paix

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  1. J'avais le dernier message mais ce ne sera pas le cas dsl Ici ce sera vraiment le dernier. Je ne pensais pas avoir visé quoique ce soit. Puisque passion en parle cela découle aussi d'une conv avec lui, mais oas que. Comme on parlait MJO et NAO- ici je voulais juste montrer que la MJO n'a pratiquement rien changé à notre temps sensible et qur maintenant son temps est passé ; et qu'une explication est à chercher ailleurs. Je ne pensais pas avoir donné l'impression d'avoir visé ainsi qq'1, davoir eu un coup de sang, d'avoir fais dans le punching ball ou l'impression que les cpnditions où j'ai pu rédigé ai influé ma réflexion. J'ai tenté de me relire 20 fois mais à part la première phrase un peu sèche mais très générique je ne vois pad. Enfin bon, si les mots que j'écris correspondemt aussi peu à ce que je pense et que je suis incapable de me rendre compte de ce que j'écris cela ne sert à rien de continuer à débattre. Ce doit vraiment être avec moi qu'il y a un problème vu mes propres antécédents de débats.... Ce sera définitivement mon dernier message donc, et je pense que je vais demandé à me faire bannir de MB (et je ne dis pas cela pour faire pleurer sur moi ou quoi, je m'en fous. C'est un constat -d'echec certes- mais il n'ya rien de plus de sous entendu).
  2. Ok donc c'est la seance foutage de gueule en gros. Pour passion, cela fait une semaine que tu me prends pour un con et cela continue je vois. Là je suis énervé tu vois (accesoirement si je fais des blagues toutes les 3 lignes, que je me permes l'autocritique et dérisiin en racontant les conneries qui me passe pas la tête quand je sature et pète un fusible justemznt et que je fais exprès de ne viser personne spécifiquement c'est que je tiens pas à l'ambianve punching ball...). Tu sais bien que je n'ai pas forcément accès à Internet, justement parce que je préfère le monde réel et que 99.9% du temps je me passe très bien d'Internet... Quand je disais que j'étais épuisé, c'était parce que j'étais épuisé justement, pas énervé. Mais là maintenant oui je suis énervé... Comme d'hab j'avais dû aller choper Internet dans un lieu public pour mettre à plat cette discussion et me concentrer pendant des heures dans le brouhaha est très fatiguant... En plus en me tapant des bormes sous la pluie pour l'info, mais j airais mieux fais de rester chez moi je crois. Pour le reste, vu que tout le monde lis une ligne sur 48 au bas mot, je vais faire un résumé court : on s'en fout de la MJO. Ce n'est pas elle qui va forcer quoique ce soit, le signal de la MJO s'est fait broyer sur l'Atlantique. Et encore heuresement qu'il y avaait l'anomalie qui existait déjà auparavant en Barents / Kara sinon il n'en resterait vraiment plus rien de rien du tout. L'enjeu, ce n'est pas la MJO et la NAO- mais l'ondulation sur l'Atlantique, le schéma à ondes 3, l'AO qui est à la cave. Mais je vais vous laisser discourir de votre ami imaginaire la NAO et la MJO, ceci sera mon dernier message ici.
  3. Bon on va en rester là pour ce soir Le sujet n'est pas épuisé, mais en tout cas je me suis certainement épuisé moi-même, ce qui est déjà pas si mal. Merci à Philippo d'avoir fait la pompom girl (je te verrais bien avec un petit tutu rose, tu serais sexy je suis sûr ). Allez je plie les gaules avant de vraiment péter un fusible.
  4. Il y a aussi une autre question à se poser, c'est l'amplification extrême de l'onde 3 et 4, qui est une configuration rare dans cette amplitude : C'est le run d'hier, le run d'aujourd'hui n'est pas encore sur le FTP du NOMADS. Cette configuration force aussi pour la NAO- évidement, mais il n'est pas crédible de la relier à la MJO. C'est une configuration extrêmement atypique qui devrait attirer de suite l'attention. Elle se retrouve avec grande constance et grande persévérance dans toutes les sorties modèles malgré tout : Cette anomalie est plus probablement lié au fait que l'Arctique force encore comme ... comme je ne sais même pas quoi en fait, on est au delà de toute référence à ce niveau... La première carte est à 300 hPa cette fois-ci (et non 200 comme les autres) mais cela change peu de choses au final. Il y a une théorie qui veut que cela ne soit pas sans précédent que l'Arctique se fasse ouvrir en deux : J'espère au moins pour le gars qui a déterré cette carte le premier, qu'il a rechercher à partir des records de Minsk et Moskva ou à partir d'un record marquant sans se faire toutes les cartes les unes après les autres... Enfin, admettons. Il y a deux différences absolument fondamentales, et qui sont liées l'une l'autre. Petit un, 1940 reste un blocage "froid". L'épaisseur 500 - 1000 ne pète pas le plafond, il ne dégèle pas au Pôle Nord, bref effectivement l'Arctique se fait ouvrir en deux mais l'Arctique garde une gueule d'Arctique et ne prend pas une gueule de succursale des Bahamas. Ce qui n'est pas vraiment le cas aujourd’hui, avec par exemple une épaisseur 1000 - 500 hPa qui va pointer à plus de 5300 dam côté Pacifique, les températures qui dégèlent d'un peu partout etc... Désolé, les cartes sont difficilement comparables l'une à l'autre. La première, il y a la Z500 en couleurs et la pression mer en blanc. La deuxième la T850 en couleurs et l'épaisseur en traits gris. La troisième, l'épaisseur est en couleur et le Z500 en traits noirs (je sais, ouille le mal de crâne...) et la quatrième est la T850. Il faut s'accrocher mais ça va le faire Enfin, deuxième différence, et qui justifie la première. En 1940, l'Arctique s'est fait ouvrir en deux par "en haut", il s'est pris un coup de hache stratosphérique. L'éclatement du vortex polaire sous les coups d'un SSW s'est propagé en troposphère et on a suivi un schéma classique d'AO-. Aujourd'hui, l'Arctique se fait ouvrir en deux par en dessous, à la force de son propre bad trip et sans forçage d'un SSW. Cela fait une putain de différence quand même... De plus, j'en profite pour enfoncer des portes ouvertes, mais les ballons sondes existaient déjà en 1940... Donc bien avant les satellites on savait mesurer l'ozone stratosphérique, la température en troposphère et stratosphère, ou autre. Contrairement à ce que voudraient nous faire croire certains, on n'a pas "découvert" le trou d'ozone ou le RC simplement parce qu'avec les satellites on pouvait voir des trucs qu'on n'avait jamais vu : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1256/wea.248.04/pdf Ce forçage arctique a sans doute aussi une bonne part de responsabilité dans la situation, et la complexité de la situation, qui nous attend, étant capable d'autonomie qui plus est. On note en particulier la très forte source d'activité ondulatoire qu'est la mer de Barents et de Kara, là où la météo pète un fusible complet ces derniers jours.
  5. Post suivant, ceci sera un intermède pour respirer. Sur le Pacifique, on a un nouveau record, en le cyclone de Pali : Pas encore ouragan, mais vu la tronche il va finir par y aller. C'est le cyclone le plus précoce, et si il devient ouragan ce sera le seul ouragan de Janvier. La seule autre aberration de ce calibre, c'est Ekeka en 92 : https://en.wikipedia.org/wiki/Hurricane_Ekeka Kerry Emmanuel avait toute une théorie à ce sujet avec les cyclones, le brassage de l'Océan, les climats constants, et l'ENSO, mais comme c'est un intermède je ne ferais que mentionner. Et dans l'Atlantique, encore plus dingue, on a une bonne chance d'avoir un cyclone subtropical également : Une cyclogenèse tropicale semble a priori exclue (enfin on n'est plus à ça près au point où on en est... On en a déjà eu des mois où même sous acide personne n'aurait pu partir dans des délires pareils, mais là 2015 fait encore mieux. Bienvenue dans le 21è siècle...) mais on a une bonne chance d'avoir un cyclone subtropical de ce bazar, possiblement avec une de ses situations où le développement se fait au sein d'une enveloppe barocline plus large (comme Sandy, Karl, la tempête d'Hallowen, et Hazel -les seuls à ma connaissance dans l'Atlantique-). Ce n'est pas si anecdotique. Pali devrait probablement terminer éventré dans le Pacifique sans faire plus de grabuge. Mais la perturbation sur l'Atlantique va foutre un bordel monstre et elle a sans doute une très lourde responsabilité dans la galère où sont actuellement les modèles. La suite sera plus violente à nouveau.
  6. Il va donc falloir être encore plus fort Celui qui trouve le détail qui tue tout à gagner le droit de se palucher sur sa victoire : Alors ? Bon la réponse se trouve surtout en animant et en s'explosant les yeux sur les vecteurs et courbes et tout... Mais la bonne réponse, c'est Bornéo. Ça y en a être où Bornéo ? Là où il y a pile en plein milieu de la divergence de la MJO, une grosse anomalie positive de convection sortie du néant complet. Sur la carte du 03 Janvier de la fonction de courant, cela part en choups sur Bornéo justement, et cette anomalie interagit avec l'anomalie forcé plus à l'Ouest par la baie de Bengale pour donner un truc pas très canonique mais diablement efficace pour tout perturber : Pour être tout à fait honnête, cette anomalie trouve son origine dans l'Océan Indien Sud fin Décembre, mais quand cela se retrouve sur Bornéo avec l'Océan Indien Nord qui pousse comme un bœuf derrière cela fait boum. L'anomalie et l'activité ondulatoire sont au taquet, et c'est une des raisons qui fait que le PNA vient de se casser la gueule. On le voit sur la carte du 06 Janvier ci-dessus, l'anomalie négative qui est en vrac au beau milieu du Pacifique et qui fout en l'air le schéma du PNA+ trouve son origine dans la faible perturbation initiale au dessus de Bornéo. Si on regarde le champ total, la propagation de l'anomalie devient encore plus nette. La flemme de recalculer le truc, mais la croissance est très probablement très linéaire malgré sa croissance rapide, advection de tourbillon planétaire toussa : Ce n'est pas anecdotique, car cette perturbation vient de flinguer le PNA positif. La possibilité d'une excitation de la NAO- par la MJO et le PNA via l’Amérique est donc sérieusement compromise, vu le cirque que c'est maintenant sur le Pacifique extratropicale. Cela garde encore vite fait une tronche de PNA+ mais à nouveau le gras du potentiel et le bon phasage des anomalies vient de se faire exploser. En gros, c'est plutôt positif, mais c'est pas avec du PNA positif à la grosse louche qu'on aura une chance raisonnable de transmettre un signal : Il y aura encore une suite
  7. En avant vant, va falloir être fort mais ça va le faire. Le PNA est en partie forcé par la MJO : https://www.researchgate.net/publication/25...O-PNA_coherence Quand la phase active de la MJO atteint la baie de Bengale, la MJO tend à forcer du PNA négatif (par des processus à la fois linéaires et non linéaires que dit l'étude, mais on va s'épargner une nouvelle tartine de maths parce qu'il va y avoir des morts sinon ) et cela se propage ensuite en NAO-. Réciproquement, quand la phase inactive de la MJO atteint la baie de Bengale, la MJO tend à forcer du PNA positif, cette fois-ci par des processus linéaires. La phase inactive de la MJO atteint la baie de Bengale un peu avant la Noël 2015 : Il s'agit du potentiel de vitesse à 200 hPa. Les valeurs positives indiquent une convergence (ce sont les anomalies, donc convergence "anormale") et les valeurs négatives une divergence. Il y a de plus le vent purement convergent / divergent qui va donc des basses valeurs vers les hautes valeurs (il "sort" de la divergence -en négative- et "rentre" dans la convergence -en positif-). Il y a de plus les anomalies OLRs (Outgoing Longwave Radiations) qui indiquent les zones de convections dans les tropiques. Des OLRs anormalement faibles indiquent un renforcement de la nébulosité liée à la convection. Bref, donc, il y a clairement convergence en haute altitude au dessus de la baie de Bengale, et suppression de la convection dans le coin. Idem le 24 : Le 25 : etc... La MJO est en phase 6, on est donc dans une configuration permettant d'envisager l'excitation de la phase positive du PNA par la MJO. Allons voir la fonction de courant à 200 hPa (le vent laissant les basses valeurs à main gauche et les hautes valeurs à main gauche sans jamais diverger) ainsi que l'activité ondulatoire (les flèches ne représentent pas un vent !!! piège....) : Il y a une petite anomalie négative au Nord de Bengale, positive sur la Chine et négative plus au Nord en réponse au forçage de la MJO. Ce pancake d'anomalies va se propager et forcer le PNA+. Et sur le Pacifique, le PNA est à peine négatif mais c'est ténu. On est assez loin de la bonne configuration proposée dans le papier sus mentionné mais globalement cela peut le faire. Les jours suivants : Les anomalies se propage : Et on suit l'excitation d'une phase positive du PNA : Accélérons un peu le mouvement, paf on arrive le 31, le PNA+ arrive à son maximum, la MJO a bien travaillé : On peut cependant noter que l'anomalie négative qui s'amplifie pour donner le PNA+ est assez anormalement au Nord et précède le forçage MJO. Si la MJO a donné un coup de pouce supplémentaire, on peut cependant raisonnablement penser que la MJO n'était pas seule à l'oeuvre. Par la suite, une fois que le maximum de signal est atteint sur le PNA, cela devrait suivre assez rapidement sur la NAO. Le 02 et 03 Janvier, l'activité ondulatoire se renforce sur l'Amérique en lien avec la crête sur les Rocheuses, les anomalies se propagent, cela commence à sentir la poudre : Cependant... le signal ne se propage pas. Le 04 est probablement la journée la plus cruciale : Le complexe dépressionnaire est bien parti pour soulever une crête sur l'Atlantique en réponse au forçage PNA+ et l'activité ondulatoire d'aval, pour tout faire voler en éclat sur l'Atlantique. Mais finalement cela foire magnifiquement, la dorsale s'effondre, et sa majesté le zonal passe en force et envoie péter tout le monde : (résultat, il pleut comme vache qui pisse dans une grand douceur ce 08 Janvier...) On arrive le 06 Janvier, il y a vite fait une anomalie positive sur le Groenland qui indique la tentative avortée de NAO-, mais on reste sur un schéma classique de NAO+ sur le cœur de l'Atlantique. Cela donne donc une valeur proche du neutre, mais en tout cas la tentative de putsch a fait long feu. La NAO+ est affaiblie mais n'a pas été formellement renversée : Si on avait été cherché la NAO-, cela aurait dû être début Janvier, entre le 03 et le 06. Cela aurait mieux collé avec les temps de propagation et avec l'analyse de la situation. Le reste d'anomalie au Groenland est effectivement là et bien là, et je ne défend pas la théorie que la MJO n'a rien à voir là dedans. Mais il est semble évident que la tentative de NAO- aurait dû avoir lieu plus tôt si la MJO forçait. Là très clairement, le zonal a tout pulvérisé. On est revenu au neutre point de vue de la NAO parce que le reliquat du forçage de la MJO est encore vite fait plus vif que mort au Groenland, mais on n'a clairement pas réussi à faire plier fondamentalement le zonal : La tentative de la NAO- la semaine prochaine s'appuie évidement sur ce reliquat et la MJO n'est donc pas à strictement parler indépendante de la tentative future de la NAO-, mais le gras du signal c'est fait broyer dans l'Atlantique. Et ce n'est pas fini, il y a encore mieux à venir dans le post suivant
  8. Donc, je sais, je suis chiant, con, buté, et imbus de ma personne. Cependant, non, non et non. Désolé, 'va y avoir beaucoup d'images mais il faut que ce qui doit être dit soit dit. La NAO, ce n'est pas, cela n'a jamais été, et cela ne sera jamais, un jet qui ondule sur l'Atlantique au premier ordre. La NAO a été identifié dans les premiers temps par un dipôle de pression. Quand la pression en Islande est anormalement haute, la pression aux Açores est généralement anormalement basse, et réciproquement. Cependant la NAO n'est évidement pas le seul mode de variabilité de l'Atlantique, et il arrive que les pressions en Islande et aux Açores ne soient pas synchrones. On peut alors parler de NAO neutre. Si on reste donc sur un schéma NAO uniquement, on a donc les 3 cas suivants. La NAO+ représente effectivement une pression anormalement basse en Islande et anormalement haute aux Açores. Le jet est alors plus au Nord que la climato, et représente une situation qui est dénommé "zonale" habituellement. La NAO+ est liée à des déferlements anticycloniques plus fréquent que la normale, ce qui tend à remonter le jet vers le Nord. Pour mémoire, la convergence du flux de moment turbulent est liée à l'accélération zonale par l'équation d [ u ] / dt = - d ( u' v' ) / dy. Si certain ont le courage, ils peuvent vérifier que dans un champ de déferlement anticyclonique, le jet se barre effectivement au Nord. Cependant on ne parle pas de jet qui ondule. Idem pour la NAO-, ce n'est pas une histoire de jet qui ondule. Le jet se barre effectivement plus au Sud que la climatologique, forcé par des déferlements cycloniques. Idem, ceux qui ont la foi et sont assez cinglés pour se farcir des maths tout seul, peuvent le vérifier avec l'équation sus mentionnée. En Été, le jet est climatologiquement plus au Nord, et en hiver il est plus au Sud. Ainsi, à la louche, en terme de temps sensible, une NAO- estivale donnera un peu près le même ressenti que la NAO+ hivernale La régression du jet dans la NAO (c'est-à-dire concrètement l'anomalie du vent zonal ramené à une unité de la NAO. Si la NAO est de 1 en Janvier, le vent aura en moyenne une anomalie du vent zonal de +8 m/s sur l'Atlantique Nord. Si la NAO est de 2, le vent aura en moyenne une anomalie zonale de +16 m/s. Et de -8 m/s si la NAO est à -1, etc...) : Ce sont des archétypes, mais pour illustrer. C'est par exemple le cas fin Décembre 78, le jet polaire s'enfonce, s'enfonce, s'enfonce, et au moment où on passe du côté polaire du jet, paf schneekatastrophe : On ne peut pas dire que cela ondule vraiment... Idem en Février 2010, c'est finalement assez "zonal", c'est juste que le jet a décidé de rentrer au bled du coup on est largement du côté polaire du jet : Les régimes de blocages, à savoir le blocage scandinave (avec une crête sur l'Europe centrale en moyenne) et le blocage atlantique (avec une crête atlantique), se projettent assez mal dans la NAO. D'où l'intérêt effectivement d'étoffer la description des régimes de temps sur l'Atlantique en incluant ces deux compères. Il y a notamment une bonne paire de blocages atlantiques qui finalement on plus une tronche de NAO+ que de NAO-, aussi paradoxale que cela puisse paraître. C'est notamment le cas de l'IFS de ce matin, qui a bien calmé ses hormones : Il entrevoit toujours une ondulation sur l'Atlantique. Cependant, si on veut rester à une vision strictement NAO, il est clairement plus proche de la NAO+ que de la NAO- ce matin. C'est la raison pour laquelle le froid ne rentre absolument plus, à la différence de GFS (si tant est qu'on puisse considérer la percée de l'iso -5°C en direction de la France comme une arrivée du "froid", la normale étant plus ou moins vers les 0 / -1°C dans le Nord de la France à 850, et vu l'origine océanique du flux -sujet où il y a unanimité...-, le tableau est vite peint). Et pourtant, ondulation et tentative de blocage atlantique il y a. La constante là dedans, ce n'est donc pas la NAO-. La constante dans les modèles, c'est la tentative d'ondulation. C'est important de le reconnaître, car c'est déjà un bon pas pour commencer l'analyse. Il y a un autre élément notable, qui est le délai de propagation : On est en MJO 6 depuis le 23 Décembre, en MJO 7 depuis le 30 Décembre, et en MJO 8 depuis le 07 Janvier : Cela nous fait donc au 08 Janvier, 16 jours depuis le début de la phase 6 et 09 jours depuis le début de la phase 7. Normalement, à cette distance des phases de la MJO, on devrait être déjà être en NAO-, avec un pic de NAO- qui se dessine franchement pour les jours à venir. Le blocage Atlantique, à cette distance des phases, est très marginalement favorisé, et la tendance devrait être clairement à la NAO-. Actuellement, on est neutre avec enfin la première valeur négative (-0.2 qq chose, youhou ... ) : On est donc à l'évidence à l'extrême limite possible de la corrélation avec le MJO. Pour l'explication bateau de la MJO, c'est donc mal barré. En effet, puisque la NAO- n'est pas l'élément auquel se tiennent les modèles, mais plutôt le blocage atlantique, cela pose de sérieuses questions sur le rôle de la MJO. Si la MJO forçait classiquement, MJO 6 / 7 -> PNA+ -> NAO- il est très invraisemblable que les modèles seraient en train de pédaler autant dans la semoule. On imagine mal comment les modèles pourraient passer à côté de la baleine dans l'aquarium et soit incapable de se raccrocher à ce rocher que serait la NAO-. Le signal de la NAO- aurait déjà dû émerger début Janvier (ce qui était prévu fut un temps je rappelle...) et on devrait être dans la "montée en puissance" de la NAO-, et non être tout juste neutre en train d'espérer de la NAO- pour dans 8 jours... Je va' continuer sur un autre post pour me simplifier la vie (le forum limite les images par post pour éviter de faire exploser bande passante, temps de chargement, et autre, ce sur quoi je comprend le problème Cependant, je ne suis pas venu pour faire dans la dentelle). Si voulez attendre les éléments qui continueront d'étayer l'analyse, vous pouvez. Si vous préférez, vous pouvez cependant me taxer de suite de gros bœuf qui n'a rien compris à la MJO, NAO et PNA.
  9. Autre raison de ce sujet, et autre illustration, la situation de la banquise donc. Ici dans le détroit de Béring. Saint Paul est malheureusement un peu au Sud et n'est pas forcément pris par les glaces mais en général ce n'est pas loin. Sauf que cette année la banquise est à Nome, voir Kotzebue... Saint Paul peut donc chauffer et la mer ouverte alimente en chaleur humide le profil vertical, favorisant une forte nébulosité qui joue le rôle de rétroaction positive qui aide la mer à rester ouverte, etc... http://weather.uwyo.edu/cgi-bin/sounding?r...&STNM=70308 Saint Paul, en Fahrenheit : Et c'est encore le cas aujourd'hui : http://www.ogimet.com/display_metars2.php?...&lugar=PASN C'est plus marginalement le cas pour Nome : http://www.ogimet.com/cgi-bin/gsynres?ord=...6&ind=70200 Mais qui ayant déjà été rejoint par la banquise a eu plus de mal à stabiliser. L'influence ce faisant sentir jusqu'à Bethel par exemple : http://www.ogimet.com/cgi-bin/gsynres?ord=...6&ind=70219 La différence avec Décembre 2012 très prise de banquise est spectaculaire : http://www.ogimet.com/cgi-bin/gsynres?ord=...6&ind=70219 Mais n'ayant sans doute pas grand'chsoe à voir avec la masse d'air (le refroidissement radiatif peut parfois atteindre 850 hPa alors on va prendre 700 hPa mais cela ne change pas grand'chose) : Un autre argument en faveur de la rétroaction positive de la nébul dans l'Arctique . Le point va à Abbot, ses copains et ses publications, et non aux GCMs qui nous prédisent une banquise en pleine forme jusqu'aux trompettes du jugement dernier et au delà. Tient et toujours dans le même sujet, l'île d'Heiss est encore à +0.8°C ce midi... Bientôt le climat subtropical en Arctique aussi
  10. D'ailleurs, je suis en train de me dire, je pensais avoir mis des cartes de la Terre à l'époque mais non Désolé, autant pour moi. Le Cénozoïque est très étudié car le placement des masses continentales est très similaires au placement actuel. La configuration géologique n'était donc très probablement un facteur pouvant expliquer les différences. La véritable spécificité des premiers temps du Cénozoïque, c'est le maintien d'une communication entre l'Atlantique et le Pacifique. Le détroit de Panama ne sera consolidé qu'à la fin du Pliocène, précipitant la Terre vers les âges glaciaires comme le montre Bartoli et ses copains 2005 : https://www.researchgate.net/profile/M_Sarn...0c65f000000.pdf Cependant, il semble très vraisemblable que la persistance d'une communication entre l'Atlantique et le Pacifique ne soit pas de nature à remettre en cause les analogies possibles. La terre au Miocène donc, très similaire à aujourd'hui : Hormis le détroit de Panama, l'autre différence apparente est la Paratéthys. La Téthys est une très vieille mer qui s'enfonçait anciennement en coin entre l'Eurasie (alors sans l'Inde) et l'Afrique. Avec le basculement de l'Afrique vers le Nord et la remontée de l'Inde qui a tapé un véritable sprint géologique à travers la Téthys, la mer s'est progressivement fermé, la Méditerrané étant plus ou moins ce qu'il en reste aujourd'hui. la Paratéthys s'est développé, dans une faille du Jurassique. Avec la course vers le Nord de l'Inde et de l'Afrique, la chaîne qui des Alpes à l’Himalaya se soulève, isolant la Paratéthys. Elle devient alors une vaste mer intérieur peu profonde, parfois en communication avec la Téthys. La marge Ouest de cette mer formera la mer pannoniene : https://en.wikipedia.org/wiki/Pannonian_Sea La mer pannoniene ayant disparu, les autres restes de la Parathétys sont la mer Noire, la mer Caspienne, et la mer d'Aral. Cette configuration explique le côté très marécageux et fluviale de l'Europe centrale à l'époque. Le climat était déjà moitasse à l'époque, mais en plus au bord d'une mer intérieur peu profonde avec tout les cours d'eaux qui s'y jettent et les transgressions / régressions successives, cela devait faire particulièrement "splouch splouch" à l'époque dans le coin. L’Éocène est un peu plus différent mais reste très similaire à la situation actuelle : La seconde synthèse du projet NECLIME par Utescher, Böhme et Mosbrugger en 2011 peut aussi aider à y voir plus clair au milieu de toutes ces études http://www.wahre-staerke.com/~madelaine/neclime_2011.pdf
  11. Bon puisque tout espoir est définitivement mort pour avoir une température ne serait qu'en dessous de 5°C... On va se rabattre sur les tempêtes. Il y a déjà Gerd qui pousse pas mal sur l'Atlantique mais ne donnera que peu de vent dans les terres. Par contre les deux derniers GFS charge pas mal la mule Ce ne sont que des runs et cela aura changer d'ici là, mais le 18Z est quand même à encadrer À 150 heures, on a le fils spirituel de Lothar qui nous pulvérise le Nord de la France, et la Belgique à 156 heures (avec du Beaufort 12 dans le détroit... hurricane !!!!!!! ) (à 168 heures, il y a encore du Beaufort 10 pour la Poméranie...) À 222 heures, la tempête suivante fait pâle figure en comparaison, avec du Beaufort 9 seulement : Mais c'est sans compter le retour d'occlusion avec du Beaufort 10 en Mer du Nord qui revient défoncer la côte : Enfin à 334 heures, une nouvelle tempête mais qui reste plus en mer avec du Beaufort 9 cette fois : Évidement, ce n'est qu'un run, demain cela aura changé (avec à tout les coups une grosse patate ). Cependant cela illustre le potentiel. À 144 heures, l'IFS est d'ailleurs très proche de GFS, avec un noyau secondaire qui envoie du lourd aussi même si ce n'est pas les 160 en rafales de GFS Il faudra aussi se méfier du risque de submersion. L'Océan est à un niveau record, et même sans tempête constituée cela finira par déborder. Et si cela déborde ce n'est pas la faute à l'érosion, à la tempête, à Louis XIV ( http://www.sudouest.fr/2011/01/31/on-paye-...305315-1504.php ), ou à que sais je encore. C'est juste que l'Océan est à un niveau record dû au réchauffement climatique. En tant normal le vent d'Ouest souffle tout le temps en Europe. La différence, c'est qu'avant on soufflait sur un verre à moitié vide. Maintenant on souffle sur un verre plein à ras la gueule. On souffle sur un verre à moitié vide, cela ne déborde pas. On souffle sur un verre plein à ras la gueule, cela débord (et il est très facile de faire l'expérience pour vérifier soi-même...). Donc non, les submersions ne seront pas les forces divines d'un funeste fatum fracassant indifféremment ce futile jouet qu'est la faible humanité... C'est juste le RC. Niveau de l'Océan à Brest : et au niveau mondial :
  12. En fait c'est marrant de déterrer des bestioles du passé Évidement je connaissais déjà les gros balèzes du Miocène genre Indricothérium et Chalicothère, les ancêtres des chevaux et des primates, mais j'en ai découvert d'autres en rédigeant le sujet Après je n'y connais pas grand'chose en paléobiologie mais c'est fun de faire revivre ces espèces anciennes. Il y a évidemment un biais vers les gros mammifères, ceux qui ont laissé le plus facilement des ossements. Les petites bestioles ne sont pas forcément très bien conservés (surtout quand il n'y a pas d'ossement ). De plus toutes ces espèces n'ont pas coexisté en même temps au même endroit, certaines préfèrent la rypsilvie, d'autre des forêts ouvertes, etc... Le climat a évolué également, et les espèces thermophiles comme les gros crocros ont pu prospéré seulement aux époques les plus chaudes. De plus, la faune et flore américaine divergeait assez significativement de la faune et flore eurasienne, les continents étant la plupart du temps nettement séparés. C'est donc un assemblage un peu disparate, mais on retrouve des bestioles sympathiques comme tout. La base NOW a plein de références à ce sujet sur les fossiles des mammifères uniquement cependant (la simple consultation ne nécessite pas de s’enregistrer) : http://pantodon.science.helsinki.fi/now/ Par exemple, il y a une famille de rhinocéros qui a vécu jusqu'au Miocène, et qui n'avait pas de cornes (c'est ballot, pour des rhinocéros ). L'Indricothérium, sans doute le plus gros mammifère qu'ai porté la Terre, est de ceux-là : https://en.wikipedia.org/wiki/Hyracodontidae Il y aussi l'Hyracodon, qui lui aussi n'a pas vraiment une tête de rhinocéros : https://es.wikipedia.org/wiki/Hyracodon https://research.amnh.org/paleontology/peri.../hyracodontidae Et encore Acerathérium : https://en.wikipedia.org/wiki/Aceratherium Mais aucun n'a de cornes ^^ Il y a aussi Plesiacerathérium et Protacerathérium qui a déjà plus une tronche de rhino mais toujours sans corne : https://it.wikipedia.org/wiki/Plesiaceratherium https://it.wikipedia.org/wiki/Protaceratherium Des ancêtres des tapirs comme Paleotapirus : https://en.wikipedia.org/wiki/Palaeotapirus Les premiers primates avec Pliopithèque : https://es.wikipedia.org/wiki/Pliopithecus Il y aussi les mammifères marins, avec Metaxytherium : https://es.wikipedia.org/wiki/Metaxytherium D'autres prédateurs, l'amphicyon : https://en.wikipedia.org/wiki/Amphicyon L'image évoque bien ce qu'aurait pu être un safari au Miocène en Europe je trouve Il y a des ancêtres des chevaux, avec Anchithérium : https://fr.wikipedia.org/wiki/Anchitherium Plein de muscardins qui devaient vivre dans les profondes forêts de l'époque : https://fr.wikipedia.org/wiki/Muscardinus http://sciencepress.mnhn.fr/sites/default/...f/g2006n2a6.pdf Dans les petites bestioles, il y a pas mal de salamandres, comme Chelotriton : https://en.wikipedia.org/wiki/Chelotriton ou Orthophya : https://en.wikipedia.org/wiki/Orthophyia Plus loin dans le temps, on a aussi un des tout premiers ancêtres du cheval, l'hyracothérium https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyracotherium Ou des bestioles qui ont aussi été trouvé en Belgique comme Eggysodon https://en.wikipedia.org/wiki/Eggysodon Et toujours en Belgique, des cousins du castors avec Sténéofiber : https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9n%C3%A9ofiber Mais ces trois là avait déjà disparu au Miocène. Pour revenir à notre sujet donc, dès 1987 le problème est soulevé : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029...p00729/abstract Et en 1995 Greenwood et Wing mettent le doigt là où cela fait mal en disant clairement que les GCMs sont à la rue et que c'est plus un problème avec les GCMs que les proxys : https://repository.si.edu/bitstream/handle/...amp;isAllowed=y Ils parlent beaucoup palmiers et crocodiliens. Certains palmiers sont a priori capables de résister à un gros coup de gel (certains arrivent à résister même quand ils se prennent du -15°C en pleine gueule), mais c'est vrai uniquement pour les palmiers adultes et pour une brève période de temps. Les palmiers sont incapables de vivre avec une température hivernale proche de zéro en moyenne. De même, les crocodiliens sont un très bon indicateur de la température moyenne de la saison la plus froid. Certains crocodiliens de nos jours arrivent à encaisser des températures ponctuellement très basses, mais ce sont des sujets adultes et sur une brève période de temps. Une véritable dynamique de la population ne peut pas se mettre en place que si le mois le plus froid est assez largement au dessus de 0°C, au moins vers les 5°C tant pour les palmiers que pour les crocodiliens. La présence de palmiers et de crocodiliens un peu partout dans le monde à l’Éocène, et plus largement au Miocène, est donc un très indicateur du fait que les températures hivernales restaient au dessus du gel même dans l'intérieur des terres. En Arctique c'était plutôt des arbres à feuilles caducs (voir l'illustration du chameau d'Ellesmere au dessus par exemple), mais c'est plus probablement en réponse à la nuit polaire. Les crocodiliens prospéraient jusqu'à 80°N à l’Éocène comme le montre Markwick. Cependant ces méthodes d'estimations peuvent être potentiellement conservatrices (la méthode n'a en effet pas que des avantages, évidemment, tout n'est pas tout noir ou tout blanc). En effet certaines études montrent que les plantes pourraient être plus sensible au gel dans un environnement riche en CO2 : http://droyer.web.wesleyan.edu/INT.pdf Et puisque l'évolution général s'est faite du chaud vers le froid, il est possible que les espèces se soient adaptés avec le froid au cours du Cénozoïque. Les plantes du passé pourraient donc être en toute généralité moins résistante au gel qu'estimé actuellement. En tout cas, on a là dans l'idée général un puissant indicateur que même dans la nuit polaire il ne devait pas geler, ou à peine. D'où l'importance de savoir d'Ostrov Vize restant hors gel même par 80°N au solstice d'Hiver ou presque. Si Ostrov Vize dit que oui, si les crocodiliens disent que oui, et les modèles disent que non... Bon voilà quoi, ils sont gentils les GCMs mais bon. Récemment Pond et ses copains, en 2012, ont synthétisé un peu les recherches qui avaient proliféré sur la végétation du Miocène à travers le monde : http://ic.ucsc.edu/~jzachos/eart290t/Readi...d_etal_2012.pdf Il y a également d'autres méthodes, qui confinent au jeu d'équilibriste des fois Böhme, toujours lui, en 2004, a estimé que l'Europe devait être dans les alizées d'après la distribution des poissons têtes de serpents dont on a parlé http://www.wahre-staerke.com/~madelaine/boehme_geology.pdf Ce qui pose de très sérieuses question sur la cellule de Hadley. La ZCIT serait alors remonté jusqu'à l'Afrique du Nord... Cela devient vraiment fou, mais au moins des questions pertinentes sont soulevées. Si la ZCIT remonte aussi au Nord, cela confirme de toute façon encore une fois le très faible gradient de température entre les pôles et l'équateur. De plus, on ajoute une preuve de plus que les étés n'étaient pas typé "Août 2003" mais "Juillet 2014"... Cependant cela n'aide pas vraiment à voir comment l'atmosphère pourrait tourner. C'est là qu'on rentre dans les limites et difficultés de la paléoclimatologie. Il est compliqué de reconstruire les vents (il existe des indicateurs indirects mais c'est délicat) et le régime des pluies qui pourraient apporter des précisions. Les études pédalent un peu sur la saisonnalité des pluies. Bruch et ses copains en 2011 défendent la théorie que les précipitations n'étaient pas maximales à la saison chaude, ce qui est un peu contradictoire avec les résultats de Böhme (ce qui ne veut pas dire climat méditéranéen pour autant... Vu la végétation sempervirente et exubérante, il est clairement impossible de justifier une saison sèche estivale très marquée) : http://ic.ucsc.edu/~jzachos/eart290t/Readi...h_etal_2011.pdf En 2014 on va encore plus loin dans la folie avec Utescher et ses copains Quan, Liu et Tan qui montre qu'avec le refroidissement du Miocène, l'Europe serait passé d'un régime d'alizées à un régime de vent d'Ouest http://www.nature.com/articles/srep05660#ref15 On va laisser un peu le Miocène, pour revenir plus tôt dans le temps. L’Éocène est vraiment le cœur du problème et l'archétype du climat constant qui ne veut pas se laisser modéliser. Les reconstructions montrent donc une Terre avec un gradient pôles - équateur limité. Dans les tropiques les données montrent un réchauffement assez modéré de ces régions. Par exemple, un forage en Tanzanie permet de calculer que la température de l'Océan local était vers les 30 - 35°C durant une bonne partie du Cénozoïque, un peu plus chaud que maintenant mais pas tant : https://marine.rutgers.edu/pubs/private/Pea...20al%202007.pdf Alors que les pôles chauffent comme il faut avec des températures hivernales vers les 10°C en Antarctiques et une forêt subtropical implantée sur la côte : http://www.nature.com/nature/journal/v488/...ature11300.html comme le montre un projet de 2012. Et en Arctique, c'est pire encore, avec des températures de l'Océan allant jusqu'à 23°C ( ! ) au moment du maximum de réchauffement de l’Éocène, le fameux PETM : http://www.nature.com/nature/journal/v441/...ature04668.html Et une forêt subtropicale également sur la côte : http://geology.gsapubs.org/content/42/12/1027.short En tirant sur les incertitudes et en forçant les modèles avec de très hauts niveaux de CO2 certains arrivent encore un peu près à vaguement coller aux données du passé, mais ce n'est vraiment pas convaincant. Huber et Caballero en 2011 ont notamment tenté en forçant un peu à l’Éocène (un peu beaucoup, il a fallu monté à plus de 4400 ppm de CO2 alors que les estimations actuelles placent la valeur vers les 1000 ppm. Même si je suis leur argument sur le fait que c'est plus une méthode de monter le thermostat qu'un reflet exact de la valeur, y a quand même un facteur 4 bien tapé entre les deux...). Ils trouvent que "en gros" cela colle. Le "en gros", c'est quand même l'Afrique à 40 - 50°C de moyenne et toujours pas de réductions très sensible du gradient équateur - pôle : http://web-static-aws.seas.harvard.edu/cli...-2011-print.pdf En gros, cela colle, mais ce n'est quand même pas très convaincant : http://88.167.97.19/temp/Built%20for%20sta...ty_ngeo1200.pdf De plus, Huber et Baballero tente de justifier que le gradient de température pouvait être similaire à celui d'aujourd'hui, mais en faisant des estimations sur des points fortement distant et peu nombreux, ce qui peut biaiser le résultat. De nombreux études pointent directement des gradients faibles en analysant le "continuum" de la végétation localement. C'est le cas en Europe avec l'étude de Jimenez et Moreno en 2007 : http://www.ugr.es/~gonzaloj/Welcome_files/....%20Palaeo3.pdf qui montre au cours du Miocène un très faible gradient à travers l'Europe, les espèces thermophiles ne s'effaçant que très progressivement avec la latitude. La difficulté qui ressort à nouveau est surtout la quantification des précipitations. Il n'y a avait très probablement pas de sécheresse estivale, la présence d'une strate arborée exubérante et sempervirente, des poissons têtes de serpents comme le montrait une autre étude, et autres éléments, étant tout à fait incompatible avec un stress thermique et hydrique majeur au maximum saisonnier. La difficulté est de quantifier cependant exactement le cycle des précipitations ( climat subtropical chinois avec un minimum d'Hiver marqué et maximum d’Été important ? climat subtropical plus homogène comme Buenos Aires ? climat subtropical encore inconnu avec des maximums doubles aux saisons intermédiaires ? Malgré certaines études qui rapprocheraient plus nos climats du Miocène du subtropical chinois, il y a plus d’éléments en faveur d'un climat subtropical très lissé sans saison sèche très marqué de mon avis, type Buenos Aires). De plus, cette étude abonde dans le sens de l'étude de Böhme de 2004 cité précédemment. En effet, Jimenez et Moreno ont identifié un climat semi-désertique limité à la péninsule Ibérique au Miocène, avec un très fort gradient, le Sud de la France étant déjà subtropical humide. Cela pourrait indiquer l'effet de barrière du relief dans un flux d'alizées... L'Ibérie serait alors resté au sec au contraire du reste de l'Europe, étant sous le vent du relief. Du coup les scientifiques moulinent toujours avec les GCMs pour essayer de faire chauffer les pôles sans faire sauter la baraque et pouvoir définir plus exactement le climat du passé. Une des dernières tentatives en date, Naggos en 2013 : http://rsta.royalsocietypublishing.org/con.../20130123#ref-7 Cependant, arriver à simuler que l'Europe était alors dans les Alizées au Miocène n'est pas encore possible avec les GCMs Ainsi, la Terre au cours de son histoire a connu des périodes de "climat constant", en particulier durant le Tertiaire et l’Éocène, mais aussi plus marginalement durant le miocène, durant son maximum thermique. Harvard a un petit dossier synthétique à ce sujet : https://www.seas.harvard.edu/climate/eli/re...le/climate.html pour proposer des théories visant à réconcilier tous ces éléments. On ne sait toujours pas expliquer clairement les climats chauds et constants du passé. En gros, en forçant un peu sur le CO2 avec les GCMs, cela passe pas trop mal mais il faut quand même attaquer sévère les tropiques et laisser tomber l'Arctique subtropical. Mais rien de très convaincant qui pourrait réellement expliquer ces climats. La recherche continue donc à ce sujet pour tenter de résoudre le paradoxe.
  13. Bon maintenant que j'ai commencé à m'exciter je vais terminer le sujet L'attention qu'on accorde aux événement n'est pas toujours adapté à l'importance propre de ces événements, mais il est vrai qu'hier soir j'ai pété un plomb quand j'ai vu que l'Arctique dégelait encore :wallbash: :wallbash: En plus dans le même temps, plus les modélisations pour chez nous passent et plus le pseudo temps moins doux de début Janvier termine en fait aussi doux que Décembre, et même pour les Vosges la neige on va pouvoir se la caler là où je pense et profond ... 'fin bref ce n'est pas le premier record qui tombe dans le monde ni dans le coin (Ostrov Vize avait broyé le record de Septembre aussi d'ailleurs, plus tôt dans l'année). Cependant, ces petites îles éparpillées sur un vaste territoire au final (y a quand même 1500 bornes à vol d'oiseau de Svalbard au nord de la péninsule du Taïmir, cela représente déjà un bout honnête de l'Arctique) sont intéressantes je trouve. Elles ne sont pas nécessairement atteintes par l'Atlantique (pour le Svalbard c'est clairement le cas, mais plus à l'Est c'est de moins en moins vrai), il y a encore des vrais stations et des sondages atmosphériques, et sont dans le même temps de plus en plus proche du 0°C, même en pleine nuit polaire. Cela rejoint aussi ce que je voulais dire sur les climats constants, comment est-il possible de tenir hors gel sans forcément être dans le maximum des advections océaniques ou atmosphériques de l'Atlantique même dans la nuit polaire la plus totale. C'est un enjeu, et si c'est possible de tenir hors gel sans que l'Atlantique n'aide trop cela pue à terme quand même... Bref, toujours est-il que Ostrov Vize a atteint le point de dégel ce matin, à +0.0°C, égalant le record mensuel de Janvier 2012 : http://ogimet.com/cgi-bin/gsynres?ind=2006...=01&hora=18 Ostrov Golomjanny (jamais sûr de comment réécrire en français en russe c'est Острове Голомянный ) a dégelé, avec +0.1°C : http://ogimet.com/cgi-bin/gsynres?ind=2008...=01&hora=18 Là tous les records viennent de se faire projeter dans le mur. Le record mensuel de Janvier 2012 à -1.2°C est passé, de Février 1956 à -1.1°C y passe aussi, et Mars a eu chaud aux fesses (+0.4°C en 2011). L'île d'Heiss ( Острове Хейса ) est passé pas loin de son record avec +0.7°C. La plus haute valeur de Janvier est +1.9°C en 1974 : http://ogimet.com/cgi-bin/gsynres?ind=2004...=01&hora=18
  14. Un type me faisait remarque que peut-être j'y avait été un peu fort L'enjeu n'est pas d'être pour ou contre les modèles, les modèles il y en a partout et je me sers souvent de modèles, quelques qu'ils soient. Le problème ici est sur un type spécifique de modèles, les GCMs ou General Circulation Models (voir le lien au dessus). Même si les scientifiques savent que les GCMs ont de gros défauts -surtout pour les climats plus chauds où dans la pratique les GCMs n'ont aucune utilité pratique- cela ne les empêchent pas de les utiliser massivement. C'est le cas du GIEC, qui est fait aux trois quart de données des modèles au sens GCMs, mais aussi d'une foule de rapports, dont ceux de MF en particulier. C'est pour cette raison que j'ai mis le lien de certains de ces rapports. Dans celui consacré à la hausse du niveau de la mer, il y a notamment cette phrase : pour prendre un exemple. Déjà il est totalement faux de dire que les modèles rendent bien compte des observations. Le niveau de la mer augmente plus rapidement que prévu, et on sait même dire pourquoi. Le Groenland et l'Antarctique sont en train de s'effondrer à la mer, phénomène que les GCMs sont incapables de simuler correctement (tout comme ils sont incapables de simuler la banquise correctement, les modification de la cellule de Hadley, et pour la variabilité haute fréquence comme l'ENSO par exemple on peut oublier...). Même au quotidien, on se rend compte. À l'Hiver 2014, quand le Sud-Ouest se plaignait de la "érosion", manière polie de parler du fait que la mer monte et que de toute façon l'Aquitaine est foutue, un expert nous a fait remarquer que les niveaux d'érosions étaient ceux attendus en 2030... Et oui bienvenu dans le monde réel mon grand. On a beau être bac+8, avoir pondu des articles et écris des centaines de lignes de codes, on peut toujours être complétement perdu dans son monde virtuel et incapable de se rendre compte que le monde réel existe. L'enjeu ici, c'est qu'en France en particulier, et dans le monde en général, tout le monde se base sur les GCMs pour prévoir ce qui doit advenir. Pour résumer et schématiser un peu, en France MF n'arrête pas de nous expliquer que le niveau de la mer montera de 40 à 60 centimètres au pire pour l'horizon 2100, que le climat sera plus chaud, plus sec en Été et plus humide en Hiver. En gros, à la louche, cela correspondrait à de la NAO+ plus haute en latitude en moyenne. Or la paléoclimatologie et les études empiriques montrent au contraire que pour la France on va vers un climat subtropical humide, vers une hausse des précipitations surtout en Été, que le niveau de la mer montera de 1 à 2 mètre(s) d'ici la fin du siècle et d'au moins 20 - 30 mètres à plus long terme. À part dire qu'il va faire plus chaud, les deux approches donnent des résultats opposés sur un peu près tout les points... Alors certes l'empirisme, la paléoclimatologie et le cassage de cailloux ont aussi leurs limites, incertitudes, et autres. Mais là même avec la meilleure volonté du monde en tirant sur les marges d'incertitudes et tout, on a deux prévisions qui sont radicalement différentes en tout point. Et de mon opinion personnel, je préfère faire confiance à des cailloux qu'à des suites de 0 et 1... Le réel est préférable au virtuel. De plus le problème n'est pas nouveau. J'espérais pouvoir apporter d'autres éléments hier soir, mais quand j'ai vu qu'il était une heure du matin et que je venais de balancer une dizaine de noms en "thérium" quelque chose je me suis ouais non on va s'arrêter là quand même va y avoir des morts sinon mais dès 1995 justement, Greenwood et Ring mettent le doigt là où ça fait mal : https://repository.si.edu/bitstream/handle/...amp;isAllowed=y Et 20 ans plus tard, les modèles sont toujours incapables de simuler les climats constants, et pourtant on préfère faire confiance aux modèles qu'à des approches plus empiriques. La science est quand même censé partir du réel à la base, en tout cas dans ma conception de la science. Je vais essayer de continuer à développer quand même le sujet, mais en tout cas c'est clairement une des raisons de ce sujet, cela me gonfle de voir seulement des prévisions basés sur des GCMs qui ne sont pas foutu de simuler correctement quoique ce soit d'utile et pertinent pour un climat plus chaud. Pour un climat plus froid, cela marche bien (comme pour les âges glaciaires par exemple), la cellule de Hadley se contracte, on est plus facilement dans un schéma moyen typé "NAO-" avec le maintient de l'intégrité de la zone barocline mais plus au Sud, un climat plus sec, un plus fort gradient pôles - équateur, une forte banquise, beaucoup de glace partout, etc... Mais pour les climats plus chauds, il n'y a pas moyen cela ne veut pas. Et une note plus légère, ce petit graphique qui n'est pas une mauvaise synthèse :
  15. D'ailleurs pour continuer sur le sujet, on peut étudier les vitesses verticales : Avec Gerd au beau milieu de l'Atlantique (là c’est le nom des buveurs de bière, pour les cuisses de grenouilles l'onde se nome "N" et les rosbeefs n'ont pas donné de nom ). On voit que les vitesses verticales collent mieux aux advections thermiques : qu'aux advections de tourbillons à 500 hPa et 300 hPa : De plus, les précipitations (ce n'est pas très fin, c'est du 0.5° ... mais on va faire avec) montre plutôt une structure en T-bone avec le bouclier du front chaud très développé et très fortement précipitant : Le creusement n'est pas violent pour autant, cela devrait bien souffler en Bretagne sans tout défoncer non plus, mais cela reste un beau cas et une bien belle bête :