à 500 mètres et 18°C à 1000 mètres. Cet air doux descend partiellement jusqu’en surface avec une remontée des températures en pleine nuit. À minuit, on observe 20,7°C à Semmerzake et 20,6°C à Gosselies. À 1 heure (28/09/2023), la bulle d’air doux est remontée vers le nord, avec 21,1°C à Uccle et même 21,3°C à Stabroek. Même certains fonds de vallée profitent de l’air doux. À Mélin par exemple, la température atteint 16,6°C à 21 heures mais remonte à 19,6°C à minuit (la proche station de Beauvechain, située en plateau, oscille entre 19,7 et 20,3°C durant le même laps de temps). 28 septembre 2023 Le front froid traverse le pays durant la nuit, avec une faible baisse des températures. L’air toujours véhiculé par la tempête Agnès reste doux même à l’arrière du front. Les minima, le plus souvent compris entre 14 et 16°C en Basse et Moyenne Belgique, restent très élevés pour la saison. Au sud-est du pays, la situation est plus variable avec un air doux qui n’a pas toujours su s’imposer jusqu’au sol. À Buzenol, la température est descendue jusqu’à une valeur (très relativement) fraîche de 10,2°C. La différence est grande aussi entre l’aérodrome de Spa (14,1°C) et Elsenborn (9,4°C). En journée, les maxima perdent quelques petits degrés par rapport à la veille, avec 21 à 22°C en plaine, un peu moins à l’ouest avec 19 à 20°C et à peu près autant qu’à l’ouest sur les Hauts Plateaux. Le ciel reste voilé de cirrus et de cirrostratus, mais la présence de cumulus fractus, évoluant par la suite en cumulus humilis (parfois aussi étalement en stratocumulus) témoigne du fait qu’on se trouve à l’arrière du front froid. Sur les eaux encore chaudes de la Mer du Nord, les nuages se développent un peu plus (mix de cumulus et de stratocumulus au-dessus du littoral). Webcam MB – Braine-l’Alleud – 28 septembre 2023 à 12h En soirée, une ondulation sur le front fait en sorte que nous repassons de l’autre côté du front, dans le secteur chaud d’une autre faible perturbation, avec à la clé une nouvelle bouffée d’air nocturne particulièrement doux. C’est souvent entre 11 heures du soir et minuit que les températures commencent à remonter. Source : KNMI 29 septembre 2023 Aux petites heures, la température atteint à nouveau 18 à 19°C sur une bonne partie de la Basse et Moyenne Belgique. Le matin, on frôle même les 20°C par endroit (19,5°C à Beitem à 6 heures ; 19,6°C à Zeebruges et 19,5°C à Semmerzake à 7 heures ; 19,9°C à Stabroek à 8 heures). En début de matinée, on les atteint même, les 20°C en plusieurs endroits, plus particulièrement au nord-est du pays. Pour finir, les 20°C sont atteints en de nombreux endroits (même 22,4°C à Kleine Brogel) dans le courant de la matinée, avant le passage d’une faible zone de pluie et de bruine, liée à une occlusion. À l’arrière, de l’air plus frais envahit le pays, si bien qu’en milieu d’après-midi, les températures ne se situent souvent plus qu’entre 17 et 18°C. En matinée, on observe encore quelques éclaircies entre les stratocumulus et altocumulus, puis le ciel se couvre de stratocumulus plus denses, évoluant temporairement en nimbostratus avec précipitations, avant que des éclaircies ne reviennent le soir (stratocumulus et cumulus se dispersant). Au sud-est du pays, le temps est d’abord assez beau avec altocumulus, puis cumulus sous un voile de cirrostratus. La perturbation n’arrive, là, qu’en fin d’après-midi et de façon moins organisée. Au littoral, c’est l’inverse, tout arrive plus tôt et on observe les éclaircies à l’arrière de l’occlusion dès le milieu de la journée. 30 septembre 2023 De l’air plus frais détermine à présent notre temps, mais un anticyclone, formé la veille sur le Golfe de Gascogne, se développe rapidement sur la France et se centre sur le sud de l’Allemagne en soirée. L’arrivée d’air frais est donc coupée et avec une relativement bonne insolation, les températures remontent déjà. Mais d’abord la nuit est un peu fraîche par endroit, avec des minima localement jusqu’à 5°C en Haute Belgique et localement jusqu’à 8°C en plaine. Comme l’air est humide, cela entraîne ici et là des brouillards, qui peuvent un peu persister. Ensuite le temps devient plutôt beau, avec des cirrus et quelques altocumulus, et la formation en journée de cumulus humilis, parfois temporairement mediocris. Au-dessus de la mer, l’un ou l’autre cumulus se développe davantage. Cumulus congestus au large du Coq en matinée En journée, les maxima atteignent 19 à 20°C en plaine et 16 à 17°C sur les hauteurs, ce qui reste au-dessus des normes saisonnières. Et le début d’octobre s’annonce plus doux encore. Non, l’été n’est toujours pas fini ! Conclusion Le mois de septembre le plus chaud de l'histoire chez nous, les canicules extrêmes en été dans d'autres pays, des températures océaniques record, tout cela se passe désormais de commentaires. La question à présent, c’est de savoir dans quelle mesure des oscillations naturelles se surimposent au réchauffement climatique. Il n’y a pas si longtemps, dans les années 2009-2013, d’aucuns pensaient encore (et pas seulement les climatosceptiques) que le réchauffement était en train de ralentir. On était en dessous de ce qu’on craignait, en dessous de ce que les modèles avaient prédit. Mais peut-être n’était-ce qu’une oscillation naturelle froide, qui contrecarrait très temporairement le réchauffement climatique. Aujourd’hui, il n'est pas exclu qu'on connaisse une oscillation naturelle chaude, qui dans ce cas s'additionnerait au réchauffement climatique et ferait croire qu'il est plus fort et plus rapide que prévu. On pourrait alors penser qu’à long terme, le réchauffement climatique suivrait tout simplement son cours tel que les modèles l'ont prévu. Il suffirait alors de l'isoler de ces oscillations naturelles qui nous donnent des impressions de ralentissement ou d'accélération selon le cas. C’est à espérer, car sinon ce serait le signe que le climat est en train de devenir complètement fou ! Ce qui complique encore un peu les choses, c’est que la température n’est pas le seul paramètre à être affecté par le changement climatique. Pour les précipitations, il semble désormais acquis que les blocages à répétition vont continuer à nous donner une alternance de trop peu et de trop plein de précipitations, et que les périodes jadis « normales » deviendront de plus en plus rares. Au niveau du vent, ce qui nous attend est moins clair. Il n'est cependant pas exclu que nous connaîtrons dorénavant une diminution des tempêtes hivernales (contrastes pôle-océan moindres) mais une augmentation des tempêtes automnales (cyclones mal extra-tropicalisés). Mais cela reste à confirmer. Au niveau des phénomènes locaux violents (rafales descendantes, tornades, grêle, fortes précipitations orageuses), la tendance est moins claire encore. Ce n’est que récemment, grâce aux photos numériques, aux vidéos et aux médias sociaux que nous avons une telle couverture de ce type d’événement. Dans le temps, la plus grande partie de ces phénomènes passaient sous les radars. Une comparaison avec avant est donc difficile. Mais dans quelques années, quand nous aurons un peu plus de recul et un nombre suffisant de bases de données sur la météo « violente » (ce qui est en train de se faire), nous pourrons certainement dégager des tendances. Pour le moment, le réchauffement climatique conserve bien des mystères. Mais certaines choses se dévoilent peu à peu, et c’est à nous de nous y préparer.
  11. SEPTEMBRE 2023 Une décade extrêmement chaude qui commence sous une pluie battante 1er septembre 2023 Après un mois d’août qui connaît à sa fin un temps variable et frais, une perturbation très active traverse notre pays le 1er septembre en début de journée. Webcam MB – Bruxelles (Schaerbeek) – 1 septembre 2023 à 10h Cette perturbation se présente – ce qui est rare pour une perturbation active – sous la forme d’un front chaud suivi d’un large secteur chaud. Les pluies sont importantes notamment sur Bruxelles et localement sur la Flandre. Dans les relevés climatologiques (8h -> 8h), on relève notamment 34,0 mm à Zaventem ; 28,6 mm à Genk ; 24,1 mm à Beitem et 22,3 mm à Uccle. Mais les pluies ont commencé avant 8 heures et se retrouvent ainsi à cheval sur 2 périodes climatologiques de 24h. Si l’on isole l’événement pluvieux, l’on constate qu’il est tombé 27 mm d’eau à Uccle entre 4h et 13h (dont 20 mm entre 9h et 11h). Zaventem relève pendant ce temps 36 mm et Anderlecht…51 mm (dont 46 mm entre 8h et 11h). À Beitem, l’épisode pluvieux livre 32 mm. Le temps pluvieux de la matinée s’accompagne d’un nimbostratus qui se disloque à la mi-journée et fait place à un ciel d’alternance avec cumulus et cumulonimbus isolés avec quelques averses, ainsi que cirrus et altocumulus. On observe d’abord une convergence entre vents d’est au nord et vents de sud à sud-ouest sur le reste du pays, ensuite les vents s’orientent au secteur ouest à sud-ouest sur tout le pays et acheminent de l’air doux avec des températures qui dépassent les 20°C en plaine dès que la pluie cesse. Les maxima, en fin de compte, atteignent 21 à 23°C en Basse et Moyenne Belgique et 16 à 17°C sur les plus hauts plateaux. Le front froid associé au système frontal, quant à lui, restera encore traîner sur notre pays en s’affaiblissant très fortement. 2 septembre 2023 Après la dissipation de brouillards matinaux, le temps est assez beau mais encore quelque peu instable, avec des cumulus se développant jusqu’au stade de congestus. À côté des cumulus, on observe aussi quelques bancs d’altocumulus, ainsi que des cirrus, parfois aussi cirrostratus le matin. Au littoral, la convection ne s’enclenche pas. Sous un vent variable qui, peu à peu prend une dominance nord à nord-est, les températures restent fort douces pour la saison, avec des maxima de 24 à 25°C en plaine et de 21 à 22°C sur les hauteurs. Le littoral ainsi qu’une frange nord-ouest et nord du pays connaissent des maxima un peu plus bas, de l’ordre de 22°C (et même 20°C en bordure immédiate de la mer). 3 septembre 2023 Dans l’air encore très humide, les brouillards sont plus répandus que la veille et se dissipent plus lentement. Parfois, il faut même attendre la fin de la matinée. Lors de la dissipation, les stratus fractus se transforment parfois très temporairement en cumulus, sinon le temps est beau avec un voile de cirrus. Sur l’Ardenne et la Gaume, quelques cumulus restent présents en journée. En bordure de mer, ainsi que dans quelques autres régions, il n’y a pas eu de brouillard. Avec la formation d’une cellule anticyclonique s’étendant de l’Irlande à l’Allemagne, les vents prennent une prédominance orientale et les températures restent à un niveau assez élevé pour la saison, de l’ordre de 24 à 25°C en plaine (22°C en bordure immédiate de la mer) et de 22 à 23°C sur les hauteurs. Localement en Campine, mais aussi le long de la frontière française, on observe 25 à 26°C. Avec l’humidité, le ressenti de ces températures est parfois plus chaud. 4 septembre 2023 L’influence anticyclonique se renforce sur nos régions, avec des hautes pressions désormais sur l’Allemagne et la Pologne. Le temps est très beau, avec des cirrus garnissant le ciel et, parfois, quelques cirrocumulus / altocumulus à tendance lenticulaire. Webcam MB – Cerfontaine – 4 septembre 2023 à 18h Après une nuit localement bien fraîche (5,5°C à Elsenborn ; 8,4°C à Dourbes ; 8,7°C à Genk), les maxima gagnent encore quelques degrés par rapport à la veille et se situent entre 25 et 27°C en plaine (24°C en bordure de mer) et entre 24 et 25°C sur les hauteurs. Les vents soufflent d’est à nord-est, avec une forte tendance sud-est sur les Hauts Plateaux. Cela s’observe aussi à l’air libre en altitude, où les vents de sud-est acheminent de l’air de plus en plus chaud. En soirée au-dessus de Beauvechain, on relève 25°C à 1000 mètres d’altitude, et encore 21°C à 1590 mètres (niveau 850 hPa). Plus haut en altitude, l’air est extrêmement chaud aussi, avec la subsidence anticyclonique qui y joue également un rôle. On note 11°C à 3240 mètres (niveau 700 hPa) et –6°C à 5970 mètres (niveau 500 hPa). La première valeur égale le record du 6 septembre 2016 (aussi au-dessus d’une inversion), la deuxième valeur se retrouve en deuxième position après le record du même 6 septembre 2016 (–5°C). 5 septembre 2023 Il fait très chaud à présent, avec un ciel généralement serein hormis quelques rares cirrus. On peut même parler d’un véritable jour de canicule (T° ≥ 30°C) en de nombreux endroits En effet, sous un vent d’est à sud-est, les températures se situent entre 29 et 31°C, localement 32°C en plaine ; entre 27 et 28°C au littoral (temporairement petite brise de mer de nord-est) et entre 26 et 28°C sur les hauteurs. Les températures les plus élevées : La Hestre : 31,8°C Hastière : 31,5°C Bierset : 31,4°C Uccle et Genk : 30,9°C En Flandre, la température n’atteint souvent tout juste pas les 30°C, avec par exemple 29,7°C à Passendaele ; 29,6°C à Stabroek et 29,5°C à Semmerzake. Kleine Brogel, pour une fois, ne fait pas mieux avec 29,6°C. En altitude par contre, les valeurs sont cette fois-ci tout à fait extrêmes, notamment au niveau 850 hPa. Au-dessus de Beauvechain, la température atteint 23°C à ce niveau (vers 1580 m), au-dessus d’une inversion se situant à 1200 mètres en matinée et à 1400 mètres en soirée. À 11h, on note 26°C à 1200 mètres, pour 23°C juste en dessous de l’inversion. En soirée, l’inversion monte et faiblit, avec 24°C à 1400 mètres pour 23°C juste en dessous de l’inversion. Les 23°C observés au niveau 850 hPa sont de loin la température la plus élevée observée à ce niveau en septembre depuis le début des observations publiées en 1951. Le précédent record date du 24 septembre 1983 avec 19°C. À noter que lors du très chaud 15 septembre 2020 (34,3°C à Uccle), l’air était instable avec pas mal d’altocumulus castellanus, mais aussi de quelques cumulus formés par une convection depuis le sol. La température à 850 hPa, ce jour-là, n’était « que » de 18°C. 6 septembre 2023 Les pressions sont hautes sur le Continent, et basses sur l’Océan (mais loin au large). Source : KNMI Le flux d’air chaud se maintient et les vents continuent à souffler d’est à sud-est, avec plus tard une tendance nord-est en plaine en fin d’après-midi et en soirée. Le ciel est presque serein, avec à nouveau quelques rares cirrus. Les températures sont un brin plus basses que la veille et se situent entre 29 et 30°C en plaine et entre 27 et 28°C au littoral. Sur les Hautes-Fagnes par contre, on a même gagné un petit degré avec un maximum de 27,6°C à Mont-Rigi. En plaine, certaines stations enregistrent leur deuxième jour consécutif avec 30°C ou plus, ce qui est rare en septembre. C’est notamment le cas à Uccle (30,9°C et 30,1°C), Gosselies (30,2°C et 30,0°C), Strée-Huy (30,6°C et 30,9°C) et Sint-Katelijne-Waver (30,4°C et 30,4°C). Malgré une bonne petite humidité des basses couches, l’inversion empêche toute formation de cumulus. Au-dessus de cette inversion, l’air reste exceptionnellement chaud, avec encore 22°C au niveau 850 hPa (1570 m). Au niveau 700 hPa (3220 m), un nouveau record de septembre vient même d’être battu, avec 12°C. Tous mois confondus, cette valeur égale même les 12°C observés à ce niveau le 29 juin 2019, lorsqu’une portion de la canicule extrême française s’est retrouvé dans les moyennes couches de notre atmosphère à nous. Cette fois-ci, des phénomènes de compression adiabatique semblent jouer un plus grand rôle. 7 septembre 2023 Le noyau de l’anticyclone se trouve à présent sur la Mer Baltique. Le vent souffle d’est à sud-est et l’air acheminé continue à être chaud. Sous un ciel désormais tout à fait serein (sauf au littoral où l’on observe encore quelques rares cirrus), les maxima atteignent 29 à 30°C, localement 31°C en plaine, 25 à 28°C sur les hauteurs et 27 à 28°C au littoral. Pour Uccle, cela fait le troisième jour consécutif où la température dépasse les 30°C. C’est vrai aussi pour Sint-Katelijne-Waver et Strée-Huy. Comme les jours précédents, l’inversion ne parvient pas à être résorbée (aussi parce que le soleil est moins fort en septembre) et c’est surtout dans les couches moyennes de l’atmosphère que les températures demeurent exceptionnellement élevées. 8 septembre 2023 Les pressions restent hautes sur le continent. Quelques cirrus progressent depuis l’ouest et deviennent visibles à l’horizon au centre du pays à la mi-journée, sinon le ciel est serein. En après-midi et en soirée, ces cirrus avancent encore un peu, mais n’atteignent pas l’est du pays. Sous des vents variables avec, notamment dans le courant de l’après-midi, une petite tendance ouest à nord-ouest, les températures montent à nouveau à l’intérieur des terres, avec 29 à 31°C en plaine et 26 à 28°C sur les hauteurs. Au littoral par contre, ce changement attise la brise de mer et les températures ne dépassent pas 24 à 25°C. À Uccle, les critères d’une vague de chaleur officielle sont atteints, avec 5 jours ≥ 25°C et même 4 jours ≥ 30°C (26,1°C ; 30,9°C ; 30,1°C ; 30,2°C ; 30,5°C). Pour cette station, c’est la première vague de chaleur observée en septembre et de loin la vague de chaleur la plus tardive. Précédemment, les vagues de chaleur les plus tardives se sont produites du 26 au 31 août, tant en 1930 qu’en 1942. Ailleurs dans le pays, les critères d’une vague de chaleur (au moins 5 jours ≥ 25°C dont 3 jours ≥ 30°C) ont été notamment atteints à Chièvres, Sint-Katelijne-Waver et Schaffen. En dehors d’Uccle, les vagues de chaleur les plus tardives ont été observées en 2003 en Campine et du côté de Liège, avec des vagues de chaleur de 8 jours (15 au 22 septembre) à Lanaken et Liège-Angleur, et de 7 jours (16 au 22 septembre) à Liège-Monsin. En 1947, Rochefort a connu une énorme vague de chaleur (10 jours ≥ 25°C dont 7 jours ≥ 30°C et un maximum de 33,3°C le 19) du 11 au 20 septembre. À ces mêmes dates, Gerdingen-Bree et Denée-Maredsous ont également été soumis à une vague de chaleur. 9 septembre 2023 Désormais, une grande partie de la Basse et Moyenne Belgique remplissent les critères d’une vague de chaleur, seuls l’ouest et le nord, et paradoxalement une partie de la Campine n’y arrivent tout juste pas. Vers le centre, le centre-nord et le centre-est du pays, quelques stations en sont déjà au 5e jour consécutif avec une température égale ou supérieure à 30°C. En ce 9 septembre, il a même fait encore un peu plus chaud que les jours précédents, avec le plus souvent 31 à 33°C en plaine et 27°C sur les hauteurs. Sur la frange nord des plaines, les températures sont un peu moins hautes avec 29 à 30°C. Aux abords immédiats de la mer, une petite brise de mer de nord-est limite la chaleur à 28°C. Mais à quelques centaines de mètres vers l’intérieur, le thermomètre dépasse déjà les 30°C. À l’intérieur des terres, les vents sont variables et le ciel est serein ou presque, avec des cirrus sur l’ouest. L’après-midi, des cumulus humilis se développent, dont quelques-uns atteignent le stade mediocris, notamment en Ardenne et plus isolément sur le centre du pays. Des nappes de brouillard et de stratus, présents le matin sur les Pays-Bas, n’ont tout juste pas atteint notre pays. Mais quelques brouillards ont quand même été observés sur le nord et le nord-est du pays. 10 septembre 2023 Des vents de sud-est à sud continuent d’acheminer de l’air très chaud. Une petite ligne d’instabilité génère quelques cumulus congestus sur l’est du pays. Sinon, le temps est très beau, avec cirrus, rares altocumulus et cumulus modestes l’après-midi, le plus souvent humilis, ici et là mediocris. Au littoral, mais aussi à quelques autres endroits du pays, il n’y a pas de cumulus. Les températures ont atteint 30 à 32°C partout en Basse et Moyenne Belgique, y compris au littoral, et 27 à 28°C sur les Hauts Plateaux. Kachelmann Wetter Les stations qui n’avaient encore que 2 jours ≥30°C ont de ce fait souvent acquis leurs 3e jour ≥30°C et remplissent donc aussi les critères d’une vague de chaleur. Il n’y a, en Basse Moyenne Belgique, vraiment plus que l'ouest et le nord qui n'y sont toujours pas arrivés. Sur les reliefs, il n’y a pas de vague de chaleur non plus, mais bien 5 à 7 jours d’été (≥25°C), ce qui est remarquable en septembre pour ces régions. Les reliefs de l’Entre-Sambre-et-Meuse ne sont tout juste pas arrivés à remplir les critères d’une vague de chaleur. Entre-temps, sur les cartes météo, on voit que les choses sont en train de changer. Source : KNMI 11 septembre 2023 La décade la plus chaude de septembre s’est terminée, la vague de chaleur, pas encore. Avec 21,7°C de température moyenne à Uccle, nous venons de vivre la décade de septembre la plus chaude jamais observée. La moyenne des maxima a été de 28,3°C, la moyenne des minima, de 15,9°C. Une telle décade serait considérée comme très chaude même en plein été. Avec des températures qui dépassent encore (largement) les 25°C sur une large portion du territoire belge, la vague de chaleur va encore prendre ce 11 septembre à son compte en de nombreux endroits. En effet, le front froid qui a abordé notre pays en deuxième partie de nuit reste traîner sur l’ouest du pays, freiné dans sa course par une ondulation sur la France. Près du littoral, les maxima n’excèdent guère 21 à 23°C. Un peu plus à l’intérieur, un maximum de 26°C est souvent encore atteint en tout début d’après-midi avant une baisse, également vers 21-23°C, en cours d’après-midi. À l’est du front, les maximas sont encore élevés, de 27 à 30°C en plaine. À 15 heures, ce front certes un peu diffus se situe grosso modo sur une ligne passant par Stabroek, Saint-Nicolas, Gand et Courtrai avant de s’incurver sur la France et passer par Lille et Saint-Quentin. Une ligne de convergence plus diffuse encore vient butter sur les reliefs ardennais et fagnards. À l’est, il fait encore plus chaud sous des vents de sud, avec des températures qui dépassent parfois même celles de le veille sur les Hautes-Fagnes, l’Ardenne et la Gaume, avec des valeurs de 27 à 28°C sur les hauteurs et de 30°C à 32°C dans les vallées et en Gaume (le plus du côté de Virton). À l’ouest de cette convergence par contre, les vents soufflent déjà de nord-ouest, ce qui limite quelque peu la montée du thermomètre. Températures à 15h. Source : Kachelmann Wetter Le temps est encore assez beau sur une bonne partie du pays, avec des altocumulus castellanus, puis de belles éclaircies avec quelques cirrus. L’après-midi, le ciel redevient plus nuageux avec des altocumulus reprenant un caractère de castellanus. Sur l’Ardenne et la Gaume (à l’est de la ligne de convergence), le temps reste beau jusqu’au soir, avec là aussi quelques altocumulus castellanus, puis formation de cumulus l’après-midi, d’abord humilis mais évoluant en congestus en fin d’après-midi. Le front froid sur l’ouest du pays, d’abord inactif, s’active en journée avec quelques orages (formés à partir d’altocumulus castellanus) en début d’après-midi sur la Flandre occidentale. Les pluies atteignent 4,6 mm à Passendaele et 3,7 mm à Beitem. Un peu de cette pluie arrive jusqu’au littoral. En soirée, l’air devient instable aussi dans le restant du pays. L’air frais gagne encore un peu de terrain et à l’est de Bruxelles, quelques orages se forment par soulèvement et formation d’altocumulonimbus. Sur l’est du pays par contre, il s’agit d’une instabilité plus classique dans de l’air encore très chaud. Outre les orages, on observe aussi de petites averses en différents endroits du pays. Instabilité commençant à se manifester au-dessus de Beausaint à 16h L’activité orageuse se poursuivra la nuit, avec notamment un trio de cellules orageuses sur Liège. Cette arrivée quelque peu désorganisée de l’air frais marquera cependant la fin de l’aspect le plus intense que la canicule que nous venons de vivre. Mais en ce 12 septembre à 14 heures, la température est à nouveau en train de titiller les 25°C par endroit. La vague de chaleur n’est pas encore terminée pour tout le monde. Source : Infoclimat Conclusion Cette vague de chaleur est exceptionnelle à plus d’un titre. Non seulement à Uccle, mais sur une grande portion du territoire belge, c’est de loin la vague de chaleur la plus tardive jamais observée. En plus, avec le plus souvent une durée de 8 jours en Basse et Moyenne Belgique, on peut déjà parler d’une vague de chaleur qui aurait eu une certaine importance, même en été. Dans quelques stations comme à Uccle, mais aussi à Sint-Katelijne-Waver et à Schaffen, on a connu une série de six jours de chaleur consécutifs. Sinon, on a le plus souvent observés 3 à 4 jours de chaleur au nord du Sillon Sambre-et-Meuse. Au sud, dans les vallées, la vague de chaleur a parfois même duré 10 jours. Sur les hauteurs, les 30°C n’ont généralement pas été atteints, ce qui fait qu’on ne peut plus y parler de vague de chaleur. Mais les 6 à 7 jours d’été, souvent consécutifs, voire les 10 jours d’été sur les hauteurs « moyennes » sont parfaitement remarquables en septembre. L’est du pays a cependant déjà connu un précédent en septembre et ce, même durant la 2e décade. En 1947, on a observé à Rochefort une vague de chaleur de 10 jours, du 11 au 20 septembre, pendant laquelle la température dépasse 7 fois les 30°C. Les 13 et 19 septembre sont particulièrement chauds, avec respectivement 32,8 et 33,3°C. Gerdingen-Bree, au Limbourg et Denée-Maredsous, dans l’entre-Sambre-et-Meuse, connaissent également une vague de chaleur de 10 jours, avec respectivement 5 et 6 jours de chaleur (≥ 30°C). Dans la première de ces stations, on a observé 32,8°C le 13 et 32,6°C le 19. Dans la seconde, la température a atteint 31,5°C les 13 ; 15 et 19 du mois. Le centre du pays a été un tout petit peu moins touché, mais la moyenne de température à Uccle, au cours de cette 2e décade de septembre, s’est élevée à 21,5°C ou, en d’autres termes, que deux petits dixièmes de degré de moins que la chaude décade que nous venons de vivre. Cependant, cette fois-là, les 30°C n'ont plus été atteints à Bruxelles (donc fatalement pas de vague de chaleur). Ce sont les maxima de 28-29°C à répétition qui ont donné le côté exceptionnel à cette 2e décade de septembre 1947. En d’autres termes, l'anomalie de septembre 2023, en dépit de son caractère exceptionnel, fait encore partie de la variabilité de notre climat. Même d’autres précédents, plus anciens encore comme la 3e décade de septembre 1895 ou la 1re décade d’octobre 1921, peuvent être considérés comme équivalents en termes d’anomalie. Ce qui a complètement changé, par contre, c’est l’accumulation à court terme de tels phénomènes chauds, avec comme corollaire le grand déficit de phénomènes froids. Avant, il fallait souvent des dizaines d’années avant qu’un événement chaud majeur ne se produise. Maintenant, il y en a un presque toutes les années. Oui. Le réchauffement climatique est bien là ! Malheureusement, ce n’est plus simplement une question de températures. Un dérèglement complet des précipitations nous pend au nez. Il suffit de regarder ce qui se passe actuellement en Méditerranée pour comprendre. Et ce qui s’est passé chez nous en juillet 2021 est hélas tout aussi éclairant. Tableau des températures du 2 au 11 septembre 2023 Localité 02/09 03/09 04/09 05/09 06/09 07/09 08/09 09/09 10/09 11/09 JE (JC)* Zeebruges 20,4 22,0 24,2 27,1 27,1 27,4 25,0 28,3 29,7 21,4 6 (0) Middelkerke 22,0 24,0 26,0 27,7 28,4 28,4 23,6 30,9 31,2 20,8 4+2 (2) Coxyde 22,1 24,4 26,7 28,7 27,7 29,0 25,7 31,2 32,2 22,3 7 (2) Stabroek 22,2 24,6 25,4 29,6 29,9 29,3 30,8 29,7 31,7 26,6 8 (2) Deurne 23,4 24,5 25,6 28,8 29,4 28,5 30,2 28,9 30,4 27,2 8 (2) Retie 23,9 24,2 25,5 29,2 28,9 29,1 30,9 30,0 31,7 29,1 8 (3) St-Kat.-Waver 24,2 24,6 26,0 30,4 30,4 30,1 30,8 30,7 31,9 28,2 8 (6) Beitem 23,6 24,9 25,4 28,8 29,7 28,6 28,6 32,3 32,1 25,7 8 (2) Semmerzake 24,4 24,4 25,7 29,5 29,9 29,0 29,8 32,3 31,3 26,4 8 (2) Melle 24,1 24,3 25,9 30,0 29,7 29,2 29,9 32,3 31,5 27,0 8 (3) Passendaele 24,1 25,5 27,0 29,7 31,0 29,5 28,6 32,2 32,3 25,4 9 (3) Chièvres 24,9 24,4 26,0 30,7 29,9 29,3 30,6 32,2 31,4 27,0 8 (4) Uccle 24,5 24,1 26,1 30,9 30,1 30,2 30,5 31,7 31,9 27,6 8 (6) Zaventem 25,1 24,0 26,0 30,1 29,5 29,0 30,1 30,0 31,1 27,7 1+8 (4) Beauvechain 24,5 23,3 24,9 30,2 28,8 28,6 30,1 31,0 31,3 27,3 7 (4) Ernage 24,9 23,5 25,3 30,3 28,7 29,1 30,3 31,5 31,1 27,2 8 (4) Gosselies 24,6 23,7 26,4 30,2 30,0 28,9 29,5 31,0 30,6 26,6 8 (4) Schaffen 25,0 24,5 26,5 [30,3] 30,0 30,1 31,3 30,8 31,6 28,7 1+8 (6) Bierset 24,3 23,4 25,5 31,4 29,1 30,7 29,6 30,1 30,6 27,9 8 (4) Spa 22,5 22,9 25,4 28,3 28,6 28,0 28,3 27,2 28,3 27,0 8 (0) Mont-Rigi 21,3 22,2 24,2 26,9 27,6 26,8 27,5 26,7 27,0 27,6 7 (0) Elsenborn 21,6 22,6 24,7 28,0 28,0 27,4 27,7 26,9 28,0 28,2 7 (0) Diepenbeek 25,8 23,8 25,7 30,9 29,4 29,8 30,3 30,7 31,8 28,7 1+8 (4) Koersel 25,6 27,1 30,6 29,9 30,2 31,7 32,9 29,8 10 (5) Kleine Brogel 24,4 24,1 25,9 29,6 29,6 29,7 30,6 30,4 31,5 29,5 8 (3) Florennes 24,0 23,5 25,6 29,4 28,7 28,0 28,9 30,7 29,6 27,4 8 (1) Hastière 26,4 26,3 31,5 31,0 32,0 10 (?) Sivry 25,8 25,2 26,0 30,0 29,6 29,1 29,9 31,1 30,0 26,6 10 (3) Dourbes 25,1 22,3 24,3 30,1 29,2 28,8 29,5 30,2 29,8 27,8 1+7 (2) Bièvre 25,2 25,3 26,3 28,7 28,5 27,7 28,8 30,4 29,1 30,2 10 (1) Saint-Hubert 22,1 22,0 23,5 25,8 25,5 24,9 26,0 27,3 26,6 27,4 2+4 (0) Buzenol 25,1 24,6 26,3 28,1 27,8 27,9 28,6 29,4 29,3 30,3 1+8 (1) * JE = jours d'été (consécutifs) JC = jours de chaleur (pas nécessairement consécutifs) Si JE ≥ 5 et JC ≥ 3, les critères d'une vague de chaleur sont remplis. En cas de données manquantes, les jours d'été et de chaleur ont été extrapolés. Il n'y a que pour Hastière où il n'a pas été possible de reconstituer le nombre de jours de chaleur.
  12. TEMPÉRATURES EXTRÊMES EN ALTITUDE relevées le 5 septembre 2023 Le 5 septembre 2023 est une journée très chaude et très ensoleillée, avec un ciel généralement serein hormis quelques rares cirrus. En surface, les températures sont déjà élevées pour la saison, avec des maxima dépassant les 30°C en de nombreux endroits. Quelques valeurs : La Hestre : 31,8°C Hastière : 31,5°C Bierset : 31,4°C Uccle et Genk : 30,9°C En Flandre, la température n’atteint souvent tout juste pas les 30°C, avec par exemple 29,7°C à Passendaele ; 29,6°C à Stabroek et 29,5°C à Semmerzake. Kleine Brogel, pour une fois, ne fait pas mieux avec 29,6°C. En altitude par contre, les valeurs sont tout à fait extrêmes. Au-dessus de Beauvechain, la température se maintient à 23°C au niveau 850 hPa (vers 1580 m), au-dessus d’une inversion se situant à 1200 mètres en matinée et à 1400 mètres en soirée. À 11 heures, on note 26°C à 1200 mètres, pour 23°C en dessous de l’inversion. En soirée, l’inversion monte et faiblit, avec 24°C à 1400 mètres pour 23°C en dessous de l’inversion. Les 23°C observés au niveau 850 hPa sont de loin la température la plus élevée observée à ce niveau en septembre depuis le début des observations publiées en 1951. Le précédent record date du 24 septembre 1983 avec 19°C. Lors du très chaud 15 septembre 2020 (34,3°C à Uccle), l’air était instable avec pas mal d’altocumulus castellanus, mais aussi de quelques cumulus formés par une convection depuis le sol. La température à 850 hPa, ce jour-là, était de 18°C. La température à ce niveau était du même ordre le 5 septembre 2013 (31,6°C à Uccle) alors qu’elle était de 17°C le 13 septembre 2016 (31,2°C à Uccle). Au niveau 700 hPa (vers 3230 m), en ce 5 septembre 2023, la température se maintient à 11°C, ce qui égale le record du 6 septembre 2016. À cette dernière date, l’air très chaud s’était manifesté au-dessus d’une couche d’inversion / quasi-isothermie assez épaisse, de 1700 à 2700 mètres d’altitude. En dessous, l’air des basses couches était instable avec des stratocumulus doublés de cumulus, et des cumulus humilis aplatis en cas d’éclaircies plus large. Les températures de surface, ce jour-là, se situaient entre 23 et 27°C en plaine. En d’autres termes, ce record ne se laissait pas deviner par l’observateur au sol. Au niveau 500 hPa (vers 5950 m), la température du 5 septembre 2023 s’est maintenue à –7°C, ce qui constitue la deuxième valeur la plus élevée pour un mois de septembre depuis 1951. La valeur la plus élevée (–5°C) appartient au 6 septembre 2016, journée déjà décrite ci-dessus. Le record antérieur (–8°C) remonte quant à lui au 21 septembre 1989. Comme on voit, pas toujours la médaille d’or pour le 5 septembre 2023, mais des valeurs extrêmes quand même en altitude.
  13. Sorry pour la réponse tardive, je n'ai pas vu ton post. Uccle n'a pas eu son record, mais bien Bierset. Avec 13,7°C, c'est la température maximale la plus basse, pour une première décade d'août, de toute la série de la station qui débute en... 1953! En deuxième position vient le 9 août 2007 avec 14,6°C et en troisième position le 9 août 1955 avec 15,1°C. Uccle est montée pour finir jusqu'à 15,8°C, ce qui ne constitue pas un record, mais reste une température remarquablement froide pour la saison. À cette station, on a relevé par le passé 15,0°C le 9 août 2007 et 15,3°C le 10 août 2016.
  14. NUIT TRÈS CHAUDE EN BELGIQUE La nuit du 18 au 19 août 2023 a été remarquablement chaude, ce qui est d’autant plus surprenant que cela ne s’est pas produit pendant un épisode caniculaire. Kachelmann Wetter Quelques valeurs minimales (entre le 18/08 à 20h L.T. et le 19/08 à 8h L.T.) Dourbes : 23,7°C Bierset : 23,6°C Semmerzake : 23,2°C Gosselies : 23,0°C Uccle : 23,0°C Beitem : 23,0°C Florennes : 22,9°C Beauvechain : 22,6°C Zaventem : 22,4°C Chièvres : 22,2°C Sint-Katelijne-Waver : 22,2°C Humain : 22,1°C Ce ne sont pas des records, mais nous n’en sommes pas tellement loin. En plus, les températures nocturnes records se sont en général produites avant et/ou après des journées très chaudes. Par le passé, les minimas nocturnes très élevés se sont produits aux dates suivantes : 4 juillet 2015 avec 25,0°C à Bierset ; 24,5°C à Uccle ; 24,0°C à Florennes 7 août 2003 avec 24,8°C à Bierset ; 24,3°C à Spa ; 22,8°C à Genk 2 juillet 2015 avec 24,7°C à Bierset ; 23,0°C à Spa ; 22,9°C à Humain 18 juin 2002 avec 24,2°C à Bierset ; 23,9°C à Uccle ; 23,3°C à Genk 20 août 2009 avec 23,7°C à Beauvechain ; 23,5°C à Bierset ; 22,6°C à Uccle, Gosselies et Chièvres 25 juillet 2019 avec 23,7°C à Gosselies ; 23,5°C à Uccle ; 23,2°C à Florennes À 7 heures du matin, en ce 19 août 2023, on s’approche parfois des 25°C, avec 24,8°C à Beauvechain et 24,6°C à Bierset. À Aix-la-Chapelle (Orbach), on les dépasse même avec 25,7°C. Kachelmann Wetter En matinée, les 25°C sont légèrement dépassés sur l’est et le nord-est du pays pendant qu’un air plus frais s’infiltre déjà depuis l’ouest. En milieu d’après-midi, les températures se situent partout entre 24°C en plaine et 20°C dans les Hautes-Fagnes. Seul l’ouest du pays cette fois-ci, grâce aux éclaircies présentes depuis plus longtemps, redépasse localement les 25°C. Petit historique Le 18 août 2023, la situation atmosphérique est un peu « molle », avec certes des hautes pressions sur la Scandinavie et des basses pressions sur l’Océan, mais un vaste marais barométrique sur nos régions. Un front chaud diffus remonte depuis le sud-est. Source : KNMI Dans l’air stagnant et humide, les stratus ont du mal à se dissiper. Le temps reste longtemps frais en Basse et Moyenne Belgique avec souvent encore moins de 20°C à midi. Les stratus se déchirent et se dissipent autour de 13 heures au centre du pays, vers 16 heures au littoral mais vers 11 heures sur l’Entre-Sambre-et-Meuse. Ils font place à un ciel bleu garni de cirrus, parfois épais et accompagnés de bancs d’altocumulus. Stratus se dissipant sur Cerfontaine à 11h10 – Webcam MB En Haute Belgique par contre, il fait beau dès le matin et, à côté des cirrus, des cumulus humilis se forment l’après-midi. Cumulus humilis dans le ciel de Beausaint à 14h – Webcam MB Les températures maximales finissent par atteindre 26 à 28°C en Basse et Moyenne Belgique (un peu moins sur la frange ouest, un peu plus sur la frange sud), et des valeurs similaires sur les hauts plateaux, où dans les vallées les températures atteignent parfois 30°C (30,8°C près de Marche-en-Famenne). En soirée, le ciel devient très nuageux, la baisse vespérale des températures s’arrête, voire s’inverse en remontant à nouveau quelque peu. De ces nuages, il tombe l’une ou l’autre goutte de pluie. Une faible perturbation, associé à une dépression remontant vers l’Irlande et possédant un mince secteur chaud, traverse notre pays en provenance du sud-ouest. À l’intérieur de ce secteur chaud, il y a aussi une ligne de convergence responsable d’une faible instabilité, tout juste suffisante pour donner – parfois – un caractère quelque peu tourmenté aux nuages. Source : KNMI Les points de rosée, au cours de cette nuit chaude, sont exceptionnellement élevés et atteignent 20 à 21°C au nord et au centre du pays, voire localement 22°C. Cela se traduit par des humidités relatives fortes, de l’ordre de 80 à 90%. Cette humidité ne baisse que peu en début de matinée, ce qui fait que le ressenti est celui d’un temps très lourd. Mais le front froid aborde déjà notre pays, dès le matin au littoral et en cours de matinée partout ailleurs, sauf sur l’est où il faut attendre l’après-midi. Le ciel, d’abord très nuageux à couvert avec stratocumulus, altocumulus et altostratus, fait place à des éclaircies, avec des altocumulus qui se disloquent et des cumulus humilis qui se forment. Avec la baisse rapide de l’humidité à l’arrière du front froid, associée aux éclaircies et à des températures très modérées, le temps devient on ne peut plus agréable. Webcam De Haan – 19 août 2023 à 16h14 Les températures maximales, en fin de compte, atteignent le plus souvent 25 à 27°C, avec les valeurs maximales atteintes en matinée sur l’est, et en fin d’après-midi voire en soirée sur l’ouest. Conclusion On remarquera surtout les températures fort élevées observées en altitude la nuit du 18 au 19 août 2023, avec 27°C entre 300 et 400 mètres, et 18 à 19°C au niveau 850 hPa vers 1540 mètres. Cette particularité est liée par la présence d’air très chaud – une véritable canicule – sur la France et l’Espagne. Durant la journée du 18 août, on a observé jusqu’à 38,5°C à Mautauban pendant que les 30°C était déjà bien dépassés à Paris (31,9°C à Montsouris). En Espagne, on dépassait à nouveau les 40°C par endroit. C’est cette situation extraordinairement chaude sur l’ouest de la Méditerranée qui a fait en sorte qu’une situation atmosphérique en somme assez banale ait donné chez nous une nuit chaude au point d’être proche des records. Par chance – pourrait-on dire – que cette canicule extrême n’ait fait que nous frôler, quelques heures durant, en pleine nuit. Jusqu’à présent encore…
  15. DE LA TEMPÊTE POLY À LA CANICULE EN PEU DE JOURS Une situation estivale inédite sur le Benelux Une tempête estivale d’une rare violence frappe l’ouest des Pays-Bas le 5 juillet 2023. Si la Belgique est relativement épargnée, avec des rafales maximales de 60 à 80 km/h en Flandre Occidentale et sur l’extrême nord de la province d’Anvers, la région d’Amsterdam connaît l’une des pires tempêtes jamais observées en été. IJmuiden, près d’Amsterdam, observe une rafale de 146 km/h, la deuxième plus haute valeur jamais mesurée en été aux Pays-Bas, après les 148 km/h du 27 août 1912 à Hoek Van Holland. Plus récemment, une forte tempête estivale donnait 122 km/h le 25 juillet 2015, aussi à Ijmuiden. Crédit photo : Pieter Perquin (via NoodweerBenelux) À peine deux jours plus tard, le 7 juillet 2023, le Benelux baigne déjà dans des conditions ensoleillées et fort chaudes tandis que le 8 juillet 2023, on peut véritablement parler de canicule. Il s’agit là d’une situation inédite en été. Par le passé, les tempêtes estivales baignaient généralement dans une grande fraîcheur. Celle du 27 août 1912 terminait même l’un des mois d’août les plus froids, les plus sombres et les plus pluvieux jamais enregistrés. Et le mois de septembre qui l’a suivi était encore pire… La tempête belge du 11 juillet 1968 (115 km/h au littoral) s’est produite après une période de temps certes (un peu) chaud, mais elle a été accompagnée, puis suivie par des températures basses pour la saison, dans le cadre d’un été qu’on pouvait également qualifier de « pourri ». La tempête du 25 juillet 2015 (122 km/h à Ijmuiden, 91 km/h à Zeebruges et plus de 100 km/h au large) a aussi été précédée par un temps assez chaud, puis accompagnée et suivie par du temps frais. La célèbre tempête de la Fastnet, le 14 août 1979, ne nous a certes pas touchée, mais a provoqué la catastrophe en Mer Celtique, avec 18 marins qui perdaient la vie et 80 bateaux, participant à la course, qui chaviraient ou qui coulaient. Cette tempête a attiré à l’avant de l’air assez chaud sur l’Europe, mais n’a certainement pas été suivie de canicule non plus, que du contraire. Enfin, la tempête presque estivale du 28 mai 2000, avec des rafales parfois supérieures à 100 km/h, a également eu lieu par des conditions plutôt fraîches pour la saison, conditions qui allaient persister les jours suivants. Contexte météorologique général L’année 2023 s’est caractérisée par le mois de juin le plus chaud et le plus ensoleillé depuis le début des observations à Uccle (1892 pour les températures, 1887 pour l’insolation). Si l’on ajoute à cela la série homogénéisée de l’ancien Observatoire de Bruxelles, on arrive même au mois de juin (de loin) le plus chaud depuis 1833. La fin de ce mois exceptionnel a toutefois été plus normale, et le mois de juillet a même commencé sous des conditions atlantiques fraîches et humides, qui nous rappelaient les étés « pourris » du temps passé. En effet, l’anticyclone des Açores se trouve sur… les Açores, loin au large, et le temps de nos régions est déterminé par des perturbations frontales associées à des dépressions circulant au nord. Cela nous ramène les typiques 21-22°C en journée et 13-14°C la nuit en plaine, avec une alternance de ciels couverts et pluvieux et de ciels instables, ou alors une météo temporairement influencée par une crête mobile, mais dont les éclaircies sont parfois gâchées par l’étalement des cumulus en stratocumulus. Le 4 juillet en outre, un « kanaalrat » commence à se former. En fait, il s’agit au départ de deux petites dépressions de part et d’autre de la Manche, l’une sur les Cornouailles, l’autre sur la Bretagne. La seconde perd vite en importance tandis que la première, celle des Cornouailles, s’organise rapidement, avec un système frontal complet qui s’engouffre dans le Canal de la Manche et qui, vers minuit, se trouve déjà à la sortie vers la Mer du Nord, avec la dépression se trouvant pile poil entre Calais et Douvres. Quelques bonnes rafales sont déjà observées en soirée dans le nord de la France, à l’arrière du front froid. Source : KNMI 5 juillet 2023 La dépression se déplace rapidement sur l’extrême sud de la Mer du Nord alors que le front froid traverse notre pays, puis les Pays-Bas en cours de nuit. De fortes rafales sont alors observées en Zélande et sur le sud de la Hollande, avec jusqu’à 100 km/h, localement, juste au large des côtes. En début de matinée, c’est au tour de la région d’Amsterdam de subir la tempête, qui est désormais en plein développement. Les 100 km/h sont dépassés en mer dès 6h50, puis tout se déchaîne au littoral à partir de 8h10 avec les 140 km/h dépassés à Ijmuiden. Le maximum sera atteint, là, à 9h00 avec 146 km/h. De très fortes rafales, de plus de 100 km/h, sont également mesurées plus loin vers l’intérieur des terres, avant que le vent ne reprenne pleinement vigueur sur l’Ijsselmeer et le Markermeer avec jusqu’à 131 km/h sur la digue « Houtribdijk ». L’ensemble de la région connaît des rafales supérieures à 100 km/h pendant 5 heures, de 7h40 à 12h40. Source : ANP (De Morgen) À la mi-journée, c’est au tour des îles de Frise de connaître la tempête, avec des rafales atteignant les 100 km/h, voire les dépassant légèrement. À ce moment, le nord de l’Allemagne est également touché, avec là aussi des rafales dépassant légèrement les 100 km/h. Cette tempête, aussi impressionnante qu’elle soit – pour la saison – répond cependant aux caractéristiques propres d’une tempête d’été : formation rapide, champ venteux réduit et un certain côté imprévisible. Le couloir assez étroit de « Poly » va du nord de la France au nord de l’Allemagne en passant par le nord de la Belgique, la Zélande, le centre puis le nord-est des Pays-Bas. Mais ce couloir est assez discontinu. Le champ venteux connaît un premier renforcement sur la Zélande, puis un deuxième renforcement (très important) sur le centre et le centre-nord des Pays-Bas, puis un troisième renforcement sur le nord-est des Pays-Bas et le nord de l’Allemagne. Dans les zones intermédiaires, dont la Belgique, le vent ne dépasse généralement pas les 80 km/h. Le temps à Amsterdam et dans les environs est couvert de stratocumulus, suivis d’un nimbostratus pluvieux (Back-Bent Occlusion) au cœur de la tempête. L’après-midi, les éclaircies réapparaissent timidement dans un mix de stratocumulus et de nuages convectifs, éclaircies qui s’élargissent entre les averses en fin de journée. Les précipitations, assez variables d’un endroit à l’autre, se situent souvent entre 10 et 20 mm en journée (entre 8 et 20h). Les températures maximales, très fraîches, se situent entre 17 et 19°C. En Belgique, les courants perturbés se présentent sous une forme plus atténuée, avec 82 km/h comme rafale maximale en Flandre Occidentale. Après de nombreux stratocumulus en début de matinée, des éclaircies se développent dans le cadre d’un temps faiblement instable, avec des averses généralement faibles, sauf localement, où elles sont plus fortes. Quelques orages de traîne sont d’ailleurs observés de part et d’autre de la frontière belgo-néerlandaise en soirée. Les éclaircies sont les plus belles au littoral et sur l’ouest du pays, où l’on peut presque parler de beau temps. Les températures sont plus clémentes aussi, avec 21 à 22°C en plaine, 19°C au littoral, 20°C au centre du pays et de la fraîcheur sur les hauteurs avec 13 à 15°C. 6 juillet 2023 Des hausses de pression sur l’Europe stabilisent rapidement l’air. Source : KNMI Après des stratocumulus ici et là le matin, le temps devient vite assez beau, avec des cumulus d’abord fractus qui évoluent jusqu’au stade mediocris avant de s’étaler quelque peu. Malgré cela, les éclaircies restent belles dans la plupart des régions. Sous un petit vent de sud-ouest à ouest (avec brise de mer de nord-ouest à la côte), les températures sont on ne peut plus agréables, avec 19 à 20°C au littoral, 22 à 23°C en plaine et 18 à 20°C sur les hauteurs. 7 juillet 2023 Les pressions sont basses sur l’Océan tandis qu’un véritable anticyclone se construit sur l’est de l’Europe. Entre les deux, un flux d’air tropical se met en place. Le temps est très beau, avec des cirrus en fin de journée, et l’un ou l’autre banc d’altocumulus. Quelques cumulus se forment l’après-midi. Avec des vents désormais orientés au sud-est, les températures montent déjà fort haut, avec 29 à 30°C en plaine et 24 à 27°C sur les hauteurs. En l’absence de brise de mer (contrecarrée par le vent de sud-est), les températures sont élevées au littoral aussi, de l’ordre de 28 à 29°C. 8 juillet 2023 Les hautes pressions persistent sur l’est de l’Europe et acheminent de l’air très chaud et relativement sec, poussés par des vents d’est à sud, à l’avant d’une zone de convergence qui traverse notre pays en début d’après-midi. À l’arrière, les vents soufflent de sud à sud-ouest avec de l’air nettement plus humide, mais à peine moins chaud. Les températures maximales sont souvent atteintes en début d’après-midi avec 33°C presque partout en plaine. Au centre du pays, on note 32°C, et 29°C sur les Hautes-Fagnes. En raison d’une grande instabilité de l’air, la brise de mer parvient plus facilement à s’imposer, avec une direction nord-ouest en moyenne dès 11-12h, et des températures maximales se limitant à 27°C au littoral. À l’intérieur des terres, par contre, l’instabilité est extrême à l’avant de la convergence, avec des gradients super-adiabatiques jusqu’à un bon 1000 mètres d’altitude, et encore des gradients de 0,8°C par 100 m jusque 3500 mètres environ. Le temps est d’abord très ensoleillé, avec parfois déjà des altocumulus castellanus le matin. En début d’après-midi, la convection prend localement un caractère explosif. À Walhain par exemple, des cumulus humilis se présentent vers 13h10 et deviennent congestus en un quart d’heure à peine. Mais les orages restent isolés et, outre Walhain, ne concernent qu’une région limitée au centre et au centre-nord du pays. Webcam MB – Walhain – 8 juillet 2023 à 13h10 et à 14h10 Comme on voit sur les photos, on passe du cumulus humilis au cumulonimbus orageux pleinement développé en un heure de temps. Quelques fortes précipitations sont relevées à la station MB de Wavre avec 20,0 mm et à des stations de particuliers situées non loin, comme par exemple Bierges avec 19,8 mm. Ces précipitations tombent sur une demi-heure de temps environ, provoquant quelques inondations par ruissellement à Wavre, Limal et Bierges, où de fortes rafales sont observées aussi. Là où les orages n’éclatent pas, la ligne de convergence se manifeste par des altocumulus castellanus, parfois aussi par de la convection à partir du sol avec des cumulus atteignant le stade de congestus. Dans l’air plus humide à l’arrière de la ligne de convergence, les éclaircies reviennent mais le ciel est parfois plus voilé (cirrus) ou plus nuageux (altocumulus). Les températures, à ce moment, atteignent encore 30 à 32°C en plaine, avec un temps particulièrement lourd. À noter que là où les orages éclatent, les températures chutent parfois temporairement de plus de 10°C, comme par exemple sur l’est de Bruxelles où l’on passe de 32,3°C à 21,3°C à Woluwé-Saint-Pierre entre 14h20 et 15h10. Ci-dessous, altocumulus castellanus lors du passage de la ligne de convergence à Cerfontaine. 9 juillet 2023 « L'Institut royal météorologique émet dimanche matin une alerte orange aux orages pour les provinces de Liège, Luxembourg, Namur et Limbourg. L'alerte jaune reste en vigueur pour le reste du territoire, à l'exception de la Côte qui devrait être épargnée. « Les violents orages attendus pourront localement être accompagnés de cumuls de 20 à 40 litres par mètre carré en une heure, ou même très localement davantage. Des grêlons pouvant atteindre 4 ou 5 centimètres de diamètre et de forts coups de vent pouvant atteindre 90 km/h, voire plus, pourraient causer des dégâts. » Du coup, à Liège, le Marché de la Batte doit fermer ses portes dès 13 heures, le Village Gaulois reste fermé et… la dernière journée du festival des Ardentes est purement et simplement annulée. Et les orages ? Ben ils sont venus, mais bien moins violents que prévus. Juste quelques dégâts liés à la foudre ici et là, comme à Herent et à La Louvière. Ouf pour la plupart des gens. Un flop orageux pour les traqueurs d’orages, déçus de ne pas ramener de belles images. Et un mauvais bulletin pour l’IRM ! Est-ce vraiment la faute de l’IRM ? Non, évidemment. Les orages, encore de nos jours, sont très difficiles à prévoir. Il suffit d’un fifrelin pour qu’ils perdent en intensité ou, au contraire, se développent jusqu’à devenir des monstres supercellulaires. La faute à qui alors ? Aux altostratus et altocumulus. En partie tout au moins. Ils ont limité la hausse des températures à l’avant des orages, avec une perte d’énergie en conséquence. La journée démarre pourtant sous un ciel presque serein, mais en fin de matinée, le ciel se voile de cirrostratus puis d’altostratus avec altocumulus, parfois déjà accompagnés de petites pluies. Les cumulonimbus qui suivent sont enclavés, et peu visibles au-dessus des stratocumulus et des fractus accompagnant les précipitations, désormais plus fortes. Le tonnerre roule et l’on voit quelques éclairs, mais rien d’extraordinaire. Les températures ont déjà baissé avant les orages, pour passer ensuite de 26 à 22°C lors du passage de ces orages. Sur l’est et le nord-est, la rencontre entre l’air chaud (32°C) et l’air plus frais (22-23°C) est un peu plus brutale, mais les orages, là, ne deviennent pas vraiment puissants non plus. Un voile nuageux (cirrostratus) y joue les trouble-fêtes également. En fin d’après-midi et début de soirée, les températures remontent, pour redépasser les 25°C par endroit. Le mix d’altocumulus et de voile nuageux se déchire parfois en éclaircies, avec formation de cumulus. Le littoral est épargné par les orages, mais il y pleut quand même un peu, sous des altocumulus et des stratocumulus souvent castellanus, se développant assez pour de petites averses. Conclusion On retiendra surtout de ces cinq jours le passage rapide d’une situation « atlantique » très développée à une situation « tropicale » non moins développée, très chaude et orageuse, en d'autres termes qu’une tempête estivale a été presque immédiatement suivie d’une poussée caniculaire. Il s’agit là d’une situation inédite. Ce phénomène, pris isolément, n’aurait rien d’inquiétant. La météo a toujours eu le talent de produire des situations nouvelles, inédites, au moment où l’on s’y attend le moins. Ce qui est inquiétant par contre, c’est l’accumulation de situations inédites, ici et ailleurs, qui montre combien la circulation atmosphérique planétaire est en train de changer. Ben oui, le réchauffement climatique ne se contente plus de faire augmenter les températures avec comme corollaire la fonte des glaces et la diminution des neiges. À présent, c’est le système entier des précipitations qui est en train de basculer et avec lui, de plus en plus, le système des vents. On ne sait pas encore quels seront les vents et tempêtes qui nous affecteront demain. Malgré la forte tempête du 5 juillet 2023 aux Pays-Bas, tout porte à croire que ce type de tempête sera en diminution dans les années à venir, en raison de la diminution des contrastes entre le pôle et l’océan aux latitudes moyennes. En contrepartie, il n’est pas exclu que des cyclones mal extra-tropicalisés garderont une certaine virulence même jusqu’à nos régions. L’Irlande en a déjà connu un exemplaire en octobre 2017 avec Ophelia, où le vent atteignit 191 km/h à Fastnet Rock, une petite île si proche de l’Irlande qu’on en voit les côtes depuis l’île. Et bien d’autres surprises nous attendent encore. Le réchauffement climatique a encore plein de secrets, qu’il ne dévoile qu’un à un, au compte-gouttes…
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