cumulonimbus

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  1. Les tornades des 23, 24 et 25 juin 1967 – Complément d’informations L’IRM vient de publier un article un article sur la tornade d’Oostmalle du 25 juin 1967. Voici le lien : http://www.meteo.be/meteo/view/fr/31554669-1967-2017%3A+la+tornade+d'Oostmalle.html Ci-dessous, encore quelques autres informations concernant tout l’épisode orageux qui entoure cette tornade et quelques autres. Les 23, 24 et 25 juin 1967, l’Europe du nord-ouest a sûrement connu l’un des pires épisodes tornadiques de son histoire. Dans le nord de la France, en Belgique et aux Pays-Bas, on a dénombré pas moins de 10 tornades. Les plus célèbres sont celles de Pommereuil (EF4) et de Palluel en France (EF5) le 24 juin, et celles de Chaam et de Tricht (EF3) aux Pays-Bas le 25 juin. Mais la Belgique n’est pas en reste, avec la puissante tornade d’Oostmalle (probablement EF3), qui a entièrement détruit une bonne centaine de maisons dans l’après-midi du 25 juin. À Pommereuil, au sud de Valenciennes, Pierre Colle raconte : « J’ai vu une tuile partir, puis deux sur la toiture d’en face. J’ai voulu sortir pour mettre à l’abri notre vieille voiture quand la fenêtre de l’entrée a explosé. Un nuage de poussière qui emportait tout sur son passage. Cela n’a pas duré trois minutes. Quand le vent est tombé il ne restait plus rien. Le clocher s’était écroulé sur notre 203 et le ciel était redevenu clair… » (Propos rapportés par Gérard Lempereur dans « La voix du nord » ). Pour Palluel, village situé non loin de Douai, Gérard Lempereur parle d’une vision d’apocalypse. La propriétaire du P’tit Quinquin lui raconte : « Il faisait une chaleur étouffante. Peu avant 21 h, tout est devenu noir et le ciel a pris une couleur d’encre. Les fenêtres ont volé en éclats. Des grêlons comme des œufs de poule, mais carrés, comme taillés au couteau, ont recouvert le sol et la lumière s’est éteinte. Le vent hurlait comme un réacteur d’avion, les cheminées tombaient, des éclairs jaune orangé zébraient le ciel et découvraient le bric-à-brac qui volait sur nos têtes : arbres déracinés, pièces de bois, tuiles, ardoises, tôles, portes, fenêtres, animaux, une barque métallique et même une voiture d’une tonne. La maison a bougé. J’ai cru que c’était la fin du monde… » Aux Pays-Bas, le KNMI (institut météorologique néerlandais) décrit les choses suivantes : « La trombe proprement dite de la tornade a été vue, sur tout son trajet, par de nombreuses personnes et tous les témoignages concordent. Les observateurs ont été particulièrement impressionnés par les débris et les nuages de poussière qui volaient autour de l’entonnoir. Mais ce qui a sans doute fait le plus peur, c’est le bruit, pareil à un grand nombre d’avions de chasse. L’expérience connue du calme qui règne au centre d’une tornade a également été confirmée par certaines personnes, qui ont vu la trombe passer juste au-dessus de leurs têtes. » Enfin l’IRM décrit ceci : « De violents orages éclatent dans le pays, accompagnés en certains endroits de chutes de très gros grêlons. Une tornade détruit le coeur du village d'Oostmalle (Malle), dans la province d'Anvers. Plus de la moitié des quelque neuf cents habitations que compte la localité sont endommagées ; cent dix-sept maisons sont complètement détruites. La tornade poursuit son chemin vers les Pays-Bas où elle cause aussi d'importants dégâts. En Belgique, aucun décès n'est à déplorer ; par contre, chez nos voisins du Nord, le bilan est beaucoup plus lourd : sept personnes perdront la vie suite au passage de cette tornade. Celle-ci restera dans les mémoires, avec celle de Léglise en septembre 1982, comme l'une des plus dévastatrices que notre pays ait connues au cours de ce siècle. » Tentons d’expliquer maintenant ce qui s’est passé Un coup d’œil jeté sur la situation atmosphérique générale des 23, 24 et 25 juin 1967 nous informe que notre pays s’est retrouvé sous l’influence de courants d’air tropical maritime, par moment très instables, qui circulaient entre un anticyclone centré principalement sur l’Italie et une dépression se formant le 23 sur le Golfe de Gascogne et allant se loger par la suite au sud-ouest de l’Irlande. Cette situation barique, au niveau du sol, est soutenue en altitude par une importante crête s’étendant de l’Afrique du Nord à l’Europe centrale en passant par l’Italie, et un creux à l’ouest de l’Irlande dont se détache, dès le 24, un « cut-off-low » qui se nichera au sud-ouest de l’Irlande. Ce « cut-off-low » est rempli, au niveau 500 hPa, d’air particulièrement froid, issu d’une descente d’air polaire qui, ensuite, a quitté la circulation générale pour former une goutte froide. La lente approche de cette goutte froide, en date du 25 juin, sera responsable d’une rapide baisse des températures à haute altitude. Nous pouvons donc en conclure que pendant les trois jours en question, notre pays a été soumis à un flux général de sud-ouest. Pourtant ce flux présente pas mal d’irrégularités. D’une part, bien que nous nous trouvions au sud du front polaire, on observe encore de petits creux secondaires qui font onduler la circulation de sud-ouest, notamment au niveau 700 hPa. Il en résulte des zones de divergence et de convergence qui, pour ce qui concerne les secondes, formeront trois zones orageuses de très forte intensité. En outre, au niveau du sol, de petites variations de pression, d’origine thermique, sont responsables de vents de nord-est à est dans les très basses couches, qui entrent en conflit avec le flux général de sud-ouest. Ceci est dû, entre autres, à une tendance aux hautes pressions sur les eaux encore froides de la Mer du Nord, et à de petites dépressions thermiques sur la France, par ailleurs soutenues par les creux existant à moyenne altitude. Analysons à présent en détail l’évolution du temps sur nos régions Le 23 juin commence comme une journée quelconque de l’été belge. À l’ouest et au centre du pays, le ciel est très nuageux en matinée, avec une nappe presque continue de stratocumulus vers 1000 mètres d’altitude, souvent doublée de cumulus à base assez basse. De temps en temps, ces nuages distillent quelques gouttes de pluie ou une petite averse. Vers midi, le ciel s’ouvre et les éclaircies laissent apparaître des bancs d’altocumulus. L’air, très humide depuis le matin, s’échauffe rapidement (jusqu’à 22 à 25°C), avec aussitôt un temps devenant très lourd. Les cumulus se mettent à bourgeonner et parviennent tout juste à percer l’inversion (qui tend d’ailleurs à se résorber temporairement). Très localement, on observe de petites averses, voire un orage monocellulaire isolé. Au niveau 850 hPa (1540 m), la température à midi est de 12°C et au niveau 700 hPa (3150 m), elle est de 3°C. Plus haut, au niveau 500 hPa (5800 m), il fait –13°C. L’air est donc conditionnellement instable et son écoulement est quasi laminaire (vent d’ouest-sud-ouest augmentant graduellement avec l’altitude). Mais cette situation ne durera pas. Dès l’après-midi, le vent se met à souffler d’est à nord-est dans les basses couches, en raison des hausses de pression sur la Mer du Nord et des baisses de pression sur la France, comme décrit ci-dessus. À moyenne altitude aussi, le vent change quelque peu de direction, en basculant vers le sud, voire le sud-est à l’approche d’un premier creux barométrique. À haute altitude, le vent tourne nettement moins, et s’oriente au sud-sud-ouest. Cela signifie donc qu’en quelques heures à peine, on passe d’une situation orageuse simple à une situation orageuse complexe, avec wind-shear, très favorable aux supercellules. Mais il ne se passe rien encore rien en Belgique, dans un premier temps. La température baisse comme d’habitude en fin d’après-midi, avec une stabilisation des basses couches, et des cumulus s’étalant à nouveau en stratocumulus. Au-dessus, pendant ce temps, les altocumulus s’épaississent de plus en plus. Pourtant en France, d’énormes supercellules sont déjà en train de se former, avec l’apparition des premières tornades. Mais il n’y a encore aucune trace de cela pour l’observateur situé en Belgique. Alors profitons de l’occasion pour parler d’abord du temps qui a régné dans les autres régions de notre pays. En Ardenne et en Gaume, le temps a été nettement plus ensoleillé qu’ailleurs, avec des températures jusqu’à 29°C à Virton. L’air y a été un peu plus sec aussi, avec le développement de cumulus typiques d’une belle journée d’été. Quelques altocumulus lenticularis témoignaient de l’origine tropicale de l’air (et de l’effet de foehn au-dessus des Pyrénées). Ce temps plus clément était aussi perceptible à Florennes et, dans une moindre mesure, à Charleroi. Le soir cependant, l’air humide a fini par envahir tout le pays, avec son cortège de brumes, de stratocumulus, d’altocumulus et de faibles précipitations. Seule la Gaume a encore vu, le soir, se développer un véritable cumulonimbus capillatus. Au littoral, le temps a été meilleur aussi, mais pour des raisons très différentes. La brise de mer s’est combinée au vent général d’est à nord-est, donnant en résultante un vent de nord-est se mettant à souffler de plus en plus fort (moyenne de 35 à 40 km/h en fin de soirée). Les températures plus basses ont donc limité le développement des cumulus (et leur étalement en stratocumulus). En matinée, de très belles éclaircies ont été observées, avant que le ciel ne se couvre graduellement, avec des cirrostratus, des altocumulus puis des stratocumulus avec faibles précipitations (comme cela a été le cas, en fin de journée, partout ailleurs). La nuit, il fait souvent autour de18°C, avec un ciel très nuageux à couvert, et rien ne laisse encore présager la surprise qui attend le pays tout entier. Mais dès les petites heures du matin, tout se déchaîne. Les supercellules formées en France se sont organisées en une première ligne d’intempéries donnant des orages particulièrement violents à peu près partout. À Uccle, on observe de la grêle, pendant qu’il tombe 8,3 mm d’eau en 10 minutes. Dans le sud et l’est du pays, on observe de très fortes rafales, avec 130 km/h à Werbomont, 107 km/h à Botrange et encore 84 km/h à Virton. Des dégâts liés au vent sont signalés dans la région d’Aix-La-Chapelle, mais aussi près de Paris et dans l’extrême sud des Pays-Bas. Les précipitations, quant à elles, sont abondantes aussi dans la plupart des régions, avec, entre autres, 38,9 mm recueillis dans le pluviomètre de Dinant. Ces orages ont bien pu survivre pendant la nuit en raison, d’une part, d’une zone de convergence très marquée au sol (vent de nord-est à l’avant des orages, vent de sud à sud-ouest à l’arrière), et d’autre part, grâce à un probable maximum de vent nocturne au sommet de l’inversion, alimentant en énergie les supercellules. Le 24 juin commence de façon particulièrement sombre, avec de la brume, des stratocumulus et des nimbostratus doublés de pannus, qui distillent de petites pluies, voire des pluies modérées par endroit. Les 16 ou 17°C qui règnent dans cette atmosphère particulièrement humide donnent même une impression de froid, et la grisaille a beaucoup de mal à se lever. Mais en début d’après-midi, tout se dégage brusquement (stratus évoluant en cumulus et/ou stratocumulus avant de se dissiper) et la température monte en flèche, toujours sous une atmosphère très humide (humidité en outre auto-entretenue par les orages de la nuit précédente). Il fait donc immédiatement lourd, mais le soleil brille généreusement, avec juste des cirrus et quelques altocumulus. Seul l’ouest du pays reste moins privilégié, avec encore assez bien de cumulus et de stratocumulus, surmontés d’altocumulus. Une légère brume persiste en de nombreux endroits, donnant une lumière laiteuse et rendant parfois les contours des nuages quelque peu flous. Les températures de l’après-midi, qui montent jusqu’à 24 ou 25°C (excepté au littoral), permettent à nouveau à l’inversion de se résorber partiellement, avec comme conséquence quelques orages faibles et isolés. Au niveau 850 hPa (1510 m), la température est à présent de 14°C, tandis qu’elle est de 4°C au niveau de 700 hPa (3130 m). Il s’agit donc d’un à deux degrés de plus que la veille, à tous les niveaux. Les vents, soufflant d’abord dans la quart sud à ouest, ont une nouvelle fois tendance à s’orienter à l’est ou au nord-est en deuxième moitié de journée, et même plus tôt à la côte. En altitude, le courant passe de l’ouest au sud dans les moyennes couches, tandis qu’il reste plus ou moins orienté au sud-ouest dans les hautes couches. Présence de belles wind-shears, encore une fois. En Ardenne et en Gaume, comme la veille, le temps est assez différent des autres régions. Là, le ciel se dégage rapidement, dès la matinée, après le passage de la zone orageuse nocturne. Il fait beau, avec quelques cumulus humilis. Quelques cirrus garnissent le ciel, et quelques altocumulus lenticularis témoignent de la persistance des courants d’origine tropicale. Très localement, des cumulus parviennent à se développer en cumulonimbus, avec des orages isolés l’après-midi ou le soir. Il faut noter qu’ici, en raison des températures plus élevées (jusqu’à 30°C à Virton), l’atmosphère est plus instable aussi, avec absence totale d’inversion en journée. Ceci se traduit aussi par une excellente visibilité au-dessus du massif ardennais, qui contraste avec les brumes ailleurs dans le pays. À Virton par contre, la très forte humidité, encore présente des suites des fortes précipitations de la nuit précédente, est également moins favorable aux très bonnes visibilités. On constate donc une grande similitude par rapport aux conditions météorologiques de la veille, et tout est prêt pour une réédition des événements de la nuit précédente. Et c’est ce qui va se produire en soirée et la nuit, de façon un peu atténuée en Belgique, mais très intense dans le nord de la France. Là, cette seconde vague orageuse sera extrême, avec la formation de quatre tornades majeures sur le nord de la France, dont la EF5 (!) de Palluel (au sud de Douai) et la EF4 de Pommereuil (au sud de Valenciennes), qui y ravagent tout en soirée, aux alentours de 21h. Le bilan est particulièrement lourd, avec 7 morts, 61 blessés hospitalisés et plus de 600 maisons rasées. Ce « tornado outbreak » français appelle déjà un mot d’explication. Pour trouver les prémices de ces intempéries, il faut aller jusqu’en Espagne ! Durant les jours précédents, une couche d’air chaud et très sec, d’origine saharienne, s’est formée sur les hauts plateaux castillans, où il n’a plus plu depuis une semaine. Des températures, respectivement, de 33°C et de 35°C ont été enregistrées à Madrid et à Saragosse. Le 23, cet air chaud a commencé à déborder au-dessus des Pyrénées, avec 35°C à Biarritz et à Bordeaux. Le 24, cet air s’est déporté vers l’est de la France, vers la Suisse et vers l’Allemagne, avec 33°C à Vichy, à Bâle et à Karlsruhe. Mais à moyenne altitude, cette masse d’air chaud et très sec a pris une extension nettement plus grande, en glissant au-dessus de la couche d’air humide et (un peu) moins chaud stagnant sur le nord de la France. Plus haut encore, l’air redevient à nouveau froid par détente, des suites de la lente approche d’une goutte froide. On assiste donc à une tripartition de l’atmosphère (« spanish plume »), où l’air chaud et sec des couches moyennes devient très instable en raison de l’air froid des couches supérieures, et où l’air chaud et humide des basses couches devient très instable aussi en raison du réchauffement diurne du sol par le soleil, mais où la convection est bloquée net par une inversion liée au caractère encore plus chaud de l’air des couches moyennes. Cette inversion agit comme un couvercle… sauf là où un mouvement vertical plus puissant (thermique et/ou dynamique) parvient à percer ladite inversion. Alors, la situation devient aussitôt explosive, avec toute l’énergie disponible qui se concentre en ce seul point de percée. C’est là que réside l’une des principales raisons de la formation des terribles tornades susmentionnées. Les discontinuités du flux de sud-ouest et les importantes wind-shears ont fait le reste. Dès la fin de la soirée, cette deuxième vague orageuse, responsable des tornades, devient visible en Belgique, avec de nombreux éclairs à l’horizon, une ambiance électrique, un renforcement du vent en de nombreux endroits, puis le roulement croissant du tonnerre. Mais contrairement à la nuit précédente, les orages ne sont pas vraiment organisés, et passent souvent en donnant peu ou pas de précipitations. Le 25 juin, en basse et moyenne Belgique, l’air est à nouveau aussi humide que les jours précédents. Mais le ciel est moins couvert et il fait plus vite (assez) chaud en matinée. En d’autres termes, il fait rapidement très lourd. Le vent n’a pas de direction précise, il est faible, et dans le ciel, on observe des altocumulus, parfois lenticularis, et des stratocumulus évoluant en cumulus. Mais l’inversion, située vers 1000 mètres d’altitude, est plus coriace cette fois-ci et forme un véritable couvercle. La « spanish plume » vient d’arriver chez nous aussi. En Ardenne par contre, l’évolution du temps va à contresens, avec un air de plus en plus sec. Comme la veille et l’avant-veille, il fait à nouveau très ensoleillé mais dès l’après-midi, l’humidité chute très fort et l’air devient extrêmement sec, avec un vent fort et chaud. La visibilité, quant à elle, devient extraordinairement bonne. En fait, c’est l’air chaud d’Espagne qui a fini par frôler notre pays. Les températures, malgré l’altitude, atteignent 27°C à Spa, 26°C à Werbomont et 25°C à Botrange. À Virton, le thermomètre monte jusqu’à 29°C, mais une forte humidité résiduelle continue à y régner. Au-dessus de l’inversion, l’air chaud et sec est présent partout dans le pays, comme en témoignent les altocumulus lenticularis, floccus et castellanus, et l’on assiste à une réédition de ce qui s’est passé en France la veille. Le vent, hésitant en matinée, s’est très nettement orienté à l’est en basse et moyenne Belgique, et au sud en haute Belgique, ainsi qu’en Gaume. À la limite des deux, il s’est formé une zone de convergence sous la forme d’un pseudo-front (front ne concernant que les toutes basses couches de l’atmosphère) avec, au nord, l’air tropical maritime humide et instable, mais enfermé sous une inversion, et au sud, l’air tropical desséché et encore plus chaud. Mais un troisième larron viendra bientôt jouer les trouble-fêtes : un front froid très virulent, suivi d’air polaire maritime, qui avance vers le nord-est à grande vitesse (80 à 100 km/h) et qui traversera notre pays en milieu d’après-midi. Mais quelle est en fait la situation atmosphérique avant ce front, c’est-à-dire en début d’après-midi ? La dépression au sud-ouest de l’Irlande n’a encore guère bougé, tandis que le front froid, orienté nord-ouest – sud-est, se trouve en travers de la France et avance vers le nord-est. Le pseudo-front, quant à lui, reste stationnaire sur le sud de la Belgique et est orienté sud-ouest – nord-est. Juste au nord de ce pseudo-front, là où l’inversion est très basse, on trouve une mince bande d’air encore plus humide qu’ailleurs, avec, sur le thermomètre mouillé, des températures de 20°C ou plus (comme par exemple à Bierset). Juste au sud du pseudo-front, on retrouve la trace au sol des limites de pénétration de l’air très sec (marqué comme « front sec »). Mais sur les massifs de l’Ardenne ou de l’Eiffel, cet air sec s’avance plus loin vers le nord. À Uccle, le sondage révèle la tripartition typique de la « spanish plume ». Au sol, le vent souffle d’est, l’air est très humide et il fait 24°C. À 1000 mètres d’altitude, juste au-dessus de l’inversion, il fait 20°C, et 15°C au niveau 850 hPa (1490 m), 5°C au niveau 700 hPa (3100 m) et –15°C au niveau 500 hPa (5740 m). Le vent, quant à lui, souffle de sud-sud-est au niveau 850 hPa, de sud au niveau 700 hPa et de SSW aux niveaux 500 et 300 hPa. À ce dernier niveau, à 9430 mètres d’altitude, le vent atteint près de 100 km/h. Ceci n’est pas sans rappeler les situations américaines. Dans les basses couches, de l’air chaud et humide est amené par un vent d’est (à mettre en parallèle avec l’air chaud et humide acheminé depuis le Golfe du Mexique par un vent de sud-est) ; dans les moyennes couches, de l’air encore plus chaud et sec, au-dessus d’une inversion, est amené par un vent de sud (à mettre en parallèle avec l’air chaud et sec acheminé depuis les déserts américains par un vent de sud-ouest) ; et dans les hautes couches, de l’air polaire maritime indirect, lié à une goutte froide, est amené par un vent de sud-ouest (à mettre en parallèle avec l’air froid acheminé depuis les Montagnes Rocheuses par un vent d’ouest). D’accord, ce n’est pas exactement la même chose, mais la ressemblance est troublante. Il suffit de basculer le schéma selon un angle de 45° ! À mon avis, la largeur inhabituelle des trombes par rapport aux tornades européennes trouve là son explication. Un autre facteur, plus européen celui-là, a certainement été déterminant aussi. En effet, comme si souvent à l’avant des fronts froids, il s’est formé une ligne de convergence préfrontale. C’est là que se sont formés les orages les plus forts. Mais la particularité, cette fois-ci, résidait dans le fait que cette convergence s’est formée très près du front froid, au point de parfois fusionner avec lui. Une autre particularité a été l’extrême rapidité de l’avancée du front. Une troisième particularité a été le croisement de la ligne de convergence préfrontale (et du front lui-même) avec une autre ligne de convergence, en l’occurrence celle du pseudo-front séparant l’air sec et très chaud de l’air humide et un peu moins chaud, marquant par la même occasion la limite de la zone soumise à l’inversion thermique. C’est d’ailleurs sur une ligne un peu au nord de ce pseudo-front (donc encore en présence de l’inversion) que se sont formées les plus violentes des tornades, c’est-à-dire celles d’Oostmalle, de Chaam et de Tricht. Les observations synoptiques semblent révéler que c’est là, et uniquement là, que les mouvements ascendants ont été suffisants pour percer le couvercle de l’inversion, et que toute l’énergie retenue sous cette inversion a pu se libérer en un seul coup. Ailleurs, tant au nord qu’au sud de cette zone, les orages ont été beaucoup moins spectaculaires, voire absents, avec juste des rafales au moment du passage du front froid. À Ostende, il s’est agi d’un simple orage donnant 4 mm d’eau, mais le vent y a soufflé en tempête pendant trois heures, avec des rafales jusqu’à 110 km/h. En Flandre, les orages ont parfois (mais pas toujours, une tornade a également été signalée à Ypres) été moins spectaculaires. À Anvers par contre, située non loin de la ligne des tornades et des orages à grêlons, le synoptique a fait état d’un orage très violent à 16 h, avec de la grêle et des précipitations tellement fortes que la visibilité est tombée à presque 0 mm. Les rafales y ont atteint 79 km/h et il est tombé 17,9 mm de précipitations en peu de temps. En Ardenne et en Gaume, le passage du front a été à nouveau plutôt discret, se matérialisant juste par quelques rafales et une baisse de la température, sans précipitations ni nuages significatifs, comme lorsqu’un front passe dans un pays à climat très sec. À l’arrière de la perturbation, le temps est devenu très beau partout, relativement sec en dépit de l’origine maritime de l’air, avec une très bonne visibilité et quelques cumulus humilis ou mediocris. On peut donc en conclure que la violence des tornades a été liée par un concours de nombreuses circonstances qui, si elles n’ont pas été toutes à l’origine des tornades, ont néanmoins fortement contribué à leur donner la violence qu’elles ont eue. À d’autres endroits, où une partie seulement des conditions propices aux tornades ont été remplies, on a quand même parfois observé des tornades, mais bien moins violentes, comme ce fut le cas près de Boulogne-sur-Mer et près d’Ypres. Voilà. J’espère que cet aperçu, assez exhaustif, des journées du 23, du 24 et du 25 juin 1967 puisse donner une réponse aux nombreuses questions que vous vous posez, et qu’il constitue une brique de plus vers la compréhension des tornades. Sources : - IRM – Bulletin mensuel – observations synoptiques – juin 1967 - IRM – Bulletin mensuel – observations climatologiques – juin 1967 - IRM – Annuaire climatologique – année 1967 - IRM – Évenements marquants depuis 1901 - European Climate Assessment & Dataset – partenaire : Gaston Demarée - KMNI – « De zware windhozen van 25 juni 1967 » par H.R.A. Wessels, 1968 - Article : « Le 24 juillet 1967, Pommereuil était ravagé avec huit autres villages par une tornade », par Gérard Lempereur dans « La Voix du Nord »
  2. 22 juin 2017 Revenons aux températures très élevées relevées la nuit et le matin. Si l’on ne considère que la 3e décade de juin, il s’agit souvent de records (période 1982-2017). Températures minimales Uccle : 22,7°C (précédent record : 21,5°C le 28/06/2011) Beauvechain : 23,1°C (précédent record : 21,9°C le 28/06/2011) Bierset : 22,7°C (précédent record : 22,4°C le 28/06/2011) Gosselies : 22,8°C (précédent record : 21,5°C le 28/06/2011) Florennes : 22,1°C (précédent record : 21,8°C le 28/06/2011) Spa : 21,5°C (précédent record : 20,5°C le 28/06/2011) Mais le 18 juin 2002 (2e décade de juin), la nuit a été beaucoup plus chaude, ce que fait que pour la totalité du mois de juin, presque aucun record n’est battu (sauf à Charleroi-Gosselies). Températures minimales Uccle : 22,7°C (record : 23,9°C le 18/06/2002) Beauvechain : 23,1°C (record : 23,4°C le 18/06/2002) Bierset : 22,7°C (record : 24,2°C le 18/06/2002) Gosselies : 22,8°C (précédent record : 22,6°C le 18/06/2002) Florennes : 22,1°C (record : 22,5°C le 18/06/2002) Spa : 21,5°C (record : 22,0°C le 18/06/2002) Et voici ce que cela donne dans l’absolu, tous mois confondus : Températures minimales Uccle : 22,7°C (record : 24,5°C le 04/07/2015) Beauvechain : 23,1°C (record : 23,4°C le 18/06/2002) Bierset : 22,7°C (record : 25,0°C le 04/07/2015) Gosselies : 22,8°C (record : 23,7°C le 04/07/2015) Florennes : 22,1°C (record : 24,0°C le 04/07/2015) Spa : 21,5°C (record : 24,3°C le 07/08/2003) Comme quoi, il faut toujours faire très attention quand on parle de records et savoir exactement selon quels critères. Avant 1982, des nuits (à ce point) chaudes étaient rares dans nos contrées. Seule la nuit du 28 au 29 juillet 1947 a pu produire ici et là des minima de 25°C ou plus (minimum de Maastricht : 26°C !) Autre fait remarquable de ce 22 juin 2017 : les températures relevées à 8 heures du matin. Angleur : 26,4°C Gorsem : 26,2°C Kleine Brogel : 26,1°C (alors que le minimum était de 19,2°C) Gosselies : 26,0°C Bierset : 25,9°C Dourbes : 25,9°C Stabroek : 25,6°C Uccle : 25,5°C Ce sont là des températures dignes du sud de l’Italie. À noter que la plus haute température jamais relevée à 8 heures du matin a été de 28,7°C à Angleur le 4 juillet 2015. Au même moment, il faisait 26,7°C à Bierset. Après cette chaleur nocturne et matinale, acheminée par des vents de sud à sud-est, une ligne de convergence liée à un creux thermique traverse notre pays et fait basculer les vents vers le sud-ouest. Bien que les infiltrations maritimes restent marginales, cela suffit pour limiter quelque peu les maxima, qui dans la majorité des régions prennent des caractéristiques un peu moins extrêmes que prévu. En Basse et Moyenne Belgique, les maxima n’atteignent souvent « que » 32 à 33°C. Un côté insolite est le vent, qui souffle de façon soutenue. Il est rare en Belgique d’avoir du vent avec de telles températures. À Uccle, on observe des rafales jusqu’à 47 km/h par 32°C. De telles conditions sont également observée à Retie et Sint-Katelijne-Waver. Dans le courant de l’après-midi, ce vent se renforcera encore un peu lors du passage du front froid, mais alors les températures baisseront progressivement. À l’est du pays, ce vent est présent aussi avec des températures encore plus élevées. À Kleine Brogel, on observe également des rafales de 47 km/h alors que le thermomètre affiche 35°C ! En effet, la bulle d’air chaud qui, le 21 juin, était centrée sur l’ouest du pays s’est déplacée vers l’est des suites du déplacement de la ligne de convergence précitée. C’est donc là que les températures sont désormais particulièrement élevées. Voici quelques maxima (entre parenthèses, le record décadaire si disponible) : Angleur : 35,6°C Kleine Brogel : 35,3°C (36,1°C le 28/06/2011) Koersel : 35,3°C (35,6°C le 28/06/2011) Aubange : 35,2°C Bierset : 34,6°C (34,9°C le 28/06/2011) Hastière : 34,5°C (35,7°C le 28/06/2011) Stree (Huy) : 34,1°C Dourbes : 34,1°C (35,2°C le 28/06/2011) Gorsem : 33,6°C (33,6°C le 28/06/2011 -> record égalé) À noter qu’à Luxembourg, le record a été pulvérisé avec 35,4°C (33,3°C le 30/06/1976). Là, même le record historique du 27/06/1947 (34,3°C) est passé à la trappe ! Les 35,2°C d’Aubange sont sûrement exceptionnels aussi, mais nous ne disposons pas d’une série suffisante, pour cette station, pour pouvoir le déterminer. Sur les hauteurs ardennaises et fagnardes, quelques records sont aussi approchés voire battus : Mont-Rigi : 29,6°C (30,4°C le 28/06/2011) Elsenborn : 30,7°C (31,4°C le 28/06/2011) Spa : 31,6°C (31,8°C le 28/06/2011) Saint-Hubert : 30,9°C (30,8°C le 28/06/2011) En dehors de la forte chaleur, l’est et le sud du pays connaissent aussi une tendance orageuse. Après une matinée très ensoleillée avec quelques cirrus, les cumulus se développent de façon explosive en début d’après-midi pour générer des averses et quelques orages (notamment sur les Hautes-Fagnes et le nord de l’Ardenne). Même si aucune station n’enregistrent de grosses précipitations, ces averses et orages, avec leurs courants descendants, provoquent de fortes variations de température. À Spa, la température atteint 31,6°C à 14 heures, descend à 22,1°C à 15 heures pour remonter à 29,4°C à 16 heures puis 31,0°C à 17 heures. À Elsenborn, on observe une variation de même ampleur. Ces variations s’accompagnent d’ailleurs de rafales de vent. Après les orages, le temps redevient beau avec des cirrus et des cumulus modestes, qui tentent encore d’évoluer en congestus mais se désagrègent aussitôt. La Gaume échappe aux orages mais voit de l’instabilité dans le ciel, avec des castellanus le matin et des cumulus mediocris/congestus l’après-midi. En Basse et Moyenne Belgique, le temps est beau à légèrement voilé avec des cirrus. Les rafales de vent font parfois sentir quelques souffles plus frais, mais la dominante reste chaude malgré les quelques degrés de moins. En chiffres : 32,4°C à Uccle ; 32,9°C à Zaventem ; 33,3°C à Beauvechain ; 33,0°C à Gosselies. Le front froid, déjà présent sur le centre-ouest en début d’après-midi, atteint le centre en milieu d’après-midi et le centre-est en fin d’après-midi. Dans le ciel, il se marque par quelques altocumulus castellanus (parfois plus développés avec quelques gouttes de pluie) et, plus tard, par des stratocumulus. Dans la partie la plus orientale des plaines, on observe des castellanus dès le matin, et des cumulus et/ou altocumulus castellanus l’après-midi avec une tendance à l’instabilité. Avec quelques rafales supplémentaires dans le cadre du front, la température chute de quelques 2 à 3°C par heure pour passer en dessous des 20°C en soirée. Au littoral, des lignes orageuses en provenance de la mer atteignent la côte et pénètrent jusqu’à quelques dizaines de kilomètres à l’intérieur en se désagrégeant. Là aussi, les précipitations sont généralement très faibles. Le temps est d’abord nuageux à beau avec des cirrus et quelques altocumulus dont des castellanus, puis les cumulonimbus arrivent avec quelques averses et coups de tonnerre. Ensuite le temps redevient nuageux à beau avec encore quelques altocumulus (parfois épais et avec encore des castellanus) et plus tard des cumulus et stratocumulus. Le temps est venteux et très doux le matin, assez chaud en matinée, puis la température baisse l’après-midi avec un vent se renforçant encore (rafales jusqu’à 60 km/h). Les températures maximales (atteintes en fin de matinée) sont de 25,6°C à Zeebruges et 26,8°C à Middelkerke.
  3. 21 juin 2017 L’air frais dont il a été question le 20 juin lèche notre pays la nuit du 20 au 21 et le matin du 21. Source : KNMI Notamment le nord et le nord-est du pays, ainsi que le centre connaissent une petite fraîcheur matinale poussée par un bon petit vent de nord-est. Bien souvent, les minima se situent autour de 16°C dans cette région, avec une répartition assez uniforme (Zaventem : 15,5°C ; Kleine Brogel : 15,6°C ; Koersel et Gorsem : 16,0°C ; Stabroek, Essen et Retie : 16,1°C). Dans l’extrême ouest du pays par contre, les minima restent proches de 19°C (Passendaele : 18,6°C ; Beitem : 18,8°C). Le réchauffement diurne en est quelque peu retardé, mais dès la fin de matinée, les températures remontent en flèche avec des vents variables dans une masse d’air ultra-chaud. L’après-midi, les maxima dépassent à nouveau largement les 30°C dans de nombreuses régions, avec des valeurs de 32 à 34°C sur l’ouest du pays, de 31 à 32°C sur le centre et le centre-est, 27 à 29°C sur les hauteurs et jusqu’à 33°C dans certaines vallées. Quelques chiffres : Kruishoutem : 33,8°C Coxyde : 33,6°C Chièvres : 33,5°C Passendaele : 33,4°C Hastière : 33,1°C Dourbes : 33,1°C Sivry : 33,0°C Pour l’ouest du pays, ces valeurs sont exceptionnelles. Les 33,6°C de Coxyde (station à un bon 3 km de la côte) constituent un nouveau record pour une 3e décade de juin et dépassent les 32,7°C du 27 juin 2011 et les 31,9°C du 27 juin 1976. Cette chaleur n’affecte cependant pas les environs immédiats de la mer, où les températures n’atteignent pas 30°C. Les 33,8°C de Kruishoutem sont remarquables aussi, mais restent en deçà des 34,8°C du 27 juin 2011. Chièvres, avec 33,5°C, ne bat pas son record non plus, qui est de 34,2°C en date du 27 juin 1976. À Lille (FR), les 34,4°C frôlent le record du 27 juin 2011 (34,5°C). Le 27 juin 1976 et le 27 (ou 28) juin 2011 sont les journées de juin les plus chaudes de ces 50 dernières années. 1976 et 2011 ne se différencient généralement que de quelques dixièmes de degrés (mais en 1976, contrairement à 2011, la vague de chaleur a été d’une très longue durée). Plus loin dans le passé, le 27 juin 1947 a été encore beaucoup plus chaud, avec 37 à 38°C presque partout en Basse et Moyenne Belgique ainsi qu’en Gaume et dans certaines vallées. Malheureusement, le réseau des stations météo de l’époque était différent de celui de maintenant, ce qui rend les comparaisons difficiles. Quelques chiffres de 1947 quand même : Haacht : 38,7°C Gerdingen-Bree : 38,0°C Virton : 37,7°C Rochefort : 37,0°C Dennée-Maredsous : 36,5°C Coxyde : 34,8°C Baraque Michel : 33,0°C Le côté très remarquable de la journée du 21 juin 2017, par contre, réside dans le fait que les maxima sont atteints très tardivement. Les 31,6°C d’Uccle ne sont atteints qu’à 19 heures. Et c’est le cas aussi pour un grand nombre d’autres stations. À Zeebruges, le maximum est même atteint plus tard encore : après les 27,9°C relevés à 20 heures (et constituant le maximum de la période synoptique 8h -> 20h), la température monte encore pour atteindre 28,2°C à 21 heures. À Lille, le fait que les 34,4°C sont atteints entre 18 et 19 heures les rend encore plus remarquables. Ajoutons à cela que si en matinée, les infiltrations un peu plus fraîches du nord-est ont rendu l’air plus humide aussi, en soirée sous la chaleur, l’air se dessèche très fort. À Uccle à 19 heures, le taux d’humidité n’atteint plus que 26%. À Schaffen, on descend même jusqu’à 23%. Cette sécheresse est toutefois inégalement répartie et ne concerne pas toutes les stations. Le temps est généralement très beau avec des cirrus. En Ardenne, en Gaume et dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, on observe aussi quelques cumulus. Au littoral, aux abords immédiats de l’eau, une modeste brise de mer de nord-est maintient les températures autour de 26-27°C en après-midi, avant que le vent d’est à sud-est ne chasse cette brise de mer en soirée avec une hausse de la température (voir plus haut). À quelques centaines de mètres des plages, la brise de mer ne parvient déjà plus à s’imposer et les températures restent élevées tout l’après-midi (30-32°C – maximum de 32,3°C à l’aéroport de Middelkerke). Les hautes températures observées partout le soir annoncent l’une des nuits les plus chaudes que notre pays n’ait jamais connues. Dans la nuit du 21 au 22, plusieurs stations ne descendent pas en dessous de 22°C (minima de 22,0°C à Semmerzake ; 22,1°C à Florennes ; 22,7°C à Uccle ; 22,7°C à Bierset ; 22,8°C à Gosselies ; 23,1°C à Beauvechain). Plus remarquables encore : les températures de 8 heures, qui dépassent déjà les 25°C en de nombreux endroits. Mais tout cela sera détaillé sous la rubrique du 22 juin 2017.
  4. La sécheresse de 1995-1996 est abordée à la fin de l'article repris sous le lien ci-dessous : http://www.meteobelgique.be/article/articles-et-dossier/le-climat/81-climats-dhier-et-daujourdhui/1604-lete-1976-un-ete-legendaire.html
  5. 20 juin 2017 L’anticyclone faiblit mais l’air chaud continue à stagner sur la Belgique. Une nouvelle cellule, contenant de l’air beaucoup plus frais, se centre sur la Mer du Nord et pousse devant elle un front froid sec. Ce front, cependant, n’atteindra pas notre pays. Source : KNMI Il s’ensuit que les températures maximales sont à nouveau fort élevées et dépassent les 30°C sur une grande partie du pays. Ne restent en dessous des 30°C que : La bande littorale (Zeebruges : 21,9°C ; Middelkerke : 26,5°C ; Coxyde : 27,8°C) Les Hautes-Fagnes et régions avoisinantes (Mont-Rigi : 26,7°C ; Elsenborn : 27,7°C) Les plateaux ardennais (Saint-Hubert : 29,1°C) Ici et là l’Entre-Sambre-et-Meuse (Florennes : 29,5°C) Sinon, les valeurs se situent le plus souvent entre 30 et 32°C, avec localement des valeurs encore un plus élevées : Aubange : 33,0°C Angleur : 32,4°C Hastière : 32,2°C Koersel : 32,1°C Kleine Brogel : 31,8°C … Uccle : 31,0°C En raison de températures pas trop élevées en altitude (15°C au niveau 850 hPa à 1590 mètres, d’où une bonne instabilité de basses couches) et d’une humidité un peu plus importante, des cumulus parviennent à se former, mais leur développement est arrêté un peu plus haut par une zone de stabilité (isothermie) entre 1900 et 2200 mètres. Dans le détail, cela nous donne un ciel peu nuageux avec des cirrus (très occasionnellement cirrus spissatus épais) et des cumulus humilis qui se forment en début d’après-midi et qui se résorbent en tout début de soirée. Dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, on note aussi quelques altocumulus le soir. Au littoral, comme souvent, les cumulus font défaut, mais on y observe temporairement une brume maritime rendant le ciel plutôt pâle. En raison du vent général de nord-est, la brise de mer est fortement favorisée dans cette région. Au port de Zeebruges, le vent (de nord-nord-est) souffle de la mer tout au long de la journée avec un très petit écart dans les températures entre le jour et la nuit. La température minimale est en effet de 19,7°C et la température maximale, de 21,9°C. En fin d’après-midi et en soirée, ce vent de mer devient assez pénétrant, avec des rafales de quelques 40 km/h. À quelques centaines de mètres de la mer, la situation est très différente, avec une nuit un brin plus fraîche mais surtout plus de chaleur en journée. À l’aéroport de Middelkerke, la température minimale est de 16,6°C et la température maximale, de 26,5°C. La brise de mer y est déjà plus irrégulière, avec des températures supérieures à 26°C en début d’après-midi, chutant ensuite à 22°C avec de bonnes rafales de la mer, puis remontant à 24°C en début de soirée. En d’autres termes, l’air frais de la mer se mélange, dans des proportions variables, avec l’air chaud de l’intérieur. Notons enfin la grande différence entre les températures très chaudes en Belgique (à l’intérieur des terres) et les températures fraîches (même à l’intérieur des terres) au nord des Pays-Bas, sous l’influence de l’autre anticyclone centré sur la Mer du Nord. À Groningue, temporairement sous d’épaisses nappes de stratocumulus, le thermomètre ne monte pas au-dessus de 20,5°C, sous un vent par moment désagréable de nord-est (à minuit, il n’y fait plus que 11,8°C). La limite d’influence entre l’air très chaud et l’air plutôt frais, avec une relativement mince zone tampon, est très visible sur la carte ci-dessous. Source : KNMI Comme vous pouvez le constater, le « rafraîchissement » n’est vraiment pas loin de chez nous. Nous atteindra-t-il aujourd’hui (21 juin) ? Probablement pas, ou alors sous une forme très atténuée avec juste quelques petits degrés de moins ici et là.
  6. 16 juin 2017 Passage de la frange méridionale d’un nouveau front froid. À l’arrière, les hautes pressions se reconstruisent, mais restent encore temporairement en grande partie sur l’Océan. Ce front s’est manifesté la veille au soir, après le passage de la portion d’air sec et (assez) chaud. Le vent s’est remis à souffler par rafales plus fortes et la température a baissé de façon abrupte pendant que l’humidité est remontée. Ici aussi, c’est un phénomène rare : normalement l’humidité baisse après le passage d’un front froid. Le temps, en journée, est généralement nuageux à beau avec quelques stratocumulus (presque gros altocumulus) le matin, puis formation rapide de cumulus qui s’étalent ensuite en stratocumulus, mais sans disparition complète des éclaircies. Le soir, le ciel se dégage à nouveau, avec toutefois quelques cirrus. Au littoral, le ciel est plus clair, avec un développement limité de cumulus et pas d’étalement. En dehors de cela, on y observe quelques altocumulus le matin et quelques cirrus l’après-midi. Les températures : 20-21°C en plaine, 15-17°C sur les hauteurs. 17 juin 2017 L’anticyclone commence lentement à se développer vers le continent. L’extrême sud d’un front chaud affecte temporairement le temps de nos régions. Le temps est de ce fait encore très nuageux le matin, avec des stratocumulus qui s’amincissent rapidement et qui font place l’après-midi à un mix de cumulus et de stratocumulus avec des éclaircies progressivement de plus en plus larges. Au littoral, l’absence de cumulus donne un temps plus lumineux qu’à l’intérieur des terres l’après-midi, avec un ciel serein. L’anticyclone est un anticyclone chaud d’origine subtropicale, mais pas encore tout à fait bien placé pour nos régions, avec des vents de nord-ouest à nord. Mais ce détour par la Mer du Nord n’a pas fortement refroidi la masse d’air. Avec un coup de pouce du soleil dans les éclaircies, les températures atteignent allègrement 26-27°C (Kruishoutem : 27,5°C ; Angleur : 27,2°C ; Essen : 26,2°C). Aux endroits moins privilégiés, il fait encore très doux aussi, avec 23-24°C. Seules les Hautes-Fagnes et leurs alentours n’atteignent pas les 20°C (Mont-Rigi : 18,8°C ; Elsenborn : 19,4°C). À noter aussi que l’air est quelque peu humide, mais il n’y a pas l’ombre de la moindre précipitation sur le pays. 18 juin 2017 Cette fois-ci, nous sommes bien enveloppés par un anticyclone centré sur les Pays-Bas. Le vent reprend une composante orientale et le temps devient très beau, avec quelques cirrus le matin et la formation de cumulus peu développés en journée. Du côté de Liège, on observe aussi des nappes de stratocumulus en soirée. En Gaume en contrepartie, c’est le matin que des stratocumulus sont présents, tout comme dans la région côtière. Les maxima sont élevés, le plus souvent compris entre 27 et 29°C en plaine et autour de 23-24°C sur les hauteurs. À Kruishoutem, on atteint 30°C tout juste. Au littoral, on observe dès midi une brise de mer de nord, avec des maxima de 23°C aux abords immédiats de l’eau. Mais déjà dans les dunes, la brise de mer a moins d’effet et la température monte à 26°C. 19 juin 2017 L’anticyclone se décale vers l’est et l’air tropical, qui se continentalise, devient très chaud. Sous un soleil de plomb et un ciel parfaitement serein, si ce n’est quelques rares cirrus le soir, on peut parler d’une véritable canicule. À l’exception du littoral et de quelques coins ardennais et fagnards (plus rarement gaumais) les températures dépassent partout les 30°C. Voici quelques valeurs : Angleur : 33,1°C Koersel : 33,1°C Essen : 33,0°C Kruishoutem : 32,5°C Kleine Brogel : 32,4°C Hastière : 32,0°C À Uccle, le maximum atteint 30,7°C. Même si on ne peut pas encore parler de records, il s’agit de valeurs élevées pour une deuxième décade de juin. À cela, il faut ajouter que l’air est redevenu particulièrement sec, avec seulement 26% d’humidité à Uccle en début de soirée. À Gosselies, il fait plus sec encore avec 23% en fin d’après-midi, tout comme à Schaffen. Au littoral par contre, sous une brise de mer soutenue, l’humidité dépasse le plus souvent 70% avec des maxima de 24-25°C en bordure de mer (et 22-23°C l’après-midi). Dans les dunes, il fait déjà plus chaud et plus sec avec 27°C comme valeur maximale (26,8°C à Middelkerke). Enfin, les nuits localement fraîches ont donné quelques gros écarts : Aubange : 10,0°C/30,4°C Elsenborn : 7,0°C/28,6°C À suivre…
  7. Encore 5 bulletins quotidiens. 11 juin 2017 Le front situé à l’ouest de nos régions est quasi rectiligne et n’avance que très lentement en dépit de l’absence d’ondulations. À l’avant circule de l’air tropical maritime qui maintient des conditions estivales sur nos régions. Cet air devrait être plutôt humide, mais en raison de la tendance sèche qui règne à grande échelle sur nos régions, l’air est moins humide (qu’il ne devrait l’être) des suites d’effets de retour de plus en plus sensibles. Ceci n’est pas sans rappeler 1976, même si on est encore loin de la situation désastreuse de cette année-là. Le temps est donc plutôt beau. L’origine maritime de l’air n’est trahie que par la présence de nombreux bancs d’altocumulus et de quelques cirrus. En fin de journée, avec le front se rapprochant, on observe aussi des nappes (pas encore trop basses) de stratocumulus. Certains de ces altocumulus se développent aussi en castellanus, tandis qu’en dessous, ici et là, on note aussi quelques cumulus. Le plus intéressant est cependant l’alignement très particulier que prennent ces altocumulus (altocumulus « radiatus »). Webcam IRM – Zeebruges – 11 juin 2017 à 18h35 Ces alignements d’altocumulus sont visibles dans de très nombreuses régions du pays. Le matin est déjà particulièrement doux, avec des températures comprises entre 18 et 20°C à 8 heures sur de nombreuses régions du pays, après des minima souvent à peine plus bas. À Kruishoutem, il fait même déjà 22°C à 8 heures. L’après-midi, les maxima se situent autour de 27-28°C en plaine et entre 24 et 26°C sur les hauteurs. La température frise les 30°C à Koersel (29,7°C) et les atteint même à Angleur (30,1°C). 12 juin 2017 Le front froid finit par passer en première moitié de nuit, presque sans précipitations (ici et là 0,1 ou 0,2 mm). La masse d’air qui suit est purement maritime, certes plus humide que la précédente, mais à l’intérieur des terres, on ne peut toujours pas parler de grande humidité. Les températures par contre accusent une forte chute, avec des maxima de 18-19°C en plaine et de quelques 16°C sur les hauteurs. Avec un vent bien présent, l’impression de froid est encore renforcée. Tout comme la veille où les 30°C étaient atteints très localement, cette fois-ci ce sont les 20°C qui sont atteints très localement (20,3°Cà Angleur et à Stree-Huy ; 21,0°C dans le très abrité Aubange). Le temps est nuageux à très nuageux avec de nombeux stratocumulus, souvent doublés de cumulus. Dans les éclaircies, cumulus humilis/mediocris sous un ciel bleu ou très légèrement voilé de cirrus. Le littoral est épargné des stratocumulus pendant une grosse première moitié de la journée, avec un temps plus lumineux, avec quelques cumulus et quelques bancs d’altocumulus translucidus. Mais par la suite, les stratocumulus y apparaissent aussi. Le sud du pays est encore plus épargné, d’où les températures un peu plus élevées. Là, on peut parler de beau temps avec des cirrus et des cumulus humilis, souvent très plats. 13 juin 2017 Un noyau anticyclonique sur la Manche se déplace vers le nord de notre pays et exerce une influence grandissante sur le temps de nos régions. De belles éclaircies sont présentes dès le matin, avec formation de cumulus vers le milieu de la matinée. Ces cumulus s’étalent ensuite en stratocumulus parfois étendus, avec à nouveau un ciel temporairement gris. Mais les éclaircies ne sont jamais loin. Au littoral, il n’y a pas de développement de cumulus, donc pas d’étalement non plus, et le temps est particulièrement beau avec juste quelques stratocumulus matinaux, puis quelques cirrus et altocumulus. La Gaume, bien à l’abri derrière le massif ardennais (les vents généraux étant septentrionaux), connaît du très beau temps aussi, avec un ciel d’abord serein, puis la formation de cumulus aplatis, se résorbant à nouveau avant midi (des cumulus au lointain restent cependant visibles). L’après-midi, on note quelques cirrus, devenant plus épais en toute fin de journée. C’est aussi en Gaume qu’on enregistre les meilleures températures, avec 23,4°C à Aubange. Ailleurs dans le pays, il fait un brin plus frais en plaine, avec des valeurs de 21 à 23°C, et bien plus frais sur les hauteurs avec 17-18°C. 14 juin 2017 C’est à nouveau le retour de l’été. Après l’une des rares nuits localement fraîches, voire froides de ce mois de juin, les températures remontent aussitôt en flèche. À Elsenborn, après un minimum de 3,9°C, la température atteint déjà 12,9°C à 8 heures. En d’autres endroits, le refroidissement nocturne lui-même a été peu perçu, avec des minima restant supérieurs à 10°C (Uccle par exemple : 11,4°C). En journée, les températures franchissent le cap des 25°C presque partout en Basse et Moyenne Belgique, tandis que les Hauts-Plateaux enregistrent 23-24°C. Les plus hautes valeurs : Hastière : 28,0°C Aubange : 27,4°C Koersel : 27,4°C Angleur : 27,1°C Kruishoutem : 27,0°C L’anticyclone est désormais centré sur le nord des Pays-Bas, ce qui nous vaut des vents d’est à nord-est acheminant de l’air plutôt sec. Les cumulus sont donc très peu nombreux (fin de matinée surtout), voire absents dans un ciel parfaitement serein. Quelques altocumulus sont observés dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et, ici et là, des cirrus sont visibles le soir. Au littoral, le vent général d’est s’oppose d’abord à la brise de mer, puis le basculement de ce vent vers le nord-est favorise la brise de mer l’après-midi avec une résultante nord-nord-est. Cette situation donne d’assez grandes disparités thermiques entre les dunes (maximum de 24,9°C à l’aéroport de Middelkerke, températures restant ensuite autour des 23°C) et les abords immédiats de la mer (maximum de 21,3°C au port de Zeebruges). À la base militaire de Coxyde (3-4 km de la mer), le front de brise de mer est certes ressenti en milieu d’après-midi avec quelques rafales de vent, mais la température baisse à peine (maximum : 25,6°C). 15 juin 2017 L’éloignement de l’anticyclone vers la Tchéquie et la Pologne permet à une ligne de convergence, associée à un creux thermique, d’aborder notre pays. L’activité orageuse ne sera cependant présente que sur l’est et le sud-est du pays. Ceci est dû d’une part à un passage trop précoce de la ligne de convergence sur l’ouest et le centre du pays, et d’autre part à la présence de poches d’air très sec sur notre pays. De ce fait, la sécheresse s’auto-entretient dans certaines régions de Belgique (à Uccle, les précipitations de ce mois de juin ne sont encore que de 17,5 mm, chiffre qui n’évoluera pas non plus au cours des jours suivants). Les températures, à nouveau élevées, dépassent les 25°C presque partout. Quelques pointes à 30°C sont également notées, comme à Koersel (30,4°C), Kleine Brogel (30,1°C) et Aubange (30,0°C). Vu le temps très particulier de ce 15 juin, la Belgique sera découpée en trois régions pour l’analyse des conditions météorologiques. Le littoral Le temps est relativement doux mais très venteux. Les températures maximales sont de 22 à 23°C. Le vent de sud-ouest devient de plus en plus fort, avec des rafales de 40 km en matinée, de 50 km/h l’après-midi et de 60 km/h le soir. Le temps est quelque peu nuageux en début de matinée avec des stratocumulus discontinus (pas de nappes étendues), surmontés de cirrus et d’altocumulus, parfois castellanus. Ensuite, le temps devient de plus en plus beau avec cirrus se dispersant jusqu’à donner un ciel quasi serein. Ce n’est que le soir qu’on revoit des cirrus plus denses et quelques stratocumulus. Le centre du pays au sens large L’intérieur du pays se fait traverser par la zone de convergence en fin de matinée, avec des vent du sud à l’avant et des vents d’ouest à l’arrière. Là aussi, on observe des rafales, jusqu’à 45 km/h, mais paradoxalement, la température baisse à peine lors de la saute du vent, 1 à 2°C seulement, avant de remonter presqu’aussitôt. À Zaventem par exemple, on observe des rafales d’ouest de 47 km/h par 27°C à 17 heures. Le temps est beau, avec des cirrus et des bancs d’altocumulus le matin, puis un ciel serein. En fin de matinée, la ligne de convergence se traduit par des stratocumulus, des cumulus et des altocumulus souvent castellanus. L’après-midi, on observe des cumulus humilis dans un ciel un peu délavé et flou, qui devient plus tard très bleu et limpide. Ce n’est qu’en toute fin de journée que des nuages réapparaissent, des cirrus et des stratocumulus isolés. Ce passage d’un ciel délavé à un ciel limpide est lié à un phénomène certes fréquent dans les grandes plaines américaines, mais plus rare dans nos régions : une chute rapide du point de rosée. En effet, l’air maritime humide à l’arrière de la ligne de convergence se dessèche à nouveau rapidement. À Uccle, le point de rosée passe de 15°C à 14 heures (air à 26°C raisonnablement humide) à 7°C à 19 heures (air à 24°C très sec pour nos régions). Les chiffres sont du même ordre de grandeur à Zaventem, à Beauvechain, à Gosselies, à Chièvres et à Anvers. À Bierset, où la convergence donne un peu de pluie, l’air est particulièrement humide à 16 heures avec un point de rosée de 19°C (pour une température de 27°C). Mais à peine quelques heures plus tard, il y fait presque aussi sec que dans les autres régions. L'Ardenne et la Gaume Sur les plateaux ardennais, le temps est beau, avec des bancs d’altocumulus à tendance lenticularis le matin, suivis d’altocumulus plus épais se dispersant à nouveau, avec un ciel devenant quasi serein (encore quelques lenticularis). Des cumulus humilis de développent tandis que des cirrostratus issus de lointaines enclumes envahissent le ciel, avec la venue des orages dans le courant de l’après-midi. Ils sont souvent accompagnés de ciels fort menaçants. Webcam MB – Beausaint – 15 juin 2017 à 7h50 Webcam MB – Beausaint – 15 juin 2017 à 16h50 Ces orages sont parfois accompagnés de grêle (comme par exemple près de Werbomont, à l’est de Liège, dans le pays de Herve ou en Famenne) et de fortes précipitations (totaux sur 24 heures : Erezée : 29 mm ; Beausaint : 24 mm ; Bovigny : 21 mm ; Lierneux : 21 mm ; Mont-Rigi : 17mm ; Gouvy : 14 mm ; pendant ce temps, la Province de Namur n’a reçu que marginalement des précipitations). Les températures jouent parfois au yo-yo entre les averses, en passant de 28°C à moins de 20°C au passage des averses pour à nouveau remonter ensuite (altitude de référence : 300 mètres, ces températures sont évidemment moindres sur les hauts plateaux). Mais le plus surprenant est l’arrivée, là aussi, de courants desséchants (points de rosée descendant parfois jusqu’à 5°C) après les orages. Il s’ensuit que le soir, le ciel redevient très limpide, avec des structures orageuses parfois visibles de très loin. La Gaume, une fois n’est pas coutume, connaît un air fort humide, notamment après les averses avec des points de rosée montant jusqu’à 19°C. Là, l’air sec n’arrivera que tardivement et sous une forme atténuée.
  8. Et voici encore un petit paquet de 5 jours. 6 juin 2017 Un jour particulièrement venteux pour un jour d’été. À Zeebruges (station en bordure immédiate de la mer), les rafales dépassent régulièrement les 70 km/h sur une grande partie de la journée, avec un maximum de 86 km/h entre 18 et 19 heures. À Middelkerke (station à quelques centaines de mètres à l’intérieur), les rafales sont un peu moins fortes, mais atteignent encore à plusieurs reprises 79 km/h entre 16 et 18 heures. À Dunkerque (FR), on atteint même 97 km/h entre 14 et 15 heures, ce qui fait que l’ouest de la côte belge subit sans doute des rafales similaires. L’est de la côte belge peut être comparé à Cadzand (NL), où les rafales atteignent à plusieurs reprises 83 km/h durant l’après-midi et le soir (ce qui, en outre, reste dans le même ordre de grandeur que Zeebruges). Au large, les rafales tournent autour de 100 km/h sur la Mer du Nord (jusqu’à 104 km/h à la station d’Euro-Platform). Du côté de la Manche, au Cap Gris Nez, les rafales les plus fortes atteignent 116 km/h. À l’intérieur des terres, des pointes supérieures à 70 km/h sont observées par endroit aussi, comme par exemple à Zaventem (72 km/h), Gosselies (76 km/h) et Beitem (79 km/h). La dépression qui s’est creusée la veille au sud-ouest de l’Angleterre se dirige rapidement vers la Mer du Nord en traversant l’Angleterre, et crée un fort resserrement des isobares sur son flanc sud. Un front froid traverse notre pays en début de matinée. La tempête se déroule donc dans un contexte de traîne active à l’arrière du front, avec des averses à caractère orageux surtout sur la moitié sud du pays, mais occasionnellement aussi ailleurs. Avec cela, le temps est plutôt frais pour la saison avec 17 à 19°C en plaine et 12°C seulement sur les Hautes-Fagnes. Les précipitations restent cependant le plus souvent inférieures à 10 mm. Quelques cotes (sur 24 heures) sont plus élevées, comme par exemple à Sivry avec 16 mm, Hastière avec 13 mm ou Lierneux avec 12 mm. Le ciel est d’abord gris et pluvieux dans le cadre d’un nimbostratus pluvieux (parfois encore précédé d’un altostratus mêlé d’altocumulus, doublés ou non de stratocumulus selon les endroits), ensuite le temps est variable avec des éclaircies, des cumulus et des cumulonimbus accompagnés d’averses, accompagnés de quelques altocumulus ou stratocumulus cumulogenitus. Grâce aux très bonnes visibilités et à des éclaircies souvent marquées, les structures des cumulonimbus sont parfois visibles de très loin. 7 juin 2017 La dépression, se déplaçant de la Mer du Nord vers le sud de la Scandinavie, continue de nous envoyer de l’air maritime frais. Le vent, quoique fort présent encore, diminue toutefois (très) progressivement. En matinée, le temps est très variable avec des averses, cumulus et cumulonimbus également accompagnés de stratocumulus, tandis que les éclaircies s’élargissent l’après-midi et les averses se font plus rares. Les températures maximales, le plus souvent comprises entre 18 et 19°C en plaine, n’atteignent nulle part 20°C. La plus haute valeur, parmi les mesures disponibles, est celle de Essen avec 19,8°C, suivie par Koersel avec 19,7°C. Sur les hauteurs, les maxima se situent autour de 14°C. 8 juin 2017 Les éclaircies de la veille au soir ne persistent pas, ce qui fait que la nuit n’est pas très froide, à l’exception du sud du pays où le thermomètre, ici et là, a encore le temps de plonger. C’est ainsi que Buzenol enregistre un minimum de 5,5°C. L’arrivée d’un nouveau front chaud replace notre pays dans un secteur chaud tout au long de la journée, avec des températures qui remontent en flèche pour se situer autour de 24-25°C en plaine (22-23°C au littoral) et autour de 20°C sur les hauteurs. Le temps est d’abord nuageux à très nuageux avec d’importants bancs d’altocumulus, parfois accompagnés de stratocumulus, ensuite le temps est beau à voilé avec des cirrus et cirrostratus, ainsi que le développement de quelques cumulus. En soirée, les éclaircies se font plus franches. Au littoral, les cumulus de l’après-midi s’accompagnent aussi de pas mal de stratocumulus. Les vents soufflent de sud à sud-ouest. En fin de soirée, une zone orageuse sur la France se dirige droit vers notre pays, mais ne l’atteint pas encore. 9 juin 2017 En deuxième moitié de nuit, la zone orageuse touche le centre-ouest du pays. Elle s’accompagne parfois de pluies soutenues et de rafales de vent. À Semmerzake, on observe des rafales de 61 km/h entre 1 et 2 heures du matin. À Uccle, aux mêmes heures, on observe 54 km/h. À Anvers, le vent monte à 68 km/h entre 3 et 4 heures du matin. Les orages éclatent surtout du côté de Leuze-en-Hainaut pour remonter vers le nord-nord-est en passant entre Gand et Bruxelles pour ensuite quitter le pays par la frontière belgo-néerlandaise au nord-ouest d’Anvers. Dans la région de Bruxelles, on peut encore voir les éclairs, mais sans percevoir le tonnerre. Les précipitations, même si elles concernent une grande partie du pays, se concentrent toutefois principalement près de ce couloir d’orage. À Ellignies-Saint-Anne, on note 18 mm et à Rumillies, 17 mm. Dans sa remontée vers le nord-nord-est, la perturbation ne perd rien de son intensité puisqu’on mesure 19 mm à Kallo, à l’ouest d’Anvers. Cette perturbation a notamment été « boostée » par une convergence pré-frontale juste à l’avant du front froid. Celui-ci traverse notre pays en première moitié de journée et nous ramène à nouveau de l’air plus frais. L’atmosphère est d’abord très grise et parfois encore pluvieuse sous un nimbostratus se déstructurant, puis les éclaircies nous reviennent, accompagnées de cumulus peu développés, tendant à se disperser (très peu d’étalement). Du côté de Liège, la très lointaine présence des orages se manifeste le matin par des nuages particuliers, des stratocumulus (très) undulatus présentant des parties sombres, signes de l’instabilité qui règne au-dessus. Webcam MB – Slins – 9 juin 1917 à 6h10 Webcam MB – Slins – 9 juin 1917 à 6h20 Plus à l’est encore, du côté des Hautes-Fagnes, c’est une autre zone orageuse, en provenance de la Gaume et de l’Ardenne, qui se fait entendre tout en « léchant » les frontières de notre pays. Dans le sud du pays d’ailleurs, le temps reste beaucoup plus instable avec formation de nouveaux orages en début d’après-midi avec d’imposants cumulonimbus. Ces orages prendront par la suite toute leur ampleur au Grand-Duché de Luxembourg et en Allemagne pendant qu’en Gaume, le temps se stabilise avec des cumulus se résorbant de plus en plus. Au littoral, après l’évacuation du mauvais temps, le ciel devient par moment tout à fait serein l’après-midi. Les températures maximales : 20 à 21°C en plaine, 16 à 17°C sur les hauteurs. 10 juin 2017 Le 10 juin marque le retour rapide de conditions anticycloniques. En effet, un noyau de hautes pressions remonte depuis la Suisse pour s’installer sur le sud de l’Allemagne. Des perturbations passent au nord du pays et, dans leur partie méridionale, assurent une remontée d’air chaud. Après le passage de cirrus et de bancs d’altocumulus en matinée, le temps devient franchement beau l’après-midi, avec la formation de cumulus humilis. En soirée, le retour des altocumulus donne un ciel particulièrement flamboyant sur de nombreuses régions. Sur le sud du pays, les bancs d’altocumulus sont plus rares et le temps, encore plus lumineux. Avec un vent de sud à sud-ouest, les températures remontent fort, avec 25 à 27°C en plaine et de 21 à 22°C sur les hauteurs. Les valeurs les plus chaudes, de 27,0°C, reviennent à Kruishoutem, Angleur et Hastière. Le littoral, grâce à une brise de mer relativement tardive, n’est pas vraiment en reste avec des maxima de 24-25°C. Un vent tournant à l’ouest en deuxième moitié d’après-midi ramène toutefois rapidement les températures en dessous du seuil des 20°C.
  9. Voici déjà les 5 premiers jours de juin. Le reste suivra dès que possible. 1er juin 2017 Deux noyaux anticycloniques déterminaient notre temps la veille, séparés par une vieille occlusion. Le noyau du nord a absorbé celui du sud tandis que l’occlusion s’est entièrement frontolysée. Cette évolution nous place du côté un peu plus frais, avec des températures au niveau 850 hPa (vers 1550 mètres) descendant temporairement jusqu’à 7°C. Cet air est cependant fortement réchauffé tant par le bas que par le haut. Par le bas grâce au soleil puissant de juin qui réchauffe fortement le sol. Par le haut en raison des fortes pressions compressant l’air et le réchauffant adiabatiquement. Il s’en suit une solide inversion de subsidence vers 2500 mètres d’altitude, avec une couche d’air frais ne subsistant plus que dans les moyennes couches, en dessous de l’inversion en question, et disparaissant progressivement. Avec un petit vent soufflant en prédominance de nord-est, les températures sont fort agréables en journée, souvent autour de 25-26°C en plaine et de 22-24°C sur les hauteurs. Cette configuration est cependant favorables aux effets locaux avec parfois pas mal de différence d’un endroit à l’autre, comme le montrent les températures maximales ci-dessous. Hastière : 28,0°C Aubange : 27,2°C Angleur : 27,0°C (mais Bierset : 25,1°C) Chièvres : 27,0°C … Middelkerke : 21,7°C Zeebruges : 19,0°C Les effets de vallée, tout comme les effets de la brise de mer sont au maximum. Le temps est beau avec, l’après-midi, la formation de cumulus suite à la forte instabilité des basses couches. Ces cumulus sont cependant limités d’une part par l’inversion de subsidence et d’autre part par une certaine sécheresse de l’air, et ne dépassent donc pas le stade de humilis/mediocris. Une très légère tendance à l’étalement s’observe parfois, principalement le soir. Au littoral, l’air plus froid de la mer réduit l’instabilité et empêche toute formation de cumulus. Le temps y est donc particulièrement beau avec quelques rares cirrus, mais un peu frais et venteux. 2 juin 2017 L’anticyclone faiblit rapidement, avec de hautes pressions persistant sur la Baltique. Une ligne de convergence française affecte le sud de notre pays l’après-midi et le soir. Le vent est variable en surface, avec une prédominance nord en surface mais d’ouest-sud-ouest en altitude, dans le cadre de l’acheminement d’une masse d’air chaud et humide. Mais les effets de retour d’une sécheresse ambiante font que l’air n’est pas si humide que ça. La chaleur, par contre, est au rendez-vous avec des températures de 27-28°C en plaine et quelques 24°C sur les hauteurs. Localement, il fait plus chaud encore : Koersel : 30,1°C Angleur : 29,3°C (pour 27,0°C à Bierset) Kleine Brogel : 29,2°C Au littoral, la situation est variable, avec seulement 21,9°C à Zeebruges sous une brise de mer bien développée de nord à nord-est. Cette brise de mer est cependant peu pénétrante et, à quelques centaines de mètres de la mer seulement, la température oscille entre 24 et 25°C l’après-midi (mélange d’air continental et maritime) avec un maximum de 25,8°C à l’aéroport de Middelkerke. Quelques kilomètres plus loin vers l’intérieur, les températures sont identiques à celle du restant de la Belgique à basse altitude. Le temps est beau en journée, avec développement souvent modeste de cumulus (stade humilis) l’après-midi, accompagnés de quelques bancs d’altocumulus. Le soir, on observe souvent des cirrostratus, issus de l’enclume de lointains orages. Le sud du pays est plus orageux, avec des altocumulus castellanus dès le matin et des averses dès la fin de matinée. Ces averses se répètent l’après-midi, séparées par de belles éclaircies et des altocumulus floccus instables, avant que le temps ne devienne vraiment orageux le soir. En effet, la sécheresse ambiante donne « du fil à retordre » à la zone orageuse qui s’avance, et elle ne parviendra à vraiment se manifester que dans le sud du pays (entre autres grâce à l’air « humecté » par les précédentes averses). Webcam MB – Beausaint – 2 juin 2017 à 16h00 Dans cette dernière région, grâce à cela, la sécheresse est bien interrompue, avec quelques beaux totaux de précipitations sur 24 heures : Torgny : 29 mm Bièvre: 26 mm Hastière : 21 mm Virton : 16 mm Buzenol : 16 mm Beausaint : 15 mm Ces orages donnent généralement peu d’activité électrique, sauf au sud de Virton. Les baisses de températures sont par contre significatives à la moindre averse, avec des températures plongeant aussitôt (largement) en dessous de 20°C. De forts « yo-yos » sont également observés dans le cas d’averses multiples. Un peu d’activité orageuse est également observée en soirée sur l’ouest du Hainaut. À la mer, absence complète de cumulus, ciel serein en matinée, voilé l’après-midi avec de nombreux cirrus, et altocumulus le soir. 3 juin 2017 Le front froid qui suit habituellement la ligne de convergence préfrontale tarde cependant à venir et ne traverse le pays qu’en deuxième moitié de journée. De ce fait, la baisse des températures demeure modeste, avec des maxima souvent encore compris entre 23 et 26°C en plaine (plutôt 23°C à l’ouest, plutôt 26°C à l’est) et autour de 20°C sur les hauteurs. Le temps est cependant nuageux et voilé, avec développement de cumulus humilis, plus tard accompagnés de stratocumulus, sous un voile de cirrus/cirrostratus et quelques altocumulus le matin. Au moment du passage du front froid, quelques cumulonimbus avec averses, puis pluie le soir. Le matin en Ardenne, vallées qui « fument » le matin (brouillards liés aux précipitations de la nuit). Webcam MB – Beausaint – 3 juin 2017 à 8h00 Au littoral, faible activité orageuse le matin résultant d’une ligne de convergence formée sur la mer, puis temps gris avec stratus fractus faisant place à un temps beau à voilé avec cirrus, tendance à cirrostratus, et des bancs d’altocumulus le soir. Les vents soufflent de sud-ouest à ouest, puis s’orientent au nord-ouest après le passage du front froid. En soirée, les petites averses et pluies sont accompagnées d’une forte baisse des températures, plongeant partout en dessous de 15°C en deuxième moitié de soirée. 4 juin 2017 À l’arrière du front froid, l’air maritime est assez frais, avec des maxima autour de 20°C en plaine et 16-17°C sur les hauteurs. Le moins frais : Kleine Brogel avec 21,5°C, Essen avec 21,0°C et Angleur avec 21,0°C. Le temps est d’abord assez gris avec des stratus/cumulus fractus (en dessous de cirrus et altocumulus), puis assez beau avec des cumulus et quelques bancs d’altocumulus/stratocumulus, ainsi que quelques voiles de cirrus et cirrostratus en fin d’après-midi. Sur l’est et le sud du pays, quelques manifestations plus instables, avec bases de cumulus plus tourmentées, mais sommets voués à l’étalement (air stable à plus haute altitude, avec plusieurs petites inversions/isothermies). 5 juin 2017 Notre pays se retrouve à nouveau dans de l’air maritime doux avec des vents de sud à sud-ouest. Le creusement d’une dépression au sud-ouest de l’Angleterre va progressivement faire basculer les vents vers le sud-sud-est en fin de journée. Le temps est nuageux à beau, avec d’abord, en dessous des cirrus, d’importants bancs d’altocumulus, doublés de quelques stratocumulus, puis des éclaircies avec cumulus humilis (maximum mediocris localement), cirrus et encore quelques stratocumulus et altocumulus. Le soir, parfois de beaux cirrus spissatus. Webcam MB – Cerfontaine – 5 juin 2017 à 20h20 Les températures : 22 à 24°C en plaine, 19 à 21°C au littoral , 18 à 19°C sur les hauteurs. Sur l’extrême ouest du pays, on note de la pluie en fin de soirée.
  10. +++ En raison de quelques "turbulences" d'ordre privé, je n'ai pas encore eu l'occasion de produire mes bulletins quotidiens comme j'ai l'habitude de faire depuis quelques temps. Toutes les données nécessaires sont cependant archivées sur mon PC. En principe, je pourrai terminer ces bulletins vers le 21 juin environ pour les trois premières semaines, et le reste paraîtra sur le forum, comme d'habitude, à la fin du mois. À bientôt donc, Cb. +++
  11. Et voici les deux petits derniers. 30 mai 2017 À l’arrière du front froid, nous sommes sous l’influence d’un petit noyau anticyclonique sur le Golfe de Gascogne. Le front reste cependant traîner au-dessus de l’est de notre pays, mais sous une forme très inactive. La nuit, les températures demeurent fort élevées sur notre pays. En de nombreux endroits, les minima restent supérieurs à 17°C. À Uccle, le minimum ne descend pas en dessous de 18,3°C, à Deurne cette valeur est de 19,0°C et à Bierset, 19,1°C. La championne : Angleur avec 20,3°C. En journée, un vent soufflant de façon soutenue d’ouest à sud-ouest et un ciel restant assez nuageux limitent la hausse des températures. En fonction de la présence ou non d’éclaircies, les maxima se situent entre 20 et 25°C en plaine. Sur les hauteurs, les maxima se situent entre 19 et 20°C. Ici et là, les 20°C ne sont même pas atteints en plaine, comme à Passendaele (19,3°C) et au littoral (19,7°C à Middelkerke et 18,6°C à Zeebruges). Les plus hautes valeurs sont enregistrées toutes sur l’est et le sud du pays, avec 25,1°C à Angleur, 24,6°C à Koersel, 24,3°C à Kleine Brogel, 24,2°C à Aubange et 24,0°C à Stree (Huy). Sur l’est du pays, on observe de larges éclaircies en dépit de nombreux bancs d’altocumulus, parfois épais. Des cumulus se forment dès la matinée et évoluent jusqu’au stade mediocris, avec une petite tendance à l’étalement. Sur le sud du pays, les éclaircies sont plus larges encore, avec des altocumulus plus épars. En deuxième moitié d’après-midi, les cumulus commencent à s’étaler aussi en stratocumulus. Ailleurs, l’influence anticyclonique se marque surtout pas la présence de stratocumulus dès le matin. Des cumulus se développent en dessous de ceux-ci, et les maigres éclaircies sont vite remplacées par de nouveaux stratocumulus, de nature cumulogenitus cette fois. Au littoral, le ciel reste très nuageux à couvert de stratocumulus (doublés de peu de cumulus) pendant une grande partie de la journée, mais de très belles éclaircies se développent en milieu d’après-midi, avec encore quelques bancs d’altocumulus. Là, quelques rafales atteignent les 50 km/h. 31 mai 2017 Le front froid (du moins ce qu’il en reste) s’évacue vers l’Allemagne et l’est de la France, tandis qu’une vieille occlusion aborde temporairement l’extrême nord du pays. Cette occlusion sépare deux noyaux anticyclonique, l’un sur la Manche et l’autre sur le sud de la Mer du Nord. Le second finira par absorber le premier. Le temps est beau, avec ciel serein le matin, puis formation de cumulus parmi quelques bancs d’altocumulus. Les cumulus atteignent le stade mediocris avec une petite propension à s’étaler. Sur le sud du pays, on observe aussi pas mal de cirrus, tandis que les cumulus, là, ne dépassent pas le stade d’humilis. Au littoral, on observe aussi des cirrus mais les cumulus de la côte belge sont bien plus fractus qu’humilis, et se dissipent dès la fin de matinée. Les vents, dans le courant de la journée, tendent de plus en plus à s’orienter au nord sous l’influence du noyau anticyclonique dominant (celui du sud de la Mer du Nord) et les températures restent modestes, quoiqu’encore assez élevées pour la saison. En plaine, les maxima se situent le plus souvent entre 23 et 25°C, et entre 19 et 20°C sur les hauteurs. Au littoral il fait frais avec 18,4°C tant à Zeebruges qu’à Middelkerke. En Camine, très localement, la barre des 25°C est dépassée, comme à Koersel avec 25,6°C. Et voilà pour le mois de mai qui s’achève.
  12. Il s'agit évidemment de chiffres très bas. À Uccle, des valeurs comparables ont été observées durant les printemps 1976 et 2011. L'été est donc à surveiller. En 2011, par chance, la sécheresse ne s'est pas poursuivie, mais en 1976, l'été chaud et sec, sur un background de sécheresse hivernale et printanière, a été une véritable catastrophe. Il en a été de même en 1921 (été certes un peu moins chaud, mais encore beaucoup plus sec, après une forte tendance sèche déjà observée depuis le début de l'année). Espérons donc un bon été bien belge, pour remplir à nouveau nos réserves d'eau...
  13. 18 mai 2017 Le passage d’un front froid, qui s’est mis par la suite à onduler sur notre pays, nous a valu du mauvais temps pendant une partie de la journée et une chute de la température d’une dizaine de degrés par rapport à la veille. La matinée est couverte et pluvieuse avec nimbostratus, suivi d’un dégagement relatif du ciel en après-midi, avec stratocumulus, altocumulus et cumulus se développant parfois jusqu’au stade de congestus. Au littoral, on observe avant tout des stratocumulus avec quelques éclaircies (et cirrus visibles). En fin de journée surtout, on observe également des cumulus fractus maritimes avec un vent de nord se renforçant. La Gaume ne sera pas atteinte par le front froid mais, à l’arrière de la convergence préfrontale, le temps y est nettement moins estival aussi que la veille, avec des stratocumulus le matin, évoluant en cumulus de plus en plus instable avec averse en début d’après-midi, suivi d’un mix de cumulus et stratocumulus avec encore quelques dômes cumuliformes bourgeonnants. Les températures maximales atteignent 15 à 16°C au littoral, le plus souvent 19 à 20°C en Basse et Moyenne Belgique ainsi qu’en Gaume, et 16 à 17°C sur les hauteurs. Les vents, d’abord variables, tendent à s’orienter à l’est en après-midi (et temporairement au nord au littoral). La nuit, l’ondulation sur le front recrée un véritable système frontal, dont la pointe passe par l’ouest de notre pays. Il en résulte des orages assez inattendus, accompagnés parfois de fortes précipitations, avec 23,4 mm à Beitem et 20,1 mm à Passendaele. 19 mai 2017 Une occlusion suit le système frontal qui nous a intéressé la nuit et nous vaut une journée assez grise. À l’arrière de cette occlusion, le temps est plus instable, mais sans véritables éclaircies. Nous avons donc un nimbostratus faiblement pluvieux, suivi d’un mix de cumulus et stratocumulus en dessous d’un altostratus, avec quelques cumulonimbus enclavés (embedded Cb). Le soir, quelques éclaircies avec altocumulus et cumulus. Les températures sont fraîches, avec 15 à 16°C au meilleur moment de la journée en plaine, et 8 à 10°C sur les hauteurs. La Gaume est très fraîche aussi avec 13°C. 20 mai 2017 Le développement d’une crête anticyclonique sur la France nous vaut une amélioration du temps. En début de matinée, on observe des stratocumulus parfois doublés de cumulus, puis les éclaircies deviennent progressivement de plus en plus fréquentes. Là où les stratocumulus se dispersent bien, les cumulus se développent un peu plus, jusqu’au stade médiocris, voire petit congestus. Les températures maximales, en légère hausse, se situent le plus souvent entre 17 et 18°C en plaine (16°C au littoral) et autour de 13°C sur les hauteurs. 21 mai 2017 Le noyau d’une cellule anticyclonique se déplace de l’Alsace au Danemark en passant par l’Allemagne. L’amélioration du temps se précise. Le temps est assez beau en dépit d’un voile d’altitude, cirrus et temporairement cirrostratus. Des cumulus se forment dès la fin de la matinée (et même plus tôt sur les reliefs), mais restent partout modestes (et même aplati sur l’est et le sud-est du pays). Au littoral, les cumulus sont quasi absents. Webcam MB – Beausaint – 21 mai 2017 à 16h00 La nuit est localement froide (Elsenborn : –1,1°C ; Buzenol : 1,8°C ; Bièvre : 2,1°C ; Aubange : 2,2°C ; Gouvy : 2,4°C). En journée, les maxima se situent autour de 20°C en plaine et entre 16 et 17°C sur les hauteurs. Les plus hautes valeurs : 22,1°C à Koersel et 21,6°C à Hastière. 22 mai 2017 L’anticyclone sur le Danemark se déplace vers le nord de la Pologne tandis qu’un creux descend de l’Angleterre pour affecter la France. La faible perturbation qui lui est associée ne donnera que quelques nuages le soir. Le temps est beau avec des cirrus. Vers la fin de journée, le voile d’altitude s’épaissit quelque peu avec des cirrostratus, tendance altostratus translucidus, et des altocumulus. Sur l’est et le sud du pays, quelques petits cumulus se forment également en journée. Sauf aux abords immédiats de la mer (21°C), la journée a été assez chaude, avec 25 à 27°C en plaine et 21 à 22°C sur les hauteurs. Les plus hautes valeurs sont à nouveau pour Koersel et Hastière avec respectivement 27,4°C et 26,8°C. À Buzenol par contre, la température ne dépasse pas 22,2°C. Quelques gros écarts entre le jour et la nuit : Koersel : 5,2°C/27,4°C Hastière : 5,8°C/26,8°C Elsenborn : 1,7°C/21,7°C 23 mai 20174 Un nouvel anticyclone, centré sur le Golfe de Gascogne, prend la relève. Le temps est à nouveau beau mais plus frais. En matinée, on observe des cirrus parfois épais, parfois aussi cirrostratus. Des cumulus se forment dès midi et, sous un ciel à nouveau bleu (cirrus plus dispersés), deviennent plus lumineux l’après-midi. Ils ne dépassent pas le stade d’humilis, avec une toute petite tendance à l’étalement le soir. Au littoral, absence de cumulus, mais quelques stratocumulus le soir. Les températures maximales : 17°C au littoral, 20 à 23°C en plaine, 19°C sur les hauteurs. 24 mai 2017 Le noyau de l’anticyclone se déplace de l’entrée de la Manche au sud de l’Angleterre. Une très faible perturbation, quasi frontolysée, nous vaut quelques passages nuageux. Les stratus fractus du matin s’épaississent pour former une couverture complète en début de matinée avant d’évoluer en stratocumulus puis en cumulus, se mêlant encore à quelques stratocumulus. En après-midi, le ciel devient graduellement serein à peu nuageux avec des cirrus. Dans certaines régions, c’est carrément du brouillard le matin, d’autres sont épargnées tant par le brouillard que par les nuages bas, mais l’évolution en journée est grosso modo la même (cumulus avec quelques stratocumulus, se dissipant l’après-midi ou le soir). Au littoral, comme souvent à cette saison, la formation des cumulus est inhibée. Après un peu de brouillard matinal, le ciel est clair avec des cirrus et quelques bancs d’altocumulus/stratocumulus. Avec un petit vent d’ouest-sud-ouest tournant graduellement au nord-nord-ouest, les températures restent modérées, avec 22 à 24°C en plaine (18-19°C au littoral) et 17 à 20°C sur les hauteurs (17°C pour les Hautes-Fagnes, 19-20°C pour le plateau ardennais). Très localement, la barre des 25°C est atteinte comme à Kleine Brogel (25,2°C) et à Sivry (25,0°C). 25 mai 2017 Le noyau de l’anticyclone vient se placer sur le sud de la Mer du Nord. Le temps est désormais beau. Après quelques bancs de brouillard le matin et quelques cumulus fractus en matinée, le ciel devient généralement serein, à quelques cirrus locaux près. En après-midi sur les relief, on observe quelques cumulus humilis. Sous un vent d’est à nord-est, les températures grimpent encore un petit peu pour atteindre 24 à 26°C en plaine et 20 à 22°C sur les hauteurs. Au littoral, cette configuration favorise une brise de mer marquée de nord-nord-est avec des températures ne dépassant pas 17°C au bord de l’eau. Dans les dunes, la température atteint déjà 20°C. 26 mai 2017 L’anticyclone se décale vers l’est et le noyau vient se placer sur le Danemark en soirée. Le temps est particulièrement beau avec un ciel serein toute la journée et ce, sur tout le pays. Le vent souffle d’est, avec une petite tendance sud-est et les températures montent jusqu’à 27-28°C en plaine et 23-24°C sur les hauteurs. Le vent empêche désormais la survenue de la brise de mer, ce qui fait que les valeurs sont élevées au littoral aussi (25-27°C). Les plus hautes températures sont relevées à Hastière (29,0°C), Angleur (29,0°C), Essen (28,6°C), Koersel (28,6°C) et Chièvres (28,6°C). 27 mai 2017 Un vaste anticyclone centré sur le nord de la Pologne et s’étendant vers le sud jusqu’à l’Italie nous place dans des courants très chauds. Des perturbations apportent des « complications » orageuses d’abord sur l’ouest du pays, puis sur le centre et l’est. Venons-en d’abord aux températures. Dans de très nombreuses régions, les valeurs sont presque exceptionnelles. Cependant, aucun record n’est battu en Belgique. Par contre un record est observé à Maastricht, aux Pays-Bas. Ci-dessous, la liste des températures avec, entre parenthèses, le record. Ce record date presque toujours du 27 mai 2005. Ne font exception que Mont-Rigi (28 mai 2005) et Luxembourg (25 mai 2009). Middelkerke 27,2°C (31,8°C) Dunkerque 26,3°C (32,3°C) Stabroek 30,7°C (32,3°C) Deurne 32,1°C (32,9°C) Koersel 33,2°C (33,8°C) Kleine Brogel 33,3°C (34,3°C) Maastricht 32,3°C (32,1°C) St-Kat-Waver 32,0°C (32,5°C) Beitem 29,2°C (32,8°C) Lille 29,9°C (31,7°C) Zaventem 30,9°C (31,6°C) Uccle 31,1°C (31,7°C) Beauvechain 31,5°C (32,6°C) Bierset 31,3°C (32,8°C) Gosselies 30,9°C (31,8°C) Spa 28,8°C (29,1°C) Mont-Rigi 27,2°C (27,9°C) Elsenborn 28,0°C (29,1°C) Florennes 30,3°C (30,7°C) Hastière 31,2°C (32,0°C) Dourbes 30,4°C (30,7°C) Saint-Hubert 27,0°C (27,3°C) Luxembourg 29,5°C (30,4°C) Il est à noter que les années 1922 et 1944 ont connu des températures encore plus élevées, mais comme le réseau des stations météo (et souvent la méthode d’observation) n’est plus le même, une comparaison précise n’est plus possible. L’écart par rapport à 2005 est toutefois suffisant pour pouvoir affirmer, en dépit des aléas, qu’il a fait plus chaud tant en 1922 qu’en 1944. C’est d’ailleurs 1922 qui apparaît comme la plus extrême des deux. Le temps, quant à lui, est assez différent d’une région à l’autre. Au centre du pays, le temps est très beau avec quelques cirrus, l’un ou l’autre banc d’altocumulus et la formation de cumulus en milieu/fin d’après-midi, bourgeonnant en soirée jusqu’à donner des cumulonimbus orageux. Sur l’ouest du pays, le temps est d’abord très beau aussi. De très loin, on voit arriver des cellules orageuses nées sur la Manche, dans un ciel parfaitement serein (à noter que ces cellules, à l’horizon, sont visibles jusqu’à Bruxelles). Webcam MB – Bruxelles-Schaerbeek – 27 mai 2017 à 13h00 Ces orages touchent la Belgique vers 13 heures en se désintégrant. Cependant le ciel est temporairement très nuageux avec des cumulus, des stratocumulus, des restants de cumulonimbus et pas mal d’altocumulus castellanus. Par le suite, on observe encore des cumulus, d’autres altocumulus et une tendance instable en soirée. Ce ciel plus nuageux et les infiltrations maritimes sont responsables, dans cette région, de températures un peu plus basses, n’atteignant tout juste pas les 30°C. Au littoral, le temps est généralement beau grâce à l’absence de cumulus, mais les restants du front orageux donnent temporairement une ambiance plus grise (avec même un peu de pluie) surtout sur l’ouest de la côte belge. En matinée, le vent souffle de sud-est à sud, puis une brise de mer d’ouest, quelque peu irrégulière, s’installe l’après-midi. Les températures maximales, de 26 à 27°C, sont atteintes vers 12 à 13 heures, ensuite la fraîcheur accompagnée de vent fort (rafales jusqu’à 50 km/h) gagne la côte belge avec températures inférieures à 20°C dès le milieu de l’après-midi. Sur le centre-(sud-)est du pays, le temps n’est pas très différent que celui du centre, sauf que certaines cellules orageuses, le soir, sont bien plus vigoureuses. À Gembloux, une cellule est suspectée d’avoir pris temporairement un « comportement » supercellulaire vers 20h15. Dans cette ville, de la grêle est également signalée. De fortes précipitations sont notées à Dourbes (25 mm), Agimont (20 mm) et Hastière (17 mm). Du côté d’Amay, on note des grondements de tonnerre impressionnants. À Bierset, on note 13 mm au pluviomètre. Une station météo privée à Amay signale 18 mm de précipitations, avec de la grêle. Dans l’extrême est et sud-est du pays, le temps est très beau toute la journée, avec de rares cirrus et de modestes cumulus humilis. 28 mai 2017 Entre deux anticyclones, l’un centré sur l’Europe centrale et l’autre, sur l’ouest de l’Irlande, un front ondule sur l’ouest de notre pays en matinée avant de reculer quelque peu tout en restant traîner près de la côte belge. La Gaume reste dans l’air tropical très chaud. Le matin on observe de très nombreux altocumulus floccus, puis apparaissent les derniers restants de la perturbation orageuse qui sévit ailleurs dans le pays en début de matinée. Mais ensuite le temps se remet, avec cirrus et cumulus qui, isolément, atteignent le stade congestus. Il fait très chaud avec 32,2°C à Aubange (la veille il a fait 30,4°C) et 30,2°C à Buzenol (29,2°C la veille). Les 31,5°C de Luxembourg sont la température la plus élevée relevée à cette station en mai depuis sa création en 1947 (précédent record : 30,4°C). La Haute Belgique connaît un temps bien plus instable. Là aussi, on observe des altocumulus floccus le matin, mais très rapidement apparaissent des cumulonimbus orageux. Cette première vague orageuse, matinale, concerne principalement l’ouest du massif ardennais. En journée, le temps s’éclaircie à nouveau, mais les cumulus restent nombreux, accompagnés de cirrus et d’altocumulus cumulogenitus. Mais dès l’après-midi, les cumulonimbus orageux se reforment et, cette fois-ci, c’est surtout l’est du massif ardennais qui est touché. Notamment la région de Gouvy, Malmédy, Saint-Vith et Vielsalm subit un orage de grêle avec fortes précipitations et à mouvement très lent. À Mont-Rigi, les précipitations atteignent 26 mm, et 19 mm à Elsenborn. Les températures sont très élevées notamment du côté de Saint-Hubert, qui affiche 27,6°C. Il s’agit là d’un nouveau record, sur une série remontant jusqu’à 1953. Le précédent record, du 27 mai 2005, était de 27,3°C. Les 29,1°C de Bièvre sont remarquables aussi et égalent la valeur du 27 mai 2005. Le centre du pays, en raison d’infiltrations maritimes, connaît des températures (relativement) moins chaudes avec 27,9°C à Uccle, 27,6°C à Beauvechain et 26,9°C à Zaventem. Cette configuration laisse supposer l’existence d’une ligne de convergence pré-frontale à l’est du front, non reprise sur les cartes d’analyse. Source de la carte : Infoclimat Ce pseudo-front semble s’arrêter, aux deux bouts, plus ou moins aux frontières de notre pays, avant de s’estomper sur notre pays aussi dans les heures qui suivent. En ce qui concernen le ciel, après des bourgeonnement visibles déjà tôt le matin, les orages affectent également (en partie) la région du centre en tout début de matinée, avec de petites pluies et averses qui persistent encore un bon moment. Vers le milieu de la matinée, les nuages se déchirent, faisant place à de belles éclaircies avec quelques cirrus et quelques altocumulus castellanus. Ces castellanus, par endroit, redeviennent nombreux en cours d’après-midi tandis qu’une petite tendance orageuse se redessine le soir. Au littoral, le temps est légèrement voilé par des cirrus, auxquels s’ajoutent quelques altocumulus et de rares cumulus. Avec un petit vent du nord qui souffle dès 10 heures, le temps est frais. En bord de mer, les maxima ne dépassent pas 19°C, et atteignent péniblement 20 ou 21°C dans la région des dunes. En contrepartie, la côte échappe aux orages. On note juste un peu de pluie en soirée. 29 mai 2017 Une nuit exceptionnellement chaude pour un mois de mai en de nombreux endroits. Le minimum de 20,1°C à Bierset est le deuxième plus haut depuis le début des observations synoptiques régulières (20h -> 8h) en 1982, après les 21,2°C du 28 mai 2005. C’est le cas aussi pour Gosselies, où les mêmes 20,1°C passent tout juste derrière le précédent record de 20,4°C, également relevé le 28 mai 2005. Les 19,7°C de Florennes, par contre, constituent la plus haute valeur de la série. Il en est de même pour les 19,2°C observés à Spa. Plus loin dans le passé, on a observé des minima très élevés (encore exprimés en degrés entiers dans les synoptiques) la nuit du 25 au 26 mai 1953 avec 20°C à Bierset et 19°C à Uccle. À huit heures, la température atteint déjà 22,7°C à Bierset et 22,1°C à Genk. Les stations suivantes affichent toutes entre 21 et 22°C à huit heures : Beauvechain (21,5°C), Gembloux (21,5°C), Angleur (21,1°C), Gosselies (21,7°C), Stree-Huy (21,2°C), Florennes (21,1°C) et Dourbes (21,3°C). De telles valeurs seraient considérées comme très élevées même au cœur de l’été. Pendant ce temps, on observe de l’activité orageuse en mer et quelques bonnes rafales au littoral aux petites heures, avec 72 km/h à Middelkerke et 65 km/h à Zeebruges. À Dunkerque en France, on note également 72 km/h tandis que Cadzand, aux Pays-Bas, n’enregistre plus que 50 km/h. Sinon le temps est voilé de cirrostratus le matin avant de belles éclaircies avec quelques cirrus. En début d’après-midi, des cumulus se développent, ensuite le ciel se couvre à nouveau d’un voile de cirrus épais/cirrostratus tandis que de vagues formes de cumulonimbus sont visibles. En effet, des foyers orageux se déclarent dès l’après-midi dans l’Entre-Sambre-et-Meuse (où les cellules sont bien sûr bien plus visibles). Sur le sud-est du pays, le ciel est moins voilé le matin, on voit des cirrus accompagné de quelques altocumulus. Les cumulus se développent en après-midi et des cumulonimbus deviennent visibles de loin le soir. Webcam MB – Beausaint – 29 mai 2017 à 20h20 Au littoral, le temps est beau à légèrement voilé avec des cirrus et quelques bancs d’altocumulus. L’après-midi, on observe quelques rares cumulus et le soir, la formation d’altocumulus castellanus. À l’exception du littoral (24-25°C), les températures maximales sont à nouveau très élevées pour un mois de mai, de l’ordre de 28 à 29°C sur l’ouest et l’extrême nord, autour de 31°C sur le centre et vers les 28-29°C sur les hauteurs. Des valeurs particulièrement élevées sont observées à Angleur (33,7°C, pour 31,1°C à Bierset), à Koersel (33,3°C) et à Kleine Brogel (32,8°C). Des records sont battus en Haute Belgique. Les 28,4°C de Mont-Rigi sont la plus haute valeur mesurée dans les Hautes-Fagnes en mai depuis au moins 1953. Saint-Hubert « renouvelle » son record de la veille en affichant à nouveau 27,6°C, tandis que Bièvre grappille encore quelques dixièmes de degrés pour atteindre 29,4°C (et bat cette fois-ci le record). À Luxembourg, les 31,6°C battent tout juste le record de la veille (31,5°C). Pour Liège-Angleur, la valeur du 27 mai 2005 n’est malheureusement pas disponible (pas dans les données accessibles tout au moins). À Liège-Monsin à cette date, il avait fait 33,4°C. Au littoral, une brise de mer se levant dès midi ne laisse pas la moindre chance à un record d’être battu. Après les discrets maxima de 24,3°C (Zeebruges) et 25,3°C (Middelkerke), les températures tombent en dessous de 20°C l’après-midi en bordure immédiate de la mer, et restent tourner autour des 20°C dans les dunes. La nuit du 29 au 30, une perturbation orageuse traverse le pays. Aucune très forte précipitation n’a cependant été mesurée. Le plus gros total sur 24h (réseaux MB + IRM) revient à Gembloux avec 10,7 mm. Quelques belles structures orageuses nocturnes ont toutefois été observées.
  14. P.S. Le compte rendu de la période chaude que nous sommes actuellement en train de vivre sera fait sous peu (sans doute lundi ou mardi) et sera bien sûr placé dans le fil de discussion réservé au printemps 2017.
  15. L’été est en avance cette année, et le fil de discussion sur l’été 2017 le sera un peu aussi. En ce 27 mai 2017 à 17 heures, la température atteint 30,3°C à Melle ; 30,8°C à Bierset ; 30,9°C à Uccle ; 31,0°C à Deurne ; 31,4°C à Diepenbeek et 32,2°C à Kleine Brogel, pour ne citer que les observations immédiatement disponibles sur le site de l’IRM. Ce n’est pas sans rappeler la fin mai de l’année 1944. Et pour ne pas changer nos habitudes, nous allons entamer la nouvelle saison par un petit retour dans le passé. Juin 1944, les pluies débarquent. Les alliés aussi Juin 1944 a été franchement un mauvais mois d’été, et pourtant peu avant, à la fin du mois de mai, une vague de chaleur d’une rare amplitude pour la saison avait touché la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le sud de l’Angleterre. Le 30 mai par exemple, sous un grand soleil, la température atteignait 32°C à Uccle, 35°C à Gerdingen-Bree, 32°C à Denée-Maredsous, 33°C à Paris-Montsouris, 32°C à Aix-la-Chapelle et 32°C à Maastricht. La veille, les températures étaient déjà du même ordre de grandeur et là, l’Angleterre en profitait un max aussi, avec 33°C à Londres et 31°C à Oxford. Globalement et à saison égale, seul 1922 avait encore fait un tout petit peu mieux, tandis que 2005 allait faire un tout petit peu moins bien. Pour 2017, attendons de voir. Mais le 31 mai 1944 déjà, des averses souvent orageuses mirent fin à cet épisode de chaleur, tandis qu’au début du mois de juin, les zones de pluie atlantiques, liées aux perturbations frontales dans un flux zonal, allaient défiler les unes après les autres. Mais avant de détailler les jours qui ont précédé le débarquement et le débarquement lui-même, voyons sous quelles conditions se faisait la météo en ces temps de guerre. Les cartes météo de l’époque Ci-dessous, deux cartes météorologiques de la situation du 6 juin 1944, la première est allemande et la seconde, anglaise. « Tout savoir sur la météo, le climat et Météo-France » « Tout savoir sur la météo, le climat et Météo-France » La première chose qui frappe peut-être aux yeux, c’est que sur la première carte, il y a plein de données sur l’Europe continentale, dont l’Allemagne et la France occupée (et rien sur les Îles Britanniques), alors que sur la seconde, il y a plein de données aussi, mais seulement sur les Îles Britanniques et l’Islande (et rien sur le continent). C’est normal. En temps de guerre, on ne s’échange pas d’informations entre ennemis. Par chance, si on peut le dire ainsi, il y avait aussi les espions, qui livraient les informations des ennemis et, surtout, qui étaient capables de les décrypter. C’est ainsi qu’en réalité, les alliés étaient parfaitement au courant des cartes et des prévisions allemandes, tout comme les Allemands étaient parfaitement au courant de celles des alliés. Cependant, il n’allait pas de soi d’avoir toutes les infos à tout moment. Si nous comparons ces deux cartes, nous voyons que le patron général est fort proche sur les deux cartes, mais que la position des fronts était bien plus difficile à évaluer, fautes de données. À cela s’ajoute que la météo de l’époque ne disposait de toute façon pas des moyens que nous connaissons aujourd’hui. Ainsi, les images numériques et les images satellitaires étaient tout simplement inexistantes (et allaient le rester encore plusieurs décennies durant). Tout reposait donc sur les épaules du météorologue, qui se devait d’interpréter les données qu’il recevait et, à partir de là, de dessiner à la main une carte météorologique en essayant de rester le plus près possible de la réalité. Comme nous allons le voir, chaque météorologue avait sa propre idée là-dessus et les prévisions divergeaient parfois à un point tel qu’on pouvait véritablement parler de coup de poker. En d’autres termes, tout le débarquement a été un coup de poker qui, par chance, a réussi. Maintenant, que fallait-il prévoir pour que le débarquement réussisse. Les deux premières conditions étaient astronomiques et donc faciles à prévoir : - Une nuit de pleine lune ou de quasi-pleine lune (lune gibbeuse presque pleine) - Une marée à mi-hauteur à l’aube et basse au lever du soleil (afin de distinguer les mines et obstacles posés par les Allemands sur les plages) Les autres conditions étaient purement météorologiques et beaucoup plus difficiles de prévoir à l’époque : - Un ciel serein ou peu nuageux (pour les bombardements préalables) - Un vent faible (pour le parachutage des hommes) - Peu de vagues à proximité des côtes (pour le débarquement proprement-dit) À partir des éléments astronomiques, le général Eisenhower (celui-là même qui allait devenir Président des États-Unis en 1953) a pu fixer, dès le 17 mai, la date du débarquement au 5 juin 1944. Il était alors prévu d’installer un service météorologique à Portsmouth dès la fin mai pour suivre l’évolution atmosphérique au jour le jour. En fait, le 5 juin appartenait à une « fenêtre » de 3 jours (du 5 au 7 juin) où les conditions de lune et de marées étaient bonnes. Après cela, il existait encore une seconde fenêtre où les marées seraient favorables, mais avec la lune en moins, autour du 19 juin. Il faut savoir qu’en 1944, la date de la pleine lune était le 6 juin, ce qui signifie que le 19 juin était fatalement proche de la nouvelle lune (donc lune invisible). Avec tous ses éléments, et l’équipe de météorologues en place à Portsmouth, nous allons retracer la météo au jour le jour depuis le 29 mai. Lundi 29 mai 1944 Comme déjà mentionné plus haut, le 29 mai 1944 est une journée chaude et ensoleillée. En Angleterre, le pic de la chaleur est atteint ce jour-là, alors qu’en Belgique et aux Pays-Bas, la journée la plus chaude sera réservée pour le lendemain. En effet, un anticyclone s’étend du sud de la Scandinavie à la Pologne et nous envoie des courants d’est à sud-est chauds et secs. Une perturbation frontale (secteur chaud très ouvert) ne concerne que le nord de l’Écosse. Dans le sud de l’Angleterre, à l’intérieur des terres (même à peu de distance de la mer), le thermomètre grimpe souvent jusqu’à 32, voire 33°C, ce qui est vraiment exceptionnel pour la saison. Le long de la côte sud par contre, le climat est délicieux en ce 29 mai. À Portsmouth, la température maximale atteint certes d’abord 28°C, mais dès l’après-midi, sous une faible brise de mer de sud (1 à 2 Beaufort), la température se stabilise autour des 25-26°C. Le ciel est lumineux, serein en matinée puis garni de cumulus humilis, avec une petite tendance congestus le soir (vers l’intérieur des terres), et de cirrus assortis de cirrocumulus. Le moral des troupes est au beau fixe aussi, tout comme celui des chefs militaires au QG de Southwick House, situé à quelques kilomètres à peine des côtes un peu à l’est de Portmouth. Chacun a désormais envie d’en découdre au plus vite, afin d’en finir enfin avec cette longue guerre, et le débarquement sera un pas de géant en ce sens. Cependant, quelques doutes planent déjà. D’aucuns avancent qu’après la période de beau temps, la météo pourrait se dégrader entre le 2 et le 4 juin, voire le 5 juin… jour prévu pour le débarquement. Mardi 30 mai 1944 L’anticyclone se décale vers l’Europe centrale et continue d’envoyer des courants très chauds sur l’Allemagne, la France et le Benelux. En Angleterre, quelques infiltrations maritimes sont responsables de températures un brin plus basses. À Portsmouth, le maximum atteint à nouveau 28°C, mais les températures baissent l’après-midi sous l’influence d’un vent un peu plus fort, d’abord de sud, puis de sud-ouest. S’il fait encore un bon 25°C en début d’après-midi, la température n’atteint plus que 22°C en fin d’après-midi. En contrepartie, il n’y a plus de cumulus, le ciel est serein à quelques cirrus près, et l’un ou l’autre altocumulus castellanus. Sur le plan des prévisions, rien ne bouge… Mercredi 31 mai 1944 L’anticyclone continental perd définitivement son influence sur l’Europe du nord-ouest, tandis qu’un nouvel anticyclone, maritime, se forme au nord de l’Atlantique avec une crête jusqu’à la Mer du Nord. En Belgique, cela se traduit par des averses, parfois intenses et/ou orageuses et une baisse de la température. En Angleterre, le temps reste agréable, quoique plus nuageux, avec des températures de 22 à 26°C. À Portsmouth, après un maximum de 22°C, une petite fraîcheur gagne les côtes l’après-midi, avec 18°C sous un vent de 2 à 3 Beaufort de sud-est. Mais il ne fait pas mauvais. Après la dissipation des stratocumulus matinaux, on note des éclaircies accompagnées d’altocumulus, parfois castellanus. Au-dessus de l’intérieur des terres, on note aussi quelques cumulus. Jeudi 1er juin 1944 Une première perturbation frontale traverse l’Angleterre, ainsi que le nord de la France et le Benelux. Partout les températures sont en baisse, avec le retour de la pluie et un soleil peu présent. À Portsmouth cependant, le temps n’est pas encore trop mauvais. Les pluies sont modestes et la température atteint encore 20°C. Mais d’abord, le matin est un peu triste, avec des stratocumulus, un vent humide d’ouest et 14°C au thermomètre. Puis l’après-midi, cela se dégage à nouveau, avec quelques gros cumulus et des bancs d’altocumulus et, sur l’intérieur des terres, aussi des stratocumulus. Le soir, le ciel redevient bleu sur le littoral, seul le vent d’ouest demeure un peu pénétrant. Vendredi 2 juin 1944 À peine une perturbation passée, en voici déjà une autre, s’approchant des côtes irlandaises. Gros rafraîchissement sur l’Angleterre, où les températures n’atteignent les 20°C presque plus nulle part… sauf à Portsmouth où il fait encore 21°C. En plus, grâce aux vents généraux de nord-ouest, la côte sud de l’Angleterre est un peu protégée. Il y fait même presque beau. En effet, les stratocumulus doublés de cumulus qu’on observe le matin se dispersent, faisant place en journée à un ciel serein ou faiblement voilé par des cirrus. Ici et là, on observe encore quelques stratocumulus, parfois cumulogenitus, et quelques cumulus. Tout pour réjouir les troupes et leurs chefs militaires, pourtant chez ces derniers, les mines se font graves. Plus la journée passe et plus les météorologues voient des signes avant-coureurs de très mauvais temps, même s’ils ne sont pas toujours d’accord entre eux. Notamment le colonel James Stagg, chef du service de météorologie, est désormais très pessimiste. Pour le 5 juin, il prévoit un vent violent, une mer déchaînée et des nuages bas, conditions qui rendent un débarquement impossible. De ça, évidemment, le simple soldat n’est plus mis au courant. Il ne lui reste qu’une chose à faire : attendre, encore et encore ! Samedi 3 juin 1944 Un courant on ne peut plus zonal s’est mis en place. L’anticyclone des Açores essaie péniblement d’étendre une crête à l’ouest du Golfe de Gascogne, mais reste trop loin pour protéger l’Europe du nord-ouest. Plusieurs dépressions sont identifiées sur l’Atlantique, dont les noyaux circulent entre 50 et 60 degrés de latitude nord. Un chapelet de perturbations frontales les relient, et toutes sont en route vers le continent européen. Et celle de ce 3 juin se présente comme un front qui coupe littéralement la Grande Bretagne en deux, à peu près à la frontière entre l’Angleterre et l’Écosse. Cette configuration fait en sorte que les pluies tombent essentiellement sur la moitié nord des Îles Britannique, la moitié sud et plus spécifiquement le sud de l’Angleterre connaissant un temps certes humide et nuageux, mais relativement doux. Le matin, il fait gris et venteux, avec des stratocumulus évoluant en dessous d’une nappe d’altostratus mêlée d’altocumulus, mais en journée les conditions s’améliorent avec stratocumulus s’amincissant et se disloquant tandis que l’altostratus s’effiloche aussi. Le soleil perce donc et avec 21°C à la mi-journée, la sensation de douceur est grande. Le soir, la fraîcheur revient rapidement avec un ciel partiellement nuageux, stratus fractus surmontés d’altocumulus et d’un voile d’altitude (cirrus + cirrostratus). Malgré les conditions semi-clémentes qui persistent sur le sud de l’Angleterre en dépit des épisodes perturbés ailleurs au Royaume-Uni, les météorologues demeurent très pessimistes. Les vents sont prévus se renforcer jusqu’au moment du passage du front froid, calculé pour le 7 juin. Puis les prévisions changent, avec un front qui pourrait traverser la zone dès le 5. C’est le soir, à 21h30 précisément, que tombe la nouvelle comme un couperet : Eisenhower décide de reporter le débarquement (opération Overlord) au 6 juin ! Dimanche 4 juin 1944 Une dépression, au nord-ouest de l’Irlande et se déplaçant vers les Îles Shetland, est exceptionnellement profonde pour la saison. À l’avant, dans un vaste secteur chaud, elle attire massivement de l’air chaud et humide d’origine tropicale, qui concerne tout le nord-ouest de l’Europe. Mais cette fois-ci, ce n’est pas la côte sud de l’Angleterre qui est privilégiée. C’est du côté est que les températures dépassent aisément les 20°C. Sur le sud, le vent souffle assez fort et se refroidit par le bas en passant sur les eaux froides de la Manche. Le temps est donc désagréable à Portsmouth. Le vent d’ouest-sud-ouest se lève dès le matin, avec pas mal de stratocumulus dans le ciel. Dans les vagues éclaircies, on distingue un voile de cirrostratus, doublés de bancs d’altocumulus. L’après-midi, le vent se renforce encore (jusqu’à 6 Beaufort) en basculant vers le sud-ouest. Le ciel reste nuageux avec un mix de cumulus et de stratocumulus en dessous d’un voile d’altitude (cirrus, cirrostratus, altocumulus). La température maximale atteint 17°C. Le soir, le temps se dégrade fortement, avec une tempête qui arrive à grand fracas et qui fait trembler les vitres du QG à Southwick House. En ce même jour la Normandie, en plein dans le souffle chaud de l’air tropical, flirte avec les 27°C ! Une telle température est aussi observée à Paris, tandis que Bruxelles, un peu entre les deux, affiche 23°C mais avec un assez bon ensoleillement, de l’ordre de 9 heures. Lundi 5 juin 1944 Le Royaume-Uni se retrouve à l’arrière d’un front froid, sous un ciel de traîne (averses et éclaircies) accompagné d’un puissant flux d’ouest commandé par une profonde dépression au nord de l’Écosse. Mais le front froid reste traîner sur le sud de l’Angleterre, sans doute en raison d’une ondulation encore indétectable avec les moyens de l’époque. Mais fait est que le temps sur la Manche est fort différent de celui du reste des Îles Britanniques. À Portsmouth, le temps aurait été plus représentatif pour une fin de mois d’octobre que pour le début d’un mois de juin. Le vent souffle de façon soutenue d’ouest-sud-ouest, avec de fortes rafales sous un ciel très nuageux à couvert avec des stratocumulus, généralement doublés de cumulus dont le développement est parfois suffisant pour générer quelques gouttes de pluie. Au meilleur moment de la journée, il fait à peine 15°C. Les observations de Portland Bill, une péninsule qui s’enfonce loin dans les eaux de la Manche, indiquent déjà que les conditions en mer sont pires encore, avec un ciel tout aussi couvert, une forte humidité et des températures de 12-13°C seulement. Et pourtant, c’est un jour historique. À 4h30 du matin, James Stagg confirme ses prévisions : les conditions ne seront certes pas idéales ; du vent et de la houle, il y en aura, mais une brève accalmie se profile entre deux fronts. Eisenhower ne lui laisse même pas le temps de terminer ses phrases avant de prononcer son célèbre : « Okay, let’s go ! » Le débarquement, c’est certain désormais, se déroulera le lendemain, 6 juin. Mardi 6 juin 1944 Le 6 juin, « les conditions climatiques sont déplorables. Elles compliquent fortement les manœuvres. Dans la nuit, les nuages bas et la mauvaise visibilité entravent les opérations aériennes. Les missions de bombardement des défenses côtières allemandes sont un échec total. La précision des largages laisse aussi à désirer : le vent disperse les parachutistes sur de larges étendues et les planeurs n’atterrissent pas toujours à proximité de leurs objectifs. » (Louis Bodin : « Quand la météo fait de l’histoire »). En Normandie à l’aube, le vent général souffle d’ouest-sud-ouest et les conditions sont parfois très différentes sur mer que sur terre, avec parfois de fortes variations d’un endroit à l’autre le long des côtes. Globalement, on peut dire que le temps est faiblement instable au-dessus de la mer (bien au large) avec formation de cumulus en dessous de nappes étendues de stratocumulus. Sur terre par contre, en raison du refroidissement nocturne, ce sont souvent des stratus bas qui se sont formés en dessous de ces mêmes stratocumulus, stratus réduisant parfois fortement la visibilité. Le long des côtes, les très bonnes visibilités alternent avec de très mauvaises, en fonction du vent, de la présence ou non de stratus et de la présence ou non de précipitations. Certaines eaux côtières (un peu) plus froides favorisent également la formation de stratus. Météo France – Reconstitution à partir des observations allemandes au phare de la Hève (Le Havre) Les températures : 11 à 12°C au-dessus de la mer ainsi que le long des côtes exposées au vent de mer, moins de 10°C, parfois, à l’intérieur des terres. On s’imagine bien l’ambiance : l’humidité, la grisaille, la pluie, les stratus fractus qui courent, et les frissons, la peur au ventre, la guerre et la déprime, l’envie parfois de se tirer une balle dans la tête pour ne pas en recevoir une de l’ennemi… 11 à 12°C, dans un pareil contexte, c’est vraiment froid. « Les soldats sont trempés et gelés jusqu’aux os, malgré leur tenue recouverte d’une cire imperméable » (Louis Bodin : « Quand la météo fait de l’histoire »). En journée, le temps ne s’améliore guère. Jusqu’en fin de matinée, la température reste coincée à 12°C, toujours avec une forte humidité, puis elle grappille péniblement deux petits degrés pour se situer autour de 14°C l’après-midi, mais avec un vent à nouveau fort. Le beau ciel de traîne n’apparaît pas non plus. Des cumulus se forment certes dans toute la région, mais les nappes de stratocumulus et d’altocumulus restent très présentes, sous un vent soutenu qui tourne temporairement à l’ouest. Le front ne s’évacue pas vraiment. Peut-être ondule-t-il même, en restant très près de la Normandie (probablement juste au sud). Et ailleurs en Europe, quel temps fait-il ? Aux Pays-Bas, le ciel est nuageux à très nuageux avec des pluies et des températures maximales de 12 à 13°C en bord de mer et au mieux 14 à 15°C à l’intérieur. C’est donc dans une ambiance bien peu estivale qu’Anne Frank suit à la radio, pleine d’espoir dans son « annexe » secrète (« het achterhuis »), les péripéties du débarquement. « Chère Kitty, écrivait-elle dans son journal, aujourd’hui, D-Day a dit la B.B.C. à midi, et pour cause : This is The day, le débarquement a commencé ! » La Belgique, également occupée, connaît aussi de bien piètres conditions météorologiques : nuages et pluie, quelques éclaircies et un maximum peinant à atteindre 15°C à Uccle. Et l’Allemagne elle-même n’est pas mieux lotie avec, vers le sud et vers l’est, juste quelques petits degrés en plus. Piètre consolation dans des villes qui, pour la plupart, sont déjà détruites par les bombardements successifs. La fraîcheur descend même jusqu’aux Alpes et Pyrénées, seuls les pays méditerranéens connaissent leur habituelle chaleur estivale. Conclusion Un débarquement d’une telle ampleur, bien sûr, ne se prépare pas en quelques jours. D’où la peur que cela « foire » à cause de la météo, peur qui vient évidemment s’ajouter à la peur générale, celle de se « faire avoir » par les Allemands. On n’avait pas trop le choix des dates. Il était impossible de maintenir longtemps la désinformation des troupes ennemies, en leur faisant croire que le débarquement était en préparation ailleurs. Reporter le débarquement au 19 juin, seconde fenêtre possible, était suicidaire, d’autant plus que les conditions astronomiques (lune) étaient de toute façon moins bonnes autour du 19 juin. En outre, l’histoire allait nous apprendre que les conditions météo autour du 19 juin étaient pire encore que celles du 6 juin. Mais cela n’a évidemment pas penché dans la balance des décisions de début juin puisque la prévision des tendances à long terme n’existait pas encore. Dans ce contexte à présent connu, une légende a cependant eu la vie dure : celle des excellentes prévisions météorologiques des alliés, qui leur auraient valu la supériorité sur les Allemands. La réalité est tout autre. C’étaient les Allemands qui avaient les prévisions exactes, et non les Américains. La réussite du débarquement a vraiment été un coup de chance. Le service de météorologie américain, comme le racontera Louis Bodin dans son livre « Quand la météo fait l’histoire », a été une véritable foire d’empoigne. S’appuyant sur des méthodes scientifiques différentes, elles [les équipes de météorologues] n’étaient d’accord sur presque rien et ne supportaient aucun avis contradictoire. Leur rivalité était si forte que, même après la victoire, leur querelle d’ego allait se poursuivre sans perdre de son intensité. » En fin de compte, Stagg parla d’une accalmie entre deux fronts, accalmie qui n’a jamais vraiment eu lieu. Tout au plus observa-t-on un léger faiblissement du vent à l’aube du 6 juin (ce qui permit en contrepartie la formation des stratus à l’intérieur des terres) avant un nouveau renforcement en journée. Le débarquement a d’ailleurs bien failli tourner en catastrophe. Les alliés s’étaient carrément trompés dans leurs prévisions. Pas les Allemands, qui avaient bien prévu la persistance d’un temps exécrable. Et pourtant, c’est peut-être cela, justement, qui aura sauvé le débarquement : la justesse des prévisions allemandes. En effet, Rommel avait parié sur l’impossibilité d’un débarquement dans des conditions pareilles, et s’était même payé le luxe de retourner en Allemagne pour tranquillement fêter l’anniversaire de sa femme. L’effet de surprise, associé aux désordres dans l’armée alliée qui déboussolèrent encore plus les soldats allemand, a certainement contribué plus qu’on ne croit à la victoire des alliés, même si cela ne remet évidemment pas en question les actes d’héroïsme qui ont été accomplis. Selon les historiens, la reconstitution réalisée par Steven Spielberg dans son film « Il faut sauver le soldat Ryan » est l’une des plus réalistes pour montrer ce qu’a vraiment été le débarquement. Steven Spielberg : « Saving Private Ryan » (Il faut sauver le soldat Ryan) Si l’influence de la météo sur les grands événements historiques a maintes fois déjà été mise en avant, l’interprétation qui en a été faite a posteriori prête souvent encore à discussion. Le débarquement, décrit ci-dessus, n’en est qu’un des nombreux exemples. Sources - Bodin, Louis, 2015, Quand la météo fait l’histoire, Éditions Albin Michel - The Daily Weather Report, British Section, 1944, Air Ministry, Meteorological Office, London - Monthly Weather Report of the Meteorological Office, 1944, His Majesty’s Stationary Office, London - Comprendre : « Tout savoir sur la météo, le climat et Météo-France, Météo France - IRM - KNMI - Infoclimat - Météoclimat - Météociel