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cumulonimbus

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  1. CONTRASTE PRINTANIER... CETTE FOIS-CI TRÈS MARQUÉ Si les gros contrastes sont habituels au printemps, celui que nous avons connu en cette année 2021 est hors normes. En l’espace de 6 jours, les maxima sont parfois plus bas de plus de 20°C ! Mont-Rigi : 22,0°C (31 mars) ; –1,9°C (6 avril), soit une perte de 23,9°C Spa (aérodrome) : 23,1°C (31 mars) ; –0,3°C (6 avril), soit une perte de 23,4°C Elsenborn : 22,0°C (31 mars) ; –0,7°C (6 avril), soit une perte de 22,7°C Koersel : 26,8°C (31 mars) ; 4,9°C (6 avril), soit une perte de 21,9°C Kleine Brogel : 25,2°C (31 mars) ; 3,4°C (6 avril), soit une perte de 21,8°C Schaffen : 24,5°C (31 mars) ; 3,1°C (6 avril), soit une perte de 21,4°C Bierset : 23,2°C (31 mars) ; 2,1°C (6 avril), soit une perte de 21,1°C En 1968, l’année du précédent record de chaleur en mars, les pertes ont été sèches aussi dans les jours suivants, mais moindres qu’en 2021 sauf dans le sud du pays. À Virton, le maximum a été de 24,2°C le 29 mars 1968 et de 3,5°C le 3 avril 1968. Dans les années récentes, on se souviendra des 17 à 19°C en plaine le 6 mars 2013 et des conditions hivernales extrêmes qui ont régné peu après, avec des gelées permanentes généralisées le 11 mars, et presque généralisées le 12 mars avec de très fortes chutes de neige. Voyons à présent, jour après jour, comment on est passé de l’été à l’hiver. 1er avril 2021 Après la journée radieuse du 31 mars, où les températures maximales se sont situées entre 24 et 27°C en plaine et autour de 22°C sur les hauteurs, ce 1er avril montre déjà les premiers prémices du changement radical de temps qui nous attend. Le vent, en fait, a tourné au nord sous l’effet d’un nouvel anticyclone se développant sur le nord de l’Océan. Sur le centre, l’est et le sud du pays, cela n’a encore qu’un impact limité sur les températures maximales puisque ce vent nous « remballe » dans un premier temps l’air chaud présent sur une bonne partie de l’Europe. Mais la Mer du Nord a déjà son petit mot à dire, en nous apportant plus d’humidité et, malgré tout, déjà un frein aux températures qui n’atteigent plus les records de la veille. Sur l’ouest du pays par contre, la fraîcheur est déjà bien présente, avec des maxima qui ne dépassent guère les 10°C, alors qu’ailleurs, malgré un ciel d’abord voilé puis restant délavé, les maxima atteignent encore 19 à 22°C en plaine (à l’est d’une ligne Anvers – Gand – Courtrai) et 19 à 20 sur les hauteurs. En fin d’après-midi et en soirée, le front froid traverse le pays du nord au sud avec une baisse rapide et marquée des températures. Ci-dessous : ciel délavé comme ici, au-dessus de Beausaint. Webcam MB – Beausaint – 1 avril 2021 à 18h30 2 avril 2021 L’anticyclone est à présent centré entre l’Islande et l’Irlande, avec plus de 1040 hPa en son noyau, et nous envoie des courants septentrionaux froids. Les températures minimales se situent entre 1 et 3°C en plaine (5 à 6°C au littoral) et se rapprochent de 0°C sur les hauteurs. Cela signifie que le minimum est parfois de plus de 20°C inférieur au maximum de la veille, comme par exemple à Koersel où l’on passe de 22,1 à 1,2°C. En journée, sous un vent de nord-nord-est tournant au nord, les températures maximales ne dépassent plus 9 à 11°C en plaine (7 à 8°C au littoral) et 6 à 8°C sur les hauteurs et ce, sous une nébulosité variable avec fractus le matin, puis cumulus / stratocumulus, témoins d’une instabilité de basses couches bloquée par une inversion de subsidence. À noter que les nuages sont plus présents en matinée et les éclaircies, plus larges l’après-midi. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 2 avril 2021 à 13h50 3 avril 2021 L’anticyclone, à présent centré au nord-ouest de l’Irlande, continue à générer chez nous des vents de nord avec une petite tendance nord-est, qui nous apporte un air un brin plus doux. Les minima se situent le plus souvent entre 4 et 6°C en plaine et entre –1 et 1°C sur les hauteurs, alors que les maxima restent coincés autour de 8°C au littoral, mais se situent entre 10 et 12°C en plaine et autour de 8°C, également, sur les hauteurs. Le ciel est d’abord très nuageux ou couvert avec stratocumulus, puis des éclaircies se développent l’après-midi avec cumulus / stratocumulus. Webcam MB – Beausaint – 3 avril 2021 à 11h40 4 avril 2021 L’anticyclone pousse une crête vers nos régions, avec un noyau secondaire qui se forme ensuite sur l’Autriche. Les vents de nord tournent au nord-ouest, puis à l’ouest et au sud-ouest. Ce qui n’empêche pas une portion d’air assez froid de stagner sur notre pays. Les maxima, en baisse, ne dépassent plus 9 à 10°C en plaine (7 à 8°C au littoral) et 6 à 8°C sur les hauteurs. Seule la Gaume connaît un temps plus doux avec 13°C. Là, le temps est beau, sinon le ciel est très nuageux avec stratocumulus, qui se déchirent ensuite l’après-midi avec des éclaircies plus ou moins larges. Webcam MB – Schaerbeek – 4 avril 2021 à 15h40 5 avril 2021 Un front froid sépare un air déjà froid d’un air encore plus froid, d’origine arctique. Ce front est immédiatement suivi d’une ligne post-frontale. Les températures maximales baissent encore, pour se situer entre 7 et 9°C en plaine et entre 2 et 3°C sur les hauteurs. Il convient cependant de noter que ces maxima sont généralement atteints en début de matinée (sauf sur l’est et le sud du pays). En milieu d’après-midi, les températures ne sont plus que de 5°C en plaine (près de 0°C sous les averses) et de 1°C, voire moins, sur les hauteurs. Le temps est d’abord très nuageux à couvert avec stratocumulus (vers le sud, aussi brouillard / stratus), puis évolue graduellement en temps instable avec éclaircies et averses. L’après-midi, les éclaircies deviennent très belles et les cumulus et cumulonimbus sont clairement visibles et se détachent dans le ciel bleu. Ces averses sont de pluie et de grêle au littoral, mais se transforment en neige à l’intérieur des terres et ce, à partir de la soirée sur le nord du pays mais dès le début de l’après-midi sur la plupart des autres régions. Avec des températures au niveau 850 hPa (1430 m) tombant à –8°C, la baisse des températures en surface est d’ailleurs très marquée sous les averses, avec parfois 0°C même en plaine. Les averses de fin de journée donnent localement un enneigement qui tiendra par la suite toute la nuit. À Uccle par exemple, le sol commence à blanchir à 17h30. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 5 avril 2021 à 18h30 Les vents, après avoir soufflé d’ouest le matin, s’orientent au secteur nord à nord-ouest. La Flandre Occidentale et l’ouest du Hainaut bénéficient d’un certain effet d’écran lié à la Grande-Bretagne et connaissent bien moins d’averses, avec des cumulus généralement à développement modeste, dont quelques-uns seulement se développent en cumulonimbus. 6 avril 2021 Dans bien des régions, il s’agit d’une journée exceptionnelle. À Uccle, la couche de neige atteint 7 cm à 8 heures, la deuxième valeur la plus élevée depuis le début des observations de neige au sol en 1889. Il faut en effet remonter à 1913 pour trouver une couche de neige encore plus épaisse en avril, en l’occurrence 10 cm le 12 avril. Cette épaisseur sera d’ailleurs approchée en cours de matinée, avec 9 cm à 9h40. Ailleurs dans le pays, on mesure aussi des épaisseurs remarquables pour la saison. À Bierset, la couche atteint 4 cm à 8 heures, mais monte jusqu’à 6 cm à 11 heures. Non loin de là, à Alleur, des témoignages font état d’une couche de 15 à 20 cm ! À Waremme, c’est une webcam qui montre un épais manteau neigeux. Webcam MB – Waremme – le 6 avril 2021 à 9h40 En gros, on peut dire que la majeure partie du pays est couverte de neige en matinée, ce qui est très rare en avril. Le nord et l’ouest du pays font exception, en raison de températures trop élevées, mais aussi toute la façade sud-ouest du pays, en raison de l’effet écran des Îles Britanniques qui réduit le potentiel des giboulées. Ainsi, il n’y a pas de neige à Audenaerde et à Ellignies-Sainte-Anne (près de Leuze-en-Hainaut), très peu de neige à Dourbes et... à peine une fine couche à Saint-Hubert. Le temps est influencé par de l’air arctique circulant entre une profonde dépression sur la Scandinavie et un anticyclone qui reste bien ancré sur le nord de l’Océan. L’air est très froid en surface, mais tout à fait extrême en altitude. Au niveau 500 hPa (5280 mètres), la température atteint –41°C, ce qui pulvérise le record d’avril (–37°C le 08/04/1977) et bat presque le record tous mois confondus (–42°C le 31/01/2003 ; –41°C les 02/02/1956 et 01/03/2006). Si l’on ramène à l’altitude standard de 5500 mètres (l’altitude du géopotentiel 500 hPa étant variable), nous avons –44°C pour le 6 avril 2021 (qui est même une mesure réelle : –44°C à 5498 m) et là, nous tombons ex-aequo avec le 31 janvier 2003 (mesure réelle : –44°C à 5476 m). Inutile de dire qu’avec de telles températures en altitude, l’instabilité se maintient malgré le froid et ce, de jour comme de nuit. En d’autres termes, nous avons une succession d’averses de neige parfois fortes, séparée par de belles éclaircies dans un air très limpide. Les cumulus et cumulonimbus sont souvent visibles de loin, et il n’y a pas trop de stratocumulus d’étalement. Aéroport de Bruxelles – Crédit photo : Michael Baillie (Belgorage) Une nouvelle fois sur le sud-ouest du pays, la plupart des cumulus ne parviennent pas à dépasser le stade humilis / mediocris, quelques-uns seulement se développent en cumulonimbus avec averses. L’effet d’écran des Îles Britanniques se maintient. Les températures parviennent à remonter un court moment pendant les éclaircies, avec des maxima le plus souvent compris entre 4 à 6°C en plaine (7°C sur le sud-ouest) et jusqu’à 2°C sur les hauteurs ardennaises. Sous les averses, les températures retombent aussitôt, parfois même en dessous de 0°C en plaine en plein milieu de l’après-midi. Du côté des Hautes-Fagnes, de toute façon, les températures n’atteignent pas 0°C, avec un maximum de –1,9°C à Mont-Rigi et –0,7°C à Elsenborn. (Rappelons qu’à Saint-Hubert, qui bénéficie encore un peu de l’effet d’écran des Îles Britanniques, le maximum atteint 2,0°C.) En cours de soirée, le gel se généralise, sauf dans la région située à l’ouest de Gand et de Courtrai. 7 avril 2021 En ce matin du 7 avril, une plus grande partie encore du pays, par rapport à la veille, est recouverte de neige. Seul l’ouest, et en partie le nord de la Belgique sont épargnés. Mais dès Malines, Gand et Courtrai, le sol est déjà blanc. En plaine, c’est surtout le nord-est qui est affecté, avec par exemple 6 cm à Koersel. Dans toute cette région, la neige se maintiendra au sol tout au long de la matinée, et ne fondra qu’en cours d’après-midi. Webcam MB – Bokrijk – 7 avril 2021 à 8h30 Au centre du pays, Uccle relève 4 cm de neige, et celle-ci disparaît à la mi-journée. Sur les reliefs, la différence demeure grande entre le Plateau ardennais, qui reste pauvre en neige, et toute la région des Hautes-Fagnes et environs qui, par endroit, a reçu un véritable paquet de neige. Des couches de neige de 27 cm sont mesurées à Xhoffraix (515 m), et de 24 cm au Signal de Botrange (694 m). Xhoffraix – Crédit photo : Alexis Papapanayotou À Xhoffraix, il s’agit d’une hauteur exceptionnelle pour avril dans cette tranche d’altitude. Seule l’année 1935 a fait mieux, avec 35 cm à Drossart (511 m) le 7 avril. Parmi les données officielles, nous avons 13 cm à Mont-Rigi (670 m) à 8h, mais cette couche augmentera en cours de matinée, pour atteindre quelques 18 cm à midi. Situation atmosphérique : au sein de l’air arctique, une petite perturbation plus organisée affecte principalement le nord et l’est du pays, mais la zone neigeuse associée s’étend jusqu’au centre, voire le centre-ouest du pays. Source : KNMI Les nuages de cette perturbation restent ensuite traîner une partie de la journée, ce qui fait que l’ambiance est bien plus grise que la veille. Nous avons donc un altostratus, en dessous duquel se forment tour à tour des stratus, des fractus et des stratocumulus. L’après-midi, l’altostratus disparaît et nous observons alors principalement des cumulus et des stratocumulus avec quelques éclaircies. Sur l’ouest du pays, l’altostratus est moins présent avec, là, de meilleures éclaircies. Une forte hausse des températures en altitude génère une inversion vers 2500-3000 mètres, qui empêche le retour de la convection à l’arrière de la perturbation. En surface, les maxima sont en hausse aussi, mais cette hausse est bien moindre. L’après-midi, les températures varient entre 6 et 8°C en plaine et se situent à nouveau autour de 2°C sur le Plateau ardennais. Dans les Hautes-Fagnes, les gelées permanentes persistent avec –1 ,3°C à Mont-Rigi. 8 avril 2021 La neige se limite désormais aux Hautes-Fagnes, aux Cantons de l’Est et au Plateau des Tailles. À Mont-Rigi, Xhoffraix, Sourbrodt et Fraiture, la couche de neige est encore intacte. À basse altitude, on relève encore quelques traces au sol, le matin, du côté de Liège. Webcam MB – Bullange – le 8 avril 2021 à 14h00 L’arrivée d’air froid est désormais coupée. Notre temps est à présent déterminé par un anticyclone dont le noyau principal s’est déplacé vers la France. La nuit cependant, quelques fortes gelées ont encore été observées ici et là. Mont-Rigi et Saint-Hubert sont descendus jusqu’à –5,9°C, Buzenol jusqu’à –4,7°C. Elsenborn, en raison de nuages et de faibles chutes de neige, n’est pas descendu très bas (–4,2°C), alors que d’autres localités, parfois proches mais ayant eu davantage d’éclaircies, sont descendues beaucoup plus bas. Murrange-Holzwarche (605 m) est descendu jusqu’à –10,2°C. Chose curieuse, la chute de température est intervenue brutalement, en toute fin de nuit, avec le minimum atteint bien après le lever du soleil, à 8h20. La plus basse température connue en Belgique au mois d’avril reste celle de Neu-Hattlich, le 12 avril 1986, avec –13,8°C. Conclusion La période du 30 mars au 8 avril 2021 nous a bien montré que tant les extrêmes de chaleur que les extrêmes de froid et de neige restent possibles. Les premiers se multiplient et s’intensifient, les seconds se raréfient, mais perdent moins en intensité qu’on pourrait le croire. D’ailleurs pour la neige, la raréfaction des phénomènes extrêmes n’est pas encore acquise. Notamment les dernières années, les phénomènes neigeux (et parfois froids) extrêmes ont été relativement fréquents, surtout hors saison. Mars 2013 : à Uccle, la couche de neige atteint 13 cm le 13 mars et 10 cm le 24 mars, des valeurs rarement atteintes en mars. À la première date, on monte même jusqu’à 20 cm à Ciney et 17 cm à Mouscron, le tout sous des températures polaires. Les valeurs phares : –17,1°C à Ciney ; –15,4°C à Gorsem ; –15,3°C à Koersel et –12,6°C à Zaventem. Il s’agit là des températures sans doute les plus basses, pour une 2e décade de mars, depuis... 1845 ! Mai 2013 : 3 cm de neige à Mont-Rigi le 24 mai, l’enneigement le plus tardif, pour la Belgique, depuis 1888 ! Octobre 2015 : les maxima sont extrêmement bas (parmi les plus bas jamais observés) les 13, 14 et 15 octobre et la neige fait son apparition, battant certains records de précocité, comme à Elsenborn et Saint-Hubert. À Mont-Rigi, on frôle les gelées permanentes avec des maxima de 0,1°C le 14 octobre et 0,3°C le 15 octobre. Curieux quand on sait que le décembre qui suit pulvérise tous les records de douceur. Avril 2016 : la fin du mois connaît une véritable offensive hivernale, avec des couvertures neigeuses complètes dès 300-350 mètres d’altitude le 25 avril. À Mont-Rigi, la couche est de 16 cm le 27 avril, mais à bien des endroits des Hautes-Fagnes, la couche atteint une vingtaine de centimètres les 27 et 28. Sans être exceptionnel (1903 a fait bien pire), on peut déjà parler d’un événement neigeux majeur. Mars 2018 : les 17 et 18 mars nous offrent les jours d’hiver les plus tardifs (gelées permanentes) depuis 1888 à Uccle, mais aussi sur d’autres régions de Basse et Moyenne Belgique. Avril 2018 : cela s’est passé pas très loin de chez nous ! En Normandie, la neige recouvre les plateaux dès 100-150 mètres avec des épaisseurs jusqu’à 3 cm le 30 avril, en milieu de journée ! Quelques chutes de neige sont également observées plus tard en Belgique, en fin de soirée ou la nuit, mais aucun enneigement n’est signalé dans notre pays. Mai 2019 : la neige s’invite le 4 mai avec des enneigements complets dès 200 mètres d’altitude. À Stembert (Verviers) et à Presgaux (Couvin), on atteint 8 cm de neige au sol ! Notamment pour les régions situées entre 200 et 400 mètres d’altitude, il s’agit d’un phénomène hors-normes. Il faut remonter à 1902 pour trouver enneigement plus important à cette altitude en mai (11 cm à La Roche-en-Ardenne le 14 mai 1902). Cela fait pas mal, en quelques années !
  2. MÉDAILLE D’OR POUR LA CHALEUR LES 30 ET 31 MARS, MÉDAILLE D’ARGENT POUR LA NEIGE LE 6 AVRIL À Uccle, après les 23,9°C des 30 et 31 mars 2021, qui constituent les valeurs les plus élevées jamais enregistrées à cette station, les 7 cm de neige du 6 avril 2021 sont la deuxième valeur la plus élevée pour ce paramètre depuis le début des relevés de l’épaisseur de la neige au sol en 1889. Il faut en effet remonter au 12 avril 1913 pour trouver plus grande épaisseur de neige à Uccle, en l’occurrence 10 cm. On peut d’ailleurs dire que si les jours à couverture neigeuse complète ne se comptent pas sur les doigts d’une main, avec les deux mains, on y arrive déjà. 17 avril 1903 : 2 cm 8 avril 1905 : 3 cm 12 avril 1913 : 10 cm 3 avril 1935 : 2 cm 5 avril 1935 : 3 cm 6 avril 1935 : 4 cm 30 avril 1938 : 2 cm 13 avril 1982 : 1 cm 6 avril 2021 : 7 cm Ce qui est exceptionnel aussi, c’est qu’une grande partie du pays a été recouverte de neige ce matin du 6 avril 2021. Parmi les chiffres officiels, nous avons 4 cm à Bierset et à Mont-Rigi, 3 cm à Bièvre et à Koersel, 2 cm à Strée (Huy) et 1 cm à Gosselies. À noter que bien des stations recevront encore quelques centimètres supplémentaires en début (voire milieu) de matinée. À Uccle par exemple, le maximum sera atteint à 9h40 avec 9 cm de neige ! Source : IRM Une couche de neige conséquente est également observée en milieu de matinée à Waremme pendant que Liers (au nord de Liège), Braine-l’Alleud et Bokrijk (Limbourg) sont bien blancs aussi. En contrepartie, le nord et l’ouest du pays sont dépourvus de neige en raison de températures trop élevées, et le sud-ouest, en raison de l’effet écran des Îles Britanniques qui réduit le potentiel des giboulées. Sur les Hautes-Fagnes, la couche de neige augmente à Mont-Rigi jusqu’à atteindre quelques 8 cm en fin de matinée. L’Ardenne reste pauvre en neige avec une mince couche à Saint-Hubert, une couche incomplète à Wideûmont et à Beausaint et des traces seulement à Traimont (près de Neufchâteau). En Haute Belgique de toute façon, la neige est loin d’être exceptionnelle en avril et les records sont difficiles à battre. Le record est celui de Botrange, le 5 avril 1975, avec 55 cm de neige. Le 25 avril 1903, on mesurait 31 cm à Francorchamps et 40 cm tant dans les Hautes-Fagnes et du côté de Saint-Hubert. Pas mal non plus : les 35 cm du 7 avril 1935 à Drossart. Et pour 2021 ? On verra l’intensité des giboulées et la capacité de la neige à se maintenir au sol en journée. En cas d’éclaircies trop longues en milieu de journée, les conditions deviennent difficiles pour la neige en avril, même dans les Hautes-Fagnes.
  3. AVRIL 1986 : LA VAGUE DE FROID OUBLIÉE Dans le cadre d’un mois d’avril déjà fort froid, les journées des 11, 12 et 13 avril 1986 sont sous l’emprise de conditions extrêmes, avec notamment un bon nombre de records de froid pulvérisés le 12 pour une deuxième décade d’avril, et même pour le mois d’avril tout entier. 11 avril 1986 Après le passage d’un front froid la veille, notre pays se retrouve dans une masse d’air arctique commandée par un anticyclone centré au nord-ouest de l’Irlande avec une extension vers la Mer du Nord. Mais ce sont surtout deux dépressions, l’une sur le nord de l’Italie et l’autre sur la Biélorussie, qui génèrent un vent turbulent de nord-est sur nos régions, qui attire cet air extrêmement froid. La nuit, le gel est généralisé malgré un ciel nuageux avec pas mal de stratocumulus, et les minima se situent le plus souvent entre –1 et –2°C en Basse et Moyenne Belgique, et jusqu’à –7°C dans les Hautes-Fagnes. Sur les reliefs, le temps est couvert et neigeux et on relève une couche de 8 cm le matin à Elsenborn. Mais même à basse altitude, le pays est souvent saupoudré de blanc dans toute sa partie orientale. En journée, après quelques éclaircies, le ciel redevient très nuageux avec des cumulus s’étalant en stratocumulus en dessous d’une inversion vers 2200 mètres. Dans l’air très instable situé en dessous (–11°C au niveau 850 hPa à 1470 mètres), cela suffit cependant pour de petites averses de neige ici et là. En Haute Belgique, elles donnent quelques centimètres de neige avec un total de 11 cm à Elsenborn à 17 heures. Sous un vent de nord-est qui reste soutenu, les maxima sont extrêment bas pour la saison, avec des valeurs comprises entre 1 et 4°C en Basse et Moyenne Belgique et ne dépassant pas –4°C au Parc de Botrange dans les Hautes-Fagnes. On épinglera aussi les maxima très bas du côté de Liège, avec 0,9°C à Bierset et 2,1°C à Liège-Monsin. À partir de 300 mètres d’altitude, il s’agit de gelées permanentes avec –0,1°C à Florennes ; –0,3°C à Libramont ; –2,2°C à Saint-Hubert et –2,9°C à l’aérodrome de Spa. Le soir, le ciel se dégage, le vent tombe et les minima descendent vraiment très bas. 12 avril 1986 Il s’agit de la nuit la plus froide jamais vue en Belgique. En Basse et Moyenne Belgique, les minima se situent le plus souvent entre –4 et –10°C, et descendent localement jusqu’à –14°C en Haute Belgique. Quelques valeurs : Neu-Hattlich : –13,8°C ; Hockai : –12,4°C ; Parc de Botrange : –12,1°C ; Saint-Vith : –11,8°C ; Nadrin : –11,4°C. En plaine, on observe –9,8°C à Kleine Brogel tout comme dans la vallée de Rochefort. On retiendra aussi les –8,2°C de Dourbes et les –7,8°C de Ciney. À Uccle, la température de –4,7°C est la plus froide jamais observée en avril sur le plateau d’Uccle depuis le début des observations en 1886 (et n’a pas été atteinte non plus à l’Ancien Observatoire à Saint-Josse entre 1833 et 1886). C’est d’autant plus remarquable qu’il s’agit déjà de la deuxième décade d’avril. Seul l’extrême ouest, en raison d’une perturbation, est moins froid avec –1 à –2°C au littoral et du côté de Roulers. En effet, un petit secteur chaud s’occluant très vite vient traîner de ce côté-là avant de repartir à reculons vers l’ouest. Si les minima sont moins extrêmes à l’ouest du pays, les maxima ne montent pourtant presque pas sous le ciel couvert et neigeux et n’atteignent que 0,5°C à Middelkerke et 0,7°C à Knokke. Un peu plus vers l’intérieur des terres, on ne dépasse pas 0,7°C à Beitem ; 0,8°C à Kruishoutem et même 0,5°C à Néchin. Inutile de dire que là aussi, on est dans l’extrême. Le ciel est laiteux sur tout l’ouest et il neige une bonne partie de la journée. Quelques cumulonimbus se mêlent à la masse de nimbostratus avec des chutes de neige par moment plus fortes. À Middelkerke, on observe 1 cm de neige le matin, mais cette couche augmente rapidement en matinée jusqu’à atteindre 7 cm à midi. Un record pour le littoral en avril. Sur l’ouest de la Côte Belge, les chutes de neige sont moins abondantes (3 cm) et il se met à pleuvoir à l’occasion d’une petite frange d’air plus doux qui vient s’échouer là. Très temporairement, la température monte à 4°C à Coxyde. Le restant du pays connaît un temps nuageux à beau, avec des cumulus et des stratocumulus et, dans les couches moyennes, des altocumulus et des restants d’altostratus qui arrivent jusque là. De façon générale, plus on va vers l’est, plus les éclaircies deviennent larges, avec même du beau temps à l’est de Namur et de Liège. Cela aide les maxima à remonter un peu, mais pas beaucoup, avec au meilleur des cas 6,9°C à Hastière et 6,7°C à Lanaken. Sur les Hautes-Fagnes, avec –0,5°C au Parc de Botrange, le dégel n’arrive toujours pas. 13 avril 1986 La situation se normalise lentement avec une perturbation frontale qui se dirige vers notre pays et dont le front chaud arrive dans la nuit qui suit. En attendant, de l’air encore fort froid continue à stagner sur notre pays. Le matin, les températures se situent le plus souvent entre 0 et –5°C et il neige parfois. Par endroit, l’environnement redevient blanc (mince couche) même à basse altitude, ce qui fait de ce 13 avril une troisième journée à allure hivernale. L’après-midi, les températures atteignent 3 à 5°C en Basse et Moyenne Belgique mais restent négatives sur les reliefs. Le temps en plus devient très désagréable, avec une neige qui se transforme peu à peu en bruine (excepté en Haute Belgique) sous un altostratus doublé de stratocumulus et parfois de fractus, le tout sous une mauvaise visibilité. La nuit d’après, sous l’influence de la perturbation, la température grapille encore 1 à 2°C, mais n’atteint toujours pas 0°C sur les Hautes-Fagnes. Là, on aura observé quatre jours d’hiver consécutifs, ce qui est rout à fait exceptionnel en avril même à Botrange. Il s’agit donc là d’un épisode hivernal tardif qu’on ne sera sans doute pas prêt à revoir...
  4. GENÈSE D’UNE PÉRIODE DE DOUCEUR EXCEPTIONNELLE Le mois de mars 2021, jusqu’au 28, ne présente pas de particularités sur le plan thermique en Belgique. Il s’agit d’une alternance de périodes modérément froides et de périodes modérément douces. Les 23 et 24 mars constituent une telle période modérément douce, avec temps ensoleillé sous l’influence d’un anticyclone se déplaçant de la France à la Suisse, l’Autriche et le sud de l’Allemagne. Mais ensuite, des perturbations nous valent un temps plus mitigé et plus frais. La nuit du 26 au 27 mars, une extension de l’anticyclone des Açores pousse un front froid vers nos régions, ce qui semble a priori ne rien signifier de bon au niveau des températures. Le temps du 27 mars est celui d’une traîne, avec des cumulus fractus le matin évoluant rapidement en cumulus développés pendant que les derniers nuages frontaux, surtout présents sur l’est, s’évacuent. Quelques averses se forment encore (avec de la neige (!) sur les hauteurs), mais dans un deuxième temps, la convection est inhibée, les cumulus ne dépassent plus le stade de mediocris (voire humilis sur l’ouest) et les éclaircies s’élargissent. Avec un vent bien présent et des températures maximales ne dépassant pas 5 à 6°C sur les hauteurs et 10 à 11°C en plaine, la sensation de fraîcheur est vive. Le 28 mars, l’anticyclone gagne en influence sur nos régions, mais il est surtout intéressant de noter qu’un petit noyau se déplace du sud-ouest de la France vers la Suisse, ce qui permet au vent de s’orienter à l’est dans la région de Bordeaux, de Biarritz et de Pau, et une poche d’air chaud se forme dans le coin sud-ouest de la France, avec des températures qui atteignent déjà localement 23 à 24°C. Chez nous, les vents soufflent de façon soutenue de sud-ouest et l’air est encore très maritime, mais déjà plus doux par rapport à la veille, avec des maxima le plus souvent compris entre 13 et 14°C en plaine et entre 11 et 12°C sur les hauteurs. Le temps est assez beau, mais avec des bancs d’altocumulus parfois étendus. En fin de journée, un voile de cirrus / cirrostratus apparaît. En journée, des cumulus se forment aussi, mais ne dépassent plus le stade d’humilis, avec une tendance à étalement en stratocumulus. De façon générale, le temps est le plus ensoleillé au sud-est, et le moins ensoleillé au nord-ouest du pays. Traîne peu active à Braine-l’Alleud à 15h30 Le 29 mars L’anticyclone perd certes de sa puissance, mais constitue à présent un vaste ensemble couvrant une bonne partie du Continent et de la Méditerranée, et a une forme telle que des courants tropicaux directs puissent être acheminés sur l’ouest de la France. Source : KNMI Chez nous, des vents de sud-ouest empêchent encore les températures d’atteindre des niveaux records, mais dans le sud-ouest de la France, des vents d’est acheminent de l’air méditerranéen au départ humide, mais qui se dessèche au-dessus du Midi de la France et subit en plus un petit effet de pseudo-foehn avant d’arriver dans les régions du sud-ouest. Il ne s’agit certes pas d’un foehn pyrénéen, mais les températures n’en sont pas moins très élevées, avec des maxima de 27,4°C à Biscarosse ; 26,8°C à Cazaux et 26,4°C à Biarritz. À certains endroits, l’humidité relative est à peine supérieure à 20%. En Belgique, le temps est très beau avec parfois quelques cirrus. Les températures, sans encore être exceptionnelles, atteignent déjà de belles valeurs, avec le plus souvent 19 à 21°C en plaine et autour de 18°C sur les hauteurs. La plus haute valeur est enregistrée à Koersel avec 22,2°C. En soirée, l’air est doux et très sec à quelques dizaines de mètres au-dessus de nos têtes. Au-dessus de Beauvechain, en fin de soirée, la température est de 17,2°C à 197 mètres d’altitude, soit à une hauteur de 70 mètres au-dessus du sol. Ceci aura un impact saisissant sur les minima. Le 30 mars, les minima se situent entre 1 et 10°C en Basse et Moyenne Belgique, et cette différence peut parfois s’observer à quelques kilomètres de distance seulement. Sur le plateau de l’aérodrome de Beauvechain, la température minimale est de 10,1°C, tandis que dans la vallée de Mélin, à 4 kilomètres de là, la température minimale est de 0,8°C ! À 8 heures, cet écart se creuse encore avec 11,9°C à Beauvechain et 1,1°C à Mélin, tandis qu’à 10 heures, la situation s’inverse déjà, avec respectivement 13,3°C et 13,9°C. Ailleurs dans le pays, on retiendra les –2,8°C d’Elsenborn, les –1,1°C de Bièvre, les –0,5°C de Buzenol et les –0,4°C de Gouvy. En journée, l’anticyclone dont le noyau se trouve sur le centre de l’Allemagne se positionne de telle façon que les courants tropicaux directs arrivent aussi chez nous. Le temps est à nouveau très beau avec quelques cirrus, parfois castellanus, et les températures, cette fois-ci, montent très haut chez nous aussi, avec des valeurs le plus souvent comprises entre 22 et 24°C en plaine et au centre du pays, et entre 20 et 21°C sur les hauteurs. Si l’on prend la nouvelle période de référence (1991-2020), ces températures sont généralement plus élevées que les plus hautes températures observées au cours d’une 3e décade de mars pendant cette série trentenaire. La journée la plus chaude de cette série a souvent été le 31 mars 2014. Ci-dessous, les températures maximales du 30 mars 2021 confrontées à celles du 31 mars 2014 (+ valeur d’une autre date si plus élevée). Bierset : 23,3°C (22,2°C le 31/03/2014) Spa : 21,9°C (20,8C le 31/03/2014) Mont-Rigi : 20,8°C (19,8°C le 31/03/2014) Elsenborn : 21,3°C (20,2°C le 31/03/2014) Saint-Hubert : 20,2°C (18,7°C le 31/03/2014) Buzenol : 22,1°C (20,3°C le 31/03/2014 mais 20,5°C les 30 et 31/03/2017) Luxembourg (LU) : 22,5°C (20,4°C le 31/03/2014) Florennes : 23,2°C (21,1°C le 31/03/2014 mais 22,0°C le 29/03/1998) Dourbes : 24,0°C à 17h (22,6°C le 31/03/2014) Beauvechain : 21,8°C (21,5°C le 31/03/2014 mais 22,1°C le 30/03/2017) Uccle : 23,9°C (21,9°C le 31/03/2014) Zaventem : 22,2°C (21,8°C le 31/03/2014) Gosselies : 23,8°C (22,0°C le 31/03/2014 mais 22,2°C le 29/03/1998) Chièvres : 23,6°C (21,6°C le 31/03/2014 tout comme le 30/03/2017) Lille (FR) : 24,0°C (21,5°C le 31/03/2014 mais 22,2°C le 30/03/2017) Dunkerque (FR) : 22,9°C (16,8°C le 31/03/2014 mais 22,7°C le 30/03/2017) Middelkerke : 22,6°C (18,0°C le 31/03/2014 mais 21,5°C le 30/03/2017) Beitem : 22,9°C (21,0°C le 31/03/2014 mais 21,9°C le 30/03/2017) Kruishoutem : 24,2°C (22,5°C le 31/03/2014 mais 23,0°C le 30/03/2017) Semmerzake : 22,7°C (22,3°C le 31/03/2014) Stabroek : 23,0°C (22,8°C le 31/03/2014) Deurne : 22,8°C (21,4°C mais 22,5°C le 30/03/2017) St-Kat.-Waver : 23,9°C (22,8°C le 31/03/2014) Gorsem : 22,8°C (22,0°C le 31/03/2014 mais 22,6°C le 30/03/2017) Koersel : 25,2°C (23,4°C le 31/03/2014 mais 23,7°Cle 31/03/2017) Kleine Brogel : 23,2°C (22,2°C le 31/03/2014 mais 23,3°C le 24/03/2003) Maastricht (NL) : 23,1°C (21,5°C le 31/03/2014 mais 23,0°C le 31/03/2017) À l’exception de Beauvechain et de Kleine Brogel, tous les records de cette série trentennaire ont été battus. Certaines stations disposent de séries nettement plus longues, suffisamment longues pour reprendre la très chaude journée du 29 mars 1968, qui est restée très longtemps LE record du mois de mars. Ci-dessous, la comparaison de ce 30 mars 2021 avec le 29 mars 1968 : Uccle : 23,9°C (23,0°C le 29/03/1968) Beauvechain : 21,8°C (23,7°C le 29/03/1968) Angleur : 25,2°C (25,8°C le 29/03/1968) Bierset : 23,3°C (24,4°C le 29/03/1968) Maastricht (NL) : 23,1°C (23,4°C le 29/03/1968) Dourbes : 24,0°C à 17h (22,7°C le 29/03/1968) Saint-Hubert : 20,2 (20,1°C les 28 et 29/03/1968) Kleine Brogel : 23,2°C (24,8°Cle 29/03/1968) Deurne : 22,8°C (23,8°C le 29/03/1968) Chièvres : 23,6°C (22,1°C le 29/03/1968) Beitem : 22,9°C (22,6°C le 29/03/1968) Coxyde : 22,9°C (22,6°C le 29/03/1968) D’autres stations sont très comparables : Mont-Rigi : 20,8°C (20,2°C à la Baraque Michel le 29/03/1968) Zeebruges (port) : 19,3°C (20,5°C à Ostende (estacade du port) le 29/03/1968) Ici, Uccle, Chièvres, Coxyde, Dourbes et Saint-Hubert battent l’un des seuls records de chaleur anciens qui ont résisté jusqu’à maintenant. À côté de la chaleur précoce, on notera aussi l’extrême sécheresse de l’air. À Dourbes, l’humidité relative tombe à 17h jusqu’à 14% (soit une température de 24,0°C pour un point de rosée de –5,4°C !) Quelques autres valeurs très basses de l’humidité relative : Elsenborn : 14% à 18 et 19h Mont-Rigi : 15% à 16h Spa : 16% à 19h Florennes : 17% à 19h Gosselies : 17% à 15, 17 et 18h Comme corollaire à cet air très sec, nous avons de gros écarts de températures entre le matin et l’après-midi aux endroits exposés. Voici quelques minima / maxima : Koersel : 0,8°C / 25,2°C (écart = 24,4°C) Bièvre: –1,1°C / 23,1°C (écart = 24,2°C) Elsenborn : –2,8°C / 21,3°C (écart = 24,1°C) Genk : 0,5°C / 24,4°C (écart = 23,9°C) Gouvy: –0,4°C / 22,2°C (écart = 22,6°C) Buzenol : – 0,5°C / 22,1°C (écart = 22,6°C) Enfin, parlons des côtes et des différents régimes de brise de mer. À la Côte belge, nous avons un vent de sud-est qui tourne au nord entre 15 et 16h avec, à Zeebruges, une température qui chute à ce moment de 19,1°C à 14,1°C. Cette brise de mer n’a pas une forte pénétration : à la Base de Coxyde, à un bon 3 km de la mer, la brise de mer n’apparaît plus. En France, la région de Dunkerque partage avec les Belges la même brise de mer. Du côté de Boulogne par contre, nous avons un vent descendant (pseudo-foehn) vers la mer avec des températures montant vite en matinée pour atteindre 23°C en début d’après-midi avec des taux d’humidité assez bas. Puis la brise de mer en provenance de la Mer du Nord parvient à s’imposer jusque là, grâce à une meilleure pénétration à cet endroit, et s’accompagne d’une forte humidité et d’une baisse de la température jusqu’à 15°C, alors que pour l’observateur de Boulogne, le vent quoiqu’ayant tourné au nord-est vient toujours de l’intérieur des terres. Un peu plus au sud, au Touquet, le phénomène n’apparaît plus, avec un temps chaud et sec toute la journée. Le 31 mars commence à nouveau avec des températures fort contrastées le matin, mais en moyenne moins froides que la veille. Les différences sont à nouveau fortes du côté de Beauvechain, avec un minimum de 12,1°C à l’aérodrome et de 3,3°C à Mélin. En journée, le temps continue à être beau, plus beau même que la veille grâce à un ciel presque serein. Ce n’est qu’en fin de journée qu’on voit apparaître des cirrus depuis l’horizon à l’ouest. Au littoral, ces cirrus sont présents toute l’après-midi et sont suivis d’altocumulus le soir. Sur l’est du pays par contre, le ciel est serein toute la journée. Webcam MB – Beausaint – 31 mars 2021 à 12h30 Les températures sont souvent encore un peu plus élevées que la veille. Reprenons donc les mêmes tableaux comparatifs que la veille, avec cette fois les températures du 31 mars 2021 : Bierset : 23,2°C (22,2°C le 31/03/2014) Spa : 23,1°C (20,8C le 31/03/2014) Mont-Rigi : 22,0°C (19,8°C le 31/03/2014) Elsenborn : 22,0°C (20,2°C le 31/03/2014) Saint-Hubert : 21,6°C (18,7°C le 31/03/2014) Buzenol : 23,4°C (20,3°C le 31/03/2014 mais 20,5°C les 30 et 31/03/2017) Luxembourg (LU) : 23,5°C (20,4°C le 31/03/2014) Florennes : 23,0°C (21,1°C le 31/03/2014 mais 22,0°C le 29/03/1998) Dourbes : 25,4 (22,6°C le 31/03/2014) Beauvechain : 23,9°C (21,5°C le 31/03/2014 mais 22,1°C le 30/03/2017) Uccle : 23,9°C (21,9°C le 31/03/2014) Zaventem : 24,1°C (21,8°C le 31/03/2014) Gosselies : 23,9°C (22,0°C le 31/03/2014 mais 22,2°C le 29/03/1998) Chièvres : 24,0°C (21,6°C le 31/03/2014 tout comme le 30/03/2017) Lille (FR) : 24,8°C (21,5°C le 31/03/2014 mais 22,2°C le 30/03/2017) Dunkerque (FR) : 24,0°C (16,8°C le 31/03/2014 mais 22,7°C le 30/03/2017) Middelkerke : 23,7°C (18,0°C le 31/03/2014 mais 21,5°C le 30/03/2017) Beitem : 24,4°C (21,0°C le 31/03/2014 mais 21,9°C le 30/03/2017) Kruishoutem : 25,1°C (22,5°C le 31/03/2014 mais 23,0°C le 30/03/2017) Semmerzake : 23,9°C (22,3°C le 31/03/2014) Stabroek : 24,2°C (22,8°C le 31/03/2014) Deurne : 24,6°C (21,4°C mais 22,5°C le 30/03/2017) St-Kat.-Waver : 24,8°C (22,8°C le 31/03/2014) Koersel : 26,8°C (23,4°C le 31/03/2014 mais 23,7°Cle 31/03/2017) Kleine Brogel : 25,2°C (22,2°C le 31/03/2014 mais 23,3°C le 24/03/2003) Maastricht (NL) : 24,2°C (21,5°C le 31/03/2014 mais 23,0°C le 31/03/2017) Et pour les longues séries, la comparaison de ce 31 mars 2021 avec le 29 mars 1968 : Uccle : 23,9°C (23,0°C le 29/03/1968) Beauvechain : 23,9°C (23,7°C le 29/03/1968) Angleur : 25,5°C (15h) (25,8°C le 29/03/1968) Bierset : 23,2°C (24,4°C le 29/03/1968) Maastricht (NL) : 24,2°C (23,4°C le 29/03/1968) Dourbes : 25,4 (22,7°C le 29/03/1968) Saint-Hubert : 21,6 (20,1°C les 28 et 29/03/1968) Kleine Brogel : 25,2°C (24,8°Cle 29/03/1968) Deurne : 24,6°C (23,8°C le 29/03/1968) Chièvres : 24,0°C (22,1°C le 29/03/1968) Beitem : 24,4°C (22,6°C le 29/03/1968) Coxyde : 23,8°C (22,6°C le 29/03/1968) D’autres stations sont très comparables : Mont-Rigi : 22,0°C (20,2°C à la Baraque Michel le 29/03/1968) Zeebruges (port) : 19,2°C (20,5°C à Ostende (estacade du port) le 29/03/1968) Cette fois-ci, les records sont tous battus, même dans les stations à longues séries, à l’exception de Bierset qui ne parvient toujours pas à battre le 29 mars 1968. Pour Angleur, c'est incertain, nous n'avons jusqu'à présent que la valeur de 15h, qui est de 25,5°C. On notera à nouveau la grande sécheresse de l’air, même si c’est un peu moins extrême que la veille. Ici et là, on peut encore épingler des humidités relatives inférieures à 20%, comme par exemple à Deurne à 15h avec 19%. Ce très léger regain de l’humidité peut être lié à la rotation du faible vent du sud à l’ouest, ce qui n’apporte certes pas de changement significatif dans l’air chaud quasi-stagnant, sauf l’apparition d’un (tout petit) peu d’humidité. Au littoral cependant, cette configuration permet une meilleure pénétration de la brise de mer. Sur l’ouest de la côte belge, la brise de mer se met en place vers 14h en bordure de mer, et elle atteint la Base de Coxyde, à un bon 3 km, quelques 2 heures plus tard avec dès lors une cassure dans la courbe des températures (mais après un maximum bien élevé). Sur l’est de la côte belge, la brise de mer se met en place plus tôt encore, avant 13 heures au port de Zeebruges, et parvient à s’enfoncer jusqu’aux environs de Dudzele, mais sans atteindre Bruges. À noter que des différences jusqu’à 10°C et plus peuvent exister de part et d’autre du front de brise de mer. Source : Infoclimat Enfin, le soir, le temps reste longtemps chaud dans les centres urbains, mais aussi sur les plateaux. À 20 heures par exemple, on relève encore 21,9°C à Deurne (Anvers), 21,1°C à Woluwe-St-Pierre (Bruxelles), mais aussi 20,7°C sur le plateau de Beauvechain. Pendant ce temps, on peut déjà avoir un petit frisson dans la fraîcheur humide de la vallée de Mélin, qui n’affiche plus que 16,2°C. Trois heures plus tard, il n’y fait plus que 9,0°C (pour 19,1°C sur le plateau de Beauvechain). Conclusion L’anticyclone qui nous a valu ce temps beau et très chaud pour la saison s’affaiblit sur le Continent européen tandis qu’un nouvel anticyclone, bien plus puissant et situé sur le nord de l’Océan, s’apprête à prendre la relève. Pendant la nuit du 31 mars au 1er avril, un noyau de l’ancien anticyclone tente encore de faire de la résistance au-dessus de la Suisse, mais dès la matinée du 1er avril, une crête du nouvel anticyclone devient prédominante pour nos régions, avec des vents qui s’orientent au nord. Sur le centre, l’est et le sud du pays, cela n’aura encore qu’un impact limité sur les températures maximales puisque ce vent nous « remballe » dans un premier temps l’air chaud présent sur une bonne partie de l’Europe. Mais la Mer du Nord a déjà son petit mot à dire, en nous apportons plus d’humidité et, malgré tout, déjà un frein aux températures qui n’atteindront plus des records. Sur l’ouest du pays, la fraîcheur est déjà là, avec à 14 heures plus que 9°C au littoral, et un petit 11°C du côté de Bruges. Avec le front froid désormais à nos portes, la douceur quittera l’ensemble de notre territoire en fin de journée. Alors que pouvons-nous dire de cet épisode estival précoce. En soi, l’arrivée soudaine d’air sec et souvent déjà chaud pour la saison n’a rien d’anormal au printemps. Que ce soit au mois de mars ou au mois d’avril, de telles périodes de 2 ou 3 jours de beau temps chaud font partie intégrante du printemps tout comme les « interruptions » froides. Ce qui est anormal, c’est l’intensité que prennent ces phénomènes au cours des dernières années, avec régulièrement des records décadaires (voire mensuels) battus quand pas pulvérisés. Ici, bien évidemment, c’est le réchauffement climatique qui est en cause. D’autant plus qu’au-delè des moyennes qui se réchauffent, il y a les extrêmes qui s’amplifient aussi. Quand il s’agit de chaleur, les deux vont dans le même sens, l’amplification des extrêmes ajoutant une couche au réchauffement général du climat. Résultat des courses : les records de chaleur tombent les uns après les autres. Pour le froid, l’amplification des extrêmes contrecarre le réchauffement dans les vagues de froid, mais ne le compense pas entièrement. En idéalisant un peu, on peut presque dire que la moyenne des températures, depuis les années 60, a augmenté dans nos régions de quelques 2°C pendant que les extrêmes de chaleur ont augmenté de 3°C et les extrêmes de froid, de 1°C. Bien sûr, il faut beaucoup plus de recul pour avoir des chiffres précis et statistiquement fiables sur l’impact du réchauffement climatique sur les différents cas de figure. Mais fait est que le thermomètre s’emballe à presque chaque situation chaude, alors que les situations froides se raréfient certes, mais moins qu’on aurait pu le croire au départ. Pour les précipitations, le vent et les orages, l’évolution est encore plus complexe, mais là, on sort du cadre du sujet traité.
  5. QUELQUES RECORDS BATTUS Avant aujourd’hui, 30 mars 2021, la journée la plus chaude de mars, assez ancienne, a été celle du 29 mars 1968. Températures du 29 mars 1968 (entre parenthèses, données non encore vérifiées du 30 mars 2021) Liège-Angleur 25,8°C Hastière-Waulsort 25,3°C Tirlemont 24,9°C Kleine Brogel 24,8°C (23,2°C) Liège-Bierset 24,4°C (23,3°C) Virton 24,2°C Anvers-Deurne 23,8°C (22,8°C) Beauvechain 23,7°C (21,8°C) Maastricht (NL) 23,4°C (23,1°C) Rochefort 23,2°C (22,5°C à Humain) Bruxelles-Uccle 23,0°C (23,9°C) Dourbes 22,7°C (24,0°C à 17h) Lille (FR) 22,7°C (24,0°C) Roulers-Beitem 22,6°C (22,9°C) Coxyde 22,6°C (22,9°C) Luxembourg (LU) 22,2°C (22,5°C) Chièvres 22,1°C (23,8°C) Ostende-estacade du port 20,5°C (19,3°C à Zeebruges-port) Baraque Michel 20,2°C (20,8°C à Mont-Rigi) Saint-Hubert 20,1°C (20,2°C)
  6. IL Y A 8 ANS, LA DERNIÈRE OFFENSIVE DE FROID MAJEURE EN BELGIQUE L’offensive hivernale de mars 2013, au vu de la saison avancée, peut franchement être considérée comme majeure. En bien des lieux en Basse et Moyenne Belgique, il faut remonter aux années 1887 et 1888 pour retrouver quelque chose de similaire durant une 2e décade de mars. Le Namurois a été sans conteste la zone la plus touchée. À Ciney, le 13 mars au matin, la température est descendue jusqu’à –17,2°C, tandis que la station MB de Floriffoux est descendue jusqu’à –15,6°C. À Hastière, on notait –12,4°C tandis que Malonne, à 8 h, avait une température de –14,1°C (le minimum avait été peut-être encore plus bas). La neige a atteint des proportions inédites pour un milieu de mars, et d’énormes congères conféraient au paysage un véritable caractère polaire. La hauteur de la neige hors congères, pour autant qu’elle était mesurable, s’élevait le 12 mars à 20 cm à Ciney. À Florennes, des épaisseurs jusqu’à 18 cm ont été relevées le 13 mars à 10 h et à 13 h, avec comme code synoptique « 9 » (= Neige recouvrant le sol en totalité; congères importantes (50 cm ou plus recouvrant la surface générale)). Le Hainaut, lui aussi, a été durement touché par cette offensive hivernale. À Mouscron, on a relevé 17 cm en date du 12, tandis qu’à Presles, cette épaisseur était de 12 cm, mais là aussi, avec d’importantes congères. Des températures fort basses ont été observes à Gosselies (–10,1°C) et à Chièvres (–11,9°C). Au centre du pays où, grâce à la station d’Uccle, nous disposons d’une très longue série d’observations, nous pouvons prendre la mesure de la rareté des événements que nous venons de vivre. Au niveau des températures, les –10,1°C du 13 mars 2013 constituent la température la plus basse jamais relevée pendant une 2e décade de mars sur une période remontant jusqu’à 1886 ! Le précédent record, datant du 13 mars 1887, a été battu de plusieurs dixièmes de degrés. À Zaventem (aéroport), le thermomètre est descendu jusqu’à –12,6°C, une température qui s’apparente au –13°C du 14 mars 1845 à l’ancien observatoire à Bruxelles Saint-Josse et qui constitue très vraisemblablement la température la plus basse de la période instrumentale à Bruxelles et dans ses environs pour une mi-mars. D'autre part, les deux gelées permanentes d'Uccle, observées les 11 et 12 mars, sont tout aussi exceptionnelles. Là aussi, il faut remonter fort loin, jusqu’à 1888, pour trouver des maxima aussi bas. Par contre, des gelées permanentes encore plus tardives ont été curieusement observée récemment : les 17 et 18 mars 2018, la température n’a pas dépassé 0°C à Uccle. Mais le maximum le plus bas a été un brin moins extrême que celui de 2013. L’épaisseur de la neige hors congères, de 13 cm, constitue également un record sur toute la série d’observations à Uccle qui remonte, pour ce paramètre-là, à 1889 (précédent record : 12 cm en 1906). En 1888, lorsque les observations d’enneigement étaient à leur début, de la neige couvrant entièrement le sol était signalée à Uccle entre le 18 mars à 8 h et le 22 mars à 8 h (et une neige recouvrant presque entièrement le sol jusqu’au 23 mars à 8 h), mais la hauteur de cette neige n’était mentionnée que de façon globale en Belgique, « de 10 à 25 cm dans la région montagneuse [sic] et de 5 à 10 cm dans la région des plaines » en date du 20. L’année d’avant, en 1887, le sol d’Uccle a été signalé recouvert de neige presque aux mêmes dates, du 17 mars à 8 h au 21 mars à 8 h, mais il n’existe aucune indication sur la hauteur de cette neige. De toute façon, si l’on considère les congères de l’épisode neigeux de 2013, on ne risque pas de se tromper en affirmant que nous nous étions retrouvés devant un phénomène tout à fait unique pour la mi-mars, qui n’est pas sans rappeler le chaos qui avait régné juste avant le célèbre Nouvel An de 1978-1979. Forest (Bruxelles) dans la tourmente neigeuse. Crédit photo : Robert Vilmos Le fait qu’une couche de neige épaisse et intacte perdure plusieurs jours à Uccle est tout aussi exceptionnel si tard dans la saison. Hormis 1887 et 1888, on a encore relevés 3 jours consécutifs de neige significative au sol à Uccle du 13 au 15 mars 1962, mais les températures dépassaient nettement le 0°C en journée et la neige fondait avant que de nouvelles chutes de neige ne reforment un tapis neigeux. (Il convient cependant de noter que dans les Hautes-Fagnes, cette année-là, l’épisode neigeux était bien plus important que celui de 2013, avec un sol couvert de neige pendant tout le mois et un maximum de 51 cm à Botrange.) La région liégeoise, bien sûr, n’a pas été épargnée non plus par la vague de neige et de froid tardifs de 2013. Bien que les hauteurs de neige officielles n’aient pas été terribles, les congères étaient très marquées et même les épaisseurs de neige elles-mêmes, en bien des endroits, étaient remarquables. Les températures minimales, quant à elles, sont descendues jusqu’à –11,8°C à l’aéroport de Bierset et jusqu’à –7,7°C à Angleur. À Stree (Huy), le minimum a été de –10,1°C. En Haute Belgique, il a fallu attendre deux jours de plus pour avoir des températures extrêmes avec, par exemple, –17,9°C à Elsenborn le 15 mars. La tourmente de neige, bien sûr, a aussi touché l’Ardenne et les Hautes-Fagnes, mais les records précédents en matière de neige, dans cette région, sont d’une autre dimension qu’en Basse et Moyenne Belgique. Nous avons déjà évoqué le mois de mars 1962, où le sol est resté recouvert de neige tout le mois, mais mars 1988 a été bien pire encore ! Là aussi, le sol est resté recouvert de neige tout le mois, mais avec une épaisseur dépassant les 60 cm pendant 16 jours consécutifs, du 1 au 16 mars. Les 5 et 6, la couche atteignait 105 cm à Mont-Rigi, tandis que le 8, la même épaisseur était atteinte au Centre Nature de Botrange. Comme on peut le constater, les événements exceptionnels ont des dates et des origines bien différentes d’un bout à l’autre de notre petit pays ! Petit résumé au jour le jour 6 mars 2013 Une journée on ne peut plus printanière, avec 19,8°C à Liège-Monsin ; 19,6°C à Stavelot ; 19,5°C à Stabroek ; 19 ,2°C à Rochefort ; 19,1°C à Uccle et à Angleur et encore 13,1°C à Mont-Rigi (alors qu’une petite dizaine de centimètres de neige au sol est encore en train de se sublimer dans un air avec un taux d’humidité de 19% !). Après le passage d’un front chaud affaibli qui donne encore des stratocumulus en matinée, le ciel se dégage avec un beau soleil accompagné de cirrus et quelques altocumulus, ce qui fait que cette journée printanière est parfaite. Webcam IRM – Diepenbeek – 6 mars 2013 à 16h20 7 mars 2013 Une journée à nouveau plus humide, mais qui reste douce, avec 15 à 16°C par endroit malgré un ciel très nuageux avec altostratus translucidus suivi de stratocumulus et de quelques pluies. 8 mars 2013 Le temps est toujours très doux pour la saison, avec 14 à 15°C et localement même 17°C, mais reste humide avec, essentiellement, des altocumulus et des stratocumulus de plus en plus nombreux, donnant à nouveau un peu de pluie. Ces pluies deviendront même très abondante la nuit du 8 au 9 sur l'ouest de la Belgique en raison d'une petite dépression qui évolue très lentement sur notre pays. Middelkerke et Anvaing recueille 33 mm ; Kruishoutem, 28 mm ; Beitem et Eeklo, 27 mm ; Passendaele, 26 mm... Ces fortes précipitations restent grosso modo à l'ouest d'une ligne allant de Gand à Mons. 9 mars 2013 Dans un premier temps, il fait encore relativement doux avec 7 à 11°C par temps pluvieux au nord et au centre, et par temps légèrement instable (cumulus et stratocumulus) au sud. En après-midi, l’air plus froid arrive par le nord avec 5 ou 6°C, de la brume, des stratus et des stratocumulus. Peu à peu, cet air gagne le restant du pays. Ci-dessous : arrivée du froid à Uccle. Webcam IRM – Uccle – 9 mars 2013 à 16h45 10 mars 2013 C’est une journée grise et froide avec des maxima souvent proches de 2°C (mais encore jusqu’à 7°C sur le sud du pays) et déjà quelques chutes de neige. 11 mars 2013 La journée est grise et plus froide encore, avec des stratus / stratocumulus parfois accompagnés de chutes de neige. Le soir à 19h, on relève déjà 6 cm à l’aéroport de Charleroi. Ailleurs, la couche est plus modeste mais atteint quelques centimètres en bien des endroits. Les maxima, de 0 à –1°C en plaine et de –3 à –5°C sur les hauteurs, sont parmi les plus bas jamais enregistrés pendant une seconde décade de mars. Il faut en effet remonter à... 1888 pour trouver des valeurs encore plus froides. Ce qui est remarquable aussi, c’est que ces maxima sont en moyenne 20°C plus bas que ceux relevés 5 jours plus tôt, en l’occurrence le 6 mars. Webcam IRM – Uccle – 11 mars 2013 à 13h30 12 mars 2013 Un retour d’est nous vaut du grand froid et de fortes chutes de neige. Sous un altostratus (parfois translucidus) doublé de nombreux stratus fractus, les chutes de neige s’ intensifient dès le matin au centre du pays, pour ne cesser que vers 13 h environ. Alors, il ne reste que l’altostratus translucidus, avec quelques stratocumulus à la limite de cumulus. Plus tard, cet altostratus s’ amincit même en cirrostratus avec, à 15 heures, un effilochement et quelques éclaircies parmi les cirrus. Les épaisseurs de neige, à 7 h et à 13 h étaient les suivantes : Middelkerke : 1 cm / traces Munte : 5 cm / 5 cm Deurne : 5 cm / 8 cm Zaventem : 5 cm / 10 cm Gosselies : 10 cm / 13 cm (14 cm à 16h) Bierset : 5 cm / 6 cm Kleine Brogel : 5 cm / 10 cm Mont-Rigi : 7 cm / 7 cm À Ciney, la couche atteint 20 cm et à Mouscron, 17 cm. À Uccle, les 13 cm sont la mesure de neige la plus élevée jamais relevée au cours d’une 2e décade de mars (précédent record : 12 cm le 14 mars 1906). Mais ces données ne reflètent même pas vraiment la neige présente au sol puisque ce sont surtout les congères, formées par un vent de nord-est avec des rafales jusqu’à 50 km/h, qui donnent un caractère très hivernal au paysage. Ces congères montrent aussi la difficulté de mesurer cette fameuse hauteur « hors congères » de la neige. À Beauvechain par exemple, l’épaisseur de la neige varie de 4 à 12 cm selon l’endroit de l’aéroport, avec jusqu’à 25 cm dans les congères. Au final, en se basant aussi sur les précipitations, c’est la valeur (moyenne) de 13 cm qui est retenue. 13 mars 2013 La nuit du 12 au 13 mars, le ciel se dégage et les températures s’effondrent. Au matin, tous les records pour la mi-mars sont pulvérisés. En région bruxelloise, on descend jusqu’à –10,1°C à Uccle et jusqu’à –12,6°C à l’aéroport de Bruxelles-National. Il faut remonter jusqu’au... 14 mars 1845 pour trouver plus bas, avec –13°C à l’ancien Observatoire de Bruxelles, qui était situé à l’emplacement de l’actuel Botanique. Ailleurs dans le pays, les séries sont moins longues, mais atteignent quand même 60 années en bien des endroits. Voici quelques records (pulvérisés) pour la deuxième décade de mars : Bierset : –11,8°C (précédent record : –8,2°C le 19 mars 1985, données disponibles depuis 1953) Ciney : –17,1°C (précédent record : –8,3°C le 13 mars 1987, données disponibles depuis 1976) Hastière : –12,4°C (précédent record : –8,5°C le 13 mars 2006, données disponibles depuis 1977) Florennes : –11,1°C (précédent record : –7,7°C le 13 mars 2006, données disponibles depuis 1976) Beauvechain : –8,7°C (précédent record : –6,9°C le 11 mars 1970, données disponibles depuis 1953) Gosselies : –10,1°C (précédent record : –7,1°C le 13 mars 2006, données disponibles depuis 1984) Deurne : –10,8°C (précédent record : –8,5°C le 11 mars 1958, données disponibles depuis 1953) Eeklo : –7,0°C (précédent record : –6,6°C le 13 mars 1958, données disponibles depuis 1953) Beitem : –8,5°C (précédent record : –5,2°C le 14 mars 1987, données disponibles depuis 1953) Gorsem : –15,4°C (précédent record : –7,4°C le 13 mars 1987, données disponibles depuis 1982) Koersel : –15,3°C (précédent record : –8,7°C le 13 mars 2006, données disponibles depuis 1983) En journée, les températures sont un peu moins froides que les jours précédents, avec 4°C sur l’ouest du pays, 2°C au centre et un gel permanent sur la plupart des régions de l’est. Ce redoux s’accompagne d’instabilité notamment au littoral, avec là de petites averses de neige. En après-midi, cette instabilité atteint aussi le centre du pays sous une forme affaiblie, avec un mix de cumulus et de stratocumulus. Partout, la couche de neige reste intacte, à l’exception du littoral où il ne subsiste que des traces. À l’aéroport de Charleroi, on mesure 13 cm, et encore 7 cm à celui de Bruxelles. À Uccle, on relève 10 cm. Webcam MB – Mélin – 13 mars 2013 à 15h34 Conclusion Il s’agit d’un événement froid majeur, d’autant plus qu’il sera suivi par d’autres épisodes hivernaux remarquables pour la saison. C’est ainsi que le sol d’Uccle, après avoir été enneigé du 12 au 15 mars, le sera à nouveau du 24 au 26 (10 cm le 24), avec un dernier blanchissement (1 cm) le 29. Le 31, toujours à Uccle, on vivra le jour de Pâques le plus froid depuis le début des observations à Uccle en 1886, avec un maximum de 3,1°C. Le minimum pasqual de –2,0°C est le deuxième plus froid de la série. Le 5 avril, avant un maximum (nocturne !) de 3,9°C, la température oscille sans cesse entre 2 et 3°C tout au long de la journée. Ensuite le matin du 7, la température dégringole jusqu’à –4,9°C à Middelkerke. Au final, le mois de mars 2013 arrive à Uccle à une moyenne de 3,0°C, ce qui le place parmi les mois de mars très froids. Mais cette moyenne encore « raisonnable » est due à la grande douceur du début du mois qui compense partiellement le froid du restant du mois. Si l’on décale les mesures de 8 jours, c’est-à-dire qu’on prend la période de 31 jours du 9 mars au 8 avril, on obtient les chiffres suivants. Température moyenne : 2,1°C Moyenne des maxima : 5,1°C Moyenne des minima : –1,4°C Maximum de la période : 10,8°C (7 avril) Minimum de la période : –10,1°C (13 mars) Là, on est vraiment dans l’exceptionnel ! En outre, un maximum si bas sur 31 jours printaniers est tout à fait remarquable. Si l’on extrapole ce que cela aurait donné 8 jours plus tôt dans la saison (c’est-à-dire du 1 au 31 mars) en tenant compte de la saisonnalité et des masses d’air en présence, on obtiendrait quelque chose qui ressemble à ceci : Température moyenne : 1,0°C Moyenne des maxima : 3,7°C Moyenne des minima : –2,2°C Maximum du mois : 9,4°C (30 mars) Minimum du mois : –10,9°C (5 mars) Et là, les records, on les aurait eus ! C’est d’ailleurs la dernière grande réussite pour le froid ! Depuis, de nombreux événements majeurs se sont produits du côté chaud, mais (presque) plus aucun du côté froid. Si l’on excepte un petit coup de froid ponctuel en mars 2018, qui a encore réussi a générer les 2 jours d’hiver le plus tardif, tous les autres événements froids ont été au mieux « anormalement » froids, mais plus exceptionnels ! Sauf peut-être... Surprise à l’avenir !
  7. 2021 : DU FROID À LA DOUCEUR EN PEU DE TEMPS Les grands contrastes entre périodes froides et périodes douces sont typiques du printemps, mais peuvent aussi déjà se produire à la fin de l’hiver. La vague de froid de février 1991, bien plus intense que celle que nous venons de vivre en 2021, avec –20,5°C à Elsenborn et –20,8°C à Libramont le 7 février, ainsi qu’une remarquable série de 13 jours d’hiver consécutifs à Ernage (Uccle, pendant cette période, n’a pas dépassé 0,8°C), a brusquement été suivie par le printemps dès le 21 février, avec une apothéose le 24 février (16 à 17°C en de nombreux endroits sous un soleil radieux). Cette période de douceur se poursuivra encore pendant tout le mois de mars. En 1998, après la période très froide de fin janvier et début février (Elsenborn : –20,4°C le 28 janvier, –20,1°C le 3 février ; fortes gelées même en plaine), la Saint-Valentin est particulièrement douce, malgré un ciel un peu voilé, avec des températures de 16 à 18°C partout en plaine, et jusqu’à 18,6°C à Dourbes et 18,5°C à Hastière. Plus près de nous, en 2017, on observe encore des gelées permanentes – parfois même en plaine – le 10 février tandis que quatre jours plus tard, le 14 février est considéré comme l’une des plus belles Saint-Valentin de l’histoire, avec un ciel cette fois-ci tout à fait bleu et des températures à peine inférieures à celles de 1998, avec par exemple 16,9°C à Angleur ; 16,7°C à Dourbes ; 16,4°C à Sivry et encore 15,8°C à Uccle. En 2021, ce sont deux périodes véritablement antagonistes que nous vivons, qui auront peut-être même une durée plus ou moins équivalente. Le grand absent, pendant ces périodes de fortes fluctuations, est généralement le flux zonal, celui qui nous amène les perturbations atlantiques, qui modère nos températures et qui « gère » la répartition de nos précipitations hivernales. Au cours de ce mois de février 2021, ce flux zonal était certes encore présent en début de mois, mais a été dévié dès le 4 par la formation d’un creux d’altitude jusqu’aux Îles Canaries, se déplaçant ensuite vers l’Afrique du Nord. À partir du 8, c’est la totalité du flux zonal qui est rejetée très bas en latitude, avant qu’une crête commence à émerger le 12 pour se consolider le 13 et littéralement couper ce flux en deux. D’une situation de semi-blocage (à basse latitude), nous évoluons rapidement vers une situation de blocage pour tout le continent européen. Cette crête est en fait une crête chaude, issue de la ceinture des anticyclones subtropicaux, qui se développe vers nos régions alors que l’air froid n’a même pas encore quitté les basses couches de l’atmosphère sur notre pays. Cette situation fait en sorte que le passage de l’air froid à l’air chaud s’opère presque sans transition. Le 14 au matin, il gèle encore à pierre fendre en région bruxelloise, le 15 s’avère une journée pluvieuse et froide sur de la neige fondante tandis que le 16, les thermomètres affichent déjà 13 à 14°C dans cette même région bruxelloise, ce qui est vraiment beaucoup pour la saison. La forme de la crête d’altitude va permettre une circulation de sud-ouest dans un premier temps, c’est-à-dire une circulation atlantique déviée, avec nuages et pluies, mais des températures déjà beaucoup trop douces, même pour un flux océanique. Et dès le 19 (surtout à partir du 20), le flux général va de plus en plus s’orienter au sud, avec un apport d’air tropical plus direct, en provenance du Sahara. C’est aussi à partir du 20 que nous allons procéder à l’analyse, jour après jour, des conditions météorologiques sur notre pays. 20 février 2021 En surface, le vent qui s’était déjà bien orienté au sud la veille, continue à souffler dans cette direction, avec même une petite tendance sud-est. L’air, qui était encore assez humide, commence lentement à se dessécher. Il s’agit en fait d’une humidité résiduelle, coincée en dessous d’une inversion qui ne se résorbe que partiellement en journée. Au-dessus, dans les couches moyennes de l’atmosphère, on observe déjà des couches d’air très sec. Plus haut, la frange extrême d’une perturbation frontale est à nouveau responsable d’humidité et de quelques nuages cirriformes. Le temps est donc beau, mais momentanément voilé par une quantité variable de cirrus, dont certains spissatus épais. Assez étonnant en ces temps de restrictions : on voit aussi un nombre parfois important de traînées d’avion en début de journée, notamment au-dessus du centre du pays. Webcam MB – Braine-l'Alleud – 20 février 2021 à 8h Au-dessus de l’Ardenne, on observe aussi quelques altocumulus lenticularis le matin. Du côté des Hautes-Fagnes et des Cantons de l’Est par contre, la journée commencent sous des stratus fractus, qui ne dispersent complètement qu’en fin de matinée. Les températures minimales sont déjà très douces, avec des valeurs de 7 à 9°C en plaine et de 4 à 5°C sur les hauteurs. Un vent quelque peu turbulent, avec de petites rafales, empêche la formation de froid dans les cuvettes. Les températures maximales, fort élevées pour la saison, atteignent quant à elles 16 à 18°C en plaine (15°C au littoral) et 12 à 13°C sur les hauteurs. La nuit du 20 au 21, il se forme une couche particulièrement chaude pour la saison en air libre vers 700 mètres d’altitude, avec 16 à 17°C. 21 février 2021 Si un petit vent de sud à sud-est reste généralement présent sur le pays, il faiblit cependant fortement sur le sud du pays, ce qui fait que le refroidissement nocturne y est plus important qu’ailleurs. C’est ainsi qu’à Buzenol, le minimum descend jusqu’à 1,7°C ! On note d’ailleurs de fortes différences en Gaume : à Torgny (287 m), la température à 8h est de 7,8°C, tandis qu’à Lamorteau (195 m), on observe au même moment 0,5°C ! Isolément, on note quelques îlots plus frais aussi en plaine dans le nord du pays (Anvers-Deurne : 5,1°C), sinon les minima sont doux, parfois même supérieurs à 10°C (Uccle : 10,8°C ; Sint-Katelijne-Waver, pourtant pas loin d’Anvers : 10,2°C). Comme la veille, le ciel est quelque peu voilé par des cirrus au départ (avec parfois un ciel flamboyant à l’aurore), puis ces cirrus se dispersent par la suite, en matinée sur le sud-est du pays et à la mi-journée sur le centre, et font place à un ciel serein ou presque. Sur l’ouest, les cirrus persistent et dans la région côtière, on observe aussi des bancs d’altocumulus. Avec un air encore un peu plus sec que la veille, les températures sont à nouveau fort élevées avec des maxima entre 16 et 19°C en plaine et entre 13 et 14°C sur les hauteurs. Quelques valeurs : 19,2°C à Koersel ; 18,4°C à Kleine Brogel ; 18,3°C à Genk et à Sint-Katelijne-Waver ; 18,2°C à Hastière ; 17,9°C à Uccle. On aurait été proche des records s’il n’y avait pas eu l’extraordinaire février 2019, et plus particulièrement le 27 février 2019 avec, entre autres, 22,4°C à Angleur ; 22,1°C à Hastière ; 22,0°C à Dourbes et encore 19,5°C à l’aérodrome de Spa ! La veille par ailleurs, Mont-Rigi montait jusqu’à 18,6°C ! 22 février 2021 Commençons par quelques différences saisissantes : à 2 h du matin, on observe à Beauvechain 11,8°C alors qu’au même moment à Mélin, à seulement 4 km de là mais au fond d’une vallée, on mesure 1,9°C ! Dans la même région, à Grez-Doiceau, on note 3,9°C à 1 h ; 4,5°C à 2 h et... 12,1°C à 3 h ! Une évolution similaire est aussi observée à Hoeilaart et, dans une moindre mesure, à Limelette. Dans toutes ces stations, la hausse nocturne des températures s’accompagne aussi d’une chute brutale de l’humidité de l’air. L’apparition de nuages (de poussière) et un vent se renforçant quelque peu sont la cause de cette hausse des températures en pleine nuit. Les nuages par ailleurs, vont nous accompagner une grande partie de la journée. Nuages... de poussière et de sable d’origine saharienne. Ce qui, en matinée, ressemble à un stratus n’en est pas un. Les faibles taux d’humidité sont là, d’ailleurs, pour nous dire que cela ne peut pas être un stratus. Mais cela y ressemble tant que même le disque solaire, quand il perce, prend les contours nets comme si cela avait été un stratus. Waimes – Crédit photo : Sophie Siemes (via Info Météo) Plus tard en journée, on voit apparaître quelques vrais nuages, des altocumulus et stratocumulus à base élevée (peu épais). On se rend alors compte que le nuage de poussière, qui se comporte visuellement comme un stratus, se situe en réalité bien plus haut, même (un peu) plus haut que les altocumulus. De temps en temps, le ciel bleu transparaît un peu aussi, avec alors un aspect très délavé mais un soleil qui perce mieux. Sur la photo ci-dessous, l’on voit bien que le nuage de poussière est situé plus haut (entre 2000 et 4000 mètres selon les LIDAR) que les altocumulus. Ici, on pourrait presque croire à un altostratus translucidus, mais lorsque le soleil le transperce, il ne brille absolument pas comme au travers d’un altostratus. Webcam MB – Schaerbeek – 22 février 2021 à 16h20 Et sur cette photo-ci : le ciel devient plus bleuâtre, le soleil perce un peu mieux et devient capable de projeter une ombre. Webcam MB – Sourbrodt – 22 février 2021 à 13h30 Les températures maximales baissent légèrement à cause de cette insolation réduite, mais restent à un haut niveau pour février, avec 15 à 18°C en plaine et autour de 14°C sur les hauteurs, ainsi qu’au littoral. 23 février 2021 Un front froid en cours de frontolyse traverse le pays et provoque un changement de masse d’air qui nous fait passer de l’air tropical direct à... de l’air tropical maritime. La différence se fait surtout sentir vers 1000 mètres d’altitude où la température, de 12-14°C au départ, descend temporairement à 8°C environ. Ceci génère une petite instabilité de basses couches, permettant la formation de cumulus dans un air plus limpide. En effet, après la dispersion en cours de matinée des stratocumulus (parfois aussi altocumulus) liés aux restants du front, le ciel devient bleu, quoique d’abord encore un peu voilé par de fin cirrus, tandis que des cumulus humilis se développent juste sous l’inversion et persistent jusqu’en fin d’après-midi, mais en s’aplatissant de plus en plus à cause du rabaissement de l’inversion et en finissant par devenir des stratocumulus cumulogenitus. En fin de journée, les cirrus redeviennent un peu plus nombreux. Sur le sud-est du pays, les cirrus sont absents et tant les stratocumulus / altocumulus que les cumulus sont moindres, mais le ciel est encore délavé par les sables du Sahara. Les vents ont quelque peu basculé et soufflent à présent de sud-sud-ouest, avec parfois des rafales de 50-60 km/h (localement 70 km/h), ce qui tempère un peu l’effet de douceur. Malgré tout, les températures en surface sont très élevées pour la saison, avec 16 à 20°C en plaine et 14 à 15°C sur les hauteurs. Quelques valeurs : 19,6°C à Koersel ; 18,7°C à Kleine Brogel ; 18,5°C à Retie et à Genk ; 18,3°C à Deurne. Les Flandre Orientale et Occidentale sont en général un peu plus fraîches avec 16-17°C (et même 15°C au port de Zeebruges). 24 février 2021 Il s’agit d’une journée extraordinaire. Le ciel est parfaitement bleu, à part quelques cirrus et altocumulus visibles à l’horizon depuis le centre et l’ouest du pays. Sur les reliefs, on observe aussi quelques cumulus humilis. Il n’y a qu’au littoral où l’on observe un ciel plus nuageux, avec d’importants bancs d’altocumulus, tendance stratocumulus en matinée et un ciel voilé de cirrus l’après-midi. Ces nuages affectent encore, mais dans une mesure beaucoup moindre, l’extrême ouest du Hainaut. Les températures maximales sont souvent encore un peu plus élevées que la veille, avec 18 à 21°C en plaine et 15 ou 16°C sur les plus hauts plateaux. Quelques valeurs : 20,6°C à Koersel ; 20,3°C à Angleur (station Irceline) ; 19,4°C à Sint-Katelijne-Waver ; 19,3°C à Retie et à Deurne ; 19,2°C à Kleine Brogel. En 1990, les premiers 20°C ont été observés en région liégeoise à la même date du 24 février, avec 20,0°C à Bierset, 20,4°C à Liège-Monsin et 21,1°C à Angleur. Il reste cependant un extrême qui n’a Les valeurs supérieures à 20°C sont parmi les plus précoces observées dans le pays. Si 2019 a fait bien mieux que cette année en termes de maxima absolus, les premiers 20°C d’il y a deux ans ont été relevés un brin plus tard dans la saison, en l’occurrence le 26 février. toujours pas été battu jusqu’à aujourd’hui, celui du 10 février 1899. Les températures de ce jour-là restent de loin les plus élevées jamais enregistrées pendant une première décade de février et constituent, pour les régions de Liège et de Verviers, les 20°C les plus précoces de l’histoire. Sous un beau soleil, après effilochement des épais cirrostratus présents sur le pays en matinée, les thermomètres de l’époque affichaient 21,4°C à Liège ; 21,2°C à Flémalle-Haute ; 21,2°C à Verviers et encore 20,6°C au Barrage de la Gileppe. D’après les informations dont nous disposons sur la méthode de mesure, la plupart des abris utilisés avant 1911 étaient des abris de type « ouvert », ce qui signifie que ces valeurs, au vu de la saison et du type de temps, seraient surestimées de quelques 0,5 à 0,8°C. En d’autres termes, même après correction, on reste au-dessus des 20°C, sauf au Barrage de la Gileppe où, avec l’instrumentation actuelle, on ne les aurait peut-être tout juste pas atteints. 25 février 2021 Les hautes pressions, situées depuis plusieurs jours sur l’Europe Centrale et les Balkans, s’affaiblissent en ce 25 février pendant qu’un front froid aborde notre littoral durant l’après-midi, annonçant la fin de la période extrêmement douce que nous venons de connaître. Commençons par l’est et le sud du pays, qui connaissent une nouvelle très belle journée de février. Sur l’Ardenne et la Gaume, le ciel est serein ou peu nuageux, certes un peu délavé en raison des poussières du Sahara, puis graduellement laiteux en raison de cirrus devenant plus nombreux, avec une petite tendance à cirrostratus. Sur l’Entre-Sambre-et-Meuse, le temps est beau aussi mais les cirrus sont présents dès le matin, avec quelques cirrocumulus / altocumulus l’après-midi, et graduellement des cirrostratus. Du côté de Liège, on observe à peu près les mêmes nuages, mais des cumulus humilis parviennent à se développer en dessous, et en fin de journée le ciel devient très nuageux avec altocumulus épais, puis stratocumulus. C’est dans cette dernière région qu’il fait le plus doux, avec 18,7°C à Bierset et 20,4°C à Angleur (station Irceline). En Campine, on relève jusqu’à 19,8°C à Koersel. Sur les hauteurs, on observe encore 17,2°C à Spa ; 16,3°C à Elsenborn et 15,8°C à Mont-Rigi. Du côté ardennais, on relève 15,5°C à Saint-Hubert ; 17,4°C à Humain et 18,6°C à Charleville-Mézières (FR). Dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, on note 19,4°C à Dourbes et 17,5°C à Florennes. En Gaume, les valeurs sont généralement de 17-18°C. Au centre du pays, les températures sont élevées aussi, avec également 17-18°C (18,1°C à Uccle et 18,0°C à Beauvechain), mais le temps est moins beau l’après-midi. Après des cirrus en matinée, avec quelques altocumulus et de rares cumulus vers midi, le ciel devient très nuageux avec des altocumulus qui deviennent progressivement épais et de doublent par la suite de stratocumulus. En soirée, à l’occasion du passage du front froid, on observe des averses et une baisse marquée des températures. Au littoral, le ciel est voilé de cirrus épais en matinée, avec évolution en cirrostratus à la mi-journée et apparition de bancs d’altocumulus. L’après-midi, le ciel est gris avec altocumulus / stratocumulus et un peu de pluie le soir. Les maxima sont atteints à la mi-journée avec 12-13°C, pour n’atteindre plus que 9-10°C en milieu d’après-midi. Un peu plus vers l’intérieur des terres, on atteint encore 15°C, mais là aussi, les températures baissent en cours d’après-midi. Ceci nous amène à la fin de la période printanière de ce mois de février, qui aura eu presque la même longueur que la période hivernale. Conclusion L’exceptionnalité de cette période douce se marque surtout dans le nombre de jours consécutifs où il a fait très doux. À Uccle, il s’agit d’une série de six jours avec 15°C ou plus. Deux jours avec plus de 18°C (les 24 et 25) sont remarquables aussi. Le maximum absolu, de 18,7°C, ne constitue toutefois pas un record. En 2019 à Uccle, à la fin du mois de février, on a relevé 4 jours avec 15°C ou plus, dont 3 avec 18°C au plus. Cette année-là, on a aussi dépassé les 20°C le 26, avec 20,2°C (record absolu). À cela s’ajoute une autre série de 5 jours avec 15°C ou plus vers le milieu du mois, et déjà 18,1°C le 15 février. Le mois de février 2019 a donc été bien plus exceptionnel. Ailleurs dans le pays, les 20°C ont été atteints ici et là les 24 et 25 février 2021. En 2019, les 20°C ont été atteints et dépassés en beaucoup plus d’endroits, avec notamment 22,4°C à Angleur ; 22,1°C à Hastière ; 22,0°C à Dourbes ; 20,8°C à Koersel et encore presque 20°C à l’aérodrome de Spa (19,5°C) en date du 27 février. Plus loin dans le passé, on retrouve le mois de février très doux de 1990, avec des températures fort élevées les 20 et 24 et, à cette dernière date, les 20°C atteints en région liégeoise (20,0°C à Bierset ; 20,4°C à Liège-Monsin et 21,1°C à Angleur. En 1959, 1960 et 1961 (trois années consécutives donc), des pointes de 18°C et plus ont été observées dans le pays. Enfin, les 20°C ont été atteints à légèrement dépassés du côté de Liège et de Verviers déjà le 10 février 1899. Il n’en est pas moins que 2021 vient de connaître un phénomène de douceur majeur, d’une amplitude bien supérieure à la vague de froid qui l’a précédé.
  8. cumulonimbus

    Offensive hivernale de février 2021

    ... Suite 11 février 2021 À chacun son tour ! Les Hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est, pauvres en neige, en ont reçu une petite portion durant la nuit du 10 au 11, si bien que le sol est blanc, là aussi. Ceci grâce à une petite bulle d’air froid qui intéressait surtout les couches moyennes de l’atmosphère, avec temporairement –13°C au niveau 850 hPa (1430 m) et –21°C au niveau 700 hPa (2890 m). En journée déjà, cependant, cette couche d’air froid s’est « aplatie » sous la subsidence anticyclonique, pour n’atteindre plus qu’un millier de mètres d’épaisseur à la mi-journée. Le matin sur l’est et le sud du pays, on observe encore des stratocumulus et/ou stratus qui se déchirent rapidement et se transforment ensuite en cumulus fractus avant de devenir des cumulus, se résorbant lentement à la suite de l’abaissement de la couche d’inversion. À partir du milieu de l’après-midi, le ciel devient généralement serein. Ci-dessous, des cumulus formés par l’instabilité des basses couches dans le ciel de Bullange, mais complètement aplatis sous le poids de l’inversion thermique juste au-dessus. Webcam MB – Bullange – 11 février 2021 à 14h Ailleurs dans le pays, on observe un ciel serein ou presque tout au long de la journée, avec parfois de rares petits cumulus et, le soir, quelques cirrus. Les températures minimales, en plaine, se situent souvent entre –7 et –11°C, voire un peu plus bas (Kleine Brogel : –11,6°C ; Koersel : –11,2°C ; Retie : –11,1) mais ne descendent pas vraiment plus bas sur les reliefs (Saint-Hubert : –11,9°C ; Mont-Rigi : –9,5°C ; Elsenborn : –8,8°C). Petite remarque : Mont-Rigi, dans ses observations climatologiques (10/02/2021 8h -> 11/02/2021 8h), reprend une valeur de –14,0°C. Il ne s’agit toutefois pas du minimum de la nuit du 10 au 11, mais d’une valeur observée la veille entre 8 et 9h, donc après le relevé du minimum de la veille à 8h (–13,9°C). Les températures maximales, sous le soleil, atteignent 0 à –1°C en plaine ainsi que dans la vallée de la Meuse, et se situent autour des –5°C sur les plus hauts plateaux. La couche de neige atteint encore 5 à 10 cm sur l’extrême nord du pays, sinon se maintient entre 1 et 5 cm dans la plupart des autres régions (p. ex. : 5 cm à Gosselies, 4 cm à Deurne). La couche est redeveue complète avec quelques 2 à 3 cm sur les Hautes-Fagnes. C’est à Virton qu’il y a le moins de neige avec seulement des traces. C’est le cas aussi, par exemple, au fond de la vallée de la Semois près de Bouillon. Webcam MB – Frahan – 11 février 2021 à 16h05 L’anticyclone scandinave développe une crête vers l’Allemagne, ce qui nous coupe lentement de l’arrivée d’air froid, qui s’écoule plutôt de l’autre côté de la crête, vers l’Europe centrale. Avec une subsidence anticyclonique qui s’exerce de plus en plus et qui rabaisse progressivement l’inversion, la fin de l’offensive hivernale semble proche. Cependant, le froid « pelliculaire » peut favoriser le refroidissement des basses couches par rayonnement, avec de possibles surprises aux endroits exposés. À 21 heures à Elsenborn, le thermomètre affiche déjà –10,1°C ! 12 février 2021 Le matin est froid. Les températures minimales, en plaine, se situent le plus souvent entre –6 et –8°C, très localement il fait plus froid (Kleine Brogel : –9,6°C). En Haute Belgique, on descend généralement à –11 à –12°C sur les Hauts-Plateaux, et encore un peu plus bas dans certaines vallées ou dépressions. Elsenborn enregistre –13,9°C et Murrange, –15,7°C. C’est froid, mais pas extrême. On est loin des minima largement inférieurs à –20°C qui caractérisent les grands hivers aux endroits exposés. Le refroidissement par rayonnement ne réussit pas tout à fait, l’importation d’air froid ne réussit pas tout à fait non plus. Un très puissant anticyclone est centré sur le sud de la Norvège, mais sa crête, orientée vers l’Allemagne, l’Autriche et la Tchéquie, nous coupe quelque peu de l’arrivée d’air froid. Source : KNMI La circulation générale est d’est à présent, même si en surface, par effet de frottement, les vents tendent encore à souffler d’est à nord-est. En journée, les températures remontent à –3 à –1°C en plaine et à –6 à –7°C sur les hauteurs ce qui, envers et malgré tout, est un brin plus froid que la veille. Une certaine turbulence de l’air, par ailleurs, fait fort ressentir ce froid. Le temps est par contre très lumineux et le ciel, presque serein avec quelques cirrus et, parfois, quelques très petits cumulus. Sur les Hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est, ces cumulus sont un peu plus nombreux et s’étalent en stratocumulus en fin de journée, avec quelques flocons de neige. Parfois, on y observe d’ailleurs en après-midi de véritables « rues » de cumulus / stratocumulus. La neige atteint encore localement un petit 10 cm près de la frontière néerlandaise, sinon 4 cm à Gosselies, 3 cm à Deurne, 2 cm à Zaventem et à Beauvechain, et 1 cm à Kleine Brogel. Il n’y a plus de neige à Virton et presque plus à Wirtzfeld. À Sourbrodt par contre, la couche bien que mince est encore presque complète. En soirée, les températures rebaissent avec la possibilité, à l’échelon local tout au moins, d’une nuit fort froide. 13 février 2021 Un puissant anticyclone reste en place sur le sud de la Norvège et la crête orientée vers l’Allemagne se renforce jusqu’à former un second noyau, qui se déplace du nord vers l’est de l’Allemagne. Pour notre pays, cela signifie que les vents sont désormais orientés à l’est en plaine et au sud-est sur les reliefs. La nuit a d’abord été à nouveau froide, mais pas exceptionnelle, avec des minima le plus souvent compris entre –7 et –8°C en plaine, tandis que les –10°C ont été localement atteints en Campine (–10,5°C à Kleine Brogel). Sur les hauteurs, les valeurs ont été proches des –11°C. En journée par contre, on observe un très léger dégel dans la plupart des régions de Basse et Moyenne Belgique avec des maxima de 0 à 1°C, localement un peu plus. En Province d’Anvers et parfois aussi ailleurs, on n’atteint tout juste pas 0°C. Sur les Hauts Plateaux, il fait un peu plus froid avec –3 à –4°C en journée. Le temps, lui, est à nouveau très beau, avec un ciel bien bleu et quelques cirrus. Sur l’ouest du pays, ces cirrus deviennent plus denses en fin de journée. Sur l’est et le sud du pays par contre, le ciel reste serein tout au long de la journée. L’air plutôt sec et un vent parfois quelque peu turbulent au cours des deux dernières journées a entraîné par endroit une forte diminution de la couverture neigeuse par sublimation. Le soleil de février, déjà un peu plus fort, n’y est pas tout à fait étranger non plus. À Wirtzfeld, il n’y a plus de neige du tout, tout comme à Virton et dans pas mal de localités de l’ouest du pays. Mais il y a parfois de grandes disparités d’un endroit à l’autre. Les meilleurs couches s’observent encore sur l’extrême nord du pays avec parfois plus de 5 cm. À Anvers, on mesure encore 3 cm, tout comme à Gosselies. À Zaventem, les 2 cm de la veille sont préservés. À Braine-l’Alleud par contre, il n’y a plus que des traces, de même qu’à Diepenbeek. À Frahan, il n’y a plus du tout de neige dans le fond de la vallée de la Semois, et une très fine couche sur les zones situées un peu plus haut. Enfin la snowcam de Wideûmont ne montre qu’un enneigement très partiel. En Allemagne, si l’ouest partage avec nous un froid assez modeste avec un début de dégel en journée, le centre est toujours soumis à un bulle d’air très froid avec des températures minimales parfois inférieures à –20°C même à basse altitude et des maxima qui, par endroit, ne dépassent pas –7 à –8°C et ce, à moins de 200 mètres d’altitude. Dans ces mêmes lieux, on retrouve déjà des –18°C à 20h ! Sur la bordure ouest de cette bulle d’air froid, à Fritzlar (181 m) qui est situé à 25 km au sud-sud-ouest de Kassel, la température est descendue jusqu’à –21,6°C avec une vingtaine de centimètres de neige au sol. En journée, le maxima y atteint –3,9°C mais retombe déjà à –14,9°C à 21 heures. C’est déjà la troisième fois que le minimum descend en dessous de –20°C dans cette localité, avec –24,2°C le 10 février (avec alors 25 cm de neige au sol). Ce genre de bulle d’air froid peut s’avérer très résistante et retarder le redoux, avec des conséquences (temporaires) même sur nos régions. Wait and see... 14 février 2021 En fin de compte, l’arrivée d’air froid est définitivement coupée. Le puissant noyau anticyclonique secondaire qui s’était formé sur l’Allemagne a généré un troisième noyau sur la Suisse, le tout à l’intérieur d’une imposante crête orientée nord-sud et située à l’est de nos régions. Ainsi, une circulation de sud a réussi à se mettre en place avec dans les basses couches, par effet de frottement, des vents de sud-est à sud. Source : KNMI Dès le matin, les températures atteignent puis dépassent 0°C en air libre vers 700 mètres d’altitude. En surface cependant, le froid par rayonnenement est encore localement très présent. Genk mesure –9,9°C, Chièvres, –9,5°C, Deurne, –9,3°C et Diepenbeek, –9,1°C tout comme Stabroek. La station MB de Mélin, au fond d’une petite vallée, descend jusqu’à –11,0°C. Sur les reliefs, le froid est déjà plus modeste et même Elsenborn ne descend pas en dessous de –7,3°C. Le temps est à nouveau beau, quoiqu’un peu plus voilé, avec de nombreux cirrus, parfois accompagnés de floccus ou de cirrocumulus. En après-midi, on voit apparaître des altocumulus et en soirée, les cirrus évoluent en cirrostratus. Au littoral, les nuages sont plus nombreux avec des cirrus épais en matinée et un voile d’altostratus l’après-midi. Les températures maximales, en nette hausse, atteignent localement 8 voire 9°C en Campine (8,8°C à Koersel ; 8,1°C à Diepenbeek), sinon se situent le plus souvent entre 4 et 6 °C en plaine. Le littoral, en raison d’eaux côtières bien refroidies, connaît des températures maximales plus basses, de l’ordre de 2 à 3°C. Sur les plus hauts plateaux, le dégel se manifeste aussi, avec là 1 à 2°C. La grande sécheresse de l’air (humidité de l’air parfois inférieure à 20%, Bierset même 17%) ralentit la fonte de la neige, mais augmente la sublimation. Dans le nord du pays, la couche de neige résiste plutôt bien, avec 3 cm à Anvers tout au long de la journée, malgré une température montant à 6°C. D’autres endroits, et notamment en Haute Belgique, n’ont plus que très peu de neige. À 14 heures, il ne reste que des traces à Wideûmont et à Sourbrodt. À Mont-Rigi, la couche est très incomplète et à Wirtzfeld, comme déjà la veille, il n’y a plus rien. Ci-dessous : Sourbrodt et Malines vers 14 heures. Pendant que l’hiver se meurt en Belgique, il s’intensifie une dernière fois sur l’Allemagne. À Fritzlar, la température minimale descend jusqu’à –21,4°C pour un maximum qui ne dépasse pas –6,7°C. Un peu plus à l’est, Dachwig (170 m) présente un maximum de –13,4°C après un minimum, le matin, de –16,9°C. Mais le soir à 21 heures, on y relève –22,3°C ! À Göttingen, sur un tapis neigeux de 15 cm, la température minimale descend jusqu’à –23,8°C ! Pour cette station, il s’agit de la température la plus basse relevée en février depuis 1956. Si l’on regarde cependant les données de 1956 et d’avant, on relativise un peu, puisqu’on a mesuré –28,0°C le 16/02/1956 et –25,8°C le 11/02/1929. Le 06/02/1963, la température, avec –23,7°C, est descendue presque aussi bas qu’en 2021. Tous mois confondus, on trouve encore, entre autres, les –27,6°C du 27/01/1942, les –27,1°C du 22/01/1940, les –24,5°C du 30/12/1950 et, dans les années récentes, les –24,1°C du 07/01/2009. Au vu de la configuration de l’anticyclone, la froidure allemande actuelle ne nous concernera plus. 15 février 2021 Le froid nous a quitté. Des perturbations, associées à une forte activité dépressionnaire sur l’Océan, ont commencé à aborder l’ouest de notre pays en milieu de nuit et se sont propagées jusqu’à l’est le matin. L’anticyclone continental, encore puissant, descend de plus en plus vers le sud et ouvre ainsi la voie aux courants maritimes. En matinée, des altostratus mêlés d’altocumulus, distillent de petites pluies et mènent à la disparition complète du gel. Déjà à 7 heures, les températures sont positives partout en Basse et Moyenne Belgique avec des valeurs de 2 à 4°C. Sur les reliefs, il gèle encore un peu avec –1 à –2°C, mais le dégel ne tardera pas, là non plus. Les pluies tombent d’abord dans un air très sec, qui ne s’humidifie que lentement. De ce fait, les points de rosée ont été fort bas dans un premier temps, ce qui a permis à la neige de se maintenir par endroit toute la nuit. À 8 heures, Deurne et Melsbroek mesurent encore 2 cm, Koersel et Kruishoutem, 1 cm. À Uccle, toujours à 8 heures, la couverture neigeuse est encore presque compète. Mais en bien d’autres endroits, où la neige avait déjà été en piteux états, il ne reste plus (ou peu) de traces de l’épisode hivernal. En Allemagne, la bulle d’air froid présente désormais des faiblesses aussi, et les températures très basses deviennent de plus en plus localisées. À Göttingen, la température était descendue la veille au soir jusqu’à –12,3°C (21 heures) avant de remonter brusquement entre 21h30 et 22h00 pour passer de –12,1°C à –4,1°C. À Dachwig, on mesure un minimum extrême de –23,3°C à 23 heures, puis la température remonte, là aussi, même si c’est plus lentement. En ce 15 février 2021 à 11 heures, il ne reste plus qu’une très petite bulle d’air très froid sur le centre de l’Allemagne. Source : Infoclimat On peut donc se dire que l’offensive hivernale est terminée. Conclusion L’offensive hivernale que nous venons de connaître n’a rien eu d’exceptionnel, sur aucun des paramètres, mais elle a eu au moins le mérite d’exister. En ces temps de réchauffement climatique, chaque épisode de froid est de plus en plus ressenti comme un événement. Au niveau de la température, cette période de froid est assez comparable à celle de février 2018. Sauf que l’épisode de 2018 s’est produit plus tard et qu’il a quelque peu débordé sur mars, ce qui en augmente le « degré d’anormalité ». Au niveau de la neige, il n’y en a pas eu au centre du pays en 2018, sauf à la fin de l’épisode, la nuit du 2 au 3 mars avec 3 cm. Par contre, la neige était bien présente en Haute Belgique (jusqu’à 14 cm à Mont-Rigi), ce qui fait que la répartition de la neige était bien plus normale en 2018 qu’en 2021. En 2021, on retiendra surtout que le maximum de neige était situé en plaine, généralement à l’extrême nord du pays, tandis que l’épisode hivernal s’est caractérisé par un grand déficit de neige en Haute Belgique (qui par contre a été bien moins lotie en janvier malgré un froid beaucoup plus modeste). Sur le centre de l’Allemagne par contre, on peut déjà parler d’un événement hivernal majeur même si là non plus, sauf parfois à l’échelon local, le terme d’exceptionnel n’est pas approprié. On reste loin, tant dans la durée que dans l’intensité, des grands hivers tels que 1956, 1963, 1979 ou 1985. Aux Pays-Bas, c’est la neige qui a eu un côté impressionnant. Le 7 février, une bonne partie du pays a été recouverte de neige avec parfois de grosses épaisseurs sur l’est, le tout sous un vent fort d’est qui a généré des congères. Les épaisseurs allaient de 5 à 10 cm sur l’ouest à 10 à 20 cm sur l’est, localement même plus de 30 cm (31 cm du côté de Hengelo). Mais au sein des congères, cette neige avait un demi-mètre d’épaisseur et, isolément, même plus d’un mètre. Il faut remonter au 9 janvier 2010 pour retrouver une telle tempête de neige. Encore une fois, on n’est pas dans l’exceptionnel, mais déjà dans un phénomène significatif. Il convient cependant de signaler de grosses disparités aux Pays-Bas aussi (sur une vingtaine de kilomètres, on peut passer de 5 à 30 cm de neige !) 8 jours plus tard, le 15 février, on observe encore plus de 10 cm aux endroits qui étaient les plus enneigés. Mais là non plus, cette neige ne résistera plus très longtemps. Au niveau des températures, il a fait fort froid par moment, mais rien d’exceptionnel non plus. Hupsel a enregistré –16,2°C le 9 février. Le côté le plus remarquable de cette offensive hivernale, dans notre pays et chez nos voisins, a certainement été le fait que la répartition des événements a été quelque peu particulière. On ne peut donc que répéter : une situation météorologique n’est pas l’autre.
  9. 2021 : OFFENSIVE HIVERNALE DE FÉVRIER 2021 Crédit photo : Samina Verhoeven (Belgorage) Les conflits directs entre des masses d’air polaire continental et tropical maritime, en hiver, peuvent avoir des côtés très impressionnants. On se souviendra de l’hiver 1978-1979. Alors que du 26 au 29 décembre 1978, les températures atteignaient encore 10 à 12°C en plaine, le conflit de masses d’air entraîna un incroyable blizzard les 29 et 30 décembre et le 31 décembre en après-midi, les températures étaient descendues à des valeurs entre –10 et –12°C sur ces même plaines. En Ardenne, où le froid est arrivé quelques 24 heures plus tard, Saint-Hubert connut la plus incroyable chute de température jamais enregistrée en Belgique, avec 8°C le 31 décembre aux petites heures et –19°C moins de 24 heures plus tard, en fin de soirée de la même date. Au cours du mois de janvier 1979, la proximité entre l’air doux et humide et l’air glacial allait nous réserver encore quelques épisodes mémorables de pluies verglaçantes. Plus loin dans le temps, la vague de froid de 1956 était bâtie sur le même schéma, avec un air glacial qui butait littéralement sur de l’air doux avec, là aussi, des chutes de température impressionnantes. Avec cependant la différence que dans un premier temps, cette vague de froid ne s’accompagna que de peu de neige, une mince pellicule de neige et de glace comme c’est le cas, dans certaines régions, le 7 février 2021. En 1985, la première vague de froid, celle de janvier, était certes arrivée de façon progressive, mais la seconde, celle de février, buta aussi sur de l’air doux qui était remonté entre-temps avec comme conséquence un gigantesque verglas le 8 février. À Bruxelles, ces pluies verglaçantes persistèrent près de 24 heures avant que n’arrive la neige durant l’après-midi du 9. 2021 connaît aussi un tel conflit entre masses d’air, mais comme toujours en météorologie, chaque phénomène a son propre scénario. La rencontre entre courants froids de nord-est et courants doux de sud-ouest se met en place dès le 28 janvier, mais dans une situation bien plus « molle » qu’en 1956, 1978 ou 1985. Les contrastes thermiques sont bien plus faibles car l’air, au nord, est plutôt un air polaire maritime à peine continentalisé. Mais la persistance d’une circulation à composante orientale au nord de l’Europe va continentaliser davantage la masse d’air polaire. Analysons à présent, jour après jour, ce qui se passe en février. 1erfévrier 2021 Le froid, dans un premier temps, est en recul mais se renforce au nord des Pays-Bas. La limite des gelées permanentes passe un peu au nord d’Amsterdam pour se poursuivre vers l’est, sur l’Allemagne, sur une ligne s’étendant grosso-modo de Hanovre à Leipzig et Dresde. Chez nous, une petite dépression prend un parcours très méridional et passe exactement par notre pays. Elle se comble cependant, ce qui fait que les gradients sont très faibles. Ainsi, malgré des pressions qui sont plutôt basses, nous connaissons un temps aux allures anticycloniques. Un stratus couvre en effet le pays, parfois suffisamment bas pour générer du brouillard. L’après-midi, ce n’est que localement qu’on observe quelque évolution vers des stratocumulus. À Bruxelles notamment, on voit les sommets des buildings qui une fois disparaissent dans le stratus et une fois non. En ce jour, il n’est pas encore question de gros contrastes thermiques sur notre pays, mais plutôt d’un mélange de masses d’air, où l’air assez doux prédomine cependant. Les maxima se situent entre 3 et 6°C sur tout le pays, avec peu de différences entre la plaine et les reliefs. Seule la Gaume présente des températures un peu plus élevées, avec localement 8°C. 2 février 2021 Des vents de sud sud-ouest amènent une portion d’air très doux sur notre pays, avec des températures qui, dès la mi-journée, atteignent 10 à 12°C en plaine et 6 à 8°C sur les hauteurs. Les derniers restes d’une neige, qui avait tenu pendant tout le mois de janvier dans les hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est, finissent par disparaître, à l’exception de l’une ou l’autre plaque de neige particulièrement coriace. Le froid, toutefois, ne demeure pas loin. Tout un tiers nord-est des Pays-Bas connaît des maxima de 1 à 2°C. La limite des gelées permanentes a toutefois un peu reculé, pour passer sur l’Allemagne du nord juste au sud de la frontière danoise. Le temps en Belgique est typiquement maritime, avec d’abord un nimbostratus pluvieux, puis un ciel faiblement instable avec un mix de stratocumulus et de nuages convectifs. Ici et là, on observe aussi des averses plus marquées. 3 février 2021 La situation atmosphérique générale ne change pas tellement. Notre pays reste confronté à un flux d’air maritime perturbé mais très doux tandis qu’au nord d’une longue occlusion s’étirant le long du 54e parallèle environ, l’air continue à être froid au sein d’un flux d’est. Source : KNMI Le froid recule encore un peu, mais reste présent sur le nord de l’Allemagne. Les Pays-Bas, par contre, se retrouvent entièrement dans l’air doux. En Belgique, la douceur se renforce encore un peu, avec localement jusqu’à 13°C en plaine, tandis qu’il fait 8 à 9°C sur les hauteurs. Mais le temps est très perturbé, avec un nimbostratus pluvieux (secteur chaud) suivi d’une traîne active (à l’arrière d’un front froid). Les précipitations sont abondantes partout, avec 10 à 20 mm d’eau, voire plus (26,2 mm à Retie et Sint-Katelijne-Waver ; 25,6 mm à Mont-Rigi ; 23,2 mm à Melle). À Sint-Katelijne-Waver, les pluies du secteur chaud donnent 20 mm, tandis qu’à Melle, ce sont plutôt les averses de la traîne qui donnent beaucoup d’eau, avec 13 mm tombés pendant l’après-midi. 4 février 2020 Des hautes pressions se construisent tant au nord qu’au sud, mais cela n’empêche pas une perturbation de bien délimiter les zones d’influence, avec le froid qui se remet à avancer. La Belgique reste du côté doux et, grâce aux éclaircies liées aux hausses de pression, le temps est très agréable. Les maxima se situent autour de 8°C à l’ouest des plaines et autour de 10°C à l’est. Sur les hauteurs, on atteint 6 à 7°C. Le matin, le ciel est bleu presque partout (seuls le sud et l’est du pays connaissent quelques brumes et stratus). Ensuite, les cirrus deviennent de plus en plus nombreux. L’après-midi, le ciel devient très nuageux avec cirrostratus et altostratus (parfois mêlé d’altocumulus) et, en dessous, une quantité variable de cumulus et de stratocumulus. Quelques très faibles précipitations sont observées sur l’ouest et le centre du pays. 5 février 2020 Le froid recule à nouveau un peu, mais tend lentement à se renforcer sur le nord-est de l’Allemagne. Dans le sud de l’Allemagne, en contre-partie, il fait printanier avec jusqu’à 14-15°C par endroit avec quelques éclaircies. Le Benelux reste dans l’air doux, à l’exception du nord des Pays-Bas qui subit une lente baisse des températures avec localement des maxima de 3°C seulement. En Belgique par contre, on observe 10 à 12°C en plaine (9°C au littoral) et 6 à 8°C sur les hauteurs. Les vents par contre tendent à prendre une petite composante orientale, signe d’une baisse prochaine des températures. Le ciel est le plus souvent très nuageux avec cumulus et stratocumulus, temporairement surmontés d’un voile d’altostratus. Quelques éclaircies quand la nappe de stratocumulus devient discontinue. Il y a en général peu ou pas de précipitations, à l’exception de la Gaume (Buzenol : 4,4 mm). 6 février 2020 Notre pays est pris en tenaille entre plusieurs perturbations, dont les acteurs principaux sont un front chaud au sud et un front froid au nord. Source : KNMI Ces deux fronts vont se rapprocher en soirée, puis remonter ensemble sous forme de fronts chauds avec beaucoup de précipitations. Dans les basses couches cependant, c’est de l’air de plus en plus froid qui nous arrive. On remarque d’ailleurs, en journée déjà, que l’air froid s’étend et s’intensifie sur l’Allemagne. Le gel atteint les Pays-Bas en fin d’après-midi. En Belgique, les vents s’orientent dès le matin au secteur est à nord-est, mais ces vents, dans un premier temps, nous remballent l’air doux encore présent sur une bonne partie de l’Europe. Les maxima, quoiqu’en baisse, sont encore assez élevés pour la saison, avec 7 à 9°C en plaine et 3 à 5°C sur les hauteurs. Le temps est d’abord beau sur l’ouest du pays, avec un ciel bien bleu sur le littoral avant l’arrivée, en fin de matinée, d’altostratus, plus tard doublés de fractus et de stratocumulus avec de faibles précipitations. Ailleurs dans le pays, on observe un ciel couvert, avec des altostratus souvent doublés d’une quantité variable de stratocumulus, de stratus (fractus) et de cumulus, le tout évoluant parfois jusqu’au nimbostratus avec quelques précipitations. Vers la fin de la journée et durant la nuit, les précipitations augmentent presque partout et deviennent localement intenses. À partir de 21 heures au nord-est du pays, et à partir de 22 heures aussi au centre, les températures commencent à flirter avec le zéro degré et les pluies se transforment en neige, granules de glace ou pluies verglaçantes. Vers minuit, une bonne moitié nord du pays est sous l’emprise de conditions hivernales, pendant que le sud reste dans la douceur avec 6°C en Gaume. L’Allemagne, pendant ce temps-là, est coupée en deux aussi, avec un froid qui continue à s’intensifier au nord et au nord-est et une bonne douceur nocturne qui persiste au sud. Près des Alpes, par effet de fœhn, on observe même 15°C en pleine nuit !! 7 février 2021 Les perturbations se désagrègent en journée pendant que le froid continue à s’intensifier, mais ne gagne que lentement du terrain. Il convient de noter la présence d’une très petite dépression sur l’est de notre pays, qui attise certes les vents d’est à nord-est sur le nord et le centre du pays, mais qui attire aussi des vents méridionaux sur la partie sud du pays, qui contrecarrent l’avancée du froid. Cette ligne de convergence, qui passe grosso modo sur la Sambre et la Meuse, y reste assez longtemps en place tandis que la limite de la neige passe une cinquantaine de kilomètres plus au nord, s’étirant grosso modo de Mons à Maastricht en passant par Wavre et Waremme. Si le gros de la neige est tombé aux Pays-Bas (on parle là d’une véritable tempête de neige avec congères), la Belgique n’en est pas moins blanche sur une bonne portion de son territoire, même si la couche est le plus souvent mince. Les couches les plus épaisses sont observées sur le nord-ouest et le nord du pays, avec 5 à 10 cm (9 cm à la frontière néerlandaise, 5 cm à Anvers). Au centre du pays, on relève par exemple 1 cm à Zaventem. Les températures sont en chute libre sur plus de la moitié du pays, avec le retour des gelées permanentes et des températures maximales le plus souvent comprises entre 0 et –2°C en plaine, sauf sur l’est où ces valeurs atteignent encore 1°C. Il convient cependant de noter que ces valeurs maximales sont atteintes le matin. En milieu d’après-midi, le thermomètre n’affiche plus que –2 à –4°C en plaine tandis que le gel apparaît aussi sur la façade nord des reliefs. Tout le sud du pays reste encore à l’abri du gel avec des maxima de l’ordre de 4°C en Gaume et des températures restant positives même en milieu de soirée. Le temps : couvert avec stratus et/ou stratocumulus, accompagnés encore de quelques chutes de neige, et de pluie ou de bruine au sud. 8 février 2021 Commençons par des endroits de Belgique qu’on n’a pas tellement l’habitude de voir sous la neige. Toutes les photos qui suivent proviennent de webcams de MétéoBelgique et ont été prises aux alentours de 9 heures du matin. Malines Waregem Audenaerde Courtrai Courtrai Bruxelles Et voici quelques chiffres officiels concernant les épaisseurs de neige ce matin (Belgique + régions frontalières) : Maarheze (NL) : 11 cm (à 6 km de la frontière, non loin de Brée) Zundert (NL) : 9 cm (à 3 km de la frontière, pas très loin de Turnhout) Eersel (NL) : 7 cm (à 8 km de la frontière, non loin de Lommel) Esbeek (NL) : 6 cm (sur la frontière, pas très loin de Turnhout) Kappellebrug (NL) : 6 cm (sur la frontière, non loin de Saint-Nicolas) Anvers-Deurne : 5 cm Gosselies : 5 cm Kleine Brogel : 3 cm Koersel : 3 cm Passendaele : 3 cm Zaventem : 3 cm Florennes : 3 cm Bièvre : 3 cm Beauvechain : 2 cm Hastière : 2 cm (neige sur plus de la moitié du sol) Charleville-Mézières (FR) : 2 cm Middelkerke : 1 cm Kruishoutem : 1 cm Lille (FR) : 1 cm Strée (Huy): 1 cm (neige sur moins de la moitié du sol) Situation atmosphérique : une ceinture de hautes pressions au nord est responsable d’une circulation d’est qui nous amène de l’air continental désormais très froid. Des perturbations tournant autour d’une petite dépression sur la France et le sud de la Belgique sont responsables de chutes de neige durant le nuit du 7 au 8, et de faibles chutes de neige durant la journée du 8. Le ciel est couvert partout avec stratus et/ou stratocumulus. Parmi les faibles chutes de neige en journée, on note aussi, ici et là, quelques granules de glace ou pluies verglaçantes. Très localement en Ardenne, on observe des éclaircies le matin avec altocumulus. Les températures maximales sont particulièrement basses en plaine, avec des valeurs qui ne dépassent pas –3 à –5°C. En Haute Belgique, les températures sont un peu moins froides, surtout en matinée, avec des valeurs de –1 à –4°C. Dans l’extrême-sud du pays, les températures parviennent encore, localement, à très légèrement dépasser 0°C à la mi-journée (maximum de 0,7°C à Lamorteau). Les plus hautes couches de neige sont observées dans l’extrême nord du pays, avec localement plus de 10 cm à la frontière néerlandaise, sinon on mesure le plus souvent 3 à 5 cm de neige. Quelques endroits n’ont que très peu de neige. À Beausaint, on ne devine que de rares traces de neige et il faut attendre quelques chutes de neige en fin de journée pour qu’une très mince couche se forme. C’est le cas aussi à Durnal, où la neige reste même quasi absente jusqu’en fin de journée. À Virton, le sol est assez bien blanc le matin, mais la neige disparaît presque complètement en après-midi. En Allemagne, des vents forts tempèrent quelque peu le froid (mais on reste dans le gel) sur de larges bandes côtières le long de la Mer du Nord et de la Mer Baltique. Sinon l’air commence à être extrêmement froid sur une bonne partie de ce pays avec des maxima qui ne dépassent pas –9°C à Berlin et à Leipzig et –7°C à Hanovre avec, dans cette dernière ville, 20 cm de neige au sol. Ce froid influencera fortement notre temps dans les prochains jours. 9 février 2021 De faibles chutes de neige ont encore eu lieu la nuit. À Gosselies par exemple, ces chutes de neige ont perduré toute la nuit, si bien que la couche de neige, qui était de 4 cm la veille à 19 heures, a atteint 6 cm à 7 heures du matin. À Zaventem, de la neige a été observée aussi, mais elle a été peu significative et la couche est restée à 3 cm. Voici les hauteurs observées à 7 heures : Maarheeze (NL) : 13 cm (à 6 km de la frontière, non loin de Brée) Zundert (NL) : 11 cm (à 3 km de la frontière, pas très loin de Turnhout) Esbeek (NL) : 8 cm (sur la frontière, pas très loin de Turnhout) Gosselies : 6 cm Deurne : 5 cm Kleine Brogel : 5 cm Hastière : 5 cm Beauvechain : 4 cm Koersel : 4 cm Uccle : 4 cm Zaventem : 3 cm Passendaele : 3 cm Bièvre : 3 cm Bierset : 2 cm Strée (Huy) : 2 cm La Hestre : 2 cm Mont-Rigi : 1 cm Kruishoutem : 1 cm La neige couvre à présent tous les pays, mais de grandes disparités persistent. À Durnal, la couche est toujours très mince pendant que près de la frontière néerlandaise, la couche dépasse 10 cm par endroit. Sur une grosse moitié nord du pays, le ciel se dégage dès le début de la matinée (dispersion des stratocumulus et altocumulus) et les températures les plus basses sont souvent atteintes en matinée. Voici quelques valeurs : Mont-Rigi : –10,5°C (10h) Elsenborn : –9,9°C (11h) Kleine Brogel : –9,9°C (8h) Spa : –9,3°C (10h) Bierset : –8,9°C (10h) Ernage : –8,8°C (10h) Zaventem : –8,7°C (9h) Beauvechain : –8,6°C (9h) À Buzenol, où le ciel ne se dégage pas, les tempétatures les plus basses sont atteintes à la mi-journée, avec « seulement » –3°C. En Allemagne, l’hiver frappe encore beaucoup plus fort en plaine. À Hannovre, on observe jusqu’à –15°C avec 21 cm de neige. À Münster, ces chiffres sont respectivement –14°C et 27 cm. Ces conditions hivernales débordent sur les Pays-Bas, avec parfois plus de 20 cm de neige sur l’est. En Belgique, comme déjà dit, les stratocumulus et altocumulus se disperse dès le début de la matinée sur une grande partie du pays, pour faire place à un ciel très bleu. Ici et là, on voit quelques cirrus et la formation de rares cumulus. Sur le nord du pays, on voit aussi encore quelques petits bancs de stratocumulus et d’altocumulus. Sur l’Ardenne et la Gaume, le ciel reste couvert de stratus, tendant à évoluer en stratocumulus l’après-midi. Dans les zones limites, le temps peut être très différent d’un endroit à l’autre. Sur les Cantons de l’Est, le stratus se déchire en milieu de matinée pour faire place à des fractus qui plus tard évoluent en cumulus avant de s’étaler en stratocumulus en fin de journée. Sur l’Entre-Sambre-et-Meuse, le stratus ne se disspe, temporairement, qu’en après-midi avec un ciel restant brumeux. Certaines zones du Hainaut connaissent assez rapidement des éclaircies, mais le ciel redevient ensuite nuageux à très nuageux par des vastes bancs de stratocumulus. Les températures maximales dépendent en grande partie de l’état du ciel. En plaine et au centre du pays, les valeurs se situent entre –1 et –3°C. Plus au sud, les valeurs sont généralement plus froides avec –3 à –5°C. Les maxima les plus froids se retrouvent sur les Hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est avec –7 à –8°C. En Gaume, ce n’est pas le soleil, mais la présence d’une masse d’air un peu plus douce qui tempère un peu le froid, avec des maxima de –2°C sur l’extrême sud. En soirée, les températures sont en chute libre sur la moitié est du pays. À 22 heures, on observe –12,0°C à Mont-Rigi ; –11,2°C à Elsenborn et –10,9°C à l’aérodrome de Spa. En plaine, on mesure jusqu’à –8,3°C à Kleine Brogel et les températures sont partout inférieures à –5°C à l’est de Gand et d’Anvers. 10 février 2021 L’hiver perd de sa superbe. Les fortes baisses de température du début de la nuit ne se sont pas vraiment poursuivies par après. À Zaventem par exemple, la température qui était déjà descendue à –8,7°C à 23 heures ne perd même pas un degré supplémentaire avec un minimum qui vient s’établir à –9,6°C. En fin de compte, bien peu de stations, en Basse et Moyenne Belgique, arrivent en dessous de –10°C. Ce sera le cas, par exemple, pour Bierset (–10,5°C), Gosselies (–10,4°C) et Kleine Brogel (–10,2°C). Gembloux arrivera à –10,0°C tout juste. En Haute Belgique, les minima sont un peu plus bas (Mont-Rigi : –13,9°C ; Elsenborn : –13,3°C ; Saint-Hubert : –12,0°C), mais là aussi, le début de nuit était bien plus prometteur. Les épaisseurs de neige, le matin, sont les suivantes : 5 cm à Gosselies et Deurne, 3 cm à Bièvre, Florennes, Koersel et Passendaele, 2 cm à Beauvechain et Zaventem, 1 cm à... Mont-Rigi, tout comme à Strée (Huy), Bierset et Kruishoutem. Le peu de neige sur les hauteurs de l’est du pays est surprenant. À Wirtzfeld, on n’observe que des traces de neige. À Bullange, la couche est très fine et ne couvre pas complètement le sol. En journée, cette neige disparaît presque complètement. Webcam MB – Bullange – 10 février 2021 à 14h La cause de cet essoufflement de l’hiver est à rechercher dans une influence de la Mer Baltique et de la Mer du Nord qui sont plus grandes qu’on ne pourrait parfois le penser. Le froid de l’air continental qui passe au-dessus de ces surfaces d’eau est fortement atténué, comme le montre la carte ci-dessous concernant l’Allemagne. Source : Infoclimat Aux endroits exposés des côtes allemandes, cela peut provoquer de fortes averses de neige (25 cm au Kap Arkona avec des congères en raison du vent fort), chez nous par contre, il n’en reste que des cumulus et stratocumulus, mais quand même une atténuation du froid, surtout sur l’ouest du pays. Un coup d’œil sur les sondages atmosphériques est très instructif à cet égard. À aucun moment, nous avons été confrontés à de l’air vraiment arctique, qui aurait fait fi des sources de réchauffement locales. La température vers 1500 mètres d’altitude est descendue au mieux à –14°C. Le froid était le plus souvent pelliculaire, lié à des terres allemandes assez froides mais qui pouvait assez facilement perdre son caractère froid en passant au-dessus de surfaces d’eau. Les cartes météorologiques l’expliquent : nous avons certes depuis plusieurs jours une ceinture de hautes pressions au nord de nos régions, mais dont le moteur principal n’est pas un anticyclone sibérien avec des extensions vers la Scandinavie, mais un anticyclone dont la position moyenne se trouve sur la mer entre l’Islande et la Norvège. Source : KNMI Le temps : des éclaircies mais aussi pas mal de stratocumulus en bancs souvent étendus notamment sur le nord et le centre du pays, qui évoluent temporairement en cumulus. Sur l’ouest du pays, les éclaircies sont nettement meilleures avec, au littoral, un ciel presque serein l’après-midi (quelques cirrus). Sur le sud-est du pays, le temps est beau avec des cirrus le matin et quelques cumulus (fractus / humilis) l’après-midi, avec une faible propension à évoluer en stratocumulus. Sur les Hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est, on observe une petite tendance instable, avec de faibles averses de neige l’après-midi. En soirée, on retrouve de petites chutes de neige aussi ailleurs dans le pays. Les températures maximales se situent entre 0 et –1°C sur l’ouest du pays et souvent autour des –2°C sur le restant des plaines. Sur les hauteurs, ces maxima se situent entre –6 et –8°C, et autour de –5°C vers 300 mètres d’altitude. À suivre...
  10. cumulonimbus

    Neige en janvier 2021

    ENNEIGEMENT EN BELGIQUE – JANVIER 2021 Botrange (670 m) : couche épaisse et complète, persistant avec quelques variations jusqu’au 27. Lente détérioration de la neige le 28 en après-midi, mais couverture neigeuse restant complète ; le 29, la neige continue à se dégrader mais la couverture reste complète. Le 30 par contre, la couche est incomplète en matinée mais se renouvelle l’après-midi, avec couverture restant complète le 31. Quelques mesures dans les environs : à Mont-Rigi, 12 cm le 1 ; 9 cm le 2 ; 14 cm les 6 et 7 ; 45 cm le 8 (enneigement maximum) ; 26 cm le 9 ; 30 cm le 12 ; 30 cm le 15 ; 27 cm le 20 ; 8 cm le 23 ; 33 cm le 24 ; 34 cm le 26 ; 29 cm le 28 ; 6 cm le 29 (ici couverture neigeuse quasi-complète en fin de journée). Sourbrodt (570 m) : couche complète et épaisse le 1, qui gagne encore en épaisseur les 7 et 8 et ne se dégrade légèrement qu’à partir du 12 tout en restant complète et encore assez épaisse ; à partir du 14, renouvellement de la neige ; légère dégradation le 19 avec couche restant à nouveau complète et encore assez épaisse avant une diminution marquée le 21 et neige en fort mauvais état (mais couverture presque complète) le 22 au matin, couverture incomplète l’après-midi ; situation inchangée le 23 puis renouvellement le 24 avec couche épaisse et complète se maintenant jusqu’au 27 (diminution l’après-midi) ; le 28 détérioration de la neige en après-midi mais couverture neigeuse restant complète ; le 29 : grosse « taches » de neige couvrant bien moins que la moitié du sol mais restant coriaces. Le 30 en matinée, il ne reste que des traces de neige, avec renouvellement l’après-midi (mince couche incomplète). Le 31, la couche redevient complète, mais se dégrade à nouveau l’après-midi (couche presque complète). Beausaint (376 m) : traces de neige le 1, rares traces le 2 ; très mince couche le 4, traces l’après-midi ; très mince couche le 6, traces l’après-midi ; enneigement sporadique et incomplet le 7 en milieu de journée ; couverture neigeuse complète le 8, persistant jusqu’au 11 en s’amincissant graduellement ; rares traces le 12 au matin ; à nouveau traces de neige le 13 au matin ; couverture complète le 14, persistant jusqu’au 17 ; couche presque complète le 18, devenant incomplète l’après-midi ; traces le 19 ; couverture neigeuse complète le 24, persistant jusqu’au 27 ; couverture incomplète le 28 au matin, disparaissant à la mi-journée. Cerfontaine (233 m) : traces de neige le 7 en matinée ; mince couche de neige complète le 14, s’épaississant en journée et restant intacte jusqu’au 17 au matin ; lente fonte de la neige au cours de la journée du 17 ; couche incomplète le 18, traces l’après-midi ; rares traces le 19 ; mince couche de neige complète le 24, qui diminue lentement et cesse d’être complète le 25 en fin de journée ; couche incomplet le 26 et temporairement renouvelée le 27 (couche complète en matinée, traces en fin de journée). Quelques mesures dans les environs : le 15 il y avait 10 cm à Florennes et 14 cm à Couvin. Braine-l’Alleud (env. 120 m) : traces de neige le 14 au matin, évoluant temporairement vers une très mince couche mais complète en matinée ; traces le 15 et le 16, très mince couche mais complète l’après-midi du 16 ; traces le 17 en matinée ; très mince couche le 24 en matinée, traces l’après-midi ; rares traces le 25 en matinée. Ellignies-Sainte-Anne (60 m) : enneigement commençant en milieu de matinée le 14, mince couverture complète à la mi-journée, fonte puis renouvellement l’après-midi ; mince couverture complète le 15 ; couverture presque complète le 16, renouvelée l’après-midi ; couverture incomplète le 17 ; traces le 18 ; traces le 24 en matinée. Mesure dans les environs : 1 cm à Chièvres le 15. En chiffres, cela nous fait : Nombre de jours avec, au moins à un moment du jour : - de la neige au sol - une couverture neigeuse complète (nombre entre parenthèses) Botrange : 31 (31) Sourbrodt : 31 (27) Beausaint : 22 (14) Cerfontaine : 11 (8) Braine-l’Alleud : 6 (3) Ellignies-Sainte-Anne : 6 (3) Remarque : les Hautes-Fagnes ont connu un mois de janvier entièrement enneigé, du 1 au 31. C’est remarquable même si ce n’est pas exceptionnel. On peut dire que cela arrive à peu près une fois sur dix ans. Sourbrodt, au niveau de la neige, peut être comparé à la station d’Elsenborn (altitude par ailleurs égale). Sourbrodt a tout juste réussi à atteindre 31 jours enneigés aussi (avec au moins des traces), tandis que 27 de ces jours ont connu un enneigement complet. C’est exceptionnel. Il faut en effet remonter à 1985 pour retrouver un mois de janvier entièrement enneigé à Elsenborn. Pour le nombre de jours avec enneigement complet, il s’agit d’une quatrième place partagée avec 2010 (série depuis 1985). Les 3 premières places sont occupées par les 3 grands hivers des années 80, en l’occurrence 1985 (30 jours), 1986 (28 jours) et 1987 (29 jours). Durant ces mois de janvier-là, peu de jours avec enneigement incomplet ont été observés. Dans les régions basses du pays, par contre, janvier 2021 a été plutôt pauvre en enneigement.
  11. cumulonimbus

    Décembre 2020

    TROISIÈME DÉCADE DE DÉCEMBRE 2020 21 décembre 2020 Les premiers vrais signes de basculement du flux se font voir. Une perturbation frontale à large secteur chaud s’apprête à aborder notre pays et est annonciateur d’un flux beaucoup plus zonal, très doux dans un premier temps. En surface, les vents basculeront à leur tour au sud-ouest dans la nuit du 21 au 22. Source : KNMI Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce retour au zonal donne à terme de meilleures chances de neige pour la Haute Belgique. Même si un grand hiver n’est pas attendu au cours des semaines à venir, la possibilité d’une (plus) grande décharge d’air polaire à l’arrière d’un front froid actif est désormais bien présente. Mais en attendant, on reste dans la douceur, une douceur qui tend même à s’accentuer. Le temps en ce 21 décembre est gris et devient généralement de plus en plus pluvieux, avec d’abord un altostratus accompagné d’une quantité variable de stratocumulus et parfois de fractus, puis une évolution vers un nimbostratus avec de nombreux fractus « de mauvais temps ». Les températures maximales atteignent très localement 13°C sur l’extrême ouest du pays, sinon atteignent 9 à 12°C en plaine et entre 5 et 6°C sur les hauteurs. En soirée et la nuit, la grande douceur de l’ouest s’étend aussi aux autres régions du pays. À minuit, pas mal de lieux connaissent des températures de 13 à 14°C (Sint-Katelijne-Waver : 13,9°C ; Uccle : 13,7°C ; Zaventem : 13,7°C ; Chièvres : 13,3°C). Le total des précipitations se situent souvent entre 5 et 10 mm, mais est largement supérieur au sud du pays (Buzenol : 18,5 mm). 22 décembre 2020 Le front froid, associé à la perturbation frontale, traverse le pays en deuxième partie de nuit. Une seconde perturbation plus au nord, achemine pendant quelques heures de l’air nettement plus froid vers le nord des Pays-Bas durant la nuit du 22 au 23, mais cet air ne nous atteindra pas. Chez nous, la douceur matinale est surprenante. Paradoxalement, la plus grande bouffée d’air doux se situe juste à l’arrière du front froid, dans une masse d’air qui vient de latitudes presqu’aussi basses, mais qui est plus purement maritime. Source : KNMI À 7 heures du matin, on relève 14,2°C à Sint-Katelijne-Waver; 14,0°C à Schaffen ; 13,7°C à Zaventem et à Melle ; 13,6°C à Coxyde et à Diepenbeek. Même le Plateau ardennais se situe à 10°C avec 10,0°C tout juste à Saint-Hubert. Il s’agit là quasiment des températures maximales, puisque celles-ci ne grapilleront plus que quelques dixièmes de degré par la suite, avec notamment un peu plus de 14°C sur toute la partie nord et nord-est du pays (le plus à Koersel avec 14,7°C). L’après-midi, il fait certes encore très doux pour la saison, mais avec souvent environ 1°C de moins que le matin. Le temps est d’abord pluvieux, puis de timides éclaircies se développent rapidement entre les fractus et les stratocumulus. Mais le ciel se referme par la suite, avec toujours des stratocumulus, ce qui fait que la majeure partie de la journée peut être considéré comme grise. Principalement dans la partie sud du pays, les nimbostratus persistent avec de la pluie tout au long de la journée. C’est au littoral que le temps est le meilleur, même si le ciel, en dehors des stratocumulus, y est fort voilé avec cirrostratus et altostratus. En soirée, le temps reste fort doux sur la Belgique, même si c’est un peu moins que la nuit précédente, mais de l’air nettement plus froid circule non loin de chez nous, au nord des Pays-Bas. Notamment sur les îles de Frise, les températures n’atteignent plus que 2°C vers minuit, pour descendre à 0°C – sous un vent tournant à l’est – quelques heures plus tard. Enfin quelques mots sur les précipitations, localement très abondantes. Sur 24 heures, on enregistre 32,9 mm à Bièvre ; 29,4 mm à Mont-Rigi ; 22,6 mm à Dourbes et 21,2 mm à Buzenol. Il s’agit de lieux où les précipitations sont tombées (presque) en continu, mais avec un maximum d’intensité en fin d’après-midi ou en soirée. La station privée d’Evrehailles (près de Dinant) enregistre 18,8 mm tombés en 2 heures (entre 16 et 18h) dont 5,8 mm en un quart-d’heure seulement, ce qui laisse soupçonner des cumulonimbus enclavés dans la masse de nimbostratus. Toutefois aucune activité orageuse n’est enregistrée. Il n’en est pas moins que cette station enregistre en tout 41,6 mm de précipitations ! 23 décembre 2020 La Belgique repasse rapidement du côté très doux, au sein du secteur chaud d’une nouvelle perturbation. En fait, l’air n’a jamais cessé d’être très doux car en surface, de part et d’autre du front, il n’y a pratiquement pas de différence. C’est une occlusion, située au nord du système frontal qui nous affecte, qui reprend le rôle de véritable front froid, avec un air à 4-6°C au nord et à 11-13°C au sud. Source : KNMI Cela reste encore vrai quand le front froid de la perturbation traverse notre pays en fin de journée : la température baisse à peine, mais on note par contre pas mal d’instabilité. Le temps, d’abord pluvieux avec nimbostratus (stratus et/ou stratocumulus dans les intervalles non pluvieux) devient instable à la tombée du jour (en après-midi déjà) avec un mix de stratocumulus et de nuages convectifs. Cette instabilité post-frontale n’atteint pas le sud-est du pays en journée. Les précipitations sont très abondantes sur le sud du pays et, dans une moindre mesure, sur l’est. Buzenol enregistre 44,3 mm ; Bièvre 24,8 mm et Mont-Rigi, encore 16,6 mm. À Buzenol, les précipitations sont continues et particulièrement intenses vers le milieu de la journée avec jusqu’à 8 mm par heure (entre 13 et 14h), et il repleut beaucoup en soirée (7 mm par heure entre 19 et 20h). Au nord-ouest de la Belgique, les précipitations sont plus modestes, mais l’instabilité est suffisante pour générer de l’orage. C’est le cas, en début de soirée, du côté de Knokke, au nord de Maldegem et du côté de Termonde. Les températures maximales : 12 à 13°C en plaine, 9 à 10°C sur les hauteurs. 24 décembre 2020 Il se forme, à l’ouest du système frontal qui nous intéressait la veille, une longue Back-Bent Occlusion qui reprend à son tour le rôle d’un véritable front froid. Car l’air au sud continue à être doux, l’air au nord est nettement plus frais. Source : KNMI La perturbation précitée traversera le pays en première moitié de journée et sera suivie d’une baisse conséquente des températures, ce qui marquera le début d’un nouvel épisode hivernal en Haute-Belgique. Notamment les Hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est connaîtront un Noël blanc ! À Mont-Rigi par exemple, la température passe de 3,1°C (12h) à 0,0°C (13h) et la pluie se transforme en neige, neige qui commence à accrocher au sol vers 12h30. À 14h, le sol est déjà entièrement recouvert de quelques 2 cm de neige, couche qui augmentera jusqu’à 6-7 cm en fin de journée. À Souerbrodt, on voit les premiers flocons peu avant 13 heures, avec un sol déjà quelque peu blanchi à 14 heures, avant l’apparition d’une véritable couche de neige. Wirtzfeld et Bullange seront « saupoudrés » tandis que Weisser Stein (frontière belgo-allemande) deviendra vraiment hivernal. Sur le Plateau ardennais, la neige est encore fondante à 14 heures à Saint-Hubert, mais elle commence à accrocher vers 14h30 et finira par former une mince couche. Une situation à peu près similaire est observée à Bastogne alors qu’à Wideûmont, la neige ne parvient pas à accrocher. Ailleurs dans le pays, c’est de la pluie. Le ciel est d’abord couvert de nimbostratus avec de la pluie plus ou moins continue, ensuite on passe à un temps instable, avec des éclaircies, des cumulus et des cumulonimbus donnant des averses. La convection est particulièrement bien développée sur le nord et le nord-ouest du pays, où éclatent quelques orages durant l’après-midi (du côté d’Eeklo et au nord du port d’Anvers). Au littoral, les nuages de la perturbation s’évacuent plus vite qu’ailleurs, avec un beau ciel de traîne presque tout au long de la journée. Sur les Hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est, le ciel est par contre couvert toute la journée, d’abord gris, puis blanchâtre des suites des chutes de neige. En Ardenne, hormis les plus hauts plateaux, nous avons un nimbostratus pluvieux qui persiste toute la journée. Les températures maximales : 7 à 8°C en plaine, autour de 4°C sur les hauteurs. Il convient de noter que ces maxima se produisent en général le matin ou en matinée. L’après-midi, les températures tournent autour de 0°C sur les hauteurs et ne dépassent plus 5 à 6°C, localement 7°C en plaine. Les vents, soufflant de sud-ouest au départ, tournent au nord-ouest voire au nord. Hautes-Fagnes – Crédit photo : Marianne Laurent 25 décembre 2020 La (très) Haute Belgique (550 mètres et plus) connaît un Noël blanc complet, tant lors de la veillée de Noël que pendant le jour de Noël. C’est le cas, notamment, à Mont-Rigi et Weisser Stein. À Sourbrodt, la neige fond un peu l’après-midi du 25, mais on peut quand même parler d’un Noël Blanc. Pour Wirtzfeld et Bullange, c’est parfois un peu limite, mais au moins, on y voit de la neige. Entre une dépression sur l’extrême ouest de la Russie et un anticylone au sud-ouest de l’Irlande, nous avons une circulation de nord (en surface, vents de nord-ouest), qui ne nous achemine cependant pas de l’air polaire direct. Cette circulation septentionale est littéralement coupée par une circulation zonale fort active autour du 60e parallèle, qui est commandée, elle, par un important système dépressionnaire au nord de l’Islande. Le froid est donc fort modeste, on est même proche des normales saisonnières, avec 6 à 7°C en plaine et 0 à 1°C sur les hauteurs. Le gel en journée se cantonne vraiment au Plateau des Hautes-Fagnes. Le temps est quelque peu instable, avec de belles éclaircies et des nuages convectifs, le tout accompagné de quelques stratocumulus et altocumulus. L’un ou l’autre cumulus se développe jusqu’au stade de cumulonimbus, avec petites averses et de rares flocons de neige qui s’égarent jusqu’au centre du pays. Très localement, on observe aussi des stratus matinaux, qui se dissipent assez vite. Au littoral, le temps est plus instable, avec là régulièrement des cumulonimbus avec averses. De l’autre côté du pays, au-dessus des Hauts Plateaux enneigés, les stratus tendent à persister. La Gaume quant à elle, à l’abri derrière le massif ardennais, connaît presque du beau temps, avec ciel serein puis quelques passages nuageux avec cumulus / stratocumulus. Le littoral et, de façon générale, l’ouest du pays reçoit quelques millimètres d’eau. Ailleurs les précipitations – si précipitations il y a – se comptent en dixièmes de millimètre. 26 décembre 2020 La circulation zonale regagne du terrain et redevient déterminante pour notre pays. Comme il s’agit bien d’une circulation d’ouest, et non de sud-ouest, l’air maritime est un peu moins doux. En plus, la perturbation frontale qui nous atteint est proche de l’occlusion au moment d’aborder notre pays, ce qui limite très fort l’apport en air doux du secteur chaud. Un noyau lié à la profonde dépression située au départ au nord de l’Islande se creuse plus à l’ouest, et continue à se creuser en journée tout en se mettant à se déplacer du nord-ouest vers le sud-est en passant au-dessus du sud de l’Islande. En raison de la présence de hautes pressions sur le sud de l’Europe, les isobares se resserrent de plus en plus. En soirée, les rafales de vent dépassent déjà régulièrement 70 km/h au port de Zeebruges. Le ciel est d’abord lumineux le matin, puis devient rapidement nuageux avec des stratocumulus d’abord discontinus (parfois aussi accompagnés d’altocumulus), puis couvrant tout le ciel. Ici et là, les éclaircies matinales sont remplacées par des stratus. En Ardenne, on observe des stratocumulus irréguliers dès le matin, qui se transforment partiellement en cumulus avant de redevenir des stratocumulus en se glissant en dessous d’autres stratocumulus, situés plus hauts. Au-dessus de la neige (fondante) des Hautes-Fagnes et des Cantons de l’Est, on observe pas mal de stratus (fractus). En soirée (et déjà l’après-midi au littoral), on observe des bruines et pluies. Les températures maximales restent de saison, avec 5 à 7°C en plaine et –1 à 1°C sur les hauteurs. 27 décembre 2020 La tempête « Bella » se propage sur le pays. Entre 8 et 9 heures du matin, on observe une rafale de 99 km/h à Dunkerque (FR), environ 1 heure plus tard, c’est au tour de Zeebruges d’avoir sa rafale maximale, avec 101 km/h. Entre 3 et 11 heures, les rafales dépassent régulièrement les 80 km/h à cette station. Comme ce vent souffle de sud, il se renforce encore au large, pour atteindre les 108 km/h à Euro Platform (rafales > 100 km/h entre 3 et 10 heures). Plus à l’ouest en France, on monte jusqu’à 143 km/h au Cap Gris-Nez. À l’intérieur des terres, le vent est plus irrégulier, mais des fortes rafales se font ressentir à plusieurs reprises même à Uccle, avec 94 km/h entre 4 et 5 heures et entre 9 et 10 heures. La dépression, la veille encore dans les environs de l’Islande, vient se poster au nord de l’Écosse en se creusant encore davantage, avec une pression inférieure à 955 hPa en son noyau. Source : KNMI En deuxième moitié de journée, la dépression se comble à nouveau doucement en descendant vers le sud au-dessus des Îles Britanniques, et le vent se calme progressivement chez nous. Le temps, quant à lui, est couvert et pluvieux avec nimbostratus sur tout le pays. Seul le littoral bénéficie d’une petite éclaircie post-frontale avant la tombée du soir. À partir de 300-400 mètres d’altitude sur le massif ardennais, et à partir de 400-500 mètres en Province de Liège, le nimbostratus devient blanchâtre : il neige. Du côté ardennais, une fine couche de neige au sol se forme déjà à Beausaint (376 m), tandis qu’une épaisse couche se forme du côté de Bastogne. Libramont se retrouve aussi sous un épais manteau neigeux. Libramont – Crédit photo : Jonas De Bodt En Province de Liège, la limite de l’enneigement se situe à peu près à la hauteur de Spa-Malchamp. Au-dessus, la neige est bien renouvelée aussi, comme par exemple à Sourbrodt, où la couche lacunaire se referme dès la fin de la matinée. Webcam MB – Sourbrodt – 27 décembre 2020 à 16h Les précipitations sont abondantes partout, qu’elles soient pluvieuses ou neigeuses. Notamment les régions proches de la frontière française, situées au sud et au sud-ouest du pays, ont enregistré de fortes précipitations, avec des valeurs parfois comprises entre 20 et 30 mm, voire plus. Quelques chiffres : 33,6 mm à Sivry-Rance ; 30,4 mm à Douzy (FR) ; 22,6 mm à Hestrud (FR) ; 19,4 mm à Dourbes ; 17,8 mm à Buzenol ; 17,3 mm à Humain. Les températures maximales, quant à elles, ont été douces sur l’extrême ouest du pays avec 8°C du côté de La Panne et Coxyde, sinon comprises entre 6 et 7°C en plaine et proches de 0°C sur les hauteurs. 28 décembre 2020 Les basses pressions continent à descendre vers le sud sur les Îles Britanniques et finissent par atteindre la France. Chez nous, il n’y a plus grand-chose qui bouge. Les régions enneigées le restent généralement (22 cm à Sibret, près de Bastogne) tandis que les autres régions connaissent un temps plutôt quelconque. Sibret – Crédit photo : Catharina De Vries Le ciel est légèrement voilé le matin avec cirrus, qui deviennent épais (spissatus) et évoluent ensuite en altostratus. Des stratocumulus se forment en dessous tandis que l’altostratus se dissipe à nouveau. Mais les stratocumulus sont épais, parfois mêlés de nuages convectifs, et génèrent quelques précipitations (pluie continue ou petites averses). Les éclaircies entre les interstices sont rares. Au littoral, les stratocumulus sont présents dès le matin alors qu’au-dessus des zones enneigées de l’est et du sud-est du pays, on note aussi des stratus (fractus). Les températures maximales, en légère baisse en plaine, se situent là entre 5 et 6°C, et entre 0 et 1°C sur les hauteurs. 29 décembre 2020 Les restants de la dépression qui a généré la tempête « Bella » passent par le sud puis l’est de notre pays avant de remonter le long de la frontière germano-néerlandaise et venir mourir sur le Danemark. Le temps, comme la veille, est assez quelconque sur nos régions. Le ciel est le plus souvent très nuageux à couvert avec des stratocumulus, parfois doublés de status, plus tard de cumulus, et les quelques éclaircies laissent entrevoir un ciel en partie voilé (cirrus + bancs d’altocumulus). Le matin, voire en matinée, on observe encore quelques précipitations. Sur les reliefs, le temps n’est pas très différent qu’ailleurs, sauf parfois au-dessus des plateaux enneigés où les stratus sont plus coriaces et ne se déchirent que temporairement en stratus fractus. Sur ces dernières régions, des températures maximales à peine supérieures à 0°C permettent le maintien du manteau neigeux. Ailleurs, et notamment en plaine, les maxima tournent autour de 4 ou 5°C. 30 décembre 2020 La neige, à présent, atteint un petit 10 cm à Mont-Rigi et, une fois n’est pas coutume, le Plateau ardennais est plus enneigé que le Plateau fagnard avec une quinzaine de centimètres à Wideûmont. Ici et là, des couches de plus de 20 cm nous sont signalées du côté de Libramont et de Saint-Hubert, ainsi qu’aux environs de la Baraque Fraiture. De façon générale, de la neige est présente au sol à partir de 450 mètres d’altitude environ au sud des reliefs tandis qu’au nord des reliefs, il faut parfois monter au-dessus de 500 mètres. De telles différences peuvent apparaître en raison d’un meilleur ou moins bon refroidissement par détente adiabatique lorsque l’air, en buttant contre les reliefs, est forcé de s’élever. Une situation dépressionnaire quelque peu imprécise domine la météo de nos régions, on pourrait presque parler d’un marais barométrique à nuance dépressionnaire. Une perturbation un peu plus organisée passe au sud de nos régions. Le ciel est généralement très nuageux avec des stratocumulus, parfois doublés de fractus, voire des cumulus. Quelques déchirures dans la nappe nuageuse donnent de timides éclaircies, laissant entrevoir des cirrus. Ici et là, les nuages convectifs enclavés dans les stratocumulus sont suffisants pour générer de petites averses. Notamment au littoral, les nuages convectifs sont plus développés et, en contrepartie, les éclaircies sont plus développées aussi. Au-dessus des régions enneigées de Haute Belgique, les stratus sont à nouveau très persistants en bien des endroits, avec l’ambiance grise-blanche typique des jours de neige. Les températures restent de saison, avec des maxima de 6 à 7°C au littoral, 5 à 6°C en plaine et autour de 0°C sur les hauteurs. 31 décembre 2020 La perturbation au sud de nos régions nous vaut de bonnes précipitations, parfois supérieures à 5 mm. À Zaventem par exemple, les précipitations (pluie et bruine) sont régulières jusqu’à 9 heures du matin, avec 7 mm tombés pendant la nuit. Plus à l’est, à Bierset, les précipitations tombent presque toute la journée, le plus souvent sous forme de pluie, mais de la neige se mêle à cette pluie en milieu de journée, avec 1,1°C seulement à 12h. En soirée, des flocons réapparaissent, mais en l’absence de gel, la neige n’accroche pas au sol. Il en va tout autrement en Haute Belgique et, localement, même dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. Cerfontaine (233 m) se réveille sous une fine couche de neige, qui fondra l’après-midi. Il en est de même à Dourbes, située à la même altitude. Là, il neige parfois à gros flocons en matinée, mais avec des températures légèrement positives, il ne fait tout juste pas assez froid pour produire des accumulations de neige. Webcam IRM – Dourbes – 31 décembre 2020 à 10h35 À partir de 400 mètres d’altitude, le paysage devient tout blanc et le reste. Et encore plus haut, la neige s’ajoute à celle déjà présente. À Mont-Rigi, la couche atteint 20 cm. À Wideûmont, la snowcam laisse deviner une hauteur proche de 26 cm ! Ci-dessous, une photo qui illustre à merveille la neige qui tient sur les hauteurs, mais pas dans le fond des vallées. Stoumont – Credit photo: David Defourny Le ciel est gris, avec surtout sur le centre des stratus et des stratocumulus et quelques éclaircies, parfois, dans les interstices. À l’est et au sud, il s’agit de nimbostratus avec précipitations. Là où il pleut, les nimbostratus sont gris avec fractus visibles ; là où il neige, les nimbostratus sont blanchâtres et uniformes. Au littoral, le temps est fort différent avec de belles éclaircies en matinée, puis des nuages d’instabilité (cumulus, cumulonimbus) accompagnés d’averses. Quelques régions à la limite des influences connaissent presque du beau temps, comme par exemple l’ouest du Hainaut, qui partage avec la région côtière de belles éclaircies, mais où la convection, l’après-midi, ne dépasse pas le stade de cumulus. Les températures maximales : 4 à 6°C sur l’ouest des plaines, 3 à 4°C sur l’est des plaines et autour de 0°C sur les hauteurs. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ceci a été mon dernier bulletin quotidien. Ce qui ne m’empêchera pas de rester très présent sur le site de MétéoBelgique. À l’avenir, je m’occuperai principalement d’événements climatologiques exceptionnels, particuliers ou inattendus. Il pourra s’agir d’événements anciens ou moins anciens, ainsi que d’événements actuels dès que la météo sort des normes. Je vous souhaite à tous une excellente année 2021. Webcam MB – Sourbrodt – 1 janvier 2021 à 14h30
  12. cumulonimbus

    Décembre 2020

    DEUXIÈME DÉCADE DE DÉCEMBRE 2020 11 décembre 2020 Plusieurs perturbations, sous forme d’occlusion, marquent la transition entre d’une part un air humide, mais semi-continentalisé et d’autre par un air maritime tout aussi humide, mais plus doux. Temps : couvert et pluvieux avec altostratus épais, parfois mêlé d’altocumulus. Quelques stratocumulus aussi, mais peu de fractus, sauf sur l’Ardenne et la Gaume. Dans cette dernière région mais aussi au-dessus des zones encore enneigées de Haute Belgique, l’altostratus est parfois entièrement doublé de stratus (stratus nebulosus). Les températures maximales se radoucissent sur l’ouest avec 7 à 8°C, mais restent un peu plus fraîches sur le centre et l’est avec 4 à 6°C. Sur les hauteurs, on observe 0 à 2°C. Ces températures à nouveau plus élevées rendent la couche neigeuse de Haute Belgique plus vulnérable. À Mont-Rigi et Weisser Stein, la neige tient encore mais diminue quelque peu, tandis qu’à Sourbrodt, elle fond en grande partie l’après-midi, et disparaît complètement à Wirtzfeld. Les précipitations sont de quelques millimètres sur tout le pays, avec des valeurs jusqu’à 9,9 mm à Buzenol et 7,9 mm à Mont-Rigi. Ci-dessous, stratus de dégel au-dessus de la neige fondante à Sourbrodt, en début d’après-midi. 12 décembre 2020 Un thalweg lié à une dépression au sud de l’Islande forme un petit noyau secondaire sur les Pays-Bas. Nous sommes à présent bien sous influence océanique, mais l’air semi-continental n’est pas encore très loin de chez nous. L’air très stable est responsable d’une large bande de stratus qui persiste toute la journée, avec forte brume le matin et brouillard dès 200-300 mètres d’altitude. À l’ouest et à l’est de cette bande de stratus, les nuages de la perturbation deviennent visibles avec altostratus, stratocumulus et fractus. La Gaume, pourtant bien en-dehors de la zone de stratus précitée, connaît un épais brouillard en matinée, mais qui finit par se dissiper avec, là aussi, les nuages de la perturbation qui deviennent visibles. La Belgique est à présent entièrement dans l’air doux, avec des maxima autour de 9°C en plaine et autour de 6°C sur les hauteurs Mais de l’air relativement frais persiste sur une partie des Pays-Bas,. Les dernières traces de neige disparaissent l’après-midi sur les plus hauts plateaux. Les précipitations sont à nouveau de l’ordre de quelques millimètres sur tout le pays, avec plus de 10 mm sur les Hautes-Fagnes (10,5 mm à Mont-Rigi). Les régions touchées par le brouillard / stratus connaissent de la bruine, à laquelle s’ajoute parfois brusquement une pluie modérée tombant des nuages au-dessus. Webcam MB – Cerfontaine – 12 décembre 2020 à 10h Stratus bas, brouillard dès 200-250 mètres d’altitude environ surs cette région. 13 décembre 2020 Le zonal gagne du terrain, même si, sous l’influence d’une crête anticyclonique, la vraie dynamique des courants océaniques peine encore à s’imposer. Cette dynamique un peu meilleure permet la dissipation des brumes et stratus et, en attendant les perturbations qui tardent à venir, le temps est même relativement beau, par endroit tout au moins. Le ciel est légèrement voilé de cirrus et cirrostratus, voile s’épaississant plus tard avec altostratus. À cela s’ajoute l’un ou l’autre banc d’altocumulus. Ici et là, quelques cumulus parviennent à se former aussi. Plus vers l’est, ce voile est peu présent voire même absent. Toutefois, d’importants bancs de stratocumulus, irrégulièrement répartis sur le pays, confèrent au ciel de certaines régions un caractère très gris. Les températures maximales rebaissent légèrement, avec 7 à 9°C en plaine et 3 à 4°C sur les hauteurs. 14 décembre 2020 La pénétration de l’air maritime se fait de mieux en mieux, sur une partie du continent tout au moins. Car le vrai zonal ne réussit pas. Nous restons dans une situation de semi-blocage, avec une crête en altitude qui commence à se développer vers l’Europe centrale tandis qu’une dépression au-dessus de l’Océan, un peu basse en latitude, tend à former un creux. En surface, l’énorme anticyclone sur la Russie change peu de place. Il en résulte en surface une circulation de sud sur nos régions, et de sud-ouest en altitude. La ligne frontale qui affecte notre pays est ralentie et finit par s’immobiliser sur le massif ardennais avant de reculer sous l’effet d’une ondulation. Le temps : couvert et pluvieux le matin, puis nuageux à très nuageux avec des stratocumulus souvent en rouleaux. Dans les éclaircies de la mi-journée, les stratocumulus tendent très temporairement à évoluer en cumulus. Webcam MB – Schaerbeek – 14 décembre 2020 à 10h Au littoral (plus à l’arrière du front), le temps est beau, avec de larges éclaircies et des stratocumulus plus isolés. En fin de journée, on y observe pas mal de cirrus. Au sud du pays, les stratocumulus se dispersent aussi (au moins partiellement) l’après-midi, mais laissent apparaître, là, un voile nuageux de cirrus et cirrostratus, accompagnés de bancs d’altocumulus. L’air très méridional (des deux côtés du front) permet aux températures maximales d’atteindre des valeurs élevées pour la saison, avec 11 à 12°C en plaine et 6 à 7°C sur les hauteurs. Le soir et la nuit, il pleut et ces précipitations, ajoutées à celles du matin, donnent parfois de bons totaux : 14,5 mm à Koersel ; 13,0 mm à Bièvre ; 11,0 mm à Gosselies ; 10,9 mm à Genk ; 10,6 mm à Gembloux ; 10,5 mm à Mont-Rigi. 15 décembre 2020 Le semi-blocage se consolide, avec des hautes pressions qui se forment, aussi en surface, sur l’Europe centrale et qui prolongent ainsi l’anticyclone russe. Les basses pressions océaniques se sont scindées en deux dépressions distinctes, dont l’une descend fort bas en latitude pour se retrouver à 45° environ, soit exactement à l’ouest de Bordeaux et au nord-ouest de la Galice (Espagne). Comme nous le verrons également plus loin, nous connaissons et connaîtront, en surface, des vents qui soufflent de sud presque constamment entre le 13 et le 21 décembre ! Le temps : gris avec, sous un altostratus, des stratocumulus et des stratus fractus, parfois nebulosus, avec temps temporairement quelque peu pluvieux. En après-midi, de très belles éclaircies se développent avec quelques cumulus fractus. Ces éclaircies arrivent plus tôt sur l’ouest, plus tard (voire presque pas) sur l’est. La persistance des courants méridionaux entraîne la persistance du temps doux, avec des maxima de 10 à 12°C en plaine et de 6 à 7°C sur les hauteurs. Les précipitations : faibles ou nulles sur l’ouest, autour de 2 mm au centre, 5 à 7 mm sur les pourtours est et sud du pays. 16 décembre 2020 L’anticyclone russe recule à présent, mais les hautes pressions du sud et sud-est de l’Europe se développent de telle façon que la circulation océanique a de plus en plus de mal à atteindre nos régions, toujours soumises à un flux de sud. Le résultat : un temps presque beau avec un ciel bleu (quelques nuages résiduels) puis légèrement voilé avec arrivée progressive de cirrus. Quelques cumulus (fractus) se développent en dessous. En cours d’après-midi, nettement plus nuageux avec stratocumulus. Par endroit, du brouillard et des stratus (autre signe anticyclonique) jouent aux troubles-fête avec une ambiance grise, et restant grise par la suite en raison de l’arrivée des stratocumulus. Les températures, toujours très douces, se situent entre 9 et 11°C en plaine et entre 6 et 8°C sur les hauteurs. Des précipitations nous atteignent en fin de soirée ou la nuit, avec souvent entre 2 et 4 mm, généralement moins sur l’est et le nord-est. 17 décembre 2020 Les courants perturbés atlantiques arrivent à nouveau mieux vers le continent, mais la nuance anticyclonique demeure. Il s’agit-là d’une situation parfaitement anti-hivernale, plus anti-hivernale encore qu’une circulation zonale bien développée. Car si en moyenne, l’hiver est très doux sous une forte circulation d’ouest, les fortes descentes d’air polaire à l’arrière des fronts froids peuvent nous réserver – en Haute Belgique surtout – de bonnes surprises hivernales, ne fussent que temporaires. Une circulation atlantique « molle », par contre, ne peut nous amener aucun froid, sauf peut-être sous une inversion thermique si un anticyclone prend nettement le dessus. Bien sûr, cela ne présage rien de précis sur l’ensemble de l’hiver, mais pour un bon paquet de jours encore, l’hiver restera loin de chez nous. Avec la circulation de sud, en dépit de quelques pluies, le temps ne devient pas vraiment mauvais. Le matin, nous avons des fractus résiduels liés aux précipitations de la nuit, puis le beau temps revient, avec graduelle transformation des fractus en cumulus. L’après-midi devient plus nuageux par endroit, avec alors un mix de cumulus et stratocumulus, ces derniers prenant (pouvant prendre) le dessus. Sur le sud du pays, les nuages de la perturbation (principalement stratocumulus) restent traîner plus longtemps. Au littoral, l’instabilité est un peu plus présente, avec certains cumulus qui se développent jusqu’à la petite averse. La douceur continue, avec 10 à 11°C en plaine et 6 à 7°C sur les hauteurs. 18 décembre 2020 Des perturbations se trouvent à l’ouest de nos régions, mais remontent vers le nord et ne nous atteignent pas. On bénéficie donc d’un temps qui reste (presque) beau, avec encore quelques fractus le matin, puis un ciel bleu garni de quelques cirrus, cirrus qui deviennent graduellement plus nombreux l’après-midi. Au littoral, le ciel est parfois plus nuageux avec des bancs d’altocumulus floccus et de stratocumulus. Au sud du pays, on observe également des stratocumulus, mais de façon sporadique. Le temps est beau, là aussi, d’autant plus que les cirrus sont moins nombreux. L’extrême-sud connaît une brume sèche, très anticyclonique. Les températures maximales, toujours fort élevées pour la saison, gagnent même parfois un petit degré, avec 10 à 12°C en plaine et 7 à 8°C sur les hauteurs. Ci-dessous : temps anti-hivernal à Beausaint, avec quelques tout petits fractus à l’horizon et un thermomètre qui affiche 9°C l’après-midi (à 376 mètres d’altitude). 19 décembre 2020 Cette fois-ci, un front froid réussit à traverser le pays, aussitôt suivi d’une perturbation post-frontale. Mais l’air situé à l’arrière est à peine moins méridional que celui situé à l’avant. Les températures ne baissent donc pas. Au contraire, elles tendent même à encore monter un peu, avec une bouffée d’air chaud juste à l’avant du front. Les valeurs maximales : 11 à 13°C en plaine, 8 à 9°C sur les hauteurs. À l’arrière du front, les températures baissent un peu, mais pas beaucoup. Temps : ciel d’abord légèrement voilé de cirrus et cirrostratus, devenant rapidement blanchâtre puis gris avec cirrostratus, altostratus (+ bancs d’altocumulus) puis couvert avec nimbostratus (faiblement) pluvieux. Ensuite stratocumulus et éclaircies à l’horizon en fin de journée. Au littoral, les éclaircies apparaissent nettement plus tôt, avec nuages convectifs l’après-midi. Au-dessus de l’Ardenne, on observe d’abord des « rues » de cumulus / stratocumulus, qui évoluent par la suite en simples stratocumulus. En Gaume, le temps est d’abord beau avec cumulus en matinée, puis le ciel se voile de cirrostratus / altostratus / altocumulus, parfois doublés de stratocumulus. Webcam MB – Beausaint – 19 décembre 2020 à 12h Les précipitations liées au passage du front sont généralement faibles, souvent inférieures à 1 mm. 20 décembre 2020 De nouvelles constructions anticycloniques influencent le temps sur nos régions. Cela réduit fortement l’instabilité post-frontale, n’induit que temporairement un basculement des vents vers le sud-ouest et limite la baisse des températures à 1 ou 2°C par rapport à la veille. Le temps est nuageux à beau, d’abord souvent voilé en matinée, puis alternance d’éclaircies et de cumulus / stratocumulus. Ici et là, une convection un peu plus forte parvient encore à générer une petite averse. Au littoral, on observe même de très larges éclaircies, mais là aussi, le temps est ponctuellement instable, avec parfois un « bon » cumulonimbus (4 mm à Middelkerke vers 18h). Les températures maximales se situent le plus souvent entre 10 et 11°C en plaine et autour de 7°C sur les hauteurs. Les précipitations, en dehors des 4 mm de Middelkerke, sont généralement faibles (très petites averses) ou absentes. Il convient de noter que, même si ne peut pas parler de grand beau temps, la période qui vient de s’écouler peut être considérée comme très « clémente », avec des températures très douces et souvent de belles périodes ensoleillées. Ce n’est pas gagné d’avance, en hiver, d’avoir à la fois du soleil et de la douceur. Mais au cours des dernières décennies, ce phénomène devient de plus en plus fréquent.
  13. cumulonimbus

    Décembre 2020

    PREMIÈRE DÉCADE DE DÉCEMBRE 2020 1er décembre 2020 À l’arrière d’une occlusion, le temps reste encore longtemps perturbé, à l’exception du littoral qui se retrouve rapidement dans l’air post-frontal, avec des pressions qui augmentent quelque peu sur les Îles Britanniques. Temps : en matinée, couvert avec nimbostratus, accompagnés de pluie et de bruine d’intensité irrégulière (très abondantes sur l’est et le sud-est), puis se déchirant l’après-midi avec stratocumulus discontinus et quelques éclaircies. Parfois, quelques cumulus (fractus) isolés parviennent à se former aussi. Plus on va vers l’est, plus les éclaircies apparaissent tardivement, voire pas du tout. Au littoral en contrepartie, le temps est presque beau, avec les nuages frontaux s’évacuant dès le début de la matinée, suivi d’un mix de cumulus et de stratocumulus au sein de larges éclaircies. Sur les Hautes-Fagnes et les régions voisines, l’air polaire post-frontal est juste assez froid pour produire des chutes de neige aux petites heures du matin. Le seul relevé d’enneigement officiel fait état d’une couche de 2 cm le matin à Mont-Rigi. Mais localement, les couches sont plus épaisses : on parle même de 5 à 8 cm par endroit. Entre autres Sourbrodt, Wirtzfeld et Bullange ont été bien blanchis. Malheureusement, cette neige ne tiendra pas longtemps. À Wirtzfeld, elle fond en grande partie l’après-midi ; à Sourbrodt et Bullange, la neige est encore là en fin de journée, mais en fort mauvais état. Pluie sur la neige à Sourbrodt à 16h Les températures maximales : 9 à 10°C en plaine, 4 à 5°C sur les hauteurs. Les précipitations sont surtout importantes à Mont-Rigi, avec un total de 33,8 mm (environ 2 à 3 mm par heure en journée). À Bierset, on observe encore 11 mm, et des quantités à peu près similaires à Gouvy (11,7 mm) et à Bièvre (12,9 mm). 2 décembre 2020 Un vieux front occlus traîne sur notre pays tandis qu’une perturbation frontale aborde nos régions depuis l’ouest. Le secteur chaud s’occlura cependant avant de nous atteindre. Tout cela se traduit principalement par des nuages, avec peu ou pas de précipitations. Le ciel est occupé par des stratocumulus, souvent doublés de stratus (fractus) en matinée, parfois de cumulus (fractus) l’après-midi. Les éclaircies à travers quelques interstices entre les stratocumulus sont très maigres. La Haute Belgique se trouve parfois au-dessus des stratus, avec alors des stratocumulus aux formes mieux dessinées dans le ciel. Les températures maximales : 8 à 9°C au littoral, 6 à 7°C en plaine et 2 à 3°C sur les hauteurs. Des restes de neige sont encore présents, en matinée, entre autres à Mont-Rigi, Wirtzfeld, Bullange et Sourbrodt. À Weisser Stein, à la frontière belgo-allemande, le paysage reste plus longtemps (quelque peu) hivernal. Weisser Stein à la mi-journée 3 décembre 2020 Notre pays est affecté par diverses perturbations commandées par une dépression à deux noyaux qui s’est rapidement creusée sur les Îles Britaniques avec un noyau se déplaçant de l’Écosse vers l’Angleterre et l’autre, du Pays de Galles vers la Bretagne. Localement, on relève de fortes précipitations. Le temps : couvert avec principalement des stratocumulus, parfois à tendance nimbostratus et accompagnés de précipitations. En Haute Belgique, on peut véritablement parler de nimbostratus et, à l’ouest du massif ardennais, les pluies deviennent graduellement de plus en plus fortes avec un maximum d’intensité en soirée. Les quantités de précipitations sont très importantes du côté de bouillon (quelques relevés privés, ramenés à la période normale d’observation 8h -> 8h : 33,3 mm à Vresse-sur-Semois ; 31,1 mm à Bertrix et 29,8 mm à la station française de Charleville-Mézières Mohon). 4 décembre 2020 Le noyau français s’est comblé tandis que l’autre noyau se trouve désormais sur l’est de l’Angleterre où il fait presque du surplace. Les précipitations cessent quasiment sur la Belgique, avec ici et là encore quelques petites quantités (Passendaele : 1,2 mm ; Middelkerke : 1,0 mm ; Bièvre : 0,8 mm). Le temps : stratocumulus épais, mais souvent discontinus en matinée avec quelques éclaircies, beau l’après-midi avec cumulus / stratocumulus isolés et parfois quelques cirrus. Au littoral, le temps demeure plus gris et, en Ardenne et en Gaume, on note un voile au-dessus des cumulus / stratocumulus, des altostratus translucidus d’abord, des cirrostratus ensuite. Webcam MB – Beausaint – 4 décembre 2020 à 14h Les températures maximales : 6 à 8°C en plaine, 2 à 3°C sur les hauteurs. 5 décembre 2020 La dépression tourne en rond non loin de nos contrées. La nuit elle se trouvait sur le Pays de Galles, en journée sur La Manche et le soir sur la Bretagne (même parcours que la dépression précédente, mais en plus lent). En même temps, un autre noyau dépressionnaire, originaire du nord de l’Allemagne, est remonté sur la Mer du Nord en se creusant légèrement. Pour nous, il n’y a que peu de précipitations, mais pas mal de nuages. Les températures maximales : 5 à 7°C en plaine, autour de 2°C sur les hauteurs. Le ciel : nuageux à très nuageux avec des stratocumulus, dont les interstices permettent quelques éclaircies. Tant à l’ouest qu’à l’est de la bande nuageuse, les éclaircies sont plus larges, avec un relatif beau temps au littoral l’après-midi, et un temps qu’on pourrait qualifier de nuageux à beau sur l’est du pays. 6 décembre 2020 Un aplanissement des centres d’action nous met dans une sorte de marais barométrique à tendance dépressionnaire. Pendant ce temps, un très puissant anticyclone, présent depuis un bon bout temps sur la Russie, commence à étendre son influence vers l’Europe centrale, avec une perturbation sur l’Allemagne qui commence à se mouvoir à reculons. Une autre perturbation, située sur la France, s’enlise dans le marais barométrique. Notre pays, situé entre les deux systèmes, en hérite des voiles nuageux. Source : KNMI Temps : couvert une bonne partie de la journée avec altostratus, mammatus le matin, tendance translucidus en journée. En milieu d’après-midi, l’altostratus s’effiloche avec éclaircies accompagnées d’altocumulus et de stratocumulus isolés. Plus vers le sud, le voile est plus mince (cirrostratus), voire partiellement absent. L’extrême sud du pays connaît des brumes et stratus persistants. Enfin, le littoral est en grande partie hors d’influence du voile nuageux, avec du beau temps accompagné de cirrus et de quelques bancs d’altocumulus. Ci-dessous : altostratus mammatus dans le ciel de Braine-l’Alleud, type de nuage qui n’est pas fréquent dans notre ciel. Les températures maximales : de 6 à 7°C au littoral et sur l’ouest ainsi que l’extrême sud-ouest des plaines, sinon le plus souvent 1 à 3°C tant sur le restant des plaines que sur les hauteurs. L’est et le nord-est de la Belgique sont à la lisière d’une zone de précipitations présente sur les Pays-Bas et l’Allemagne. Chez nous, il ne s’agit généralement que de quelques dixièmes de millimètres, très localement un peu plus. 7 décembre 2020 À nouveau, deux (légers) centres d’actions sont présents sur les cartes météorologiques, une dépression se déplaçant du sud-ouest de l’Irlande vers le Golfe de Gascogne et une autre remontant sur la Mer du Nord, du sud-est vers le nord-ouest. Mais chez nous, il n’y a pas grand-chose qui bouge. Sur l’ouest et le centre du pays, mais aussi sur l’extrême sud : brume ou brouillard, évoluant en stratus et ne présentant que peu de déchirures (éclaircies) l’après-midi. Ailleurs (est du pays et massif ardennais), le temps est nuageux à très nuageux avec altostratus, altocumulus et stratocumulus avec éclaircies l’après-midi et, parfois, formation de cumulus, tendant à leur tour à évoluer en stratocumulus. Sur l’extrême ouest (littoral), le brouillard / stratus apparaît de façon irrégulière, laissant entrevoir les mêmes nuages que dans les zones qui en sont épargnées. Les températures maximales sont très variables d’un endroit à l’autre. Au littoral, le thermomètre affiche temporairement 8 à 9°C sur l’ouest de la côte belge, mais ne dépasse pas 4 à 5°C à l’est. À l’intérieur des terres, on retrouve une zone assez froide sur le centre-ouest du pays (zone la plus affectée par les brouillards et nuages bas) avec 1 à 2°C, et relativement plus douce sur le nord-est et l’est des plaines ainsi que des plateaux centraux avec jusqu’à 5°C. Sur les hauteurs, les maxima se situent entre 0 et 2°C avec 0,0°C tout juste à Mont-Rigi. De la neige est présente au sol, généralement en petite quantité, à quelques endroits de Haute Belgique comme Mont-Rigi, Sourbrodt, Bullange et Wirtzfeld (traces). Sur les Hautes-Fagnes, cette neige parvient à plus ou moins tenir jusqu’à la fin de la journée. Baraque Michel – crédit photo : Laurent Némégaire 8 décembre 2020 La première dépression citée la veille traverse la France en se déplaçant du Golfe de Gascogne vers la Méditerranée tandis que la seconde est arrivée sur l’Écosse. Mais chez nous, il n'y a toujours rien qui change fondamentalement. La perturbation, toujours bloquée dans sa progression par le puissant anticyclone russe, reste à l’est par rapport à nos contrées, mais donne quelques précipitations sur les Hautes-Fagnes, les Cantons de l’Est, l’Ardenne et la Gaume. Temps : ciel voilé de cirrus et cirrostratus, avec quelques altocumulus. Après-midi : formation de quelques cumulus sous le voile, évoluant rapidement en stratocumulus. Par endroit, on note aussi de très belles éclaircies avec un dégagement complet du ciel l’après-midi. Plus on va vers l’est, plus le voile devient dense et persistant, avec même ciel couvert et brumeux, accompagnés de précipitations, sur les bordures est et sud du pays. À Elsenborn par exemple, il s’agit de pluie mêlée de neige qui commence à tomber à partir de midi. Dès 20 heures, ces précipitations se transforment entièrement en neige. À Beausaint, on observe quelques flocons aussi. À Luxembourg, la neige et la pluie tombent tout au long de la journée. Les températures maximales : 4 à 6°C en plaine, localement 7°C du côté de Gand, autour de 0°C sur les hauteurs. Mont-Rigi et Saint-Hubert enregistrent un jour d’hiver avec respectivement –0,1 et –0,2°C. Un enneigement partiel reste présent à Mont-Rigi, et des traces à Weisser Stein. En soirée, de nombreuses régions de Haute Belgique se mettent à blanchir. Sourbrodt le 8 décembre au soir – crédit photo : Hélène Voss 9 décembre 2020 Un quasi-marais barométrique concerne à nouveau nos régions, avec graduellement une nuance un peu plus anticyclonique. Temps : stratus persistant toute la journée, avec parfois l’esquisse d’une éclaircie, parfois aussi une transformation partielle en stratocumulus. Localement, notamment du côté de Liège, les stratus sont absents une grande partie de la journée et on note de très belles éclaircies. L’après-midi, on y voit cependant de plus en plus de stratus fractus. De belles déchirures dans les brumes et stratus sont également observées dans les Hautes-Fagnes, avec de magnifiques paysages enneigés. Près du Signal de Botrange le 9 décembre – crédit photo : Alexis Papapanayotou La couche de neige, en effet, est apparue ou s’est renouvelée la nuit en bien des endroits de Haute Belgique. C’est le cas, notamment, à Mont-Rigi, Xhoffraix, Sourbrodt, Wirtzfeld, Bullange et Weisser Stein. Un peu de neige s’est également accrochée au sol de Bastogne et de Saint-Hubert, et quelques traces à Wideûmont. Grâce au froid qui règne sur les hauteurs, cette neige tient en journée. Les températures maximales du jour : 4 à 5°C au littoral, 3 à 4°C en plaine et –1 à –2°C sur les Hauts Plateaux. 10 décembre 2020 Le très puissant anticyclone, qui stagne déjà depuis fort longtemps sur la Russie, finit même par étendre une petite influence jusqu’à nos régions, à défaut d’autres centres d’action dans nos parages. Cela se remarque notamment aux vents, qui prennent clairement une direction sud-est. Mais la forme et la position de l’anticyclone font en sorte que le grand froid ne nous atteigne pas, pas plus qu’il n’atteint nos pays voisins. Par ailleurs, une bonne activité dépressionnaire se remet en place sur l’Océan et nous concernera ultérieurement. Temps : rapidement couvert avec altostratus. En début d’après-midi, l’altostratus s’effiloche en cirrus et des éclaircies apparaissent, avec quelques altocumulus. Au littoral, on observe aussi des stratocumulus, qui se déchirent l’après-midi pour faire place à des éclaircies. En Ardenne et en Gaume, les stratocumulus sont également présents, et persistent là toute la journée. Sur les Hautes-Fagnes, il fait gris aussi, mais il s’agit plutôt de stratus. Les températures maximales : le plus souvent 5 à 6°C mais localement 2°C seulement en Campine. Sur les hauteurs, les gelées permanentes se poursuivent avec –1 à –2°C. Les endroits concernés par la neige de la veille restent bien blancs en ce 10 décembre. Hautes-Fagnes le 10 décembre – crédit photo : Brigitte Vromant
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