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L'argent vient d'où, et où nous mène le système monétaire ?

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Les nouvelles s'accumulent aussi au sujet du manque de rentabilité des grandes compagnies gazières et pétrolières. On tente de nous faire croire au miracle de l'énergie abondante et pas cher, mais dans la réalité pratique et concrète des choses il y a deux phénomènes complémentaires qui montrent qu'on s'est tapé le mur, et qu'on continue à accélérer comme des abrutis. D'une part, la consommation de pétrole des pays les plus développés tend à diminuer légèrement :

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Il y a bien sur la vision optimiste de la chose. On peut se dire que l'efficacité énergétique augmente, que la technologie est en train de triompher de tout les défis. Cette vision cornucopienne et cette certitude du triomphe du génie humain est cependant mis à mal dans les faits. Dans les années 60 et 70, la croissance économique est portée par une hausse de la consommation énergétique. Ce sont les Trente Glorieuses. Les premiers chocs pétroliers se sont accompagnés d'une période de stagflation qui dure depuis tout ce temps. L'économie stagne alors que l'inflation galope. Depuis le milieu des années 70, les pays occidentaux sont dans une période de stagflation au sens large. Et le troisième choc pétrolier, celui que nous vivions, s'accompagne aussi de conséquences que nous connaissons bien. Une "crise" économique qui n'en finit pas, la Grèce qui a été poussé au bord de l'abîme, l'Ukraine qui y a été précipité... Bref, à chaque fois que la consommation de pétrole est freiné, le résultat n'est pas fantastique. Cela ne plaide pas vraiment en faveur de la victoire de l'efficacité énergétique. Si la consommation mondiale arrive à suivra la production, c'est bien parce que nous avons servi de variable d'ajustement, nous les pays occidentaux :

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La consommation a cessé d'augmenter aussi vite qu'elle ne devrait pour recoller à une production à la peine. Si on fait une petite extrapolation rapide à partir des données entre le deuxième et le troisième choc pétrolier, la hausse de la consommation est quadratique, avec une accélération très net. Cependant, depuis quelques années nous avons lâché ce modèle. Et nous sommes sortis de ce modèle par le bas :

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Il s'agit de la consommation en milliers de barils par jours, avec une simulation quadratique de 1983 à 2005. L'équation est :

-1,93E+04 * consommation + 5,13E+00 * consommation² + 1,82E+07

Aucun coefficient n'est significatif :lol2: mais là n'est pas vraiment la question. Depuis 2005, nous sommes sous le modèle avec une marge d'environ 2 millions de barils / jour. Or les pays les plus développés ont réduit leur consommation d'environ 4 millions de barils / jour. Cela ne se prétend pas une preuve, mais comme par hasard on retrouve des chiffres du même ordre du grandeur. Les pays les plus développés sont ceux qui ont le plus la possibilité de tailler dans le gras (dégraisser le mammouth ? :P ), cependant au prix de grandes difficultés économiques. Tout ce que nous avons perdu comme gras a permis de faire recoller la courbe de consommation et la courbe de production.

D'une certaine manière, nous avons donc déjà atteint le pic pétrolier, puisqu'à l'évidence nous avons inadéquation entre l'offre et la demande.

L'autre fait saillant, sur lequel je vais un peu plus argumenter, est le suivant. Les entreprises qui exploitent les hydrocarbures ont du mal à être rentable, et elle aussi doivent tailler dans le gras pour pouvoir continuer à brader et à vendre à perte les hydrocarbures. Plusieurs rapports concordant montrent la dégradation inexorable de la situation financière des grandes et petites compagnies.

Bloomberg déjà, et le groupe n'est pas exactement une amicale des écolos gauchos... :

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Les foreurs doivent continuer à emprunter pour payer l'exploration nécessaire pour compenser la forte baisse de production typique des puits exploitant le pétrole de schiste.

L'industrie des hydrocarbures de roche mère aux USA est confronté à une débâcle alors que les foreurs ont du mal à suivre le rythme des sévères dépenses nécessaire pour extraire le pétrole et le gaz du sol.

La dette de l'industrie du schiste a presque doublé au cours des quatre dernières années, tandis que les recettes ont gagné seulement 5.6%, selon une analyse des Bloomberg News de 61 foreurs de schiste. Une douzaine de ces foreurs dépensent au moins 10 pour cent de leurs revenus pour les intérêts de leurs dettes, par rapport à Exxon Mobil Corp à 0.1%.

"La liste des entreprises qui sont en difficulté financière est considérable", a déclaré Benjamin Dell, le gestionnaire partenaire de Kimmeridge Energy, une société de gestion alternative d'actifs basée à New York et axée sur l'énergie. "Tout le monde ne survivra pas. Nous l'avons vu avant. "

Certains investisseurs sont déjà en faillite. Le 23 mai, Loews Corp (L), la société holding dirigé par la famille Tisch de New York, a déclaré qu'elle envisageait la vente de Highmount Exploration & Production LLC, sa filiale de pétrole et de gaz naturel, à perte.

Highmount a perdu 20 millions $ pour les trois premiers mois de l'année, après avoir été déficitaire en 2013 et 2012, ont montré les rapports financiers de Loews Corp. Comme pour le reste de l'industrie, Highmount a tourné son attention vers le pétrole après que les prix du gaz naturel aient chuté et a eu du mal à trouver des sites intéressant à développer, montrent les dossiers de l'entreprise.

Marie Skafidas, un porte-parole de Loews, a refusé de commenter.

Pour mesurer de la charge financière de l'industrie de schiste, la dette a atteint $ 163,6 milliards au premier trimestre ( N.D.T. équivalent au PIB annuel de la Roumanie, de la Nouvelle-Zélande, ou de l'Ukraine pré effondrement !!! ), selon les données des entreprises compilées par Bloomberg sur 61 exploration et de production que le pétrole et le gaz naturel piégé dans les couches souterraines profondes de roches ciblent. Et des entreprises, y compris Forest Oil Corp (FST), Goodrich Petroleum Corp (PIB) et Quicksilver Resources Inc. (KWK) accumulé des intérêts débiteurs de plus de 20%.

Les baisses de production

Quicksilver reconnaît que l'entreprise est surendettée, a déclaré David Erdman, un porte-parole de Quicksilver. Les intérêts débiteurs de la société égalent près de 45% du chiffre d'affaires au premier trimestre. "Nous avons pris des mesures concrètes pour réduire la dette," a-t-il dit.

Les foreurs sont pris dans une impasse. Ils doivent continuer à emprunter pour payer l'exploration nécessaire pour compenser les baisses de production abruptes typiques des puits de schiste. Dans le même temps, les investisseurs poussent les entreprises à réduire les dépenses. Les dépenses ont chuté pour 26 des 61 entreprises étudiées. Pour les entreprises qui ne peuvent pas se permettre de continuer à forer, moins de pétrole sortant signifie moins de rentrée d'argent, et l'accélération de la chute libre financière.

Frais d'intérêt

"Les charges d'intérêt sont à la hausse", a déclaré Virendra Chauhan, un analyste du secteur pétrolier avec Energy Aspects à Londres. «Le risque pour les producteurs de schiste est qu'en raison des taux de déclin de la production, vous devez constamment élevé les dépenses de capital."

Chauhan a rédigé un rapport de l'an dernier intitulé "L'autre conte de schiste" qui a montré que les frais d'intérêt sont en train engloutir une part croissante du chiffre d'affaires des 35 entreprises qu'il a étudiées. Les intérêts débiteurs pour les 61 sociétés examinées par Bloomberg s'établit à près de 2 milliards de dollars au premier trimestre ( le PIB annuel du Bouthan, Somalie ou Groenland... ), et à près de 4.1% du chiffre d'affaires, en hausse de 2.3% par rapport à il y a quatre ans.

La frénésie du forage a stimulé la production de pétrole des États-Unis à 8,4 millions de barils par jour, en hausse de 16% en un an et la plus forte production depuis 1986. la croissance a été alimentée par les progrès dans le forage horizontal et la fracturation hydraulique, ou fracking, qui délivre le pétrole brut et le gaz naturel piégé dans des formations comme les schistes de Bakken du Dakota du Nord ou les schistes de Marcellus dans le nord-est des États-Unis.

Les couteux gains

Les gains ne sont pas venus à moindre coût. Goodrich a déclaré plus tôt ce mois-ci qu'il essaie de rogner ses coûts dans les schistes de Tuscaloosa Marine en les baissant à 11,5 millions de dollars chacun. La société de 1.1 milliards de dollars, basée à Houston, a dépensé près de 52 millions de $ de plus qu'elle n'a gagné au premier trimestre.

La société a suffisamment d'argent pour couvrir ses besoins en fonds pour l'année 2014 et travaille avec son conseil d'administration pour financer l'année 2015 alors qu'elle accroit ses forages, a expliqué le porte-parole Daniel Jenkins dans un e-mail.

Un forage réussi annoncé le mois dernier a propulsé les actions de Goodrich à $ 25,34, soit plus du double du point bas de 2014 à $ 12,28.

Bien qu'emprunter pour dépenser est typique des start-up, ce n'est pas toujours durable. Forest Oil, où les intérêts débiteurs ont totalisé 27% du chiffre d'affaires au premier trimestre, a annoncé en Février des résultats décevants sur des forages, et a averti qu'elle pourrait aller à l'encontre de ses conventions d'emprunt ( N.D.T. terminer en faillite à tout les coups, pour faire clair...). Forest Oil a annoncé le 6 mai un plan pour se vendre à Sabine Oil & Gas LLC dans une transaction en actions. la compagnie Forest basé à Dencer a refusé de mettre une valeur sur l'affaire. La société a refusé de commenter. Les actions ont baissé de 39 pour cent jusqu'ici cette année.

Eagle Ford

Zaza Energy Corp (ZAZA), qui a fait ses débuts en tant que joint-venture avec Hess Corp (HES), a acheté les droits d'exploitation pétrolière dans le domaine de schiste d'Eagle Ford et le domaine d'Eaglebine à proximité, dans le sud du Texas, près du cœur du boom pétrolier des États-Unis. Son chiffre d'affaires du premier trimestre sont tombés court face à la charge des intérêts. Les comptables de la société ont exprimé en Mars «des doutes substantiels» sur la capacité de l'entreprise basée à Houston à rester à flot.

Hess, qui avait dissout le partenariat il y a près de deux ans, a perdu de l'argent sur l'affaire. Et son incursion dans ce qui s'est avéré être le plus grand gisement de schiste aux États-Unis a incité Elliott Management Corp, la société d'investissement de milliardaire Paul Singer, pour évincer John Hess l'an dernier de la présidence d'une société de son père a fondé il y a plus de 80 ans. Zaza a depuis conclu une joint venture avec EOG Resources Inc. à Houston, l'une des rares sociétés de schiste à apporter plus d'argent qu'elle n'en dépense. Les actions de Zaza ont diminué de 28% cette année.

"Nous allons accroître considérablement nos volumes de production et des revenus», a déclaré Todd A. Brooks, président et chef de la direction.

Perspective négative

Swift Energy Co. (FSJ) a ralenti les forages tout en essayant de vendre des terrains ou de trouver un partenaire pour assumer une partie des coûts. La société a annoncé le 6 mai une coentreprise de $ 175 000 000 avec une unité d'une société d'énergie contrôlée par le gouvernement en Indonésie. Les recettes seront utilisés pour aider à payer la dette. L'annonce de la transaction n'a toujours pas décidé Standard & Poor à dégrader la note du crédit de Swift le 15 mai et d'accorder une perspective négative à l'entreprise. Les actions ont baissé de 19% jusqu'ici cette année.

«Traditionnellement, nous avons été une entreprise financièrement prudente», a déclaré Bruce Vincent, président de Swift basée à Houston. «Nous sommes devenus plus endettées que nous ne l'avons jamais été historiquement et nous avons devenu mal à l'aise."

http://www.bloomberg.com/news/2014-05-26/s...-for-broke.html

Avec seulement $ 93 milliards en profits, les cinq grandes compagnies pétrolières demandent de maintenir les allégements fiscaux

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La levée de l'interdiction des exportations de pétrole brut, certaines grandes compagnies pétrolières faisant pression à ce sujet, pourrait augmenter les prix de l'essence aux stations-service comme à celle de BP à Lakewood, New Jersey.

Par Daniel J. Weiss et Miranda Peterson | Le 10 Février 2014

Cet article contient des corrections.

http://cdn.americanprogress.org/wp-content...s-for-2013.xlsx

Voir les données sur les bénéfices de fin d'année de Big Oil (.xls)

Les profits totaux en 2013 sont disponibles pour les cinq grandes compagnie pétrolière (N.D.T. Big Oil) - BP, Chevron, ConocoPhillips, Exxon Mobil, Shell. Leurs rapports financiers indiquent qu'elles ont gagné un total combiné de 93 milliards l'an dernier ( N.D.T. c'est quand même le PIB de la Slovaquie à l'année...), ou $ 177 000 par minute. (voir le tableau 1). Après des années de déclin de la production pétrolière, les cinq grandes compagnies pétrolières ont en fait augmenté leur production totale * (N.D.T. y a une correction en bas de page, elles n'ont rien augmenté du tout) en 2013, principalement en raison de BP et ConocoPhillips qui ont presque doublé leur production totale. La hausse de la production de pétrole et des profits encore plus faibles des entreprises indiquent que le pétrole est de plus en plus cher à produire alors que le nombre de champs nouveaux, facile à exploiter, moins cher, se rétractent. C'est pourquoi, en dépit de leurs gains hors normes, les compagnies pétrolières ne se battent pas seulement pour garder leurs avantages fiscaux, mais qu'elles font aussi pression pour lever l'interdiction d'exportation de pétrole brut. Mais cela pourrait nuire aux familles qui travaillent, à notre économie et à notre sécurité énergétique. Au lieu de cela, nous devrions investir dans des alternatives de transport plus propres.

Aussi ahurissant que cela puisse paraître, les 93 milliards de dollars de profits pour Big Oil en 2013 -impressionnant par n'importe quel standard (N.D.T. c'ets le PIB des pays de l'Europe de l'Est par exemple ) - enregistrent néanmoins une réduction de 27% des bénéfices par rapport à 2012 (N.D.T. : c'est réellement énorme, au plus fort de la crise l'économie grecque s'est contracté de "seulement" 7 à 8% environ et pourtant le pays était au bord du gouffre), principalement en raison du prix moyen de l'essence à 16 cents par gallon ou 4% en moins. Malgré les baisses, Exxon Mobil, Shell, Chevron étaient toujours la première, septième, et respectivement huitième,sociétés dégageant le plus de profits dans le monde sur la liste Fortune 500 de 2013. BP a terminé 30e, tandis que ConocoPhillips est classé 50e, surtout parce qu'elle a revendu l'activité de raffinage partiellement en 2012.

OilProfits-table1.png

Il ne serait pas surprenant de voir les cinq grandes compagnies pétrolières manipuler le déclin de leur profit en 2013 comme une autre excuse pour faire pression sur le Congrès pour conserver leurs avantages fiscaux à hauteur de $ 2,4 milliards an. La plus grande de ces dispositions spéciales permet à ces entreprises de se qualifier pour la "limitation de l'article 199 des déductions attribuables au pétrole, au gaz naturel ou aux produits primaires», qui coûtera aux contribuables $ 14,4 milliards sur 10 ans, selon le Comité mixte du Congrès sur la fiscalité. Cet allégement fiscal a été promulguée en 2004 et a été conçu pour encourager l'industrie de rester aux États-Unis plutôt que de se déplacer à l'étranger. Il ne devrait pas s'appliquer à la production de pétrole et de gaz naturel puisque les champs de pétrole et de gaz ne peuvent pas être transférés vers une autre nation.

Le Joint Committee on Taxation a constaté que la deuxième plus grande déduction était la "modifications des règles de crédit pour impôt étranger applicables aux grandes sociétés pétrolières intégrées qui sont des contribuables de capacité double." Cette disposition représente une valeur de 7,5 milliards de dollars sur 10 ans. Seth Hanlon, ancien directeur de la réforme fiscale au Center for American Progress, décrit le mieux pourquoi cet allégement fiscal est injustifié :

Notre système fiscal permet aux entreprises qui font des affaires à l'étranger de déduire de leurs impôts, les impôts payés à d'autres gouvernements. Les règles sont censées empêcher les compagnies pétrolières de réclamer le crédit pour les paiements de redevances aux gouvernements étrangers. Les redevances ne sont pas des impôts ; ils sont des frais pour le privilège de l'extraction des ressources naturelles.

... Les compagnies pétrolières ont été autorisées à demander des crédits pour certains paiements à des gouvernements étrangers, même dans les pays qui imposent généralement des taxes faible ou nulle (ce qui suggère que ces paiements ou prélèvements, sont en fait une forme de redevance). Deux règles capacité des contribuables, sont donc une subvention à la production étrangère par les compagnies pétrolières américaines.

La baisse des bénéfices est aussi la raison pour laquelle l'American Petroleum Institute, Exxon Mobil, et d'autres compagnies pétrolières font pression pour lever l'interdiction d'exporter le pétrole brut, ce qui leur permettrait de vendre leur pétrole domestique aux prix mondiaux, c'est-à-dire le Brent, lesquels ont atteint près de $ 10 de plus pour le baril que le prix intérieur, ou West Texas Intermediate, le 7 Février. La levée de l'interdiction obligerait les États-Unis d'importer du pétrole étranger plus coûteux pour remplacer le pétrole domestique exporté, ce qui pourrait augmenter les prix de l'essence. Le géant bancaire Barclays Plc prévoit que la levée de l'interdiction actuelle pourrait ajoutez 10 milliards de dollars annuellement pour les prix de l'essence payés à la pompe.

Si il y a de bonnes nouvelles ici pour les familles et les entreprises américaines, c'est que les prix de l'essence, qui ont atteint un niveau record en 2012, ont diminué en 2013. Cette baisse des prix à la pompe a réduit les dépenses annuelles d'essence d'un ménage moyen.

[...]

Daniel J. Weiss est Senior Fellow et directeur de la stratégie climatique au Center for American Progress. Miranda Peterson est un assistant spécial pour l'équipe projet d'énergie au Centre.

* Correction 11 Février 2014: Cet article indiquait de façon erronée le pourcentage d'augmentation de la production totale de cinq grandes compagnies pétrolières pour 2013. Le pourcentage incorrect a été supprimé. Cet article indiquait un chiffre erroné pour le pourcentage des profits réutilisés dans l'achat en 2013. Le nombre exact est de 38%.

Effectivement, on pourrait justifier que les plus petites entreprises sont les plus vulnérables. Le marché des gaz et pétrole de schiste étant assez récent, beaucoup de monde s'est engouffré dedans, et certains on laissait des plumes dans l'affaire. Peut être, masi quand on voit que même pour les grandes compagnies pétrolières la perspective reste négative, c'est qu'il y a un problème ailleurs. Les grandes compagnies pétrolières, Big Oil, restent rentables de par le fait qu'elles peuvent manipuler le gouvernement à leur guise, et qu'elles ont une longue histoire derrière elle qui leur a permis d'asseoir leurs revenus. Ici l'évolution de la production des 5 majors (avec Total mais sans ConoccoPhillips) montre une tendance lourde au déclin :

http://petrole.blog.lemonde.fr/2014/03/17/...-a-desinvestir/

Matthieu-Auzanneau-Majors-Oil-Output-200

Et une petite explication sur pourquoi les compagnies pétrolières veulent exporter du pétrole, alors qu'ils sont importateur net, c'est-à-dire qu'il consomme plus qu'il ne produise :

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Le trait noir plein c'est la consommation totale du pays. L'histogramme gris représente la production. Comme la production est assez nettement inférieur à la consommation, les USA doivent importer, ce qui est représenté par l'histogramme rouge. La somme du gris et du rouge doit suivre la courbe noire en toute logique. Explication donc :

http://ourfiniteworld.com/2014/04/23/eight...yths-explained/

On en revient toujours au même problème. Extraire du gaz et du pétrole coûte de plus en plus cher, et il n'y a pas 36 solutions. Soit on taille dans le lard, soit on passe à la caisse. Et pour l'Ukraine c'est pareil, ils ont beau être un pays de gentils pro européens qui n'ont rien à voir avec le néo nazisme, il va falloir que le pays passe à la caisse ou arrête d'utiliser du gaz et du pétrole. Et ce ne sont pas les délires fumeux du Parlement européen, prêt à vendre ce gaz que l'Europe ne produit pas, qui changeront quelque chose. ici on parle beaucoup des USA parce qu'ils y tiennent à leur divagations sur l'indépendance énergétique prochaine des USA, à la révolution des pétroles et gaz non conventionnels, etc... La réalité c'est surtout qu'on est en train de passer le pic pétrolier. Et que de toute façon l'Europe ne produisant quasiment rien de l'énergie qu'elle consomme, elle trouve plus simple de suivre bêtement les USA -voire de s'inventer exportateur de gaz...-.

Et pour finir, on trouve, tout comme les "sceptiques" pour le climat, les "sceptiques" des conséquences du pétrole non conventionnel :

http://www.forbes.com/sites/davidblackmon/...about-to-burst/

Avec les même méthodes oratoires pour faire passer du lard pour du jambon.

P.S. : http://www.ogj.com/articles/2014/03/financ...-oil-plays.html

Modifié par paix

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http://www.lemonde.fr/libye/article/2014/0...51_1496980.html

L'incendie est visible depuis l'espace :

http://lance-modis.eosdis.nasa.gov/cgi-bin...102000.250m.jpg

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jdmXJd.png

La tâche grise au centre, c'est Tripoli. Au Sud Ouest de la ville, la tâche rouge, c'est la chaleur de l'incendie détecté par satellite. Un fin panache de fumée s'échappe.

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Pour continuer un peu dans la géopolitique, avant de reparler du système monétaire. Le ministère russe des affaires étrangères a publié un communiqué :

http://www.mid.ru/brp_4.nsf/newsline/35C42...4257D25004DA482

Communiqué traduit sur ce site :

http://www.les-crises.fr/important-ils-ont...ion-europeenne/

Pour le coup, je pense que le communiqué est sincère. Moscou n'attend plus grand'chose de Washington. Poutine a connu Eltsine, il sait bien que c'était un valet des USA, et il a vu les dégâts de la crise économique suite à la libéralisation à marche forcée de l'économie russe. D'ailleurs, vu l'estime qu'on les russes pour Eltsine ou Gorbatchev comparativement à Poutine, il doit s'en trouver d'autres à ne pas être vraiment dupe. Enfin bref, tout cela pour dire que Moscou a, je pense, réellement tenté l’apaisement, notamment en évitant d'envahir le Donbass (Donetsk et Luhansk) ; et cela malgré la diabolisation orchestrée par les médias occidentaux. Sans prétendre dire ce qu'aurait du faire ou ne pas faire Moscou, ni émettre de jugement de valeurs, je dirais ceci. Il aurait été plus pertinent d'un point de vue géostratégique que la Russie envahisse au Printemps le Donbass. Elle aurait eu l'avantage d'avancer ses pions en premier, et les USA auraient sans doute été pris de court. Mais voila, à Moscou il n'y a pas que des cinglés nostalgiques de Staline ou Nicolas II et les mecs ont essayé de limiter l'embrassement. Sauf que les mecs de Bruxelles ont démontré qu'ils étaient maintenant complétement lobotomisé par les mecs de Washington, et là il n'y a plus grand'chose à espérer. Je reviens encore dessus, mais prétendre fournir du gaz à l'Ukraine alors que l'Europe importe la majorité de son gaz de Russie, mais faut vraiment avoir déposé son cerveau avant d'entrer dans le Parlement pour sortir une connerie pareil...

En attendant, la Russie se rend compte que les USA pousse à la guerre, et donc sont en train de réviser leur positionnement géostratégique :

http://www.ft.com/cms/s/0/b01cfb72-1669-11...l#axzz399N5Ymt4

One person close to Mr Putin said the Yukos ruling was insignificant in light of the bigger geopolitical stand-off over Ukraine. “There is a war coming in Europe,” he said. “Do you really think this matters?”

La Russie se prépare à une guerre à l'évidence, et les USA sont aussi en train de se monter le bourichon :

http://www.commdiginews.com/politics-2/rus...-for-war-22554/

Au congrès, ils essayent de voter une loi autorisant le déploiement de forces en Ukraine.

Enfin bref pour revenir aux questions de gros sous, puisque c'est le sujet.

Malgré les sanctions économiques, et la guerre, les partenariats entre russes, européens et étatsunien continuent :

http://petrole.blog.lemonde.fr/2014/07/22/...-de-washington/

La version courte c'est quand même celle-ci. Les USA ont le droit de faire du commerce avec la Russie, parce qu'on parle de pétrole. La France n'a pas le droit de faire du commerce avec la Russie, parce qu'on parle de matériel de guerre. L'objectif est toujours de sauver l'économie, qui a besoin de toujours plus d'énergie pour poursuivre sa course en avant. Et malgré les grands discours sur le pétrole non conventionnel, les USA sont (très) loin de l'indépendance énergétique. Il est donc nécessaire de trouver du pétrole un peu partout. Et comme la Russie est menacé par un déclin de sa production, elle est prête à tout, elle aussi, pour trouver des nouvelles sources d'hydrocarbures.

La guerre s'est rallumé un peu partout, en Irak, en Syrie, en Palestine, en Libye, en Ukraine, et à chaque fois nous en revenons à ce constat. Notre développement socio économique est en train de s'épuiser dans la guerre. Maintenant que le roi est nu, il joue son va tout, et son va-t-en guerre.

http://www.ifecosse.org.uk/IMG/pdf/Matin_Brun_texte.pdf

Modifié par paix

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N'empêche, on se faisait la réflexion avec un gars, c’est la première fois depuis environ 15 ans qu'il y a la guerre en Europe. La dernière fois, c'était les Balkans, avec le bombardement du Kosovo en 99. Après, cela dépend aussi de ce qu'on appelle Europe (y avait eu la guerre en Géorgie en 2008, et la Géorgie est quand même un pays très européen) et ce qu'on appelle guerre (la question du Kosovo n'est toujours pas réglé). Mais on peut dire que cela fait 15 ans, si court, si long...

Modifié par paix

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Pour continuer sur cette question : "où nous mène le système monétaire ?". C'est une bonne question n'empêche. Cette analyse d'un média russe, certes détenu par l’État mais qui soulève des bonnes questions :

http://www.vesti.ru/doc.html?id=1843500&cid=7

Je ne vais pas vous traduire le truc (je ne maitrise pas assez le russe et en anglais c'est déjà la misère, alors en russe XD ) mais en gros le premier paragraphe dit ceci :

"Les USA ne seront probablement pas bouleversé par le troisième Maïdan, étant donné que personne n'a prévu de faire de l'Ukraine un état stable et prospère (ce qu'ils appellent le troisième Maïdan est l'opération militaire de l'armée ukrainien dans les régions séparatistes de l'Est depuis début Juillet. Et au sujet de "que personne n'a prévu" etc... l'article renvoie vers ce lien expliquant que l'Ukraine n'est plus indépendante, qu'elle est parti pour rejoindre l'Otan et devenir un État satellite : http://www.vesti.ru/doc.html?id=1794557 ). Le pays est la base nécessaire à proximité de la Russie, l'épicentre du conflit, le marché de la vente d'armes. Probablement comme une étape pour sauver les USA. Sauver les américains qui croulent sous la dette - la guerre est rentable, ce n'est pas un secret."

Ensuite, l'article discute de la rencontre entre Madame Yelen et Madame Lagarde :

http://blogs.wsj.com/economics/2014/07/02/...s-at-imf-event/

Bon elle ont évidemment évité de parler d'une crise systémique imminente, cela aurait fait mauvais genre, mais sans non plus faire une exégèse très poussée de leurs propos il y a quand même deux trois trucs qui sont mythiques :

MS. LAGARDE: One — let me take you one circle further. You’ve beautifully demonstrated the efforts that have been undertaken from a macroprudential point of view in terms of the universe that you have under your jurisdiction. But this universe, being restricted and well supervised as it is, has generated the creation of parallel universes. And, you know, I’m just thinking of you, Janet, with the toolbox with all the attributes that you have — what can you do about the shadow banking at large? And, you know, I’m not giving it any dismissive connotations. It just happens that there have been developments of alternative funding mechanisms and financing mechanisms that are outside the realm of central bankers. What can be done about them in order to make sure that there is no creation of significant risk threats out there which are not covered by macroprudential tools?

MS. YELLEN: So I think you’re pointing to something that is an enormous challenge. And we simply have to expect that when we draw regulatory boundaries and supervise intensely within them, that there is the prospect that activities will move outside those boundaries and we won’t be able to detect them. And if we can, we won’t be — we won’t have adequate regulatory tools. And that is going to be a huge challenge to which I don’t have a great answer. But as we think about tools that we can use to address systemic risk, I think it’s particularly useful to focus on those that have the potential to control risks not only among regulated institutions but also more broadly.

Passage cité par l'article russe en question, traduit un peu près correctement en russe il me semble (du russe au français c'est déjà cocasse, mais alors de l'anglais au russe :lol2: ). À force de balancer de l'argent par les fenêtres et de promouvoir le crédit à tout crin en pleine crise économique, la finance est devenu un joyeux foutoir, et là Madame Yellen dit en gros "Oups, on ne sait pas quoi faire." ; alors même que Mme Lagarde souligne bien que l'intervention de la FED a généré cette finance de l'ombre - après avoir ciré les pompes à Mme Yellen évidemment, faudrait pas froisser la madame non plus : "beautifullly demonstrated" "macroprudential point of view", etc... de la poésie à l'état pur, cela arracherait une larme à un banquier suisse -. Bref, merci mesdames, brillante intervention. La prochaine qu'on a besoin de vous on appellera la femme de ménage de DSK, on sera déjà plus avancé. Bon pour revenir à l'article russe, on se doute que les médias qui ne sont pas au service de la propagande US rigole bien. Et pas besoin pour cela que les médias soient contrôlés par l’État.

L'article continu en expliquant que la dette USA est une gigantesque pyramide, un schéma de Ponzi légal pour faire court. L'économie croule sous les dettes, et le moindre mouvement aléatoire peut faire s'effondrer le bazar. L'article explique ensuite qu'en 2008, au déclenchement de la crise le marché des produits dérivés étaient de 2*10^9 dollars, maintenant il est passé à 2*10^15 dollars (pas vérifié les chiffres mais ce ne serait même pas impossible).

Ensuite l'article explique que lorsque la machine de la croissance capitaliste est en panne, il ne reste plus qu'à trouver de nouvelles ressources pas cher, et de nouveaux marchés.

C'est là que bien humblement je me permet d’interrompre l'article pour souligner la pertinence du propos, et filer un coup de coude à Karl (Marx :P ) :

http://www.forums.meteobelgium.be/index.ph...st&p=472110

Le capitalisme par nature est contraint à une fuite en avant perpétuel. En terme physique, c'est une structure dissipative d'énergie, terriblement efficace. Depuis les deux premiers chocs pétroliers, liés aussi en partie à l’épuisement du pétrole US (contrairement aux délires des médias, les USA sont encore un importateur net de pétrole et leur production reste toujours inférieur au pic des années 70, malgré le "miracle" des pétroles non conventionnels), l'économie s'est financiarisé pour pouvoir continuer à croître. Puis avec l'effondrement de l'URSS, les USA ont tenté de satelliser (la version moderne de la vassalisation ou de la colonisation en fait) la Russie, avec ce cher Eltsine. Ce qui fut un échec notable. Maintenant, pour pouvoir malgré tout relancer la machine économique US, il n'y plus guère d'autres solutions, que le coup de boule balayette et au revoir Poutine. En plus, il y a la Chine qui, malgré son ouverture à l'économie de marché, résiste encore et toujours à Washington.

Bref, revenons à cet article russe. Il continue en parlant des USA pris dans les coupes budgétaires, qui affectent le Pentagone, et il cite notamment l'interview du général Martin Dempsey (qui a complétement craqué mais admettons). L'article continue en parlant de la résolution 2277 du Congrès, projet de loi qui reviendrait à faire de l'Ukraine un allié direct des USA, en dehors du cadre de l'OTAN, et le pays deviendra un champ de bataille pour faire court. L'article cause encore un peu sur les préparatifs militaires, puis en arrive à la conclusion.

En effet, les néo conservateurs ne pensant pas que les sanctions contre la Russie puisse avoir des conséquences adverses pour le pays ou le reste du monde. Ils pensent que les USA ont une telle supériorité nucléaire que le pays devrait en faire usage tant qu'il en a inopportunité, et ne pas rater l'occasion comme Kennedy dans les années 60.

L'article finit sur des menaces à peine voilés, en rappelant la création de la Nouvelle Banque de Développement par les BRICS : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_banq...3%A9veloppement et le renforcement conjoint des défenses en Russie et en Chine. La menace à peine voilée, c'est quand même celle d'une guerre mondiale. Si les USA veulent la guerre, les autres BRICS se lèveront contre eux.

Il est évident que de toute façon, les USA n'ont plus guère le choix. Leur économie est en panne, le pétrole coule mal, et l'issue la plus logique pour eux reste la guerre, aussi malheureux que cela soit. Elle ne se déclenchera peut être pas en Ukraine, peut être qu'il passera encore quelques décennies avant que le monde ne plonge à nouveau dans une guerre. Peut être que les USA se seront effondrés d'ici là, et que la guerre marchera sur les décombres de leur empire. Toujours est-il que nous marchons à nouveau vers la guerre.

Et pour l'Ukraine, ce n'est pas vraiment une bonne nouvelle :

http://www.latribune.fr/actualites/economi...65-en-2014.html

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Bon et bien on a un nouveau krach financier. Évidement, personne n'en parle, personne ne parle de krach d'ailleurs, mais c'en est bien un. Au petit jeu de "c'est toi l'andouille" c’est le pétrole qui vient de perdre :

post-3513-1417213455_thumb.png

Après avoir dévissé de 25% en 50j, le pétrole vient de se prendre 10% en pleine face. Il est vrai que ce n'est pas forcément là où on attendait le décrochage mais finalement il est bien venu du pétrole.

Hier, au journal télévisé de France2, un "expert" qui n'était là que pour nous endormir et débiter des énormités plus grosses que lui affirmer que la baisse du pétrole avait du bon, puisque cela aiderait la croissance. Il a ajouté que cela était permis par le boom du pétrole des roches mères aux USA, qu'il y avait encore des réserves pour 100 ans, que l'estimation des réserves avait doublé en 30 ans, etc... enfin bref il n'a pas hésité à faire dans le grotesque. Il n'a quand même pas tout à fait oublié de dire que les industries liées au pétrole avaient du coup baissé en bourse. Au moins tout n'est pas perdu pour cet homme.

L'enjeu avec la baisse de pétrole, c'est déjà sa baisse en soi. C'est l'indicateur d'une situation économique qui va de mal en pis au niveau global. Concrètement, l'économie est un processus permanent de transformation et repose sur l'énergie. On essaye de minimiser à toute force l'importance des combustibles fossiles pour l'économie, mais c’est bien la variable la plus importante. La consommation de l'OCDE continue de glisser en 2014, et en Mai nous avons atteint un point bas plus vu depuis 1995 :

post-3513-1417214764_thumb.jpg

L'avantage, c'est qu'Obama peut continuer à se payer la tête des chinois avec ses promesses de réduction d'émissions de CO2. La crise s'en occupe pour lui... Cela dénote en tout cas un climat économique qui est toujours très détérioré, la consommation de l'OCDE représentant environ la moitié de la consommation mondiale. D'autres indicateurs confirment d'ailleurs les difficultés économiques globales, comme l'indice BDI qui continue de convulser dans les tréfonds. Il y a sans doute d'autres causes à la baisse du pétrole également, notamment la hausse récente du dollar.

La baisse des prix des pétroles aura de lourdes conséquences pour les producteurs de pétrole. À 60$ le baril, il n'y a plus personne pour être rentable. Aux USA, les industries qui ont investis dans le gaz et le pétrole de roche mère sont déjà bien endettés. Alors si les prix du pétrole restent très bas, ce sera un carnage. Illustration du prix minimal du baril pour garantir l'exploitation :

http://www.bloomberg.com/infographics/2014...ts-at-risk.html

L'exploitation des pétroles et gaz non conventionnel est littéralement une bulle financière. Après la crise financière de 2007, les USA et tout leurs copains ont baissé les taux d'intérêt à zéro et imprimer du billet à gogo. Il s'ensuit que les coûts du crédit étaient dérisoires, favorisant des investissements dans des champs pétroliers à peine rentable. Notre problème actuellement cependant, est bien ici. Contrairement aux élucubrations de l'autre illuminé qui nous a servi sa salade au JT de France2, le problème n'est pas de savoir si il y a encore des réserves de pétroles. Il y en a et il y en aura toujours. Le problème, c'est qu'il faut aller les chercher. Et là, il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir... Le pétrole est de plus en plus difficile d'accès, de plus en plus rare, de plus en plus difficile à produire. Bref, il faut payer ou faire faillite. Et là, si personne ne paye, et bien ce sera la faillite. Pour l'instant l'énorme bulle financière crée de toute pièce depuis 2007 aux USA autour de cet industrie tient encore. Mais son éclatement est un risque en cas de prix bas du pétrole. La version 2.0 de la crise des subprimes en quelque sorte, avec comme améliorations que là il n'y aura plus personne pr faire vivre le cadavre. Pour l'instant, les investissements ayant déjà été réalisé, l'industrie locale pourra bien encaisser quelques mois de prix bas. Mais si la situation dure, cela peut vite devenir critique, d'autant que les puits non conventionnels s’épuisent très vite ( en 3 ans environ ). Pour compenser le déclin, il faut donc forer frénétiquement. Et sans billets verts frais cela devient problématique.

Et même sorti des USA, un baril à 60$ n'est viable pour un peu près personne. L'Arabie Saoudite produit son pétrole pour sans doute moins cher encore. Mais ce royaume autoritaire et archaïque achète littéralement la paix sociale avec l'argent du pétrole. Et donc même pour ce pays vendre le baril à 60$ ne sera pas rentable très longtemps.

De plus la baisse des prix amène un risque déflationniste, particulièrement en Europe dont l'économie est complétement moribonde, mais aussi aux USA et au Japon. Si les prix baissent, le poids de la dette augmente mécaniquement en proportion. Ce qui amène le risque de défaut évidement....

Bref, le prix du pétrole n'est pas juste en train de baisser. Il s'est réellement pris un gadin qui n'était pas attendu, et les conséquences sont potentiellement explosives. Ce qui en fait un krach. De toute façon, que ce soit n'importe qui, mais au final il y aura quelqu'un pour intervenir. Le copain Poutine fait un bon candidat, vu que la baisse du pétrole fragilise la Russie alors qu'elle se fait agressée par les USA depuis fin 2013. Mais la baisse des cours de pétrole sur plusieurs mois / années représente un risque systémique majeur pour l'économie et il y aura forcément un moment quelqu'un pour tenter quelque chose. Si les interventions sont aussi brillantes que celles auxquelles on a eu le droit depuis la crise de 2007 cela promène de devenir comique...

http://www.telegraph.co.uk/finance/newsbys...Opec-waits.html

https://www.creditwritedowns.com/2014/11/ze...-shale-oil.html

http://ourfiniteworld.com/2014/11/05/oil-p...o-good-way-out/

P.S. : http://www.zerohedge.com/news/2014-11-27/p...n-inflation-war

L'Ukraine s'enfonce dans la crise, la guerre menace. Question subsidiaire pour ceux qui n'ont pas peur de mal dormir : si le pays s'effondre, on fait quoi des centrales nucléaires ?

Modifié par paix

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Au sujet de la réunion de l'OPEC aussi qui a provoqué cette chute du baril de pétrole, il faut voir que c'est aussi un "jeu" où chacun se teste et où il faut avoir les nerfs solides. À 60$ le baril, l'Arabie Saoudite ne rentre pas dans ses sous. Pour autant, elle a forcé l'OPEC a maintenir les vannes grandes ouvertes car elle a des réserves de palpable pour tenir le coup quelques temps. L'Arabie Saoudite est sans doute en train de faire cavalier seul et de se servir l'OPEC pour tester l'USA, l'Iran, la Russie, etc... Concrètement, il est peu probable, contrairement aux affirmations de certains, que les USA et l'Arabie Saoudite se soit entendu pour torpiller les prix du pétrole, histoire de faire tomber la Russie de Poutine. Déjà, les relations entre les USA et l'Arabie Saoudite ne sont plus aussi idylliques qu'avant. D'autre part, pour les USA, chercher volontairement à faire baisser les prix serait un véritable suicide économique. Ils sont parfois un peu neuneu, mais à ce point là j'ai des doutes quand même. L'Arabie Saoudite sait que si elle baisse sa production, elle perdra des parts de marchés et elle se retrouvera mise en difficulté. En effet, il n'y a aucun espoir que les pays de l'OPEC qui veulent fermer les vannes le fassent réellement, pour une raison toute simple. Ce sont justement ces pays qui sont aux abois (Libye, Yémen, Algérie notamment ) et on besoin absolument de la manne pétrolière. Si l'Arabie Saoudite ferme les vannes, les prix remonteront et ces pays en profiteront alors pour se renflouer. En bref, l'Arabie Saoudite se ferait enfiler, et apparemment là bas le concept de la double pénétration n'a pas l'air très apprécié :lol2: : http://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_LGBT_en_Arabie_saoudite

D'autre part, l'Arabie Saoudite s'inquiète de la montée des pétroles non conventionnelles aux USA. Elle a sans doute envie de tester un peu les USA et voir ce qu'ils ont dans le ventre. Entre les deux États, il y a de l'eau dans le gaz (c'est le cas de le dire...), et pas seulement au sujet de l'Iran. L'Arabie Saoudite perd des parts de marché à proportion de la montée des pétroles non conventionnels. Et Obama a beau être parti faire un gros câlin au roi en début d'année, ce dernier ne doit pas tout à fait être serein quand même : http://www.theguardian.com/world/2014/mar/...rabia-arab-ally

L'autre avantage pour l'Arabie Saoudite, c'est aussi de mettre la pression sur le voisin iranien. Depuis 1 an, les relations diplomatiques entre USA et Arabie Saoudite se tendent. Et le royaume n'a qu'une envie depuis toujours, c'est d'aller péter la gueule à l'Iran : http://en.wikipedia.org/wiki/Iran%E2%80%93...rabia_relations L'Arabie Saoudite a notamment, à travers le conflit syrien - irakien, tenté indirectement de mettre un petit coup de pression sur l'Iran, rajoutant du chaos à un chaos déjà généralisé. L'Arabie Saoudite a sans doute plus les moyens de tenir face à un baril pas cher que l'Iran.

Dans ce jeu de dupes, c'est donc à savoir qui craquera le premier, et il est peu probable pour le coup que ce soit l'Arabie Saoudite.

Par contre, les prix ne sont pas encore tombé assez bas pour réellement avoir un impact bénéfique sur la croissance mondiale. Historiquement, les crises se sont déclenchés avec un baril autour des 40 / 60 $ (en dollar de 2014). Avec la chute actuelle des cours, l'étau se desserre un peu autour d'une économie exsangue, mais cela ne suffit pas encore à la laisser vraiment respiré :

post-3513-1417257569_thumb.jpg

Si les prix tombaient à 10 ou 20 dollars le baril, on pourrait être optimiste pour l'économie mondiale. Mais là en visant 40 ou 60 $ c'est juste la ligne de flottaison qu'on vise. Et dans une économie mondiale perclus de dettes et miné par des années de crises, cela changera difficilement quelque chose. Le système financier n'est plus qu'un cadavre que l'on fait danser, et là quasi 10 ans plus tard le cadavre commence à puer franchement la viande pourrie.

Le problème essentiel que l'on a, c'est que nous vivons, là actuellement, le pic pétrolier. Il y a un énorme clash entre ce que l'offre peut proposer et ce que la demande peut acheter. Plus personne n'a les moyens de payer le baril à 120$, mais plus personne n'a les moyens de le produire à 20$... La question maintenant, c'est de savoir qui va intervenir sur le marché du pétrole avant que le sang ne gicle.

Modifié par paix

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D'ailleurs, à propos de cadavre qui danse et de sang qui gicle, le Yémen s'enfonce lui aussi dans le chaos, pour une raison bien simple :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/articl...23876_3218.html

Plus assez de pétrole pour acheter la paix sociale... Après la Libye, après le Yémen, l’Algérie a son tour est à risque :

http://www.reuters.com/article/2014/11/29/...dName=worldNews

Le pays a un peu plus les reins solides, mais si les prix du pétrole restent bas des têtes vont tombé. D'autant que l'Algérie a droit au double effet kiss cool. Le pays a atteint son pic de production, et donc il exporte de moins en mois. Et en plus il exporte à des prix de plus en plus bas. Bref, l'Algérie ne va pas tenir longtemps à ce régime... Cela rappellera les souvenirs du bon vieux temps à M Le Pen une nouvelle guerre d'Algérie. L'autre pays qui risque de ne pas tenir très longtemps est le Venezuela. Là bas aussi la production est sur le déclin. Et donc là aussi c'est le double effet kiss cool, moins de pétrole à vendre, et moins cher :

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/20...31412_3222.html

Qui donc craquera en premier ? Les USA ? La Russie ? L'Algérie ? Le Venezuela ? L'Iran ? La suite au prochaine épisode...

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Tient d'après j'ai "un caractère à annoncer l'apocalypse à tout va". Au moins il y a quelqu'un pour me lire :lol2: Cependant, l'apocalypse a déjà été annoncé par Saint Jean il n'y a pas loin de 2000 ans maintenant :

http://bible.catholique.org/apocalypse-de-...3484-chapitre-1

et je n'aurais pas grand'chose de plus à dire à ce sujet. De plus, apocalypse vient du grec ἀποκάλυψις, et signifie révélation. Les mots ont un sens, et ce n'est pas pour rien que les mots ont un sens... De plus -en tout cas à ma connaissance, ou alors je suis vraiment schizophrène- je ne tient pas un discours sur la fin du monde du genre illuminé ou sectaire :

https://legrandreveil.wordpress.com/2014/10...nde-est-proche/

Au contraire j'essaye de discuter les tenant et aboutissants de cette histoire, j'essaye de comprendre, etc... Je ne pense pas que ce soit là l'attitude d'un gars sectaire, qui au contraire a un fort attachements à des idées non négociables, quel qu’elles soient. Cependant, je ne prétends pas être un modèle de rationalité pour autant, et au contraire j'abhorre cette idée. Comme dit précédemment : http://www.forums.meteobelgium.be/index.ph...st&p=487747 ( avec le recul, sur le fond il n'y a rien à dire, mais sur la forme j'aurais du éviter d'écrire cela à 3h du matin après le nième café de la journée :blush: la forme est vraiment dégueulasse au possible :lol2: ) nous sommes des êtres humains. Et vouloir ramener toute la complexité de notre humanité à une logique binaire et technicienne est juste débile. D'ailleurs il y a un mépris latent par les techniciens pour les gens qui ne sont pas du domaine concernés. C'est un grand classique que d'entendre dire que les gens sont bornées ou autre et qu'il faut choisir rationnellement à leur place. Cette nuit je lisais comme cela une conférence de l'UE donnée l'autre jour à Bruxelles sur le suivi de la reconstruction dans les Balkans après les inondations de Mai. Entre autres délires et aberrations, il y avait un joli PDF qui fournissait les équations pour aider nos attardés de dirigeants à choisir de manière optimale ces priorités. On découvrait que la pondération des pertes humaines était de 6.29% alors que la pondération cumulés des dommages aux propriétés et aux secteur économique était de 9.44%. Le sang versé vaut donc environ 2/3 des pertes financières. Je vais encore être raide dans l'expression de mon opinion :lol2: mais une telle approche est juste à vomir. Pour reparler de Jacques Ellul, cela illustre bien ces dissertations sur le fait que l’État ne décide plus rien, il ne fait suivre que les recommandations de techniciens (en tout genre, économiste, ingénieur, ou autre). Techniciens qui sont complémentent déconnectés du monde réel et pensent pouvoir décider à la place des gens, parce qu'eux, ils sont rationnels. Enfin bref ce PDF était une merveille de l'illustration du fameux système technicien :

http://www.climatvisu.fr/Donnees_brutes/WB...per_ver%201.pdf

J'attends juste de trouver le type qui donnera enfin le prix de la vie humaine en dollars... On y est presque dans ce PDF, mais ce n'est pas encore tout-à-fait dit explicitement que la vie humaine vaut tant, et qu'il vaut mieux sauver une maisons à 100 000$ que quelques bonhommes....

'fin bref, la prochaine fois que vous enterrez quelqu'un, dites vous que ce n'est pas bien grave, sa vie vaut toujours 0.66 fois moins que sa baraque et son job.

Pour faire court, j'essaye donc de rester rationnel en évitant quand même de dire qu'un type vaut 0.66 fois sa maison et son job.

D'autre part, à ma connaissance -toujours à moins d'être schizophrène- je n'annonce pas la fin du monde. La Terre continuera d'exister après nous, ce n'est pas tellement un problème. Ce dont on parle c'est de la fin de notre monde, de notre effondrement. Sachant que dans notre chute nous risquons d'embarquer une bonne partie de la biodiversité, et briser la continuité de l'histoire géologique de la Terre. Cependant, la fin du monde façon invasions d'extra-terrestres, ou débarquement d'une multitude de dragons venus répandre le feu céleste sur Terre, ou autre, ce n'est pas vraiment mon opinion. Il y aura un "après", c'est "juste" que quelques dizaines de milliards d'êtres vivants risquent de mourir sur une échelle de temps de l'ordre de mille ans. Après, mon opinion est que nous devrions peut être nous poser quelques questions à un moment. Mais au point où on en est, on peut très bien argumenter que le confort de notre canapé vaut environ 10 fois la vie d'un bonhomme, d'une fleur ou d'une bestiole. Donc rien à foutre de l’effondrement, et papy pourra bien s'enterrer tout seul quand il sera raide puisque sa vie ne vaut que 0.66 fois son boulot et sa baraque. Pas assez rentable de s'inquiéter de son enterrement.

Pour essayer de revenir à des considérations un peu moins écœurantes, le fait est que, chacun pourra dire ce qu'il veut, ce n'est pas un baril à 60$ qui aidera l'économie. Historiquement, 60$ c’est tout juste la ligne de flottaison pour l'économie mondiale. C'est fait à la hache, mais au moins ce sera clair. J'ai pris les prix du pétrole en dollars constant. Et en face j'ai mis la croissance du PIB mondial par tête de pie, et en dollars constant. Toutes les valeurs sont donc en dollars corrigés de l'inflation, histoire d'éviter l'effet "billet de monopoly", à force d'imprimer du papier. Le graphique :

jYimrd.jpg

Les Trente Glorieuses, l'époque de la croissance insolente, a été permise par des prix du pétrole autour de 20$ à 30$ en dollars de 2014. Rien à voir avec une quelconque volonté politique ou autre donc. Ensuite les deux premiers chocs pétroliers provoquent à chaque fois une baisse de la croissance mondiale. Ces chocs sont en partie liés à la décision de l'OPEC de fermer les vannes à l'époque. Il y a cependant une autre cause, structurelle. Les USA ont atteint leur pic de production dans les années 70. Pour la première fois, nous nous tapons le mur, et plutôt violemment. Pour autant, comme sur le pont du Titanic, la musique continue de jouer. On a juste un soubresaut début des années 90 suite à l'effondrement de l'URSS. Puis le troisième choc pétrolier en 2006 qui projette le monde dans une crise économique qui dure encore et toujours. Au milieu des années 2000, nous avons atteint un autre pic pétrolier, celui des pétroles conventionnels. Depuis, nous sommes obligés de nous tourner vers les pétroles de roche mère, les forages en eaux profondes, en Arctique, etc... Bref il ne suffit plus de foutre un coup de pioche dans le sol pour se baigner dans le pétrole. Depuis, nous avons un conflit entre les producteurs, qui sont étranglés financièrement, et les consommateurs, qui le sont tout autant. Le prix de 100$ représentait un équilibre précaire, mais un équilibre quand même. Cet équilibre vient de voler en éclat. De plus, il est facile de vouloir chercher des explications, accuser l'Arabie Saoudite de complot. C'est cependant le lot commun de bien des systèmes dynamiques d'osciller de plus en plus violemment quand ils sont poussés à leurs limites. Et là le fait que les prix se cherchent autant n'est pas vraiment bon signe. Il est complétement illusoire de penser que le prix du baril pourra grimper linéairement à 100$, puis 200$, puis 300$, etc... Ici le vieux principe de l'offre et de la demande n'est plus suffisant : moins d'offre et les prix augmentent. L'évolution des prix se fera par des ruptures de plus en plus fréquentes et violentes. Si on trace la croissance de l'année n+1 vis à vis du prix du pétrole de l'année n :

post-3513-1419258075_thumb.jpg

C'est effectivement pour des prix du baril autour de 20$ à 40$ que l'économie mondiale arrive à croître. Jusque vers 60$ - 80$ cela peut encore passer, au delà ce n'est plus la peine l'économie mondiale convulse en bavant. Cependant, comme actuellement nous avons imprimé du papier depuis 6 ans maintenant, les États croulent sous la dette et la croissance nécessaire est alors plus fortes. Dans les années 70, en cas de baril à 60$ on pouvait encore s'endetter pour soutenir artificiellement la croissance. Maintenant que tout le monde est sur endetté, il n'y a plus la possibilité d'aller imprimer des billets, ce qui abaisse encore plus la tolérance de l'économie à des prix élevés du baril. Et je ne suis pas le seul à dire que le baril à 60$ c'est la borne haute de ce que peut supporter l'économie. Pour l'Italie par exemple, entre 20 et 40$ ça marche. Au delà, ça coule :

http://cassandralegacy.blogspot.fr/2014/01...s-collapse.html

Etc...

Et le fait qu'au delà des chiffres, dans le monde réel, celui où vivent les gens, cela ne se passe pas vraiment bien. On a de plus en plus d’États qui ne sont rien d'autre que des cadavres qui dansent, des États zombies. La Libye a cessé d’exister en tant que tel : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_libyenne_de_2014, la Syrie également : http://cassandralegacy.blogspot.fr/2014/11...-going-out.html et http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_syrienne, l’État irakien survit mais il n'en reste plus grand'chose : http://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me...ivile_irakienne, le Yémen n'est pas loin non plus du "décès étatique" : http://fr.wikipedia.org/wiki/Conflit_chiit...3%A9men_en_2014

La situation commence à se tendre en Algérie : http://www.nytimes.com/2014/12/21/world/af...es-decline.html

Et dans les économies dites "avancées", malgré le grand jeu du "c'est qui qui imprimera le plus de billet", on ne peut pas dire que les choses vont réellement mieux pour le commun des mortels. C'est sûr que le PIB croit, à force d'imprimer du papier, mais toujours point de vue vie réelle et toussa c'est un joyeux désastre qui ne fait qu'empirer :

http://www.les-crises.fr/chomage-en-europe/

En sachant qu'en plus le bidouillage des chiffres est courant, histoire d'essayer de ne pas montrer que cela va vraiment mal. Les gens sont sortis des catégories ou transférés dans d'autres, on restreint les définitions des catégories, etc... Sorti de l'Allemagne qui a profité de l'UE pour parasiter les autres économies, mais la tendance global est bien là.

Et enfin je ne suis pas le seul à dire qu'on va à effondrement, sachant que pour certains pays c'est déjà en cours :

http://www.sustainable.unimelb.edu.au/file...Turner_2014.pdf

http://www.clubofrome.org/?p=326

http://www.2052.info/download/

http://www.manicore.com/fichiers/Turner_Me...orical_data.pdf

http://www.smithsonianmag.com/science-natu...owth-125269840/

Etc...

http://www.donellameadows.org/wp-content/u...can-version.pdf

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D'ailleurs, pour clore sur une réflexion un peu moins technique justement :lol2: Une phrase que cite souvent Ugo Bardi sur son blog :

" Esset aliquod imbecillitatis uostrae solatium rerumque nostrarum si tam tarde perirent cuncta quam fiunt ; nunc incrementa lente exeunt, festinatur in damnum. "

Et les romains ont une manière encore plus "lapidaire" (c'est le cas de le dire :lol2:) de signifier ce fait :

"Arx tarpeia proxima capitoli"

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Et toujours dans le même sujet, il faut rappeler que les USA viennent purement et simplement de casser le marché de l'or, de l'argent et autres métaux précieux :

http://www.cmegroup.com/tools-information/...es/SER-7258.pdf

Ils verrouillent les cours (vive le marché libre et la main invisible...) dans le but évident de parer à un krach financier majeur devenu inéluctable :

http://www.leblogfinance.com/2014/12/usa-l...-du-dollar.html

http://www.zerohedge.com/news/2014-12-11/w...eakers-400-wide

http://www.vineyardsaker.fr/2014/12/22/les...ciel-du-dollar/

http://leblogalupus.com/2014/12/23/les-eta...ciel-du-dollar/

Les USA avaient mis fin à l'indexation du dollar sur l'or en 1971 avec Nixon, s'ensuivirent les conséquences que l'on sait. Maintenant ils rétropédalent, en limitant la variabilité du cours de l'or en dollar. C'est une première tentative de revenir à l'étalon-or à l'évidence. Keynes peut aller se brosser avec sa relique barbare, et nous on peut se préparer à ce que l'économie poursuive son effondrement. Bref, joyeux Noël, profitez-en tant que vous pouvez cela ne durera plus très longtemps.

Modifié par paix

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Il faut arrêter de crier au loup et de tomber à pieds joints dans la parano des défenseurs de la théorie du grand complot.

On essaie par la nouvelle réglementation d'appliquer au marché des métaux ce qui existe déjà depuis longtemps sur les principales pateformes d'échange des marchés actions des pays développés. Il s'agit ici simplement d'éviter de trop grandes fluctuations de cours qui pourraient être le fait de HFT (high frequency traders) ou du déclenchement en cascade de stop-loss orders inités par des algorithmes de trading (cf flash crash de mai 2010 sur le Dow Jones). En gros, à partir de maintenant, si le marché dévisse ou explose de 100$ (+/- 8% au cours actuel), on arrête tout et on attend 2 minutes histoire de purger le book order. La cotation reprend normalement par la suite. Si les US voulaient vraiment contrôler le cours de l'or, il me semble qu'ils auraient pu trouver des moyens un chouïa plus puissants.

Ensuite, faut m'expliquer pourquoi, après un quadruplement de la taille du bilan de la Fed depuis 2008, les US voudraient se priver subitement de l'outil du quantitative easing et revenir à l'étalon-or... Surtout quand on compare les US aux autres régions du monde dont la banque centrale n'a pas utilisé la même technique. +5% de croissance annualisée aux US au Q3 contre 0% en Europe, par exemple.

Je sais, et je suis d'accord, que les banques ont accumulé un tas d'erreurs ces 20 dernières années. Il est tout à fait normal qu'elles soient plus surveillées et mieux régulées. Mais il faut arrêter de croire aveuglément ce que nos médias et nos politiques, qui n'y comprennent rien, racontent. Un peu d'éducation financière (je ne parle pas de vous mais bien du grand public en général) et un petit peu d'esprit critique en plus (idem) seraient déjà d'une grande aide...

Bonnes fêtes à tous.

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Je ne parle pas de théorie de complot. Il n'y a sans doute pas de complot des USA. Simplement, tout les acteurs poussent dans le même sens, celui de la sauvegarde du système. Ce n'est pas un complot, c'est un tropisme. En discutant de ce sujet, cela me rappelle ce que disait Jacques Ellul justement sur le système technicien :lol2: Parfois, nous sommes amené à comprimer un peu le discours. Mais lorsque que je dit que les USA rétropédalent, je ne sous entend pas qu'il y a un comité d'éminences grises qui, dans une salle secrète, joue avec des pions sur une carte du monde. Seulement, tout les acteurs dans ce système poussent dans la même direction, et pour faire court je me permet de personnifier l'action. Je le redit, mais je ne considère nullement qu'il y a un complot, simplement un tropisme. Tout les acteurs sont tellement imprégnés consciemment et inconsciemment par les idées et idéaux du système, que le système a en apparence une sorte d'autonomie. Il croit et se développe sans que que personne, sans qu'aucune éminence grise, ne soit là pour le vouloir. Il croit et se développe simplement par la synergie de toutes les forces conscientes et inconscientes de ce monde qui tendent maintenant quasi exclusivement vers un seul but.

Ensuite, effectivement, l'explication officielle reste une meilleure maitrise des marchés, qui sont devenu très sensible. Et l'exemple du trading haute fréquence et du krach technique de Mai 2010 est tout à fait pertinent dans ce cadre là. Seulement, cela laisse les questions de côtés de fond. Pourquoi une intervention sur le marché des métaux précieux seulement ? Pourquoi une annonce discrète en pleine période de fin d'année, quand tout le monde va joyeusement aller fourrer profondément la dinde (sa dinde ?) en se bourrant la gueule au champagne ? Pourquoi maintenant en 2014 ? Etc.... Il existe d'autres méthodes pour contrôler les marchés. Et les trucs tels que le trading haute fréquence ou le krach technique de Mai 2010 ne sont pas des problèmes nouveaux, et si ils voulaient vraiment faire quelque chose pour limiter les risques sur les marchés, les autorités de contrôles auraient agi autrement, avant, et en concertation (il y a plusieurs marchés différents, etc...). Point de vue contrôle des marchés et des événements type Mai 2010, ce n'est franchement pas la solution la plus efficace pour se faire.

Ensuite, les USA n'ont pas l'intention de revenir à l'étalon-or. Enfin pas aussi brutalement et pas tout de suite. Ils se doutent bien que de fixer arbitrairement le cours de l'or du jour au lendemain serait suicidaire, avec des risques financiers énormes, et un risque systémique encore pire. Ils n'ont sans doute pas envie d'en passer par là.... À nouveau, il n'y a pas une éminence grise qui tirent les ficelles d'un complot. Simplement les acteurs de ce système cherche à protéger le dollar, en restant le plus souple possible. D'où l'intérêt de limiter fortement la volatilité de l'or par rapport au dollar. Le problème des QE à répétition est justement que le dollar risque de perdre sa valeur. Au Japon, après 20 ans de politique monétaire on ne peut plus accommodante, on voit bien le résultat. Les yens sont déjà des billets de monopoly, et la croissance n'est toujours par réellement revenu. Les USA n'ont sans doute pas envie de voir le billet vert devenir un billet de monopoly aussi. D'où la fin du QE et la restriction des cours de l'or. Pour l'instant, il n'y a que le pétrole à avoir réagi, parce qu’intrinsèquement le pétrole est déjà dans un position de pseudo équilibre tellement précaire qu'un rien fait dérailler les cours. À force de balancer de l'argent à tout va, la FED a crée une bulle financière, qui s'est matérialisé par la hausse des marchés. Le pétrole en a particulièrement profité, car les investisseurs ont énormément besoin de cash pour développer les nouveaux projets -au coût proprement prohibitif-, que ce soit le pétrole de roche mère, le pétrole en eaux profondes, etc... Cependant la fin du QE risque d'apporter de l'instabilité sur les marchés à un moment, le dollar ne valant plus grand'chose et la perfusion de la FED ayant fini de couler.

De plus l'impact du QE sur la croissance reste largement à démontrer. La politique monétaire très souple de la FED a permis de gonfler les bilans, donc de catapulter les marchés vers les sommets et de faire croitre en apparence le PIB. Dans la pratique cependant, l'état de l'économie n'est pas spécialement reluisant. Le chômage par exemple est devenu endémique, et en plus les stats sont retravaillés pour limiter la casse :

http://www.forums.meteobelgium.be/index.ph...st&p=473114

L'injection massive de liquidités à juste profiter à la frange des 10% d'étatsunien les plus riches, et plus marginalement aux états pétrolies via la hausse des cours du brut. La grande majorité du pays continuant de ramer. Il n'y a donc aucune relance de la consommation intérieur qui est quand même LE moteur de l'économie US, et qui représente plus de 70% du PIB USA, le reste étant surtout de la dépense publique. La balance commerciale est négative depuis longtemps, et cela ne risque pas de s'arranger avec le temps. La croissance n'est donc qu'une façade bien fragile. En plus, la croissance du PIB n'aura pas été de 5% par an mais plutôt 2 ou 3%, et la croissance du PIB par gugus, à dollars constant, est encore plus faible (1 à 2%):

post-3513-1419443453_thumb.png

http://perspective.usherbrooke.ca/

Les États-Unis sont dans une position très fragile, et c'est bien la véritable raison de surveiller les cours des métaux précieux. Ils pourront plus facilement intervenir si le marché finit par aller au krach, et pas un krach technique pour le coup... Les USA continuent la fuite en avant, et même si pour l'instant il est sûr qu'ils s'en sont relativement un peu mieux tiré en jouant sur le discours plus que sur la réalité, leur position devient de plus en plus instable et intenable.

Modifié par paix

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Ce que nous appelons la croissance économique est bien la croissance du PIB. Les raisons de cette croissance sont la synergie entre nouvelles énergies et nouvelles technologies. Il manque malheureusement chez les grands auteurs une critique (critique au sens de critique, pas au sens de tirer à vue pour le plaisir de dézinguer en racontant n'impec nawa, soyons clair), il manque donc une critique de l'interaction de ces phénomènes, la technique, l'économie, l'énergie, etc... Enfin bref pour revenir au sujet du QE. La croissance du PIB, ce que nous appelons la croissance économique, ce n'est jamais que la croissance d'une gigantesque bulle financière. Les prix sont classiquement représentés comme un équilibre entre l'offre et la demande dans un marché libre :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Offre_et_demande

Si un produit est moins disponible, son prix augmentera et les quantités achetées diminueront. Cependant cette théorie n'est absolument pas applicable aux énergies. Les énergies ne sont pas une marchandise quelconque, mais bien le fondement de tout le système. Il faut donc élargir, et de beaucoup, le cadre conceptuel. Le charbon, puis le pétrole, ont permis d'alimenter la croissance économique et technique. Et en retour la croissance économique et technique alimente la croissance de l'énergie disponible. Cette boucle de rétroaction rend caduque toute interprétation, parfois faite, que le pic pétrolier conduira à un pétrole à 100$ puis 200$ puis 300 $ etc...

La croissance est un cycle de rétroaction positive. La croissance économique rend le remboursement des anciennes dettes plus faciles, favorise l'emploi et la consommation, permet à l'argent de rentrer dans les caisses de l’État. Cependant, la croissance est aussi une croissance de la dette. La dette est le seule moyen de créer de l'argent pour favoriser les nouveaux investissements et donc la croissance de la production. La dette est le seul moyen pour dégager suffisamment d'argent pour l’investissement. Cet investissement permet la hausse de la production, et permet de rembourser les anciennes dettes. Ainsi donc, si l'économie est en pleine expansion, le poids de la dette reste faible et n'est pas une difficulté.

Cependant, en cas de contraction économique, le poids de la dette augmente relativement. De manière très simple mais si un type prend un crédit de 100 000 euros pour sa maison, en gagnant 2500 par mois et que son salaire diminue à 2000 euros par mois, on comprend que ce n'est pas la même chose que si il a un crédit à 100 000 euros, et que son salaire augmente au fil des ans de 20000 euros par mois à 3000 euros... Les nouveaux investissement sont donc découragés, ce qui ralentit la production. Tout ces éléments rétroagissent en un cercle vicieux qui torpille l'économie.

La preuve en est de la crise de 2008. Les prix du pétrole ont commencé à augmenter sérieusement à partir de 2004, suite à l’épuisement du pétrole conventionnel. La production de pétrole à l'époque a sérieusement stagné. Au début, on a suivi la logique de l'offre et de la demande. Il y avait moins d'offre, donc les prix explosent le plafond et la demande baisse. Cependant, le pétrole n'est pas une marchandise comme les autres, au contraire. En effet, la hausse des prix du pétrole provoque alors une hausse de l'ensemble des biens, et donc une inflation. Le pétrole est utilisé dans tout les procédés technico-économique actuel, que ce soit pour faire rouler la voiture, voler l'avion, produire de la nourriture, produire du plastique, des cosmétiques, etc... bref absolument tout les chaines de productions dépendent en partie du pétrole, ne serait-ce que via les coûts de transports des marchandises. Dans le même temps, la hausse des prix de l'énergie pousse les investisseurs à comprimer les prix des salaires, voire à délocaliser ou à virer du monde, pour diminuer les coûts. La combinaison des deux devient détonant. De plus, il faut tenir compte de la croissance de la dette. La croissance économique est alimentée par la dette depuis l'émergence de cette notion de croissance économique justement. Dans un contexte de récession, les dettes ne sont plus repayés. On arrive donc à un choc façon crise financière de 2007-2008. Les gens sont "étranglés" financièrement depuis quelques années par la compression des salaires (sous toutes ces formes comme je disais, réduction des salaire ou de la masse salariale, délocalisation, etc...) et la hausse des prix. Ils sont de plus en plus nombreux à faire défaut, jusqu'au moment où ça pète avec Lehmans Brother. Cependant le processus était inéluctable, et que ce soit Lehmans Brothers ou un autre, cela aurait fini par exploser. Il s'en ai suivi une brutale chute des prix du pétrole, qui correspondait à un réajustement de ce que le consommateur était prêt à payer. Cependant, l'histoire ne peut pas s'arrêter là. La croissance économique ne peut pas repartir sans nouveau investissement. C'est donc l’État fédéral qui injecte des sommes colossales dans le système financier, et baisse ces taux à zéro, pour rendre l'argent le moins cher possible. Bref, la FED balance des billets verts par la fenêtre. C'est donc le secteur public qui a pris sur lui les dettes pour aider au maximum le secteur privé, en espérant que cela suffise à relancer la machine. En Europe, nous avons été moins brutale dans l'application des remèdes de cheval, mais les institutions européennes ont aussi tenté de rendre l'argent le moins cher possible. Et au Japon, de toute façon depuis les années 90 ils sont dans une récession déflationniste, le yen ne vaut même plus le prix du papier et de l'encre, donc de toute façon, un peu plus ou un peu moins...

Le Quantitative Easing ( QE pour faire court ) a permis donc de masquer, de dissimuler, l'inadéquation entre les coûts de productions de l'énergie et ce que l'économie peut payer. Il n'y a plus de situation d'équilibre possible, l'économie ne peut pas payer son baril plus de 40 ou 50$. Mais les producteurs ne peuvent pas vendre leur baril à moins de 60 ou 70$ pour la grande majorité maintenant. Et le gouffre entre ce que peut payer l'économie et ce que demandent les producteurs ne va aller qu'en empirant.

La croissance des USA suite aux QE à répétition ne sont donc qu'une double illusion. D'une part illusion de croissance au sein même du paradigme économique actuel, car même dans ce cadre la croissance est franchement plus affaire de méthode coué et de discours, que d'une réalité concrète et tangible. D'autre part, illusion de croissance car on ne fait que gonfler un peu plus la bulle des dettes, amenant le système un peu plus loin, un peu plus haut, pour le faire chuter encore plus violemment. En cela, je ne considère absolument que la position des USA soit enviable, vu de l'Europe.

Et de toute façon, la solution, c'est donc une réponse type oscillation de plus en plus violentes, caractéristique des systèmes poussés à l'extrême et sur le point de rompre. Les phases de pétrole cher correspondre à de la destruction de demande sous forme de récession économique, donc de chômage, baisse des salaires, liquidations des dettes ; tout en maintenant les producteurs à la limite de l’asphyxie, car le pétrole ne sera jamais assez cher pour eux. Et les phases de pétrole pas cher correspondent à des phases de destruction de la demande sous forme de faillite des producteurs (y compris des "faillites" étatiques comme en Libye ou en Syrie qui sont juste devenues des états zombies) ; tout en maintenant l'économie au bord de l'asphyxie car le pétrole ne sera jamais assez bon marché pour elle.

Et à la fin, quand le système aura bien oscillé et se sera complétement effondré, il ne restera théoriquement plus rien que des champs de ruines ensanglantés hantés par les spectres d'une humanité éteinte. Joyeux Noël :whistling:

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D'ailleurs pour justifier encore un peu plus inefficacité du QE. Ils ont certes balancé l'argent par les fenêtres, mais l'argent ne circule pas. Si on prend la vitesse de circulation de la masse monétaire MZM elle est au plancher :

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La masse monétaire, c'est la quantité d'argent. La masse monétaire MZM prend en compte les pièces, billets, dépôts à la banque, plus quelques instruments financiers. C'est un indicateur assez large de la masse monétaire. La vitesse de circulation de la monnaie quand a elle, est bien c'est la vitesse de circulation. Le nombre de fois qu'un dollar change de main en un temps donnée. Ici, la vitesse de circulation de la masse monétaire MZM est au plancher, ce qui n'est pas spécialement bon signe pour l'économie déjà. Au moins, cela évite l'inflation :lol2: parce qu'avec l'argent qu'ils ont balancé dans la nature, si elle circulait vite en plus le dollar ne vaudrait déjà plus rien.

Et lorsque l'on regarde la vitesse de circulation de M1 et M2 (je les ai mis sur le même graphique, M1 à main droite et M2 à main gauche) :

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La vitesse de circulation de la monnaie est dans le décès. La masse monétaire M1, c'est une des définitions les plus étroites, qui correspond au palpable plus la monnaie scripturale des comptes courants. La masse monétaire M2 est elle un peu plus large en incluant aussi les comptes épargnes par exemple. Bref, cela veut dire que l'économie réelle ne repart pas vraiment, et l'argent donné par la FED au pays ne sert à rien si ce n'est à gonfler le bilan de quelques privilégiés. L'effet du QE est nul pour la majorité du pays. Bon d'un certain point de vue, étant l'explosion de la masse monétaire, si le palpable circule un peu trop c'est l'hyperinflation façon Zimbabwe qui guette :lol2: mais en tout état de cause, voire la vitesse de circulation de la monnaie descendre à la cave 4 ans après la fin de la crise n'est pas vraiment un signe des plus positifs....

De même le salaire corrigé par le CPI (l'indicateur US de l'inflation) n'est pas brillant :

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L'argent du QE ne retourne pas à l'économie réelle, et reste juste là pour gonfler les bilans. Une croissance du PIB juste sur de l'impression de monnaie, c'est du vent. Cela ne représente rien de concret, juste un gonflement des chiffres. Dans l'économie réelle, celle de tout les jours, l'argent ne circule plus. Ce qui signifie que la reprise économique aux USA n'a rien de bien tangible, c'est juste un chiffre pour impressionner les copains. Avoir 0% de croissance et tout le monde soit chômdu soit travailleur précaire ou 5% et tout le monde soit au chômdu soit travailleur précaire, je ne vois pas où est la différence. Le QE a seulement profité à quelques privilégiés, le fameux top ten, même si je ne suis pas sûr qu'il soit vraiment 10% au final, tout en stabilisant le secteur financier après le choc de 2007-2008. Sorti de là, dans l'économie réelle et pour les plus de 90% restant, c'est toujours : allez vas-y rame...

De plus le QE n'est vraiment que la manifestation la plus visible du creusement de la dette. Nous en revenons toujours au même problème fondamentalement, qui est la croissance infinie dans un monde fini. Les gens pensent souvent que la solution seront les avancés technologiques, qui permettront de continuer "buisness as usual" sans polluer ni dépendre du pétrole. Une utopie de gentils gugus qui copulent dans des vertes prairies entre deux éoliennes, avec un train électrique à sustentation magnétique qui passerait à côté (sans faire de voyeurisme évidement). La bonne nouvelle, c'est qu'on sait déjà que celle ne marchera pas, et cela ne sert à rien de s'entêter. La mauvaise nouvelle, c'est que tout le monde s'entête dans cette voie, les écolos en premier, à coup de croissance verte et de développement durable.

Le mythe de la substitution ne tient pas, et le QE en est bien une des manifestation. Nous n'avons pas les moyens de remplacer le pétrole, donc non cherchons plutôt à persévérer dans la voie du pétrole. D'où le QE, qui permet à l'exploitation pétrolière d'être rentable malgré tout. Le pétrole est une source d'énergie "primaire" qui est difficile à remplacer.

On peut bien sûr se livrer au petit jeu d'énumérer toutes les autres possibilités, et les éliminer une à une. On pourrait énumérer ces possibilités, l'hydrogène, le nucléaire, le charbon, le solaire, l'éolien, un combo de toutes ces énergies en même temps. On pourrait les énumérer une à une et les rejeter. On pourrait les rejeter une à une au motif qu'on ne saura pas produire des plastiques avec, au motif que ces énergies ne sont pas aussi rentable, n'ont pas la même densité énergétique que le pétrole, que de toute façon pour chacune il finira pas y avoir un pic quelque chose.

La difficulté première est cependant que nous sommes dans un monde fini, et que vouloir une croissance infinie dans un monde fini n'a pas de sens. Les avancés technologiques permettront de tenir un peu plus longtemps, mais ne nous éviterons pas la finitude de ce monde. La croissance, économique et technique, nous sont imposés pour lutter contre l'entropie. Le système devient de plus en plus complexe au fil du temps, et la solution la plus simple que nous ayons trouvé c'est de rajouter du désordre au désordre :lol2: cela se manifeste de tas de façons différentes. Par exemple, pour la technique, chaque avancée technique provoque son lot de difficultés. Par exemple, en inventant la voiture, on a inventé l'accident de voiture. Du coup, il faut inventer de nouvelles techniques pour gérer les accidents. Par exemple par la propagande version 2.0 en faisant croire aux gens qu'ils sont responsables des actes des autres :

J'aurais bien répondu "b/ bah il est tellement bourré, il ne peut pas avoir mal, donc rien à foutre" mais ce n'est pas proposé :lol2: Mais à force d'abrutir les gens devant le petit écran et l'ordi on se rend compte que de plus en plus de gamins présente des troubles du développement psychomoteur. Du coup on est bien obligé d'inventer des techniques pour accompagner la cohorte de gamins en échec scolaire complet. Etc... Bref on ne s'en sort pas, dès qu'on fait une avancée dans un domaine, il y a des brèches à combler un peu partout. Brèches qui force de nouvelles avancées, etc...

De même pour l'économie, la croissance économique s'accompagne d'une complexification croissante des relations entre les différents acteurs. Mais aussi complexifications des outils financiers, qui deviennent pléthores.

Fondamentalement, le système, que ce soit donc d'un point de vue économique ou technique, tend vers une complexité croissante. Et cela provient du fait qu'au fond, la technique ou l'économie, ce n'est jamais que de la physique appliqué à des domaines différents. Point de vue physique, l'entropie du système augmente, en transformant le stock d'énergie fossile en déchets à faible contenu énergétique. Et physiquement, les systèmes ouverts qui font circuler ainsi l'énergie sans ferme le cycle, ce n'est pas viable. Temporairement, en jouant sur les stocks, cela passe, mais il y a forcément un moment où cela pète. L'énergie spontané cela n'existe pas. Il n'y a donc pas d'espoir a avoir dans une quelconque poursuite de la croissance, vu que c'est bien le problème fondamentalement par rapport à la physique. L'apport du QE ne fait qu'apporter de la complexité à ce système, en ayant qui plus est un impact quasi nul sur la croissance. Cela implique que nous arrivons au bout des possibilités du système, que la complexité croissante n'apporte quasi plus aucun bénéfice. D'où la remise en cause du QE sur ces deux points. D'une part, on ne fait que poursuivre la fuite en avant qui mène au précipice. D'autre part, l'heure est déjà si avancée, que même au sein du système, cela n'apporte quasi plus aucun bénéfice.

La volonté de revenir à l'étalon-or par rapport au QE peut sembler quelque peu contradictoire, mais s'inscrit dans cette logique de complexification. Le QE a des effets néfastes connus. Du coup on essaye de juguler ces effets néfastes. Cette progression, un peu à tâtons et poussant dans le sens d'une complexification croissante, est caractéristique de notre système. Tout ce qui peut (au sens capacitif, le système s'en tamponne le coquillard avec une patte de coléoptère panné du permissif) être fait doit être tenté. Toujours du point de vue du système, de son auto-accroissement perpétuel, au sein de ce système qui fait aller technique et économie ensemble. Tout ce qui peut être fait doit être tenté. Et donc nous recherchons aussi dans le sens des énergies renouvelables, mais c'est une illusion là aussi. Injecter des énergies renouvelables, c'est encore plus complexifier le système en diminuant encore plus les bénéfices apportés, c’est faire avancer le système un peu plus haut un plus loin pour chuter plus violemment encore.

De plus, à l'évidence l'effondrement a déjà commencé. La Libye a cessé d'exister en tant qu’État, il ne reste plus grand'chose de la Syrie, l'Irak n'est pas loin du décès étatique non plus, le Yémen est en sale état, etc... Cela correspond bien physiquement à une dispersion progressive de l'entropie du système vers le milieu naturel, et un retour à un état d'équilibre. L'effondrement sera brutal ( "festinatur in damnum" ^^ ) mais il ne sera pas un processus continu. Il est modélisé par une courbe continue d'un point de vue de la grande échelle, mais dans le vécu pratique, à petite échelle, on sait que cela ne se passe pas ainsi. Si on regarde Rome par exemple. Les troubles ont commencé sérieusement avec la mort de Commode. Puis l'année suivante les Sévères ont repris en main l'empire ( on peut se demander si les Sévères étaient vraiment pas Commode :lol2: ). Puis une longue période de troubles, curieusement appelé aussi "crise" alors qu'une crise est censé être un moment bref, s'en suivi, durant 50 ans. Puis en 283 avec l'arrivé de Domitien au pouvoir, Rome retrouve une certaine stabilité, et même une relative apogée avec Constantin. Puis s'en suivi une longue descente jusqu'à la disparition complète de l'Empire. L'effondrement de Rome a été un processus brutal ( il aura fallu plus de 850 ans pour arriver à Trajan, à peine plus de 250 ans pour aller de Trajan à Romulus Augustule ) mais n'a pas été continu ni linéaire ni quoi que ce soit. Comme tout système complexe qui va au crash complet, il a tendance à osciller sévèrement avant de se désintégrer.

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Modifié par paix

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Tient et toujours à propos du fait que je suis excité des théories de fin du monde, quelques petites vidéos :

Il faut arriver à déterminer le nombre de passes que ce sont font les types habillés en blanc. Il convient donc de bien suivre les déplacements des types en blanc pour savoir le nombre de passes qu'ils se font. Il est sûr, cela peut sembler un peu bizarre de compter des gus qui se passent une balle :whistling: mais c'est pour illustrer les difficultés que l'on peut avoir à suivre les déplacements. Et combien de passes y-a-t-il au final ? Et bien, les gugus habillés en blanc se font 15 passes exactement. Et surtout... Et bien il y a un gorille qui est passé en plein milieu de la scène. Environ la moitié des personnes qui se focalise réellement sur les passes des types en blanc loupe le gorille.

Maintenant, une nouvelle vidéo :

Il s'agit à nouveau de compter le nombre de passes des types habillés en blanc. Et attention, là il n'y a pas 15 passes :whistling: Évidement, maintenant que vous savez qu'il y a un gorille qui se balade, vous le verrez facilement. Tout en arrivant à compter le nombre de passes. Comme quoi, ce n'est pas si difficile de voir le gorille :P Et donc il y a eu, non pas 15, mais 16 passes ^^ Oui mais sauf que, entre temps, le fond du décor a changé, passant de rouge à or. Et un gus en noir c'est échappé. Vous avez peut être vu le gorille, mais les changements autres, les avez-vous vu ?

Ces vidéos sont tirés du site le gorille invisible :

http://www.theinvisiblegorilla.com/videos.html

On parle aussi de l'éléphant dans la pièce, ou de la baleine dans l'aquarium ^^

Edgard Poe avait déjà écrit à ce sujet en son temps avec sa nouvelle La Lettre volée :

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Lettre_vol%C3%A9e

Nous sommes parfois complétement aveugle aux évidences, car nous nous focalisons sur des détails. À nouveau, ce n'est pas forcément un bien ou un mal. On est foutu comme on est foutu, et on a beau dire mais un cerveau humain la plupart du temps ça marche puta*n de bien quand même... Mais la perfection n'est pas de ce monde à l'évidence, et nous avons tous des biais cognitifs, des méthodes de réflexions qui peuvent conduire à l'erreur, etc... Tout ceci pour dire que dans une même scène, nous pouvons voir des tas d'éléments différents. Et souvent nous loupons une partie de ces éléments. Il n'y a pas de théorie du complot comme je disais. Seulement cela fait partie de notre mode de fonctionnement d'avoir un "biais" d'attention sélective (mais est-ce vraiment un biais ? ). La tendance à se focaliser sur un point du problème tend à nous faire perdre de vue les autres changements, parfois bien plus évident.

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Et comme quoi ce n'est pas que du vent, l'industrie du pétrole de roche mère est déjà en train de subir l'effet de la baisse des prix avec une forte contraction des investissements :

http://www.reuters.com/article/2014/12/02/...N0JG2C120141202

Alors que les effets soient disant positifs d'une baisse du prix du pétrole restent pour l'instant de l'ordre de la prévision optimiste.

http://news.nationalgeographic.com/news/20...ts-environment/

Le fait est que nous assistons à un krach financier, même si pour l'instant il reste limité.

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Bien, donc pour terminer l'année sur une notre très positive :lol2:

Le ballet de la nuit, souvent attribué à Lully mais il n'en a écrit qu'un bout en fait.

En effet, l'Espagne vient d'entrer en déflation :

http://www.latribune.fr/actualites/economi...-deflation.html

L'indice des prix à la consommation coule :

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En plus, le gouvernement, comme tout les gouvernements, tente de faire le pitre en brassant de l'air inutilement. De l'avis de Luis de Guindos, la déflation ne menace pas. C'est simplement un signe d'amélioration de la santé de l'économie. Mais oui bien sûr, et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d'alu... C'est ce qui s'appellent prendre les électeurs pour des cons, et leur bourrer le cul de paille.

On pourrait se dire que nous n'en avons rien à faire, ce qui serait une erreur. Déjà, c'était largement prévisible :

De plus la baisse des prix amène un risque déflationniste, particulièrement en Europe dont l'économie est complétement moribonde, mais aussi aux USA et au Japon. Si les prix baissent, le poids de la dette augmente mécaniquement en proportion. Ce qui amène le risque de défaut évidement....

comme dit y a quelques messages. Et ce n'est pas que je suis économiste, tout ceux qui se posent un minimum sérieusement la question en évitant de racontait n'imp pouvait s'y attendre :

http://ourfiniteworld.com/2014/12/07/ten-r...s-is-a-problem/

D'autre part, cela veut bien dire que la baisse du pétrole accumule plus d'effets négatifs que positifs. La baisse des cours est un krach en soi, même si pas grand monde ne le dira ainsi. La baisse des prix du pétrole présente pour l'Europe et le Japon un risque déflationniste. La déflation, tout comme l'hyperinflation, même si par des mécanismes différents, est néfaste pour une économie. Pour le consommateur, à l'instant t, ce n'est pas mauvais pour son pouvoir d'achat. Cependant, cela implique que le poids de la dette augmente. Et en particulier la dette de l’État. Alors que l'Espagne se débat avec Bruxelles à ce sujet depuis 4 ans...

De plus, les soit disant effets bénéfiques de la baisse du prix du pétrole se font toujours attendre. Il y a dans la réalisation des effets bénéfiques (qui se résume au final à quelques pouillièmes de % de pouvoir d'achat en plus pour le consommateur...) une inertie certaine.

Une vidéo récente de deux économistes à ce sujet :

http://www.sicavonline.fr/index.cfm?action...encher-le-krach

Le système financier tient toujours, mais dans un équilibre de plus en plus précaire. Maintenant, sur la liste des têtes qui peuvent tomber, en plus des pays producteurs qui manquent de flouze, on a les pays consommateurs qui eux se trouver confronter à la déflation. On peut donc maintenant rajouter à la liste des pays où le sang peut gicler, l'Espagne. Et sans doute d'autres pays bientôt qui seront rattrapés eux aussi par la baisse des prix et donc les problèmes d'endettements. Et pendant ce temps, la Grèce est à nouveau en difficulté :

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/12/2...e-suspendue.php

Et certains, même si à mots couverts, commencent à admettre que l'Europe est une forme de dictature qui ne sait pas agir autrement que par la répression :

http://tempsreel.nouvelobs.com/edito/20141...le-reponse.html

Je vais ici me permettre une digression. J'ai offert pour Noël un bouquin à une tante, La Nostalgie de l'Occupation de Bertrand Méheust. Je n'étais pas là pour lui remettre en mains propres, c'est mère qui lui avait remis le bouquin. Il parait qu'en l'ouvrant, elle a eu un peu peur parait-t-il :lol2: C'est vrai que le titre du bouquin peut poser question... Elle a du se dire que son neveu était devenu néo nazi :lol2: Je ne suis pas pour la violence, ni pour me mortifier, ni pour me complaire dans une attitude paradoxale et extrême. Venir parler de risque systémique pour l'économique mondiale -ce qui en clair veut dire le chaos généralisé si le risque se réalise- un 31 Décembre au soir ne correspond pas tout à fait à la fête du moment :lol2: Mais pour revenir à l'Europe, ce n'est pas en niant l'évidence et en se berçant d’illusions sur ce qu'est vraiment l'UE que nous avancerons. Je ne suis pas pour la théorie du complot, ni pour la violence ni rien de tout cela. Mais ce n'est pas en refusant les évidences que nous pourrons parler et agir. Je ne pense pas qu'il y ai de complot, et il ai sûr que nous ne vivons pas une dictature comme celle du troisième Reich. Mais quand l'Europe n'a plus que "la peur pour seule réponse" et que tout les grands banquiers du monde ne savent que descendre à la cave pour imprimer du papier, c'est qu'il y a vrai problème quelque part.

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La déflation menace en Europe :

http://www.lepoint.fr/economie/zone-euro-l...-1897089_28.php

C'est donc officiel, l'effet positif de la baisse des prix du pétrole, on oublie. Tout le monde est étranglé par la baisse des prix, c'est aussi clair que cela. Pour ceux qui ont encore un minimum d'esprit pratique, investissez dans la terre, il n'y aura bien que la terre a vouloir encore quelque chose à la fin...

D'autre part, comme quoi on peut être un banquier central, bardé de diplômes et je ne sais quoi, et pourtant être incroyablement c*n des fois. La Banque National Suisse a décidé du jour au lendemain de lâcher le franc suisse. Du coup en Suisse c'était le bain de sang sur les marchés. L'indice boursier local, le SMI, s'est pris 8% dans la gueule en une séance, et à l'heure actuelle n'arrive pas encore à se reprendre. L'économie suisse souffrira des conséquences d'une décision pareil (la croissance a été revue de 1.8% annuel à 0.5% du jour au lendemain par UBS...). Les suisses se ruent sur les bureaux de changes. Mais ce n'est pas grave, le type est tout content d'avoir à lui seul fait couler son pays :

http://www.latribune.fr/bourse/devises-for...s-explique.html

Peut être que le taux du franc suisse n'était plus tenable, mais tout bazarder ainsi n'était pas vraiment finaud...

P.S. : Les deux d'ailleurs sont liés. Comme l'Europe est dans la déflation même si personne ne le dira, la BCE va finir par sortir l’artillerie lourde, c'est-à-dire le quantitative easing. En clair, la BCE va racheter des dettes souveraines, ce qui revient à imprimer des euros. Bon depuis le Japon et son QE illimité depuis les années 90, on sait que cela ne marche pas, mais c'est pas grave, on y va joyeusement. Du coup la Banque Nationale Suisse qui avait fixé le franc suisse à 1.2 contre 1 euro est bien obligé de lâcher le franc suisse. Le petit détail qui a du échapper à la Banque Nationale Suisse, c'est que lâcher ainsi le franc suisse en rase campagne dans un contexte économique quand même pas joyeux, c'était pas le bon plan.

Modifié par paix

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Bon bé au jeu de pique nique douille, c'est toi l'andouille, c'est le Venezuela qui saute :

http://www.nytimes.com/2015/01/30/world/am...rt-economy.html

Comme quoi le baril pas cher, cela n'a pas que des effets cooools (voire pas du tout mais bon). L'Europe a fini par sortir la planche à billet également. La BCE a annoncé mettre 60 milliards d'euros par mois sur la table. Comme quoi la situation économique n'est pas si rose. À la base, dans un monde financier qui tourne correctement, les banquiers centraux ne sont pas censés jeté des milliards par les fenêtres en priant Xhiatyr (à la base c'est bien un Dieu, pas un pseudonyme sur LOL ou Dofus...) que les gens ramassent les billets et se mettent à consommer comme des porcs comme des moutons comme des décérébrés ? Enfin bref pour dire que chez nous non plus le baril qui coule ce n'est pas bon. Maintenant, on risque la guerre financière à jouer à celui qui a la plus grosse (planche à billets, s'entend...). Au risque de foutre encore un peu plus le bazar dans une situation déjà bien chaotique (mais là c'est un détail je suppose). 'fin bref, le baril trop cher ce n'est pas bon, le baril pas assez cher ce n'est pas bon, et le baril au bon prix cela n'existe plus. Bienvenue au 21ème siècle, dans un monde fini...

P.S. : Et au jeu des États qui n'en sont plus, le Yémen progresse. Dans la situation où est le Yémen, le qualifié encore de "État" est franchement comique.

Modifié par paix

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Avec un gars, on a eu une grande discussion sur la courbe de Laffer :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_de_Laffer

1000px-Laffer-Curve.svg.png

Cette courbe exprime la relation entre les taux d'impositions et les revenues de l’État collecteur des impôts. La courbe exprime une relation qui n'est pas forcément intuitif. Pour des faibles taux d'impositions, augmenter les impôts augmente les revenues de l’État. Jusque là, tout va bien. Par contre, si le taux d'imposition augmente au delà d'un certain seuil, les revenues diminuent. En effet, les impôts plus élevés deviennent un frein pour l'investissement et provoque une contraction de l'économie. Les détenteurs de capitaux renoncent à investir parce que les gains anticipés seraient amputés par l'impôt. Donc, l’État taxe plus, mais taxe plus un gâteau plus petit. Au final, les revenues finissent par baisser. Jusque là tout va bien. Remarque du gus, mais pourquoi alors l’État nous taxe autant ??? Cette théorie a en effet permis de justifier des baisses d'impôts, notamment avec Ronald Reagan et Margaret Thatcher. On parle de politique de l'offre, c'est-à-dire que les gouvernements aident les agents économiques à investir et donc produire des biens. La stimulation se situe donc du côté de l'offre :

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_l%27offre

Cette courbe est à la base de l'aphorisme fameux qui dit que "trop d'impôt tue l'impôt". D'autres penseurs économiques avaient déjà exprimé cette idée auparavant, notamment Adam Smith en 1776 : "L’impôt peut entraver l'industrie du peuple et le détourner de s’adonner à certaines branches de commerce ou de travail." ou Jean-Baptiste Say en 1814 : "Un impôt exagéré détruit la base sur laquelle il porte.", etc...

La courbe de Laffer souffre de deux problèmes. D'une part, du point de vue classique de l'économie, sa courbe est juste un tracé à la main qui ne repousse sur aucun formalisme, malgré son apparence scientifique. Si tout le monde est bien d'accord que l'impôt peut être excessif, ou servir de moyen de régulation (comme c'est le cas avec la taxe carbone), on reste dans le qualitatif. Dans la pratique, la courbe de Laffer n'apporte aucune réponse définitive sur le point d'équilibre. On ne sait pas vraiment au fond quelle tronche a vraiment la courbe. Et les impôts touchent des catégories socio-professionnels très diverses, ce qui ne fait que complexifier le problème. Il y a bien sûr eu des exemples où la réduction d'impôts relancé l'économie d'un pays et faisait donc augmenter malgré tout les recettes de l’État. Pourtant, il n'en reste pas moins que la courbe de Laffer n'existe pas vraiment en tant que courbe.

L'autre point, c'est que de toute façon les théories économiques sont défaillantes, purement et simplement. Je vais repartir dans mes délires habituels, mais malheureusement c'est le cas. La base de l'économie, c'est de l'énergie. Les économistes s'acharnent à détacher leur champ d'études de la physique, et à concevoir l'économie comme une science humaine. Pourtant, l'économie, comme tout dans cet univers, est régi par quelques lois simples, au nombre de trois. Tu joues un jeu que tu ne sais pas gagner mon pauvre, de toute façon le jeu n'est pas équitable, et tu ne sais pas quitter le jeu. La base de la thermodynamique, et la base d'un peu près tout ce qui existe dans cet univers. En terme physique, on exprime cela plus poliment en disant que l'énergie se conserve, que de toute façon l'univers tend vers le bazar maximum, et que la température ne sait pas aller sous 0°K.

Une madame sur son blog est reparti de ses fondements :

http://ourfiniteworld.com/2015/01/21/a-new...wth/#more-39534

Ce devrait être la base de l'économie, l'énergie. Toute activité économique consomme de l'énergie pour un processus de transformation quelconque. Et la valeur, en terme de sous sous, d'un produit, est en réalité la mesure de l'énergie nécessaire à la production. L'expression "pétrodollars" est devenu fameuse avec le temps, mais toute la profondeur de cette affirmation reste totalement négligée. L'économie a pu croître, et avec la population humaine, grâce à l'affluence d'énergies "bon marché". En terme physique, on dit que les réserves d'énergies fossiles ont une forte "exergie". Cela peut faire gros mot comme cela, mais l'exergie quantifie justement l'aspect facilement utilisable d'une énergie. Les océans par exemple sont un réservoir colossal d'énergie, et qui ne cesse d'augmenter avec le réchauffement climatique. Mais cette énergie est sous forme de chaleur à basse température, et en pratique reste totalement inutilisable. Son exergie est donc très faible. Par contre le pétrole ou le charbon ont une forte exergie. Ce sont des énergies faciles à utiliser. L'Homme s'est emparer de ces énergies à travers différentes techniques pour les exploiter du mieux possible. Par exemple, la voiture permet de convertir l'énergie du pétrole en mouvement. Il en est de même pour le bateau ou l'avion. Dans les usines, l'électricité permet le fonctionnement de robots qui automatise les tâches, rapidement et avec un bon rendement énergétique.

La technique s’est donc développé avec ses ressources d'énergies, pour permettre la croissance de l'appareil économique, et la croissance de la population.

La madame du blog a par exemple un très bon tableau qui montre par pays la fraction de la population dans l'agriculture et le ratio énergie / capital :

pct-of-workforce-in-agriculture.png

Les deux évoluent en sens inverse à l'évidence. La plus grande disponibilité d'énergie permet à la population du secteur primaire de baisser. Cette population peut alors évoluer vers le secteur secondaire ou tertiaire et ainsi contribuer à la croissance économique. Pour autant, même dans le secteur tertiaire, l'énergie reste importante. En effet, le rapport entre un service quelconque (par exemple la garde d'enfants) et l'énergie n'est pas évident. Ce qui importe, c'est de nouveau la disponibilité d'énergie peu chère et abondante qui permet de libérer les bras et de se spécialiser dans des activités de plus en plus complexes. L'énergie n'est pas directement apparente. Pourtant, la disponibilité d'une énergie abondante et rentable permet de produire plus pour une même unité d'énergie. Tout est question d'énergie, de sa disponibilité, et de la possibilité de l'exploiter avec un bon rendement.

La madame du blog a aussi un graphique qui montre la croissance de la population, et de la consommation énergétique mondiale :

world-population-and-fuel-use.png

La relation est flagrante. Ce qui permet la croissance de notre économie et de notre population, c'est fondamentalement l'énergie. L'économie, comme d'autres structures, peut être vu comme une "structure dissipative" d'un point de vue physique. C'est déjà un système ouvert, c'est-à-dire qui échange de l'énergie avec son environnement. Et c'est une structure dissipative car ce système ouvert dissipe le plus rapidement possiblement l'énergie fourni par les ressources fossiles. La théorie thermodynamique de l'économie a malheureusement toujours été négligée alors que c’est bien le fondement duquel il convient de partir. À nouveau je ne prétend pas écrire des thèses de moi-même, je ne fais que redire ce qui ce sait déjà. François Roddier a travaillé sur ce sujet par exemple :

http://petrole.blog.lemonde.fr/2013/10/30/...la-reine-rouge/

La madame du blog montre que même là où ce n'est pas une évidence, l'énergie ressurgit. Elle prend l'exemple de la terre. La terre a proximité des autres infrastructures est plus chères, car il faut moins d'énergie pour se déplacer justement. Et aller consommer. La consommation étant elle-même la circulation d'énergie. Chaque produit a nécessité de l'énergie pour sa fabrication, son transport, sa mise en vente. L'éloignement de la terre aux infrastructures humaines est donc compensée par un plus faible coût de l'hectare. Et dans d'autres cas, ce sont les terres arables qui ont de la valeur, car elles permettent la culture. Les terres fertiles sont un moyen de produire de l'énergie, qui sera consommé par l'Homme sous forme de nourriture. Et cette énergie permettra à l'Homme de fournir lui-même du travail, de continuer à faire circuler cette énergie. Et comme j'ai déjà dû le dire (je radote avec le temps :lol2:), investissez dans la terre tant qu'il est temps... Comme disait Candide, il faut cultiver son jardin. Et dans quelques dizaines d'années, c'est bien tout ce qui nous restera.

L'éducation est un autre exemple. Apparemment, l'éducation n'a rien à voir avec l'énergie ( encore que, quand il faut tenir des moutards en place qui n'en ont rien à secouer du cours, il en faut de l'énergie :lol2: ). L'éducation pourtant n'est permise que par un meilleur rendement énergétique. Les gens n'ont plus à s'inquiéter de cultiver leur jardin justement, donc ils ont le temps pour disserter, voire brasser du vent inutilement. Simone Weill d'ailleurs, si je puis me permettre un autre aparté, a milité pour une philosophie qui ne soit pas déconnectée des réalités de ce monde. Elle est passé elle aussi à l'usine, gagner sa croûte et voir les conditions de travail par elle même. L'éducation et le travail ne sont pas forcément mutuellement exclusif je pense (surtout avec du café pour tenir à 3h de sommeil / nuit :lol2: ), mais il est sûr que la branlette intellectuelle et le travail le sont. Enfin là c'est un autre sujet.

L'énergie humaine est négligé, mais elle est importante également. Dans le temps, la principale source d'énergie était la force des bras. Depuis l'arrivé du pétrole et du charbon, la charrue est tracté par un moteur turbo diesel. Dans le temps, c'était à la force des bras et du cheval familial que la plupart des travaux de ferme étaient réalisés.

Enfin les métaux ont eux aussi nécessité de l'énergie pour l'extraction et la purification. De manière notable, nous voyons actuellement une baisse de rendement de l'extraction de la plupart des métaux précieux. Les processus en jeu sont les mêmes que pour le charbon et le pétrole.

J'avais déjà tenté de construire un petit modèle simplifié de la baisse de rendement de l'énergie ici :

http://www.forums.meteobelgium.be/index.ph...st&p=469528

En me basant sur le travail de U. Bardi entre autre :

http://cassandralegacy.blogspot.fr/2011/03...is-physics.html

J'ai un peu retouché les coefficients, mais cela ne change rien au final. Comme dit, les coefficients ne sont pas choisis au pif. Ils sont cohérent entre eux, pour décrire le phénomène étudié. Ils sont arbitraires dans le sens où ils ne sont pas directement choisi par rapport aux réalités de ce monde, mais vise à la cohérence interne pour la description générale du phénomène étudié.

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L'idée de base est de partir d'une "baignoire", c'est-à-dire un stock d'énergie. C'est la ressource, R, courbe bleue.

Cette ressource est exploité, c'est la production, la courbe verte verte. La production augmente avec le capital et l'importance de la ressource. Plus le capital est important, plus les possibilités d'investissements sont importantes pour exploiter au mieux la ressource. De même, plus la ressource est abondante, plus il est facile de l'exploiter. À un moment, l’épuisement de la ressource fait que l'accroissement du capital ne suffit plus à augmenter la production. La production se casse la gueule, game over. C'est ce qui est en train de se passer pour le pétrole. L'augmentation considérable de l'investissement n'a résulté qu'en un accroissement très marginal de la production. Et d'ici quelques années, la dite production va se viander, investissement ou pas, QE ou pas.

Le capital résulte de la production. Plus la production est importante, plus le capital augmente. En première approximation, la taille de l'économie décrit sa complexité. Ainsi donc, le capital est en quelque sorte un indicateur de la complexité du système, et donc de son entropie. Si la production se viande, le capital finit par baisser. En effet, il y a obsolescence du capital avec le temps.

Cette obsolescence, c’est la courbe violette, les déchets, waste. C'est par exemple l’œuvre au noir du temps qui rend obligatoire l'entretien des infrastructures existantes, ou les polluants. Le CO2 par exemple, en dehors de toute considération du RC, est une molécule avec une énergie interne difficilement récupérable par rapport aux ressources fossiles. Les plantes savent exploiter l'énergie du CO2 grâce à la photosynthèse. Cependant, pour notre part, une fois que nous avons cramé le pétrole, l’énergie de la molécule de CO2 n'est plus récupérable. Au même titre que l'énergie de l'Océan par exemple. Donc plus le capital grandit, plus il tend à se dissiper pour revenir à un état d'équilibre thermodynamique.

Si tout le monde est d'accord pour dire que le capital, ou quelque chose d'équivalent en économie, est une image de l'entropie, il reste à définir ce qu'est la température du système ; et à définir proprement l'entropie. Je n'arrive pas à me convaincre que la production puisse être une mesure de la température du système :lol2: On pourrait ainsi clairement tracer un diagramme (T,s) et calculer la chaleur qui rentre et sort, et le travail fourni. Enfin au point où en est, l'urgence n'est plus là, elle est dans la maitrise de l'effondrement en cours.

L'autre point de ce modèle miniature, est la baisse du rendement progressif. Si on calcule le ratio Production / Capital, nous avons une estimation du rendement de l'économie. C'est le retour sur investissement, ce qui est appelé EROI pour Energy Return On Investissement. Ce rendement tend à diminuer avec le temps :

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La crise que nous traversons, c'est bien celle-ci. Un inefficacité de plus en plus grande de l'économie. Nous sommes notamment à court d'argent frais pour extraire de plus en plus de barils de pétrole. C'est ce qui explique l'évolution du prix du baril. Comme prévu, il n'a pas continué à grimper, et il n'est pas non plus retombé fort bas. Une détente des prix à 10 ou 20 $ le baril est irréaliste (en tout cas une vraie détente, pas la pseudo baisse actu qui ne soulage personne, et qui fait juste une bonne excuse aux types qui aiment brasser du vent pour justement, et bien brasser du vent) et une hausse à 800$ est toute aussi irréaliste. Il est en train d'osciller de plus en plus violemment, tiraillé entre des producteurs à court de palpable et des consommateurs ruinés.

Je ne suis sans doute pas le plus doué pour expliquer, décrire des théories. Cependant, il faut bien voir ce lien entre énergie, économie, et technique. C'est le véritablement fondement de toute notre société. Très peu d'auteurs se sont attaqués à critiquer ce système (au sens de critiquer, pas simplement de casser du sucre sur le dos du "système"...), notre système, avec toutes les implications que cela peut avoir. Même si mes explications restent partielles, il y a des éléments à prendre en compte. Et de nouveau, je n'invente rien, d'autant plus que les événements suivent ce qu'on peut attendre de ces théories. On peut prendre par exemple le cas du Yémen. Les données s'arrêtent en 2006 (faut dire que pour toutes choses pratiques, le Yémen a cessé d'exister en tant qu’État...).

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J'ai estimé la taille du capital en sommant la formation brute de capital, et la production par le PIB. C'est sans doute un peu approximatif, mais on fait comme on peut. Bref, cela va de 1990 à 2006, les points se suivant logiquement. Comme par hasard, la courbe a la même tronche en gros que celle du cycle thermodynamique présenté ci-dessus. Et vu l'état du Yémen, on imagine bien que la courbe a du poursuivre le cycle. Le PIB a pris une grande baffe depuis 2010 malgré la hausse du capital. Et vu la guerre là bas, depuis l'année dernière, le capital a du à son tour se prendre une grande baffe. Le Yémen est donc bien en train de poursuivre son cycle, avec destruction de son capital, donc de son entropie.

Ce cadre est donc le cadre général dans lequel il faut concevoir notre système. À force de croire à l'universalité de nos valeurs, de se complaire dans la certitude que nous avons raison, de fragmenter nos connaissances en champs d'études hermétiques les uns aux autres, nous poussons le monde vers le désastre. L'économie ne peut se comprendre sans en passer par la notion de structure dissipative, de rendement qui diminue, et autre. La diminution progressive du rendement énergétique a déjà poussé certains pays à l'effondrement, et ce n'est pas fini. Ce n'est plus là seulement une prophétie de malheur, c'est la réalité que nous vivons. La liste des pays ne va que s'allonger avec le temps, jusqu'à ce que ce soit des gros poissons qui y passent.

En plus, malheurs que nous entretenons nous-même, et comble de l’hypocrisie avec la bénédiction de toutes les ONG qui maquillent cela en aide humanitaire. Avant l'invention du développement à l'occidental, le sous-développement n'existait tout simplement pas. Le véritable enjeu ce n'est donc pas la mascarade du 07 Janvier 2015, et la menace du "péril islamique", sciemment entretenu par ceux-là même qui prônent la liberté d'expression. On peut sans doute rire de tout, mais comme le faisait remarquer Norman Finkelstein, rire entre soi du malheurs des autres, encore plus quand nous entretenons nous-même ce malheur, n'est plus de la satire, c'est du sadisme. En plus, les USA dans leur folle fuite en avant, poussent maintenant l'Ukraine à l'effondrement, et nous invente le "péril russe". Un pays de plus humilié, nous ne sommes plus à ce détail près. Une possibilité de plus pour le développement du "terrorisme", nous ne sommes plus à ce détail près non plus. Et cela sera toujours une justification de plus pour croire en l'universalité de nos valeurs en nous payant la gueule des ukrainiens ou des grecs ou des russes quand ils seront en train de sombrer eux aussi. Pour l’anecdote, là il ne faut pas chercher le rapport, mais histoire de dire quand même ce qui est. Tantôt, en naviguant sur un site météo russe, je suis tombé sur des liens vers des sites russes pour apprendre le français. Le fait que je suis sur une IP française à dû aider, mais ce n'est pas demain qu'on verra des sites météos français proposé des liens vers "le russe en une semaine", IP russe ou pas... On ouvre les paris sur savoir combien de temps la francophilie de la Russie tiendra face à notre cirque ? Et à propos de cirque, celui du 07 Janvier promet des beaux jours à l'hypocrisie et à la liberté d'expression, tant que tu exprimes la parole du système. 'fin bref pour dire que le problème c'est l’épuisement du pétrole, pas de savoir si on est menacé par des fanatiques. Et que ce n'est pas en aidant les dominos à tomber parce nous nous débattons nous même pour ne pas tomber que nous résoudrons les problèmes. Si les dominos tombent, ce n'est pas parce que des cinglés prennent les commandes. Si les dominos tombent, ce sont pour des raisons thermodynamiques, la gravité et toussa, des trucs concrets. Et ce n'est en enfonçant les dominos qui tombent pour affirmer notre position défaillante qu'on règlera le problème -au contraire, c'est ainsi que les types deviennent berserk à un moment- et qu'on s’empêchera de tomber.

Le débat sur la courbe de Laffer, ce n'est donc pas juste de savoir si sa courbe est bien une courbe est pas une ligne au forme improbable au final. Il en est question ces dernier temps avec ces dominos qui tombent, tout comme les histoires sur le multiplicateur (un autre moment de grand comique du FMI là aussi, dont personne n'a entendu parler évidement... C'est sûr, voir le FMI dire en substance "oups, on s'est foiré sur une multiplication, c’est pour ça que la Grèce est dans la fange" ça ne fait pas très sérieux... Le pire, c'est que je n'invente rien : http://blogs.wsj.com/economics/2013/01/03/...-for-austerity/ Pas de chance fallait multiplier par 1.5, pas 0.5, try again ... ) et toussa. Ces questions passent à côté du point que l'économie repose avant tout sur l'apport d'énergie en abondance. Tant que l'énergie coule à flot et reste le principal moteur de croissance, comme c'était le cas depuis le 18ème siècle, la courbe de Laffer devait ne pas être trop fausse encore. Elle exprime à nouveau une certaine idée du rendement énergétique, ou dit économiquement du retour sur investissement. L’État assure une partie de la croissance du capital, à travers la construction de routes, écoles, hôpitaux, etc... et son entretien. L’État a donc besoin lui aussi de faire circuler l'énergie, de transformer les ressources en capital et de lutter contre l'obsolescence de son capital. Ce capital a une rétroaction positive sur la production (les fanatiques du suicide étatiques auront beau dire, mais l’État assure une partie de la hausse de la production à travers ses infrastructures). L’État doit donc dériver une partie de la production à son profit, pour créer du capital, pour en retour créer de la production, etc.. Si l’État pompe trop d'énergie, il détruit de l'investissement. On redit la même chose au fond, mais en essayant de refaire ressortir l'aspect énergie. Parce que là où tout change c'est depuis que nous sommes dans le 21ème siècle, avec l’épuisement des ressources, la baisse des rendements et tout ce qu'on veux. La modification de l'impôt n'a plus le même effet. La croissance est en panne et ne repartira définitivement plus maintenant, car elle repose sur de l'énergie abondante. L’État aura donc beau tenter, soit de faire croire le capital en espérant une rétroaction sur la production ; soit de limiter son atteinte à la production en diminuant son propre capital en faveur du capital privé ; cela ne change plus rien. La baisse du rendement énergétique signifie que la production se crashe. Ce qui compte c'est ce lien entre ressources, production, capital, modulé par le rendement. Tant que l'énergie est là, la théorie économie classique peut être valide. Mais si l'énergie n'est plus là, la théorie économique se plante. Il existe d'ailleurs des possibilités de complexifier le modèle que je présente pour inclure une classe de travailleurs et une élite. Cette étude sur l’effondrement des sociétés complexes financées par la NASA en est une illustration :

http://ac.els-cdn.com/S0921800914000615/1-...b18b6a996193525

Ce serait tentant de voir comment réagi le modèle en ajoutant un état, une élite, etc... rapport à la loi de Laffer, et si on peut la retracer justement. Enfin là faut déjà créer le modèle, rajouter un état et une élite cela complique sacrément le truc :lol2:

Toujours est-il que l'histoire du QE le montre bien. Les banquiers centraux ont beau imprimer du papier, à part gonfler la bulle des actifs financiers cela ne change pas grand'chose. L'inflation n'arrive pas à repartir, les chiffres du chômage et du PIB doivent être retravaillés pour rester relativement présentable, et dans le monde réel des gens, au quotidien ce n'est toujours pas le grand soir. Ce n'est absolument plus un débat entre la politique de l'offre, favorisé l'investissement ; avec la politique de la demande, relancer la consommation par les dépenses étatiques. Il n'y a plus de pétrole, donc austérité ou relance - ou rilance si on veut continuer à faire dans le comique façon FMI : http://www.20minutes.fr/economie/583203-20...e-rigueur-choix - cela ne changera rien. La difficulté, c'est donc que nous changeons de paradigmes. Il faut changer ces modèles conceptuels, pour voir le monde autrement. Et curieusement, plus les types sont bardés de diplômes, plus ils ont un manche à balai enfoncé profondément dans le fondement. Là aussi ce doit être un problème d'énergie, c'est plus facile de retourner un cerveau vide que plein :lol2: 'fin bref, c'est comme un avion, si il est critically low fuel, le pilote aura beau pousser le manche, tirer le manche, mettre les gaz ou pas, l'avion finira au tas :

Là c'est pareil, le problème ce n'est pas de savoir si le pilote doit tirer ou pas le manche pour récupérer l'avion. L'avion est low fuel, c'est tout.

Modifié par paix

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D'ailleurs, pour continuer à tracer des cycles thermodynamiques avec des données économiques ^^ Une autre représentation peut être pertinente, celle du PIB en fonction des dettes publiques. Je vais prendre l'exemple des USA, pour les raisons que l'on sait, mais à nouveau ce n'est pas spécifique à ce pays. Depuis 1930, la courbe du PIB en fonction de la dette publique (et en plus, c'est juste la dette publique, pas la dette totale..) a cette tête

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La tendance est toujours la même, une baisse du retour sur investissement. La dette fédérale a beau grimpé encore et encore, le PIB n'augmente plus franchement... D'où une espèce de plateau sur la fin. Si on corrige les données depuis 1960 de l'inflation (les données de l'inflation que j'ai avant 1960 ne sont pas tout à fait les mêmes, y a une légère rupture en 1960), la tendance au plateau est évidente :

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Le diagramme thermodynamique de l'économie est bien toujours le même, baisse du rendement. La question à 80 000 000 000 000 $ (le PIB mondial actuel, ça en fait des zéros...), on fait quoi quand un dollar émit par le gouvernement résulte en 0% de croissance ? Et accessoirement, on fait quoi quand un dollar émit par le gouvernement résulte en 5% de décroissance ? On reste toujours dans le même sujet, à savoir qu'à partir d'un moment plus si lointain que cela, on aura beau arroser la production, celle-ci ne manquera pas de se casser la gueule inéluctablement, avec une évolution temporelle qui a cette aspect :

e4UNgN.jpg

Et un diagramme thermodynamique qui a cet aspect...

wfL9sL.jpg

Pour ceux qui aiment bien les mathématiques, on peut tenter un changement de variable, en régressant le PIB sur le LN des dettes déflatées :

QyT45s.jpg

On retrouve exactement la même équation, forcément. Cette modélisation a ces limites, car avec le logarithme on ne sait modéliser que la partie ascendante de la courbe sur le diagramme. Sur le diagramme complet,

wfL9sL.jpg

Nous avons actuellement juste les points intermédiaires de la hausse :

f0ufNu.jpg

Et la régression logarithmique reste une approximation, pas trop mauvaise actuellement mais qui reste indicative et n'a pas plus de valeur que cela. Faudrait que je retrouve comment on modélise un cycle complet :blush: Faudrait définir aussi proprement les variables du cycle, utiliser la dette comme variable représentant le capital cela peut sembler vachement tiré par les cheveux :lol2: Même si cela se défend dans le sens où, de par le fait que nous sommes dans un système d'argent dette (cf. la vidéo qui ouvre ce sujet...) ce n’est pas une mauvaise approximation de la taille réelle de l'économie.

En cela il y a baisse progressive du rendement.

C'est là l'inanité des discussions économiques actuelles qui restent dans le même modèle périmé. Le FMI avec son multiplicateur financier nous a ainsi fournit un joyeux moment de divertissement :

http://www.telegraph.co.uk/finance/financi...-on-Greece.html

http://www.eurobank.gr/Uploads/Reports/Eco...rch%2020123.pdf

Ce n'est pas grave, la Grèce ce sont juste 10 millions de personnes. Et de toute façon, les grecs sont tous des fainéant corrompus, c'est un détail cette erreur...

Avec la courbe de Laffer, c'est même combat. Le brave Laffer avait une autre théorie connexe à ce sujet, qui est la baisse du coût opportunité des loisirs. En français plein et littérale, quand les gens sont surtaxés, ils préfèrent aller se toucher que d'aller travailler pour gagner un salaire qui sera pompé (sans mauvais jeu de mots ? :P ) par le gouvernement. Sans aller beaucoup plus loin, si en plus l’État assure des minimas sociaux via ces prélèvements, en gros tout le monde se barre à Pôle Emploi. C'est plus rentable de se faire subventionner par l’État que d'aller travailler pour payer la retraite / le chômage du branleur d'à côté. Outre le fait qu'on peut se demander la pertinence d'une telle approche, elle néglige totalement la possibilité d'un chômage involontaire de masse.

Les théories économiques, que ce soit le marxisme, le keynésianisme ou la théorie de l'offre ou autre, suppose qu'il n'y a pas de limites à l’expansion de l'économie. Elles traitent simplement des rapports entre production et capital, sans jamais se soucier, ni des réserves ni des déchets (dans les deux cas, termes à prendre dans un sens très, très général...). Toutes ces théories sont productivistes, et ne mesure pas la dépendance de l'économie aux ressources, ni l'impact sur la production de déchets.

Le problème aujourd'hui, c'est que l'économie refuse de repartir, même en affamant les chômeurs, en balançant des milliards par les fenêtres, etc... L'économie libérale cherche à retrouver un équilibre mais ne peut pas en retrouvant un étant donné l'étranglement des ressources. Face à la crise, on voit resurgir tout un tas de théories prônant la libéralisation de l'économie, la réduction de la dette des États, le désengagement de l'Etat etc... Mais toutes ces approches manquent le point que l'argent est de l’argent dette adossé à des flots d'énergies, le fameux pétro-dollar. Et quand il n'y a plus de pétrole, on a beau libéraliser, diminuer les taxes, diminuer les subventions, etc... À part foutre encore plus la merde comme en Grèce et devoir revenir 3 ans plus tard la queue entre les jambes (c'est le cas de le dire au FMI...) sur le mode "oups, on s'est trompé dans une multiplication", cela n'a strictement, mais alors strictement aucun impact positif.

Et l'autre point de nouveau est le lien entre économie et technique. Le développement de la production dans notre économie moderne, c’est le développement d'une technique aliénante, autonome et s'accroissant d'elle-même.

Bertrand Méheust, dans un de ses bouquins, La nostalgie de l'Occupation se demander ainsi si il n'y avait pas moyen de démontrer l'inanité de la théorie de la correction perpétuelle. Je n'ai pas le bouquin sous la main donc littéralement je ne saurais plus dire ce qu'il écrivait. Dans l'idée, il partait de l'exemple d'un mec qui faisait remarquer à propos de la mort des abeilles, que l'Homme s'était rendu compte de ce fait, et que c’est lui-même qui causait la mort des abeilles. Donc qu'il n'y avait pas de problème, suffisait de laisser faire. B. Méheust soulevait ce point pour faire remarquer que d'après certains, tout problème a sa solution technique, c'est la correction perpétuelle. J. Ellul en parlait déjà dans son bouquin, Le système technicien, à l'époque. Là aussi je n'ai pas le livre sous la main :whistling: mais c'est le point qu'il soulève quand il dit que le système technicien s'auto accroit. La réponse à l'intuition de B. Méheust vient à nouveau de la croissance de l'entropie qui n'est pas soutenable à terme. À force de corriger par la technique, on complexifie le système, jusqu'à ce cela finisse mal. Il y a un autre type qui philosophait aussi sur le fait qu'inventer la voiture, c'est inventé l'accident de voiture, inventer le bateau, c'est inventer le naufrage, etc... J'ai oublié son nom d'ailleurs. Enfin bref, comme le faisait remarquer un gus sur internet, juste avant le pic pétrole, on aura du pétrole en abondance comme jamais dans l'histoire. Et enfin de nous casser la gueule, on sera au sommet en toute logique. L'opulence actuelle est la crête de la vague. Comme disaient les latins en leur temps : "Arx tarpei proxima capitoli". C'est plus facile de s'éclater par terre en partant de très haut.

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Et à ce sujet, les prix du pétrole ont bien un impact négatif sur l'économie, même chez les importateurs de pétrole. C'est sûr, cela fait plaisir de payer son litre de carburant à 1 euro. D'accord. Maintenant, on divise les salaires par deux pour les indexer sur les prix. C'est déjà moins drôle, n'est-ce-pas ? Et maintenant, vous imaginez devoir rembourser le crédit de 20 000 euros contracté pour acheter la charrette, plus le crédit à la consommation de 2000 euros pour acheter la dernière télé 4K, plus le crédit de 100 000 euros sur la maison, avec un salaire divisé par deux. Là plus personne ne rigole... C'est facile d'aller interroger des types à la station-service et de leur demander de dire à la caméra qu'ils sont tout content que le prix du carburant baisse. Sauf que cela implique une déflation -donc baisse des salaires aussi ... - et que l'économie risque de ne pas tenir longtemps à ce rythme. D'où le fait que Super Mario de la BCE a décidé de noyer l'Eurozone sous les liquidités, histoire d'éviter que les gens se rendent compte qu'il vaut mieux payer son carburant à 1.5 euros, plutôt que de rembourser ses crédits avec un salaire en baisse. Bref, pour dire que tout les pays de la zone Euro sont maintenant en déflation, même l'Allemagne :

http://www.telegraph.co.uk/finance/economi...ary-crisis.html

Et comme le dit l'article, ce n'est pas seulement les prix de l'énergie qui baisse. La plupart des composantes de l'indice des prix sont à la baisse, indiquant que la baisse des prix du pétrole est en train d'impacter l'ensemble de l'économie. "Heureusement" que Super Mario a décidé de lancer la planche à billets parce qu'encore quelques mois à ce régime et les gens auraient franchement regretté l'époque du litre de carburant à 1.5 euros.

Et une autre bonne nouvelle, le commerce internationale était déjà dans le coma dépassé, là on est passé au stade au delà :

http://www.bloomberg.com/quote/BDIY:IND

L'indice qui mesure le commerce maritime (essentiellement le commerce de matières premières type charbon, métaux, etc...) a atteint son plus bas niveau depuis Août 1986. Encore 4% de baisse (en gros si ce n'est pas demain, ce sera après-demain), on sera au plus bas depuis Dieu seul sait quand, bienvenue dans le monde des zombies :

Donc soit l'économie mondialisée fonctionne dorénavant grâce au transplanage (faudrait demander à Harry plus de portoloin...), soit l'économie réelle est dans le décès. Entre les deux explications, un doute me saisit...

http://www.infiniteunknown.net/2015/02/02/...ew-29-year-low/

Si le foutoir économique actuel tient encore plus ou moins c'est juste grâce aux gouvernements qui font tout pour noyer le poisson sous les liquidités, les manipulations de statistiques et les bavardages -pauvre poisson-. Mais bon, si on dépasse l'horizon des deux ou trois prochaines années cela craint. En plus avec la Grèce qui va faire défaut, on va encore moins s'ennuyer. Comme le faisait remarquer quelqu'un sur BFM Tv, vous devriez aborder un sujet de fond avec votre banquier. Puisque vos crédits (que vous n'arriverez pas à rembourser puisqu'on est en déflation maintenant...) sont déjà dans le bilan de la banque, vous pouvez bien vous permettre de ne pas repayer, c'est déjà dans le bilan de la banque. Je pense que votre conseiller financier sera heureux de vous recevoir...

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