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L'argent vient d'où, et où nous mène le système monétaire ?

77 messages dans ce sujet

deux vidéos à voir absolument, et à faire voir. Parfaitement et clairement expliquées, je les ai "dévorées" d'une traite !...

C'est long, mais cela nous permet de comprendre comment se fabrique l'argent, et vers quelle catastrophe nous allons, et aussi des solutions.

http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_l-...ignon-fr-i_news

http://www.dailymotion.com/video/xbqww7_l-...s-chimeriq_news

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Je crois que c'est le moment de déterrer ce sujet sur l'argent dette :lol:

Après une tragi comédie grotesque et pathétique, le Congrès a voté pour... repousser le problème au 15 Janvier et 07 Février. Un psychodrame de 15 jours pour en arriver à dire qu'il est urgent d'attendre, c'est vraiment pitoyable.

Il était de toute façon attendu que le Congrès vote une loi pour éviter le désastre. À la Chambre des représentants (House), 87 Républicains sur 232 (37.5%) et 198 démocrates sur 198 ont voté pour. Ceci reste cependant des chiffres sans grand intérêt sans doute. Il y a un point cependant, ils ont voté un accord a minima qui ne fait que reposer le problème (au 15 Janvier et 07 Février). Des accords similaires avaient déjà été envisagé cette semaine, mais personne n'en voulait. Quand ils se sont retrouvés au pied du mur, les représentant du Congrès ont finalement voté pour un "truc" bâtard qu'ils refusaient jusqu'à présent. Dans les deux camps, certains ont fini par lâcher l'affaire, personne n'étant vraiment prêt à prendre le risque d'un défaut du gouvernement. Défaut qui à coup sûr ne serait pas seulement financier. Si pour certains État les tentations sécessionnistes sont un peu plus forte ces dernières années, cela reste -pour l'instant en tout cas- plus du folklore et de l'amusement de l'électeur. C'est le cas du sénateur Ted Cruze du Texas par exemple, qui avait encore des ressources pour bloquer les négociations, mais a finalement laissé faire.

Et encore pire, les USA feront défaut. La question est seulement de savoir quand. Si les politiques à Washington avaient encore un peu de clairvoyance, ils comprendraient qu'il est encore préférable de gérer un défaut maintenant au lieu d'attendre que la bulle leur pète à la figure. De toute évidence, ils n'ont pas cette clairvoyance. La dette de l'État fédéral seul représente déjà 100% du PIB environ, et encore en considérant là une définition "étroite" de ce que doit Washington. De plus, le plafond de la dette qui vient d'être relevé a déjà été techniquement dépassé depuis quelques mois. Pour gérer, le Trésor a alors "consolidé", notamment de manière très prosaïque en émettant plus de titres à long terme (Notes et Bonds) et moins de titres à court terme (Bills). Cela a permis de gagner un peu de temps en repoussant les échéances de payements. La situation est cependant désespéré. La croissance économique est quasi nulle malgré une injection permanente et massive de liquidités ; alors que la dette ne cesse d'augmenter. Il n'y a pas d'échappatoire autre qu'un "défaut", quelque soit sa forme.

Il est aussi notable que les républicains aient ainsi fait obstruction. La stratégie du jusqu'au boutisme, si elle n'est sans doute pas d'une grande finesse, n'est pas moins logique. Une minorité non négligeable de la population soutient -malgré tous les sondages montrant que les républicains ont plongé- la frange conservatrice du parti républicain. L'Amérique est de plus en plus divisé. L'unité du corps social aux USA est à mon avis fragile. Le pays est jeune, et dépend beaucoup de cette image de la réussite personnelle et du pays où tout est possible. Le fameux American Dream, l'élévation sociale sans assistanat. L'économie étant de plus en plus à la dérive, la dynamique démographique changeant le visage du corps social, cet idéal tend à s'évanouir. La société manquant de liens d'unité tend alors à se cliver. L'Affordable Care Act est justement à rebours de la mentalité du mâle blanc de 40 ans, qui constituait il y a encore 10 ans la majorité de la population. Si l'opposition farouche de certains parlementaires à l'Affordable Care Act peut sembler absurde, elle n'en est pas moins logique.

Si on prend un peu de recul cependant par rapport à ces considérations très spécifiques, je noterais ceci. Le plus effrayant, c'est que le monde est sujet de ce cirque. Si les USA font défaut sur leur dette, l'économie mondiale plongera sans rémission. Le cours de nos vies ne nous appartient plus quelque part. Nous dépendons de politiques que nous n'élisons même pas. Est-ce là une démocratie ?

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Les négateurs du réchauffement climatiques tentent souvent de démonter la théorie en choisissant des périodes où les données vont dans leur sens. Il est par exemple courant de voir les données RSS depuis 1998 :

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Alors que les autres basses de données sont en désaccord :

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Et qu'il suffit d'ajouter deux années de données pour avoir une pente qui double :

post-3513-1382101668_thumb.png

En économie, c'est un peu pareil. Il s'agit avant tout d'une question de foi et de conviction intime. Le Monde illustre superbement bien cela :

http://www.lemonde.fr/economie/article/201...82737_3234.html

Le spectre d'un ralentissement brutal de la croissance économique chinoise s'éloigne. En atteste le bon chiffre de la production manufacturière en septembre, à son plus haut niveau depuis six mois.

Selon un communiqué de HSBC du lundi 23 septembre, l'indice provisoire PMI des directeurs d'achat publié par la banque est remonté à 51,2, son niveau le plus élevé depuis mars, après avoir déjà progressé à 50,1 en août (les chiffres supérieurs à 50 sont synonymes d'une croissance de l'activité manufacturière et tous les chiffres inférieurs indiquent une réduction).

En lisant cela, on se dit que la vie est belle, pourquoi donc s'inquiéter des USA ? Ils n'ont qu'à se casser la gueule, au moins on aura la paix et le monde continuera de tourner. Sauf qu'il y a un "mais". Le Monde a là aussi choisit avec un soin méticuleux LA donnée qui montre que tout va bien. Si nous allons à la source des données, à savoir le site de HBSC, nous pouvons trouver cette page :

http://www.hsbc.com/news-and-insight/emerging-markets

Où l'on trouve le graphique avec les données depuis 2006 :

5rsn.jpg

Est-il besoin de préciser plus que le chiffre que donne Le Monde est complétement tordu ?

Et si nous creusons encore un tout petit plus, nous pouvons trouver qu'il existe d'autres indicateurs économiques, qui sont évités parce qu'ils ne sont pas convenables :

http://www.reuters.com/article/2013/10/12/...E99B01Q20131012

(Reuters) - Les données ont montré que la croissance des exportations de la Chine a fait long feu en Septembre après l'annonce d'une baisse surprise, alors que les ventes vers l'Asie du Sud-Est ont dégringolé, une pause décevant après une récente série d'indicateurs qui avait signalé que son économie se renforce.

La Chine est essentiellement une économie d'exportations (je pense que je ne vous apprends rien...), et si les exportations peinent c'est mauvais. Les dirigeants chinois essayent d'aider le marché intérieur à se développer, mais le pays reste encore largement la manufacture du monde.

Et encore mieux :

http://www.reuters.com/article/2013/10/14/...E99D00X20131014

(Reuters) - Le taux d'inflation annuel à la consommation de la Chine a atteint un sommet de sept mois de 3,1 pour cent en Septembre, alors que le mauvais temps a fait grimper les prix de l'alimentaire, ce qui limite la marge de manuvre de la banque centrale pour soutenir l'économie alors même que les exportations ont montré une baisse surprise.

Je me permets d'insister : "alors que le mauvais temps a fait grimper les prix de l'alimentaire". Je m'excite peut être sur le topic du changement climatique, mais le RC ce n'est pas juste un truc de scientifiques paumés pour occuper leur temps libre ou autre. L'Amour a connu une crue historique cet Été, sans aucun précédent connu. C'est une crue plus que centennale, possiblement millénaire, peut être même sans aucun précédent : http://fr.wikipedia.org/wiki/Inondations_d...ne_et_en_Russie Elle est liée de manière incontestable au changement climatique. Les données manquent un peu, la Chine et la Russie n'étant pas connu pour être particulièrement loquaces, mais si on prend la peine de chercher un peu, les infos qui circulent son édifiantes. Juste pour montrer à quel point la crue est hors normes et même "hors extrême" :

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Dans le même temps le centre du pays a connu une vague de chaleur tout aussi historique. Alors oui, le changement climatique est en train de plomber l'économie mondiale. Et après les USA qui ont subi le double effet kiss cool de la sécheresse et du déluge en 2012, c'est au tour de la Chine et de la Russie de prendre tarif.

Concrètement l'économie est à la dérive. La conséquence la plus directe, la plus sensible du réchauffement climatique est bien que si le climat n'était pas lui aussi à la dérive, l'économie irait sans doute un peu mieux.

Il est alors tout à fait pertinent de s'inquiéter de l'effondrement possible des USA. Il n'existe aucun autre pays qui puisse aider le monde à encaisser un défaut du pays. En Grèce, l'État a fait défaut même si on a bidouillé pour que cela n'y paraisse pas. L'Allemagne notamment a été à amortir le choc pour éviter une propagation de l'effondrement à l'ensemble de la zone euro. Cependant, on voit que le pays est en proie à un chaos social et politique qui rappelle plus l'Europe des années 30 que l'Europe du 3ème millénaire. Si pour l'instant l'État grec a tenu plus ou moins et que le risque d'une explosion complète du pays (putsh, guerre civile, autre,...) a un peu diminué, le résultat est franchement catastrophique. Alors si les USA font défaut... Que Dieu tout puissant est pitié de nous.

Une analyse plus technique du possible défaut US est présenté ici :

http://www.les-crises.fr/la-sortie-de-crise-de-la-dette/

http://www.les-crises.fr/crise-de-la-dette-et-defaut/

Bon là c'est pour ceux qui aiment l'économie :lol: Il y a quelques points importants quand même à mon humble avis.

Les Républicains ne sont pas juste une bande d'abrutis bornés comme c'est parfois dit plus ou moins implicitement. Bon à mon humble avis, quel qu'ils soient, ils n'ont pas la lumière à tout les étages. En attendant, l'obstruction forcené des Républicains a quand même une logique. Cette technique leur permet de tenir l'administration Obama par les couilles. C'est aussi un peu une tactique de la terre brûlée, ils essayent d'endommager de manière contrôlée le bilan économique de l'ère Obama histoire de l'affaiblir politiquement. Enfin, il y aussi des raisons sociologiques. Il y a eu un basculement démographique durant le début du 21ème siècle, et les conservateurs sont maintenant en infériorité numérique dans la population générale, mais ils n'ont pas l'intention de lâcher le bifteck pour autant.

Et un autre point, la Chine commence à avoir des sueurs froides avec ce cirque. La Chine est le pays a détenir la plus grande part des créances de l'état fédéral. Cela leur confère un avantage, et les chinois tiennent aussi pour cette raison l'administration par les parties (il faut croire qu'Obabma aime bien ça...). Pour autant, si les USA font défaut, l'économie chinoise pourrait s'effondrer avec vu qu'une bonne part du système financier du pays est adossé à ces créances. C'est la raison pour laquelle l'agence de notation Dagong ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Dagong ) a encore dégradé la note US malgré le pseudo accord arraché Mercredi. La rhétorique habituelle au sujet des agences de notation, selon laquelle ce ne serait que des manipulateurs, est à peu près aussi débile qu'une rhétorique consistant à dire que le GISS cause le réchauffement climatique. Ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on résoudra le problème. Si Dagong a dégradé, c'est pour la même raison que celle qui a poussé des dirigeants chinois a faire de la quasi ingérence dans les débats. La Chine essaye de sortir de ce merdier, mais vu la situation c'est très délicat pour le pays de se retirer. Alors certains commencent à se sentir un peu étranglé.

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Le véritable nud de la grande régression est bien l'argent dette. La foi dans cette certitude qu'un billet de 1 dollar vaut bien 1 dollar. L'équivalence entre un bout de papier et un travail ou un objet. La création monétaire se fait par l'endettement. La croissance de la masse monétaire est alors exponentiel, car il faut payer le principal et les intérêts. À chaque instant, il faut donc emprunter un peu plus pour pouvoir les intérêts. Pour que la foi, et c'est bien là un acte religieux, pour que la foi dans la valeur d'un billet de 1 dollar se maintienne, il faut donc à chaque instant que la production croisse de manière exponentielle. Malheureusement, si la croissance de la masse monétaire peut être sans limite, celle de la production ne l'est pas. Le pic pétrolier ralentit la production. Et donc on se retrouve avec du papier qui ne vaut théoriquement plus rien. En 2005, on a atteint le "pic du pétrole pas cher". Depuis, on peut ouvrir les vannes tant que faire ce peux, cela ne changera rien, 'y a plus de pétrole. Les productions non conventionnelles ne peuvent pas faire baisser les prix de l'énergie, c'est de la physique de base. Et donc la croissance est bridée. Les gugus qui nous dirigent sont intiment convaincus que cette crise est conjecturelle. La croissance finira par revenir, il suffit de faire pénitence et de se flageller avec des beaux plans d'austérités et la croissance reviendra. Ainsi, les institutions publiques prennent sur elles les dettes du privé, en attendant que cela aille mieux. Les jours meilleurs finiront par revenir, faut juste soulager un peu la barque du privé en attendant. Sauf que pas de bol, cela fait 5 ans que cela dure le manque de pétrole ; et le manque de croissance associée. Ici, un graphique du poids de l'énergie et de l'alimentaire (l'alimentation, c'est aussi de l'énergie. On parle bien de calories pour parler de la nourriture...) dans la consommation personnel aux USA :

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La tendance historique à la baisse de ce pourcentage a été brisé au début du 21ème siècle. C'est en 2002 que le pourcentage a atteint son minimum (12%), et à partir de 2005 il y a une véritable dynamique de hausse de ce pourcentage. En 2005, nous avons heurté le premier mur de la finitude de ce monde. C'est cela qui a précipité la crise des subprimes en 2007, avec le chaos qui s'en suit. Depuis on tente de colmater comme on peut, mais cela ne tiendra pas longtemps.

C'est pour cela, investir dans un champ de patates est une bien meilleure idée en ces temps qui s'annonce bien troubles.

Modifié par paix

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L'Amour a connu une crue historique cet Été,

Ah chez moi il a connu une violente décrue début Août :crying: :crying:

Enfin bon :lol: , merci pour le pavé :thumbsup:

Modifié par passiion

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J'avais discuté un peu avec différents gus de ces histoires d'économies. Je vais en faire un résumé ici (sans doute très) lapidaire, mais cela fait toujours quelques lumières en plus dans la sombre obscurité qui étouffe notre humanité. Je précise à tout hasard, je ne prétends pas que cela soit une analyse personnelle. Je ne fais que ramasser ce qui se dit ici ou là par quelques auteurs qui ont encore un tant soit peu la capacité à réfléchir. ils se font malheureusement bien rare...

Le "système" dont je parlais au sens générique est bien un système, un ensemble d'éléments interagissant entre eux. Le système est encore plus générique que le terme de civilisation. Ce n'est pas seulement la manière dont notre humanité s'est construite pour en arriver à ce qu'elle en est aujourd'hui. C'est aussi toute les interactions et rétroactions avec un autre système, le système Terre et ses multiples "sphères", la biosphère, l'atmosphère, la litosphère, la cryosphère,... Tout se tient dans ce bas monde, un élément pris individuellement n'existe que dans le système. Nous voulons toujours tout diviser, éclater. Des gens sont extrêmement spécialisés et brillants dans leur domaine. Pour autant, presque personne ne semble capable de lier tout ces éléments.

Le réchauffement climatique n'existe que dans ce système. Si l'humanité n'était pas, le réchauffement ne serait pas. Et quand bien même la température serait malgré tout à la hausse, il n'y aurait encore aucun réchauffement. Personne ne serait là pour le vivre, et même le subir vu comment les choses évoluent, ce réchauffement. La hausse des températures n'existe que dans ce système, où notre civilisation humaine et le système Terre se rencontrent. C'est pour cela que je m'acharnes avec les hors sujets pour un forum "météo", et plus le temps passe et plus je me rends compte à quel point c'est vrai. Le RC n'est qu'un épiphénomène d'une évolution bien plus vaste dont "Hitler n'est qu'un précurseur" comme disait Lacan.

L'autre point de ces préliminaires qu'il importe de rappeler à mon sens est la transcendance de ce monde. Nous voulons dans notre folie de rationalisation, tout chiffrer. Pour autant le monde est irréductible à un ensemble de nombres. Cela choque toujours de parler de Bible en même temps que de sciences, mais ce que raconte ce vieux bouquin est pour autant parfois -souvent ?- plus rationnel encore que nos développements scientifiques :

15. Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués.

16. Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front,

17. et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom.

18. C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six.

Apocalypse, chapitre 13, versets 15 à 18. En résumé, le signe de la bête, c'est un chiffre. Que ce soit le 666 n'est pas tellement le sujet, c'est bon pour les gars en mal de sensations le 31 Octobre. C'est surtout qu'il y a déjà 2000 ans, ils avaient compris que le chiffre détruit notre humanité. Le monde est transcendant, irréductible.

Rentrons dans le lard du sujet donc (c'est cela d'être lorrain, je suis obsédé par le lard :lol: ) et revenons au pognon, puisque c'est le sujet. Le système repose sur un modèle de développement économique de croissance exponentielle qu'on appelle couramment le capitalisme. Le capitalisme repose sur trois dynamiques qui rétroagissent l'une sur l'autre.

La première est la technique. La technique sert l'Homme pour mieux l’asservir.

La deuxième est l'aspect purement économique, le capitalisme en lui même, c'est-à-dire la concentration du capital.

La dernière est le pouvoir. Nous appelons cela avec un art consommé de l'oxymore et de l'euphémisme de "démocratie". Cette démocratie bourgeoise fondée à partir du XVIIIème est en réalité une aristocratie, ou une dictature à l'époque des pays communistes.

Par essence, le communisme est un capitalisme d’État. Le capital, les moyens de productions appartiennent non plus à un agent économique privé, mais à l’État lui même. Les dynamiques restent cependant les mêmes. Les communistes notamment sont productivistes, tout comme l'est n'importe quel bon chef d'entreprise aujourd'hui. Et seul la développement technique permet des gains de productivités.

Cela fait dire à certains qu'au fond, le seul communiste révolutionnaire, c'est encore le Christ :lol:

Pour revenir au lien entre ces trois dynamiques, il est difficile de trouver des auteurs qui arrivent à dépeindre un tableau global. Il règne toujours à ce sujet une grande division. D'une part, il existe une critique du capital qui découle des écrits de Marx et ses copains de l’époque, repris depuis de loin en loin par quelques gars. D'autre part, il existe une critique de la technique, qui reste là aussi marginalisé. Et enfin pour la critique de la démocratie, on approche le no man's land (je ne saurais que citer un gars pour sûr...). Il est de bon ton aujourd'hui, d'avoir une pseudo critique très polie des quelques excès du capitalisme, enrobé d'euphémisme, litote, oxymore, et autre figures de styles ; novlangue accomplissant les écrits d'Orwell ; propagande qu'aurait envier monsieur le docteur Goebbels. Elle est plus là pour le folklore et l'amusement du bon peuple qu'autre chose.

Le capitalisme est la concentration du capital par un agent privé afin de le thésauriser ou de réaliser des investissement. L'intérêt étant à la fin d'obtenir une plus value, ie. un gain en capital, afin d'augmenter le capital. La contradiction fondamentale du capitalisme est cette recherche de la concentration du capital, en choc frontal avec la recherche de la plus value. Concrètement, si un patron fait bosser un ouvrier pour produire une charrette, puis qu'il vend cette même charrette au même ouvrier, il n'y aura aucune plus value. Il faut que le papa vende la charrette à un troisième larron, et la vende plus cher que le coût de production, pour qu'il y ai plus value. Ainsi, le capital peut augmenter et le patron atteindre l'orgasme parce qu'il a encore plus de pognon en poche. Quitte à passer pour un gaucho éhonté, c'est à ce moment que lire Marx peut se révéler quelque peut pertinent.

Le lien avec l'argent dette dont nous causions (voir la vidéo) est évident. Pour que l'arnaque soit rentable pour le patron, il faut une plus value. En finance, ce sont les intérêts sur le principal qui réalise cette plus value. Pour autant, dans l'idée le processus est exactement la même. Je suis parti pour écrire un long pavé (et m'égarer en chemin comme à mon habitude :lol: ), mais si j'ai causé sur ce sujet, c'est pour ce point ci. D'où vient l'argent ? La lumière est à chercher dans cette direction.

La technique fournit au capitalisme les moyens pour augmenter la production. Entre autres exemples, les machines font le boulot à la place des hommes, ce qui coûte moins cher au patron, et augmente ainsi la plus value. La même logique sous tend les délocalisations. Dans l'autre sens, l'investissement du capital renforce le développement technique, ce qui accéléré le processus d'expropriation de l'Homme du travail. Cette évolution explique également la dénaturation des trois types d'activités de l'Homme (œuvre, travail, action). Les rétroactions entre le capital et la technologie sont donc très fortes.

Le pouvoir, la construction d'une aristocratie bâtie sur une propagande douce, permet de déposséder la masse des moyens de se révolter. La concentration du pouvoir aux mains des patrons leur permet d’accélérer le processus de concentrations du capital au profit des 1% les plus riches. La propagande douce est importante pour appuyer l'édifice. Tout les mots sont violés pour aider à faire passer la pilule. La manipulation des chiffres et l'intronisation de l'économie en tant que science quasi mathématique procède de la même logique.

Ainsi, le capitalisme, pour continuer d'exister, et condamner dès le début à une fuite en avant matérialisée par une croissance exponentielle. Aujourd'hui, il y a des courbes exponentielles partout où le regard se pose, et ce n'est pas un hasard. L'exploitation des ressources, la croissance de la population, la croissance de la masse monétaire, le réchauffement climatique, tout suit une exponentielle.

Historiquement, Au XIXème, les nations européennes ont colonisé le monde. La Grande Bretagne notamment établit un empire où le Soleil ne se couche jamais. L’épuisement de cette première phase, de ces révolutions industrielles, c'est dénoué dans les guerres mondiales. Les horreurs des deux guerres, et surtout de la deuxième, n'ont cependant rien d'inhumain. Pour la première fois, la technique a permit d'industrialiser la mort. Comme disait l'avocat d'Eichmann, la mort n'était qu'une question médicale. Et pour appuyer cette citation, je dirais même qu'elle n'était qu'une question technique. Pour autant, ce n'est pas là une singularité de l'Histoire, ce n'est qu'une évolution logique qui se poursuit encore aujourd'hui. Évolution de la convergence entre la dynamique du pouvoir, la dynamique de la technique, dynamique économique. Hitler n'est qu'un précurseur, le pire est à venir. Le pétrole, et les deux guerres mondiales, permettent aux USA d'instaurer un nouvel empire mondial. Il commence lui aussi à s’épuiser dès les années 80. C'est de cette époque que date la financiarisation. Plutôt que de chercher le gain sur la production, on la cherche dans le monde virtuel de l'argent. L'effondrement de l'URSS et du bloc de l'Est permet également de soutenir la croissance exponentielle. Le capitalisme libéral part coloniser les terres du capitalisme d’État, ce qui l'aide à tenir encore un peu plus. Le décollage de la Chine et de l'Inde au monde ouvre au capitalisme les portes des derniers territoires encore vierge. On en arrive ainsi aux années 2000, avec un capitalisme libéral et de plus en plus financier, qui s'entête dans une fuite en avant éperdue. La croissance exponentielle a atteint les limites du monde physique dans les années 2000, sous la pression croissante de l’épuisement des ressources, du changement climatique, et de l'incapacité des pays émergents à continuer des croissances à deux chiffres. L'effondrement de 2008 n'est que le premier acte d'un effondrement général qui se rapproche et se dénouera comme par le passé dans une conflagration générale si rien n'est fait. En attendant, dans le fol espoir que la machine finira bien par repartir, on a réintroduit dans l'urgence le capitalisme d’État au cœur même des USA. On a même inventé ce concept immonde de développement durable, ou de croissance verte, ultime tentative de créer un espace vierge où le capitalisme puisse continuer son carnage.

En attendant, le secteur public a épongé avec les deniers de la classe moyenne les dettes du secteur privé, et pousser la fuite en avant dans le capitalisme financier. Les bourses sont devenus un vaste casino noyé sous le papier imprimé par le gouvernement, et la production ne rapporte plus rien. C'est là que la vidéo aide à comprendre l'incroyable montage que consiste le système financier.

L'idée de convergence et d'équivalence est fondamentale. La convergence et l'équivalence en économie sont fondamentalement liés. La convergence se nourrit de la mondialisation. Progressivement, tout les États s'aligne sur le même modèle. Et l'équivalence permet les échanges mondiaux. L'équivalence dit que tel chose vaut autant que tel autre, c'est le prémisse indispensable aux échanges, et donc à la convergence et à la mondialisation. Concrètement, c'est dire qu'un bout de papier où il est marqué 5 euros, vaut bien 5 euros, c'est-à-dire qu'avec ce bout de papier je peut me payer un repas. Le capitalisme a essayé de construire des équivalences partout pour la monnaie. Équivalence de la monnaie papier, de la monnaie virtuelle (plus de 80 ou 90% -de mémoire- de la masse monétaire mondiale n'existe même pas et est juste une succession de 0 et de 1 sur une machine), des emprunts d’États. Les équivalences des signes ainsi créés permettent les échanges, et finalement la convergence. Cet alignement mondial crée des phénomènes dévastateurs, qui peut se résumer par le terme d'uniformisation.

L’uniformisation tue la diversité sous toutes ses formes. Biocide, par sélection des seuls espèces utiles à la bête. Génocide, par élimination des différences culturelles.

L'uniformisation renforce les tensions de la société et les phénomènes de "foules" imprédictible. Un produit peut être cher et de mauvaise qualité (iPhon...), mais comme personne ne veut être "has been", c'est la ruée. De même, cela renforce une crise d'indifférenciation qui fait le lit de tout les extrêmes (Tea Party ou FN ou autres selon le pays considéré, pour ne parler que de partis politiques).

Il est d'ailleurs remarquable que l'uniformisation est la capacité à avancer masquée, rampante. Nous essayons par exemple de faire revivre des cultures éteintes (bretonne basque ou corse pour la France), mais cela reste un leurre, une illusion. C'est une culture spectacle, du folklore pour divertir le peuple et filer au touriste moyen le grand frisson. Pour autant, sur le fond, il n'y a rien d'autre que le capitalisme qui envahit tout. C'est la crise de la culture, déjà pressenti il y a 50 ans. De même, l'alternance politique est un spectacle. La politique n'existe plus, ce n'est qu'un théâtre de guignols. Le pouvoir n'appartient plus aux peuples, si tant est qu'il ne lui ai jamais appartenu. On donne ainsi l'illusion à la masse que les choses vont bien, qu'il y a toujours confrontation, débats d'idées. Pour autant sur le fond, il n'y a rien d'autre que le capitalisme qui envahit tout.

L'évolution qui nous attend si nous ne faisons rien a de quoi rendre malade. Si nous allons au bout du raisonnement, le système est maintenant intiment lié au système Terre. Toutes les discussions foireuses sur la quantification de tel ou tel paramètre spécifique oublie ce point plus général. Si notre effondrement advient, nous entrainerons dans notre chute le système Terre. Les conséquences sont proprement apocalyptiques. En effet, à la différence de tout les autres civilisations qui ont fini par dépérir, cette fois-ci le substrat biologique sur lequel notre existence repose nécessairement pourrait être remis en cause. Ce ne sera donc pas seulement la fin d'un monde avec toujours l'espoir d'une aube nouvelle (C'est d'ailleurs peut être le sens de l'Apocalypse, la Jérusalem nouvelle n'étant céleste que dans la rhétorique métaphorique de la Bible. Aube nouvelle et Jérusalem nouvelle, cela ferait presque Aube dorée :lol: ). Ce serait la fin du monde. Et il faudrait alors des millions d'années pour qu'une nouvelle radiation évolutive repeuple la Terre. Sur ce point, il y a bien quelques auteurs mais qui sont plutôt du types "écolos barbus entourés d'un nuage de mouches" (et encore, comme on dit chez les trolls, même les mouches ont du mal à se faire à l'odeur ^^ ). J'exagère sans doute un peu, mais il est vrai que les seuls à envisager une dégradation du substrat biologique sont des scientifiques écologistes dans l'âme et qui ne conçoivent pas la problématique dans son entière globalité, et donc la possible précession de ce point particulier par une conflagration globale. Je ne m'étendrais pas plus avant sur les conséquences pour le système Terre, ici c'est plus de l'économie, mais il ne faut pas perdre de vue qu'au rythme de dégradation actuelle du système Terre, rien en garanti que les sols soient encore fertiles, le gibier abondant, l'eau potable, l'air respirable, à l'horizon 1 000 à 10 000 ans.

Pour conclure, pour changer, je vais parler un peu de moi. Vu que j'ai déjà du passé pour un bobo catho utopiste et déconnecté de la réalité, je peux bien passer pour un dépressif aussi, au point j'en suis. Quand j'écris ces analyses, c'est tellement stressant d'être confronté à cette "autopsie" de notre système, à la confrontation de l'inévitable catastrophe ; et c'est tellement épuisant intellectuellement de construire l'analyse ; que c'est difficile de faire face parfois. Et ce soir je n'ai jamais autant fumé de clopes en une fois alors que je ne suis pas un fumeur, et je saigne alors du nez (épistaxis :P ). Comme si ma personnalité voulait me fuir. C'est terrible de se dire que tout converge pour nous pousser à la catastrophe, c'est terrible de faire l'analyse. Petit, j'ai été élevé dans une tradition humaniste et catholique. J'avais plus de mal à croire que la Seconde Guerre Mondiale ai pu avoir lieu, que de croire que Dieu existait. Et maintenant je voudrais bien retrouver cette naïveté ; et j'espère me tromper. Pour autant, la réalité de ce monde se rappelle toujours à moi. C'est peut être pour cela que si peu de monde n'arrive à faire les liens.

L'analyse est insupportable.

Pour autant, je refuse d'abandonner et refuse de cesser d'espérer qu'un jour, notre humanité évitera le pire.

Dehors il pleut.

Modifié par paix

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Dehors il pleut.

Ici aussi, comme toujours.

(ne crois pas que c'est la seule chose que j'ai lue de tout ton post xD)

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En parlant d'argent dette, une fille de 12 ans explique l'escroquerie au peuple Canadien, respect :thumbsup:

Modifié par passiion

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Pour parler de création monétaire plus spécifiquement alors, il faut bien envisager que la "planche à billet" reste une image. La création monétaire reste de la responsabilité ultime des banques centrales. Battre monnaie est un droit régalien qui n'appartient qu'à l'État. Je vais filer la métaphore pour essayer de faire le (gros) suppositoire (plus c'est gros, plus ça passe :

suppositoire.jpg ). Serrez les fesses, c'est parti :P

Il était fois, dans un vert pays où la terre était si grasse qu'on pouvait en obtenir du beurre sans passer par les vaches, des bouseux locaux. Les bouseux locaux avaient des pommiers, mais comme ce sont des bouseux, la production restait faible et irrégulière. Pourtant, ils avaient de gros besoin de pommes ponctuellement pour pouvoir faire des tonneaux cidre et se bourrer la gueule pendant des semaines après (qui a dit "Normandie" ? :P ). Des gérants professionnels de pommes se sont alors proposés de prêter aux bouseux locaux des pommes, à condition qu'elles soient rendu plus tard. C'était quelques bouseux astucieux qui avaient pris le parti de ne pas avoir de pommiers, mais assez de pommes en stock. Ils étaient ainsi devenus gestionnaires professionnels de pommes. Le seigneur local lui n'était pas tellement d'accord pour que ses pochtrons de bouseux qui lui servaient de sujets soient rond comme des queues de pelle du soir au matin et du matin au soir. Il a alors proposé un deal avec les gérants professionnels de pommes. Ces derniers n'avaient le droit de prêter des pommes que si ils avaient des poires en stock, à raison de 10 pommes prêtées pour une poire en stock. Les gérants professionnels de pommes, malin comme un singe (et oui, on peut avoir le singe sans la banane, mais avec la pomme...), ont négocié le deal en appuyant sur le point sensible. Le seigneur local produisait des quantités gigantesques de pommes, mais pour sa consommation personnelle. Profitant que le seigneur local cherchait de l'aspirine après avoir abusé du cidre, les cultivateurs ont donc dit ok, mais à cette condition. L'intendant des poiriers du seigneur local refourguerait la marchandise aux gérants. Et en échange le seigneur local s'approvisionnerait en pommes auprès des gérants.

Le pays se mis alors à prospérer dans la débauche. Les bouseux locaux et le seigneur de ces manants, quand ils devaient refaire du cidre, allaient voir les gérants professionnels de pommes. Les gérants eux faisaient leurs petites affaires, échangeant les poires avec l'intendant des poiriers. Ils firent augmenter la production de poires au cours du temps, pour pouvoir écouler toujours plus de pommes.

Arriva un jour, où les bouseux locaux n'arrivèrent plus à rendre toutes les pommes qu'ils devaient aux cultivateurs locaux, tellement il y en avait en circulation. Les gérants se retrouvèrent alors coincé. Ils n'avaient pas de pommiers, donc si les pommes ne rentraient plus, cela n'allaient pas le faire. Ils offrirent quelques pommes à des bouseux costaux pour aller casser la gueule à d'autres bouseux qui avaient du retard dans les remboursements. Cela ne suffit pas cependant, et un jour un gérant de pommes se retrouva en faillite. Le seigneur local, paniqué à l'idée de devoir se mettre à l'eau, implora son intendant des poiriers de faire quelque chose. Celui-ci déversa alors des quantités de poires gigantesques dans le réseau d'échanges des gérants, dans l'espoir que les gérants pourraient alors prêter plus de pommes. Sauf que les pommes ne rentrant toujours pas, les gérants étaient devenus très hésitants à prêter. Finalement, un jour que des bouseux costauds et des bouseux locaux se retrouvèrent à devoir boire de l'eau depuis deux jours (les pauvres, ils commençaient à rouiller de l'intérieur...), ils allèrent au château pour balancer le seigneur local du haut de son donjon (si il est passé par la fenêtre, cela s'appelle une défenestration).

Fin de l'histoire :P

Dans la réalité complexe du système bancaire, c'est un peu plus subtil que cela. Cependant, l'idée est là. La banque centrale (l'intendant des poiriers) apporte de la "monnaie centrale" (des poires) dans le système interbancaires. Après les banques (les gérants des stocks de pommes) peuvent alors refiler du palpable (des pommes) aux gens. Les banques noyautant le pouvoir (la démocratie est une illusion), le Trésor (le seigneur) est gentiment convié à aller chercher du flouze auprès des banques. Du coup, les banques se font des marges encore plus grasses que la terre sus mentionné, prêtant même aux États contre intérêt. Cependant, la création monétaire par les banques (le fait qu'elles puissent refiler toujours plus de pommes) restent liée à la disponibilité en poire. En dernier ressort, c'est la banque centrale qui fixe la politique monétaire, qui émet de la monnaie centrale, qui assure la pérennité du secteur interbancaire. Si les banques peuvent donc créer de l'argent d'un simple clic, cela restent sous des contraintes imposées par la banque centrale.

Les intérêts que j'évoquait, c'est un autre point important (voir notamment la vidéo). Si la banque prête 100 contre intérêts, il faudra par exemple lui rendre 101. Du coup, la banque a gagné 1. Mais aussi, et surtout, la masse monétaire (la quantité de pognon en circulation) a augmenté de 1. Cela implique une croissance exponentielle de la masse monétaire. Le "petit" problème surgit quand la production ne suit plus la hausse exponentielle de la masse monétaire.

En première approximation, il y a équivalence entre la monnaie et l'énergie dans nos économies (d'où que la monnaie est aussi régie par la thermodynamique, même si cela froissera plus d'un économiste de dire cela). Si un baril de pétrole vaut 100 par exemple, il faudra que le créditeur sorte 1.01 baril nouveau de là où il veut. Ainsi, il y aura eu création de richesse, et le créditeur pourra rembourser. Quand tout le monde se met à prêter à tout le monde, les intérêts font que la masse monétaire (la masse de flouze crée par les banques en circulation dans l'économie réelle) explose exponentielle. Il faut donc trouver de plus en plus de barils de pétroles. Et le jour où il n'y a plus de pétrole, et ben on est profondément dans vous savez quoi. C'est ce qui s'est passé à la fin des années 2000. Plus assez de production pour créer de la richesse, les banques se sont retrouvés (via les subprimes) à poil. Les banques centrales ont alors eu l'idée complétement c*nne (mais faut pas le dire) de noyer le secteur interbancaire sous les liquidités et d'assouplir le plus possible les conditions de crédit. Une mesure qui par exemple est complétement passé inaperçu est de diminuer les réserves obligatoires... Avant, les banques devaient avoir 2 euros de monnaie de banque centrale pour créer 100 euros de monnaie courante. Maintenant, il suffit d'avoir 1 euro : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serves_obligatoires (noter à quel point l'article de Wikipédia fait vraiment article de seconde zone. Tout le monde s'en fout il faut croire...). Du coup, en plus d'avoir toujours plus de liquidités, les banques peuvent créer deux fois plus d'argent. Si ce n'est pas beau le progrès. Et maintenant, les banques centrales sont obligées de continuer la fuite en avant. La situation économique, dans la vraie vie et pas dans le monde délirant des chiffres dont on nous abreuve, est désastreuse. Le moindre soupçon de rumeur que les politiques monétaires ultra laxiste depuis 2008 puissent être un chouïa raffermit provoquerait quasi immédiatement (en moins d'un semaine) un effondrement financier généralisé. L'économie ne mettrait alors que quelques mois tout au plus pour revenir (à pied) au Néolithique. Les banques centrales de tout les pays du monde sont donc obligés de continuer la piquouze quotidienne. Les joies de la croissance exponentielle...

La Chine par exemple, aurait pu provoquer la faillite des USA le 16 Octobre au soir en jouant sur ces réserves de dollars. Ils étaient tellement à côté de la plaque au Congrès qu'ils n'auraient pas su réagir. Si la Chine ne l'a pas fait, c'est parce qu'elle est aussi dépendante de ce système maintenant.

http://frappermonnaie.wordpress.com/les-bases/

http://www.les-crises.fr/la-monnaie-banque-centrale-3/

Et pour montrer que la monnaie dépend de la thermodynamique :

Côté prix, il ne faudra cependant pas s'attendre à une détente... L'Agence table sur une progression du prix du baril autour de 128 dollars en 2035 (en dollars constants), contre environ 100$ cette année, alors qu'elle visait l'an passé les 125$. Les coûts d'extraction des hydrocarbures non conventionnels sont en effet bien plus élevés que ceux des gisements actuels plus accessibles, les rendant plus chers pour les consommateurs...

http://www.boursier.com/actions/actualites...62.html?rss#end

"Les coûts d'extraction des hydrocarbures non conventionnels sont en effet bien plus élevés que ceux des gisements actuels plus accessibles"

Et oui, application bête et méchante de la deuxième loi de la thermodynamique. L'entropie augmente dans une "évolution" (si on peut appeler une évolution...) qui ne cycle pas. Et donc, le rendement diminue progressivement. En général, l'évolution du rendement a d'ailleurs une sale tronche, au début cela diminue gentille pèpère et plus le temps passe plus le rendement s'effondre. Concrètement, cela coûte de plus en plus cher de sortir du pétrole de terre. Et là, ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'AIE. Elle le dit très clairement :

"Les coûts d'extraction des hydrocarbures non conventionnels sont en effet bien plus élevés que ceux des gisements actuels plus accessibles"

On a passé le pic du pétrole pas cher. C'est la fin de la croissance, la fin de la création de richesse. Et donc, la masse du pognon en circulation plane à 5000, déconnectée de toute réalité, attendant le jour de l'effondrement financier.

Le pire dans ce rapport de l'AIE :

http://petrole.blog.lemonde.fr/2013/11/13/...le-de-lenergie/

Sous-titre de ce chapitre : "Le déclin ne mène pas toujours à la chute".

Cette p... de phrase quoi <_< Se dire qu'on en arrivait à ce point là, c'est dingue. Le Titanic sombre, mais comme on croit encore au Père Noël, ne vous inquiétez tout va bien se passer. La catastrophe, les yeux grands ouverts en un mot.

Et en plus le gaz ne peut pas remplacer le pétrole. Aller faire voler un avion au gaz ou au nucléaire... Un avion cela ne peut voler qu'avec du kérosène. Et l'avion, c'est la mondialisation. L'avion, c'est ce qui permet l'équivalence. Plus de pétrole, plus d'avion. Plus de pétrole et plus d'avions, plus de mondialisation. Plus de mondialisation, plus d'équivalence et l'économie s'effondre. L'économie capitaliste, globale, mondialisé, s'effondre. Avec les réserves de gaz, on pourra toujours retarder un peu l'inéluctable. Et avec le charbon, on pourra toujours faire vivoter une économie résiduelle.

Bref, pour revenir à une analyse moins exubérante ^^ le Trésor et la Banque Centrale restent des émanations du pouvoir étatique. C'est la Banque Centrale qui fixe les conditions du crédit. Si donc les banques peuvent créer de la monnaie, il n'en reste pas moins que seule la Banque Centrale régule le secteur interbancaire. De même, la banque centrale est la seule à pouvoir battre monnaie, et à émettre des billets et pièces. On n'a encore vu personne avec son imprimante sortir des billets de 20 euros :lol: Le Trésor modifie de même la nature du système monétaire. Le Trésor a un rôle de "tampon". Le Trésor peut émettre de la dette publique, et par ses crédits peut détruire et créer de la monnaie puisqu'il émane du même pouvoir que la Banque Centrale.

Modifié par paix

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Pour montrer un peu la manipulation des données, et comment "on" nous fait croire qu'on patauge dans un monde rose bonbon où tout va très bien. Ce sera un exemple avec les USA. Je n'ai rien spécialement avec les USA, c'est juste qu'avec eux c'est complétement caricatural et que les données sont très facilement accessible. Ce n'est pas mieux en Europe ou au Japon, où le trifouillage des chiffres est permanent pour essayer de sauver les apparences. Nous vivons dans un spectacle permanent, où la politique n'existe plus que sur un mode spectral. Tant que cela tient, on y a va gaillardement. Bref donc, le taux de chômage US est actuellement de 7.3%. Chaque mois, tout les économistes attendent que le chiffre baisse de 0.1% pour annoncer triomphalement que les US sont sortis d'affaires. Les données que fournit le Bureau of Labor Statistics, une sorte d'INSEE à eux ( ça se traduit comment INSEE en belge tient d'ailleurs ? ) montrent ceci :

post-3513-1385216892_thumb.jpg

Vu comme cela, la situation n'apparait pas si désastreuse en effet. Le taux de chômage reste encore relativement haut par rapport à la tendance sur le dernier demi siècle, mais ce n'est pas non plus l'hémorragie. Le "truc" pour obtenir un taux de chômage aussi bas se trouve en fait dans ce graphique :

post-3513-1385217005_thumb.jpg

Le taux de chômage aux USA est calculé par rapport à une population dite "civilian labor force". C'est une population qui regroupe tout les gars en âge de travailler, et qui recherche du travail ou travaille. Employed, c'est le nombre de personnes qui ont un emploi. Unemployed, c'est al population qui cherche du travail (à lire sur l'axe vertical de droite). Par exemple, sur le dernier mois, il y a environ 155 millions de personnes considérés cherchant ou ayant du taf. Et de ces 155 millions, il y en a 11 millions qui cherche du taf (i.e. qui ne travaille pas). Ce qui donne bien 11/155 ~ 7.3% de personnes au chomdu. La courbe bleue est donc bien la somme de la courbe rouge (le nombre de personnes au taf) et de la courbe verte (le nombre de personne cherchant du taf). Et le taux de chômage est le ratio entre la courbe verte et la courbe bleue. Le "truc", c'est que la courbe bleue depuis 2008 (tient tient...) est tellement plate qu'elle ressemble à une limande écrasée par une baleine. En fait, pour calculer le chômage, ils font juste sortir du monde des stat's... Et tout le monde y croit en plus, si ce n'est pas beau.

On peut regarder la part de la "civilian labor force" par rapport à la population des 15 ans et plus :

post-3513-1385217641_thumb.jpg

La population en âge de taffer étant en hausse constante (entre 0.5% et 1% par an sur les dernières années), le fait que la "civilian labor force" n'augmente plus fait que le ratio des deux se casse la figure. Dans les années 60 et 70, la hausse de ce pourcentage est dû à l'accession de plus en plus de femmes au marché. Par contre depuis 2008, c'est juste qu'ils sortent du monde des statistiques. Si on s'amuse en première approximation a corrigé la "civilian labor force" pour qu'elle reste à 63.7% de la population de plus de 15 ans (la moyenne des 10 années avant la crise, de 1998 à 2007), cela ressemble à ceci :

4epl.jpg

La courbe rouge (y a une inversion du bleu ou rouge entre les 2 :blush: je n'ai pas fait attention) continue bien d'augmenter avec le temps, la croissance de la population restant dynamique (entre 0.5% et 1% par an). La courbe bleue (y a une inversion comme je le disais ^^") des gugus au taf elle ne bouge pas. Du coup, le nombre de personnes au chômage pète le plafond.

Il en suit que le taux de chômage corrigé ressemble plutôt à ceci ... :

post-3513-1385218118_thumb.jpg

Simplement en faisant l'hypothèse (quand même pas si délirante que cela quand on y réfléchit un tout (tout) petit peu...) que la population pouvant travailler augmente avec la population générale. Le taux de chômage US passe alors de 7% à 11%... En plus, le meilleur pour la fin, on pourrait continuer comme cela. Car le Bureau of Labor Statistics a progressivement élargi au cours des années sa définition de "employed", faisant que de plus en plus de personnes sont considérés comme étant employées même si dans la réalité pratique des choses ce n'est pas le cas. C'est beau la propagande... Et en plus, presque tout le monde y croit. Ceux qui ont encore quelques lumières considèrent ainsi que le taux de chômage US est au moins de 11%, peut être jusqu'à 18% dans une définition large.

Et on pourrait continuer comme cela avec tout les chiffres dont on nous abreuve. Je parlais de la Chine au dessus, et des grands médias qui s'arrangent pour que cela paraissent le plus rose possible :

http://www.youtube.com/watch?v=dd2vpyt2LqU

D'ailleurs, on pourra reparler de manipulation des donnée. Une nouvelle étude vient de montrer (encore...) que la série de température de l'Hadley Center est optimisé pour donner le résultat le plus froid possible, pour ne pas changer. Tout pour que cela ne paraisse pas trop désastreux, tout ensemble...

hzhm.jpg

Modifié par paix

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J'y pensais aussi comme cela. On parle souvent du "modèle allemand" (en tout cas en France...). Le fait est que l'Allemagne a une situation qui semble a priori favorable. Sa dette reste faible, son taux de chômage aussi. Tout le monde achète de la dette allemande, sa note par les méchantes agences reste la meilleure. Sauf qu'il y a gros mais, et quand je dis gros, c'est un mais taillé façon baleine bleue :

balaenoptera-musculus.jpg

Je ne vais pas me lancer dans une longue démonstration, pas les billes pour ; ni le courage :lol: Juste donnait quelques chiffres quand même pour essayer de remettre le truc en perspective. L'Allemagne arrive à tenir son budget grâce à sa balance commerciale, grassement excédentaire depuis la réunification :

post-3513-1386717643_thumb.png

Schröder (celui qui est censé être un peu plus à gauche que l'Angela...) a renforcé la tendance en libéralisant l'économie à marche forcée :

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9formes_Hartz

Du coup l'Allemagne est une bête de compétitivité, et elle limite la casse. Sauf que....

Au demeurant, l'Allemagne réalise 60% de ses échanges commerciaux dans la zone UE, et 40% dans la zone euro. Il n'y a donc pas que la politique ultra libéral de Schröder qui a permis de soutenir l'économie. La monnaie unique a aussi facilité les échanges commerciaux. Et de mon humble avis c'est bien plus l'euro que l'utra libéralisme qui a fait de l'Allemagne ce "modèle" chérie. L'arnaque se situe en fait à ce niveau. En considérant l'Allemagne seule, on oublie le reste du système.

En effet, pendant ce temps, loin vers le Sud :

post-3513-1386718770_thumb.png

Avec l'aide de Goldmans Sachs, Bruxelles, et autres, les pays d'Europe du Sud ont pu s'endetter pour acheter au sein de la zone Euro, avec une balance commerciale grassement négative cette fois-ci. Et donc au final le poids de l'argent dette a simplement été déplacé vers l'extérieur.

Pour le bien de la grande Allemagne, les états périphériques ont été étranglé. Je dis cela avec une analogie qui peut sembler dangereusement foireuse, mais pas tant que cela en fait. Pour ceux qui auraient quelques souvenances de leurs cours d'histoire, le IIIème Reich a maintenu son économie en ruinant de manière planifié les états envahis. On ne change pas une équipe qui gagne il faut croire.

Par contre, en 2011 quand le château de cartes s'est effondré, il a bien fallu renflouer le navire. Et là, c'est bien l'Allemagne qui s'est endetté.

Le point surtout, c'est que nous vivons dans un système fermé. La matière n'apparait pas comme cela par miracle. Si un pays s'en sort mieux dans cette débâcle, ce sera de toute façon au détriment des autres. Et cela ne change rien au fait que tout le monde tient tout le monde. La Chine aurait déjà pu, et 10 fois plutôt qu'1, faire s'effondrer les USA en liquidant ces positions sur le dollar. En 1 semaine l'économie US n'est plus qu'un fantôme, en deux semaine elle se partage le Japon avec la Russie, affaire réglée en un mois :lol: Sauf qu'elle ne l'a jamais fait et ne le fera jamais. Car la Chine est maintenant tout autant une économie de marché que les US, et elle se tient aux US, comme les US se tiennent à elle.

Modifié par paix

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Oui j'avais déjà lu un truc à ce sujet, c'est effectivement cela ;)

Mais comme disait l'autre, un monde ou tout irais bien ne serait ce pas .. un problème ?

C'est ennuyeux un monde sans problèmes dans un sens. Le bonheur n'existe que grâce à l'existence de son opposée. Tu vire l'un, l'autre disparaît avec.

Enfin c'était un truc comme ça que j'avais fait en philo :lol:

Modifié par passiion

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Ouaip. À l'évidence, le modèle allemand marche parce qu'il y a des pays à étriller. Si les pays qui se font enfiler se mettent à essayer de faire du modèle allemand, cela ne marchera pas. Il faut bien que quelqu'un paye à la fin. Si plus personne ne paye, c'est l'effondrement du système directement. En cela, ce ne peut être un modèle.

Pour le reste, il est certain qu'un monde parfait n'existera sans doute jamais. Ici l'impression qui domine quand même, c'est que chaque matin c'est pire encore :lol: Tout les matins du monde sont sans retour

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Ouaip. À l'évidence, le modèle allemand marche parce qu'il y a des pays à étriller. Si les pays qui se font enfiler se mettent à essayer de faire du modèle allemand, cela ne marchera pas. Il faut bien que quelqu'un paye à la fin. Si plus personne ne paye, c'est l'effondrement du système directement. En cela, ce ne peut être un modèle.

Pour le reste, il est certain qu'un monde parfait n'existera sans doute jamais. Ici l'impression qui domine quand même, c'est que chaque matin c'est pire encore :lol: Tout les matins du monde sont sans retour

Je suis d'accord avec toi.

La prospérité européenne n'a-t-elle pas été longtemps alimentée par le pillage des richesses contenues dans le sous-sol de ses colonies africaines ?

:whistling:

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Aussi à l'évidence ;)

Il est intéressant aussi de regarder les conséquences que cela a pu avoir indirectement, en tant que causes lointaines du premier conflit mondial par modification de l'équilibre économique, ainsi que sur les pensées de certains révolutionnaires qui se déploieront plus tard au cours du 20ème siècle. Mais je ne saurais aller plus loin.

Pour reprendre aussi un peu sur les limites très terre à terre (c'est le cas de le dire), le gaz aux USA a grimpé brutalement :

post-3513-1387329959_thumb.png

Le pic est en premier lieu du à la vague de froide aux USA. La hausse de 30% en 1 mois et demi est quand même rude, et si la cause immédiate est bien le froid, il doit y avoir une certaine tension sous jacente pour donner une telle hausse. Aux milieux des analyses d'un optimisme qui ferait douter de la santé mentale de certains commentateurs, j'ai quand même trouvé qui dit que peut être que les prix du gaz ne redescendront pas sous les 4$ les 1000 feet cube (pour les unités il ne faut pas s'inquiéter, la première fois cela fait toujours un effet kiss cool :lol2: ). En effet, le fait est de manière très simple que le gaz a été littéralement bradé. Tout le monde était convaincu de, pour ainsi dire, mourir asphyxier dans le gaz. Les USA se prenaient un peu pour l'El Dorado moderne du gaz. Dans la réalité pratico concrète des choses cela coince un peu quand même par endroit.

Pour extraire du gaz du sol il faut forer. Pour forer il faut (beaucoup) de sous. Pour avoir des sous il faut que le client paye. Si le client ne paye pas, on ne fore. Si on ne fore pas, ben on ne fore pas...

Le nombre de plate de forme de forage pour le gaz par exemple tire un peu la tronche :

post-3513-1387330958_thumb.png

Et le nombre de puits (basiquement, les "trous" pour faire sortir le gaz) :

post-3513-1387331128_thumb.png

Du coup la production depuis 2 ans n'augmente plus :

post-3513-1387331227_thumb.png

'Y a pas 36 solutions. Soit c'est comme pour le pétrole, on paye le prix et on peut faire sortir du pétrole. Soit on ne paye pas, et on ne peut pas faire sortir du gaz. Dans tout les cas cependant, il est clair que l'énergie pas cher cela n'existe plus.

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EDF vient de sortir une nouvelle campagne publicitaire terrible :

http://www.sircome.fr/EDF-le-progres-il-faut-y-croire

Avec ce slogan : "Le progrès, il faut y croire pour le voir"...

Renversement du paradigme qui veut que les sciences soient une expérience, où il faut voir pour croire. Affirmation que le progrès n'est qu'une religion, et même pire une religion qui ne s'avoue pas, où il faut croire au progrès. Aveu inconscient d'un échec planétaire aux conséquences proprement gigantesques, où l'aveuglement de la foi nous conduit au précipice. Indication que l'économie et la technique ne sont que deux mouvements d'un même croissance exponentielle.

Parce que tu [saint Thomas] m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru !

http://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Segond...on_Jean#Jean_20

Pendant ce temps, la prodction de pétrole est à nouveau en train de plafonner :

Screen%20Shot%202013-12-23%20at%2012.17.

Le coup d'arrêt en 2005 suite à l’épuisement des réserves conventionnelles est très net. Après 2009, les non conventionnels ont réussi à relancer un peu la production, mais elle plafonne à nouveau. La fin du pétrole est proche.

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Avec un peu de retard ^^"

L'Ukraine est au plus mal. Pour bien commencer, un mot de Bernard Henri Lévy :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/0...63410_3232.html

Un lyrisme agricole des plus pathétiques, perclus de poncifs, avec une pensée très politiquement correct, avec les gentils très très gentils d'un côté et les méchants très très méchants de l'autre, bref un excellent vomitif. « Nous sommes tous des Ukrainiens » -> à le lire, je ne me sens vraiment pas ukrainien en tout cas. "Peuple du Maïdan !" -> Il espère peut être évoquer le souvenir du peuple de Madian ? la fuite de Moïse en Maidan, pour revenir accomplir l'Exode des fils d'Israël hors d'Égypte ? "des pantins aux ordres du Kremlin," -> Ouais, et l'UE n'essaye pas de manipuler la situation à son avantage par hasard non ? Enfin bref, encore un qui a perdu une belle occasion de se taire.

Si nous regardons un peu pourquoi l'Ukraine est à la dérive :

http://fr.euronews.com/2014/02/13/l-ukrain...de-la-faillite/

http://www.lemonde.fr/economie/article/201...61751_3234.html

L'Ukraine manque de flouze. Et quand on regarde la balance commercial en fonction du prix du gaz (le titre est peut être pas très exact ^^" c'est bien la balance commerciale, le pognon gagné par les exportations moins le pognon perdu dans les importations) :

post-3513-1392503541_thumb.jpg

L'argent a été perdu à acheter des hydrocarbures de plus en plus cher. La réalité crue, c'est qu'il n'existe plus de gaz ou de pétrole pas cher ( http://petrole.blog.lemonde.fr/2014/01/29/...re-et-rentable/ et http://petrole.blog.lemonde.fr/2014/01/22/...ton-et-ensuite/ ). L'UK souffre de l'évolution du climat, l'Ukraine souffre de l'épuisement des combustibles fossiles. Et les deux pays sont en Europe. Bienvenue au 21ème siècle...

Et pour Ugo bardi, l'Italie aussi est en voie d'effondrement :

http://cassandralegacy.blogspot.fr/2014/01...-declining.html

http://cluborlov.blogspot.it/2014/02/how-t...-collapses.html

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Et la situation en Ukraine ne s'arrange pas. Maintenant à l'Est ils ressortent les drapeaux rouges alors que l'Ouest s'est du coup rallié à Kiev après avoir sérieusement commencé à dériver vers la sécession :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/...72347_3214.html

D'ici à ce que cela finisse en guerre civile... Au moins, cela promet un imbroglio magnifique et des commentaires douteux, vue que l'UE jusqu'à présent à soutenu de facto des groupes néo nazis en Ukraine, alors qu'il parait que les visites nocturnes de cimetières en la compagnie de quelques bombes de peintures ne sont pas toujours très légales. Enfin, on est plus à cela prêt, quand on sait qu'en Syrie les USA ont soutenu de facto Al Quaeda ( la version très polie de la chose : http://www.washingtontimes.com/news/2014/j...a-wont-seize-i/ ). La quelle organisation a toujours la ferme résolution de taper sur les USA d'ailleurs (et pas que...). La théorie des méchants très très méchants d'un côté et des gentils très très gentils de l'autre en prend quand même un coup. Après, on pourra toujours dire que les trifouillages d'alliances ne datent pas d'hier. De François Ier allié à la Sublime Porte contre la maison des Hasbourg en passant par Richelieu qui n'hésita pas à s'allier à des princes protestants après justement avoir cassé du protestant à la Rochelle, l'Histoire est remplie de contradictions. Mais là quand même, voire l'UE soutenir des néo nazis et les USA soutenir Al Qaeda...

Enfin bref, l'Ukraine manque toujours autant de flouze :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/...72694_3214.html

Le témoignage traduit en anglais d'un gars sur place :

http://cluborlov.blogspot.fr/2014/02/shock-over-ukraine.html

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L'Ukraine s'enfonce dans le chaos, et ce n'est que le début. Les néos nazis n'hésitent pas à forcer le déroulement des événements. C'est donc officiel, pour Bruxelles le renversement de force par des groupuscules d'extrême droite d'un gouvernement régulièrement élu est donc légitime. La notion de droits de l'Homme est profondément hypocrite en Occident. Le droit, c'est la force. Vu que tout le monde à peu près a déjà dépassé le point Godwin, autant cité Monsieur Goebbels qui disait justement en 1943 : "Nous enterons dans l'histoire soit comme les plus grands homme d’États de tout les temps, soit comme les plus grands criminels."

http://cluborlov.blogspot.fr/2014/03/reich...re-in-kiev.html

http://cluborlov.blogspot.fr/2014/02/shock-over-ukraine.html

http://www.les-crises.fr/reprise-points-sur-l-ukraine/

Et le pétrole manque de partout

http://petrole.blog.lemonde.fr/2014/02/28/...s-par-lor-noir/

Et hormis le fait que structurellement l'Ukraine a toujours connu des tensions entre les différentes régions culturellement bien différentes, l'Ukraine n'a plus de pognon. Et personne ne se pose cette question très prosaïque, pourquoi ? Pourquoi, pourquoi par tout les saints maudits de l'enfer, pourquoi l’Ukraine est en faillite ? De loin en loin le sujet tente de transpirer :

http://www.lepoint.fr/economie/pourquoi-l-...-1794669_28.php

"Sa dépendance au gaz russe, son seul fournisseur, la rend particulièrement vulnérable. Pour limiter la facture au maximum, ainsi que pour contenir le coût de sa dette libellée en devise étrangère, la banque centrale du pays maintient la monnaie nationale, la hryvnia, trop élevée par un ancrage sur le dollar. "

Il faut vraiment gratter pour trouver certain qui se disent que peut être le gaz coûte cher... À la base, quand on remonte un peu dans les causes des événements, on en revient tjrs à l'Ukraine acculé par Gazprom :

http://www.upi.com/Business_News/Energy-Re...68531383743257/

http://www.upi.com/Business_News/Energy-Re...92821384866529/

http://www.upi.com/Business_News/Energy-Re...59571386162521/

Heureusement que l'Hiver a été doux d’ailleurs.

Et ce n'est pas juste à nouveau une histoire de méchant très très méchants d'un côté et de gentils très très gentils de l'autre. Gazprom n'est sans doute pas un modèle de transparence économique, mais malgré tout le gaz se fait rare en Russie aussi et l'entreprise n'a pas les moyens de brader le gaz. Même si Moscou le voulait ardemment, le gaz ne pourrait pas être vendu moins cher. La production gazière de la Russie est sur un plateau et n'arrive plus à augmenter, donc mécaniquement, il faut payer plus :

post-3513-1393883505_thumb.png

Un pays qui a des facteurs d'instabilités sous-jacent peut tenir tant que l'argent rentre. Quand l'argent ne rentre plus par contre...

Certains doivent penser aussi que le chaos en Ukraine est une belle opportunité. Tant que nous restons dans le schéma économique actuel, il n'y a rien de mieux qu'une bonne guerre pour relancer l'économie. Même si les marchés ont réagi très négativement aux nouvelles venues de l'Ukraine, il se trouvera toujours du monde pour se faire de l'argent sur l'Ukraine. Le capitalisme veut cette fuite éperdue en avant.

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http://www.marketoracle.co.uk/Article44628.html

http://www.ft.com/cms/s/0/738c5c94-a38b-11...l#axzz2v1AekjiT

Comme le dit l'article, les impayés de l'Ukraine sont un "trou noir" pour Gazprom. D'une manière ou d'une autre, l'Ukraine devait payer. Soit en palpable, soit d'une manière plus indirect en "nature", en restant dans le giron de Moscou. Ce n'est pas l'histoire de gentils pro européens qui rêvaient de liberté, de bonheur, et que sais je encore, qui ont renversé un dictature inique, soutenu par un autre dérangé du ciboulot ( comme dirait Angela, "Poutine est dans un autre monde" : http://www.dhnet.be/actu/monde/merkel-pout...5708d729d8803e9 - Merci, brillante intervention... - ). Le fait est que Moscou n'a pas les moyens de laisser les impayés de l'Ukraine filaient indéfiniment. L'état de l'économie russe n'est déjà pas spécialement reluisant, ce n'est donc pas juste parce que Poutine a un grain qu'il a coupé les vannes en 2009 ou qu'il est rentré dans le tas cette année. Que ce soit un nostalgique de la grande Russie et qu'il soit aussi avenant qu'une porte de prison n'arrange sans doute rien. Mais le fond du problème, c'est aussi que le gaz est cher. Et le gaz est cher parce que les réserves s'épuisent.

D'autres pays, des pays producteurs cette fois-ci, sont eux aussi de plus en plus sur des charbons ardents face à l'effondrement de la production, comme l'Algérie :

http://petrole.blog.lemonde.fr/2014/02/28/...s-par-lor-noir/

Le Yémen :

http://cassandralegacy.blogspot.it/2014/03...e-of-yemen.html

L’Équateur :

http://www.eldiario.es/desalambre/ano-Ecua..._220478385.html

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Pour revenir à l'argent :

http://www.les-crises.fr/ukraine-oaodvd-8/

"Le Financial Times voit les évènements en Ukraine sous le même angle. Dans un éditorial en date du 23 février, il a écrit : « Depuis un quart de siècle, cet énorme territoire qui se trouve en équilibre instable entre l’UE et la Russie fait l’objet d’un conflit géopolitique entre le Kremlin et l’Occident. » En 2008, une tentative maladroite du président George W. Bush n’avait pas réussi à attirer les anciennes républiques soviétiques d’Ukraine et de Géorgie dans l’OTAN, « Mais la révolution de Maïdan offre actuellement à toutes les parties une deuxième chance de revoir le statut d’une Ukraine se trouvant sur les lignes de faille de l’Europe. »

La dissolution de l’Union soviétique en décembre 1991 fut un cadeau inattendu pour les puissances impérialistes. La Révolution d’Octobre 1917 avait soustrait à la sphère d’exploitation capitaliste une part considérable de la superficie mondiale. Ceci fut perçu par la bourgeoisie internationale comme une menace, et ce même longtemps après que la bureaucratie stalinienne eut trahi le but de la révolution socialiste mondiale et assassiné une génération entière de révolutionnaires marxistes. De plus, la force économique et militaire de l’Union soviétique représentait un obstacle à l’hégémonie mondiale américaine."

Et pour ceux qui ont envie de bien dormir, il y a comme qui dirait un "petit" problème en Ukraine :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_cen...s_d'Ukraine

Le nucléaire, c'est bien. Mais quand cela pète, c'est moins cool. Or une centrale nuke est sans doute le moyen de production d'électricité le plus vulnérable à une déstabilisation de l'État. Il faut en permanence refroidir la centrale, garantir la qualité du combustible, avoir des ingénieurs en vie et compétent, et cetera. Suivant la situation les pré requis (avoir une stabilité du réseau électrique est quand même bien utile aussi souvent) peuvent varier un peu, mais globalement il y a la moindre merde quelque part, cela peut péter. Et vu que l'Ukraine est dans une situation des plus chaotiques.... Sans compter que la centrale de Tchernobyl est toujours dans le même état depuis 87, pas décontaminé ni décommisioné ni rien. Et ce ne sont pas les rustines posés sur le sarcophage en béton construit complément à l'arrache au moment des faits qui peuvent garantir l'étanchéité de la centrale.

Au passage, ce sont bien des néo nazis qui sont au pouvoir en Ukraine, avec le soutien de Bruxelles et Washington :

http://www.euronews.com/2014/03/19/ukrania...ht-svoboda-mps/

http://www.channel4.com/news/svoboda-minis...nment-far-right

À côté de cela, les gars à la quenelle passeraient pour des mickeys de foire.

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Certains ont abusé de la vodka apparemment, vu les discours qu'ils tiennent au sujet de l'Ukraine. D'après Angela, Poutine serait dans un autre monde, mais là on se demande si ce n'est pas le copain Vladimir qui ai encore le meilleur contact avec la réalité.

Un hebdomadaire ukrainien, Український Тиждень (il parait que le journal est indépendant. Je me marre... enfin, admettons), disait comme cela le 24 Janvier :

Ceux qui ne veulent pas aller de l'avant sont perdus. Personne ne pourra les aider, parce que le soutien d'un pays frère, où il y a des bouleaux, des chars, et un leader nationaliste, s'arrêtera quand le prix du baril passera de 90 ou 100 dollars à 20 ou 30, comme avant la crise.

Youri Makarov

24 Janvier 2014

Au moins, le journaliste qui a écrit ce torchon a fini par comprendre que le problème c'était le prix du baril. Au moins, il a passé un stade par rapport à nos guignols de dirigeants, nous vendant de la croissance, de l'emploi, et que sais je encore, à chaque rendez-vous électoral sans comprendre que de la croissance avec un baril à 100$, cela coince... Le journaliste a compris qu'avec un baril à 100$ la géopolitique ce n'est plus tout à fait un long fleuve tranquille. Le seul petit problème, c'est que le baril ne reviendra plus à 20$.

Et si on continue comme cela, on voit que l'UE a promis de vendre le gaz 150$ moins cher pour mille mètre cubes. La bonne blague... Le plus drôle, c'est le département d'État qui a rameuté Chevron et Shell en Ukraine. Il a estimé possible d'augmenter la production ukrainienne de gaz de 30% en 5 ans. Comment dire ? LOL Les USA sont partis casser de l'irakien pour le pétrole, il a fallu attendre 2008 soit 5 ans après la fin de la guerre pour retrouver le même niveau de production de pétrole dans le pays. Et c'est seulement depuis 2 ans que la production a réellement augmenté. L'efficacité US dans toute sa décadence. C'est là aussi qu'on perçoit que le soutien de Washington à la révolution est quand même intéressé. En effet, les grandes compagnies pétrolières, les "majors" sont à la dérive :

http://petrole.blog.lemonde.fr/2014/03/17/...-a-desinvestir/

Et donc Chevron et Shell ont absolument besoin d'un nouveau marché pour essayer de se renflouer avant de devenir insolvables (la gueule de l'économie américaine si Shell ou Chevron termine en faillite :lol2: ). Mission de Washington, sauver le soldat Shell et le soldat Chevron donc. Et tant si il faut s'afficher ouvertement à côté de mecs qui pratiquent avec conviction le salut nazi à toute occasion.

D'ailleurs, digressons brièvement sur l'histoire de la Russie, car ce n'est pas sans intérêt. Soyons déjà clair, Sébastopol est une ville russe. Pour la Crimée la situation est certes bien plus compliqué, mais pour ce qui est de Sébastopol c'est une ville russe. La péninsule de Crimée était aux tartares jusqu'à ce que les russes colonisent le territoire au XVIIIe siècle. C'est de cette époque que date Sébastopol. C'est une ville fondé par l'impératrice Catherine II, et qui constitue en un port militaire d'importance stratégique pour l'Empire (puis l'URSS, puis la fédération évidemment).

Cette ville connu deux batailles qui ont marqué la Russie. D'une part durant la guerre de Crimée contre l'Empire français. Et surtout, le siège de Sébastopol, où les soviétiques ont résisté pendant 9 mois. Le siège de Sébastopol est important, car il a ralenti l'avance de la Wehrmacht. Les opérations en direction du Caucase, puis de Stalingrad ont été retardé, et c'est là une des causes de la défaite allemande. Sébastopol, à la fin de la guerre, a été reconnu ville héros de l'Union Soviétique. C'est en 1954 que Kroutchev a l'idée de refiler la Crimée à l'Ukraine, ce qui a l'époque ne faisait pas vraiment de différence. La notion d'une "Union" était quand même très relative pour dire le moins. Sébastopol est donc devenue ukrainienne. Fait qui n'a pris de l'importance qu'avec la chute de l'URSS en 1992.

Cependant, pour toutes ces raisons, la Russie ne lâchera pas Sébastopol. D'ailleurs, Sébastopol a reçu le statut particulier de ville fédérale après son rattachement à la Russie. Avant, il n'y a avait que deux villes fédérales, Moskwa et Sankt Peterburg. C'est sans doute aussi pour résoudre une difficulté administrative (même au sein de l'Ukraine, Sébastopol avait un statut administratif très particulier), mais cela montre aussi l'importance de la ville pour la Russie.

Pour la Crimée en général, la situation est quand même plus complexe. La Crimée est une péninsule de culture turque et musulmane à l'origine, peuplé par les tatares. L'annexion de la péninsule par l'Empire n'a pas été forcément heureux pour les populations locaux. Lors de la Seconde guerre mondiale, la Crimée va bien morfler. De plus, Staline ordonne la déportation des tartares dès 1944 et mène une politique de russification dans la péninsule. Kroutchev transfert la Crimée essentiellement pour des raisons économiques. La Crimée est géographiquement plus proche de l'Ukraine, et c'est alors àKiev de supporter le poids de la reconstruction de la Crimée. En 2014, c'est donc un rien compliqué en Crimée, entre la majorité russe issue des deux siècles de domination par Moscou, les restes des populations Tatares, et les ukrainiens nouveau venus.

La Russie, en vertu d'accords bilatéraux, avait d'ailleurs le droit de maintenir des troupes sur le territoire de Crimée, et une marine à Sébastopol. La notion d'annexion est donc elle aussi toute relative vu que la Russie a légitimement le droit de déployer des hommes en Crimée et que la majorité de la population étant russe, la majorité a voté pour le rattachement.

Un autre bout de l'histoire de la Russie, c'est son effondrement. Gorbatchev a tenté la Perestroïka mais cela n'a pas vraiment marché. Du coup, l'URSS s'est effondré. D'ailleurs, les russes n'ont pas vraiment un bon souvenir de Gorbatchev et certains ne doivent pas être loin de le considérer comme un infiltré américain. Les USA se sont rués sur l'opportunité. Ils ont envoyé les Chicago Boys version 2 à l'assaut de la forteresse en libéralisant à marche forcée l'économie des anciens pays de l'Est. La Pologne par exemple est certes plus riche qu'avant, mais les conséquences sociales sont quand même inquiétantes (une étude montre que 58% des salariés polonais envisagent de quitter le pays...).

À l'époque déjà, la croissance continue du capitalisme commençait à s'essouffler. Le déclin de la production pétrolière des USA dans les 70, les deux chocs pétroliers de 73 et 78, la fin de la convertibilité en or du dollar en 71, tous ces événements sont liés. Si les deux chocs pétroliers sont d'origine conjoncturelle, les causes profondes restent que les USA se sont tapés le mur des limites physique une première fois. On a alors assisté à la redistribution des cartes, à une financiarisation croissante de l'économie, etc... D'ailleurs, il est curieux de noter que ces premières tensions ont aboutis à l'élection de Tatcher et Reagan, avec une libéralisation à tout crin de l'économie. Quand cela va mal, on fonce encore plus dans le tas : http://fr.wikipedia.org/wiki/Révolution_co..._(sens_moderne) De la définition de la connerie humaine...

Enfin bref, on arrive aux années 90 et même si pour l'instant cela semble encore se passer bien, l'effondrement de l'URSS est une opportunité. Les chacals du capitalisme privé peuvent envahir les terres du capitalisme d'État, et relancer ainsi la machine qui commence petit à petit à s'essouffler. C'est la thérapie du choc :

http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Ru...hock_Therapy.22

On pourrait d'ailleurs écrire un bouquin sur comment les USA ont pu colonisé la planète comme cela, mais évitons de nous éloigner exagérément du sujet. Toujours est-il que cela ne se passe pas vraiment bien, l'économie russe s'effondre. Et donc Eltsine devient encore plus impopulaire que Gorbatchev, ce qui nous amène à Poutine. Les russes depuis sa contentent de cette situation. Vouloir faire passer Poutine pour un dictateur vivant dans un autre monde, c'est oublié qu'il reste bien plus populaire que Gorbatchev ou Eltsine. Et c'est oublié que les russes l'ont quand même eu mauvaise la libéralisation de l'économie. Bref, le capitalisme c'est bien dans un monde infini. En pratique, c'est la pire bonne idée qu'on peut avoir.

Sinon, pour l'Algérie les tensions deviennent palpables :

http://www.bbc.com/news/world-africa-26693326

Et quand on creuse un peu, on se rend compte que l'Algérie a passé son pic pétrolier, et que les exportations du coup se font défoncer :

Exports_BP_2013_oil_bbl_DZ_MZM_NONE_auto

Du coup, difficultés économiques, agitation sociale,... Et les élections présidentielles approchent, ce qui va échauffer les esprits. Comme en plus Bouteflika - qui n'est maintenant guère plus qu'un légume après son nième passage au Val de Grâce - tient quand même à se représenter, cela promet d'être sportif les élections. Et pour montrer que je ne fais pas que délirer :

http://www.theguardian.com/world/2014/mar/...-oil-gas-output

"Algeria shaken by drop in gas output"

C'est on ne peut plus clair... Après le Yémen ( http://cassandralegacy.blogspot.fr/2014/03...e-of-yemen.html ), la Syrie, l'Ukraine, le tour de l'Algérie ? voila où nous mène le système monétaire et économique, vers un effondrement.

En plus, avec le réchauffement climatique et la spéculation, les prix des matières premières agricoles sont sous tension :

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteur...nino-657616.php

http://www.fao.org/worldfoodsituation/foodpricesindex/en/

C'est cela la financiarisation et la libéralisation. Quand on peut plus faire de pognon en produisant, on fait du pognon en jouant dans des casinos. Du coup, sur des États très vulnérables aux variations des prix, les conséquences peuvent être désastreuse.

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Et l'Ukraine continue de sombrer. De manière absolument prévisible, les régions de l'Est de l'Ukraine suivent l'exemple de la Crimée. L'évolution de la situation n'a rien de surprenant, et cela pourrait bien se terminer là aussi par un rattachement de Donestk et de sa région à la Russie. Quand bien même la logique qui sous entends les agissements de Moscou reste très mal comprise en Occident, il n'en reste pas moins qu'elle est cohérente.

Au delà de ces plates évidences, l'Ukraine a été un révélateur d'une distorsion de vocabulaire effrayante. On assiste en direct à la réécriture du bouquin 1984 d'Orwell. L'Ukraine a mis en évidence les énormes failles du système énergétique actuel :

http://www.resilience.org/stories/2014-03-...l-energy-truths

De plus, pour mémoire, le monde a connu son pic de pétrole pas cher à la fin des années 2000. Le maintien du plateau de production actuel est juste permis par les pétroles non conventionnels :

http://www.resilience.org/stories/2014-03-...-to-2005-levels

Le pic du pétrole conventionnel n'étant pas étranger à la flambée des prix, aux guerres au Moyen-Orient, et cetera.

Et voila qu'on milieu de ce joyeux bazar, on a Cameroun qui lâche cette réplique :

Fracking will be "good for our country", David Cameron said as he blamed a "lack of understanding" about the process for some of the opposition to shale gas.

The prime minister said that once wells are up and running later this year, there would be more public enthusiasm, and exploiting shale gas reserves could help Europe wean itself off reliance on exports from Russia.

http://www.theguardian.com/environment/201...-for-uk-cameron

Cela semble anodin comme cela (personne n'a commenté d'ailleurs à ma connaissance, dans les médias), mais je pense que cette phrase a quand même quelque chose de vraiment critique quand elle est prise dans son contexte. Et c'est là qu'on retrouve le changement climatique (tout se tient de toute façon, tout se tient...) :

http://climatedenial.org/2014/03/26/crimea...on-of-language/

http://climatedenial.org/2014/03/04/how-cl...for-the-floods/

http://climatedenial.org/2013/11/07/the-st...emy-number-one/

L'UK en particulier a vécu une crise majeure avec les inondations de cet Hiver, et les tensions en Ukraine ont encore ajouté à la crise. La rhétorique gouvernementale c'est alors massivement retournée. Le gouvernement a accusé les verts d'être responsable des inondations à cause d'une gestion supposé mauvaise des événements. Et dans la foulée, afin de garantir la sécurité de l'approvisionnement énergétique suite à la crise ukrainienne (au passage, l'UK importe 0.00% de son gaz de la Russie... Il est sur et certain que la sécurité énergétique du pays est en péril et qu'il fuat sauver l'UK...), le gouvernement à vanter les bienfaits des gaz et pétroles non conventionnels, et niq*e les écolos. C'est un peu imagé :lol2: mais le gouvernement du Royaume Uni est peut être bien en train de saisir l'opportunité de développer les gaz non conventionnel dans un pays qui n'a jamais été très enthousiaste à ce sujet. Le renversement de position est spectaculaire, même pour un gouvernement conservateur qui n'a jamais eu une grande sympathie pour l'environnement.

Ce n'est pas sans rappeler la doctrine du choc de Naomi Klein :

www.youtube.com/watch?v=7iW1SHPgUAQ

En temps de crises, plus c'est gros mieux cela passe. Ici l'UK se remobilise dans une logique de fuite en avant toujours plus éperdue. Notons aussi que cette doctrine a été appliqué avec assez peu de réussite en Russie, ce qui est une des raisons expliquant que Poutine est mieux vu par la population que Gorbatchev ou Elstine. À ce sujet d'ailleurs, vu les déclarations de Poutine, je ne pense pas qu'il faille le prendre pour un idiot, pour avoir connu la crise russe des années 90, il sait que les USA savent jouer. Sauf qu'en Ukraine cela n'a pas l'air de tout à fait bien se passer. Comme en Russie dans les années 90 d'ailleurs, le plan US n'était pas vraiment de terminer avec un type comme Poutine au Kremlin de toute évidence... C'est le jeu ma p'ôve Lucette. Apparemment à Kiev c'est mal barré encore pour arriver à passer de force avec des airs de jeune vierge effachouré. On notera là encore que les mecs qui ont pris le pouvoir sont ouvertement néo nazis. Quand on prend l'histoire de toutes les révolutions non soutenus par Washington, on se dit que les dirigeants américains ont quand même un attrait, ou une fascination, ou un je ne sais quoi pour le fascisme.

D'ailleurs, pour les USA cela se passe de moins en mois bien. L'Arabe Saoudite leur fait la gueule depuis que les USA se sont désengagé du Moyen Orient et ont transigé avec l'Iran et la Syrie :

http://www.courrierinternational.com/artic...eminage-a-riyad

http://www.theguardian.com/world/2014/mar/...bia-air-defence

Obama a tenté de faire un gros câlin au Roi, mais apparemment y a toujours de l'eau dans le gaz (c'est le cas de le dire :lol: ). Forcément, les USA n'ont plus les moyens de leurs ambitions...

En plus dans le coin, cela commence à se faire la gueule entre l'Arabie Saoudite et les autres pays (Qatar, Bahreïn et EAU)

http://www.yementimes.com/en/1768/opinion/...ersian-Gulf.htm

Et malgré les déclarations tonitruantes sur le miracle des gaz et pétroles non conventionnels, la situation n'a toujours rien de miraculeuse. Les USA ont beau essayé d'enfumer tout le monde, le prix du gaz et du pétrole refusent obstinément de baisser et la production reste loin de couvrir la demande. Pour la simple et bonne raison que les techniques d'exploitation sont de plus en onéreuses, qu'il faut aller chercher les pétroles et gaz de plus en plus profond, avec toujours moins de rendement :

http://ourfiniteworld.com/2014/03/31/the-a...al-gas-exports/

http://www.clubofrome.org/?p=7050

Bon reconnaissons au moins que l'enfumage a marché en UK :

http://blogs.ft.com/nick-butler/2014/03/19...gas-revolution/

On en revient d'ailleurs aux déclarations édifiantes de Cameron qui n'était pas loin de qualifier le gaz de schiste d'énergie durable... Et pour continuer à ce sujet, un des meilleurs arguments pour ne pas parler de changement climatique quand un pays se fait défoncer, c'est de rétorquer qu'on exploite la misère humaine. Anthony Watts, grand sceptique devant l'éternel, a d'ailleurs ressorti l'argument du placard :

http://wattsupwiththat.com/2014/04/14/expl...ng-dangerously/

Ce qu'avait analyse d'ailleurs G. Marschall :

http://climatedenial.org/2012/11/06/reason...climate-change/

Argument qui a été ressorti cet Hiver en UK. Le déni du RC a en plus été facilité par la complicité des scientifiques, Peter Stott a par exemple remballer poliment Dame Julia Slingo qui avait clairement fait le lien entre le RC et cet Hiver :

http://www.carbonbrief.org/blog/2014/02/wh...cent-uk-floods/

Merci pour la crédibilité... Cela a du à l'évidence aider les discussions à avancer en UK, de voir le MetOffice faire le lien par l'intervention de Dame Julia Slingo ( http://www.telegraph.co.uk/topics/weather/...-scientist.html ), puis essayer de diluer un peu la conclusion par l'intervention de Peter Stott. Nous n'avons pas fait encore le tour de la question, mais à l'évidence tout se tient. À quand le développement durable à base de lignite et de gouvernement néo nazis ?

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Une nouvelle analyse des réserves de pétrole de la Californie vient de revoir les réserves récupérable d'un bon 95%...

http://www.latimes.com/business/la-fi-oil-...0521-story.html

Il y a toujours autant de pétrole dans le sol, ce n'est pas tellement le pétrole. Le pétrole est là et bien là. Le problème, c'est pour récupérer ce pétrole. Techniquement cela devient vite compliqué. On en revient à la même difficulté, le pic pétrolier ne sera pas géologique mais économique. Quel prix doit on mettre pour extraire un baril ? Et surtout quel prix énergétique ? Si il faut l'équivalent énergétique de 0.8 ou 0.9 baril de pétrole pour en sortir 1 seul, autant arrêter. Ce n'est absolument pas rentable.

http://www.resilience.org/stories/2014-05-...billion-barrels

Cela reste pour un réservoir de la Californie, mais les espoirs étaient énormes à son sujet. Et c'est bien une illustration de la vanité des espérances placés dans les pétroles non conventionnels. Si le pétrole non conventionnel reste du bon vieux pétrole, comme certains se plaisent à le rappeler, la grosse, l'énorme différence c'est qu'il ne suffit pas d'y mettre un coup de pioche pour qu'il jaillisse de terre.

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La Russie confirme que la hausse de sa production de pétrole ne suffit plus à couvrir la hausse de la consommation intérieur. La Russie est donc obligé de couper dans les exportations. Pour illustrer :

post-3513-1406042760_thumb.png

Le sommet de l'histogramme gris, c'est la production totale. La consommation intérieur est la courbe noir. La différence entre la production et la consommation est représenté par l'histogramme vert. Si on aditionne la courbe noir sur l'histogramme vert, on suit bien la crête grise. Pour l'instant la Russie produit plus qu'elle ne consomme, donc la différence est positive. La Russie exporte donc du pétrole. Sauf que la hausse de la production totale est de plus en plus faible (le sommet gris tend vers un plateau). Pour chiffrer un peu, parce qu'on ne voit rien sur le graphique, la production de 2007 à 2012 inclus a augmenté de 1.4%. Dans le même temps, la consommation intérieur a progressé de 2.7%. Pas besoin d'être grande druide pour comprendre qu'à un moment cela risque de coincer quelque part. La crise en Ukraine découle bien plus de ces considérations sur les limites à la croissance perpétuelle des extractions. Même si le gouvernement russe est doué pour l'enfumage et ne cherche qu'à protéger ses intérêts -ce qu'on peut comprendre quand même- ; la grille de lecture resservi à l'occasion du crash du MH17 sur le méchant Poutine qui prend plaisir à jeter de l'huile sur le feu parce que c'est un nostalgique de la grande Russie est franchement débile. La réalité c'est juste que la Russie a atteint, comme plein d'autres pays, le mur du pic pétrolier, et qu'elle gère comme elle peut. Surtout que pour l'instant, les fascistes sont à Kiev et pas à Moscou. 'fin bref, l'article qui va bien comme référence :

http://petrole.blog.lemonde.fr/2014/07/18/...nce-le-kremlin/

Et puis le pire est atteint au parlement européen :

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc...amp;language=FR

29. demande aux États membres de garantir un approvisionnement en gaz suffisant par le biais d'un système d'écoulement inverse depuis les États membres voisins; se félicite, à cet égard, du protocole d'entente sur l'écoulement inverse signé entre la Slovaquie et l'Ukraine, qui devrait avoir pour effet d'encourager l'Ukraine à mettre en place un système d'acheminement du gaz transparent et fiable; rappelle le rôle stratégique de la Communauté de l'énergie, dont l'Ukraine assure la présidence en 2014; se félicite de ce que la coopération avec l'Ukraine fasse partie intégrante de la stratégie de l'Union pour la sécurité énergétique présentée par la Commission en juin 2014;

Et ils sont quasi 500 à avoir voté cela... quand on regarde les statistiques pour l'Europe, on se demande si les parlementaires le font exprès ou si, vraiment, ils sont complément crétins :

Charbon :

post-3513-1406044617_thumb.png

Pétrole :

70cc43.png

Gaz :

2cb14c.png

L'Europe est un importateur net de combustible fossile, et c'est rien de le dire. Elle importe un peu près la moitié de son gaz, la quasi totalité de son pétrole. Il n'y a que pour le charbon où nous sommes plus proches de l'équilibre, et encore. Les 500 gus qui ont voté cela espère donc vendre quel gaz à l'Ukraine ???? Le méthane des vaches peut être ? En plus, le principal fournisseur de gaz européen, c'est la Russie. Donc en gros, le plan, c'est d'acheter du gaz à la Russie, pour le vendre aux Ukrainiens, tout en menaçant la Russie de terribles sanctions économiques. Là aussi, on peut comprendre Poutine qui nous prend un peu de haut, parce que faut vraiment pas avoir la lumière à tout les étages pour espérer vendre à quelqu'un quelque chose qu'on n'a pas.

Modifié par paix

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