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cumulonimbus

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  1. cumulonimbus

    Une météo de rêve

    UNE MÉTÉO DE RÊVE Pendant une semaine, du 2 au 8 septembre 2021, la Belgique a connu une météo de rêve, avec plein soleil sans l’inconvénient de températures excessives comme en 2020 (encore 34-35°C en Basse et Moyenne Belgique, ainsi que dans les vallées le 15 septembre 2020). L’automne 2021, après un été que d’aucuns considèrent comme complètement pourri, nous offre un temps très lumineux en son début. Les hautes pressions, qui se trouvaient encore trop à l’ouest à la fin du mois d’août (temps frais et précipitations parfois conséquentes à l’est du pays, jusqu’à 51 mm en 48 heures à Mont-Rigi), se placent de façon très favorable par rapport à nos régions dès le mois de septembre. Le premier du mois, il faut encore être patient, avec de la fraîcheur humide et des nappes de stratocumulus étendues, sauf sur la Gaume où il fait déjà beau. À partir du 2, c’est tout le pays qui profite du soleil. Voici en détail le déroulement de ces journées. 2 septembre 2021 Un anticyclone à présent centré sur l’Écosse, avec crête vers l’Allemagne, détermine le temps sur nos régions. Les vents soufflent généralement de nord-est, mais tendent à souffler d’est à sud-est en Haute Belgique. Le temps est beau avec parfois du brouillard matinal, puis un ciel bien bleu avec ici et là quelques bancs d’altocumulus. L’après-midi, des cumulus se forment et tendent à rester très plats avant de se transformer en stratocumulus cumulogenitus et de se résorber. Au littoral, des stratocumulus résiduels sont encore responsables d’une ambiance grise en matinée. Les températures minimales descendent jusqu’à 3°C dans certaines vallées, sinon se situent vers les 10°C en bien des endroits du centre du pays, et ne descendent même pas en dessous de 15°C sur le nord et l’ouest du pays (localement 17°C au littoral). Les maxima, encore modestes, se situent autour de 19°C au littoral, de 21 à 22°C en plaine et de 19 à 20°C sur les hauteurs. 3 septembre 2021 L’anticyclone s’est scindé et comporte désormais deux noyaux principaux, l’un toujours proche du nord des Îles Britanique et l’autre, sur le sud-est de l’Europe. Chez nous, cela n’apporte presque aucun changement au niveau des vents. Ceux-ci continuent à souffler de nord-est en plaine et d’est à sud-est (voire de sud) sur les hauteurs. Les températures minimales redescendent à 3°C dans certaines vallées de Haute Belgique, sinon sont souvent voisines de 10°C. Au littoral, la nuit reste douce avec 14 à 16°C. En journée, c’est l’inverse. Sous l’influence d’une brise de mer de nord-nord-est, les températures côtières ne dépassent pas 20 à 21°C. À l’intérieur des terres par contre, on note une nette hausse, avec 24 à 25°C en plaine et 22 à 23°C sur les hauteurs. Après quelques brumes matinales éparses, le ciel est serein ou presque sur toute la Belgique. Tout au plus note-t-on quelques petits cumulus humilis ici et là, et quelques fractus maritime en fin de journée au littoral. Un mot sur la brise de mer au littoral. En raison de l’été assez frais, la température de l’eau de mer (18,5°C) ne bat pas des records. La montée des températures à l’intérieur des terres crée donc une situation plus estivale qu’automnale, avec une bonne brise de mer le long de la côte. En après-midi à Zeebruges, la température redescend à 18-19°C sous un bon vent de nord-nord-est soufflant à 30 km/h avec des rafales jusqu’à 40 km/h, voire un peu plus, ce qui donne une sensation de grande fraîcheur. 4 septembre 2021 La partie maritime de l’anticyclone scindé reprend le dessus, avec des noyaux sur la Mer du Nord et sur la Scandinavie. Cette influence maritime nous vaut une nuit plutôt douce avec des minima souvent de 12 à 13°C, et même de 14 à 15°C au littoral. En Haute Belgique, la situation est plus contrastée. En altitude, au-dessus de l’inversion, c’est l’air continental méridional qui prédomine avec des minima qui ne descendent pas en dessous de 14°C sur les Hauts Plateaux. Dans certaines vallées par contre, suite au rayonnement, les minima descendent jusqu’à 4 ou 5°C ! En journée, l’inversion a parfois du mal à se résorber en raison de cette infiltration maritime. De ce fait, les brumes et stratus sont coriaces et persistent toute la matinée sur l’ouest, le nord et même le centre du pays. Ailleurs il fait beau dès le matin, mais avec de nombreux altocumulus castellanus. L’après-midi, il fait beau partout avec encore quelques altocumulus. Sur les reliefs, on note une petite instabilité avec des cumulus se développant jusqu’au stade mediocris, voire congestus. Webcam MB – Schaerbeek – 4 septembre 2021 à 9h30 Webcam MB – Cerfontaine – 4 septembre 2021 à 9h30 Les températures restent modestes au littoral et en plaine, sous l’inversion, avec respectivement 19-20°C et 20-22°C. Sur les Hauts Plateaux, il fait plus doux avec 22-23°C tandis qu’on note jusqu’à 26°C dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. Les vents, qui depuis quelques jours déjà soufflent de sud-est sur les reliefs et de nord-est en plaine, sont d’ailleurs favorables au maintien de cette inversion. 5 septembre 2021 L’anticyclone, dorénavant, est centré sur la Baltique et tend à se déplacer vers la Pologne. Les températures nocturnes restent contrastées, avec 6°C dans certaines vallées et 13-14°C sur les plateaux. En plaine, les valeurs sont proches de celles des plateaux (avec même localement 16°C au littoral), sauf au nord-est où les minima descendent à 8-10°C. En journée, l’inversion se résorbe cette fois-ci, avec à nouveau 24-25°C en plaine et jusqu’à 27°C sur l’ouest et le sud-ouest du pays. Sur les Hauts-Plateaux, les températures arrivent à 22-23°C. Au littoral, la brise de mer est faible et peu pénétrante, sauf parfois sur le front de brise de mer. En bordure immédiate de la mer, la température ne dépasse pas 22°C, mais elle monte déjà à 25°C dans les dunes. À l’aéroport de Middelkerke, un front de brise de mer donne quelques petites rafales en fin d’après-midi. Le ciel est bleu, avec souvent encore des altocumulus castellanus en matinée. Sur les reliefs, une petite instabilité persiste avec formation de cumulus mediocris l’après-midi, atteignant parfois le stade de congestus. 6 septembre 2021 L’anticyclone principal est désormais centré sur l’est de la Pologne tandis qu’un nouveau petit noyau se forme sur le sud de la Mer du Nord. Malgré un ciel parfois un peu voilé (cirrus s’épaississant temporairement l’après-midi ou le soir, selon les régions), le temps reste très agréable et surtout très doux. En après-midi, des cumulus se forment à nouveau sur les reliefs. La nuit, sur la plupart des régions, est déjà douce avec des minima compris entre 10 et 13°C. Seules quelques vallées connaissent à nouveau une grande fraîcheur matinale avec près de 5°C. En après-midi, les températures maximales atteignent généralement 25 à 27°C en plaine et 22 à 24°C sur les hauteurs. La brise de mer n’est pas très développée. En bordure immédiate de mer cependant, la température ne dépasse pas 22-23°C. Ci-dessous, ciel très particulier, le soir, en raison des cirrus parfois épais. Crédit photo : Kevin Mélot 7 septembre 2021 L’ancien noyau anticyclonique s’est déplacé jusque sur l’Ukraine, le nouveau se trouve sur le nord de l’Allemagne. Le vent souffle à présent d’est, et encore de sud-est sur les hauteurs. Le temps est à nouveau très beau, avec certes encore des cirrus, mais moins que la veille. Les températures minimales restent froides dans certaines vallées (5 à 6°C), sinon sont douces, surtout sur les plateaux (13 à 14°C tant en Ardenne qu’en Moyenne Belgique). Au littoral à Zeebruges, le minimum ne descend pas en dessous de 17,2°C. Ci-dessous, les contrastes thermiques matinaux sont rendus bien visibles par la brume dans les vallées. Environs de Jalhay – crédit photo : Xavier Van Brackel En journée, il fait chaud pour la saison, mais sans excès, avec 26 à 28°C en plaine et 24°C sur les hauteurs. Au littoral, une faible brise de mer de nord-est intervient l’après-midi aux environs immédiats de l’eau, avec une température qui baisse quelque peu jusqu’à 23-24°C. À peu de distance de la mer, cette brise ne se fait plus du tout sentir. Tant l’aéroport de Middelkerke que la base de Coxyde connaissent des températures maximales de l’ordre de 28°C. 8 septembre 2021 Les pressions restent élevées sur le Continent, mais l’activité dépressionnaire, en provenance de l’Océan, se rapproche de plus en plus. Un premier front, situé le matin sur l’extrême ouest de la France, s’est avancé jusqu’au milieu de France en cours de journée. Il n’en est pas moins que c’est la journée la plus estivale de la série (mais toujours sans excès). Après une nuit encore très localement froide le long des frontières allemande et luxembourgeoise (5 à 6°C dans les vallées), mais douce partout ailleurs (jusqu’à 17,1°C à Bierset), les maxima diurnes s’élèvent à 27-29°C en Basse et Moyenne Belgique, et à 22-24°C sur les Hauts Plateaux. Le ciel est le plus souvent serein. Ici et là, on note quelques cirrus et, l’après-midi et le soir, localement aussi des altocumulus. Le vent général d’est à sud-est empêche toute brise de mer. Sur l’ouest de la Côte Belge, on n’est pas loin de 30°C ! 9 septembre 2021 C’est déjà fini. Aux petites heures, de l’activité orageuse se manifeste déjà à nos portes, en France juste au sud de la Botte du Hainaut. De nouveaux orages se développent, à nouveau sur la France, en après-midi et touchent la Flandre Occidentale dès 15 heures. Ces orages se propagent ensuite sur bien des régions de la Belgique durant l’après-midi et le soir. Bruxelles, par exemple, est touchée vers 19h30. Grâce à de belles éclaircies, les températures parviennent à monter encore assez haut sur l’ouest ainsi que le nord et le nord-est du pays avec 25 à 27°C. Ailleurs les nuages arrivent plus vite et les maxima sont moins élevés. Conclusion En météo comme dans les actualités générales, ce sont souvent les extrêmes et les catastrophes qui sont épinglés, et moins souvent les bonnes choses. La période du 2 au 8 septembre 2021 n’a présenté aucun extrême, mais combien il était agréable de se faire une terrasse par ce temps tiède ! Le Belge, en tant que bon râleur, se plaint souvent du temps, notamment par la fameuse phrase : « chez nous, c’est tout ou c’est rien ! ». Et il a raison ! Combien de fois, surtout ces dernières années en été, la canicule arrivait dès que le soleil se pointait. Et s’il ne faisait pas chaud, c’est qu’il n’y avait pas de soleil non plus. En septembre, c’est déjà plus facile d’avoir du soleil et des températures agréables, mais ce n’est pas gagné d’avance non plus. Il suffit de voir 2020, avec la chaleur extrême qu’on s’est tapée à la mi-septembre. Pour terminer, voici l’évocation de la plus belle année que la Belgique n’ait jamais connue sur le plan météorologique, en l’occurrence 1959. Cette année-là, le temps s’était mis au soleil dès le 27 janvier, avec de la douceur en journée et, sur le plateau des Hautes-Fagnes au-dessus de l’inversion, on montait même jusqu’à 13°C ! Et ce fut le point de départ de la période la plus extraordinaire qui s’est produite chez nous. En février, tous les records d’insolation ont été pulvérisés en Haute Belgique. À Spa, Botrange et Saint-Hubert, l’insolation se rapprochait des 200 heures, ce qui était digne d’un mois d’été. Et le tout sous une douceur fréquente, avec de nombreux jours au-dessus de 10°C et certains avec presque 15°C. Les plaines, en raison de l’inversion presque constante, étaient moins privilégiées avec froid et brouillard, mais une insolation restant malgré tout au-dessus des normes de février. À la fin du mois, l’inversion s’est résorbée partout et on atteignaint 18-19°C (!) en bien des endroits. Mars et avril ont été de véritables mois de printemps, avec soleil et douceur et des 20°C souvent dépassés, surtout en avril. Mai a continué sur la même lancée : du soleil et des températures souvent comprises entre 20 et 25°C, en dépit de quelques brefs retours de la fraîcheur. Que vouloir de mieux comme antichambre de l’été. Le mois de juin a été inondé de soleil, et pourtant jamais trop chaud. Tout au long du mois, à l’exception de quelques pointes très locales, les 30°C n’ont jamais été atteints ! Juillet a été plus ensoleillé encore et reste jusqu’à ce jour le mois de juillet le plus ensoleillé à Uccle depuis 1887. Le 9 juillet, on a observé 35 à 36°C sur une grande partie du pays et jusqu’à 38°C du côté de Liège, ainsi que localement en Campine. Ce fut la seule journée de chaleur vraiment excessive de l’année 1959. Le reste du temps, les températures ont été on ne peut plus agréables, avec 22-23°C au cours des périodes un peu plus fraîches, et 26-27°C au cours des périodes un peu plus chaudes. Août a été un peu moins ensoleillé mais se défendait bien parmi les mois d’été belges. Et avec des températures un peu supérieures aux normes saisonnières, une bonne terrasse n’était toujours pas de refus. Septembre... Quel septembre ! Tous les records d’insolation ont été à nouveau pulvérisés. Presque partout dans le pays, on se rapprochait des 300 heures d’insolation. Avec les journées de septembre déjà bien plus courtes qu’en été, cela signifie qu’en termes de pourcentage d’insolation (par rapport au total possible), on a battu les records tous mois confondus, en se plaçant même devant avril 2007 que d’aucuns croient le plus ensoleillé de tous les temps. Et pourtant, jamais la température n’a été excessive. Les 11 et 12 septembre, on atteignait les 30°C en certains endroits, sinon on était souvent proches de 25°C au début du mois, et de 20°C vers la fin du mois. En octobre, soleil et douceur étaient toujours là. Les 10 premiers jours du mois, le soleil brillait près de 10 heures par jour en moyenne, et même davantage en Haute Belgique. Le tout par des températures le plus souvent comprises entre 20 et 25°C, et proches de 20°C sur les Hauts Plateaux. Par la suite, l’automne s’est certes invité un peu, mais le temps était loin d’être mauvais. Novembre, enfin, est devenu plus humide et décembre a récupéré son temps belge, gris, pluvieux et un peu trop doux pour un mois d’hiver. Et pourtant, malgré cette fin un peu plus maussade, combien d’entre nous signeraient à deux mains pour revivre une année comme 1959 ? La place de Brouckère en 1959
  2. 2021 : une année particulièrement pourrie ? Ça commence mal ! Janvier est déjà remarquable par sa pluviosité et son manque d’insolation. Puis arrive février avec un coup de froid, suivi d’un printemps trop froid et de la neige sur tout le pays en avril. Mais c’est surtout à partir du mois de mai que le moral des gens baisse : insolation déficitaire, pluviosité excessive et souvent exceptionnelle tandis que les journées chaudes et ensoleillées se font de plus en plus rares. Et pourtant… Nous allons voir de quoi notre climat était capable jadis, au 19e siècle. L’année 1888, avec sa moyenne de 7,5°C, est la deuxième année la plus froide de la série d’Uccle-Bruxelles, mais elle est certainement la championne des intempéries de toute nature. Voyons le détail. Le 1er janvier annonce déjà la couleur : à Uccle, avec un ciel presque serein (quelques cirrus), un sol enneigé et un vent piquant de sud-est, la température descend en deçà des –13°C. Ailleurs dans le pays, il fait plus froid encore, avec –17°C à Maaseik (alt. 35 m) et –18°C à Arlon (alt. 442 m). Ce 1er janvier 1888 restera ensoleillé et froid tout au long de la journée, mais par la suite, le temps change rapidement en devenant particulièrement désagréable. Le dégel intervient dès le lendemain, avec de petites pluies ou bruines et des températures de 3 à 7°C en journée. Du 6 au 13, la brume et le brouillard sont presque permanents, avec stratus et bruines fréquentes, et une absence complète de soleil, le tout par un petit vent de sud à ouest. Cette grisaille tenace, d’ailleurs, concerne la totalité du pays. L’anticyclone, d’abord situé sur le Golfe de Gascogne et la France, remonte ensuite nettement vers le nord et place notre pays, dès le 13, sous des courants froids de nord-est. Il fait beau. Puis, après un retour temporaire d’un temps un peu plus doux, mais humide et sombre, le froid revient en force à la fin du mois, avec des températures qui deviennent extrêmes le 31 janvier. À Uccle, le minimum s’effondre jusqu’à –15°C (malgré l’absence de neige au sol). À Verviers (255 m), la température descend jusqu’à –19°C tandis qu’on note –25°C à Bastogne (504 m) et à Ville-du-Bois (près de Vielsalm, 400 m). Dans cette dernière localité, des couches de neige de 50 à 60 cm ont été observées dans le courant de ce mois de janvier. Février est à nouveau un mois fort froid, avec la poursuite des températures extrêmes les 2 premiers jours, avec même –26°C à Ville-du-Bois (400 m) et –24°C à Bastogne (504 m). Mais même l’ouest du pays est concerné par des températures extrêmes, avec –18°C à Maldegem (environ 15 km à l’est de Bruges) et –17°C à Zomergem (une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Gand). À Uccle, on observe –15°C le 2, puis la température redescend presque aussi bas le 25. Là, le froid est sans neige au début du mois, mais dès le 16, le sol est entièrement couvert de neige et le restera pendant un bon bout de temps. Dans certaines régions, notamment à l’est du pays, ce mois de février restera dans les annales pour la fréquence des chutes de neige. Le mois de mars est une prolongation pure et dure de l’hiver. À Uccle, le sol restera entièrement (ou presque) enneigé jusqu’au 6 mars au matin, tandis que le minimum descend en dessous des –10°C le 1er du mois. Malgré le beau temps de ce premier jour, le maximum ne parvient pas à dépasser le 0°C. Les jours d’après, le temps devient plus variable avec quelques chutes de neige. Après un faux printemps vers le milieu du mois, doux mais humide et pluvieux, le froid et la neige reviennent en force dès le 18. Et quel froid ! Les 18, 19 et 20, les maxima ne dépassent guère les –3 à –4°C à Uccle, sous un vent mordant de nord-est les 18 et 19, un ciel couvert et une fine neige, continue et parfois abondante le 19. L’épaisseur de la neige au sol, en plaine, se situe entre 5 et 10 cm en plaine et entre 10 et 25 cm en Haute Belgique. La fin du mois du mois est à nouveau plus douce, mais déjà marquée par les orages, qui prennent un caractère violent dans la région de Liège le 28. Le mois d’avril redevient froid du 1 au 13, avec de très fréquentes gelées nocturnes (jusqu’à –8°C à la Baraque Michel) et des maxima particulièrement bas, voisins de 4°C le 5 et le 9 à Uccle. Les chutes de neige sont encore fréquentes, mais ne donnent un enneigement, à Uccle, que le 10 au matin. Après le 13, le temps devient plus doux, mais souvent perturbé avec passages pluvieux. Le 15 est la seule belle journée, avec soleil, cumulus et altocumulus et 19°C. Un autre faux printemps. Le mois de mai ne se défend pas trop mal, avec une température moyenne et une insolation à peu près normales, mais il y a de nombreux retours de manivelle, avec un vent fréquemment orienté au nord. Le 26 notamment est une journée pénible, avec une température qui reste coincée à 9°C, un vent désagréable de nord à nord-ouest et un ciel désespérément couvert de stratocumulus. Le mois de juin est l’antichambre d’un été parfaitement pourri. Pourtant le début est prometteur : temps ensoleillé et rapidement doux, voire chaud avec 27°C le 3 à Uccle. Mais le mois, dans son ensemble, ne comptabilisera que 147 heures de soleil, avec un total de 100,5 mm de précipitations. Les températures tantôt fraîches, tantôt assez chaudes enclencheront un mois de juin particulièrement orageux. Ces orages sont souvent accompagnés de précipitations très intenses, notamment au Barrage de la Gileppe, à la Baraque Michel, à Spa et à Stavelot. Le tonnerre est souvent entendu, on compte 14 jours d’orage dans les régions de Charleroi, d’Enghien et entre Bruges et Gand. Dans le reste du pays, ce nombre tourne souvent autour de 10, un véritable record pour les observateurs de l’époque. Juillet est encore bien pire. L’insolation totale, à Uccle, ne comporte qu’une centaine d’heures. Seul juillet 2000 connaîtra une insolation encore plus basse. Les précipitations, quant à elles, atteignent 186,9 mm, un quasi-record aussi (196,5 mm en 1942). Et avec une moyenne de température de 13,9°C, juillet 1888 appartient aux mois de juillets les plus froids de l’histoire. Le 1er juillet déjà, le soleil ne daigne se montrer que 10 minutes, et la température n’atteint que 11 à 12°C en après-midi. Mais ce n’est encore rien en comparaison de ce qui se passera 10 jours plus tard. Là, sous un ciel très nuageux à couvert et des pluies abondantes, la température chute brutalement en début/milieu d’après-midi, passant de 11°C (ce qui est déjà très peu) à 5°C ! Cette chute des températures, avec des valeurs extrêmement basses pour une journée de juillet, est attestée partout dans le pays. À Furnes, on note 7°C, à Arlon, 6°C et à la Baraque Michel, 1°C !!! Aglagla ! Jan Van Beers – Ostende 1888 Des flocons de neige se sont mêlés aux fortes averses dans la région de Chimay, tandis que des chutes de neige seront observées à plusieurs reprises à la Baraque Michel le lendemain, et même à des altitudes plus basses comme à Dison, Vielsalm et Spa. Les Hautes-Fagnes, dans la région de la Baraque de Fraiture, connaîtront même un enneigement temporaire de 2 cm environ. C’est le seul cas attesté d’un enneigement en Belgique au mois de juillet. Le reste du mois n’a guère été plus encourageant. La plus haute température du mois, notée à Uccle le 25, n’a été que de 22°C. Et cette journée un peu belle, avec cumulus et altocumulus, s’est vite terminée en orage, une heure et demie d’activité orageuse le soir. Les cumuls de précipitations, sur les mois de juin et juillet, sont par ailleurs très remarquables. À Uccle, ce total atteint 287,4 mm, tandis qu’ils se situent entre 300 et 400 mm en bien des endroits de l’Ardenne, et même au-dessus de 400 mm dans les Hautes Fagnes. Le mois d’août commence en trombe. Et c’est le cas de le dire. Le 1er août, une tornade est observée dans les environs du Mont Kemmel, et elle a été immortalisée par le dessinateur amateur M. C. Vestibule, greffier à la justice de paix de son vrai métier. L’ensemble de ce mois d’août, d’ailleurs, a été peu ensoleillé et presque aussi froid que juillet. En dehors de la tornade en question, les orages ont été nombreux durant ce mois d’août, principalement au centre du pays. Ces orages se sont souvent produits par temps froid, comme le 15 août par exemple, où ils ont éclaté dans une ambiance particulièrement sombre et une température de 12°C seulement en début d’après-midi. Quelques jours plus tôt, le 12, alors que le temps a été un peu plus clément en journée, les orages ont été particulièrement électriques en soirée (sans doute de type MCS), avec parfois de la grêle. Notons enfin, pour terminer la description de ce mois d’août, que 3 trombes marines ont été observées le 31 dans les environs d’Ostende et du Coq. Septembre a enfin été plus ensoleillé, mais toujours trop froid pour la saison. En raison de la prédominance des vents de nord à nord-est, le mois a aussi été sec, mais cela a été quelque peu rattrapé par l’abondance des précipitations du 29. Le lendemain, le 30, a été fort froid, avec toujours de la pluie, tandis que quelques flocons de neige auraient été vus en Flandre Occidentale, au Brabant et dans les Hautes-Fagnes. Octobre, à nouveau, a été très froid. Carlsbourg (396 m) a connu 10 jours de gelée avec un minimum de –5°C. À Bastogne (504 m), on a noté 12 jours de gelée, et 13 à Ville-du-Bois (400 m) et à la Baraque Michel (670 m). Le minimum absolu, dans toutes ces stations, a tourné autour des –4 à –5°C. En Campine aussi, des valeurs proches de –4°C ont été observées. À nouveau, des flocons de neige auraient été vus à Bruges (le 5) et à Anvers (le 7). À la fin du mois cependant, le temps a été très doux, avec des valeurs de 18 à 19°C à Uccle les 27 et 28, avec un temps assez beau (cirrus et altocumulus + (le 28) cumulus). Ceci marquera un revirement fondamental dans les conditions atmosphériques et la fin du froid et des intempéries de 1888. Les mois de novembre et décembre seront assez doux et ne présenteront plus de phénomènes spectaculaires. La période du 3 au 8 décembre sera même un véritable petit printemps, avec du beau temps (sauf le 5, plus nuageux) et des températures de 8 à 10°C le jour. Ouf ! Sources - Annales de l’Observatoire Royal, année 1888 - Revues « Ciel et Terre », année 1888, rubrique « Revues climatologiques mensuelles et annuelles »
  3. S’EN SORTIR AVEC LES PRÉCIPITATIONS DU DERNIER ÉPISODE Données de précipitations du 26 juillet 2021 Les totaux, sauf indication contraire, concernent la période du 26/07 à 8h au 27/07 à 8h Données de l’IRM sur 24h Beitem : 34,6 mm Kruishoutem : 32,0 mm Passendaele : 31,5 mm Middelkerke : 33,0 mm (25/07 8h -> 26/07 8h), Données MétéoBelgique Ypres 27,0 mm entre 13 et 14h 20,4 mm entre 18 et 19h 18,0 mm entre 22 et 23h 68,4 mm (26/07 à 11h -> 27/07 à 8h) (et, comme nous le verrons, une répartition tout autre qu’à la côte) Données privées Knokke (un peu au sud du Royal Zoute Golf Club) 15,2 mm entre 8 et 9h 51,1 mm entre 9 et 10h 6,4 mm entre 10 et 11h 73,2 mm sur 24 h (26/07 à 8h -> 27/07 à 8h) Knokke (Lippenslaan) 15,0 mm entre 8 et 9h 50,8 mm entre 9 et 10h 2,7 mm entre 10 et 11h 73,2 mm sur 24 h (26/07 à 8h -> 27/07 à 8h) Knokke (Duinbergen) 0,3 mm entre 8 et 9h 27,2 mm entre 9 et 10h 4,8 mm entre 10 et 11h 34,0 mm sur 24 h (26/07 à 8h -> 27/07 à 8h) Lombardsijde 31,2 mm entre 5 et 6h 12,5 mm entre 6 et 7h 56,9 mm sur 24h (25/7 à 8h -> 26/07 à 8h 10,4 mm sur 24 h (26/07 à 8h -> 27/07 à 8h) Nieuport (village) 50,8 mm entre 5 et 6h (dont 38,4 mm entre 5h30 et 6h) 7,6 mm entre 6 et 7h 74,4 mm sur 24h (25/7 à 8h -> 26/07 à 8h 6,3 mm sur 24 h (26/07 à 8h -> 27/07 à 8h) Oostduinkerke (Bad) 35,0 mm entre 5 et 6h 4,6 mm entre 6 et 7h 50,1 mm sur 24h (25/7 à 8h -> 26/07 à 8h 0,0 mm sur 24 h (26/07 à 8h -> 27/07 à 8h) Cela revient à dire que l’essentiel des précipitations provient d’un même épisode, qui s’est produit le 26 juillet au matin lors du passage d’un noyau dépressionnaire qui a assez lentement longé la Côte belge avant d’arriver sur les Pays-Bas à la mi-journée. Reprenons l’épisode proprement dit : Oostduinkerke (Bad) : 61,2 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 39,6 mm entre 5 et 7h) Nieuport (village) : 65,3 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 58,4 mm entre 5 et 7h) Lombardsijde : 58,2 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 43,7 mm entre 5 et 7h) Middelkerke : 26,4 mm le 26 entre 2 et 14h Zeebruges : 1,4 mm (!) le 26 entre 2 et 14h (dont 0,3 mm entre 9 et 11h) Knokke (Heist) : 17,0 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 15,7 mm entre 9 et 11h) Knokke (Duinbergen) : 34,0 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 32,0 mm entre 9 et 11h) Knokke (Lippenslaan) : 73,2 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 53,5 mm entre 9 et 11h) Knokke (S du Royal Golf) : 73,2 mm le 26 entre 2 et 14h (dont 57,5 mm entre 9 et 11h) Si l’on regarde l’animation du Buienradar, l’on constate que la ligne d’averses (quelque peu orageuses) sur Knokke ne bouge pratiquement pas et tend à tourner sur elle-même. En outre, il s’agit d’autres cellules que celles de l’ouest de la Côte belge, quelques heures plus tôt (mais faisant partie d’une même perturbation). Le résultat : de nouvelles inondations en Belgique, comme si l’on n’en avait pas déjà assez eu, cette fois-ci à Nieuport et Knokke.
  4. 24 JUILLET 2021 : NOUVELLES INONDATIONS CATASTROPHIQUES À nouveau, la Belgique est victime d’importantes inondations. Cette fois-ci, c’est surtout Dinant qui est frappé, avec un torrent qui s’engouffre dans l’une des rues de la petite ville, emportant les voitures jusqu’à former un amas d’épaves près d’un passage à niveau. Mais Philippeville, Hastière et même la ville de Namur sont frappés par des torrents d’eau et de boue. Capture d’écran : Liliane Severina Alves (Dinantaises, Dinantais) Un dénominateur commun : les situations de blocage Depuis les dernières précipitations catastrophiques des 13, 14 et 15 juillet, le patron atmosphérique général a certes changé, mais garde la situation de blocage comme caractéristique première. La goutte froide responsable des pluies diluviennes s’éloigne en se comblant dès le 16 tandis qu’une importe crête campe à l’ouest de nos régions. Celle-ci nous vaut un répit, avec une période de beau temps de quelques jours. Mais dès le 22, une nouvelle goutte froide, bien détachée du courant principal rejeté loin au nord, apparaît sur l’Océan, se niche sur le Golfe de Gascogne le 23 et s’installe sur le nord de la France le 24. Une partie de la crête anticyclonique se retrouve à son tour rejetée vers le nord, notamment au nord de la goutte froide, ce qui nous vaut quasiment une situation « high-over-low », également dénommée « blocage rex ». Source : Meteociel En surface, un anticyclone se forme, avec un petit coup de pouce thermique, sur les eaux très fraîches de l’Océan et de la Mer du Nord, en englobant les Îles Britaniques. Dès le 17`et ce, jusqu’au 22, le temps est très beau, avec des cumulus faiblement développés surtout l’après-midi et des températures agréables, généralement assez proches des 25°C à l’intérieur des terres. Le 23, le temps est toujours beau, mais avec d’autres nuages, qui annoncent le changement. Les cumulus de beau temps disparaissent avec, à la place, des cirrus devenant de plus en plus nombreux et épais. Une convergence préfrontale, suivie d’un front méchant Le 24 juillet, la goutte froide en altitude se traduit, en surface, par une petite dépression à l’entrée de la Manche qui y reste stationnaire. Une perturbation frontale lui est associée, qui s’occlut assez rapidement. Source : KNMI À l’avant, une ligne de convergence se forme, séparant un air maritime continentalisé, déjà assez humide et accompagnés de vents d’est, d’un air maritime méridional plus chaud et tout aussi humide, avec des vents de sud-est et des points de rosée particulièrement élevés. Cette forte humidité des deux masses d’air, malgré la période de beau temps, est notamment liée aux sols encore détrempés par les précipitations précédentes, et surtout par les inondations. La ligne de convergence est responsable de quelques orages qui éclatent dès le matin sur l’ouest du massif ardennais, et qui se décalent ensuite vers l’est du massif ardennais avant de se résorber.Ces orages s’accompagnent de précipitations généralement faibles, parfois modérées. C’est le front (occlus) lui-même qui, en fin d’après-midi, apportera les pluies diluviennes qui sont l’objet du présent article. Le temps sur l’Ardenne et l’Entre-Sambre-et-Meuse L’aurore est parfois jolie, sous un ciel flamboyant, mais bien vite, le ciel se voile d’altostratus translucidus, voire opacus, accompagnés de bancs d’altocumulus, souvent castellanus. Des cumulonimbus peu visibles depuis le sol obscurcissent quelque peu le ciel et génèrent des précipitations, avec l’un ou l’autre coup de tonnerre. L’humidité devient extrême et de nombreux fractus très bas se forment et s’accrochent aux pente des vallées. Ces fractus persistent assez longtemps, jusqu’à ce que des éclaircies reviennent et les fassent s’évaporer en raison des températures qui remontent. Webcam MB – Beausaint – 24 juillet 2021 à 15h10 Ces éclaircies, toujours accompagnés d’altocumulus castellanus et d’un mix de cumulus et de stratocumulus, ne durent pas longtemps. Dans une ambiance d’humidité extrême, des cumulonimbus orageux touchent à nouveau le pays en milieu d’après-midi et certains se développent jusqu’à générer des orages intenses avec de (très) importantes précipitations. Ci dessous, l’un des aspects que prend le ciel à l’arrivée des orages. Crédit photo : Hubert Maldague (Belgorage) Les cotes pluviométriques sont parfois vraiment élevées, comme à Evrehailles où il tombe 53,4 mm en une seule averse en fin d’après-midi. À Namur, la cote est de 37,4 mm tandis que la Gaume n’est pas en reste avec 34,3 mm à Rossignol, tout ça sur le même épisode orageux. Les températures, dans la région concernée, se caractérisent surtout par un saut au moment de l’arrivée des éclaircies avec une soudaine douceur succédant à la fraîcheur, et des valeurs maximales de quelques 20°C sur les plateaux ardennais mais dépassant 25°C dans certaines vallées, le tout par des points de rosée de 19°C, voire 20-21°C par endroit. Sous les pluies orageuses, la fraîcheur se réinstalle très vite. Pourquoi de telles inondations, à nouveau ? La première cause est certainement à rechercher dans les précipitations et inondations précédentes, celles du 13 au 15 juillet, car il ne faut plus grand-chose pour que les terres, déjà gorgées d’eau, ne sachent plus rien absorber. La deuxième cause, non loin de la première, est à rechercher dans les effets de retour. Toute anomalie climatique, lorsque sa durée dépasse un certain seuil, provoque des effets de retour. C’est vrai pour les vagues de chaleur et de froid, mais surtout pour les vagues de sécheresse et de pluies excessives. Nous avons vu, au cours des années 2018, 2019 et 2020, combien les zones pluvieuses et orageuses se desséchaient en arrivant au-dessus de nos terres arides, aggravant ainsi, par effet de retour, les conséquences de la séchersse. En 2021, c’est exactement l’inverse. La trop longue période de temps pluvieux que nous connaissons a pour effet que n’importe quelle perturbation orageuse, même banale, peut s’approvionner en humidité supplémentaire et de ce fait, provoquer des pluies diluviennes. C’est ce qui s’est passé, malheureusement une fois encore. La troisième cause réside dans la situation de blocage que nous vivons toujours, et dont la fréquence est directement liée au réchauffement climatique, surtout en été lorsque les glaces polaires tendent à disparaître. Ce blocage entraîne un ralentissement général de la circulation, avec comme conséquence, soit des zones de pluie (d’orage) qui ne nous atteignent pas, soit des zones de pluie (d’orage) qui déversent tout sur nous parce qu’elles ne peuvent pas aller plus loin. La quatrième cause, elle, est synoptique. La Mer du Nord, accidentellement (à cause d’un printemps trop froid), est plus fraîche que les autres années, ce qui favorise l’installation d’anticyclones thermiques qui renforcent encore un peu plus les blocages présents en altitude.
  5. LES INONDATIONS CATASTROPHIQUES DE JUILLET 2021 1. Bref aperçu de la catastrophe 31 personnes décédées selon un bilan provisoire, dimanche 18 juillet à 18 heures, et 163 personnes portées disparues. D’après la RTBF, ce sont les pires inondations que notre pays n’ait jamais connues. « Les flots ont ravagé des quartiers entiers, des maisons n’ont pas résisté au courant et se sont effondrées, des débris ont été emportés sur des kilomètres. Au-delà du matériel, le bilan humain est également dramatique. Des personnes ont été prises au piège dans leur maison, dans leur cave ou dans leur voiture alors qu’elles tentaient de fuir. Alors que l’urgence est désormais derrière nous, les témoignages qui nous parviennent sont glaçants. » Pepinster a sûrement été l’une des communes les plus touchées par la catastrophe, avec une dizaine de maisons effondrées sous l’intensité du courant. Une photo, ici, vaut mieux qu’un long discours : Source : RTBF Mais il y a aussi Trooz, Spa, Theux, Eupen, Aywaille, Chênée, Chaudfontaine, Rochefort, Jodoigne, Wavre, Tubize, Grez-Doiceau, Presles et j’en passe de nombreux, sans oublier des villes comme Liège ou Verviers... Rues envahies par les eaux, routes impraticables, trains à l’arrêt, coupures d’électricité, maisons inhabitables quand pas démolies ! C’est la première fois que la Belgique a dû faire face à une catastrophe d’une telle étendue. Trooz (source : La Meuse) Wavre (source : La Libre) Aiseau-Presles (source : La Nouvelle Gazette) Liège (source : RTBF) 2. La faute au réchauffement climatique ? C’est la faute au réchauffement climatique ! Oui ? Avec des températures maximales qui ne dépassent guère 16 à 17°C en plaine ? En plein mois de juillet ? Ben oui, c’est la faute au réchauffement climatique, en grande partie tout au moins ! Regardons un peu ce qui se passe en altitude, au niveau 850 hPa vers 1500 mètres. Pendant toute la durée de l’épisode pluvieux, les températures y ont oscillé entre 10 et 12°C, avec par moment même 13°C. Ce n’est pas remarquable en soi, mais ce sont les températures qu’on rencontrait jadis, à cette altitude, par courants continentaux sous régime anticyclonique. Les valeurs de 10 à 12°C à 1500 mètres d’altitude étaient garantes des beaux jours d’été, avec des températures en surface qui, l’après-midi, atteignaient quelques 27 ou 28°C en surface. De temps en temps, lorsque l’inversion de subsidence descendait plus bas, ou que les courants devenaient plus méridionaux, on atteignait 13 à 14°C à 1500 mètres, voire un petit 15°C. Alors, les températures en surface se permettaient d’atteindre les 30°C. Si l’on excepte quelques grands été comme 1976, les 30°C n’étaient observés qu’une à deux fois par an en Belgique. Et par temps pluvieux ? Les températures typiques, par courants atlantiques, étaient de 6 à 7°C à 1500 mètres, et même inférieurs à 5°C lors des décharges d’air polaire à l’arrière des perturbations. Maintenant, il faudrait presque de l’air polaire direct pour encore avoir de telles valeurs à cette altitude en été. Pendant l’épisode pluvieux qui nous intéresse, la température à ce niveau s’est située entre 10 et 12°C alors qu’on se trouve au sein d’une goutte froide ! Rappelons que sur les moyennes à long terme, la température est de 10°C à 1500 mètres au-dessus de la Belgique en juillet et en août. Or, on se retrouve au-dessus de ces normales alors même qu’on est au sein d’une goutte froide ! Et si l’on regarde plus haut, au niveau 500 hPa, on se retrouve vers les –11°C, ce qui est également au-dessus des normes saisonnières (–13°C), malgré la goutte froide. C’est là qu’intervient le problème du réchauffement climatique au niveau des précipitations. Toute la masse d’air est bien trop chaude par rapport à ce qu’elle aurait dû être, à l’exception des toutes basses couches de l’atmosphère. Donc l’observateur au sol ne le remarque pas. Mais bien des situations atmosphériques, désormais, sont de 3 à 4°C plus chaudes que ce qu’elles étaient avant. Or il faut savoir que plus l’air est chaud, plus il est en mesure de contenir de la vapeur d’eau, avec des quantités d’eau précipitable plus élevées. On estime qu’une augmentation de 1°C s’accompagne d’une augmentation de 6 à 7% du potentiel pluvieux. Ici, on se retrouve à quelques 20% en plus ! Une situation atmosphérique telle qu’on vient de la connaître est certes exceptionnelle et aurait dû égaler (s’approcher ou légèrement dépasser) les records précédents, mais là, avec les 20% en plus, on a non seulement battu, mais aussi pulvérisé tous les records ! Venons-en au caractère exceptionnel de la situation atmosphérique en soi. Oui, c’est une situation exceptionnelle... dans le climat d’avant tout au moins. Maintenant plus vraiment ! Et c’est là qu’on arrive à la deuxième cause liée au réchauffement climatique. Notre climat, en fait, est régi par le jet-stream. Alors, avant d’aborder la problèmatique actuelle, dressons un tableau du jet-stream tel qu’il était avant, c’est-à-dire avant le réchauffement climatique. La force et la direction du jet-stream dépendent des contrastes de température entre d’une part les régions polaires et d’autre part les régions tempérées et (sub-)tropicales. En hiver, le pôle se refroidit très fort, les latitudes plus basses un peu moins, ce qui fait que la différence entre les deux est maximale. En été, le pôle est bien moins froid et les plus basses latitudes (océaniques) ne se sont que peu réchauffées. Le jet-stream diminue. Mais jadis, les glaces polaires étaient encore suffisamment étendues, même en été, pour entretenir une bonne différence thermique malgré tout. Le jet-stream était juste un peu moins fort. Ce qu’il faut savoir dans ce cadre-là, c’est que plus le jet-stream est fort, plus il tend à être rectiligne ; plus il est faible, plus il tend à onduler. Lorsque le jet stream est (plus ou moins) rectiligne, on parle d’une circulation « zonale » d’ouest avec des zones de pluie océaniques qui nous atteignent régulièrement. C’est le temps « belge », gris, pluvieux et peu ensoleillé, mais pas excessif. Lorsque le jet ondule, nous nous trouvons dans un autre type de temps, en raison des « blocages » liés aux ondulations du jet. En simplifiant un peu, on peut parler de deux types de blocages : - Les blocages où les précipitations restent « bloquées » sur l’Océan, avec de la sécheresse dans nos contrées - Les blocages où les précipitations restent « bloquées » chez nous, avec au contraire un excès de pluie dans nos contrées Les variations dans le jet-stream, à l’instar des autres paramètres météorologiques, ont toujours existé, avec une alternance de périodes normales et de périodes plus extrêmes. Ce qui a changé de nos jours, c’est que le jet-stream a ralenti de façon générale, en raison de la baisse des contrastes entre hautes et basses latitudes, avec comme conséquence que les ondulations (et donc les situations de blocage) deviennent de plus en plus fréquentes, surtout en été. C’est pour cela que ces dernières années, nous avons à la fois une multiplication des étés trop secs et des étés trop humides, et une raréfaction des étés normaux. En d’autres termes, non seulement l’ampleur des phénomènes extrêmes augmente, mais aussi leur fréquence. 3. Les inondations et les records pluviométriques L’approche des records pluviométriques est autre que celle des records thermométriques. Si un record de chaleur est battu à Uccle (Bruxelles), il y a de grandes chances qu’il soit aussi battu (ou du moins approché ou égalé) à Anvers, Liège, Charleroi ou Gand. Si un record est pulvérisé à Uccle (comme le 25 juillet 2019), il le sera aussi ailleurs dans le pays. Pour les records de froid, c’est déjà différent : lors d’une nuit radiative, un record de froid peut apparaître quelque part dans le pays sans qu’on puisse parler d’une vague de froid généralisée. Le record de froid de Chièvres, de –21,4 °C le 14 janvier 1982, s’est produit au cours d’un hiver qui, dans la plupart des régions en Belgique, n’a pas laissé de trace spécifique dans les annales climatologiques. Les records de précipitations ressemblent plus aux records de froid qu’aux records de chaleur. Il faut faire la distinction entre les records ponctuels (souvent liés à des orages) et les records concernant des zones plus étendues. Et là encore, contrairement aux phénomènes thermiques, il est rare qu’un phénomène pluviométrique de grande ampleur concerne tout le territoire belge en même temps. La définition de l’amplitude d’un phénomène pluvieux n’est pas toujours simple non plus. Prenons une station X dont le record de pluie en 1 jour est de 110 mm au cours d’un violent orage. À un autre moment, cette station recueille entre 50 et 70 mm pendant 3 jours consécutifs pour un total de 190 mm. Aucun record n’est battu, mais le risque d’inondation est bien plus fort dans le deuxième cas que dans le premier. L’étendue du phénomène est aussi d’une importance primordiale. S’il tombe par exemple près de 50 mm d’eau dans un grand nombre de stations sur une vaste portion de notre territoire, un grand nombre d’affluents seront concernés par des crues, ce qui fait que le risque que le fleuve principal déborde aussi est très grand. Si en plus, ces 50 mm se répètent, à peu près dans la même zone, pendant 2 voire 3 jours consécutifs avec, ici et là, des précipitations records en plus, on est clairement devant un phénomène d’ampleur catastrophique. C’est ce qui vient de se produire. Enfin, pour ne pas simplifier les choses, ce ne sont pas les localités avec les pluviomètres les plus remplis qui sont les plus inondées. En général, il faut surtout regarder ce qui se passe en amont pour juger de l’ampleur d’une inondation. Peut-on dire que la pluviosité que nous venons de vivre est véritablement un record ? Regardons les chiffres. Parmi les plus fortes précipitations en Belgique en 24 heures, nous avons : 242,0 mm à Herbesthael (24/06/1953) 200 mm (valeur estimée) ) à Louvain (14/05/1906) 165,0 mm à Butgenbach (27/10/1935) 156,0 mm à Botrange (07/10/1982) 155,4 mm à Middelkerke (11/06/1905) 146,3 mm à Wijnegem (13/09/1998) 143,7 mm à Grammont (22/09/1947) 140,7 mm à Moerbeke (22/06/1951) 140,3 mm à Viersel (13/09/1998) Les chiffres très élevées du haut de la liste sont liées à ces phénomènes orageux ponctuels (2 orages à Herbesthael, 1 orage à Louvain). Les chiffres, plus bas dans la liste, de Wijnegem et de Viersel font partie d’un phénomène de grande ampleur, qui touche la Flandre Orientale, Anvers, le Brabant flamand, le Limbourg et Liège, avec un grand nombre de stations qui, le 13 septembre 1998, récoltent plus de 100 mm en 24 heures. Au cours de l’épisode pluvieux qui nous venons de vivre, les plus fortes cotes journalières tournent autour de 160 mm le 14 juillet 2021, et autour de 120 mm le 15 juillet 2021, avec une répartition un peu différente au cours de ces 2 jours. Malgré cela, si l’on réunit les totaux sur 48 heures, on obtient 271,5 mm à Jalhay ; 217,1 mm à Spa ; 192,4 mm à Mont-Rigi ; 189,0 mm à Neu-Hattlich. Un phénomène pluvieux de grande ampleur, couvrant 2 jours et concernant une grande partie de notre territoire, a également été observé les 28 et 29 août 1996 avec notamment, sur 48 heures, 183,4 mm à Hombourg ; 150,3 mm à Merendree ; 144,5 à Wingene ; 136,8 mm à Overijse. Est-ce que l’épisode de juillet 2021 est supérieur à celui d’août 1996. En intensité peut-être bien, en superficie peut-être un peu moins. Avons nous battu des records ? D’un point de vue purement statistique, on ne le sait pas. Était-ce exceptionnel ? Oui. Dans notre ancien climat, il n’aurait pas été exagéré de parler d’une période de retour de 200 ans voire plus. Et dans notre climat actuel, avec le réchauffement climatique et ses conséquences qui prennent de plus en plus de place, cette période de retour devient, bien sûr, plus brève, de 20 ans peut-être, voire de 10 ans... Enfin, espérons que non ! Pour conclure ce chapitre, un dernier élément à ne pas sous-estimer dans les scénarios d’inondation : les conditions climatiques qui ont régné dans les mois qui ont précédé l’épisode pluvieux. Tant une période trop sèche qu’une période trop humide peut amplifier de façon dramatique l’ampleur des inondations. Dans le premier cas, l’eau ruisssèle sur les terres trop sèches, dans le second cas, les terres gorgées d’eau ne parviennent plus à absorber le surplus d’eau. Un phénomène pluvieux exceptionnel mais qui reste ponctuel – dans un climat sinon normal (comme c’était le cas avant le réchauffement climatique) – ne va peut-être pas empêcher les inondations, mais va en limiter l’ampleur. Si l’on regarde 2021, l’on constate déjà des excès marqués de précipitations en mai (ponctuellement) et en juin (de façon étendue). L’indice de sécheresse (ou plutôt d’humidité dans le cas présent), calculé sur les 90 derniers jours, nous montre que de vastes régions du centre et de l’est du pays atteignent les critères d’« extrêmement humide ». Tous les paramètres ont donc été réunis pour produire la catastrophe que nous avons vécue. Ci-dessous, les conditions de juin 2021. Source : IRM 4. La situation synoptique des 14 et 15 juillet 2021 En surface, nous avons principalement trois acteurs : une zone anticyclonique sur l’Océan, une zone anticyclonique (thermiquement un peu affaiblie) sur l’Europe centrale et orientale, et entre les deux un vaste complexe dépressionnaire à plusieurs noyaux s’étendant en moyenne de la Scandinavie à l’Italie et au Midi de la France. Source : KNMI En altitude, nous avons un courant zonal qui circule très loin au nord et deux vagues crêtes anticycloniques qui tendent à se rejoindre en créant une vaste aire de hautes pressions en altitude et... en enfermant en son sein une dépression (cut-off-low ou goutte froide). Source : Meteociel En d’autres termes, la situation en surface se complexifie quelque peu par rapport à celle en altitude, mais on retrouve bien des anticyclones en dessous des crêtes, et des dépressions au voisinage de la goutte froide. Le noyau dépressionnaire en surface qui nous concerne, nous, se trouve le 13 sur la Tchéquie, évolue d’est en ouest sur l’Allemagne le 14, touche les Pays-Bas la nuit du 14 au 15 avant de repartir vers l’Allemagne. Une occlusion lui est associée, avec une intense zone de précipitations qui fait presque du surplace sur l’est et le centre de la Belgique. Source : IRM La zone de pluie en question nous arrive d’abord du sud-est et touche la Gaume aux petites heures du 13 juillet. Elle se propage ensuite sur une grosse moitié sud-est du pays avec un déplacement qui tend de plus en plus à devenir est –> ouest, puis nord-est –> sud-ouest (dès le 14 juillet). À partir de ce moment, les précipitations s’organisent de plus en plus en une grosse ligne (comme on peut le voir sur l’image ci-dessus) avec un déplacement dit longitudinal, ce qui signifie que les flux deviennent parallèles à la perturbation, celle-ci ne se déplaçant plus dans son ensemble mais les nuages en son sein se déplaçant dans le sens de la longueur de ladite perturbation, et affectant ainsi durablement les mêmes régions. Une telle zone de pluie (ici une occlusion) qui fait du surplace avec un déplacement longitudinal en son sein est typique des situations de blocage. Au sud-est du pays, le temps reste constamment couvert pendant trois jours consécutifs, avec des nimbostratus pluvieux dans lesquels se dissimulent des cumulonimbus enclavés, donnant alors des pluies plus fortes tombant sous forme d’averses. Les fractus sont bas et s’accrochent souvent aux pentes des vallées. Les températures maximales, le 13 juillet, atteignent 15 à 18°C en Ardenne et encore 19 à 21°C sur l’est et le centre des plaines. Les 14 et 15 juillet, ces maxima atteignant le plus souvent 15 à 17°C tant en plaine que sur les hauteurs. Webcam MB – Beausaint – 14 juillet 2021 à 18h10 Le nord-ouest du pays est grandement épargné. Le 13 juillet commence sous un ciel couvert, mais ensuite on observe des éclaircies entre les bancs d’altocumulus et les cirrus parfois épais. Le 14 juillet, le ciel redevient couvert avec stratocumulus, et nimbostratus (faiblement) pluvieux l’après-midi. Le 15 juillet, les larges éclaircies du littoral contrastent fortement avec le temps sur le restant du pays. Vers la mi-journée, le ciel y redevient très nuageux avec cumulus fractus évoluant en stratocumulus par la suite. Les températures, plus clémentes, montent parfois jusqu’à 21°C les 13 et les 15 juillet, alors que le 14 juillet, l’ouest partage la fraîcheur avec le restant du pays. Ci-dessous, les conditions à Deûlémont, à la frontière belgo-française. Webcam Infoclimat – Deûlémont – 15 juillet 2021 à 9h58 Comme déjà mentionné plus haut, il est rare qu’un phénomène pluvieux, même de grande ampleur, couvre la totalité du pays. Même la situation catastrophique de ces derniers jours n’a pas réussi à le faire. 5. Conclusion Il est peut-être peu probable qu’un événement pluvieux similaire à celui de 2021 se reproduise en 2022 ou 2023. Mais la survenue d’un autre événement extrême nous pend au nez. Si l’on considère seulement les 10 dernières années, la liste des événements météorologiques extrêmes et de grande ampleur est déjà longue. Mars 2013 : un froid inédit, accompagné de chutes de neige extrêmes, concerne une grande partie du pays. La période de 31 jours (= un mois) du 9 mars au 8 avril est par ailleurs l’une des périodes printanières les plus froides que la Belgique n’a jamais connues. Décembre 2015 : c’est l’inverse, ce mois de décembre pulvérise tous les records de douceur sur l’ensemble du mois, et ce sur l’ensemble du pays. Mai-juin 2016 : un blocage qui provoque un nombre impressionnant d’orages quasi-stationnaires, extrêmement pluvieux, qui sont déjà à la base de nombreuses inondations. Été 2018 : un été extrêmement chaud, très sec et ensoleillé. Été 2019 : des températures inédites, supérieures à 40°C sur une grande portion du territoire, au sein d’un été à nouveau très chaud. La tendance sèche, par ailleurs, se poursuit. Été 2020 : troisième été trop chaud et trop sec, émaillé d’une vague de chaleur très intense en août. Cela fait beaucoup. D’autant plus de ces dernières dix années sont émaillées d’une kyrielle d’autres phénomènes intenses, à une échelle plus locale. À un point qu’un temps d’été à 20-22°C en journée, avec une alternance de petites pluies et de petites périodes de beau temps, jadis tellement normal pour la Belgique, est devenu l’exception.
  6. cumulonimbus

    Les orages du 4 juillet 2021

    04/07/2021 : PRÉCIPITATIONS ORAGEUSES PARFOIS INTENSES APRÈS UN ARCUS IMPRESSIONNANT Ce début juillet est marqué par des courants maritimes et des températures normales pour un été bien belge. Le 1 a été même marqué par des températures très fraîches, avec des maxima ne dépassant pas 20°C, et même inférieurs à 16°C dans le nord-est du pays. Les 2 et 3 ont été plutôt doux, avec des maxima le plus souvent compris entre 21 et 24°C en plaine et autour de 20°C sur les hauteurs. Le 4 a connu une matinée douce, avec des températures montant rapidement à une bonne vingtaine de degrés, puis la fraîcheur nous est revenue après les orages. Un été belge, quoi... Non, pas tout à fait. Nous sommes certes dans des courants maritimes, mais pas dans une véritable circulation zonale. Celle-ci existe certes sur l’Océan, mais bute contre une énorme crête chaude en altitude qui s’étend de la Russie au nord de la Scandinavie. Pour nous, cela signifie que nous sommes davantage dans une situation de blocage que dans une situation zonale d’ouest. Et qui dit blocage dit sécheresse... ou excès de pluie ! En ce moment, c’est l’excès de pluie qui nous concerne. Le 4 juillet, une dépression coincée au large de l’Irlande nous envoie des courants maritimes. Mais les hautes pressions sur le nord-est de l’Europe donnent aux vents une tendance à souffler de sud-est, vents qui se mettent en conflit avec les vents de sud-ouest ou d’ouest venant de l’Océan, avec comme résultat pas mal de lignes de discontinuité, voire des lignes de convergence sévères. Une telle ligne atteint notre pays en ce 4 juillet dès la matinée, avec les premiers orages atteignant l’ouest du Hainaut vers 10 heures, puis se propageant sur l’ensemble du pays en s’organisant de plus en plus en ligne orageuse. Celle-ci est précédée par un arcus impressionnant, qui atteint Bruxelles vers 12h30. « Whale’s mouth » à l’arrière de l’arcus dans le ciel Bruxellois. Photo de Carmelo Ponente. Les précipitations, qui bien des fois s’ajoutent aux fortes précipitations de la veille, sont à l’origine de nouvelles inondations. « Après les fortes pluies et les orages de ce samedi, le mauvais temps s’est à nouveau invité ce dimanche en Belgique. Et comme ce samedi c’est le Brabant wallon qui semble avoir été le plus touché, la N25 a notamment été inondée en plusieurs endroits. Des trombes d’eau ont à Jodoigne où l'on constate pas mal de débordements et coulées de boue, notamment à Piétrain. Le bourgmestre a d'ailleurs réquisitionné des ballots de paille pour protéger une maison déjà inondée de nouvelles coulées de boue. La commune a aussi engagé une firme privée pour l’aider à nettoyer les avaloirs qui se bouchent à chaque nouvelle pluie/coulée de boue. C’est un travail sans fin. « Beaucoup d’eau aussi à Genappe : les villages de Houtain-le-Val, Bousval et Baisy-Thy sont particulièrement touchés. Les services de la commune et les pompiers sont sur le terrain. Même scénario à Tubize : beaucoup d’eau et à nouveau des coulées de boue et des routes sous eau. » RTBF On notera aussi, en ce dimanche, que l’autoroute Ostende-Bruxelles s’est transformée en véritable piscine au niveau d’Alost, interrompant quasiment la circulation et provoquant des embouteillages pendant de longues heures. Source : Le Soir Le total des précipitations, à Alost, s’élève à 31,0 mm, dont l’essentiel (28,8 mm) est tombé dans le cadre de l’orage qui est passé sur la région vers midi (une demi-heure environ avant Bruxelles). D’autres endroits de Belgique ont connu 25 à 30 mm de précipitations, ce qui n’est pas énorme en soi, mais c’est le fait que cela tombe en très peu de temps qui est à la base des nombreux problèmes. Enfin un mot sur le temps en général. Avant les orages, le ciel est souvent nuageux avec de nombreux bancs d’altocumulus, avec formation de cumulus (fractus) en dessous. Ensuite le ciel se couvre avec un mix de cumulus et stratocumulus en dessous d’un altostratus. Au passage des orages (avec l’arcus), le ciel s’assombrit très fort. À l’arrière, les pluies ne diminuent que progressivement, avec à nouveau de l’altostratus accompagné de quelques cumulus à base plutôt basse. L’altostratus finit par s’effilocher avec de belles éclaircies en fin d’après-midi, et des cumulus certes nombreux mais peu développés. Des pluies matinales donnent parfois de beaux arcs-en-ciel dès les premières heures du jour, comme par exemple à Cerfontaine. Webcam MB – Cerfontaine – 4 juillet 2021 à 6h15 Au niveau des températures, on observe une chute marquée au passage des orages, avec des valeurs passant de 19-21°C à 13-14°C. À Chièvres, on passe de 19,2°C (11h) à 13,3°C (12h) ; à Zaventem, on passe de 19,8°C (12h) à 13,5°C (13h) ; à Schaffen, on passe de 20,8°C (13h) à 13,8°C (14h). En fin d’après-midi, sous les éclaircies, les températures redépassent légèrement les 20°C sur l’ouest et le centre du pays, mais restent assez fraîches sur l’est.
  7. Fortes précipitations durant la nuit du 29 au 30 juin 2021 D’abord quelques totaux sur 24 heures (29/06 à 8h -> 30/06 à 8h) : Gosselies : 58,0 mm Strée (Huy) : 56,0 mm Ransberg : 54,2 mm Nivelles : 51,4 mm Chastre : 50,2 mm Limelette : 47,8 mm Gembloux : 45,3 mm Lasne : 44,6 mm Enghien : 44,2 mm Diepenbeek : 39,6 mm Hérinnes : 39,4 mm Hoeilaert : 39,2 mm Genk : 38,8 mm Gorsem : 36,9 mm Koersel : 34,1 mm Bierset : 34,0 mm Uccle : 31,8 mm Retie : 30,9 mm Ces précipitations tombent essentiellement (mais pas seulement) dans le cadre d’occlusions qui traînent sur notre pays la nuit du 29 au 30 juin, et plus particulièrement aux petites heures du 30 juin. Précipitations entre 2 et 8 heures le 30 juin Diepenbeek : 23 mm (40 mm sur l’ensemble de la nuit (= 20h -> 8h)) Uccle : 22 mm (36 mm sur l’ensemble de la nuit) Bierset : 21 mm (34 mm sur l’ensemble de la nuit) Les tout gros totaux, par contre, proviennent d’intenses averses, parfois orageuses, l’après-midi ou le soir du 29 juin, auxquelles s’ajoutent les fortes précipitations de la nuit. À Gosselies, par exemple, des averses exceptionnellement fortes sont observées vers 19 heures, avec 36 mm, suivies de 22 mm au cours de la nuit. À Chastres, il tombe 25,4 mm entre 17 et 18h, le reste tombant essentiellement dans la nuit qui suit (total : 50,2 mm). À Nivelles, tout comme à Lasne et Limelette, le scénario est plus ou moins similaire. Il va sans dire qu’après de pareilles précipitations, les inondations sont inévitables. Notamment les zones de Jodoigne et de Wavre en sont affectées. À Lathuy près de Jodoigne, on constate un effondrement de la voirie. La circulation ferroviaire est perturbées aussi en raison de gares inondées. C’est le cas, par exemple, à Buizingen, Braine-le-Compte et Amay. La province de Limbourg n’est pas épargnée non plus, avec Saint-trond qui se retrouve sous eau. Source : les infos sur les inondations proviennent du journal Le Soir.
  8. cumulonimbus

    TORNADE À HOUFFALIZE

    27 juin 2021 Encore une tornade s’abat sur la Belgique en début de soirée, cette fois-ci sur Houffalize, et détruit une ferme à Bernistap, qui était déjà occupée par des agriculteurs depuis des générations. « Il s’agit d’un grand corps de ferme, un bâtiment reconnu vieux de plusieurs siècles », explique le bourgmestre. « Toutes les dépendances agricoles ont été touchées, le pignon, les toitures… Une bête est morte suite à l’effondrement d’un mur. Le corps de logis est moins touché, mais présente d’importants dégâts également. » (Source : journal Le Soir) Source : Météo Express Notre temps est régi par de hautes pressions sur la Mer du Nord et par des basses pressions assez complexes sur le Golfe de Gascogne et la France. Source : KNMI L’air est relativement chaud sur nos régions en ce 27 juin, avec des températures élevées surtout sur le nord et le nord-est du pays avec, là, 26 à 28°C (28,2°C à Kleine Brogel). Ailleurs, on est souvent plus près des 24-25°C, mais avec une atmosphère lourde et moite. En Ardenne, en fonction de l’altitude, les thermomètres affichent entre 21 et 25°C. Le temps, souvent voilé dans cette dernière région, contribue à cette impression de lourdeur du temps. Dès le matin, on y observe quelques stratocumulus sous un voile de cirrostratus, accompagné de quelques altocumulus, parfois floccus. Plus tard apparaissent des bancs étendus d’altocumulus et le cirrostratus évolue graduellement en altostratus translucidus. L’après-midi, les altocumulus se dispersent, des cumulus se forment et le voile s’épaissit encore, en altostratus opacus. Temporairement, les cumulus se résorbent à nouveau en grande partie et se font accompagner de quelques stratocumulus, toujours sous l’altostratus. Ce dernier, finalement, s’effiloche en fin d’après-midi et la convection, brusquement, explose avec cumulus congestus bientôt suivis de cumulonimbus pouvant aller jusqu’à la supercellule, avec fortes averses orageuses. Ensuite on revoit des éclaircies, avec encore beaucoup de cumulus et des fractus d’humidité (après les précipitations) sur les pentes de vallées. Webcam MB – Beausaint – 27 juin 2021 à 6h00 Webcam MB – Beausaint – 27 juin 2021 à 10h35 Webcam MB – Beausaint – 27 juin 2021 à 13h40 Webcam MB – Beausaint – 27 juin 2021 à 18h00 Webcam MB – Beausaint – 27 juin 2021 à 19h10 Webcam MB – Beausaint – 27 juin 2021 à 20h00 Ici et là, on note de très importantes précipitations tombées en peu de temps, comme par exemple à Gouvy avec 32,3 mm tombés entre 18 et 19h, et Andenelle avec 28,0 mm tombés entre 18 et 20 h (24,6 + 3,4 mm). Ailleurs aussi, les averses sont parfois sévères. Middelkerke récolte en fin d’après-midi 44 mm !! L’activité orageuse se développe d’abord en après-midi sur le centre-nord du pays avant de se déporter vers l’ouest et former une ligne orageuse marquée sur la côte belge, sans doute aidée par la convergence liée à un front de brise de mer. En Ardenne, les foyers orageux sont plus isolés mais plus virulents, dont notamment la tornade de Houffalize. Là aussi, on observe une convergence diffuse, au niveau du sol, entre vents d’est-sud-est et vents de sud-sud-est. Mais ce sont surtout les cisaillements directionnels des vents d’altitude qui sont intéressants, avec selon le modèle Arôme des vents de sud-est vers 1000 mètres, des vents de sud vers 3000 mètres et des vents de sud-ouest aux niveaux supérieurs de l’atmosphère. Ci-dessous, une autre photo de la tornade, cette fois-ci au loin. Crédit photo : Loïc Eberhard
  9. NOUVELLE PÉRIODE CHAUDE QUI SE TERMINE DE FAÇON TRÈS ORAGEUSE Après un début de mois fort orageux, le temps se remet sur nos régions grâce à de fortes hausses de pression dès le 6 juin. Par après, pendant une dizaine de jours, nous resterons sous influence anticyclonique même s’il ne s’agit pas d’une véritable situation de beau temps prolongé. En effet, certaines perturbations s’aventurent encore jusqu’à nos régions ou jusqu’aux environs de celles-ci, même si c’est sous une forme affaiblie. Il n’en est pas moins qu’un bon nombre de jours connaissent une insolation généreuse, supérieure à 12 heures à Uccle, avec des températures très agréables tournant souvent autour de 22-25°C au centre du pays. Le 14 juin marque par contre le début d’une période véritablement estivale. 14 juin 2021 Notre temps est à présent déterminé par un anticyclone qui s’étend des Açores à l’Europe centrale avec, là, un noyau secondaire sur la Tchéquie. Il en résulte chez nous des courants plus chauds, avec une coposante continentale plus prononcée. Source : KNMI Partout dans le pays, le ciel est quasiment serein, si ce n’est que l’un ou l’autre cirrus ici et là. Les températures font donc une belle ascension, avec des valeurs maximales de 24°C au littoral, de 28 à 29°C, localement 30°C en plaine et de 26°C sur les hauteurs. Kleine Brogel, avec 29,9°C, n’atteint tout jouste pas le critère de jour de chaleur. Le vent est hésitant, venant de sud-est puis tournant au sud-ouest, ensuite variable avec prédominance ouest, et en soirée, vent de nord-ouest à nord. Mais c’est bien de l’air continental qui stagne globalement sur nos régions. Il n’y a qu’au littoral qu’une influence maritime se fait sentir, avec une brise de mer dès la fin de la matinée, d’abord de nord-ouest, puis de nord-est le soir. 15 juin 2021 Même sous régime anticyclonique, on n’est pas à l’abri de petites surprises. En effet, un petit anticyclone thermique s’est formé sur les eaux froides de la Mer du Nord, au nord d’un faible front froid qui frôle le nord de notre pays. L’air froid des basses couches a en outre généré un pseudo-front un petit peu plus au sud (non repris sur la carte d’analyse), qui a fortement modéré les températures dans une bonne partie du pays. Le massif ardennais a cependant arrêté net la progression de cet air plus frais, si bien que la Gaume continue d’avoir bien chaud. Source : KNMI En chiffres, nous avons des maxima qui ne dépassent pas 18°C en bordure de mer et 21°C dans les dunes. En plaine, on perd quelques degrés aussi avec 25 à 26°C. Sur les hauteurs par contre, il fait à peine plus frais avec 22 à 24°C pendant que la Gaume, localement, monte à 30°C. Le temps reste beau, avec un ciel parfois quelque peu voilé de cirrus et la présence de l’un ou l’autre petit banc d’altocumulus ou de cirrocumulus. Des cumulus se forment l’après-midi, buttent contre l’inversion au sommet de la masse d’air un peu plus frais et s’aplatissent. En raison de cette même inversion, le ciel est quelque peu délavé, brumeux. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 15 juin 2021 à 15h30 Au littoral, le ciel est même nuageux avec là pas mal d’altocumulus et de stratocumulus. En Gaume en revanche, le ciel est plus limpide, malgré la présence de cirrus, là aussi. Les cumulus n’y dépassent cependant pas non plus le stade d’humilis. Les vents, quant à eux, sont orientés au nord-est. 16 juin 2021 La petite fraîcheur n’aura pas fait long feu. Un vaste anticyclone s’étendant de la Baltique à la Méditerranée, et même jusqu’à la Lybie, fait revenir l’air chaud sur son flanc ouest. Les températures remontent donc, jusqu’à des valeurs de 29 à 31°C en plaine et de 27 à 28°C sur les hauteurs. Il n’y a qu’au littoral où le réchauffement est encore quelque peu ralenti en raison de la brise de mer. Les maxima, là, atteignent 26 à 28°C. Le temps est à nouveau très beau, avec quelques petits cirrus et altocumulus. L’après-midi, des cumulus se forment, mais la forte subsidence anticyclonique, qui réchauffe notamment les couches moyennes de l’atmosphère, font en sorte que leur développement est à nouveau arrêté net et que ces cumulus s’applatissent littéralement, jusqu’à devenir presque des stratocumulus. Les vents de surface sont faibles et n’ont pas de direction définie, sauf au littoral où une brise de mer souffle de nord à nord-nord-est l’après-midi. 17 juin 2021 La vaste zone anticyclonique s’étend toujours de l’Europe du nord-est (Baltique, États Baltes, Russie) à la Lybie et achemine de l’air chaud. Mais des dépressions près des bordures ouest et nord de la France sont responsables de discontinuités, dont des lignes de convergence favorables à de l’activité orageuse. En outre, le côté maritime est plus prononcé à l’ouest qu’à l’est de la Belgique, si bien que l’air tropical est plutôt maritime dans la première région, et plutôt direct dans la seconde. Ceci a immanquablement des répercussions sur les températures, avec des valeurs moins élevées à l’ouest qu’à l’est. Cependant, l’humidité rend la chaleur tout aussi insupportable à l’ouest, malgré les quelques degrés en moins. Des orages originaires de France touchent la Côte Belge dès le matin, avec quelques coups de vent sur toute la partie occidentale de notre pays. Ensuite, le temps reste longtemps nuageux avec un mix de cumulus et de stratocumulus. Les éclaircies réappaissent en après-midi, mais bientôt le ciel se voile avec des altocumulus et des altostratus. Le centre du pays connaît également une chaleur d’étuve avec un temps pas tout à fait beau, des restants de nuages orageux le matin, suivis de pas mal de cirrus, cirrocumulus et altocumulus, avec en dessous des cumulus évoluant jusqu’au stade humilis à mediocris. Le sud-est du pays profite par contre du vrai beau temps, avec juste quelques cirrus, quelques bancs d’altocumulus et de discrets cumulus. La présence de quelques castellanus trahit cependant l’instabilité des couches moyennes de l’atmosphère. Les températures maximales, après les orages côtiers, n’atteignent que 24°C dans cette région, sinon les valeurs se situent entre 27 et 29°C en plaine, ainsi qu’au centre du pays. À l’est, on observe jusqu’à 32, voire 33°C en Campine et jusqu’à 31°C en Gaume. Quant aux hauteurs ardennaises et fagnardes, elles connaissent les mêmes valeurs que le centre du pays, en l’occurrence 27 à 29°C, mais à un bon 500 mètres plus haut. Les vents hésitent entre le sud-est et le sud-ouest avant de devenir variables. En soirée, un pseudo-front va se créer entre l’air tropical maritime et l’air tropical direct avec une ligne de convergence qui se crée sur la France, juste au sud de notre pays, quelque part entre Soissons et Reims. Cette ligne va permettre la mise en place d’un véritable rail à orages qui traversera notre pays de sud-sud-ouest à nord-nord-est, grosso modo de Chimay à Geel en passant notamment sur l’est du Hainaut, du Brabant Wallon, du Brabant Flamand et de la Province d’Anvers. Ces orages, dont certains prennent des structures supercellulaires, donnent parfois lieu à de très fortes précipitations. Le village de Senzeilles (non loin de Philippeville) est l’un des premiers à être touchés, avec 50,2 mm d’eau dans le cadre de trois orages. Les pluies commencent dès minuit (nuit du 17 au 18), mais on retiendra surtout les 30,6 mm tombés entre 2h30 et 3h30. À l’autre extrémité du pays, là où les orages s’apprêtent à gagner les Pays-Bas, on a relevé une quantité d’eau similaire à Senzeilles, en l’occurrence 50,0 mm à Geel. Entre les deux, bon nombre de stations située sur ce « rail à orages » récoltent entre 20 et 30 millimètres dans leur pluviomètre. La carte ci-dessous, reprenant les impacts de foudre, illustre à merveille la trajectoire des orages. Source : Blitzortung via Meteo 60 Les conséquences ne se font pas attendre, avec coulées de boue et inondations. À Orbais (Perwez), tout un terrain de hockey, récemment aménagé, se retrouve sous eau. À Piètrebais, les rues du village se font envahir par la boue. Et en raison de la boue toujours, certaines routes sont coupées, notamment entre Incourt et Grez-Doiceau. 18 juin 2021 Après une nuit agitée sur une ligne passant au-dessus du centre-est du pays, l’activité orageuse reprend dès le matin, cette fois-ci sur l’ouest du pays. L’anticyclone continental continue d’acheminer de l’air chaud pendant qu’une dépression thermique se creuse sur la France. Nous restons du côté chaud du front jusqu’au soir, sous l’influence d’une ligne de convergence pré-frontale affectant principalement l’ouest. Une première zone orageuse se forme le matin du côté d’Abbeville, en France, et remonte vers Dunkerque. Ces orages débordent sur Furnes et La Panne en milieu de matinée. En début d’après-midi, un jeu complexe entre la ligne de convergence et le front de brise de mer va aider à la formation d’une supercellule sur Zeebruges avec d’intenses intempéries. C’est donc dans la région côtière qui connaît le temps le plus instable. Alors que des cumulonimbus étaient déjà présents sur l’ouest, le restant de la Côte belge connaît une nébulosité variable en matinée, avec cirrus et altocumulus, et cumulus se développant rapidement pour atteindre le stade de cumulonimbus orageux à la mi-journée. Une cellule particulièrement vigoureuse naît alors au nord de Bruges, en tout début d’après-midi, et atteint Zeebruges peu après 14 heures en prenant des caractéristiques supercellulaires. À ce moment, tout l’ouest et le centre de la Côte belge sont déjà soumis à la brise de mer, avec des vents de nord-nord-ouest tant à Coxyde qu’à Middelkerke. L’est de la Côte belge, un moment encore, connaît l’air chaud de l’intérieur des terres avec des vents de sud-sud-est à Zeebruges et à Cadzand, vents qui se font encore sentir au large jusqu’au point de mesure de Vlakte van Raan, à une quinzaine de kilomètres de la côte. Nous avons donc un front de brise de mer qui est oblique par rapport au littoral, mais qui va se retrouver quasiment perpendiculaire à une ligne de convergence préfrontale nous venant du sud, et qui va interférer avec celle-ci, ce qui permettra le développement explosif de la cellule précitée. À Zeebruges, où le thermomètre affichait encore 25°C à 14 heures, on notera quelques minutes plus tard une très puissante rafale descendante et des pluies torrentielles. L’anémomètre du port de Zeebruges monte à 119 km/h et le pluviomètre recueille 16 mm en 1 heure ! Le phénomène est très localisé. Une station privée près de la plage, juste à l’ouest du port, note encore 99 km/h alors que la station du « Meetnet Vlaamse Banken », située sur le môle du port (à quelques 2 kilomètres de la plage), peine à dépasser les 70 km/h. Le point de mesure Vlakte van Raan, pourtant situé beaucoup plus loin mais plus ou moins sur le parcours de la supercellule, enregistre quant à lui 83 km/h. Cet orage survit en mer et retouche terre aux Pays-Bas avec encore de copieuses précipitations, de fortes rafales de vent et un imposant arcus. Crédit photo : François Riguelle (Belgorage) En après-midi, l’activité orageuse se poursuit sur notre littoral, au sein d’un mix entre stratocumulus et nuages convectifs. À l’intérieur des terres, la journée commence parfois sous la pluie avec stratocumulus et stratus / cumulus fractus, puis le temps devient plutôt beau et surtout très chaud, avec effilochement rapide des altostratus / cirrostratus encore présents et un développement généralement modeste des cumulus. Quelques-uns seulement atteignent le stade de congestus. Parfois, des cumulonimbus sont visibles de loin, principalement à partir de l’ouest du Hainaut. La présence d’altocumulus castellanus un peu partout sur le pays dénote cependant la persistance d’une certaine instabilité. Les températures maximales atteignent 24 à 26°C au littoral, 28 à 29°C sur les plaines occidentales, 30 à 31°C sur les plaines centrales, 33°C sur les plaines orientales et 26 à 28°C sur les hauteurs. Les vents, à l’intérieur des terres, soufflent d’est à sud en matinée (plutôt d’est au nord du pays, plutôt du sud au sud du pays), puis de sud l’après-midi avant de tourner au sud-ouest le soir. À noter que l’humidité de l’air reste très forte sur l’ouest et le centre du pays, avec des points de rosée dépassant parfois 20°C. Sur l’est par contre, il fait généralement plus sec. Vague de chaleur Si les critères d’une véritable vague de chaleur ne sont pas remplis à Uccle, ils le sont par contre au nord-est et à l’est du pays, ce qui nous permet de parler d’une vague de chaleur à l’échelle locale. Notamment Diepenbeek, Kleine Brogel et Bierset ont connu 5 jours consécutifs avec des températures de 25°C et plus, dont 3 ont atteint ou dépassé les 30°C. En Campine, les plus hautes valeurs enregistrées sont 33,0°C à Diepenbeek et 32,9°C à Kleine Brogel. Dans le restant du pays, comme pour Uccle, le niveau de « vague de chaleur » n’est pas atteint. 19 juin 2021 Un front froid a discrètement traversé une bonne partie de notre pays durant la nuit du 18 au 19, avec une baisse substantielle des températures sur l’ouest et le centre du pays. Sur l’est et le sud par contre, il continue de faire chaud. Le front, en effet, reste onduler sur le sud-est du pays. Une autre branche de la perturbation finit par devenir quasi-perpendiculaire au front précité et le tout abordera notre pays dans le courant de la soirée, ce qui ne sera pas sans conséquences. Source : KNMI En attendant, le pays est coupé en deux. À l’ouest d’une ligne Couvin – Namur – Hasselt – Kleine Brogel, les températures maximales ne dépassent guère les 20°C, voire ne les atteignent même pas (19°C du côté de Gand, 16°C au littoral). Source : Infoclimat Les vents soufflent d’ouest à nord et il fait gris et couvert avec des stratocumulus. Et quand ces stratocumulus se déchirent, c’est souvent pour dévoiler d’autres stratocumulus, à base plus élevée. Ou alors des altocumulus avec de maigres éclaircies. En soirée, les stratocumulus finissent par se disperser, mais une nappe d’altostratus translucidus, voire opacus, voile déjà entièrement le ciel. En dessous, quelques altocumulus castellanus révèlent que l’air n’a jamais cessé d’être instable dans les couches moyennes de l’atmosphère. Dans le sud-est du pays, c’est un tout autre type de temps. Les températures frisent parfois les 30°C en Gaume et le ciel est lumineux, avec quelques cirrus spissatus et quelques altocumulus. L’après-midi, des cumulus se forment et restent longtemps discrets. Ce n’est qu’en soirée que quelques-uns atteignent le stade de congestus tandis que des castellanus confirment l’instabilité. À ce moment-là, un voile nuageux apparaît en Gaume aussi, mais bien plus mince, composé de cirrostratus souvent lacunaires. Le vent souffle principalement de sud à est, sous forme d’une bonne petite brise avec de petites rafales. La Campine, une partie de l’Ardenne et l’Entre-Sambre-et-Meuse se trouvent un peu à la limite des deux. On y observe d’importants bancs de stratocumulus, mais aussi des éclaircies. Les castellanus et, plus tard, le voile nuageux y sont présents aussi. Les températures atteignent quelques 25 à 26°C tant sur les plateaux de l’Ardenne que sur ceux de l’Entre-Sambre-et-Meuse (mais jusqu’à 28°C dans les vallées) et 26 à 27°C en Campine. En soirée, nous assistons à une tripartition des masses d’air sur notre pays. Sur le centre et l’ouest persiste un air maritime frais de la Mer du Nord, sur l’est et le sud, c’est de l’air tropical direct tandis que nous arrive de l’air atlantique à partir du sud-ouest à l’arrière du front de « l’autre branche de la perturbation ». Selon le modèle Arôme, les vents de surface, en soirée, tendent de plus en plus à souffler de nord-nord-est sur tout le pays à l’exception de l’extrême sud (ce qui se confirme par les observations), tandis qu’en altitude, les vents soufflent d’est vers 1000 mètres, de sud vers 3000 mètres et de sud-ouest dans les hautes couches de l’atmosphère. Les cisaillements directionnels sont donc très importants. Après le passage du front (celui lié à l’autre branche de la perturbation), les vents tendent à s’orienter au sud à sud-ouest à tous les niveaux. Les orages formés sur cette perturbation intéressent en soirée l’ensemble du pays, mais les exemplaires les violents se concentrent non loin de la zone où les deux fronts perdendiculaires se rencontrent. Ces orages, formés en France à une heure où l’élément thermique donnait encore un coup de pouce supplémentaire, profitent donc de tout le potentiel qui leur est donné. Grâce aux cisaillements susmentionnés, certains d’entre eux adoptent un comportement supercellulaire et deux au moins vont jusqu’à produire une tornade. La plus spectaculaire est la tornade de Beauraing, où l’on dénombre 17 blessés légers et où 92 maisons ont été abîmées, dont une dizaine sont rendues inhabitables. Crédit photo : Michael Baillie (Belgorage) Une autre tornade est observée à Épraves et Laloux. Dans ce dernier village, c’est carrément le clocher de l’église qui s’envole. Les deux tornades peuvent être classées dans la catégorie F2. En dehors de cela, on note aussi de très fortes rafales (126 km/h à Hotton, 97 km/h à Humain) et d’intenses précipitations. À Gouvy, il tombe dans la soirée 56,1 mm. D’importantes précipitations sont également relevées à Strée près d’Huy (35,7 mm), à Dinant (28,5 mm), à Hastière (28,0 mm), à Herhet (27,2 mm), à Ciney (25,9 mm) et à Beauraing même (19,9 mm). Plus tard dans la nuit, des orages très pluvieux parviennent aussi à se faufiler dans la région du pays où il avait fait frais. À Melle, il tombe même 47 mm entre 22 heures et 2 heures. Même en dehors des tornades, les dégâts sont importants : inondations, coulées de boue, arbres abattus... 20 juin 2021 À l’arrière de la perturbation orageuse, nous nous retrouvons dans un air post-frontal d’origine océanique, mais encore doux. Pour l’ouest et le centre du pays, il s’agit même d’un gain au niveau des températures, puisque cet air océanique est moins frais que l’air maritime de la Mer du Nord. Pour le sud du pays en revanche, cet air est moins chaud : il s’agit du classique rafraîchissement après une journée chaude et orageuse. L’humidité laissée par les précipitations est parfois responsable de stratus ou de cumulus fractus matinaux. Par la suite, le temps est généralement beau avec des cumulus humilis à médiocris, des cirrus spissatus parfois épais et des altocumulus plus ou moins nombreux. En soirée, les altocumulus deviennent nombreux partout et sont suivis, dans le sud du pays, par des altostratus avec déjà quelques précipitations. Les températures maximales atteignent 19°C au littoral, 21 à 26°C en plaine (le moins à l’ouest, le plus à l’est) et 22 à 23°C sur les hauteurs. En soirée et durant la nuit du 20 au 21, le front revient dans une ondulation quelque peu complexe, avec une pointe de secteur chaud qui passe sur l’est de notre pays. Source : KNMI Les précipitations sont à nouveau très intenses, mais ne s’accompagnent pas d’orages cette fois-ci. Voici quelques chiffres : Gembloux : 54,2 mm Gosselies : 43 mm Jodoigne-Souveraine : 42,4 mm (+ 1,6 mm en début de matinée) Cour-sur-Heure : 42,0 mm Pont-de-Loup : 40,4 mm Beauvechain : 37,9 mm Chastres : 33,2 mm Floriffoux : 32,4 mm Dourbes : 30 mm Toutes ces précipitations sont tombées la nuit, ont souvent commencé vers le milieu de la soirée pour se terminer le matin. Il en résulte à nouveau des dégâts, avec notamment des caves, des maisons et des routes inondées, notamment sur l’est du Brabant Wallon. 21 juin 2021 Ce 21 juin, pourtant début de l’été astronomique, marque la fin de la période estivale dans la plupart des régions de Belgique. Une occlusion, reliant à présent plusieurs dépressions, reste traîner sur notre pays en s’affaiblissant graduellement. De légères hausses de pression thermiques sur la Mer du Nord sont responsables d’un air froid dans les basses couches qui affecte une bonne partie du pays. Source : KNMI Le ciel est couvert d’un nimbostratus pluvieux dont les précipitations diminuent peu à peu et qui est suivis de stratocumulus, parfois doublés de cumulus ou de fractus. Quelques déchirures donnent de maigres éclaircies. Les températures sont désormais très fraîches, avec des maxima de 15°C au littoral et de 16 à 19°C en plaine (le moins à l’ouest, le plus à l’est). Le sud du pays, qui se trouve au sud de l’occlusion, est encore épargné par cette fraîcheur estivale. Dans le sud de la Gaume, la température atteint même 25°C ! Là, les stratocumulus se déchirent en fin de matinée et évoluent en cumulus dans un ciel ble avec quelques cirrus. En Ardenne, où quelques éclaircies sont présentes aussi, on note encore de l’instabilité avec quelques orages. Conclusion Le 22 juin, l’air chaud a entièrement quitté notre territoire. Les maxima sont même fort bas pour la saison, avec seulement 11 à 12°C sur les hauteurs et le plus souvent 15 à 16°C en plaine. Même la Gaume ne parvient plus à dépasser 16°C. De l’air certes plus doux se trouve encore tant au nord (Pays-Bas) qu’au sud de notre pays (France), mais on est loin de la chaleur, là aussi. Les orages ont quitté notre territoire aussi, ce qui permet de dire que cet épisode de chaleur et d’orages est désormais clos. À quand le suivant ?
  10. UN DÉBUT JUIN FORT ORAGEUX Un mois de mai humide et frais termine un printemps lui aussi trop frais dans son ensemble. Seuls les derniers jours, sous l’influence de courants continentaux, ont été plus ensoleillés et plus doux, avec toutefois des valeurs thermiques plutôt modestes. 1er juin 2021 À présent, un anticyclone dont le noyau principal se trouve sur le nord de la Scandinavie détermine le temps sur nos régions. Sa forme est cependant telle que les courants nous arrivent plutôt de sud-est, ce qui entraîne (enfin) un certain réchauffement du temps. Pendant ce temps, une dépression sur le Golfe de Gascogne est responsable d’une ligne de convergence sur la France, qui entraîne déjà de l’activité orageuses à la limite de l’air sec au nord et de l’air humide au sud. Mais cela ne nous concerne pas encore. Que du contraire ! Source : KNMI Chez nous, le ciel est parfaitement serein partout dans le pays et les températures, on ne peut plus agréables avec des valeurs proches de 25°C en plaine et de 21°C sur les hauteurs. Les vents de surface soufflent d’est à sud-est, avec au littoral temporairement brise de mer de nord-est. 2 juin 2021 Le patron atmosphérique général semble peu évoluer, sauf que pour nous, la dépression du Golfe de Gascogne, qui remonte lentement vers l’Irlande en passant juste à l’ouest de la Manche, prend de l’importance. En effet, la ligne de convergence française remonte en même temps que la dépression, et traverse notre pays dans le courant de l’après-midi (sud) et de la soirée (centre puis nord). Graduellement, l’air devient plus humide et encore un peu plus chaud, avec des orages locaux à la clé. Par endroit, ces orages prennent déjà une tournure violente, notamment du côté de Floreffe où un torrent vient inonder tout un quartier et où des familles sont privées d’électricité pendant des heures. Éghezée, Malonne et Jemeppe-sur-Sambre sont également frappées par des inondations. Crédit photo : Samina Verhoeven (Belgorage) En matinée cependant, le ciel a encore été bien bleu, avec quelques cirrus certes, mais aussi des altocumulus castellanus ici et là, témoignant de l’instabilité grandissante de l’air. Les cumulus apparaissent dès la mi-journée et évoluent rapidement, avec une certaine tendance à former des congestus minces et fort développés en hauteur. Les premières averses, aussitôt orageuses, se forment en milieu d’après-midi sur les contreforts ouest de l’Ardenne, du côté de Bouillon, dans le cadre d’une ligne de convergence diffuse entre vents de sud-est et vents de sud. Ces averses remontent ensuite vers le nord en même temps que la ligne de convergence, et affectent tout le pays mais de façon décousue. En soirée, une seconde ligne, avec des orages plus consistants et parfois violents traverse le pays, mais une nouvelle fois, il n’y en a pas pour tout le monde. De très nombreuses stations pluviométriques restent à 0 mm. D’autres se font copieusement aroser comme par exemple Chastres (35,0 mm), Gembloux (31,2 mm), Oupeye (27,8 mm), Ernage (25,2 mm) et Kapelle-op-den-Bos (22,0 mm). Il est intéressant de noter que Chastres et Gembloux reçoivent en soirée, respectivement, 21,6 et 21,4 mm en une heure de temps seulement. Les températures sont élevées avant les orages, avec 24 à 25°C sur les Hauts Plateaux et le plus souvent 28 à 29°C en plaine. Koersel enregistre son premier jour de chaleur de 2021 avec 30,1°C. À 23 heures, les orages qui ont éclaté ont parfois fait baisser la température jusqu’à 15-16°C, alors que les régions plus épargnées restent à 21-23°C. 3 juin 2021 Notre pays se retrouve à l’arrière de plusieurs lignes de convergence mais à l’avant d’un front froid qui, à la mi-journée, s’étend en ligne presque droite de l’Angleterre à l’Espagne. Nous sommes dans un air maritime un brin plus frais, mais avec encore des températures assez chaudes pour la saison et le maintien d’une certaine instabilité de l’air. Dans l’ensemble, le ciel est très nuageux, avec en matinée surtout beaucoup d’altocumulus, souvent épais, avec en dessous des stratocumulus qui évoluent en cumulus en cours de matinée. L’après-midi, les nappes d’altocumulus se déchirent et les cumulus se développent mieux, mais sur une grande partie du pays (le centre et l’ouest), ces cumulus n’atteignent plus le stade de cumulonimbus. Au centre du pays, il s’agit avant tout de cumulus mediocris avec quelques congestus. Sur les plaines de l’ouest, il s’agit plutôt d’humilis avec quelques mediocris. Au littoral, il n’y a pas de convection du tous, juste les altocumulus et cirrus qu’il y a aussi ailleurs en Belgique. Sur l’est du pays, la tendance aux orages persiste. Au nord-est, de petites averses se forment dès la matinée. À l’est et au sud-est, l’activité orageuse se met en place à la mi-journée et des foyers isolés se manifestent tout au long de l’après-midi et parfois encore en soirée. Il s’agit de cumulus se développant rapidement en dessous d’une quantité variable d’altocumulus et d’éclaircies, ces dernières semblant « booster » certains cumulonimbus. Les températures maximales se situent autour de 19°C au littoral, de 25°C en plaine (jusqu’à 27°C en Campine) et de 21 à 22°C sur les hauteurs. Les vents soufflent d’abord de sud, puis tournent graduellement à l’ouest, puis au nord. Les précipitations, là où il y en a, sont généralement modestes, mais quelques averses sont un peu plus marquées, comme par exemple à Oupeye (14,6 mm) et à Diepenbeek ( 9,4 mm). 4 juin 2021 Le front froid se rapproche lentement de notre pays en demeurant quasi-rectiligne, mais en après-midi, une ondulation s’y forme juste à l’ouest de notre pays en créant une situation assez complexe, d’autant plus que nouvelles lignes de convergence font temporairement revenir une circulation d’est dans les basses couches de l’atmosphère. En début d’après-midi, on retrouve une forte ligne de convergence entre ces vents d’est à nord-est et des vents à prédominance nord-ouest au-dessus du centre du pays et plus particulièrement du côté de Bruxelles. Cette convergence s’estompe par la suite. Source : Infoclimat Sur les cartes d’altitude du modèle Arôme au niveau 925 hPa (vers 850 mètres), on retrouve cette même ligne de convergence mais cette fois-ci avec des vents d’est qui rencontre des vents de nord-est. Cette ligne s’estompe aussi par la suite avec un rétablissement général des courants d’est à ce niveau (sauf sur le sud du pays). Au niveau 700 hPa (vers 3150 mètres) par contre, les vents soufflent généralement de sud à sud-ouest ce qui entraîne d’importants cisaillements directionnels. La principale caractéristique de cette journée est l’abondance des précipitations en de très nombreux endroits. Voici quelques chiffres sur 24 heures (04/06 à 8h -> 05/06 à 8h) : Zaventem : 58,0 mm Diepenbeek : 57,0 mm Gosselies : 38,8 mm Bruges : 37,6 mm Woluwe-Sant-Pierre : 37,2 mm Uccle : 34,6 mm Koersel : 32,1 mm Evrehailles : 31,8 mm Beitem : 30,3 mm Nivelles : 29,8 mm Sivry-Rance : 29,6 mm Hérinnes : 29,6 mm Zeebruges : 27,2 mm Passendaele : 25,1 mm Florennes : 25,0 mm Comme on peut le voir, ces stations se répartissent un peu sur tout le pays. Il n’en est pas moins que cette fois-ci encore, il n’y en a pas pour tout le monde. Bièvre ne reçoit que 0,7 mm ; Genk, 1,3 mm ; Bierset, 1,7 mm ! Si l’on regarde le détail, arrêtons-nous d’abord à l’orage qui s’est formé sur la ligne de convergence passant sur Bruxelles. Uccle, comme mentionné ci-dessus, reçoit 34,6 mm au total, mais il en tombe 21 mm sur une demi-heure seulement. Le plus remarquable : 10,3 mm en 5 minutes, entre 14h55 et 15h00. C’est la plus haute valeur depuis les très violents orages des 18 et 23 août 2011. Au nord-est de Bruxelles, les précipitations sont pires encore. On retrouve l’averse d’Uccle à Kortenberg entre 15h15 et 15h45 avec 22,1 mm. Puis une seconde averse le soir, qui y laisse 20,1 mm entre 18h45 et 19h45. Au total sur 24 heures, cette station privée enregistre 49,3 mm. Sur la proche station de Zaventem, il tombe même 58,0 mm, avec une répartition des précipitations sans doute similaire. Woluwe-Saint-Pierre enregistre de fortes précipitations aussi, avec 37,0 mm dont 31,6 mm en soirée, entre 18 et 20h. Les conséquences ne se font pas attendre. À Bruxelles, la station de métro Porte de Hal se trouve sous eau, mais aussi... le Palais de Justice ! Plusieurs tunnels sont inondés et on enregistre en tout 158 interventions des pompiers en raison des intempéries. Ailleurs qu’à Bruxelles, on retiendra surtout les formations nuageuses spectaculaires dans le ciel d’Heppignies (juste au nord-est de l’aéroport de Charleroi). Heppignies vers 17h45 – crédit photo : Benjamin Kampouris (Belgorage) Heppignies vers 17h45 – crédit photo : Samina Verhoeven (Belgorage) Grâce au time lapse, une rotation a pu être déterminée et trois cellules ont développé, au moins temporairement, des caractéristiques supercellulaires. En tout cas, les précipitations sont parfois intenses dans la région. Une station météorologique privée proche (4 km au sud) relève une dizaine de millimètres en 15 minutes seulement dans le même créneau horaire (17h35 – 17h50). Le temps, avant ces orages, est assez chaud et fort humide. En bien des endroits, la journée commence dans le brouillard pendant que l’instabilité se manifeste dans les couches moyennes de l’atmosphère par des altocumulus castellanus. Sinon on note d’abord de belles éclaircies, une fois la grisaille du matin dissipée, mais la convection, par la suite, s’enclenche rapidement. Les premiers orages touchent la Botte du Hainaut peu avant midi, pendant que des cellules orageuses se développent aussi en Ardenne ainsi que dans les Hautes-Fagnes. Ces orages gagnent par après toute la Belgique par vagues successives et perdurent jusqu’au soir. Les derniers foyers quittent le pays par le nord-est vers 21 heures. Entre ces orages, les éclaircies sont assez rares en raison de la présence de nombreux altocumulus, mais aussi de cirrus, cirrostratus voire altostratus issus des enclumes de cumulonimbus. Les températures maximales, en plaine, atteignent 24°C à 28°C d’ouest en est. Au littoral, le temps reste frais aux abords immédiats de la mer avec 18°C. Sur les hauteurs, on atteint 22 à 23°C. Des baisses marquées de la température accompagne parfois les premiers orages (avec des valeurs n’atteignant plus que 16°C), suivies de remontées temporaires jusqu’aux orages suivants. L’extrême nord-est du pays maintient des températures chaudes jusqu’en fin d’après-midi. 5 juin 2021 Les orages cessent, mais la perturbation reste traîner sur notre pays avec comme conséquence un temps très gris et à présent frais pour la saison. Le temps, à l’inverse de la veille, est gris et monotone, avec peu ou pas de précipitations. Brumes (voire brouillards), stratus et stratocumulus participent à cette grisaille. Seul l’ouest du pays connaît quelques éclaircies en fin de journée, avec alors des altocumulus. Les températures maximales, en forte baisse, atteignent encore un petit 18°C au nord-est du pays, sinon se situent le plus souvent autour de 16°C en plaine et entre 14 et 16°C sur les hauteurs. Au centre du pays, le Brabant Wallon est particulièrement frais avec des maxima de 13 à 14°C. Les vents soufflent à présent d’ouest à nord-ouest et les précipitations ne dépassent généralement plus quelques dixièmes de millimètres, sauf parfois sur l’est et le sud (Mont-Rigi : 2,8 mm ; Strée (Huy) : 1,7 mm ; Dourbes : 1,6 mm). Ceci marque la fin de la première offensive orageuse sérieuse de l’année 2021.
  11. cumulonimbus

    Quand avril se montre froid

    QUAND AVRIL SE MONTRE FROID Le mois d’avril 2021, avec une moyenne de 7,3°C à Uccle, a été exceptionnellement froid, surtout en ces temps de réchauffement climatique. Il faut en effet remonter jusqu’à 1986 pour trouver un mois d’avril encore plus froid (6,6°C). Les températures minimales ont été plus extrêmes encore. La moyenne des températures minimales du mois, de 2,5°C, est la plus froide depuis 1956 (2,3°C). La neige, quant à elle, n’est vraiment pas passée inaperçue. À Uccle, le sol était entièrement recouvert de neige le matin pendant deux jours consécutifs, les 6 et 7 avril. Il faut remonter jusqu’à 1935 pour encore retrouver deux jours consécutifs avec couverture neigeuse complète en avril. L’épaisseur, elle, a été la plus importante depuis 1913. Le 6 avril, on mesurait 6,5 cm de neige au sol à 8 heures, couche qui a même augmenté jusqu’à 9 cm à 9h40. Le 12 avril 1913, on avait mesuré 10 cm le matin. Ceci nous montre deux choses : 1° Le réchauffement climatique n’empêche pas les surprises froides 2° Ces surprises froides sont cependant moindre que si le réchauffement climatique n’avait pas existé Voyons ce dont avril a déjà été capable. Avril 1837 Le mois d’avril 1837, avec une moyenne de 4,3°C, présentait à peu de choses près le même écart par rapport aux normes de l’époque que ne le fait avril 2021 par rapport aux normes actuelles : Avril 1837 : 4,3°C (première normale disponible 1833-1862 : 7,6°C) Avril 2021 : 7,3°C (dernière normale disponible 1991-2020 : 10,4°C) À quoi pouvait ressembler un tel mois d’avril ? Nous en avons une description assez précise, qui avait été réalisée à l’ancien Observatoire de Bruxelles, situé à l’actuel endroit du Botanique. Du 1 au 4 avril 1837, le temps est déjà frais pour la saison, avec des températures proches de 0°C la nuit et un vent fort et désagréable en journée, avec une alternance d’éclaircies et de passages nuageux associant cumulus et stratocumulus. Le 5 avril, sous un vent fort de nord-est, le ciel se couvre et la température reste calée à 0°C tout au long de la journée avec des chutes de neige presque sans interruption. Cette neige continue à tomber tout au long de la nuit et, dans le courant de la matinée du 6 avril, on mesure « un pied » de neige, c’est-à-dire près de 30 cm de neige au sol ! Si au vu du vent, les congères ont pu jouer un rôle, les précipitations de 17,3 mm nous indiquent que la couche de neige, hors congères, devait bien se situer entre 15 et 20 cm, bien plus que le record observé à Uccle depuis 1889 (10 cm le 12 avril 1913). Du 7 au 10 avril, il continue à neiger sporadiquement, parfois sous forme de giboulées avec aussi du grésil, et il gèle toutes les nuits avec même –4°C le 9 avril. En journée cependant, les températures repasse au-dessus de 0°C dans les éclaircies et la neige fond à Bruxelles. Ce qui n’est pas encore le cas à Namur et Liège. « Le 10, les diligences de Namur et de Liège avaient cessé de marcher à cause des neiges amoncelées dans les vallées où passent les routes. » Jusqu’au 15 avril, le temps demeure froid à Bruxelles, avec des maxima qui peinent à dépasser les 5°C et des minima proches de 0°C, voire inférieurs. Le vent se maintient en moyenne au secteur nord-est et le temps s’assèche quelque peu. Il ne neige plus, ou très peu, le ciel devient nuageux à beau avec une petite tendance à la brume. La deuxième moitié du mois est plus douce, si on peut le dire ainsi, avec des maxima le plus souvent compris entre 10 et 13°C et des minima de 3 à 7°C. Les vents dominants s’orientent au sud-ouest et le temps devient on ne peut plus désagréable. La pluie succède à la neige et le soleil est aux abonnés absents la plupart du temps. Nimbostratus, stratus et stratocumulus occupent le ciel, avec de temps en temps seulement des éclaircies sous un ciel de traîne, souvent encore accompagnés de pas mal de stratocumulus. Au final, la température ne frôlera les 15°C qu’en toute fin du mois, le 30 avril. On peut donc se dire qu’en comparaison, le mois d’avril 2021 a été « bien gentil ». Sources Annales de l’Observatoire de Bruxelles, 1837 Les températures, jadis prises sans abri (façade nord d’un immeuble), ont été réévaluées en fonction d’une étude réalisée à Trappes (près de Paris), où des mesures sans abri ont été effectuées, pendant près de deux ans, en parallèle avec des mesures sous abri fermé. Les types de nuages ont été reconstitués à partir de l’ancienne nomenclature de Howard, en tenant compte de la situation atmosphérique présumée et des observations antérieures et postérieures. cirrus = cirrus cirro-stratus = cirrostratus ou altostratus translucidus cirro-cumulus = cirrocumulus ou (le plus souvent) altocumulus stratus = stratus ou altostratus opacus cumulus = cumulus cumulo-stratus = stratocumulus (avec ou sans cumulus) ou cumulus avec altocumulus ou encore nimbostratus en phase de dissipation avec fractus cumulo-cirro-stratus = cumulonimbus si les structures sont visibles nimbus = nuage à fortes pluies, le plus souvent cumulonimbus dont les structures ne sont pas (ou peu) visibles
  12. CONTRASTE PRINTANIER... CETTE FOIS-CI TRÈS MARQUÉ Si les gros contrastes sont habituels au printemps, celui que nous avons connu en cette année 2021 est hors normes. En l’espace de 6 jours, les maxima sont parfois plus bas de plus de 20°C ! Mont-Rigi : 22,0°C (31 mars) ; –1,9°C (6 avril), soit une perte de 23,9°C Spa (aérodrome) : 23,1°C (31 mars) ; –0,3°C (6 avril), soit une perte de 23,4°C Elsenborn : 22,0°C (31 mars) ; –0,7°C (6 avril), soit une perte de 22,7°C Koersel : 26,8°C (31 mars) ; 4,9°C (6 avril), soit une perte de 21,9°C Kleine Brogel : 25,2°C (31 mars) ; 3,4°C (6 avril), soit une perte de 21,8°C Schaffen : 24,5°C (31 mars) ; 3,1°C (6 avril), soit une perte de 21,4°C Bierset : 23,2°C (31 mars) ; 2,1°C (6 avril), soit une perte de 21,1°C En 1968, l’année du précédent record de chaleur en mars, les pertes ont été sèches aussi dans les jours suivants, mais moindres qu’en 2021 sauf dans le sud du pays. À Virton, le maximum a été de 24,2°C le 29 mars 1968 et de 3,5°C le 3 avril 1968. Dans les années récentes, on se souviendra des 17 à 19°C en plaine le 6 mars 2013 et des conditions hivernales extrêmes qui ont régné peu après, avec des gelées permanentes généralisées le 11 mars, et presque généralisées le 12 mars avec de très fortes chutes de neige. Voyons à présent, jour après jour, comment on est passé de l’été à l’hiver. 1er avril 2021 Après la journée radieuse du 31 mars, où les températures maximales se sont situées entre 24 et 27°C en plaine et autour de 22°C sur les hauteurs, ce 1er avril montre déjà les premiers prémices du changement radical de temps qui nous attend. Le vent, en fait, a tourné au nord sous l’effet d’un nouvel anticyclone se développant sur le nord de l’Océan. Sur le centre, l’est et le sud du pays, cela n’a encore qu’un impact limité sur les températures maximales puisque ce vent nous « remballe » dans un premier temps l’air chaud présent sur une bonne partie de l’Europe. Mais la Mer du Nord a déjà son petit mot à dire, en nous apportant plus d’humidité et, malgré tout, déjà un frein aux températures qui n’atteigent plus les records de la veille. Sur l’ouest du pays par contre, la fraîcheur est déjà bien présente, avec des maxima qui ne dépassent guère les 10°C, alors qu’ailleurs, malgré un ciel d’abord voilé puis restant délavé, les maxima atteignent encore 19 à 22°C en plaine (à l’est d’une ligne Anvers – Gand – Courtrai) et 19 à 20 sur les hauteurs. En fin d’après-midi et en soirée, le front froid traverse le pays du nord au sud avec une baisse rapide et marquée des températures. Ci-dessous : ciel délavé comme ici, au-dessus de Beausaint. Webcam MB – Beausaint – 1 avril 2021 à 18h30 2 avril 2021 L’anticyclone est à présent centré entre l’Islande et l’Irlande, avec plus de 1040 hPa en son noyau, et nous envoie des courants septentrionaux froids. Les températures minimales se situent entre 1 et 3°C en plaine (5 à 6°C au littoral) et se rapprochent de 0°C sur les hauteurs. Cela signifie que le minimum est parfois de plus de 20°C inférieur au maximum de la veille, comme par exemple à Koersel où l’on passe de 22,1 à 1,2°C. En journée, sous un vent de nord-nord-est tournant au nord, les températures maximales ne dépassent plus 9 à 11°C en plaine (7 à 8°C au littoral) et 6 à 8°C sur les hauteurs et ce, sous une nébulosité variable avec fractus le matin, puis cumulus / stratocumulus, témoins d’une instabilité de basses couches bloquée par une inversion de subsidence. À noter que les nuages sont plus présents en matinée et les éclaircies, plus larges l’après-midi. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 2 avril 2021 à 13h50 3 avril 2021 L’anticyclone, à présent centré au nord-ouest de l’Irlande, continue à générer chez nous des vents de nord avec une petite tendance nord-est, qui nous apporte un air un brin plus doux. Les minima se situent le plus souvent entre 4 et 6°C en plaine et entre –1 et 1°C sur les hauteurs, alors que les maxima restent coincés autour de 8°C au littoral, mais se situent entre 10 et 12°C en plaine et autour de 8°C, également, sur les hauteurs. Le ciel est d’abord très nuageux ou couvert avec stratocumulus, puis des éclaircies se développent l’après-midi avec cumulus / stratocumulus. Webcam MB – Beausaint – 3 avril 2021 à 11h40 4 avril 2021 L’anticyclone pousse une crête vers nos régions, avec un noyau secondaire qui se forme ensuite sur l’Autriche. Les vents de nord tournent au nord-ouest, puis à l’ouest et au sud-ouest. Ce qui n’empêche pas une portion d’air assez froid de stagner sur notre pays. Les maxima, en baisse, ne dépassent plus 9 à 10°C en plaine (7 à 8°C au littoral) et 6 à 8°C sur les hauteurs. Seule la Gaume connaît un temps plus doux avec 13°C. Là, le temps est beau, sinon le ciel est très nuageux avec stratocumulus, qui se déchirent ensuite l’après-midi avec des éclaircies plus ou moins larges. Webcam MB – Schaerbeek – 4 avril 2021 à 15h40 5 avril 2021 Un front froid sépare un air déjà froid d’un air encore plus froid, d’origine arctique. Ce front est immédiatement suivi d’une ligne post-frontale. Les températures maximales baissent encore, pour se situer entre 7 et 9°C en plaine et entre 2 et 3°C sur les hauteurs. Il convient cependant de noter que ces maxima sont généralement atteints en début de matinée (sauf sur l’est et le sud du pays). En milieu d’après-midi, les températures ne sont plus que de 5°C en plaine (près de 0°C sous les averses) et de 1°C, voire moins, sur les hauteurs. Le temps est d’abord très nuageux à couvert avec stratocumulus (vers le sud, aussi brouillard / stratus), puis évolue graduellement en temps instable avec éclaircies et averses. L’après-midi, les éclaircies deviennent très belles et les cumulus et cumulonimbus sont clairement visibles et se détachent dans le ciel bleu. Ces averses sont de pluie et de grêle au littoral, mais se transforment en neige à l’intérieur des terres et ce, à partir de la soirée sur le nord du pays mais dès le début de l’après-midi sur la plupart des autres régions. Avec des températures au niveau 850 hPa (1430 m) tombant à –8°C, la baisse des températures en surface est d’ailleurs très marquée sous les averses, avec parfois 0°C même en plaine. Les averses de fin de journée donnent localement un enneigement qui tiendra par la suite toute la nuit. À Uccle par exemple, le sol commence à blanchir à 17h30. Webcam MB – Braine-l’Alleud – 5 avril 2021 à 18h30 Les vents, après avoir soufflé d’ouest le matin, s’orientent au secteur nord à nord-ouest. La Flandre Occidentale et l’ouest du Hainaut bénéficient d’un certain effet d’écran lié à la Grande-Bretagne et connaissent bien moins d’averses, avec des cumulus généralement à développement modeste, dont quelques-uns seulement se développent en cumulonimbus. 6 avril 2021 Dans bien des régions, il s’agit d’une journée exceptionnelle. À Uccle, la couche de neige atteint 7 cm à 8 heures, la deuxième valeur la plus élevée depuis le début des observations de neige au sol en 1889. Il faut en effet remonter à 1913 pour trouver une couche de neige encore plus épaisse en avril, en l’occurrence 10 cm le 12 avril. Cette épaisseur sera d’ailleurs approchée en cours de matinée, avec 9 cm à 9h40. Ailleurs dans le pays, on mesure aussi des épaisseurs remarquables pour la saison. À Bierset, la couche atteint 4 cm à 8 heures, mais monte jusqu’à 6 cm à 11 heures. Non loin de là, à Alleur, des témoignages font état d’une couche de 15 à 20 cm ! À Waremme, c’est une webcam qui montre un épais manteau neigeux. Webcam MB – Waremme – le 6 avril 2021 à 9h40 En gros, on peut dire que la majeure partie du pays est couverte de neige en matinée, ce qui est très rare en avril. Le nord et l’ouest du pays font exception, en raison de températures trop élevées, mais aussi toute la façade sud-ouest du pays, en raison de l’effet écran des Îles Britanniques qui réduit le potentiel des giboulées. Ainsi, il n’y a pas de neige à Audenaerde et à Ellignies-Sainte-Anne (près de Leuze-en-Hainaut), très peu de neige à Dourbes et... à peine une fine couche à Saint-Hubert. Le temps est influencé par de l’air arctique circulant entre une profonde dépression sur la Scandinavie et un anticyclone qui reste bien ancré sur le nord de l’Océan. L’air est très froid en surface, mais tout à fait extrême en altitude. Au niveau 500 hPa (5280 mètres), la température atteint –41°C, ce qui pulvérise le record d’avril (–37°C le 08/04/1977) et bat presque le record tous mois confondus (–42°C le 31/01/2003 ; –41°C les 02/02/1956 et 01/03/2006). Si l’on ramène à l’altitude standard de 5500 mètres (l’altitude du géopotentiel 500 hPa étant variable), nous avons –44°C pour le 6 avril 2021 (qui est même une mesure réelle : –44°C à 5498 m) et là, nous tombons ex-aequo avec le 31 janvier 2003 (mesure réelle : –44°C à 5476 m). Inutile de dire qu’avec de telles températures en altitude, l’instabilité se maintient malgré le froid et ce, de jour comme de nuit. En d’autres termes, nous avons une succession d’averses de neige parfois fortes, séparée par de belles éclaircies dans un air très limpide. Les cumulus et cumulonimbus sont souvent visibles de loin, et il n’y a pas trop de stratocumulus d’étalement. Aéroport de Bruxelles – Crédit photo : Michael Baillie (Belgorage) Une nouvelle fois sur le sud-ouest du pays, la plupart des cumulus ne parviennent pas à dépasser le stade humilis / mediocris, quelques-uns seulement se développent en cumulonimbus avec averses. L’effet d’écran des Îles Britanniques se maintient. Les températures parviennent à remonter un court moment pendant les éclaircies, avec des maxima le plus souvent compris entre 4 à 6°C en plaine (7°C sur le sud-ouest) et jusqu’à 2°C sur les hauteurs ardennaises. Sous les averses, les températures retombent aussitôt, parfois même en dessous de 0°C en plaine en plein milieu de l’après-midi. Du côté des Hautes-Fagnes, de toute façon, les températures n’atteignent pas 0°C, avec un maximum de –1,9°C à Mont-Rigi et –0,7°C à Elsenborn. (Rappelons qu’à Saint-Hubert, qui bénéficie encore un peu de l’effet d’écran des Îles Britanniques, le maximum atteint 2,0°C.) En cours de soirée, le gel se généralise, sauf dans la région située à l’ouest de Gand et de Courtrai. 7 avril 2021 En ce matin du 7 avril, une plus grande partie encore du pays, par rapport à la veille, est recouverte de neige. Seul l’ouest, et en partie le nord de la Belgique sont épargnés. Mais dès Malines, Gand et Courtrai, le sol est déjà blanc. En plaine, c’est surtout le nord-est qui est affecté, avec par exemple 6 cm à Koersel. Dans toute cette région, la neige se maintiendra au sol tout au long de la matinée, et ne fondra qu’en cours d’après-midi. Webcam MB – Bokrijk – 7 avril 2021 à 8h30 Au centre du pays, Uccle relève 4 cm de neige, et celle-ci disparaît à la mi-journée. Sur les reliefs, la différence demeure grande entre le Plateau ardennais, qui reste pauvre en neige, et toute la région des Hautes-Fagnes et environs qui, par endroit, a reçu un véritable paquet de neige. Des couches de neige de 27 cm sont mesurées à Xhoffraix (515 m), et de 24 cm au Signal de Botrange (694 m). Xhoffraix – Crédit photo : Alexis Papapanayotou À Xhoffraix, il s’agit d’une hauteur exceptionnelle pour avril dans cette tranche d’altitude. Seule l’année 1935 a fait mieux, avec 35 cm à Drossart (511 m) le 7 avril. Parmi les données officielles, nous avons 13 cm à Mont-Rigi (670 m) à 8h, mais cette couche augmentera en cours de matinée, pour atteindre 22 cm. Situation atmosphérique : au sein de l’air arctique, une petite perturbation plus organisée affecte principalement le nord et l’est du pays, mais la zone neigeuse associée s’étend jusqu’au centre, voire le centre-ouest du pays. Source : KNMI Les nuages de cette perturbation restent ensuite traîner une partie de la journée, ce qui fait que l’ambiance est bien plus grise que la veille. Nous avons donc un altostratus, en dessous duquel se forment tour à tour des stratus, des fractus et des stratocumulus. L’après-midi, l’altostratus disparaît et nous observons alors principalement des cumulus et des stratocumulus avec quelques éclaircies. Sur l’ouest du pays, l’altostratus est moins présent avec, là, de meilleures éclaircies. Une forte hausse des températures en altitude génère une inversion vers 2500-3000 mètres, qui empêche le retour de la convection à l’arrière de la perturbation. En surface, les maxima sont en hausse aussi, mais cette hausse est bien moindre. L’après-midi, les températures varient entre 6 et 8°C en plaine et se situent à nouveau autour de 2°C sur le Plateau ardennais. Dans les Hautes-Fagnes, les gelées permanentes persistent avec –1 ,3°C à Mont-Rigi. 8 avril 2021 La neige se limite désormais aux Hautes-Fagnes, aux Cantons de l’Est et au Plateau des Tailles. À Mont-Rigi, Xhoffraix, Sourbrodt et Fraiture, la couche de neige est encore intacte. À basse altitude, on relève encore quelques traces au sol, le matin, du côté de Liège. Webcam MB – Bullange – le 8 avril 2021 à 14h00 L’arrivée d’air froid est désormais coupée. Notre temps est à présent déterminé par un anticyclone dont le noyau principal s’est déplacé vers la France. La nuit cependant, quelques fortes gelées ont encore été observées ici et là. Mont-Rigi et Saint-Hubert sont descendus jusqu’à –5,9°C, Buzenol jusqu’à –4,7°C. Elsenborn, en raison de nuages et de faibles chutes de neige, n’est pas descendu très bas (–4,2°C), alors que d’autres localités, parfois proches mais ayant eu davantage d’éclaircies, sont descendues beaucoup plus bas. Murrange-Holzwarche (605 m) est descendu jusqu’à –10,2°C. Chose curieuse, la chute de température est intervenue brutalement, en toute fin de nuit, avec le minimum atteint bien après le lever du soleil, à 8h20. La plus basse température connue en Belgique au mois d’avril reste celle de Neu-Hattlich, le 12 avril 1986, avec –13,8°C. Conclusion La période du 30 mars au 8 avril 2021 nous a bien montré que tant les extrêmes de chaleur que les extrêmes de froid et de neige restent possibles. Les premiers se multiplient et s’intensifient, les seconds se raréfient, mais perdent moins en intensité qu’on pourrait le croire. D’ailleurs pour la neige, la raréfaction des phénomènes extrêmes n’est pas encore acquise. Notamment les dernières années, les phénomènes neigeux (et parfois froids) extrêmes ont été relativement fréquents, surtout hors saison. Mars 2013 : à Uccle, la couche de neige atteint 13 cm le 13 mars et 10 cm le 24 mars, des valeurs rarement atteintes en mars. À la première date, on monte même jusqu’à 20 cm à Ciney et 17 cm à Mouscron, le tout sous des températures polaires. Les valeurs phares : –17,1°C à Ciney ; –15,4°C à Gorsem ; –15,3°C à Koersel et –12,6°C à Zaventem. Il s’agit là des températures sans doute les plus basses, pour une 2e décade de mars, depuis... 1845 ! Mai 2013 : 3 cm de neige à Mont-Rigi le 24 mai, l’enneigement le plus tardif, pour la Belgique, depuis 1888 ! Octobre 2015 : les maxima sont extrêmement bas (parmi les plus bas jamais observés) les 13, 14 et 15 octobre et la neige fait son apparition, battant certains records de précocité, comme à Elsenborn et Saint-Hubert. À Mont-Rigi, on frôle les gelées permanentes avec des maxima de 0,1°C le 14 octobre et 0,3°C le 15 octobre. Curieux quand on sait que le décembre qui suit pulvérise tous les records de douceur. Avril 2016 : la fin du mois connaît une véritable offensive hivernale, avec des couvertures neigeuses complètes dès 300-350 mètres d’altitude le 25 avril. À Mont-Rigi, la couche est de 16 cm le 27 avril, mais à bien des endroits des Hautes-Fagnes, la couche atteint une vingtaine de centimètres les 27 et 28. Sans être exceptionnel (1903 a fait bien pire), on peut déjà parler d’un événement neigeux majeur. Mars 2018 : les 17 et 18 mars nous offrent les jours d’hiver les plus tardifs (gelées permanentes) depuis 1888 à Uccle, mais aussi sur d’autres régions de Basse et Moyenne Belgique. Avril 2018 : cela s’est passé pas très loin de chez nous ! En Normandie, la neige recouvre les plateaux dès 100-150 mètres avec des épaisseurs jusqu’à 3 cm le 30 avril, en milieu de journée ! Quelques chutes de neige sont également observées plus tard en Belgique, en fin de soirée ou la nuit, mais aucun enneigement n’est signalé dans notre pays. Mai 2019 : la neige s’invite le 4 mai avec des enneigements complets dès 200 mètres d’altitude. À Stembert (Verviers) et à Presgaux (Couvin), on atteint 8 cm de neige au sol ! Notamment pour les régions situées entre 200 et 400 mètres d’altitude, il s’agit d’un phénomène hors-normes. Il faut remonter à 1902 pour trouver enneigement plus important à cette altitude en mai (11 cm à La Roche-en-Ardenne le 14 mai 1902). Cela fait pas mal, en quelques années !
  13. MÉDAILLE D’OR POUR LA CHALEUR LES 30 ET 31 MARS, MÉDAILLE D’ARGENT POUR LA NEIGE LE 6 AVRIL À Uccle, après les 23,9°C des 30 et 31 mars 2021, qui constituent les valeurs les plus élevées jamais enregistrées à cette station, les 7 cm de neige du 6 avril 2021 sont la deuxième valeur la plus élevée pour ce paramètre depuis le début des relevés de l’épaisseur de la neige au sol en 1889. Il faut en effet remonter au 12 avril 1913 pour trouver plus grande épaisseur de neige à Uccle, en l’occurrence 10 cm. On peut d’ailleurs dire que si les jours à couverture neigeuse complète ne se comptent pas sur les doigts d’une main, avec les deux mains, on y arrive déjà. 17 avril 1903 : 2 cm 8 avril 1905 : 3 cm 12 avril 1913 : 10 cm 3 avril 1935 : 2 cm 5 avril 1935 : 3 cm 6 avril 1935 : 4 cm 30 avril 1938 : 2 cm 13 avril 1982 : 1 cm 6 avril 2021 : 7 cm Ce qui est exceptionnel aussi, c’est qu’une grande partie du pays a été recouverte de neige ce matin du 6 avril 2021. Parmi les chiffres officiels, nous avons 4 cm à Bierset et à Mont-Rigi, 3 cm à Bièvre et à Koersel, 2 cm à Strée (Huy) et 1 cm à Gosselies. À noter que bien des stations recevront encore quelques centimètres supplémentaires en début (voire milieu) de matinée. À Uccle par exemple, le maximum sera atteint à 9h40 avec 9 cm de neige ! Source : IRM Une couche de neige conséquente est également observée en milieu de matinée à Waremme pendant que Liers (au nord de Liège), Braine-l’Alleud et Bokrijk (Limbourg) sont bien blancs aussi. En contrepartie, le nord et l’ouest du pays sont dépourvus de neige en raison de températures trop élevées, et le sud-ouest, en raison de l’effet écran des Îles Britanniques qui réduit le potentiel des giboulées. Sur les Hautes-Fagnes, la couche de neige augmente à Mont-Rigi jusqu’à atteindre quelques 8 cm en fin de matinée. L’Ardenne reste pauvre en neige avec une mince couche à Saint-Hubert, une couche incomplète à Wideûmont et à Beausaint et des traces seulement à Traimont (près de Neufchâteau). En Haute Belgique de toute façon, la neige est loin d’être exceptionnelle en avril et les records sont difficiles à battre. Le record est celui de Botrange, le 5 avril 1975, avec 55 cm de neige. Le 25 avril 1903, on mesurait 31 cm à Francorchamps et 40 cm tant dans les Hautes-Fagnes et du côté de Saint-Hubert. Pas mal non plus : les 35 cm du 7 avril 1935 à Drossart. Et pour 2021 ? On verra l’intensité des giboulées et la capacité de la neige à se maintenir au sol en journée. En cas d’éclaircies trop longues en milieu de journée, les conditions deviennent difficiles pour la neige en avril, même dans les Hautes-Fagnes.
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