Aller au contenu
Les Forums de MeteoBelgique

cumulonimbus

Assistants
  • Compteur de contenus

    1.958
  • Inscription

  • Dernière visite

Réputation sur la communauté

0 Neutral

1 abonné

À propos de cumulonimbus

  • Rang
    Blizzard
  • Date de naissance 21/12/1960

Contact Methods

  • Website URL
    http://
  • ICQ
    0

Profile Information

  • Location
    Forest (Bruxelles)
  • Interests
    - Météorologie/climatologie<br>- Littérature<br>- Dessin/peinture<br>- Psychologie/pédagogie

Visiteurs récents du profil

7.684 visualisations du profil
  1. BRUSQUE MONTÉE DE LA TEMPÉRATURE EN PLEINE NUIT Dans la nuit du 18 au 19 juin 2022, la station de Membach, située non loin d’Eupen, a connu une brusque montée de la température en pleine nuit. En effet, la température y est passée de 18,3°C à 1 heure du matin à 27,5°C à 2 heures du matin. Ensuite, la température s’est maintenue à un haut niveau (> 25°C) jusqu’à 4h30 environ avant de revenir, en peu de temps, à 18°C puis même à 15°C. Source : Belgische Meteo Club Belge Un tel phénomène rappelle immanquablement les fameuses « heat bursts ». C’est quoi, une « heat burst » ? Au départ, ce n’est autre chose qu’une rafale descendante. Les heat bursts se produisent dans les cumulonimbus à base élevée, aussi nommés altocumulonimbus (altocumulus castellanus qui s’est développé en cumulonimbus), lorsque l’averse doit traverser une couche d’air sec située plus bas et que les précipitations s’évaporent (virga). Au départ, il s’agit donc d’air froid entraîné vers le bas par l’averse, devenant plus froid que l’air environnant, ce qui accélère encore sa chute. Seulement, une fois l’averse évaporée, l’air dans sa chute passe de l’adiabatique humide à l’adiabatique sèche et se réchauffe de 1°C par 100 mètres. De ce fait, l’air finit par devenir plus chaud que l’air environnant mais, par inertie, continue sa chute un certain temps encore et atteint parfois le sol. Dans ce cas, classiquement, l’air est de 7 à 8°C plus chaud que l’air environnant mais peut, dans les cas extrêmes, être plus de 10°C plus chaud. La heat burst, en touchant le sol, se comporte comme n’importe quelle rafale descendante, avec de l’air qui s’étale dans tous les sens et un vent qui augmente. Sauf que, contrairement à la rafale descendante, nous n’avons pas un air frais et humide, mais un air chaud et sec. Les heat bursts sont plutôt rares en Europe, mais plus fréquentes dans d’autres parties du monde, comme par exemple dans les plaines centrales des États-Unis. Dans les pays désertiques, des heat bursts « brûlantes » sont possibles lorsque des restants de zone orageuse arrivent jusque là. Toutefois il faut se méfier de certains témoignages, qui semblent être exagérés. Près de nos régions, la heat burst la plus remarquable a été celle de Troyes, avec une température qui était passée de 24 à 33°C au beau milieu de la nuit du 15 au 16 juillet 2015, avant de retomber presque aussi vite. Analysons à présent ce qui s’est passé à Membach (Baelen), non loin d’Eupen, en cette nuit du 18 au 19 juin 2022. La nuit en question fait suite à une journée particulièrement chaude, avec des températures souvent comprises entre 32 et 35°C en plaine et entre 29 et 31°C sur les hauteurs. Dans certaines vallées (dont celle de Membach), les 35°C ont également été atteints. Le temps a été ensoleillé mais sous un ciel quelque peu délavé, lié d’une part à de minces cirrus, mais surtout à la présence de sable saharien dans l’air, témoin de ce transport d’air tropical direct. En soirée et la nuit, l’air se refroidit généralement par contact avec le sol qui se refroidit, mais à quelques centaines de mètres de hauteur, la chaleur du jour se maintient plus longtemps et se fait encore sentir la nuit. La nuit du 28 au 29, une grande partie du pays est concernée par le passage d’un faible front froid, mais le sud et l’est du pays restent dans l’air chaud avec, à quelques 300 mètres au-dessus du sol, une température de 27°C. En surface, les températures sont très variables en fonction de la topographie des lieux, avec, dans la région et en milieu de nuit, une fourchette allant de 13 à 24°C en fonction de l’exposition (plateau, vallée…). La station de Membach, à 252 mètres au-dessus du niveau de la mer, se trouve plutôt dans une situation de vallée, avec là une température de 18-19°C en milieu de nuit. Alors comment expliquer cette hausse de 9°C en l’espace de 40 minutes ? La « heat burst » serait une première explication, mais pas mal d’arguments plaident contre une heat burst. En premier lieu, le phénomène est trop important dans la durée. La température reste élevée pendant 3 heures, ce qui est trop pour une heat burst, qui ne dure en général pas (beaucoup) plus d’une heure. D’autre part, il n’y a pas de chute significative du point de rosée (qui reste proche de 15-16°C), alors que c’est généralement le cas lors d’une heat burst. La présence d’altocumulus castellanus dans la région est par contre un argument en faveur d’une heat burst. Quelles sont les autres causes possibles d’une telle montée des températures en pleine nuit ? 1. Le brassage de l’air Par vent faible ou nul, l’air a tendance à se refroidir près du sol mais à rester bien plus chaud à quelques centaines de mètres de hauteur. L’inversion, la nuit du 18 au 19 juin, se trouvait vers les 500 mètres d’altitude, donc quelques 200-300 mètres au-dessus du sol de Membach. Lorsque le vent se lève (même un petit peu), l’air chaud des couches de l’atmosphère situées juste au-dessus se mélange avec l’air froid des basses couches, et si l’inversion est marquée (ce qui est le cas), le réchauffement peut être très brusque. Il sera d’autant plus marqué qu’il y a un peu de turbulence, avec un air qui, dans la partie descendante des tourbillons, se réchauffe adiabatiquement de 1°C par 100 mètres et va donc se retrouver au sol avec une température (légèrement) supérieure à celle de la couche chaude. 2. Le pseudo-foehn Le phénomène n’est pas très différent, sauf que le relief intervient plus directement. L’air au-dessus des plateaux est plus doux que celui des vallées. Si le vent souffle un peu, cet air va déborder des plateau et s’enfoncer dans certaines vallées en collant un certain temps aux pentes. En descendant ainsi, cet air se réchauffe, adiabatiquement aussi, de 1°C par 100 mètres. À l’heure du phénomène, la température était de 22 à 23°C sur les Hautes-Fagnes (à presque 700 mètres d’altitude) et localement de 24°C sur les plateaux un peu plus bas (500-600 mètres). Si cet air-là a réussi à se retrouver dans le fond d’une vallée à 200-300 mètres d’altitude, une température de 27-28°C est tout à fait plausible. Une fois que le vent se calme, le fond de la vallée se refroidit à nouveau très vite et la température retrouve son niveau d’avant le phénomène chaud, et peut même poursuivre son refroidissement dans les heures qui suivent. En tout cas, cette première analyse plaide plus en faveur de l’une des deux hypothèses décrites ci-dessus que pour celle d’une véritable heat burst.
  2. UNE CANICULE QUI NAÎT DANS LA FRAÎCHEUR En altitude, dès le 12 juin, les ingrédients d’une vague de chaleur se mettent en place, avec deux crêtes chaudes, l’une au milieu de l’Océan et l’autre sur l’Espagne et la France, et entre les deux, un creux qui se rapproche rapidement des côtes du Portugal. Au sein de ce creux, une dépression forme de plus en plus une circulation fermée (goutte froide), avec les deux crêtes qui tentent de se rejoindre au nord de cette dépression d’altitude. En date du 16 juin, la dépression d’altitude est profonde et son flanc oriental touche désormais le Portugal. Source : Météociel Dans les couches moyennes, cette configuration fait remonter un air extrême chaud, issu du Sahara, vers l’Espagne, puis vers le sud-ouest de la France. L’isotherme de 20°C, au niveau 850 hPa, atteint les Pyrénées dès le 12 juin et se retrouve, le 16 juin, sur une ligne qui va de Nantes à Marseille en passant plus ou moins par Poitiers et Clermont-Ferrand. Au-dessus de l’Espagne, on observe des poches d’air jusqu’à 28°C tandis que les 24°C viennent lécher le sud-ouest de la France. Il n’est donc pas étonnant que les températures en surface dépassent parfois 40°C en Espagne et qu’on observe déjà, en date du 16 juin, des valeurs de 37-38°C sur le sud-ouest, et localement aussi sur le sud de la France. Chez nous par contre, ce sont encore les anticyclones thermiques, situés bien plus au nord, qui prédominent et nous donnent des températures bien agréables, dans un premier temps, sous des vents à composante septentrionale. À partir du 17 juin, ces hautes pressions, mieux soutenues par la crête en altitude, parviendront aussi à s’installer sur le continent, ouvrant ainsi la porte de notre pays aux courants du sud et à la chaleur. 13 juin 2022 Après une journée ensoleillée mais tempérée, la veille, à l’arrière d’un front froid, nous nous retrouvons plus profondément dans l’air frais en ce 13 juin. Le matin est même froid au sud et à l’est du pays, avec 3,5°C à Elsenborn ; 5,8°C à Mont-Rigi ; 6,2°Cà Buzenol et 6,3°C à Saint-Hubert. En Campine aussi, la température descend en dessous de 10°C par endroit. En journée, malgré le soleil, les températures ne dépassent souvent pas les 20°C en plaine. Au littoral, on observe 17°C pour 18 à 19°C, parfois 20 ou 21°C en Basse et Moyenne Belgique, et 15 à 17°C en Haute Belgique, le tout sous un vent de nord-ouest qui s’oriente plus tard au nord. Le ciel est lumineux avec quelques stratocumulus / altocumulus matinaux, suivis de cumulus dodus qui, peu à peu, s’aplatissent et finissent par disparaître pour faire place à un ciel tout à fait serein. En bordure de mer, le ciel est même serein, ou presque, tout au long de la journée. L’air très chaud, en ce moment, se cantonne encore à l’Espagne et à l’extrême sud de la France. 14 juin 2022 Le temps de nos régions est déterminé par une ceinture d’anticyclones thermiques qui passe juste au nord de nos régions. Le vent plutôt calme et le ciel serein dans un air déjà frais au départ a fait descendre les températures nocturnes plus bas encore que la veille. Les minima : 1,3°C à Elsenborn ; 4,7°C à Bièvre ; 4,8°C à Mont-Rigi et encore 5,1°C à Retie et à Koersel. En journée, grâce au vent soufflant principalement de nord-est, l’air devient plus continental et les températures maximales atteignent des valeurs déjà plus élevées. En plaine, on observe 21 à 23°C, et 20 à 21°C sur les hauteurs. Le ciel est serein en matinée, garni de cirrus l’après-midi et à nouveau serein le soir (sauf sur le sud du pays où les cirrus persistent). L’air très chaud se trouve à présent au sud d’un pseudo-front chaud et affecte tout le sud-ouest et le sud de la France, où les températures dépassent les 35°C en bien des endroits. Source : KNMI 15 juin 2022 L’élément thermique est toujours bien présent dans les anticyclones de surface, avec entre autres un noyau sur le proche Océan et un noyau sur la Mer du Nord. Les vents restent donc bien orientés au nord-est, avec même une tendance nord en soirée. Malgré cela, il fait moins frais que la veille. Seul Elsenborn descend en dessous de 5°C (4,9°C) pendant que certaines vallées sont assez froides aussi, comme par exemple à Hastière avec 7,2°C à 8h. En journée, à l’exception du littoral (19 à 21°C), les températures atteignent déjà des valeurs estivales avec le plus souvent 25 à 26°C en plaine et 24 à 25°C sur les hauteurs. En Campine, le thermomètre affiche 28,0°C à Koersel tandis qu’au sud-est du pays, plusieurs stations atteignent ou dépassent les 28°C comme Buzenol (28,2°C), Gouvy (28,0°C) et Hastière (28,0°C). Dans l’extrême sud de la Gaume (Lamorteau, Torgny), les valeurs sont même de 29 à 30°C. Le ciel est serein ou presque en matinée, mais des altocumulus castellanus (parfois aussi floccus) apparaissent l’après-midi et le soir. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 15 juin 2022 à 16h10 et 21h30 Sur la France, un véritable système frontal s’est formé à partir d’un noyau dépressionnaire sur le centre de ce pays. Ceci a permis à l’air chaud de remonter encore un peu plus. Les températures atteignent 33-34°C dans différentes villes comme Lyon (33,9°C), Dijon (33,7°C) ou Tours (33,3°C). Plus au sud, il commence à faire étouffant avec, par exemple, 37,0°C à Toulouse et 36,7°C à Carpentras. Source : KNMI 16 juin 2022 Aujourd’hui, nous restons encore à l’abri de la chaleur excessive. Un anticyclone gonfle sur nos régions, mais son noyau reste au nord et nous continuons à bénéficier d’un air maritime certes desséché et continentalisé, mais gardant sa petite fraîcheur (toute relative). Les températures, sous un bon petit vent de nord-est, sont même en légère baisse avec 25 à 26°C en plaine (23°C en bord de mer) et 21 à 23°C sur les hauteurs. Le temps est à nouveau très beau, même si quelques cirrus plus épais occupent temporairement le ciel. Webcam MB – Liers – 16 juin 2022 à 19h50 En France, l’influence de l’anticyclone semi-maritime fait quelque peu reculer la chaleur, par contre celle-ci se renforce sur le sud. Toulouse note 38,1°C, Nîme 37,7°C, Bordeaux 36,3°C. Les villes comme Lyon, Dijon et Tours marquent quant à elles un status quo ou une légère baisse, avec respectivement 33,9°C, 32,0°C et 31,5°C. Paris-Montsouris baisse un peu aussi, passant de 31,0°C à 30,4°C. 17 juin 2022 La situation atmosphérique en altitude n’a guère évolué, mais bien en surface. En altitude, la goutte froide juste au large du Portugal n’a pas bougé mais s’est atténuée. En contrepartie, la crête, qui n’a pas bougé non plus et qui se trouve toujours sur l’Espagne et la France, s’est quelque peu renforcée, si bien que des formations anticycloniques en surface deviennent plus faciles même sur le continent chaud. Et le noyau de hautes pressions en surface s’est effectivement décalé vers le centre de l’Allemagne. Cette nouvelle situation a radicalement changé la donne au niveau des vents, qui soufflent à présent en moyenne de sud, avec même une tendance sud-ouest. Plus rien n’est dans le chemin pour que l’air chaud remonte jusqu’à chez nous. Et on le remarque tout de suite aux températures, qui atteignent 30 à 31°C partout en plaine, et encore 26 à 27°C sur les hauteurs. Comme il aura fallu un peu attendre pour que cet air chaud se propage sur notre pays, les maxima seront souvent atteints en fin d’après-midi, voire en début de soirée. Au littoral, la situation est différente. Les maxima de 29 à 30°C sont atteints, là, en début d’après-midi, juste avant qu’une brise de mer d’ouest à nord-ouest fasse quelque peu rebaisser les températures. Cependant, malgré quelques rafales venues de la mer, la température s’accroche à 26-27°C en fin d’après-midi. Peu après 20 heures, cette brise de mer finit par atteindre Bruges, sous une forme affaiblie et sans baisse significative de la température. Le ciel est nuageux le matin, avec des cirrus et d’importants bancs d’altocumulus, ensuite le temps devient très beau, tantôt serein, tantôt légèrement voilé par des cirrus. Au littoral, on voit quelques altocumulus castellanus le soir. En France, une grande partie du territoire est désormais concernée par des températures extrêmes. Le sud et le sud-ouest sont les plus touchés. À Carcassonne, le maximum s’élève à 40,7°C, et à 40,6°C à Nimes. Dans cette dernière ville, la brise de mer parvient à s’imposer en fin d’après-midi au sud de la ville et en soirée au nord, avec une chute des températures de 9 à 10°C en quelques deux heures. Au sud-ouest de la France, c’est l’inverse qui se produit. À Biscarrosse (en bordure du Golfe de Gascogne), on observe une température bien agréable de 27,8°C à 17 heures, puis un vent brûlant venant de l’intérieur des terres fait monter le thermomètre jusqu’à 39,7°C entre 18 et 19 heures. À Paris, on transpire déjà bien aussi avec 34,9°C à Montsouris (maximum atteint entre 18 et 19 heures !) Enfin, au niveau 850 hPa, l’isotherme de 20°C finit par gagner toute la France et vient lécher la frontière belge en soirée. 18 juin 2022 La canicule a été un brin moindre de prévu, mais il a fait très chaud quand même et, ici et là, quelques records ont été battus pour la 2e décade de juin. En altitude, la situation n’a toujours pas changé, avec les deux vastes crêtes séparée par la goutte froide accrochée à l’ouest des côtes portugaises. Au nord cependant, une dépression qui se trouvait loin sur l’Océan est venue s’installer entre l’Islande et la Norvège, si bien que les contrastes thermiques ont augmenté, les isobares se sont resserrés et une circulation d’ouest est devenue active juste au nord de nos régions. Ces contrastes se sont répercutés jusqu’au niveau 850 hPa, avec 20°C sur le nord de la France et 0°C sur l’Écosse. En surface, l’anticyclone a été poussé plus loin vers l’est, sur le Continent, et avec des pressions en baisse sur les façades ouest et nord-ouest du Continent, l’acheminement d’air tropical continental de type saharien, nous arrivant via l’Espagne, a encore été renforcée. Toutefois, c’est justement le sable saharien présent dans l’atmosphère qui a quelque peu terni le ciel et affaibli le soleil, de telle manière que les maxima ont été de 1 à 2°C en deçà des prévisions. Malgré cela, les températures, avec des valeurs de 31 à 35°C en plaine et de 29 à 31°C sur les hauteurs, se sont sont souvent rapprochées des records et les ont même battus ici et là. Comme vous allez le voir dans les chiffres ci-dessous, les records ont été surtout battus au centre-ouest et au centre-sud-ouest du pays, alors que l’extrême nord et l’extrême ouest ont été un peu moins touchés par cette chaleur. Au littoral, on n’a même rien vu de la chaleur, avec des maxima de 21°C en bordure de mer et de 23 à 25°C dans les dunes. Cette bande de fraîcheur relative, avec des maxima ne dépassant pas 25°C, s’est étendue jusqu’à une dizaine de kilomètres de la côte. Températures maximales du 18 juin 2022 accompagnées des records sur les 40 dernières années (quand disponibles) Flandre Occidentale Zeebruges : 21,2°C Middelkerke : 22,9°C ; record : 32,2°C (19/06/2000) Coxyde : 24,8°C ; record : 33,4°C (19/06/2000) Dunkerque (FR) : 22,1°C ; record : 32,3°C (19/06/2005) Beitem : 31,9°C ; record : 33,1°C 20/06/2005) Flandre Orientale Semmerzake : 32,6°C ; précédent record : 32,2°C (19/06/2000) Melle : 32,7°C Province du Hainaut Chièvres : 34,8°C ; précédent record : 33,1°C (20/06/2005) Charleroi-Gosselies : 32,7°C ; record : 33,6°C (20/06/2005) Lille (FR) : 34,0°C ; ancien record : 32,9°C (20/06/2005) Brabant Wallon, Brabant Flamand et Bruxelles Beauvechain : 33,4°C ; record : 34,3°C (20/06/2005) Zaventem : 32,6°C ; record : 33,9°C (20/06/2005) Bruxelles-Uccle : 32,6°C ; record : 32,9°C (20/06/2005) Province d’Anvers Stabroek : 31,0°C ; record : 34,6°C (20/06/2005) Anvers-Deurne : 31,5°C ; record : 34,4°C (20/06/2005) Sint-Katelijne-Waver : 33,3°C ; record : 34,5°C (20/06/2005) Province du Limbourg Kleine Brogel : 33,0°C; record: 36,3°C (20/06/2005) Koersel : 34,3°C ; record : 35,6°C (20/06/2005) Maastricht (NL) : 33,1°C ; record (40 ans) : 33,6°C (18/06/2002) mais 33,8°C le 13/06/1964 Province de Liège Liège-Bierset : 32,8°C ; record : 34,8°C (20/06/2005) Sprimont : 34,1°C Spa-aérodrome : 31,0 ; ancien record : 30,9 (20/06/2005) Mont-Rigi : 29,6°C ; 30,2°C (18/06/2002) Elsenborn : 30,8°C ; record : 31,9 (18/06/2013) Province de Namur Rochefort : 34,6°C ; record (40 ans) : 33,0°C (20/06/2005) mais 34,6°C le 12/06/1964 Florennes : 31,9°C ; record : 32,5°C (20/06/2005) Dourbes : 32,7°C ; record : 33,3°C (20/06/2005) Province du Luxembourg Saint-Hubert : 29,1°C ; record : 29,3°C (17/06/2002) Buzenol : 32,8°C Torgny : 34,0°C Luxembourg (LX) : 33,8°C ; ancien record : 33,5°C Le temps : le ciel est serein ou presque partout, mais quelque peu délavé par la présence de poussières sahariennes. On observe parfois aussi de très fins cirrus. En soirée, on note aussi de rares altocumulus. Au littoral, dans l’air turbulent et frais de la mer, des cumulus fractus se forment temporairement le soir. Les vents soufflent de sud à sud-ouest. Dès la matinée, une brise de mer de nord à nord-est se met en place. En après-midi, un faible front viendra se mêler au front de brise de mer, et le fera avancer en soirée jusqu’au centre du pays. Durant la nuit, les vents de nord à nord-est poursuivent leur progression et mettent ainsi un terme à la chaleur. Ci-dessous, la situation à 17 heures. On remarquera les forts contrastes thermiques règnant sur l’ouest du pays à ce moment-là. Source de la carte : Infoclimat La France, à l’exception de certaines côtes, est soumise à une chaleur terrible, avec des valeurs souvent comprises entre 34 et 37°C au nord et (à basse altitude) entre 37 et 40°C au sud. Le sud-ouest est plus touché encore, avec des valeurs pouvant aller jusqu’à 42, voire 43°C. À Biarritz, le maximum atteint 42,9°C entre 15 et 16 heures sous un vent irrégulier de sud, avant de chuter brutalement sous un fort vent d’ouest (rafales jusqu’à 75 km/h). À 18 heures, il ne fait plus que 22,4°C. À Biscarrosse, on monte jusqu’à 41,7°C, et jusqu’à 41,9°C à Cazaux et à Cap Ferret. Bordeaux, avec 40,5°C, dépasse la barre des 40°C aussi, et c’est encore le cas pour Angers (40,1°C), pourtant bien plus au nord. Enfin, on remarquera encore les 39,8°C d’Auxerre. 19 juin 2022 Le front froid a continué sa progression sur notre pays, sans toutefois réussir à atteindre la Gaume. Cette partie du pays est donc restée dans des conditions très estivales, sous le soleil et des températures particulièrement chaudes. Commençons par le sud de la Gaume et le pays d’Arlon. Dans cette région, le temps est à nouveau très beau, toujours avec un ciel quelque peu délavé, temporairement aussi avec un mince voile de cirrus et parfois quelques bancs d’altocumulus castellanus. Le vent est très hésitant, mais grâce au massif ardennais, les infiltrations d’air plus frais ont du mal à passer, même lorsque le vent de surface tend, parfois, à s’orienter au nord. Les maxima, atteints en début d’après-midi, se situent autour des 32°C, tant à Virton qu’à Torgny, Étalle ou encore Arlon. Par après, les températures entament certes une baisse, mais restent à des niveaux assez élevés. On notera surtout les températures exceptionnelles de la nuit du 18 au 19. Sur certains plateaux et à des endroits privilégiés, la température nocturne ne descend pas en dessous de 22-23°C. À Torgny, on observe un minimum de 23,2°C, et de 22,1°C à Arlon. Les stations de vallée descendent quant à elles à 16-17°C, mais dès 8 heures du matin, on y observe aussi de 23 à 25°C ! En matinée, quelques infiltrations d’air plus frais réussissent très temporairement à faire baisser la température, mais n’empêchent pas la canicule plus tard en journée. Au nord de la Gaume, le ciel est déjà plus changeant, avec des voiles parfois plus épais et des altocumulus castellanus plus nombreux, et assez développés le soir. Les températures, là, atteignent quelques 28-29°C, également en début d’après-midi, avant une chute plus marquée des températures. La Basse et la Moyenne Belgique sont à l’arrière du front froid, avec cette fois-ci une chute spectaculaire des températures par rapport à la veille. Les maxima, en effet, n’y dépassent plus 16 à 21°C, 16°C à l’ouest des plaines et 20 à 21°C à l’est des plaines, ainsi que localement au centre du pays. Ci-dessous, quelques températures maximales avec, entre parenthèses, celles de la veille : Beitem : 16,4°C (31,9°C) Melle : 17,3°C (32,7°C) Semmerzake : 17,3°C (32,6°C) Chièvres : 18,2°C (34,8°C) Retie : 18,3°C (32,6°C) Schaffen : 19,6°C (33,8°C) Lille (FR) : 17,1°C (34,0°C) Si des chutes de températures de 10°C, d’un jour à l’autre, sont fréquentes en été, des chutes de 14 à 16°C, voire plus, sont excessivement rares et dignes d’être mentionnées. Le ciel : encore beau le matin, avec cirrus et altocumulus castellanus, parfois très développés, puis très nuageux avec cirrostratus / altostratus doublé de nombreux stratocumulus. Ces stratocumulus se développent parfois aussi en castellanus, avec des parties du ciel fort sombres et quelques pluies. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 19 juin 2022 à 8h20 et 8h40 À noter aussi la présence d’une très forte inversion entre l’air froid des basses couches et l’air très chaud persistant jusque dans les couches moyennes inférieures de l’atmosphère. Le vent qui y souffle, et qui passe au-dessus de l’air froid beaucoup plus dense, y forme de véritables vagues comme à la mer, si bien que les stratocumulus qui s’y forment deviennent parfois de véritables asperatus undulatus, comme par exemple à Liège. Crédit photo : Pierre Hansoul Dans les éclaircies qui se redéveloppent le soir, l’on revoit des altocumulus castellanus. Au littoral, les stratocumulus sont prédominants, et on y observe aussi quelques averses. Le temps y est froid, avec 15 à 16°C seulement au meilleur moment de la journée, et un vent assez fort et désagréable de nord-nord-est. Le contraste de température par rapport à la veille y est pourtant moindre puisqu’il y a fait nettement moins chaud. À noter que tôt le matin, de l’orage y a été observé, avec des rafales jusqu’à 65 km/h. L’Ardenne marque une zone de transition, avec là des éclaircies notamment l’après-midi. Saint-Hubert se retrouve passagèrement dans l’air chaud, avec un vent revenant brièvement au sud-est et une température montant temporairement jusqu’à 23,6°C en début d’après-midi (mais à 10 heures, il ne faisait que 13,4°C par vent de nord-nord-ouest). À la frontière belgo-allemande, entre l’Eiffel et les Hautes-Fagnes, il se produit un phénomène similaire, mais beaucoup plus intense, avec une température de 19°C qui, pendant une heure ou deux, monte jusqu’à 28°C avant de retomber à 19°C, et ce à une altitude de 649 mètres. Ci-dessous, une carte montrant la limite très marquée entre l’air frais et l’air chaud, telle qu’elle se présentait à 17 heures. À ce moment-là, l’air le plus chaud a déjà quitté la Belgique. Source : Infoclimat À présent, les températures sont très élevées sur le centre et l’est de la France, avec 37,7°C à Strasbourg et 37,2°C à Colmar. Plus vers le centre de la France, on observe encore 35,8°C à Nevers. L’Allemagne est à son tour touchée par la canicule, avec 37,1°C à Berlin ; 37,3°C à Leipzig ; 38,2°C à Dresde et 39,2°C à Cottbus. Enfin chez nos voisins luxembourgeois, la température est montée jusqu’à près de 34°C à Remich. Conclusion Le front ne bougera guère durant la nuit du 19 au 20 juin tandis qu’une ligne de convergence préfrontale se forme du côté chaud du front et vient se placer sur la Gaume. Cette ligne est remontée du sud-ouest de la France et se s’étend en milieu de nuit du centre de la France à l’extrême ouest de l’Allemagne. Elle est le théâtre de fortes pluies et d’orages parfois violents, avec notamment un arcus nocturne impressionnant. À Buzenol, on recueille 37,5 mm au pluviomètre, dont 30 mm tombés entre 1 et 3 heures du matin. À Lamorteau, on relève 27,0 mm en deux averses (19,6 mm et 6,0 mm, et encore un peu de pluie après). Par la suite, les orages et averses continueront leur route et Mont-Rigi, à 11 heures, aura reçu pas moins de 33,5 mm, dont notamment 10,4 mm entre 2 et 4 heures et 21,2 mm entre 9 et 11 heures. En ce 20 juin à 11 heures, les températures en Belgique varient généralement entre 15 et 17°C en plaine et ne dépassent guère 8°C sur les hauteurs. En Gaume, il fait 14 à 16°C et la chaleur semble bien avoir quitté le pays. Mais sans vraiment s’en éloigner. D’après les prévisions, le temps pourrait redevenir (assez) chaud dans les jours qui viennent. Wait and see…
  3. JUIN 2022 : UNE CANICULE EN PRÉPARATION ? Nous voilà à l’aube de températures caniculaires qui pourraient devenir exceptionnelles. Mais quand les températures ont-elles déjà été exceptionnelles à cette période de l’année ? Considérons la deuxième décade de juin. Nous pouvons constater que cette décade n’a généralement pas été propice aux grands coups de chaleur. En 1964 cependant, le sud et l’est du pays ont connu des températures élevées les 12 et 13 juin. À Rochefort, la température était montée jusqu’à 34,6°C le 12 pendant que Virton enregistrait 32,2°C. Le 13, Bierset est montée jusqu’à 31,6°C et la Baraque Michel, dans les Hautes-Fagnes, enregistrait encore 27,3°C. Sinon, les records sont généralement assez récents et remontent à 2000, 2002, 2005 ou, plus rarement, 2013 (Haute-Belgique). Ci-dessous, la liste des températures les plus élevées des 40 dernières années, sur la période du 11 au 20 juin. Flandre Occidentale Knokke : 32,4°C (20/06/2005) Middelkerke : 32,2°C (19/06/2000) Coxyde : 33,4°C (19/06/2000) Beitem : 33,1°C 20/06/2005) Flandre Orientale Moerbeke-Waas : 33,3°C (20/06/2005) Eeklo : 33,0°C (20/06/2005) Gand-Zelzate : (19/06/2000) Semmerzake : 32,2°C (19/06/2000) Kruishoutem : 33,4°C (20/06/2005) Province du Hainaut Néchin : 32,7°C (20/06/2005) La Hestre : 32,0°C (20/06/2005) Charleroi-Gosselies : 33,6°C (20/06/2005) Brabant Wallon, Brabant Flamand et Bruxelles Beauvechain : 34,3°C (20/06/2005) Zaventem : 33,9°C (20/06/2005) Bruxelles-Uccle : 32,9°C (20/06/2005) Province d’Anvers Stabroek : 34,6°C (20/06/2005) Anvers-Deurne : 34,4°C (20/06/2005) Sint-Katelijne-Waver : 34,5°C (20/06/2005) Geel : 34,2°C (20/06/2005) Province du Limbourg Gorsem : 34,8°C (20/06/2005) Meeuwen : 34,6°C (20/06/2005) Kleine Brogel : 36,3°C (20/06/2005) Koersel : 35,6°C (20/06/2005) Lanaken : 35,0°C (20/06/2005) Province de Liège Liège-Monsin : 34,6°C (20/06/2005) Liège-Angleur : 35,2°C (20/06/2005) Liège-Bierset : 34,8°C (20/06/2005) Spa-aérodrome : 30,9 (20/06/2005) Hockay : 30,6°C (17 et 18/06/2002) Mont-Rigi : 30,2°C (18/06/2002) Elsenborn : 31,9 (18/06/2013) Province de Namur Malonne : 33,3°C (20/06/2005) Ciney : 33,2°C (20/06/2005) Rochefort : 33,0°C (20/06/2005) Hastière : 33,8°C (20/06/2005) Florennes : 32,5°C (20/06/2005) Dourbes : 33,3°C (20/06/2005) Province du Luxembourg Nadrin : 31,4°C (20/06/2005) Saint-Hubert : 29,3°C (17/06/2002) Libramont : 29,7°C (20/06/2005) Arlon : 32,6°C (18/06/2002) Virton : 32,5°C (18/06/2002)
  4. UNE PETITE PÉRIODE DE BEAU TEMPS QUI SE TERMINE PAR DES ORAGES ET DE (TRÈS) FORTES PRÉCIPITATIONS Une circulation d’ouest très molle évolue par la suite en situation de semi-blocage avec un profond thalweg à l’ouest du continent européen. Ce thalweg évolue plus tard en goutte froide (cut-off-low). Cette goutte froide, au sud de l’Islande, associée à une légère crête en train de se former sur le continent, place graduellement notre pays dans des courants plus chauds. En surface, c’est l’élément thermique qui prime sur la répartition des pressions, avec des anticyclones sur l’Océan et la Mer du Nord, et des pressions plus basses sur la France. La France est d’ailleurs le théâtre de passages perturbés qui, bien souvent, prennent un caractère orageux. En fin de période, ces orages remontent vers nos contrées. 2 juin 2022 La journée commence dans le froid, avec des températures matinales souvent proches de 5°C en plaine et de 3°C sur les plateaux ardennais et fagnards. Mais aux endroits exposés, les températures sont bien plus basses avec –1,0°C à Elsenborn. Dans les « trous » à froid, on observe même –3,3°C à Bullange et –2,9°C à Bütgenbach. En journée, sous un vent qui, graduellement, s’oriente partout à l’est à nord-est, le temps est beau avec des cumulus qui, dans un permier temps, se développent jusqu’au mediocris et qui s’applatissent ensuite en humilis. À côté de cela, on observe quelques cirrus et quelques bancs d’altocumulus. À noter qu’au sud-ouest du pays, les cumulus sont peu nombreux, voire absents. Les températures atteignent 16 à 18°C au littoral, 20 à 21°C en plaine et 18°C sur les hauteurs. 3 juin 2022 Sous l’influence d’un anticyclone au nord de l’Écosse, les vents continuent à souffler d’est à nord-est, sauf sur l’extrême sud-est du pays où les vents tendent à venir du sud. Ces régions sont sous l’influence d’un front chaud qui frôle la Gaume. Le temps est beau, avec cirrus et quelques altocumulus, puis se voile de cirrus épais et de cirrostratus en raison de la proximité du front chaud. Des altocumulus castellanus trahissent une certaine instabilité des couches moyennes en soirée. Ici et là, quelques cumulus s’étaient également développés en journée. Les températures, en hausse sous l’influence de l’air continental, ont atteint 22 à 23°C sur les hauteurs et 24 à 26°C en plaine, sauf aux abords immédiats de la mer où la température n’a pas dépassé 19°C. 4 juin 2022 Le temps est particulièrement lours, surtout en soirée, avec à 19 heures des températures de 24 à 26°C à peu près partout, sauf dans les Hautes-Fagnes (22°C) et en bordure de mer (17°C). Ces températures, à peu de choses près, correspondent d’ailleurs au maxima de la journée. Un front chaud continue d’affecter le sud du pays avant de remonter vers le centre en fin de soirée et la nuit. Au nord de ce front, les vents soufflent toujours d’est à nord-est ; au sud du front, les vents soufflent de sud-est, ce qui crée une ligne de convergence. Le ciel est d’abord voilé de cirrostratus, puis ceux-ci s’effilochent pour faire place à un ciel serein ou presque. En soirée, les cirrostratus reviennent, avec parfois un ciel famboyant le soir. Webcam Merksplas À côté de cela, on note aussi quelques bancs d’altocumulus, souvent floccus. Au littoral et sur l’ouest du pays, on observe aussi de l’altostratus. Sur la Gaume, au sud du front chaud, des cumulus se développent. Sur les reliefs, où se situe aussi la ligne de convergence en journée, ces cumulus atteignent même le stade de congestus, avec parfois l’une ou l’autre petite averse. En soirée, des orages particulièrement virulents (à l'origine supercellulaires) remontent depuis le centre de la France et touchent la frontière belgo-française, sous la forme d'orages multicellulaires, peu après 22 heures en s’affaiblissant rapidement, mais en restant très pluvieux. À Rumillies (Tournai), il tombe 33,8 mm d’eau en fin de soirée, et 24,4 mm à Kain, toujours dans la région de Tournai. On y signale des inondations et une activité électrique encore intense. Crédit photo : Jean-Yves Frique (Belgorage) D’un autre côté, on relève en fin de soirée 18,6 mm à Herhet et 16,4 mm à Evrehailles. 5 juin 2022 En bien des endroits, c’est le déluge. Le front chaud recule d’abord, puis revient dans le cadre d’une ondulation complexe du front, qui affecte surtout la moitié est du pays. Source : KNMI Pendant que sous la perturbation, un altostratus translucidus couvre à peu près tout le pays, de nombreux développements instables voient le jour sous la masse nuageuse et forment bien souvent des cumulonimbus enclavés, se développant ici et là jusqu’à l’orage. Plus en détail, il s'agit d'une part d'une intense zone de pluie située le matin à cheval entre les provinces de Flandre Occidentale et Orientale, et d'autre part d'orages qui s'étaient déplacés, le matin aussi, de Cambrai à Gand en fusionnant et en se muant en zone de pluie tout en gardant quelques foyers très actifs. Vers 11 heures, ces perturbations s'affaiblissent, mais dès 13 heures, un nouvel axe pluvieux à caractère peu mobile se forme entre Ciney et Saint-Trond, une longue bande de pluies intenses qui se régénère sans cesse sur place en provoquant d'importantes précipitations sur une zone très limitée. En bref, on peut dire que c’est surtout l’intensité des pluies qui caractérise la journée. Ciel caractéristique de la journée. Ici Braine-l’Alleud à 18h Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Sur 24 heures, on a relevé : 84,3 mm à Andenne 78,2 mm à Landenne (près d’Andenne) 77,1 mm à Zoutleeuw (près de Saint-Trond) dont 60,7 mm en seulement 2 heures 66,5 mm à Saint-Trond Une autre station de Zoutleeuw (réseau BMCB) relève même 78,6 mm. La carte ci-dessous montre bien les endroits les plus touchés par les précipitations : Source : Belgische Meteo Club Belge Dans la Botte du Hainaut, la réunion des deux épisodes (nuit du 4 au 5 juin et journée du 5 juin) donne 84 mm d’eau à Momignies. Il va sans dire que de telles pluies mènent à de fortes inondations locales, dont une fois de plus, la région de Hannut est la plus touchée. Et comme d’habitude, il n’y en a pas pour tout le monde, certaines stations n’atteignant même pas 10 mm d’eau. Quant aux températures, elles sont modestes sous ce ciel très nuageux à couvert, avec 19 à 21°C en plaine et 17°C sur les hauteurs, tout comme au littoral.
  5. NOUVEAU RETOUR DE L’HIVER EN HAUTE BELGIQUE Après l’offensive de froid et de neige des trois premiers jours d’avril 2022, le temps est devenu plus « atlantique », avec des précipitations et des températures proches des normes saisonnières. Le 7 avril, le déplacement d’une dépression de l’Écosse au sud de la Scandinavie nous vaut même des vents forts. Des rafales de 80 à 90 km/h sont observées sur une grande partie du pays. Le 8 avril, une autre dépression prend un parcours plus méridional, avec des vents forts cette fois-ci sur la France (autour de 100 km/h sur la partie centrale, plus encore sur le sud). Source : KNMI On note aussi de fort contrastes thermiques au sud de Paris. À Orléans, la température atteint 15°C à 14h sous un fort vent de sud-ouest tandis qu’à 20h, sous un vent toujours assez fort, mais de nord, la thermomètre n’affiche plus que 5°C. Une heure plus tard, on passe à 3°C. À Troyes, on passe de 16°C à 15h à 2°C à 22h, avec de la neige qui se mêle à la pluie. Chez nous, ce sont surtout les Hautes-Fagnes et l’Ardenne qui sont frappées par le froid et la neige. À Mont-Rigi, sous des précipitations neigeuses soutenues par moment, la température ne dépasse pas 1,7°C à la mi-journée. Puis l’après-midi, on reste proche de 0°C. La neige, déjà présente au sol le matin, après une très légère tendance à la fonte vers midi, augmente rapidement l’après-midi pour atteindre une dizaine de centimètres en fin de journée. Crédit photo : Alexis Papapanayotou À Sourbrodt, où il fait un peu moins froid, la neige fond, mais est régénérée par de nouvelles chutes de neige avant de disparaître. Sur le Plateau Ardennais, on observe aussi une couche complète de plusieurs centimètres à Saint-Hubert l’après-midi, ainsi qu’à Traimont (Léglise). À Wideûmont, la neige a plus de mal à accrocher et l’enneigement reste incomplet. Des chutes de neige fondante sont observées jusque dans l’Entre-Sambre-et-Meuse avec, à Florennes, une température qui descend temporairement jusqu’à 0,7°C à 16 heures. L’extrême sud du pays connaît jusqu’à 20 mm de pluie en 12 heures. Le centre et le nord du pays sont épargnés (des pluies touchent cependant le Brabant Wallon par moments), mais le ciel y est voilé d’un altostratus souvent translucidus (cirrostratus dans l’extrême nord du pays), doublé de quelques cumulus / stratocumulus. Dans cette partie du pays, il fait certes trop frais pour la saison, mais pas vraiment froid, avec par exemple un maximum de 8,2°C à Uccle. Tout porte à croire qu’il s’agit là de la dernière offensive quelque peu hivernale.
  6. ÉPISODE HIVERNAL DU 31 MARS AU 3 AVRIL 2022 Après un mois de mars particulièrement printanier, un épisode hivernal majeur se dessine le dernier jour du mois avant de nous frapper de plein fouet les premiers jours d’avril. L’influence anticyclonique qui prédominait tout au long du mois de mars commence à s’estomper le 28, tandis qu’une perturbation quasi-stationnaire s’organise dès le 29 sur une ligne effleurant le sud de notre pays. En même temps, une autre perturbation descend du nord et finit par prendre la Belgique en sandwich. La première perturbation s’éloigne par la suite vers le sud tandis que la seconde, celle se trouvant encore au nord de notre pays, descend aussi vers le sud tout en continuant à onduler. Le 31, l’une des ondulations se trouvant à l’est de nos contrées prend de l’amplitude et forme un véritable retour d’est. Source : KNMI Analysons à présent ces journées en détail. 31 mars 2022 Le matin, le retour d’est se trouve encore à l’est de nos régions et le front froid parvient encore à progresser. Il aborde notre littoral en cours de nuit, puis pénètre dans le pays avant de s’arrêter sur le sud-est du pays et d’amorcer un mouvement de retour, sous forme de front chaud. Mais ce mouvement ne réussira pas vraiment et c’est, en fin de compte, la partie occluse qui parviendra à traverser le pays et ce, durant la nuit du 31 mars au 1er avril. Ci-dessous, la carte de 18h T.U. où l’on voit que toute la partie ouverte du système frontal se trouve à l’arrêt. Source : KNMI. Et à présent, la partie occluse du front qui se prépare à aborder le pays (carte de 00h T.U.). Source : KNMI À ce stade, seules les Hautes-Fagnes connaissent une véritable entrée de l’hiver, pendant que le littoral vit encore sous de typiques giboulées de mars. Entre les deux, le ciel est très gris. Voyons cela de plus près. La côte, en effet, se trouve entièrement dans l’air post-frontal, avec un ciel de traîne d’une grande beauté, digne des traînes irlandaises et écossaises. Les cumulus et cumulonimbus ne sont accompagnés de presque aucun autre nuage, si bien qu’il y a alternance de ciels bleus et de ciels menaçants, avec quelques bonnes averses à la clé, parfois accompagnées de grêle. La photo ci-dessous montre que les cumulonimbus sont parfois visibles de loin dans un ciel particulièrement limpide. Webcam MB – Le Coq – 31 mars 2022 à 12h45 Ce type de temps se propage l’après-midi jusqu’à la région de Gand et se retrouve, en fin de journée, également sur le centre et le centre-sud du pays. Mais avant, dans ces régions, le ciel était gris, très nuageux à couvert avec des stratocumulus se mouvant sous un altostratus. Sur les plus hauts plateaux, la journée est déjà bien hivernale, neigeuse avec fractus et parfois du brouillard lié aux nuages bas. Dans les Hautes-Fagnes, la neige tient au sol avec des accumulations atteignant temporairement presque 10 cm en milieu de matinée. Mais dès qu’on quitte le plateau, la neige perd rapidement en qualité avec des enneigements incomplets et temporaires, comme par exemple à Wirtzfeld et à Sourbrodt. Le vrai hiver reste à venir. 1eravril 2022 Dès la soirée de la veille au littoral, sous un vent fort, la pluie se transforme en neige avec des températures qui se rapprochent de 0°C. Mais là, ces températures remontent plus tard dans la nuit et la neige se retransforme en pluie. À Anvers par contre, la pluie qui se transforme en neige aux petites heures du matin forme aussitôt une couche de 1 cm au sol. À Bruxelles (Uccle), cette couche atteint 3 cm à 8 heures et montera jusqu’à 4-5 cm en milieu de matinée. L’aéroport de Bruxelles-National, à ce moment, relève 2 cm. Toutes les communes bruxelloises présentent un aspect blanc en matinée et, dans les parties plus hautes de la ville, la couverture neigeuse reste complète jusqu’en fin de journée. Il faut savoir qu’une grande partie de la Basse et Moyenne Belgique est enneigée en ce 1er avril. À 9 heures du matin, la couverture neigeuse est complète, entre autres, du côté de Mouscron, Roulers, Gand, Wetteren, Ninove, Waterloo, Braine-l’Alleud et Nivelles. Parmi les mesures officielles (8 heures), nous avons aussi 3 cm à Passendaele, 1 cm à Anvers et 1 cm à Koersel. Tout un symbole ! Nivelles le matin, crédit photo Babs Oux (Les fanas de neige en Belgique) Du côté de Namur, il faut attendre un peu, avec un enneigement qui se met en place que plus tard en matinée. À Cerfontaine, c’est jusqu’à la mi-journée qu’il faut attendre, pour un enneigement bref et peu significatif, tandis que les alentours de Liège ne reçoivent que peu ou pas de neige. C’est d’ailleurs vrai aussi pour le massif ardennais : Saint-Hubert n’a que des traces d’enneigement au sol. À Ciney, il est question de « quelques flocons qui voltigent parfois mais fondent en touchant le sol ». Dans les Hautes-Fagnes, la neige tombée la veille se maintient au sol. Notons que pour la Basse et Moyenne Belgique, les couvertures neigeuses complètes sont rares en avril, et le fait que cela se produise pendant deux années consécutives, 2021 et 2022, rend la chose encore plus remarquable. À Uccle, une couverture neigeuse complète en avril a été observée en 1903 (2 cm le 17 avril), en 1905 (3 cm le 5 avril), en 1913 (10 cm le 12 avril), en 1935 (2, 3 et 4 cm les 3, 5 et 6 avril), en 1938 (2 cm le 30 avril), en 1982 (1 cm le 13), en 2021 (7 et 4 cm les 6 et 7 avril) et en 2022 (3 cm le 1er avril (série d’observations : 1889-2022). Le ciel très nuageux à couvert, sous un nimbostratus neigeux suivi de stratocumulus, parfois doublés de cumulus et se situant sous une nappe de cirrostratus/altostratus, est responsable de températures maximales très basses pour un mois d’avril. À Uccle, ce maximum est de 2,4°C, et il faut remonter à 1966 pour trouver plus bas. Cette année-là, le thermomètre ne dépassa guère 1°C le 14 avril. À Bierset, le maximum reste coincé à 0,8°C, un dixième de degré plus bas que les 0,9°C le 11 avril 1986. À Florennes (279 mètres), on est déjà dans les gelées permanentes avec un maximum de –0,2°C. Dans les Hautes-Fagnes, le maximum s’établit à –2,0°C (record : –4,0°C le 11 avril 1986). En plaine, on remarquera encore le maximum de 2,2°C à Genk et de 2,4°C à Kleine Brogel. La région côtière connaît un temps moins gris, avec un nimbostratus pluvieux qui cède rapidement la place à un voile d’altostratus doublé de cumulus, altostratus qui s’effiloche à son tour avec de belles éclaircies qui s’en suivent, au milieu de cumulus plus ou moins développés. Là, les températures maximales s’établissent à 6°C, tandis qu’elles atteignent encore 5°C à Beitem et Passendaele (avec fonte complète de la neige). 2 avril 2022 Notre pays se trouve à présent soumis à des courants de nord-nord-est acheminant de l’air froid et faiblement instable d’origine arctique. Dans un premier temps, le ciel est encore voilé de cirrostratus / altostratus (sauf sur l’ouest), puis des éclaircies se développent avec cumulus et petits cumulonimbus donnant des flocons de neige et bien souvent des virgas. En dehors, on observe aussi une forte tendance à l’étalement, avec diminution progressive des éclaircies. Sur l’est du pays, le ciel est d’abord couvert avec chutes de neige. Bien des régions qui ont été épargnées, ou presque, par la neige la veille sont à présent blanches. C’est notamment le cas de Beausaint, de Saint-Hubert mais aussi de Liers, près de Liège. Dans les Hautes-Fagnes, la couche atteint désormais 11 cm à Mont-Rigi. À Soiron (hauteurs de Pépinster-Verviers), on signale 7 cm à 260 mètres d’altitude. À Weisser Stein (frontière belgo-allemande), on parle même de 18 cm. Hockai, crédit photo Samuël Nottebaert (Les fanas de neige en Belgique) Le côté ardennais, par contre, reste le parent pauvre. Même si la situation neigeuse est bien meilleure que la veille, ce n’est toujours pas ça. À Beausaint (376 m), par exemple, la mince couche de neige présente le matin fond dès midi et disparaît en début d’après-midi. Les températures maximales, grâce aux éclaircies en de nombreux endroits, sont moins froides que la veille, mais restent bien en dessous des normes saisonnières, avec 5 à 7°C en plaine et 0 à –2°C sur les hauteurs. Mont-Rigi ne dépasse pas –1,6°C, Saint-Hubert ne dépasse pas –0,4°C. La limite des gelées permanentes se situe vers les 500 mètres d’altitude. Le soir et la nuit, le ciel se dégage en toutes régions et les températures dégringolent. 3 avril 2022 Il fait froid ! Au petit matin, certaines températures sont inférieures à –5°C même en Basse Belgique. C’est le cas, notamment, à Retie (–5,3°C) et à Kleine Brogel (–5,2°C). Genk, avec –4,6°C, n’en est pas loin. Uccle, avec –2,9°C, connaît aussi une valeur inhabituellement froide pour un mois d’avril, mais pas un record (–4,7°C le 12 avril 1986). En Haute Belgique, ce sont les régions enneigées qui connaissent les températures les plus basses. Mont-Rigi descend à –7,2°C ; Elsenborn à –7,9°C. Neu-Hattlich (à quelques 3 kilomètres de la frontière allemande) est la station la plus froide du réseau de l’IRM avec –9,3°C. À Murringen (un peu à l’est de Bullange), la station du club météo belge enregistre –13,3°C. Ces températures sont remarquables, mais ce ne sont pas des records. Le 12 avril 1986, il a fait plus froid encore, avec –13,8°C à Neu Hattlich (donc 4,5°C plus froid qu’en 2022), mais aussi –12,4°C à Hockai et –12,1°C au Parc Naturel de Botrange. Cette année-là, c’est surtout la côte qui connaissait la neige, avec 7 cm à Middelkerke à la mi-journée (mais 1 cm seulement à 8h). Le temps : en ce 3 avril 2022, le ciel est d’abord serein ou peu nuageux, puis des cumulus se forment et tendent à s’étaler, ce qui donne un ciel nettement plus nuageux. Ici et là, des développements plus importants donnent quelques gouttes de pluie. Parfois, il s’agit aussi de virga. Les températures maximales continuent leur lente remontée, avec 7 à 8°C (localement 9 à 10°C) en Basse et Moyenne Belgique, et 2 à 3°C en Haute Belgique. Ces températures positives, associées à un assez bon ensoleillement sur l’est du pays, font fondre la neige presque partout. À Sourbrodt, l’enneigement reste intact jusqu’à la mi-journée, puis la neige fond rapidement en cours d’après-midi, pour ne laisser que des traces en soirée. Webcam MB – Sourbrodt – 3 avril 2022 à 18h Du côté de Mont-Rigi, sur les plus hauts plateaux donc, la neige résiste mieux, mais perd beaucoup de son épaisseur. Malgré une nouvelle nuit froide, cependant, l’épisode hivernal est en passe de se terminer, et le 4 avril en journée, la couche de neige devient incomplète en journée à Mont-Rigi et, après quelques flocons temporaires en après-midi, fondra avec l’arrivée de la pluie et de l’air plus doux. Conclusion Même sans battre des records, l’épisode hivernal tardif que nous venons de connaître peut être considéré comme remarquable. Il l’est d’autant plus que neige et froid se sont également invités en avril l’année dernière. Cela s’inscrit dans une tendance générale que nous connaissons depuis une vingtaine d’années déjà : les longues périodes de froid deviennent certes plus rares, mais pas les événements ponctuels. Faisons un petit récapitulatif des coups de froid et/ou chutes de neige remarquables des 20 dernières années, en saison et hors saison. Mars 2005 : d’abord très froid, le 1, avec neige sur les Cantons de l’Est. On atteint –21,0°C à Neidingen (Saint-Vith) et –18,5°C à Elsenborn, avec 53 cm de neige. Puis froid extrême au littoral avec, le 4, un minimum de –11,7°C à Middelkerke et de –12,2°C à Knokke-Zwin. Mars 2008 : chutes de neige tardives et intenses, avec 12 cm à Uccle le 25. Le lendemain, on atteint 47 cm à Mont-Rigi et 41 cm à Elsenborn. Janvier 2009 : froid exceptionnel sur le Brabant Wallon et le nord de la Province de Namur, avec –21,9°C à Ernage et –23,2°C à Mélin. Décembre 2010 : froid exceptionnel en début de mois au littoral (–13,6°C à Middelkerke le 3) et mois remarquable pour sa quantité de neige. Notamment à Noël et pendant la période qui précède immédiatement, les couches sont particulièrement épaisses avec 32 cm à Bierset et 74 cm à Mont-Rigi. On note de grosses congères, notamment en Entre-Sambre-et-Meuse. Mars 2013 : neige avec fortes congères le 12 mars sur une bonne partie du pays, températures hors normes le 13 avec –10,1°C à Uccle ; –12,6°C à Zaventem et –17,1°C à Ciney. Enneigement inhabituel aussi le 24. Mai 2013 : enneigement extroaordinairement tardif, le 24, sur les Hautes-Fagnes avec 3 cm. Octobre 2015 : grand froid en Haute Belgique avec des maxima qui peinent à dépasser 0°C sur les Hautes-Fagnes les 14 et 15. On observe déjà une fine couche de neige en matinée, le 14, à Mont-Rigi, Wirtzfeld et Elsenborn. Le 16, un enneigement temporaire est aussi signalé à Saint-Hubert, Bertrix, Fraiture et Libin. Avril 2016 : enneigement complet dès 300-350 mètres d’altitude le 25. Quelques jours plus tard, on atteint une vingtaine de centimètres dans les Hautes-Fagnes. Mars 2018 : les gelées permanentes les plus tardives en Basse et Moyenne Belgique, les 17 et 18. Avril 2018 : pas en Belgique mais pas loin, des couches de neige de 3 cm en Normandie dès 100-150 mètres le 30 (c’est-à-dire à la veille de mai). Octobre 2018 : chutes de neige très précoces en Entre-Sambre-et-Meuse le 30, avec 6 cm à Presgaux (Couvin). Mai 2019 : fortes chutes de neige dans l’Entre-Sambre-et-Meuse le 4, avec neige au sol dès 200 mètres d’altitude et 8 cm à Presgaux (Couvin). Du jamais vu à pareille saison. Avril 2021 : 7 cm de neige à Uccle le 6 ; 4 cm le 7. Jusqu’à 27 cm à Xhoffraix le 7. En d’autres termes, le réchauffement climatique ne nous protège pas encore des événements hivernaux extrêmes ponctuels, qui ne sont sûrement pas étrangers aux situations de blocage récurrentes et à leur corollaire : des anticyclones persistants ou alors des gouttes froides peu mobiles, et parfois intenses, avec des surprises neigeuses hors saison à la clé.
  7. cumulonimbus

    Mois de mars exceptionnel

    3e DÉCADE DE MARS 2022 21 mars 2022 L’influence anticyclonique se rétablit rapidement et l’advection d’air chaud se remet en place en cours de journée. Il s’ensuit de gros contrastes de températures entre le matin (où l’air frais de la veille a bien pu se refroidir durant la nuit) et l’après-midi (où la combinaison entre soleil et air chaud font monter en flèche les températures). Quelques valeurs (min/max) : Retie : –2,8°C/18,7°C (écart : 21,5°C) St-Kat.-Waver : –2,4°C/19,0°C (écart : 21,4°C) Melle : –2,6°C/18,2°C (écart : 20,8°C) Stabroek : –2,2°C/18,1°C (écart : 20,3°C) Deurne : –2,5°C/17,5°C (écart : 20,0°C) Kleine Brogel : –1,2°C/18,8°C (écart: 20,0°C) Même Uccle, avec un minimum de 1,5°C et un maximum de 18,1°C, connaît un écart inhabituel pour la station. Le temps est très beau, avec formation de quelques cumulus humilis l’après-midi, avec une très légère tendance à l’étalement. Ici et là, on observe aussi quelques bancs d’altocumulus. Dans le sud du pays, il y a aussi encore des stratocumulus résiduels le matin. Au littoral, où il fait plus frais en journée, il n’y a pas de cumulus, mais bien quelques cirrus. Les températures : 17 à 19°C en plaine (14°C au littoral, 11°C en bordure immédiate de la mer) et autour de 15°C sur les hauteurs. En Campine, on observe localement 20°C (Koersel : 20,0°C). Les vents de sud-est du matin s’orientent au sud en cours de journée, mais deviennent variables dès la fin de l’après-midi. Au littoral, une brise de nord-nord-est, plus tard de nord-est s’instaure l’après-midi. 22 mars 2022 Avec une nuit moins froide et une journée tout aussi douce sous le soleil, la sensation de printemps est parfaite. À nouveau, des cumulus humilis se forment l’après-midi dans le ciel bleu, avec une très légère tendance à l’étalement. À cela s’ajoutent quelques rares cirrus. Au littoral, le ciel est temporairement plus nuageux le soir en raison de stratocumulus cumulogenitus. Grâce à l’anticyclone continental, les vents soufflent de sud-est, plus tard d’est voire de nord-est, et les températures montent même encore un peu plus haut que la veille, avec 19 à 20°C en plaine et à nouveau 15°C sur les hauteurs. Au littoral, la brise de mer a plus de mal à s’instaurer, avec également 19 à 20°C dans les dunes, mais 16°C en bordure immédiate de l’eau avec, là, un vent froid de nord-nord-est l’après-midi et une température redescendant à 12°C. À l’aéroport de Middelkerke, cette brise de mer n’arrive qu’en fin d’après-midi, très temporairement et sous une forme affaiblie. Cette brise de mer n’atteint pas Jabbeke et à peine la base de Coxyde en début de soirée. Les températures les plus chaudes sont relevées à Koersel (21,3°C), Coxyde (20,2°C), Stabroek (20,0°C) et Sint-Katelijne-Waver (20,0°C). Uccle manque de peu les 20°C avec 19,8°C. 23 mars 2022 Encore une journée parfaitement ensoleillée sous un ciel serein, à l’exception de quelques rares cumulus sur les reliefs. À Uccle, l’insolation de ces 23 premiers jours de mars s’élève déjà à 175h51, soir 50h06 au-dessus de la norme d’un mois de mars (complet). Cela signifie que d’ores et déjà, le mois est « anormalement » ensoleillé. Mais l’« exceptionnel » reste à portée de main dans les jours à venir. Un anticyclone, dont le noyau se trouve d’abord au nord du Danemark, descend un peu pour s’installer à l’ouest du Danemark. Les courants sont faibles chez nous ce qui, sous le soleil, permet aux températures de remonter jusqu’à des valeurs proches de 19°C en plaine et de 15°C sur les hauteurs. Passendaele atteint 19,7°C, suivi par Beitem et Kleine Brogel avec 19,5°C. Au littoral, une brise de mer de nord souffle une bonne partie de la journée, pas très forte mais suffisante pour limiter la température à 13°C en bordure de mer. Dans les dunes, la température monte d’abord jusqu’à 17°C vers midi, avant de redescendre, là aussi, sous l’influence de la brise de mer. L’air est à nouveau sec aussi, avec ici et là des humidités relatives tombant en dessous de 25% l’après-midi. 24 mars 2022 Le noyau anticyclonique s’est déplacé sur le sud de la Mer du Nord en s’éloignant des côtes du Danemark pour se rapprocher de celles de l’Angleterre. Le ciel est serein sur toute la Belgique et, sous un petit vent variable avec prédominance nord, les températures maximales atteignent 18 à 19°C en plaine et près de 15°C sur les hauteurs. L’air continue à être très sec, plus particulièrement sur le nord-est du pays où l’humidité relative tombe à 20%, l’après-midi, à Kleine Brogel. Beau temps avec une petite brume sèche. Webcam MB – Beausaint – 24 mars 2022 à 16h Au littoral, on observe une brise de mer de nord à nord-est, qui empêche la température de dépasser 14°C en bord de mer. Mais dès qu’on s’éloigne un peu de la mer, dans les dunes, la température remonte à 17°C. 25 mars 2022 L’anticyclone continue sa lente progression vers l’ouest et se retrouve centré sur les Îles Britanniques. L’air qui nous arrive est un brin plus frais et un brin plus humide, avec des maxima de 16 à 17°C en plaine et de 13 à 14°C sur les hauteurs. Mais le temps reste particulièrement ensoleillé. Tout au plus observe-t-on parfois, l’après-midi, quelques rares cumulus. Petits cumulus dans le ciel. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 25 mars 2022 à 14h Le vent souffle de nord à nord-est, ce qui favorise la brise de mer au littoral, avec des températures qui peinent à dépasser les 10°C en bord de mer sous un vent désagréable. Dans les dunes, avec 13°C, il fait moins frais sur le temps de midi, mais l’après-midi, le vent froid s’y fait sentir également avec, là aussi, à peine plus de 10°C. 26 mars 2022 L’anticyclone est à présent centré sur l’Écosse. Un front froid se situe, le matin, à la hauteur du Danemark et du sud de la Mer Baltique, et atteint le nord des Pays-Bas en cours d’après-midi. À l’avant de ce front, le vent bascule vers le nord-est, voire à l’est, et les températures remontent d’abord, pour atteindre des maxima de 18 à 19°C en plaine et de 14 à 15°C sur les hauteurs. À quelques très rares cirrus près, le ciel est à nouveau serein sur tout le pays. En fin de journée, le compteur de l’insolation s’établit à 209h26 à Uccle. On est donc tout près, désormais, du vieux record de 1931, qui est de 213h49. Le littoral a de nouveau connu un régime de brise de mer avec un vent plutôt désagréable. En bord de mer, un maximum de 13°C en fin de matinée, puis la température retombe à 10-11°C l’après-midi. Dans les dunes, on monte à 15°C en fin de matinée, mais l’après-midi, avec 12°C et un vent soutenu, il y fait à peine plus doux qu’en bordure immédiate de l’eau. 27 mars 2022 Le front froid nous aborde sous une forme très affaiblie en cours de matinée avant de s’immobiliser et de se désagréger sur le nord du pays. Un important champ de stratus accompagne ce front et coupe notre pays en deux pendant une bonne partie de la journée. Source : IRM Lors de son extension maximale, en matinée, le champs de stratus descend vers le sud presque jusqu’à Liège et Namur, et atteint plus ou moins Ath à l’ouest. Ce champ fond par la suite, pour débarrasser Bruxelles de son plafond bas en début d’après-midi, Les régions gantoise et brugeoise suivent peu après, tout comme les stations balnéaires de l’est de la côte belge. L’ouest doit attendre plus longtemps : La Panne ne voit ses premières éclaircies qu’en fin d’après-midi. Sur la moitié sud du pays, le temps est par contre ensoleillé toute la journée, avec quelques cumulus humilis l’après-midi sur les reliefs, se transformant rapidement en stratocumulus cumulogenitus. Dans ces régions, le temps est vraiment très doux pour la saison, avec 16°C sur les plus hauts plateaux et 19, voire 20°C dans les vallées. Hastière enregistre 19,9°C. En Gaume, la station MB de Torgny monte même jusqu’à 21°C. Au centre du pays, Braine-l’Alleud s’embrume sous le stratus entre 8h30 et 9h et devra attendre entre 12h30 et 13h pour qu’il se dissipe. On peut même dire, de façon précise, que Braine-l’Alleud s’éclaircit à 12h40 puisque la bordure du stratus est très nette. Après cela, le ciel devient parfaitement serein. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 27 mars 2022 à 12h40 À Bruxelles, il faudra même attendre jusqu’à 14h10 à Uccle pour les premiers rayons de soleil, et jusqu’à 15h30 à Schaerbeek. Par après, le ciel devient parfaitement serein à Bruxelles aussi. Les températures maximales, dans cette région, se situent autour de 14°C. Du côté de Liège, le ciel reste serein toute la journée à Dolembreux (Sprimont), alors qu’à Liers, un peu au nord de Liège, le ciel est très nuageux à couvert, avec temporairement même du brouillard, entre 9 et 14 heures. À Bierset, on n’observe un ciel brumeux et complètement gris qu’en fin de matinée. La température maximale, là, atteint un petit 15°C. La région côtière est particulièrement désavantagée, avec le stratus (souvent même de brouillard pur et simple) qui ne se lève qu’en milieu d’après-midi et une température qui ne dépasse pas 9°C. À La Panne, comme précisé plus haut, il faut attendre plus longtemps encore et ce, avec des températures similaires. Malgré la présence de ce stratus sur une partie du pays, englobant également Uccle, le record d’insolation pour mars est acquis pour cette station. Les 7h13 de soleil du 27 mars sont amplement suffisants pour dépasser les 213h49 de l’ancien record. Le compteur s’établit à présent à 216h39. Un autre record qui est déjà mathématiquement acquis est celui de l’humidité relative. Jusqu’à présent, elle s’établit à 61% pour les 27 premiers jours de mars, et même si les derniers jours devaient s’avérer très humides, les 67% du précédent record sont hors de portée. Pour la quantité de précipitations et le nombre de jours avec précipitations, il faut encore attendre un peu, mais au vu des prévisions, ces records (notamment celui de la quantité) restent possibles. 28 mars 2022 La petite portion d’air un peu plus frais à l’arrière du front froid, qui a affecté la veille la partie nord du pays, n’a pas subsisté très longtemps. En ce 28 mars, il n’en reste plus trace. Une zone de hautes pressions à plusieurs noyaux a certes pris une grande extension en couvrant une importante partie de l’Europe, mais n’est pas très puissante et s’affaiblit rapidement. En soirée, on peut déjà presque parler d’un marais barométrique. En même temps, un faible noyau dépressionnaire s’est dessiné sur le Golfe de Gascogne pour ensuite remonter vers la Bretagne. Cela a cependant suffi pour qu’une petite perturbation s’y forme. En Belgique, le temps est encore beau et doux avec quelques cirrus et quelques altocumulus, mais dès le milieu de l’après-midi, le ciel se voile de cirrostratus, d’abord très fins, puis progressivement plus épais jusqu’à parfois évoluer en altostratus translucidus en soirée, le tout accompagné encore de quelques altocumulus. Webcam MB – Cerfontaine – 29 mars 2022 à 18h40 Dans l’air plus humide, quelques brouillards matinaux ont également pu se former. Le littoral connaît également des stratus l’après-midi. Les températures, dans cette dernière région, n’ont pas l’occasion de monter très haut, avec des maxima de 11 à 13°C. Avec l’arrivée des brouillards et stratus maritimes les températures retombent même à 7-8°C dès le milieu de l’après-midi. Ailleurs il fait très printanier avec des maxima compris le plus souvent entre 17 et 18°C en plaine et à peine moins sur les hauteurs avec 16 à 17°C. Le sud du pays est particulièrement doux avec 20°C à Dourbes et jusqu’à 21°C à Lamorteau en Gaume. Là, l’air est aussi resté plutôt sec. La nuit, la nébulosité augmente encore à l’approche de la perturbation bretonne qui finit par frôler notre pays, mais à l’exception de l’une ou l’autre goutte, il ne tombe pas de précipitations. 29 mars 2022 L’influence anticyclonique s’efface de plus en plus de nos cartes météorologiques. Le matin, nous avons encore un peu de hautes pressions sur les Îles Britanniques d’une part, et sur l’Italie d’autre part, tandis que le soir, il faut aller chercher loin, sur l’Océan ou le Grand Nord, pour encore trouver des pressions élevées. Le temps sur nos régions est désormais déterminée par la dépression bretonne qui a finit par générer une perturbation plus organisée, sous la forme d’un vaste front stationnaire qui a ensuite généré à son tour de nouveaux petits noyaux dépressionnaires sur le Continent. Un autre front, plus marqué, reste encore au nord par rapport à notre pays. Source : KNMI La position du front fait en sorte que le sud du pays connaît déjà des précipitations. Bièvre relève 4,2 mm d’eau ; Saint-Hubert, 3,0 mm ; Gosselies, 2,7 mm ; Buzenol, 2,6 mm et Dourbes, 2,5 mm. Plus vers l’est, on mesure 1,4 mm à Gouvy et à Mont-Rigi. Ailleurs, il ne pleut pas, ou presque pas. Le pluviomètre d’Uccle reste toujours coincé à 1,6 mm… pour tout le mois ! Le ciel : tout le pays se retrouve sous un altostratus, davantage à tendance translucidus vers le centre et le nord, davantage à tendance opacus vers le sud. Dans les zones à précipitations, on voit aussi des stratocumulus et des fractus. Au-dessus des reliefs, l’un ou l’autre cumulus se forme en dessous de l’altostratus, avec une tendance ensuite à s’étaler. Sur l’extrême nord du pays, on voit des coins de ciel bleu entre les altocumulus qui, plus tard, sont surmontés de cirrostratus. Les températures restent assez douces pour la saison, avec 13 à 15°C en plaine et à peu près autant sur les hauteurs. En Gaume, dans les vallées ardennaises et en Entre-Sambre-et-Meuse, on observe jusqu’à 17°C. 30 mars 2022 La situation est grosso modo inchangée par rapport à la veille. Un front quasi-stationnaire ondule toujours quelque peu sur le sud de notre pays, un autre front à mouvement très lent ondule au nord, sur les Pays-Bas, le nord de l’Allemagne et les pays situés plus à l’est. Entre les deux, un autre front, très faible, s’est développé à son tour avant de se frontolyser. Source : KNMI Des températures nettement plus basses, maxima de 6 à 7°C en plaine, commencent à se dessiner au nord du front le plus septentrional, entre autres sur le nord de l’Allemagne et l’extrême nord des Pays-Bas. Le sud et l’est du pays connaissent à nouveau le plus de précipitations, avec par exemple 5,6 mm à Dourbes ; 4,8 mm à Mont-Rigi ; 4,2 mm à Strée (Huy) ; 4,0 mm à Bierset et 3,7 mm à Buzenol. Plus près du centre, Beauvechain relève 2,8 mm. Ailleurs, les précipitations sont faibles, mais déjà un peu plus présentes que la veille, avec partout quelques dixièmes de millimètre, voire un millimètre ou un peu plus. Uccle reçoit 0,3 mm et le compteur du mois de mars s’élève désormais à… 1,9 mm. Le ciel est à nouveau voilé d’altostratus, avec cette fois-ci davantage de « trous », c’est-à-dire des éclaircies accompagnées d’altocumulus. Parfois, des cumulus / stratocumulus se forment en dessous. Sur l’extrême nord du pays, le ciel est à nouveau plus lumineux avec altocumulus et cirrus, et formation de cumulus. Plus tard en après-midi, le ciel se voile là aussi. Le soir, il pleut faiblement en de nombreux endroits, y compris le nord du pays. Les températures baissent un peu, avec 12 à 13°C en plaine et, baisse plus forte, 9°C sur les hauteurs. 31 mars 2022 La perturbation la plus méridionale s’éloigne de la Belgique pendant que la plus septentrionale s’en approche. Le front froid de celle-ci aborde notre littoral dès la nuit, puis pénètre dans le pays sans parvenir à le traverser entièrement. En effet, le front ondule et forme un véritable retour d’est, dont la partie occluse reviendra sur notre pays au cours de la nuit suivante. Source : KNMI Il s’ensuit des types de temps très différents selon l’endroit du pays où l’on se trouve. La région côtière, entièrement dans l’air post-frontal, connaît des ciels superbes avec des ambiances dignes de l’Irlande, une alternance de ciels bleus et de ciels menaçants. En d’autres termes, il s’agit de la présence presque exclusive de cumulus et de cumulonimbus avec quelques bonnes averses, parfois accompagnées de grêle. Webcam MB – Le Coq – 31 mars 2022 à 14h45 et 15h00 L’après-midi, on retrouve aussi ce type de temps à Gand et, en fin de journée, également sur le centre et le centre-sud du pays. Sinon, le ciel est généralement très nuageux à couvert avec des stratocumulus évoluant sous un altostratus, ce dernier s’effilochant avec l’apparition des éclaircies, là où il y en a. On passe alors (parfois brièvement en soirée) à un ciel d’alternance. Sur les plus hauts plateaux, la journée est neigeuse avec fractus et parfois du brouillard lié aux nuages bas. Dans les Hautes-Fagnes, on observe de la neige au sol tout au long de la journée, avec une couche s’approchant temporairement des 10 cm en milieu de matinée. Mais à peine plus bas, l’enneigement devient rapidement incomplet et temporaire. À Wirtzfeld et à Sourbrodt, on observe une fine couche en début de matinée, qui fond, puis se renouvelle quelque peu en fin de journée. Du côté de l’Ardenne, on note une bonne averse de neige à Beausaint vers 19 heures, mais qui ne laisse que très temporairement quelques traces au sol. En fin de soirée, le retour d’est influence notre temps avec le début d’un épisode hivernal remarquable pour la saison. Au littoral, sous un vent fort, la pluie se transforme en neige dès la fin de la soirée avec des températures qui se rapprochent de 0°C. Toutefois là, ces températures remontent plus tard dans la nuit et la neige se retransforme en pluie. À Anvers, la pluie ne se transforme en neige qu’aux petites heures, mais forme une couche de 1 cm au sol le matin. À Bruxelles, on note à l’aéroport 2 cm de neige à 8 heures et à 11 heures. D’accord, tout cela concerne déjà avril, mais il s’agit d’un phénomène qui s’est mis en place à la fin du mois de mars et qui, surtout, contraste énormément avec la météo qui précède. Il faut savoir en plus qu’en avril, les couvertures neigeuses complètes sont très rares en Basse et Moyenne Belgique, et le fait que cela se produise pendant deux années consécutives, 2021 et 2022, rend la chose encore plus remarquable. À Uccle, une couche de plusieurs centimètres de neige (jusqu’à 4-5 cm en matinée) recouvre le sol et est encore complète à 14 heures. Source : IRM Il n’y en a cependant pas pour tout le monde. Il n’y a pas de neige au sol, par exemple, en Campine (sauf très localement) et en Entre-Sambre-et-Meuse (sauf très localement aussi), et peu ou pas de neige en Ardenne. Par contre bien des endroits en Flandre, mais aussi en Hainaut occidental ont été, au moins temporairement, bien blanchis. Conclusion Mars a tenu ses promesses et bien des records ont été battus, voire pulvérisés. Commençons par l’insolation. On a noté un total de 227h14 de soleil, faisant ainsi voler en éclats le précédent record de 213h49, datant de 1931. En outre, ce mois de mars a été plus ensoleillé qu’un mois d’été normal (autour de 200h). Un record corollaire est celui des jours peu nuageux à sereins, au nombre de 15 (précédent record : 14). Les précipitations : on a noté 2,2 mm d’eau pour l’ensemble du mois de mars, battant ainsi le précédent record (4,2 mm) datant de 1993. Tous mois confondus, un seul mois a été entièrement sec (0,0 mm) à Uccle, en l’occurrence avril 2007. L’humidité relative a été extrêmement basse aussi, avec 63%, ce qui établit un record pour ce paramètre aussi. Au niveau des températures, la moyenne des maxima journaliers a été particulièrement élevée, mais pas celle des minima, restée très proche des normes. La moyenne des maxima, de 13,7°C, se hisse à la deuxième place depuis le début des observations, ex-aequo avec 2017. Seul 2014 a fait mieux avec 14,2°C. Il s’ensuit un écart remarquable, pour un mois de mars, entre les températures nocturnes et diurnes puisque la moyenne des minima s’établit à 3,7°C pour une moyenne des maxima de 13,7°C. Encore une fois, si un mois exceptionnel en soi n’indique rien en ce qui concerne le réchauffement climatique, la répétition de tels mois est un signe allant dans ce sens. On semble bien avoir atteint une nouvelle phase de ce réchauffement climatique, dans notre partie du monde tout au moins, car en dehors des températures proprement dites, il y a bien d’autres paramètres qui commencent à en être affectés aussi et à présenter des écarts inédits. Notamment le régime des précipitations est à tenir à l’œil, étant donné qu’il s’agit du paramètre qui a peut-être le plus d’influence sur le maintien de notre mode de vie.
  8. cumulonimbus

    Mois de mars exceptionnel

    2e DÉCADE DE MARS 2022 11 mars 2022 Une perturbation, un front froid en l’occurrence, s’approche lentement de notre pays et finit par le traverser en soirée. Résultats des courses : 0,1 mm de pluie à Uccle et 0,2 mm à Zaventem. Ici et là, des stations parviennent même à dépasser le millimètre d’eau, avec 2,1 mm à Passendaele, 1,6 mm à Stabroek et 1,4 mm à Beitem. En d’autres termes, c’est vraiment sous une forme très affaiblie que le front passe. À l’avant, le temps est encore très doux, avec des maxima de 15 à 18°C en plaine (le plus au nord-est) et autour de 12°C sur les hauteurs, sous un vent de sud-est s’orientant au sud. En matinée, il fait beau avec des cirrus et des altocumulus ; l’après-midi, le ciel se voile de cirrostratus et d’altostratus avec, surtout à l’ouest, d’importantes nappes nuageuses en dessous, souvent un mix de cumulus et de stratocumulus. À l’est, le temps reste beau une grande partie de la journée et ne se voile que le soir. Le peu de précipitations commence à tomber l’après-midi au littoral et en soirée à l’intérieur des terres. Passé le centre du pays, il ne tombe plus rien. 12 mars 2022 Le front froid, ou ce qu’il en reste, se disloque complètement un peu à l’est de nos régions sous l’influence de l’anticyclone continental. D’autres perturbations, par la suite, tentent à leur tour leur chance, mais viennent mourir sur nos terres. À nouveau, on mesure ici et là quelques précipitations, le plus le long de la frontière française où l’on relève quelques cotes jusqu’à 3 mm. À Bruxelles, il ne tombe pas une goutte. Dans un air maritime post-frontal très dénaturé, qui nous arrive avec des vents de sud, les températures parviennent encore à grimper jusqu’à 12 à 15°C en plaine et 10°C sur les hauteurs. Le temps est quelques peu voilé avec cirrus et cirrostratus, parfois altostratus tandis que des cumulus se forment en dessous, qui évoluent ensuite en stratocumulus. Les quelques gouttes de pluie de la perturbation suivante arrivent en soirée au littoral, puis s’étendent au reste du pays, surtout la partie sud-ouest près de la frontière française où, comme dit plus haut, il pleut un peu plus. 13 mars 2022 Des restants de perturbations traînent sur notre pays, toujours bloqués dans leur progression par l’anticyclone continental. Le plus souvent, ces restants ne donnent pas grand-chose en termes de précipitations, mais le sud du pays est un peu mieux arrosé. Bièvre relève 5,5 mm ; Buzenol, 5,1 mm ; Saint-Hubert, 4,1 mm et Gouvy, encore 2,9 mm. Sur le reste du pays, les précipitations – quand précipitations il y a – restent le plus souvent inférieures à 1,0 mm. Le ciel est à nouveau voilé comme la veille, avec cirrus, cirrostratus et altostratus, et en dessous, une quantité variable d’altocumulus et de stratocumulus l’après-midi, et parfois aussi quelques cumulus qui tendent à se retransformer en stratocumulus. Quelques petites pluies tombent encore le matin sur le nord-est, puis les nouvelles (petites) pluies arrivent depuis le sud-ouest et s’avancent sur le pays la nuit. Grâce à des vents de surface de sud-est à sud, les températures montent bien, avec 15 à 17°C, localement 18°C en plaine (13 à 14°C au littoral) et 11 à 13°C sur les hauteurs. 14 mars 2022 On observe une tendance maritime temporaire grâce à un petit anticyclone mobile venu de l’ouest. De ce fait, les températures baissent un brin, avec des maxima de 13 à 15°C en plaine (11 à 12°C au littoral) et autour de 10°C sur les hauteurs, le tout sous des vents de sud-ouest, tendant vers l’ouest l’après-midi. Le matin, le sud-est du pays reçoit encore un peu de pluie, le plus en Gaume avec 2,2 mm à Buzenol. Par la suite, les éclaircies reviennent avec un beau ciel d’alternance, cumulus dans un beau ciel bleu. Les autres nuages sont rares, quelques cirrus tout au plus. En fin de journée, des stratocumulus se forment parfois suite à l’étalement des cumulus. 15 mars 2022 L’air maritime de la veille, à présent dégradé, nous influence encore à l’avant d’un front chaud qui ne progresse guère. Les vents, du coup, reprennent une composante orientale, en soufflant principalement du sud-est, puis de l’est. En raison des nuages, les températures maximales baissent un peu, pour se situer entre 11 et 13°C en plaine et entre 5 et 6°C sur les hauteurs. Le ciel est souvent fort voilé avec altostratus, parfois translucidus, parfois mêlé d’altocumulus, et en dessous un mix de cumulus et de stratocumulus. Parfois l’altostratus s’effiloche, avec alors des cumulus dans le ciel bleu des éclaircies. Le sud du pays, plus proche du front chaud quasi-stationnaire, connaît des précipitations parfois assez abondantes qui tombent, là, en matinée et à midi, avec 11,6 mm à Buzenol et même 12,0 mm à Saint-Hubert. D’autres stations du sud et de l’est du pays connaissent quelques bonnes pluies, donnant par exemple 9,6 mm à Gouvy ; 8,1 mm à Bièvre ; 7,5 mm à Florennes et 6,2 mm à Strée (Huy). Liège et Charleroi connaissent encore quelques 3 à 4 mm d’eau, sinon le centre et l’ouest ne reçoivent rien, ou presque rien. 16 mars 2022 Le front chaud passe, avec une portion d’air chaud qui nous promet une belle journée printanière ensoleillée et très douce. Seulement voilà, ces courants en provenance de l’Afrique du Nord transportent une masse de sable saharien, dont on a largement sous-estimé l’opacité. Ainsi, au lieu d’une journée printanière, c’est une journée étrange qui nous attend. Une journée qui commence sous un léger voile de cirrus, voire de cirrostratus, mais bien vite, les nuages cessent d’être identifiables et le ciel prend une teinte uniforme, d’un gris plus ou moins jaunâtre selon les endroits : du sable du Sahara nous arrive en masse et empêche grandement le soleil de briller. Parfois on le voit apparaître comme au travers d’un altostratus translucidus, mais ce n’est pas tout à fait ça. Le soleil tout comme la luminosité sont bizarres. Ici et là, on parvient toutefois encore à deviner quelques altocumulus. Les températures en prennent un coup. Au lieu des 17 à 20°C prévus, le thermomètre reste coincé entre 12 et 13°C à peu près partout en Basse et Moyenne Belgique. En Haute Belgique, dès 400 mètres d’altitude, on atteint même plus les 10°C, avec quelques 8°C sur les plus hautes plateaux. En plus, l’air est paradoxalement humide dans les basses couches. En altitude en air libre, on s’attendrait à des températures hyper-élevées avec tout ce sable qui semble venir en droite ligne du désert, mais ce n’est même pas le cas. Il y fait plus chaud, certes, que les normes saisonnières, mais rien extraordinaires : 5°C au niveau 850 hPa vers 1520 mètres et –19°C au niveau 500 hPa vers 5660 mètres. Une analyse des cartes d’altitude nous montre que ce sable nous parvient en fait du sud-ouest après un long détour, notamment au niveau de l’Espagne, où des vents d’altitude de sud-est se sont par la suite infléchis vers le sud-ouest une fois arrivés sur le Golfe de Gascogne. C’est vrai qu’en Espagne, le phénomène a été bien plus spectaculaire qu’ici, avec notamment des ciels tout jaunes. Chez nous, c’est bien plus monotone, mais quelque peu inhabituel quand même, surtout quand le soleil parvient à percer. Soleil qui perce à Xhoffraix, le 16 mars 2022 à 12h. Crédit photo : Alexis Papapanayotou En cours de journée, à un moment difficile à définir (vers le milieu de l’après-midi à Bruxelles), un vrai altostratus se même au « nuage » de sable et la nuit, le passage d’un front froid met partiellement fin au phénomène. 17 mars 2022 À l’arrière du front froid, un anticyclone maritime commande un air plus humide, mais du sable persiste dans la haute atmosphère. En plus, ce front, comme ses prédécesseurs, est fortement ralenti dans sa progression et l’altostratus de la partie arrière de la perturbation est exceptionnellement bien délimité sur une ligne qui ne bouge presque pas. Source : NASA via Météociel Ci-dessous, nous pouvons suivre, à Bruxelles, ce petit jeu de yo-yo auquel se livre la limite des nuages, qui en six heures n’aura pas bougé de façon significative. En dessous, une faible instabilité génère quelques cumulus. Webcam MB – Bruxelles (Schaerbeek) – 17 mars 2022 à 12h, 14h, 16h et 18h À l’ouest des nuages, donc grosso modo à l’ouest d’une ligne Courtrai – Gand – Anvers, le temps est beau avec, en matinée, quelques stratocumulus et cumulus qui se dispersent ensuite pour faire place à un ciel serein. À l’est de la ligne précitée, après des stratocumulus en matinée, le ciel reste voilé de cirrostratus et d’altostratus, avec une bande de ciel bleu à l’horizon vers l’ouest, plus ou moins large selon la distance par rapport à la limite des nuages. Au coucher du soleil, ce voile est éclairé par le bas et prend des couleurs enflammées, avec des « undulatus » qui deviennent fort visibles. La présence d’un restant de sable du Sahara dans l’atmosphère renforce encore les couleurs. Flawinne le soir du 17 mars 2022. Crédit photo : Benjamin Kampouris (Belgorage). Les températures : maxima de 10 à 11°C en plaine (9 à 10°C au littoral) et 4 à 6°C sur les hauteurs. Le vent : d’ouest à nord-ouest, puis de nord-ouest à nord. Les précipitations : un peu de pluie et de bruine aux petites heures, se déplaçant d’ouest en est, dernières pluies quittant l’est en matinée. Le passage du front durant la nuit du 16 au 17 mars n’a donné que de faibles pluies, partout inférieures à 1,0 mm. 18 mars 2022 Une nouvelle journée très ensoleillée se présente, avec un ciel serein partout dans le pays, si ce ne sont que de rares nuages lointains, juste au-dessus de l’horizon. Un très puissant noyau anticyclone se déplace vers le nord et dessèche à nouveau l’air sur nos régions. La pression atmosphérique est d’ailleurs remarquable, avec une valeur de 1043,2 hPa atteinte à Uccle. Les températures : après un matin froid et des gelées répandues, les maxima atteignent l’après-midi 14 à 15°C en plaine (12 à 13°C au littoral) et 10 à 12°C sur les hauteurs. L’air est à nouveau très sec sur le sud-est du pays, avec une humidité relative de 20% à 15 heures à Saint-Hubert. Le vent, quant à lui, souffle d’est à nord-est. 19 mars 2022 Un anticyclone centré sur le nord du Danemark nous envoie des courants continentaux. Le ciel est serein sur tout le pays, à l’exception de l’extrême est, où l’on observe quelques stratocumulus cumulogenitus. Les températures maximales se situent entre 14 et 15°C en plaine et entre 9 et 11°C sur les hauteurs. Et à nouveau, l’air est fort sec, avec par exemple un taux d’humidité de 24% à 17 heures à Uccle. Une goutte froide très marquée en altitude, encore sur la Tchéquie le matin et sur le centre de l’Allemagne le soir, nous préparera une belle surprise pour le lendemain. 20 mars 2022 La goutte froide se trouve exactement sur Bruxelles. Source : modèle WRF NMM via Météociel Au niveau 850 hPa (vers 1520 mètres d’altitude), la température dégringole jusqu’à –6°C et… il neige à l’aéroport de Bruxelles ! Aéroport de Bruxelles-National (côté Steenokkerzeel) le 20 mars 2022 vers 8h30. Crédit photo : Michael Baillie (Belgorage) Des averses de neige, en début de matinée, sont observées en pas mal d’endroits, accompagnées d’une brève, mais parfois importante chute des températures. À l’aéroport de Bruxelles, au vu des METAR, la température était encore de 3°C à 7h50 pour dégringoler à 0°C à 8h50. Il n’est donc pas étonnant que le paysage blanchisse soudain pour un petit temps. Ici et là, on observe aussi un enneigement temporaire ailleurs en Basse et Moyenne Belgique, comme par exemple à Perwez et à Longueville (Brabant Wallon). En Haute Belgique, où la goutte froide arrive un peu plus tôt, bien des habitants se réveillent dans un environnement tout blanc. Une fine couche de neige est notamment observée sur les Hautes-Fagnes et les Cantons de l’Est, comme par exemple, à Mont-Rigi, Wirtzfeld, Weisser Stein, Bullange, Burg-Reuland, Saint-Vith et Malmédy. Webcam MB – Burg-Reuland – 20 mars 2022 à 6h47 En Flandre, la goutte froide arrive plus tard mais occasionne, ici et là, aussi des chutes de neige. Gand se retrouve tout blanc à 10 heures, tandis que la station météorologique voisine de Melle observe une température qui passe de 4,0°C (9 h) à 1,7°C (10 h), et peut-être encore un peu plus bas au plus fort des averses. Toutefois, aussi spectaculaires que ces averses de neige matinales aient pu paraître, elles n’ont donné que peu de précipitations. Au plus, elles ont donné 2 mm. À Uccle, 1,5 mm se sont seulement ajoutés aux… 0,1 mm préexistants, ce qui ramène le compteur à 1,6 mm sur les 20 premiers jours de mars. En surface, la goutte froide est à peine visible sur les cartes météorologiques, juste un petit thalweg avec, à un certain moment, un petit noyau de pression moins haute au sein de la bordure occidentale d’un anticyclone continental. À Zaventem, la pression descend au plus « bas » quelques heures après les averses de neige avec 1026,8 hPa à 12h. Le temps : Sur l’est du pays, le temps redevient assez beau dès le matin, avec encore des altocumulus castellanus, témoins de la grande mais temporaire instabilité de l’air. Par la suite, on observe de belles éclaircies, mais aussi des cumulus et des stratocumulus, avec à nouveau une convection un peu plus marquée vers la fin de la journée. Au centre du pays, les cumulonimbus matinaux font place à un temps variable avec cumulus – parfois aussi accompagnés de stratocumulus d’étalement –, devenant graduellement beau l’après-midi. Du côté de Gand, le temps est d’abord beau le matin avant que n’arrivent les averses en milieu de matinée, suivies de pas mal de stratocumulus. Mais l’après-midi, le ciel se dégage là aussi, avec encore quelques cumulus. Les températures ont quelque mal à se remettre de ce petit coup de froid et restent souvent assez basses pour la saison, cependant avec des disparités. À Uccle, la température ne dépasse pas 8,3°C, mais on observe 11,3°C à Bierset et même 14,5°C à Hastière. Sur les Hautes-Fagnes, Mont-Rigi est, avec 6,8°C, à peine plus froid qu’Uccle. Conclusion La deuxième décade de mars a été plus mitigée, avec quelques phénomènes qu’on peut même qualifier de très particuliers, mais elle a donné peu d’eau. À Uccle, il s’agit de 1,6 mm de précipitations. Au vu des prévisions qui, à peu de choses près, n’annoncent pas de précipitations, l’on pourrait bien s’acheminer vers un record de sécheresse. Trois autres paramètres vont dans le même sens : le nombre de jours avec précipitations, l’humidité relative et l’insolation. Si, grâce à des précipitations relativement abondantes en janvier et février, l’indice de sécheresse ne présente encore rien d’alarmant, il convient cependant de surveiller l’évolution de ce paramètre.
  9. cumulonimbus

    Mois de mars exceptionnel

    1re DÉCADE DE MARS 2022 1er mars 2022 Une perturbation frontale tente encore d’aborder notre pays, mais est fortement ralentie par un anticyclone sur la Pologne. Un peu de pluie parvient à se propager jusqu’au centre du pays en matinée, avec stratocumulus et fractus sous un voile d’altostratus. Sur l’est du pays pendant toute la journée, sur l’ouest l’après-midi seulement, le temps est sec avec (excepté au littoral) des éclaircies avec voile de cirrus, cirrostratus et altostratus, accompagné d’altocumulus. L’air est d’ailleurs déjà fort sec sur l’est du pays. Vers la fin de la journée, on revoit des stratocumulus. Les températures se situent, l’après-midi, entre 9 et 11°C en plaine et autour de 7°C sur les hauteurs sous un vent de sud, qui tend vers le sud-est. 2 mars 2022 Une autre perturbation tente de traverser notre pays, mais échoue aussi devant les hautes pressions continentales. Le ciel est globalement plus nuageux sur l’ouest que sur l’est du pays avec, au littoral, de petites pluies une partie de la journée. Là, le ciel est couvert avec stratocumulus parfois accompagné de fractus. À l’intérieur des terres, le temps est assez beau quoique voilé avec cirrus et cirrostratus, parfois aussi altostratus, le tout s’effilochant l’après-midi pour laisser la place à de belles éclaircies avec cirrus et altocumulus. L’est du pays se trouve toujours en air très sec. À Elsenborn, l’humidité tombe à 23% à 13 et à 15 heures, tandis que Mont-Rigi tombe même à 21% à 14 heures. Les températures : maxima de 10 à 12°C en plaine, 7°C sur le Plateau ardennais mais 10°C sur les Hautes-Fagnes. Le vent souffle d’est à sud-est, et s’oriente plus tard à l’est à nord-est. 3 mars 2022 Notre temps est désormais aux prises d’un anticyclone qui a développé un noyau sur la Scandinavie. Le temps est à présent très beau, avec parfois quelques cirrus. Seuls le littoral et, parfois, la frontière belgo-française connaissent un ciel plus nuageux, avec cirrus et altocumulus. Le vent souffle d’est à sud-est et l’air reste très sec sur l’est du pays, avec à 13 heures 22% d’humidité relative à Mont-Rigi et à Elsenborn. Ce même taux est observé à Spa à 14 heures. Les températures atteignent 12 à 14°C en plaine et se situent autour de 12°C sur les hauteurs. Localement, on atteint 15°C dans le sud. 4 mars 2022 C’est toujours l’anticyclone scandinave qui détermine le temps sur nos régions. Le ciel est serein toute la journée sur presque tout le pays. Seuls le littoral et l’extrême ouest du pays connaissent à nouveau un ciel plus nuageux, avec stratocumulus évoluant en cumulus, surmontés de cirrus et d’altocumulus. Ces altocumulus arrivent jusqu’en région gantoise le soir. Toute la moitié est du pays se trouve dans un air très sec, avec l’après-midi des taux d’humidité souvent inférieurs à 30%. À Schaffen par exemple, on mesure 25% d’humidité relative à 17 heures. Sous un vent d’est à sud-est, les températures fraîchissent un tout petit peu pour atteindre des maxima de 11 à 13°C en plaine et de 8 à 9°C sur les hauteurs. Dans certaines vallées, on observe encore 14°C. 5 mars 2022 Un anticyclone se trouve sur le sud de la Scandinavie et un autre se trouve l’Irlande. Le second gagne du terrain au détriment du premier. Le ciel est à nouveau serein toute la journée sur presque tout le pays. Seuls l’ouest de la côte belge et l’extrême ouest du pays connaissent une fois encore un temps plus nuageux voire couvert, cette fois-ci avec des stratus se dissipant difficilement et se transformant par la suite en stratocumulus. Températures : fort froid le matin avec gelées répandues, jusqu’à –4°C en plaine. Les maxima atteignent 10 à 12°C en plaine (8°C au littoral) et tournent autour de 7°C sur les hauteurs. En soirée, sous un vent qui s’oriente partout au nord à nord-est, il refait fort frais. L’air est à présent fort sec au centre et au nord du pays, avec à Anvers 26% d’humidité à 16 heures 6 mars 2022 Un anticyclone sur les Îles Britanniques favorise l’arrivée d’une portion d’air continental plus froid. Sous des vents de nord-est aussi un brin plus humides, des cumulus parviennent à se former l’après-midi, qui buttent contre une inversion marquée vers 1700-1800 mètres d’altitude et s’aplatissent avant de se disloquer en stratocumulus cumulogenitus. Au-dessus, on voit aussi quelques cirrus et altocumulus. Il fait fort froid le matin avec des gelées très répandues, jusqu’à –4 voire –5°C localement en plaine. L’après-midi, le vent de nord-est reste froid et les maxima ne dépassent guère 7°C en plaine (6°C au littoral) et 3 à 4°C sur les hauteurs. Vent froid et plaques de neige, datant de février, donnent un petit air d’hiver au Centre Nature de Botrange. Crédit photo : Alexis Papapanayotou 7 mars 2022 L’anticyclone britannique se déplace vers la Mer du Nord puis le Nord de l’Allemagne. Le temps est beau partout mais froid avec, après des gelées nocturnes généralisées et, en journée, pas plus de 6 à 7°C en plaine et 2 à 3°C sur les hauteurs. En plus le vent d’est, qui souffle par rafales surtout en Haute Belgique, renforce cette impression de froid. Le temps est serein partout, hormis au littoral où l’on observe quelques fractus en matinée et quelques cirrus. 8 mars 2022 Un repositionnement de l’anticyclone sur le continent nous ramène un air continental plus doux. L’après-midi, les températures remontent à 10 à 12°C , localement 13°C en plaine (9 à 10°C au littoral) et à 6 à 7°C sur les hauteurs. Toutefois le vent de sud-est, qui souffle toujours par rafales, notamment sur les hauteurs, donne dans cette région une grande impression de fraîcheur. Le ciel, quant à lui, est parfaitement serein à l’exception de rares cirrus. 9 mars 2022 Une zone de hautes pressions, s’étendant de la Méditerranée au nord-ouest de la Russie, commande un flux d’air méridional. Les maxima, en forte hausse, s’élèvent à 14 à 16°C, localement 17°C en plaine et à 10 à 11°C sur les hauteurs. Le vent souffle de sud-est à sud et le ciel est parfaitement serein sur tout le pays, à l’exception quelques cumulus (fractus) en fin d’après-midi au littoral, plus particulièrement sur l’ouest de la côte belge. Webcam de Floriffoux : comme partout ailleurs dans le pays, le ciel est magnifiquement bleu à Floriffoux 10 mars 2022 Nous restons dans un flux méridional commandé par les hautes pressions continentales. C’est le vrai printemps avec des maxima de 16 à 18°C en plaine et de 12 à 13°C sur les hauteurs. En plus, à part de rares cirrus, le ciel est serein partout. Conclusion Cette décade bat le record d’insolation à Uccle avec 86 heures et 44 minutes de soleil. En outre, aucun nuage n’a été observé dans le ciel bruxellois, en journée, les 4, 5, 7, 8 et 9 mars (données d’Uccle et de Zaventem). En plus de cela, le compteur des précipitations est resté à 0 millimètre. Plusieurs jours, les températures étaient déjà fort agréables, d’autres jours étaient encore un peu froids, mais restaient agréables en plein soleil. Ces contrastes, se compensant l’un l’autre, ont cependant fait en sorte que d’un point de vue thermique, cette 1re décade de mars est restée fort proche des normes saisonnières.
  10. cumulonimbus

    Mois de mars exceptionnel

    UN MOIS DE MARS EN PASSE DE DEVENIR EXCEPTIONNEL Le mois de mars 2022 est en passe de devenir exceptionnel sur deux paramètres, la sécheresse et l’insolation, où les records sont désormais à portée de main. En matière de déficit de précipitations, le record mensuel est de 4,2mm à Uccle en 1993. Or jusqu’à présent (20 premiers jours de mars), on n’a mesuré que 1,6 mm et selon les prévisions, il ne pleuvra guère, voire pas du tout jusqu’à la fin du mois. En matière d’insolation, le record est de 213h49 à Uccle en 1931. Cette année, le record a déjà été battu lors de la première décade de mars avec 86h44 à Uccle. Puis nous avons eu quelques jours plus mitigés, mais le soleil semble bien de retour à présent et le compteur, à Uccle, s’élève déjà à 144h39 pour les 20 premiers jours de mars. En plus, la troisième décade est prometteuse et le record pourrait bien être battu en fin de mois. En attendant, voici déjà un aperçu, au jour le jour, de ce mois si particulier.
  11. Au vu de la tournure exceptionnelle qu'est en train de prendre le mois de mars 2022, au niveau non seulement de l'insolation et de la sécheresse, mais aussi d'un tas de petits événements météorologiques significatifs, un article paraîtra prochainement sur le forum sur tous ces événements.
  12. cumulonimbus

    Une météo de rêve

    UNE MÉTÉO DE RÊVE Pendant une semaine, du 2 au 8 septembre 2021, la Belgique a connu une météo de rêve, avec plein soleil sans l’inconvénient de températures excessives comme en 2020 (encore 34-35°C en Basse et Moyenne Belgique, ainsi que dans les vallées le 15 septembre 2020). L’automne 2021, après un été que d’aucuns considèrent comme complètement pourri, nous offre un temps très lumineux en son début. Les hautes pressions, qui se trouvaient encore trop à l’ouest à la fin du mois d’août (temps frais et précipitations parfois conséquentes à l’est du pays, jusqu’à 51 mm en 48 heures à Mont-Rigi), se placent de façon très favorable par rapport à nos régions dès le mois de septembre. Le premier du mois, il faut encore être patient, avec de la fraîcheur humide et des nappes de stratocumulus étendues, sauf sur la Gaume où il fait déjà beau. À partir du 2, c’est tout le pays qui profite du soleil. Voici en détail le déroulement de ces journées. 2 septembre 2021 Un anticyclone à présent centré sur l’Écosse, avec crête vers l’Allemagne, détermine le temps sur nos régions. Les vents soufflent généralement de nord-est, mais tendent à souffler d’est à sud-est en Haute Belgique. Le temps est beau avec parfois du brouillard matinal, puis un ciel bien bleu avec ici et là quelques bancs d’altocumulus. L’après-midi, des cumulus se forment et tendent à rester très plats avant de se transformer en stratocumulus cumulogenitus et de se résorber. Au littoral, des stratocumulus résiduels sont encore responsables d’une ambiance grise en matinée. Les températures minimales descendent jusqu’à 3°C dans certaines vallées, sinon se situent vers les 10°C en bien des endroits du centre du pays, et ne descendent même pas en dessous de 15°C sur le nord et l’ouest du pays (localement 17°C au littoral). Les maxima, encore modestes, se situent autour de 19°C au littoral, de 21 à 22°C en plaine et de 19 à 20°C sur les hauteurs. 3 septembre 2021 L’anticyclone s’est scindé et comporte désormais deux noyaux principaux, l’un toujours proche du nord des Îles Britanique et l’autre, sur le sud-est de l’Europe. Chez nous, cela n’apporte presque aucun changement au niveau des vents. Ceux-ci continuent à souffler de nord-est en plaine et d’est à sud-est (voire de sud) sur les hauteurs. Les températures minimales redescendent à 3°C dans certaines vallées de Haute Belgique, sinon sont souvent voisines de 10°C. Au littoral, la nuit reste douce avec 14 à 16°C. En journée, c’est l’inverse. Sous l’influence d’une brise de mer de nord-nord-est, les températures côtières ne dépassent pas 20 à 21°C. À l’intérieur des terres par contre, on note une nette hausse, avec 24 à 25°C en plaine et 22 à 23°C sur les hauteurs. Après quelques brumes matinales éparses, le ciel est serein ou presque sur toute la Belgique. Tout au plus note-t-on quelques petits cumulus humilis ici et là, et quelques fractus maritime en fin de journée au littoral. Un mot sur la brise de mer au littoral. En raison de l’été assez frais, la température de l’eau de mer (18,5°C) ne bat pas des records. La montée des températures à l’intérieur des terres crée donc une situation plus estivale qu’automnale, avec une bonne brise de mer le long de la côte. En après-midi à Zeebruges, la température redescend à 18-19°C sous un bon vent de nord-nord-est soufflant à 30 km/h avec des rafales jusqu’à 40 km/h, voire un peu plus, ce qui donne une sensation de grande fraîcheur. 4 septembre 2021 La partie maritime de l’anticyclone scindé reprend le dessus, avec des noyaux sur la Mer du Nord et sur la Scandinavie. Cette influence maritime nous vaut une nuit plutôt douce avec des minima souvent de 12 à 13°C, et même de 14 à 15°C au littoral. En Haute Belgique, la situation est plus contrastée. En altitude, au-dessus de l’inversion, c’est l’air continental méridional qui prédomine avec des minima qui ne descendent pas en dessous de 14°C sur les Hauts Plateaux. Dans certaines vallées par contre, suite au rayonnement, les minima descendent jusqu’à 4 ou 5°C ! En journée, l’inversion a parfois du mal à se résorber en raison de cette infiltration maritime. De ce fait, les brumes et stratus sont coriaces et persistent toute la matinée sur l’ouest, le nord et même le centre du pays. Ailleurs il fait beau dès le matin, mais avec de nombreux altocumulus castellanus. L’après-midi, il fait beau partout avec encore quelques altocumulus. Sur les reliefs, on note une petite instabilité avec des cumulus se développant jusqu’au stade mediocris, voire congestus. Webcam MB – Schaerbeek – 4 septembre 2021 à 9h30 Webcam MB – Cerfontaine – 4 septembre 2021 à 9h30 Les températures restent modestes au littoral et en plaine, sous l’inversion, avec respectivement 19-20°C et 20-22°C. Sur les Hauts Plateaux, il fait plus doux avec 22-23°C tandis qu’on note jusqu’à 26°C dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. Les vents, qui depuis quelques jours déjà soufflent de sud-est sur les reliefs et de nord-est en plaine, sont d’ailleurs favorables au maintien de cette inversion. 5 septembre 2021 L’anticyclone, dorénavant, est centré sur la Baltique et tend à se déplacer vers la Pologne. Les températures nocturnes restent contrastées, avec 6°C dans certaines vallées et 13-14°C sur les plateaux. En plaine, les valeurs sont proches de celles des plateaux (avec même localement 16°C au littoral), sauf au nord-est où les minima descendent à 8-10°C. En journée, l’inversion se résorbe cette fois-ci, avec à nouveau 24-25°C en plaine et jusqu’à 27°C sur l’ouest et le sud-ouest du pays. Sur les Hauts-Plateaux, les températures arrivent à 22-23°C. Au littoral, la brise de mer est faible et peu pénétrante, sauf parfois sur le front de brise de mer. En bordure immédiate de la mer, la température ne dépasse pas 22°C, mais elle monte déjà à 25°C dans les dunes. À l’aéroport de Middelkerke, un front de brise de mer donne quelques petites rafales en fin d’après-midi. Le ciel est bleu, avec souvent encore des altocumulus castellanus en matinée. Sur les reliefs, une petite instabilité persiste avec formation de cumulus mediocris l’après-midi, atteignant parfois le stade de congestus. 6 septembre 2021 L’anticyclone principal est désormais centré sur l’est de la Pologne tandis qu’un nouveau petit noyau se forme sur le sud de la Mer du Nord. Malgré un ciel parfois un peu voilé (cirrus s’épaississant temporairement l’après-midi ou le soir, selon les régions), le temps reste très agréable et surtout très doux. En après-midi, des cumulus se forment à nouveau sur les reliefs. La nuit, sur la plupart des régions, est déjà douce avec des minima compris entre 10 et 13°C. Seules quelques vallées connaissent à nouveau une grande fraîcheur matinale avec près de 5°C. En après-midi, les températures maximales atteignent généralement 25 à 27°C en plaine et 22 à 24°C sur les hauteurs. La brise de mer n’est pas très développée. En bordure immédiate de mer cependant, la température ne dépasse pas 22-23°C. Ci-dessous, ciel très particulier, le soir, en raison des cirrus parfois épais. Crédit photo : Kevin Mélot 7 septembre 2021 L’ancien noyau anticyclonique s’est déplacé jusque sur l’Ukraine, le nouveau se trouve sur le nord de l’Allemagne. Le vent souffle à présent d’est, et encore de sud-est sur les hauteurs. Le temps est à nouveau très beau, avec certes encore des cirrus, mais moins que la veille. Les températures minimales restent froides dans certaines vallées (5 à 6°C), sinon sont douces, surtout sur les plateaux (13 à 14°C tant en Ardenne qu’en Moyenne Belgique). Au littoral à Zeebruges, le minimum ne descend pas en dessous de 17,2°C. Ci-dessous, les contrastes thermiques matinaux sont rendus bien visibles par la brume dans les vallées. Environs de Jalhay – crédit photo : Xavier Van Brackel En journée, il fait chaud pour la saison, mais sans excès, avec 26 à 28°C en plaine et 24°C sur les hauteurs. Au littoral, une faible brise de mer de nord-est intervient l’après-midi aux environs immédiats de l’eau, avec une température qui baisse quelque peu jusqu’à 23-24°C. À peu de distance de la mer, cette brise ne se fait plus du tout sentir. Tant l’aéroport de Middelkerke que la base de Coxyde connaissent des températures maximales de l’ordre de 28°C. 8 septembre 2021 Les pressions restent élevées sur le Continent, mais l’activité dépressionnaire, en provenance de l’Océan, se rapproche de plus en plus. Un premier front, situé le matin sur l’extrême ouest de la France, s’est avancé jusqu’au milieu de France en cours de journée. Il n’en est pas moins que c’est la journée la plus estivale de la série (mais toujours sans excès). Après une nuit encore très localement froide le long des frontières allemande et luxembourgeoise (5 à 6°C dans les vallées), mais douce partout ailleurs (jusqu’à 17,1°C à Bierset), les maxima diurnes s’élèvent à 27-29°C en Basse et Moyenne Belgique, et à 22-24°C sur les Hauts Plateaux. Le ciel est le plus souvent serein. Ici et là, on note quelques cirrus et, l’après-midi et le soir, localement aussi des altocumulus. Le vent général d’est à sud-est empêche toute brise de mer. Sur l’ouest de la Côte Belge, on n’est pas loin de 30°C ! 9 septembre 2021 C’est déjà fini. Aux petites heures, de l’activité orageuse se manifeste déjà à nos portes, en France juste au sud de la Botte du Hainaut. De nouveaux orages se développent, à nouveau sur la France, en après-midi et touchent la Flandre Occidentale dès 15 heures. Ces orages se propagent ensuite sur bien des régions de la Belgique durant l’après-midi et le soir. Bruxelles, par exemple, est touchée vers 19h30. Grâce à de belles éclaircies, les températures parviennent à monter encore assez haut sur l’ouest ainsi que le nord et le nord-est du pays avec 25 à 27°C. Ailleurs les nuages arrivent plus vite et les maxima sont moins élevés. Conclusion En météo comme dans les actualités générales, ce sont souvent les extrêmes et les catastrophes qui sont épinglés, et moins souvent les bonnes choses. La période du 2 au 8 septembre 2021 n’a présenté aucun extrême, mais combien il était agréable de se faire une terrasse par ce temps tiède ! Le Belge, en tant que bon râleur, se plaint souvent du temps, notamment par la fameuse phrase : « chez nous, c’est tout ou c’est rien ! ». Et il a raison ! Combien de fois, surtout ces dernières années en été, la canicule arrivait dès que le soleil se pointait. Et s’il ne faisait pas chaud, c’est qu’il n’y avait pas de soleil non plus. En septembre, c’est déjà plus facile d’avoir du soleil et des températures agréables, mais ce n’est pas gagné d’avance non plus. Il suffit de voir 2020, avec la chaleur extrême qu’on s’est tapée à la mi-septembre. Pour terminer, voici l’évocation de la plus belle année que la Belgique n’ait jamais connue sur le plan météorologique, en l’occurrence 1959. Cette année-là, le temps s’était mis au soleil dès le 27 janvier, avec de la douceur en journée et, sur le plateau des Hautes-Fagnes au-dessus de l’inversion, on montait même jusqu’à 13°C ! Et ce fut le point de départ de la période la plus extraordinaire qui s’est produite chez nous. En février, tous les records d’insolation ont été pulvérisés en Haute Belgique. À Spa, Botrange et Saint-Hubert, l’insolation se rapprochait des 200 heures, ce qui était digne d’un mois d’été. Et le tout sous une douceur fréquente, avec de nombreux jours au-dessus de 10°C et certains avec presque 15°C. Les plaines, en raison de l’inversion presque constante, étaient moins privilégiées avec froid et brouillard, mais une insolation restant malgré tout au-dessus des normes de février. À la fin du mois, l’inversion s’est résorbée partout et on atteignaint 18-19°C (!) en bien des endroits. Mars et avril ont été de véritables mois de printemps, avec soleil et douceur et des 20°C souvent dépassés, surtout en avril. Mai a continué sur la même lancée : du soleil et des températures souvent comprises entre 20 et 25°C, en dépit de quelques brefs retours de la fraîcheur. Que vouloir de mieux comme antichambre de l’été. Le mois de juin a été inondé de soleil, et pourtant jamais trop chaud. Tout au long du mois, à l’exception de quelques pointes très locales, les 30°C n’ont jamais été atteints ! Juillet a été plus ensoleillé encore et reste jusqu’à ce jour le mois de juillet le plus ensoleillé à Uccle depuis 1887. Le 9 juillet, on a observé 35 à 36°C sur une grande partie du pays et jusqu’à 38°C du côté de Liège, ainsi que localement en Campine. Ce fut la seule journée de chaleur vraiment excessive de l’année 1959. Le reste du temps, les températures ont été on ne peut plus agréables, avec 22-23°C au cours des périodes un peu plus fraîches, et 26-27°C au cours des périodes un peu plus chaudes. Août a été un peu moins ensoleillé mais se défendait bien parmi les mois d’été belges. Et avec des températures un peu supérieures aux normes saisonnières, une bonne terrasse n’était toujours pas de refus. Septembre... Quel septembre ! Tous les records d’insolation ont été à nouveau pulvérisés. Presque partout dans le pays, on se rapprochait des 300 heures d’insolation. Avec les journées de septembre déjà bien plus courtes qu’en été, cela signifie qu’en termes de pourcentage d’insolation (par rapport au total possible), on a battu les records tous mois confondus, en se plaçant même devant avril 2007 que d’aucuns croient le plus ensoleillé de tous les temps. Et pourtant, jamais la température n’a été excessive. Les 11 et 12 septembre, on atteignait les 30°C en certains endroits, sinon on était souvent proches de 25°C au début du mois, et de 20°C vers la fin du mois. En octobre, soleil et douceur étaient toujours là. Les 10 premiers jours du mois, le soleil brillait près de 10 heures par jour en moyenne, et même davantage en Haute Belgique. Le tout par des températures le plus souvent comprises entre 20 et 25°C, et proches de 20°C sur les Hauts Plateaux. Par la suite, l’automne s’est certes invité un peu, mais le temps était loin d’être mauvais. Novembre, enfin, est devenu plus humide et décembre a récupéré son temps belge, gris, pluvieux et un peu trop doux pour un mois d’hiver. Et pourtant, malgré cette fin un peu plus maussade, combien d’entre nous signeraient à deux mains pour revivre une année comme 1959 ? La place de Brouckère en 1959
  13. 2021 : une année particulièrement pourrie ? Ça commence mal ! Janvier est déjà remarquable par sa pluviosité et son manque d’insolation. Puis arrive février avec un coup de froid, suivi d’un printemps trop froid et de la neige sur tout le pays en avril. Mais c’est surtout à partir du mois de mai que le moral des gens baisse : insolation déficitaire, pluviosité excessive et souvent exceptionnelle tandis que les journées chaudes et ensoleillées se font de plus en plus rares. Et pourtant… Nous allons voir de quoi notre climat était capable jadis, au 19e siècle. L’année 1888, avec sa moyenne de 7,5°C, est la deuxième année la plus froide de la série d’Uccle-Bruxelles, mais elle est certainement la championne des intempéries de toute nature. Voyons le détail. Le 1er janvier annonce déjà la couleur : à Uccle, avec un ciel presque serein (quelques cirrus), un sol enneigé et un vent piquant de sud-est, la température descend en deçà des –13°C. Ailleurs dans le pays, il fait plus froid encore, avec –17°C à Maaseik (alt. 35 m) et –18°C à Arlon (alt. 442 m). Ce 1er janvier 1888 restera ensoleillé et froid tout au long de la journée, mais par la suite, le temps change rapidement en devenant particulièrement désagréable. Le dégel intervient dès le lendemain, avec de petites pluies ou bruines et des températures de 3 à 7°C en journée. Du 6 au 13, la brume et le brouillard sont presque permanents, avec stratus et bruines fréquentes, et une absence complète de soleil, le tout par un petit vent de sud à ouest. Cette grisaille tenace, d’ailleurs, concerne la totalité du pays. L’anticyclone, d’abord situé sur le Golfe de Gascogne et la France, remonte ensuite nettement vers le nord et place notre pays, dès le 13, sous des courants froids de nord-est. Il fait beau. Puis, après un retour temporaire d’un temps un peu plus doux, mais humide et sombre, le froid revient en force à la fin du mois, avec des températures qui deviennent extrêmes le 31 janvier. À Uccle, le minimum s’effondre jusqu’à –15°C (malgré l’absence de neige au sol). À Verviers (255 m), la température descend jusqu’à –19°C tandis qu’on note –25°C à Bastogne (504 m) et à Ville-du-Bois (près de Vielsalm, 400 m). Dans cette dernière localité, des couches de neige de 50 à 60 cm ont été observées dans le courant de ce mois de janvier. Février est à nouveau un mois fort froid, avec la poursuite des températures extrêmes les 2 premiers jours, avec même –26°C à Ville-du-Bois (400 m) et –24°C à Bastogne (504 m). Mais même l’ouest du pays est concerné par des températures extrêmes, avec –18°C à Maldegem (environ 15 km à l’est de Bruges) et –17°C à Zomergem (une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Gand). À Uccle, on observe –15°C le 2, puis la température redescend presque aussi bas le 25. Là, le froid est sans neige au début du mois, mais dès le 16, le sol est entièrement couvert de neige et le restera pendant un bon bout de temps. Dans certaines régions, notamment à l’est du pays, ce mois de février restera dans les annales pour la fréquence des chutes de neige. Le mois de mars est une prolongation pure et dure de l’hiver. À Uccle, le sol restera entièrement (ou presque) enneigé jusqu’au 6 mars au matin, tandis que le minimum descend en dessous des –10°C le 1er du mois. Malgré le beau temps de ce premier jour, le maximum ne parvient pas à dépasser le 0°C. Les jours d’après, le temps devient plus variable avec quelques chutes de neige. Après un faux printemps vers le milieu du mois, doux mais humide et pluvieux, le froid et la neige reviennent en force dès le 18. Et quel froid ! Les 18, 19 et 20, les maxima ne dépassent guère les –3 à –4°C à Uccle, sous un vent mordant de nord-est les 18 et 19, un ciel couvert et une fine neige, continue et parfois abondante le 19. L’épaisseur de la neige au sol, en plaine, se situe entre 5 et 10 cm en plaine et entre 10 et 25 cm en Haute Belgique. La fin du mois du mois est à nouveau plus douce, mais déjà marquée par les orages, qui prennent un caractère violent dans la région de Liège le 28. Le mois d’avril redevient froid du 1 au 13, avec de très fréquentes gelées nocturnes (jusqu’à –8°C à la Baraque Michel) et des maxima particulièrement bas, voisins de 4°C le 5 et le 9 à Uccle. Les chutes de neige sont encore fréquentes, mais ne donnent un enneigement, à Uccle, que le 10 au matin. Après le 13, le temps devient plus doux, mais souvent perturbé avec passages pluvieux. Le 15 est la seule belle journée, avec soleil, cumulus et altocumulus et 19°C. Un autre faux printemps. Le mois de mai ne se défend pas trop mal, avec une température moyenne et une insolation à peu près normales, mais il y a de nombreux retours de manivelle, avec un vent fréquemment orienté au nord. Le 26 notamment est une journée pénible, avec une température qui reste coincée à 9°C, un vent désagréable de nord à nord-ouest et un ciel désespérément couvert de stratocumulus. Le mois de juin est l’antichambre d’un été parfaitement pourri. Pourtant le début est prometteur : temps ensoleillé et rapidement doux, voire chaud avec 27°C le 3 à Uccle. Mais le mois, dans son ensemble, ne comptabilisera que 147 heures de soleil, avec un total de 100,5 mm de précipitations. Les températures tantôt fraîches, tantôt assez chaudes enclencheront un mois de juin particulièrement orageux. Ces orages sont souvent accompagnés de précipitations très intenses, notamment au Barrage de la Gileppe, à la Baraque Michel, à Spa et à Stavelot. Le tonnerre est souvent entendu, on compte 14 jours d’orage dans les régions de Charleroi, d’Enghien et entre Bruges et Gand. Dans le reste du pays, ce nombre tourne souvent autour de 10, un véritable record pour les observateurs de l’époque. Juillet est encore bien pire. L’insolation totale, à Uccle, ne comporte qu’une centaine d’heures. Seul juillet 2000 connaîtra une insolation encore plus basse. Les précipitations, quant à elles, atteignent 186,9 mm, un quasi-record aussi (196,5 mm en 1942). Et avec une moyenne de température de 13,9°C, juillet 1888 appartient aux mois de juillets les plus froids de l’histoire. Le 1er juillet déjà, le soleil ne daigne se montrer que 10 minutes, et la température n’atteint que 11 à 12°C en après-midi. Mais ce n’est encore rien en comparaison de ce qui se passera 10 jours plus tard. Là, sous un ciel très nuageux à couvert et des pluies abondantes, la température chute brutalement en début/milieu d’après-midi, passant de 11°C (ce qui est déjà très peu) à 5°C ! Cette chute des températures, avec des valeurs extrêmement basses pour une journée de juillet, est attestée partout dans le pays. À Furnes, on note 7°C, à Arlon, 6°C et à la Baraque Michel, 1°C !!! Aglagla ! Jan Van Beers – Ostende 1888 Des flocons de neige se sont mêlés aux fortes averses dans la région de Chimay, tandis que des chutes de neige seront observées à plusieurs reprises à la Baraque Michel le lendemain, et même à des altitudes plus basses comme à Dison, Vielsalm et Spa. Les Hautes-Fagnes, dans la région de la Baraque de Fraiture, connaîtront même un enneigement temporaire de 2 cm environ. C’est le seul cas attesté d’un enneigement en Belgique au mois de juillet. Le reste du mois n’a guère été plus encourageant. La plus haute température du mois, notée à Uccle le 25, n’a été que de 22°C. Et cette journée un peu belle, avec cumulus et altocumulus, s’est vite terminée en orage, une heure et demie d’activité orageuse le soir. Les cumuls de précipitations, sur les mois de juin et juillet, sont par ailleurs très remarquables. À Uccle, ce total atteint 287,4 mm, tandis qu’ils se situent entre 300 et 400 mm en bien des endroits de l’Ardenne, et même au-dessus de 400 mm dans les Hautes Fagnes. Le mois d’août commence en trombe. Et c’est le cas de le dire. Le 1er août, une tornade est observée dans les environs du Mont Kemmel, et elle a été immortalisée par le dessinateur amateur M. C. Vestibule, greffier à la justice de paix de son vrai métier. L’ensemble de ce mois d’août, d’ailleurs, a été peu ensoleillé et presque aussi froid que juillet. En dehors de la tornade en question, les orages ont été nombreux durant ce mois d’août, principalement au centre du pays. Ces orages se sont souvent produits par temps froid, comme le 15 août par exemple, où ils ont éclaté dans une ambiance particulièrement sombre et une température de 12°C seulement en début d’après-midi. Quelques jours plus tôt, le 12, alors que le temps a été un peu plus clément en journée, les orages ont été particulièrement électriques en soirée (sans doute de type MCS), avec parfois de la grêle. Notons enfin, pour terminer la description de ce mois d’août, que 3 trombes marines ont été observées le 31 dans les environs d’Ostende et du Coq. Septembre a enfin été plus ensoleillé, mais toujours trop froid pour la saison. En raison de la prédominance des vents de nord à nord-est, le mois a aussi été sec, mais cela a été quelque peu rattrapé par l’abondance des précipitations du 29. Le lendemain, le 30, a été fort froid, avec toujours de la pluie, tandis que quelques flocons de neige auraient été vus en Flandre Occidentale, au Brabant et dans les Hautes-Fagnes. Octobre, à nouveau, a été très froid. Carlsbourg (396 m) a connu 10 jours de gelée avec un minimum de –5°C. À Bastogne (504 m), on a noté 12 jours de gelée, et 13 à Ville-du-Bois (400 m) et à la Baraque Michel (670 m). Le minimum absolu, dans toutes ces stations, a tourné autour des –4 à –5°C. En Campine aussi, des valeurs proches de –4°C ont été observées. À nouveau, des flocons de neige auraient été vus à Bruges (le 5) et à Anvers (le 7). À la fin du mois cependant, le temps a été très doux, avec des valeurs de 18 à 19°C à Uccle les 27 et 28, avec un temps assez beau (cirrus et altocumulus + (le 28) cumulus). Ceci marquera un revirement fondamental dans les conditions atmosphériques et la fin du froid et des intempéries de 1888. Les mois de novembre et décembre seront assez doux et ne présenteront plus de phénomènes spectaculaires. La période du 3 au 8 décembre sera même un véritable petit printemps, avec du beau temps (sauf le 5, plus nuageux) et des températures de 8 à 10°C le jour. Ouf ! Sources - Annales de l’Observatoire Royal, année 1888 - Revues « Ciel et Terre », année 1888, rubrique « Revues climatologiques mensuelles et annuelles »
  14. S’EN SORTIR AVEC LES PRÉCIPITATIONS DU DERNIER ÉPISODE Données de précipitations du 26 juillet 2021 Les totaux, sauf indication contraire, concernent la période du 26/07 à 8h au 27/07 à 8h Données de l’IRM sur 24h Beitem : 34,6 mm Kruishoutem : 32,0 mm Passendaele : 31,5 mm Middelkerke : 33,0 mm (25/07 8h -> 26/07 8h), Données MétéoBelgique Ypres 27,0 mm entre 13 et 14h 20,4 mm entre 18 et 19h 18,0 mm entre 22 et 23h 68,4 mm (26/07 à 11h -> 27/07 à 8h) (et, comme nous le verrons, une répartition tout autre qu’à la côte) Données privées Knokke (un peu au sud du Royal Zoute Golf Club) 15,2 mm entre 8 et 9h 51,1 mm entre 9 et 10h 6,4 mm entre 10 et 11h 73,2 mm sur 24 h (26/07 à 8h -> 27/07 à 8h) Knokke (Lippenslaan) 15,0 mm entre 8 et 9h 50,8 mm entre 9 et 10h 2,7 mm entre 10 et 11h 73,2 mm sur 24 h (26/07 à 8h -> 27/07 à 8h) Knokke (Duinbergen) 0,3 mm entre 8 et 9h 27,2 mm entre 9 et 10h 4,8 mm entre 10 et 11h 34,0 mm sur 24 h (26/07 à 8h -> 27/07 à 8h) Lombardsijde 31,2 mm entre 5 et 6h 12,5 mm entre 6 et 7h 56,9 mm sur 24h (25/7 à 8h -> 26/07 à 8h 10,4 mm sur 24 h (26/07 à 8h -> 27/07 à 8h) Nieuport (village) 50,8 mm entre 5 et 6h (dont 38,4 mm entre 5h30 et 6h) 7,6 mm entre 6 et 7h 74,4 mm sur 24h (25/7 à 8h -> 26/07 à 8h 6,3 mm sur 24 h (26/07 à 8h -> 27/07 à 8h) Oostduinkerke (Bad) 35,0 mm entre 5 et 6h 4,6 mm entre 6 et 7h 50,1 mm sur 24h (25/7 à 8h -> 26/07 à 8h 0,0 mm sur 24 h (26/07 à 8h -> 27/07 à 8h) Cela revient à dire que l’essentiel des précipitations provient d’un même épisode, qui s’est produit le 26 juillet au matin lors du passage d’un noyau dépressionnaire qui a assez lentement longé la Côte belge avant d’arriver sur les Pays-Bas à la mi-journée. Reprenons l’épisode proprement dit : Oostduinkerke (Bad) : 61,2 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 39,6 mm entre 5 et 7h) Nieuport (village) : 65,3 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 58,4 mm entre 5 et 7h) Lombardsijde : 58,2 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 43,7 mm entre 5 et 7h) Middelkerke : 26,4 mm le 26 entre 2 et 14h Zeebruges : 1,4 mm (!) le 26 entre 2 et 14h (dont 0,3 mm entre 9 et 11h) Knokke (Heist) : 17,0 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 15,7 mm entre 9 et 11h) Knokke (Duinbergen) : 34,0 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 32,0 mm entre 9 et 11h) Knokke (Lippenslaan) : 73,2 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 53,5 mm entre 9 et 11h) Knokke (S du Royal Golf) : 73,2 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 57,5 mm entre 9 et 11h) Si l’on regarde l’animation du Buienradar, l’on constate que la ligne d’averses (quelque peu orageuses) sur Knokke ne bouge pratiquement pas et tend à tourner sur elle-même. En outre, il s’agit d’autres cellules que celles de l’ouest de la Côte belge, quelques heures plus tôt (mais faisant partie d’une même perturbation). Le résultat : de nouvelles inondations en Belgique, comme si l’on n’en avait pas déjà assez eu, cette fois-ci à Nieuport et Knokke.
  15. 24 JUILLET 2021 : NOUVELLES INONDATIONS CATASTROPHIQUES À nouveau, la Belgique est victime d’importantes inondations. Cette fois-ci, c’est surtout Dinant qui est frappé, avec un torrent qui s’engouffre dans l’une des rues de la petite ville, emportant les voitures jusqu’à former un amas d’épaves près d’un passage à niveau. Mais Philippeville, Hastière et même la ville de Namur sont frappés par des torrents d’eau et de boue. Capture d’écran : Liliane Severina Alves (Dinantaises, Dinantais) Un dénominateur commun : les situations de blocage Depuis les dernières précipitations catastrophiques des 13, 14 et 15 juillet, le patron atmosphérique général a certes changé, mais garde la situation de blocage comme caractéristique première. La goutte froide responsable des pluies diluviennes s’éloigne en se comblant dès le 16 tandis qu’une importe crête campe à l’ouest de nos régions. Celle-ci nous vaut un répit, avec une période de beau temps de quelques jours. Mais dès le 22, une nouvelle goutte froide, bien détachée du courant principal rejeté loin au nord, apparaît sur l’Océan, se niche sur le Golfe de Gascogne le 23 et s’installe sur le nord de la France le 24. Une partie de la crête anticyclonique se retrouve à son tour rejetée vers le nord, notamment au nord de la goutte froide, ce qui nous vaut quasiment une situation « high-over-low », également dénommée « blocage rex ». Source : Meteociel En surface, un anticyclone se forme, avec un petit coup de pouce thermique, sur les eaux très fraîches de l’Océan et de la Mer du Nord, en englobant les Îles Britaniques. Dès le 17`et ce, jusqu’au 22, le temps est très beau, avec des cumulus faiblement développés surtout l’après-midi et des températures agréables, généralement assez proches des 25°C à l’intérieur des terres. Le 23, le temps est toujours beau, mais avec d’autres nuages, qui annoncent le changement. Les cumulus de beau temps disparaissent avec, à la place, des cirrus devenant de plus en plus nombreux et épais. Une convergence préfrontale, suivie d’un front méchant Le 24 juillet, la goutte froide en altitude se traduit, en surface, par une petite dépression à l’entrée de la Manche qui y reste stationnaire. Une perturbation frontale lui est associée, qui s’occlut assez rapidement. Source : KNMI À l’avant, une ligne de convergence se forme, séparant un air maritime continentalisé, déjà assez humide et accompagnés de vents d’est, d’un air maritime méridional plus chaud et tout aussi humide, avec des vents de sud-est et des points de rosée particulièrement élevés. Cette forte humidité des deux masses d’air, malgré la période de beau temps, est notamment liée aux sols encore détrempés par les précipitations précédentes, et surtout par les inondations. La ligne de convergence est responsable de quelques orages qui éclatent dès le matin sur l’ouest du massif ardennais, et qui se décalent ensuite vers l’est du massif ardennais avant de se résorber.Ces orages s’accompagnent de précipitations généralement faibles, parfois modérées. C’est le front (occlus) lui-même qui, en fin d’après-midi, apportera les pluies diluviennes qui sont l’objet du présent article. Le temps sur l’Ardenne et l’Entre-Sambre-et-Meuse L’aurore est parfois jolie, sous un ciel flamboyant, mais bien vite, le ciel se voile d’altostratus translucidus, voire opacus, accompagnés de bancs d’altocumulus, souvent castellanus. Des cumulonimbus peu visibles depuis le sol obscurcissent quelque peu le ciel et génèrent des précipitations, avec l’un ou l’autre coup de tonnerre. L’humidité devient extrême et de nombreux fractus très bas se forment et s’accrochent aux pente des vallées. Ces fractus persistent assez longtemps, jusqu’à ce que des éclaircies reviennent et les fassent s’évaporer en raison des températures qui remontent. Webcam MB – Beausaint – 24 juillet 2021 à 15h10 Ces éclaircies, toujours accompagnés d’altocumulus castellanus et d’un mix de cumulus et de stratocumulus, ne durent pas longtemps. Dans une ambiance d’humidité extrême, des cumulonimbus orageux touchent à nouveau le pays en milieu d’après-midi et certains se développent jusqu’à générer des orages intenses avec de (très) importantes précipitations. Ci dessous, l’un des aspects que prend le ciel à l’arrivée des orages. Crédit photo : Hubert Maldague (Belgorage) Les cotes pluviométriques sont parfois vraiment élevées, comme à Evrehailles où il tombe 53,4 mm en une seule averse en fin d’après-midi. À Namur, la cote est de 37,4 mm tandis que la Gaume n’est pas en reste avec 34,3 mm à Rossignol, tout ça sur le même épisode orageux. Les températures, dans la région concernée, se caractérisent surtout par un saut au moment de l’arrivée des éclaircies avec une soudaine douceur succédant à la fraîcheur, et des valeurs maximales de quelques 20°C sur les plateaux ardennais mais dépassant 25°C dans certaines vallées, le tout par des points de rosée de 19°C, voire 20-21°C par endroit. Sous les pluies orageuses, la fraîcheur se réinstalle très vite. Pourquoi de telles inondations, à nouveau ? La première cause est certainement à rechercher dans les précipitations et inondations précédentes, celles du 13 au 15 juillet, car il ne faut plus grand-chose pour que les terres, déjà gorgées d’eau, ne sachent plus rien absorber. La deuxième cause, non loin de la première, est à rechercher dans les effets de retour. Toute anomalie climatique, lorsque sa durée dépasse un certain seuil, provoque des effets de retour. C’est vrai pour les vagues de chaleur et de froid, mais surtout pour les vagues de sécheresse et de pluies excessives. Nous avons vu, au cours des années 2018, 2019 et 2020, combien les zones pluvieuses et orageuses se desséchaient en arrivant au-dessus de nos terres arides, aggravant ainsi, par effet de retour, les conséquences de la séchersse. En 2021, c’est exactement l’inverse. La trop longue période de temps pluvieux que nous connaissons a pour effet que n’importe quelle perturbation orageuse, même banale, peut s’approvionner en humidité supplémentaire et de ce fait, provoquer des pluies diluviennes. C’est ce qui s’est passé, malheureusement une fois encore. La troisième cause réside dans la situation de blocage que nous vivons toujours, et dont la fréquence est directement liée au réchauffement climatique, surtout en été lorsque les glaces polaires tendent à disparaître. Ce blocage entraîne un ralentissement général de la circulation, avec comme conséquence, soit des zones de pluie (d’orage) qui ne nous atteignent pas, soit des zones de pluie (d’orage) qui déversent tout sur nous parce qu’elles ne peuvent pas aller plus loin. La quatrième cause, elle, est synoptique. La Mer du Nord, accidentellement (à cause d’un printemps trop froid), est plus fraîche que les autres années, ce qui favorise l’installation d’anticyclones thermiques qui renforcent encore un peu plus les blocages présents en altitude.
×